Exposé de l’Évangile de Marc

William Kelly. Les titres et sous-titres sont des ajouts de Bibliquest


Édité, avec des ajouts, par E. E. Whitfield, Elliot Stock, 1907 — et publié par STEM Publishing
La plupart des références et notes de l’édition de Whitfield n’ont pas été reprises dans le texte ci-après.


« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir » (Marc 10:45).


Table des matières abrégée :

1 - Introduction

2 - Marc 1

3 - Marc 2

4 - Marc 3

5 - Marc 14

6 - Marc 15

7 - Marc 16


Table des matières détaillée :

1 - Introduction

1.1 - Biographie de MARC

1.2 - Dessein Divin

1.3 - La Critique Textuelle

2 - Marc 1

2.1 - Marc 1:1-18

2.1.1 - Ch. 1:1

2.1.2 - Ch. 1:2

2.1.3 - Ch. 1:3-5

2.1.4 - Ch. 1:6-8

2.2 - Marc 1:9-11

2.3 - Marc 1:12-13

2.4 - Marc 1:14-20

2.4.1 - Ch. 1:14-15

2.4.2 - Ch. 1:16-20

2.5 - Marc 1:21 -28

2.5.1 - Ch. 1:21-22

2.5.2 - Ch. 1:23-28

2.6 - Marc 1:29-34

2.7 - Marc 1:35-39

2.8 - Marc 1:40-45

2.8.1 - Différences entre les évangiles : ordre chronologique ou non

2.8.2 - Ch. 1:40-42

2.8.3 - Ch. 1:43-44

2.8.4 - Ch. 1:45

2.8.5 - Sommaire sur le ch. 1

3 - Marc 2

3.1 - Marc 2:1-12 — Le paralytique apporté par quatre hommes à travers le toit

3.1.1 - Ch. 2:1-2 — Capernaüm

3.1.2 - Ch. 2:3-4 — Une foi persévérante

3.1.3 - Ch. 2:5 — La racine du péché surmontée par la grâce

3.1.4 - Ch. 2:6-7 — L’incrédulité contre la grâce et la dignité de Jésus

3.1.5 - Ch. 2:8-12 — Une personne divine peut seule pardonner les péchés et guérir le corps

3.1.6 - Ch. 2:10 — Fils de l’homme

3.2 - Marc 2:13-17 — À table avec les publicains et les pécheurs

3.3 - Marc 2:18-22 — Le christianisme ne répare pas l’ancien système, mais a sa propre puissance

3.4 - Marc 2:23-28 — Une violation du sabbat ?

3.4.1 - Dieu peut-Il changer Ses pensées ?

3.4.2 - Les vrais fidèles dans le judaïsme n’étaient pas ceux qui insistaient sur la loi, mais ceux qui attendaient le Messie

3.4.3 - Comment la justice de la loi s’accomplit dans ceux qui marchent par l’Esprit et non dans ceux qui ne font que tenir pour la loi

3.4.4 - C’est l’attente du Messie, Christ, qui rendait et rend les croyants saints et pieux

3.4.5 - Mêler les anciennes ordonnances juives avec la vérité chrétienne ne fait que tout obscurcir

3.4.6 - Jour de sabbat : les disciples arrachent des épis de blés ; la réponse du Seigneur au reproche des pharisiens

3.4.7 - Ch. 2:25-26 — David rejeté, image du Seigneur et de Ses disciples rejetés

3.4.8 - Ch. 2:27 — La leçon de l’Ancien Testament au sujet du sabbat : « le sabbat a été fait pour l’homme »

3.4.9 - Ch. 2:28 — Le Fils de l’homme est Seigneur du sabbat

4 - Marc 3

4.1 - Marc 3:1-6 — Guérison de l’homme à la main sèche

4.1.1 - Des opposants qui s’attendaient à ce que Jésus fasse du bien

4.1.2 - Le Seigneur voulait que la grâce soit manifeste devant tous

4.1.3 - La grâce parait abominable quand le cœur est perverti et a de la haine contre Dieu

4.1.4 - Par rapport à ch. 2:23-28, le récit de ch. 3:1-6 apporte en plus la manifestation de ce qu’est Dieu

4.2 - Au sujet de notre rapport avec le sabbat

4.2.1 - Ce que faisaient les apôtres le jour de sabbat (7ème jour de la semaine) était différent de ce qu’ils faisaient le dimanche (1er jour de la semaine)

4.2.2 - Quand les chrétiens allaient parler dans les synagogues

4.2.3 - Différence de base et de caractère entre le sabbat et le jour du Seigneur (dimanche)

4.2.4 - Différences radicales de principe entre le sabbat et le jour du Seigneur

4.2.5 - Différence entre garder par obligation et par amour

4.2.6 - Ce qui est commandement et ce qui n’en est pas

4.2.7 - Non pas suivre un commandement, mais suivre ce que le Seigneur faisait, d’un cœur simple

4.2.8 - Beauté de la forme chrétienne du Jour du Seigneur

4.2.9 - Sabbat et jour du Seigneur dans l’avenir

4.3 - Marc 3:7-12 — Ministère de guérison et délivrance depuis une barque

4.3.1 - Rappel de 3:1-6

4.4 - Marc 3:13-19 — Appel des douze disciples

4.5 - Marc 3:20-30 — Accusation de chasser les démons par le chef des démons

4.5.1 - La parenté qui le juge fou, est aveugle quant aux choses divines

4.5.2 - Les scribes L’accusent d’être mené par Satan

4.6 - Marc 3:31-38 — Substitution des disciples aux liens naturels

5 - Marc 14

5.1 - Marc 14:1-11

5.1.1 - Deux repas

5.1.2 - La volonté de Dieu prévaut : la mort de Jésus a lieu pendant la fête de Pâque

5.1.3 - L’amour attire la haine de ceux qui n’ont pas d’amour

5.1.4 - Agir envers le Seigneur Jésus personnellement est le plus excellent

5.1.5 - Une personne corrompue entraîne même les vrais fidèles

5.2 - Marc 14:12-16 — Tout puissant, mais acceptant l’humiliation pour faire la volonté du Père

5.3 - Marc 14:17-21 — Judas : La méchanceté qui accomplit les plans divins. Proche de la bénédiction, mais éloigné d’elle moralement

5.4 - Marc 14:22-25 — Le souper du souvenir

5.5 - Marc 14:26-31

5.5.1 - Le Berger frappé, les brebis dispersées. Effets de la croix outre l’expiation

5.5.2 - Confiance en soi de Pierre. Ignorance de la pression de la mort et du rejet du monde

5.6 - Marc 14:32-42

5.6.1 - Douleur en face de la profondeur de l’épreuve

5.6.2 - Le Seigneur ressentant l’horreur de l’état de ce qui L’entourait

5.6.3 - Le Seigneur associé de cœur à la condition du peuple

5.6.4 - Pas de sympathie pour le Seigneur dans l’expiation

5.6.5 - Différence entre la croix et Gethsémané

5.6.6 - Le Seigneur s’occupant des disciples à Gethsémané

5.7 - Marc 14:43-52 — Devant la mort et l’hostilité ouverte : se courber ou abandonner et fuir

5.8 - Marc 14:53-65 — Le motif de condamnation

5.9 - Marc 14:66-72

5.9.1 - Pierre reculant de terreur pour peu de chose

5.9.2 - Qui dites-vous que Je (Christ) suis ?

5.9.3 - C’est la Parole de Dieu qui produit la repentance

6 - Marc 15

6.1 - Marc 15:1-5

6.1.1 - Qui a été responsable de la condamnation ?

6.1.2 - Christ, Dieu et Homme peut tout faire connaître

6.1.3 - Christ est la mesure de toutes choses

6.1.4 - Condamné pour cause de vérité

6.1.5 - Un double témoignage de ce qu’était Christ

6.2 - Marc 15:6-15 — Barrabas, un brigand, plutôt que Jésus

6.3 - Marc 15:16-21 — Jésus bafoué, mais quand même pour la bénédiction d’autrui

6.4 - Marc 15:22-32

6.4.1 - Juste avant la crucifixion

6.4.2 - L’écriteau

6.4.3 - Les brigands crucifiés

6.4.4 - Les moqueries des chefs religieux sur Son incapacité à se sauver

6.4.5 - Différence de réaction entre le croyant et l’incroyant

6.4.6 - La mort de Jésus n’était nécessaire que pour le salut, pas en tant qu’homme

6.4.7 - Le brigand converti signalé seulement dans Luc

6.5 - Marc 15:33-41

6.5.1 - Une heure de ténèbres unique

6.5.2 - Jésus n’est pas mort d’épuisement

6.5.3 - La mort de Jésus n’était pas une mort naturelle

6.5.4 - Il appelle Élie ?

6.5.5 - Le déchirement du voile du temple

6.5.6 - Le témoignage du centurion

6.6 - Marc 15:42-47 — Joseph d’Arimathée, la mise au sépulcre. Mort rapide du Seigneur

7 - Marc 16

7.1 - Marc 16:1-8

7.1.1 - Effet de la résurrection sur l’incrédulité ?

7.1.2 - Chronologie après la résurrection

7.1.3 - Ch. 16:1-4 — Connaître le fait de la résurrection sans en connaître la puissance

7.1.4 - Ch. 16:5-6 — La peur pour l’homme en Adam. Paix donnée par le dernier Adam

7.1.5 - La résurrection proclame la victoire, mais sa manifestation est pour plus tard

7.1.6 - Ch. 16:7-8 — Égards du Seigneur pour Pierre. Encore connaître le fait de la résurrection sans en connaître la puissance

7.2 - Marc 16:9-11

7.2.1 - Ch. 16:9 — Mention particulière de Marie de Magdala et de ses démons chassés

7.2.2 - Marie de Magdala et le Seigneur ressuscité selon l’évangile de Jean

7.2.3 - Ch. 16:10-11 — Voir, ou savoir, sans avoir de foi

7.3 - Marc 16:12-13 — Disciples d’Emmaüs

7.4 - Marc 16:14-18

7.4.1 - Ch. 16:14-15 — L’incrédulité qui prépare à prêcher à d’autres

7.4.2 - Ch. 16:16 — Place du baptême

7.4.3 - Ch. 16:16b — … sera condamné

7.4.4 - Ch. 16:17-18 — Les signes qui accompagneront ceux qui auront cru

7.5 - Marc 16:19-20 — Le Seigneur continuant à servir


1 - Introduction

1.1 - Biographie de MARC

Marc (Marcus) était un prénom romain commun. Son nom juif était Jean. Il s’était converti par l’intermédiaire de Pierre (1 Pierre 5:13 ; cf. Actes 12:12). Au tout début de son parcours chrétien, Barnabas (son parent) et Paul l’emmenèrent avec eux dans leurs voyages missionnaires (Actes 12:25 ; 13:5). Jean Marc avait une idée légère, mais si commune, de la responsabilité du service chrétien : il pensait pouvoir entreprendre et abandonner l’œuvre de Dieu comme bon lui semblait, et il laissa les deux missionnaires poursuivre seuls l’œuvre tandis qu’il rentrait chez lui (Actes 13:13 ; 15:36). Nous le perdons alors de vue pendant six ou sept ans, ce qui, pour autant que nous le sachions, peut n’avoir été que du temps perdu. Après cela, il devint la cause passive d’une dispute extrêmement malheureuse. Paul et Barnabas organisèrent une nouvelle mission, mais Barnabas « se proposa » de reprendre avec eux son parent, tandis que Paul « ne jugea pas bon » de prendre quelqu’un qui avait déserté son poste. Cela donna lieu à une contestation si vive que les deux anciens combattants se séparèrent … La plupart d’entre nous, peut-être, auraient pensé qu’il eut mieux valu laisser Marc tranquille après cela ; et c’est avec une certaine surprise que nous le trouvons finalement chargé du grand honneur d’écrire l’un des quatre Évangiles. Non seulement Pierre le prit en charge avec le soin affectueux qu’il y avait lieu d’attendre d’un homme comme lui, mais Paul, qui avait porté sur lui un jugement si désobligeant dans le passé, fut capable de reconnaître et d’admettre la valeur du service ultérieur de Marc. Il le mentionne comme l’un de ses cinq compagnons d’œuvre qui étaient pour lui « une consolation » (Col. 4:11 ; cf. Philémon 24) à Rome vers l’an 64, et deux ans plus tard il dit à Timothée de prendre Marc avec lui et de l’amener, car il lui était utile pour le ministère (2 Tim. 4:11).

Cet évangéliste, comme Luc — les deux sont mentionnés ensemble en 2 Tim. 4:11 — était sans doute prophète, car le caractère prophétique du don est spécialement en exercice pour écrire l’Écriture (Rom. 16:26). Cela explique la véritable source de l’autorité de ces saints écrits. L’attribuer à Pierre pour l’un (Marc) et à Paul pour l’autre (Luc) trahit le caractère sans valeur de la tradition ancienne, telle qu’elle apparaît dans les spéculations d’Eusèbe de Césarée.


1.2 - Dessein Divin

Le deuxième Évangile a pour dessein de présenter le service « de Jésus Christ, le Fils de Dieu ». Celui qui avait d’abord failli, mais qui a finalement été déclaré « utile pour le ministère », était, par la puissance du Saint Esprit, aussi apte à remplir cette tâche que Matthieu qui a été appelé à être apôtre lorsqu’il était assis au bureau des impôts, et a eu la tâche d’écrire le premier Évangile. Christ Lui-même sert dans l’Évangile, et accomplit des œuvres puissantes qui l’accompagnent, comme le décrit Marc.

Marc fournit des précisions de temps, soit par son « aussitôt » caractéristique qui revient si souvent, soit par des spécifications encore plus précises — par exemple « en ce jour-là » de Marc 4:35 ; cela nous permet de clarifier certaines difficultés dans l’ordre des événements relatés dans les trois évangiles synoptiques. Une comparaison attentive fait voir que, sur les quatre écrivains inspirés, deux ont été conduits, sauf exception, à suivre l’ordre chronologique ; deux, à cause de leurs desseins respectifs, ont subordonné cet ordre, quand c’était nécessaire, à un groupement d’événements ou de discours indépendants ; et parmi ces deux paires, dans chaque cas, l’un était apôtre, l’autre ne l’était pas. Matthieu et Luc ne sont pas toujours liés à la simple séquence historique, tandis que Marc et Jean y adhèrent en règle générale.

Aucun d’entre eux ne peut être qualifié à juste titre de « fragmentaire », car l’œuvre de chacun est marquée par un but précis, et tout ce qui est inséré ou omis peut s’expliquer par ce but. Lorsqu’un incident illustre ce qui est du ressort des quatre, ils l’introduisent tous, comme, par exemple, la multiplication des cinq pains et des deux petits poissons. Lorsqu’il relève du domaine d’un seul, il est donné là, et nulle part ailleurs — comme l’impôt du Temple (didrachme) en Matthieu 17, ou le sourd qui parlait avec peine en Marc 7, ou la pécheresse repentante de Luc 7, et la Samaritaine de Jean 4, pour ne mentionner qu’un seul des nombreux faits, signes (miracles) et discours propres à chacun, et à Jean en abondance. Dans certains cas, trois donnent le même sujet, dans d’autres cas, deux seulement.

Mais ce n’est pas tout. S’il y a des phrases et des paroles notables communes à tous, il y a des différences tout aussi notables dans la façon dont elles sont exprimées. C’est pourquoi des esprits spéculatifs ont tenté irrévérencieusement de couper les nœuds qu’ils étaient incapables de dénouer, et par ailleurs des âmes non exercées ne parviennent pas à recueillir le profit voulu par l’Esprit par le moyen de chaque nuance de différence. Car c’est une perversion de la vérité que de dire que les écrivains étaient inspirés, mais pas leurs écrits. Si 2 Pierre 1:21 justifie l’inspiration des écrivains, l’inspiration des écrits est revendiquée de façon encore plus nette et explicite en 2 Tim. 3:16. Au v. précédent (2 Tim. 3:15), le titre de « saintes lettres » est appliqué à l’Ancien Testament ; mais au v. 16, l’Esprit de Dieu qualifie d’inspiré « tout » ce qui tombe sous la désignation d’« Écriture ». Il n’est pas question d’infirmité humaine : il s’agit de la puissance de Dieu. Toute Écriture est inspirée par Dieu (θεόπνευστος). Non seulement les hommes étaient inspirés, mais également le résultat, selon l’apôtre Paul. D’ordinaire, leurs écrits, comme leurs paroles, auraient été susceptibles des imperfections de la parole humaine et des limites de la pensée humaine ; mais toute Écriture, tout écrit qui entre dans cette catégorie, est inspiré de Dieu, et n’est nullement « laissé » aux simples accidents des facultés humaines. Il est illégitime et illogique, pour ne pas dire malhonnête, de mêler à l’inspiration les multiples erreurs commises par les copistes au cours des âges, car il s’agit là d’une tout autre question. Tout ce que nous défendons, c’est le caractère divin indiscutable de l’Écriture.

Il y a donc des différences, mais au lieu que ce soit des discordances comme l’incrédulité les appelle hâtivement et improprement, par ignorance, elles sont l’effet et la preuve belle et instructive des desseins variés de Dieu. Prenons l’exemple de Matthieu 8, « une assemblée solennelle de témoins », comme quelqu’un l’a appelé à juste titre. Le lépreux est venu, en fait, bien avant ce qu’on appelle le Sermon sur la Montagne. Le « et voici » du v. 2 ne nous relie à aucune date. Mais comme le Saint Esprit avait déjà donné un résumé des prédications de grâce et des actes de puissance en grâce du Seigneur en Matt. 4:23-24, Il présente les détails de Son enseignement dans les chapitres 5 à 7, et les détails de Ses miracles au ch. 8 et encore d’une autre manière au ch. 9, où la date cède le pas à des considérations plus profondes, et où des preuves choisies sont regroupées à dessein. En Marc 1:40-45, où aucun dessein de ce genre n’est en jeu, nous voyons la guérison du lépreux à sa place historique. Luc confirme le fait que c’était « l’un de ces jours » où Christ était à Capernaüm, et avant la guérison du paralytique, qui, chez Matthieu, est réservée au premier cas de Matt. 9.

Mais, entrons dans les détails : la guérison du lépreux était une attestation appropriée de la puissance présente de l’Éternel-Messie qui débute Matt. 8. Cela prouvait Sa grâce envers le Juif venu dans son impureté et sa foi (même si elle était chancelante) ; la grande foi du centurion Gentil suit ensuite, et ce n’est qu’ici que cette relation est faite. Dans l’Évangile de Luc, elle occupe une place différente, et dans Marc elle n’en a aucune. Le troisième fait du ch. 8 de Matthieu est la guérison de la belle-mère de Pierre, si intéressante pour un Juif ; elle assure que la grâce envers les Gentils n’a pas détourné le cœur du Messie d’Israël ; il semble qu’elle est insérée ici dans ce but, alors qu’historiquement elle précède en date les deux miracles précédents, comme le montrent Marc 1 et Luc 4. Il en est de même, bien sûr, de la guérison de nombreux démoniaques et malades le soir après le sabbat, en accomplissement d’Ésaïe 53:4. Il n’est pas du tout difficile de croire que le Saint Esprit a conduit Matthieu à introduire à cet endroit ce que Luc présente dans un tout autre contexte (Luc 9:57), et avec un ajout également. Ceux qui veulent harmoniser les évangiles imaginent des événements doublés, mais ils ne sont pas plus fidèles que les commentateurs qui taxent les écrivains inspirés de divergences. La conversation avec un scribe (Matt. 8:18-22), quel que soit le moment où elle ait eu lieu, semble avoir été donnée dans le premier Évangile pour montrer le grand vase de la puissance et de la grâce divines — c’est-à-dire le Messie consciemment rejeté, le Fils de l’homme qui n’avait aucun lieu où reposer sa tête, mais réclamant pourtant d’un disciple d’être suivi, même si son père était mort. Nous savons aussi avec certitude que la tempête qu’Il calma et la délivrance des démoniaques eurent lieu après que les paraboles de Matthieu 13 aient été entendues et expliquées.

Le septénaire (série de sept événements) du ch. 9 de Matthieu est un groupement semblable de témoignages à la suite du ch. 8, qui indiquent non seulement Sa puissance divine déployée en Israël, mais la haine et la jalousie croissantes qu’elle excitait chez les scribes, jusqu’à ce qu’elle culmine chez les pharisiens cherchant à empoisonner les foules par leur blasphème : « Il chasse les démons par le chef des démons ». Mais il n’est pas nécessaire de prouver davantage que Matthieu a été conduit, lorsqu’il le fallait, à énoncer les faits et les paroles de manière à donner le mieux possible l’ordre dispensationel, tandis que Luc a tout autant été conduit à présenter l’ordre moral. Prenez la généalogie du Seigneur comme une preuve évidente ; elle se trouve non pas en Luc 1, mais en Luc 3, après l’information de la mise en prison de Jean, et la scène merveilleuse qui suit, celle de Son baptême, bien que, naturellement, elle ait précédé de longtemps ce qui est relaté ici. Prenons encore les tentations, où Luc place la troisième tentation en second lieu selon un ordre moral, alors que les faits réels, tel qu’ils sont représentés par Matthieu, coïncident avec l’ordre dispensationel qu’ils avaient pour fonction de faire connaître. D’où la nécessité de l’omission remarquable dont témoigne le texte vrai et ancien, à la différence de l’erreur commune introduite par les copistes (va, arrière de moi, Satan, Luc 4:8), et par ceux qui harmonisent et d’autres, dont les fausses assimilations provoquent d’autant plus de doutes fâcheux chez leurs adversaires.

Quant au dessein divin, combien il est intéressant d’observer que l’Évangile de Marc ne fait pas mention de la lecture d’Ésaïe 61 par le Seigneur et de Sa prédication dans la synagogue de Nazareth, — pas plus d’ailleurs que Matthieu ou Jean ! Elle était réservée à Luc (ch. 4), comme une introduction grandiose de Christ au témoignage public, comme nous le verrons plus en détail à sa place. L’introduction de l’Évangile de Matthieu était l’application frappante, mais totalement différente, d’Ésaïe 9, où était promise la lumière brillante dans la Galilée méprisée. Il n’a pas été donné à Marc d’en faire état, mais seulement à Matthieu, dont le rôle était aussi et avant tout, de mettre en évidence l’accomplissement de la prophétie dans le Messie encore plus méprisé ; pareillement lui seul avait mentionné la visite des Mages, et la fuite en Égypte, et le massacre des petits enfants, tous allant dans le même sens.

De même, Marc n’a pas été conduit à présenter la remarquable guérison de l’esclave du centurion, qui occupe une place si importante dans le premier Évangile (Matt. 8:5-13), et une place encore plus grande dans le troisième (Luc 7:2-10). Marc donne bien la purification du lépreux, suivie de la guérison du paralytique, et dans les deux cas de façon très vivante ; mais il n’avait pas l’intention d’apporter le témoignage que la puissance de l’Éternel appellerait les Gentils quand Israël serait rejeté, comme en Matt. 8, pas plus que de montrer, comme en Luc 7, la foi du Gentil, — une foi comme on n’en voyait pas en Israël : elle reconnaissait la puissance de Dieu en Jésus pour commander souverainement et par amour, et elle était dans une âme rendue si humble par la grâce que cette âme discernait Son peuple dans les Juifs dégénérés, aimés et honorés à cause de Son nom.

De même, dans le premier et le second Évangile, nous n’avons aucun récit du fils de la veuve ressuscité des morts près de Naïn. Cela n’avait aucun rapport avec leur champ d’application particulier, et on peut présumer que c’est là la raison de l’omission ici. Mais ce récit était de la plus haute importance pour illustrer la puissance divine dans sa forme la plus élevée, unie à la plus grande sympathie humaine chez notre Seigneur Jésus, ce qui est donc exactement en accord avec le but spécial de l’Évangile de Luc, qui est seul à relater cet épisode.

C’est sur le même principe que l’on peut expliquer une grande partie de la matière intermédiaire donnée dans les parties centrales des premier et troisième Évangiles, et qui ne figure pas dans l’Évangile de Marc. Nous sommes ainsi délivrés des théories qui ont occupé beaucoup d’érudits, à leur propre détriment et à celui de ceux qui se fient à eux. Car ils ont cherché, sur des bases humaines, à expliquer les différents phénomènes des Évangiles synoptiques, les uns soutenant l’existence d’un document commun, les autres une tradition apostolique générale. On a encore attribué une intention supplémentaire à ceux qui ont suivi au fur et à mesure le premier dans sa contribution à la somme qui s’est formée et développée peu à peu. S’ils avaient cru au dessein spécial imprimé par le Saint Esprit sur chacun d’eux, on aurait évité des spéculations erronées, et cela aurait été à l’honneur de la parole de Dieu et pour le bénéfice spirituel de Ses enfants. On aurait alors su sans doute que les différences qui se produisent ne sont en aucun cas des divergences, mais elles découlent de la sagesse de Dieu, et non de la faiblesse de l’homme, et elles ajoutent une valeur incalculable au témoignage de Christ, et par conséquent à l’intelligence spirituelle de celui qui accepte tout comme venant de Dieu, dans la foi en Sa vérité et en Son amour. (*)


(*) Sur le « Dessein divin » retracé chapitre par chapitre, voir la suite de ce qui précède dans Bible Treasury, vol. 13, p. 124 et suivantes.


La critique légitime peut chercher à retrouver le vrai texte à partir de documents fiables, et différant plus ou moins dans le temps en raison de l’infirmité ou des fautes humaines. Mais elle suppose à juste titre un dépôt divin à l’origine. Aucune personne intelligente ne voudrait mélanger cette question avec l’inspiration de Dieu ; les diverses leçons relèvent du domaine distinct de la responsabilité de l’homme, tandis que l’Écriture relève de la grâce divine. Le problème du vrai critique est d’utiliser tous les moyens, externes et internes, pour retrouver ce qui a été écrit à l’origine (voir plus loin). Ce qu’on appelle la « haute critique » est essentiellement fallacieuse, soit qu’elle nie Dieu comme Auteur, soit, si elle ne va pas jusque-là, qu’elle prétende effrontément parler en Son nom. Même les chrétiens sont en danger de tenir compte de ce que supposent ces ennemis de la parole écrite, lorsqu’ils disent que celle-ci ne revendique nulle part l’autorité divine. Il n’y a pas seulement une preuve par déduction donnée dans la Bible en général, mais il y a aussi la preuve déterminante de la révérence à l’égard de tout ce qui était déjà écrit, — preuve manifestée par notre Seigneur, le Seigneur de tout. C’est une vérité dogmatique que l’inspiration de Dieu est revendiquée pour toute l’Écriture — non seulement pour tout ce qui a été donné avant que l’apôtre Paul écrive sa dernière épître, mais aussi pour la partie qui restait à écrire. Car telle est la force de 2 Tim. 3:16 : « Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile », etc. Si l’on avait voulu parler du corps d’écritures existant, l’article aurait été nécessaire, comme au v. 14, qui ne parle que de l’Ancien Testament. Si le sens avait voulu être que l’inspiration concernait l’ensemble existant, il aurait fallu l’article avant Écriture, comme au v. 14 (2 Tim.3), qui ne parle que de l’Ancien Testament. L’absence de l’article est tout à fait correcte, car elle accrédite la même source et le même caractère pour tout ce que Dieu a pu vouloir accorder jusqu’à ce que le canon soit complet.

En effet, l’Apôtre avait antérieurement fait en substance la même affirmation en 1 Cor. 2. Là où les oracles hébreux s’arrêtaient, le Nouveau Testament a révélé tout ce qu’il y a à communiquer pour la gloire et la bonté de Dieu (1 Cor. 2:9-13) : « Lesquelles choses aussi nous disons, non pas en paroles enseignées par la sagesse humaine, mais en paroles enseignées par l’Esprit, communiquant du spirituel par du spirituel » ou, si nous comblons le vide, « communiquant des [choses] spirituelles par des [paroles] spirituelles ». Les paroles étaient aussi positivement de l’Esprit Saint que les pensées. Telle est la propriété essentielle de l’Écriture. Ainsi tout était de l’Esprit de Dieu — la révélation, la communication, et aussi la réception. Le rationalisme nie Dieu en tout cela, en l’attribuant à l’esprit de l’homme qu’il peut élever à celui de Dieu, alors qu’il est dans les ténèbres et marche dans les ténèbres, ne sachant où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux (1 Jean 2:11).

Encore une fois, la traduction, comme l’interprétation et l’édition du texte issu de différents témoins, relève de l’utilisation responsable de l’Écriture, et est tout à fait distincte du fait de l’inspiration divine. Sans doute la conviction que Dieu a inspiré toute Écriture devrait agir puissamment sur l’esprit de tout croyant qui entreprendrait des travaux aussi sérieux, et elle est destinée à lui faire sentir sa dépendance à l’égard de Dieu dans l’emploi de toute diligence et de tous les moyens appropriés pour atteindre le but visé. Mais l’inspiration signifie, comme le dit l’un de ceux qui y sont employés, que des hommes ont parlé de la part de Dieu, mus (ou entraînés) par le Saint Esprit (2 Pierre 1:21). Ainsi, l’Écriture n’est pas de l’esprit ou de la volonté de l’homme, mais de Dieu, comme personne ne l’a jamais montré plus clairement que notre Seigneur, et donc par une autorité finale et divine. D’où aussi le danger et le mal pour quiconque de donner, quelle que soit la cause de cette faute, sa propre pensée et non celle de Dieu en éditant, traduisant ou interprétant. Ce que Dieu a communiqué est capable de rendre sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus (2 Tim. 3:15). « N’est-il pas écrit ? » ; si on applique vraiment cette question, elle est absolument concluante dans le jugement de Celui qui jugera vivants et morts. « Et l’Écriture ne peut être anéantie » (Jean 10:35).

Combien le privilège est immense, aussi ! Dans sa dernière partie, c’est la révélation de Dieu, non seulement de Dieu, mais de Lui-même, et de Dieu qui nous parle en Fils — non pas simplement le Premier-né, mais le Fils unique, la révélation du Père et du Fils par le Saint Esprit. Oh, la grâce, aussi, de Son Fils daignant devenir un homme, afin que ce qui est absolu nous soit rendu relatif dans les tendres affections d’un homme même, de Celui qui pourtant était et est Dieu comme Son Père. D’où le changement total de notre regard sur les choses, visibles ou invisibles, selon Dieu, où les plus grandes sont ramenées jusqu’à notre cœur, et où, par les plus petites, nous apprenons à être proches de l’amour de Dieu ; rien n’est trop grand pour nous, rien n’est trop petit pour Dieu, comme disait quelqu’un d’autre qui a quitté ses travaux pour être avec Christ. Christ seul, Christ pleinement, explique les deux, et l’Écriture est la véritable maison du trésor ainsi que la norme de tout cela, selon que l’Esprit a été envoyé du ciel pour nous le faire éprouver de toutes manières. Aucune tradition ne peut servir pour une tâche aussi gigantesque.

L’Esprit de Dieu qui enregistre ne se limite pas aux simples paroles que Jésus a prononcées. Je considère que c’est là une question importante pour former un jugement sain sur les Écritures. La notion dans laquelle les orthodoxes s’enferment parfois, dans leur zèle pour l’inspiration plénière, est à mon avis tout à fait mécanique ; ils pensent que l’inspiration donne nécessairement et uniquement les mots exacts que Christ a prononcés. Il me semble qu’il n’y a pas la moindre nécessité à cela. Il est certain que le Saint Esprit donne la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité. Les différences ne sont pas dues à quelque infirmité, mais à Son dessein, et ce qu’Il nous a donné est incomparablement meilleur qu’un simple rapport de tant de mains qui seraient toutes censées donner les mêmes paroles et les mêmes faits… Matthieu et Luc nous donnent tous deux la parabole du semeur, mais Matthieu l’appelle la parole du royaume, tandis que Luc l’appelle la parole de Dieu. Le Seigneur Jésus peut avoir employé les deux dans Son discours à cette époque… L’Esprit de Dieu ne nous a pas donné d’avoir les deux dans le même Évangile, mais Il a agi avec une souveraineté divine. Il ne réduit pas les évangélistes à de simples rapporteurs littéraux. … Le simple système mécanique ne peut jamais expliquer l’inspiration. Il se trouve entièrement déconcerté par le fait que les mêmes paroles ne sont pas données dans tous les évangiles. Prenez Matthieu (5:3) : « Bienheureux les pauvres », et Luc (6:20) : « Bienheureux, vous pauvres ». Voilà une difficulté gênante pour le schéma mécanique de l’inspiration ; ce n’en est pas une pour ceux qui tiennent à la suprématie du Saint Esprit dans l’emploi d’hommes différents comme vases de Ses divers desseins.


1.3 - La Critique Textuelle

Bien que des critiques compétents aient cherché pendant un siècle à éditer le Nouveau Testament grec sur la base de manuscrits grecs, d’anciennes versions et de citations anciennes, aucun n’a encore réussi à obtenir une confiance plus que partielle. C’est pourquoi tout érudit prudent et consciencieux qui veut vraiment connaître les sources doit comparer plusieurs de ces éditions et rechercher les raisons de leurs différences, afin d’avoir une vue correcte et élargie du texte et de juger honnêtement les leçons contradictoires qu’elles revendiquent… Un jugement spirituel mûr, avec une dépendance continuelle du Seigneur, est tout aussi essentiel qu’une familiarité saine et approfondie avec les anciens témoignages de toutes sortes.

Lachmann publia un manuel du Nouveau Testament, se disant basé sur l’idée de Bentley de présenter le texte tel qu’on le lisait au quatrième siècle… d’un seul coup, il condamnait la masse des témoins survivants à une mort ignominieuse, et nous présentait un texte formé sur des principes absolus d’une singulière étroitesse… Négliger des preuves internes est un obstacle fatal. Mais la grande erreur consiste à dire qu’un manuscrit du quatrième ou du cinquième siècle doit donner de meilleures leçons qu’un manuscrit du septième ou du huitième siècle. Or cela n’est nullement certain. Il y a une présomption en faveur du manuscrit le plus ancien, car chaque transcription successive tend à introduire de nouvelles erreurs en plus des précédentes qu’on répète. Inversement, une copie du neuvième siècle peut avoir été faite à partir d’une copie plus ancienne que toutes celles existantes, et il est certain que certains documents anciens sont plus corrompus que beaucoup de témoins plus récents. Tout érudit honnête doit reconnaître, pour le moins, que les manuscrits les plus anciens ont quelques mauvaises leçons, et que les manuscrits modernes en ont de bonnes. La distinction n’est donc pas à faire entre les preuves unies tirées des documents les plus anciens (Manuscrits, Versions, citations des Pères), et la masse des documents plus récents ; car rarement, sinon jamais, il n’y a un témoignage ancien unanime sans qu’il soit considérable soutenus par des témoins ultérieurs. En vérité, là où les documents anciens sont vraiment d’accord, il y a presque toujours une grande confirmation ailleurs, et là où les anciens diffèrent, les modernes aussi. Il est donc tout à fait sans fondement de traiter cette question comme une question pure et simple entre l’ancien et le nouveau. Le point important n’est pas non plus de rechercher quelles leçons particulières existaient à l’époque de Jérôme. Car des erreurs notoires de toutes sortes s’étaient déjà glissées dans les copies grecques et latines, et aucune ancienneté ne peut sanctifier l’erreur. La vraie question est la suivante : en se servant de tous les moyens disponibles pour former un jugement, quel était le texte primitif ? On oublie souvent que nos plus anciens documents ne sont que des copies. Plusieurs siècles se sont écoulés entre l’Écriture originale du Nouveau Testament et tous les manuscrits existants actuellement. Tous, par conséquent, sont basés sur des copistes ne différant que par le degré. Il ne s’agit donc pas de comparer un seul témoin oculaire avec de nombreux rapporteurs par ouï-dire, à moins de disposer des autographes originaux. En fait, nous savons que le récit d’un historien, trois siècles après les faits allégués, peut être, et est souvent, corrigé, cinq cents ou mille ans après, par le retour à des sources plus dignes de confiance, ou par un filtrage plus patient, plus complet et plus habile des preuves négligées.

Ma conviction personnelle est que dans certains cas, surtout pour des paroles isolées, la copie la plus ancienne qui existe peut être corrigée par une autre généralement inférieure presque à tous égards, et que les preuves internes doivent être utilisées, dans la dépendance de l’Esprit de Dieu, quand les autorités externes sont en conflit.


2 - Marc 1

Voir « Leçons introductives aux Évangiles », p. 140-156.


2.1 - Marc 1:1-18

Cf. Matt. 3:1-11 ; Luc 3:1-17 ; Jean 1:19-30.


Marc nous donne le ministère du Seigneur. Son récit est bref ; et il y a peu d’événements qui ne sont pas rapportés par Matthieu et Luc. Néanmoins, quelle lacune il y aurait dans notre vision de la vie et de l’œuvre du Sauveur ici-bas si nous cachions Marc ! Personne n’a une manière plus caractéristique de présenter ce qu’il nous donne. Nulle part ailleurs, nous n’avons des images aussi vivantes de la vie de notre Maître — non seulement ce qu’Il a dit et fait, mais comment Il regardait et ressentait. En outre, il y a le dessein évident d’attirer notre attention sur Son service de l’Évangile ; et tous les incidents choisis, ainsi que la manière particulière dont ils sont traités, portent sur ce sujet de poids et touchant : le Seigneur Dieu comme le serviteur, dans le ministère humble et fidèle de l’Évangile ici-bas.


2.1.1 - Ch. 1:1

Le début même de l’ouvrage de Marc illustre ce qui vient d’être dit : « Commencement de l’évangile de Jésus Christ ; le Fils de Dieu ; comme il est écrit dans le prophète Ésaïe : Voici, moi j’envoie Mon messager devant Ta face, lequel préparera Ton chemin. La voix de celui qui crie, » etc. Nous entrons tout de suite dans la grande affaire dont le Saint Esprit s’occupait. Il n’y a pas de sonnerie de trompettes pour annoncer le Roi dans un style et avec un titre appropriés. Cela a sa juste place dans Matthieu, qui retrace la généalogie depuis Abraham et David, ainsi que la lignée royale élue de Salomon, ce qui s’accorde si admirablement avec l’objectif de Dieu. Les circonstances avant et après Sa naissance suivent, toutes tendant au même but : présenter Jésus comme le vrai et précieux Messie d’Israël. Luc et Jean, on pourrait le démontrer aisément, ont été doués par l’Esprit d’une sagesse également frappante et appropriée pour maintenir le but respectif de leur Évangile ; mais l’espace ne permet pas de tarder à parler de ces détails.


2.1.2 - Ch. 1:2

Il est bon, cependant, en notant le beau caractère direct du tableau mis ici sous nos yeux, d’observer qu’il n’y a aucune précipitation, aucune omission de ce qui était une préface des plus importantes pour le récit de Jésus exerçant ainsi Son ministère, — à savoir l’apparition et les services préalables de Jean le Baptiseur. C’est à cela que semble faire allusion les paroles du début. C’était plus qu’une prophétie, bien que conforme aux prophètes, comme le prouvent les v. 2 et 3. Il nous est dit ailleurs que « la loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean » (Matt. 11:13) qui a fait un grand pas en avant comme « commencement de l’évangile de Jésus Christ ». Telle était la voix de celui qui criait dans le désert, après le long silence qui avait régné sur le témoignage de Dieu à Jérusalem.

En outre, n’est-il pas touchant de voir qu’étant sur le point de suivre les pas du fidèle Serviteur de Dieu, le seul parfait, le Saint Esprit, dans Sa souveraine sagesse, a opéré dans Sa citation de Mal. 3:1 un changement qui atteste la gloire divine de Jésus ? Dans la prophétie, c’est l’Éternel qui envoie Son messager pour préparer le chemin devant Lui. Dans l’évangile, c’est encore l’Éternel qui envoie Son messager, mais c’est maintenant devant « Ta face » — c’est-à-dire la face de Jésus Christ. La vérité est que Jésus, aussi humble qu’Il fût, était l’Éternel. Matthieu tire la même vérité de Son nom. « Tu appelleras Son nom Jésus, car c’est Lui qui sauvera Son peuple de ses péchés » (Matt. 1:21). Or, les Juifs n’étaient le peuple de personne d’autre que de l’Éternel. Ce changement dans la citation de Malachie au début de notre Évangile est d’autant plus remarquable que Marc, à la différence de Matthieu, cite rarement les Écritures. On voit combien c’est parfaitement en harmonie avec cet Évangile, et aussi à sa partie initiale. Si le Seigneur de gloire venait ou vient sous la forme d’un serviteur et à la ressemblance des hommes, il était tout à fait approprié que la prophétie ne soit pas anéantie, mais se plie devant Lui, et qu’un nouveau témoignage encore plus béni commence.


2.1.3 - Ch. 1:3-5

Mais où crie cette voix du héraut, et où baptisait-il ? « Dans le désert ». Quel était donc l’état de Jérusalem et du peuple de Dieu ? Ils devaient sortir vers Jean s’ils voulaient prendre leur juste place devant Dieu. Ce qu’il présentait était le baptême de repentance pour la rémission des péchés. L’effet était grand ; je ne dis pas salvateur, mais étendu, et touchant la conscience. « Tout le pays de Judée et tous ceux de Jérusalem sortaient vers Lui ; et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve du Jourdain, confessant leurs péchés ». Tout cela est ici esquissé par Marc, clairement mais rapidement et brièvement, sans s’arrêter en chemin pour mettre devant nous, comme Matthieu avait besoin de le faire selon le dessein de Dieu, les hommes orgueilleux et faux de cœur qui tenaient la place de chefs religieux de l’époque, et qui allaient être les objets du jugement de Dieu, certain et scrutateur.


2.1.4 - Ch. 1:6-8

Mais si Jean avait une place particulière, et si sa demeure, ses vêtements et sa nourriture témoignaient de sa séparation d’avec l’état mauvais d’Israël, sa tâche plus heureuse était de témoigner de la supériorité de la personne de Christ et de Son ministère, par rapport à lui et au sien. Rien n’est dit ici du baptême de feu, comme en Matthieu et en Luc où ce sujet était requis. Mais Marc a été inspiré de ne parler que de la partie du témoignage de Jean directement associée à l’œuvre du Seigneur dans l’Évangile, à savoir le baptême du Saint Esprit. Ce n’est pas, bien sûr, que la repentance eût cessé avec Christ, ni que, dans un monde de péché, elle puisse jamais cesser d’être le chemin nécessaire d’une âme qui est née de Dieu. Cependant, le fait qu’une âme se tourne vers Dieu, dans le sentiment du péché et dans le jugement de soi, est différent de la puissance divine qui écarte le mal sur la base d’une rédemption accomplie par la grâce de Dieu. C’est la bénédiction caractéristique du christianisme.


2.2 - Marc 1:9-11

Matt. 3:13-17 ; Luc 3:21-22 ; Jean 1:31-34.


Pourtant, Jésus, le Baptiseur du Saint Esprit, fut Lui-même baptisé par Jean dans le Jourdain, et Lui-même reçut le Saint Esprit ! Quelle vision et quelle vérité ! Infiniment au-dessus du péché et des péchés (qu’Il ne connaissait même pas, 2 Cor. 5:21), Il fut pourtant baptisé d’eau. Il n’avait pas d’injustice à confesser, mais c’est ainsi qu’il Lui convenait d’accomplir toute justice (Matt. 3:15). C’est de Nazareth en Galilée qu’Il venait, Lui qui était sur toutes choses Dieu béni éternellement (Rom. 9:5). C’est là qu’Il demeurait, comme nous le dit Matthieu, afin que la parole des prophètes s’accomplisse en cela, comme en tout le reste. Le ciel pouvait-il rester impassible en contemplant une telle grâce ? Impossible : « Et aussitôt qu’il sortit de l’eau, il vit les cieux se fendre, et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe ». Quelle signification avait cet acte de baptême dans la pensée de Dieu ! « Et une voix se fit entendre des cieux, disant : Tu es mon Fils bien-aimé, en Toi j’ai trouvé mon plaisir » (*). « Lui que Dieu le Père a scellé » dit l’évangile de Jean (6:27). Ce n’est pas seulement le fait qui est rapporté ici, mais « Il vit » (1:10), etc. Bien que véritablement Dieu, Il était homme ; bien que Fils, Il devint un esclave, et Il était maintenant sur le point d’entrer dans Son ministère. Il reçut l’Esprit en même temps que la reconnaissance de Sa filiation. Il avait justifié la sentence de Dieu sur Israël et l’appel qu’Il lui adressait — Il s’était joint en grâce aux âmes qui s’étaient courbées devant cette sentence dans les eaux du Jourdain ; mais cela ne pouvait avoir lieu sans la réponse du Père pour la joie de Son cœur dans le chemin qu’Il allait parcourir. L’un (le baptême d’eau au Jourdain) était l’accomplissement de toute sorte de justices, et non pas seulement la justice légale (ceci en grâce, car il n’y avait aucune nécessité de mal dans Son cas), l’autre (la voix du Père) était Sa reconnaissance par le Père dans une relation personnelle de haute proximité, sur laquelle Sa soumission au baptême aurait pu jeter du trouble à des yeux charnels.


(*) En raison de son association avec tous ceux qui, en Israël, ressentaient et reconnaissaient leur condition aux yeux de Dieu… le Sauveur s’identifiait avec le résidu craignant Dieu.


2.3 - Marc 1:12-13

Matt. 4:1-11 ; Luc 4:1-13.


« Et aussitôt l’Esprit Le pousse dans le désert ; et Il fut dans le désert quarante jours, tenté par Satan ; il était avec les bêtes sauvages, et les anges Le servaient ». Quelle image de Sa position en quelques mots de Dieu ! Moïse, le législateur, avait été avec Dieu sur la montagne pendant quarante jours ; Élie, le prophète, avait été dans le désert avec Dieu pendant la même période, soutenu sans qu’il fût besoin de nourriture de l’homme. Mais qu’étaient ces deux miracles comparés à la situation de Jésus ? Pour Lui, le Fils, être avec Dieu était, et avait été Sa part de toute éternité, — Sa place naturelle, pour ainsi dire ; mais maintenant Il était descendu sur la terre, homme parmi les hommes, et dans le désert, auquel le péché avait réduit cette belle création, Il est tenté pendant quarante jours par Satan. L’homme n’était pas là, mais il y avait les bêtes sauvages, comme notre évangéliste l’ajoute avec force ; et là aussi, les anges étaient à son service. Voilà toute Sa merveilleuse préparation pour un service non moins merveilleux.

Nous avons vu jusqu’ici en Christ les grands préparatifs pour le service de Dieu, le début étant, bien sûr, modifié par Son absence intrinsèque et absolue de péché. Et je crois qu’il en est de même, dans une certaine mesure, pour quiconque est appelé par le Seigneur à suivre Son chemin. Il y a, tout d’abord, la reconnaissance de notre vraie place devant Dieu. Quelle jouissance réelle de notre relation spirituelle peut-il y avoir tant que nous ne nous courbons pas devant Dieu dans la vérité de notre condition ? Il peut y avoir une sorte de joie à la pensée du pardon des péchés ; mais ce pardon, aussi doux et important soit-il, n’est, après tout, qu’un acte — un acte immense et divin — de la grâce souveraine par le sang versé du Sauveur. Il n’est pas en soi l’existence ou la jouissance de notre nouvelle relation de fils avec le Père. Cela est donné ensuite, avec le sceau de l’Esprit. Nous aussi, conduits par l’Esprit, nous avons l’heureux témoignage que nous sommes enfants de Dieu. Mais ensuite, il faut prendre conscience de ce qu’est la puissance de Satan, et aussi du désert, avant d’avoir la pleine capacité de servir les autres dans la puissance de Dieu.


2.4 - Marc 1:14-20

Matt. 4:12-22 ; Luc 4:14-15, Luc 5:1-11.


2.4.1 - Ch. 1:14-15

« Mais après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée, prêchant la bonne nouvelle du royaume de Dieu ». C’était le moment approprié pour Son ministère public. C’était une heure peu adaptée à la nature, alors que le précurseur du Messie goûtait l’inimitié du monde ; mais Jésus n’est pas venu pour échapper aux peines de l’amour dans un monde haineux, mais pour faire connaître ce qu’est Dieu, malgré, et même à cause, d’un tel monde. C’est pourquoi Il dit : « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu (*) s’est approché. Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle (l’évangile) ». Il n’y avait plus de délai pour le témoignage de la grâce. Il n’était plus question de la loi, mais de se repentir et de croire à l’Évangile.


(*) Matthieu utilise « royaume de Dieu » dans quelques passages où « royaume des cieux » ne pouvait être utilisé (Matt. 6:33 ; 12:28 ; 21:43). Ainsi, le royaume de Dieu était là lorsque Christ le Roi était là ; le royaume des cieux a commencé lorsque Christ est allé au ciel. Bientôt, lorsque Satan cessera de régner, ce sera le royaume des cieux (et de Dieu aussi, bien sûr), non pas en mystère, mais en manifestation. Le royaume de Dieu a aussi une force morale que le royaume des cieux n’a pas, et c’est de cette manière que Paul l’utilise fréquemment, et qui convenait particulièrement au dessein de l’Esprit dans Luc.


2.4.2 - Ch. 1:16-20

Mais, bien que ce fût alors le temps de l’action divine, la grâce voulait avoir des participants à sa propre joie. Ainsi, nous avons Simon et André, Jacques et Jean, appelés à devenir pêcheurs d’hommes. Ils avaient connu et cru en Jésus auparavant, mais maintenant ils doivent Le suivre et être avec Lui. Bateaux, filets et père (c'est-à-dire leur propriété terrestre, leur occupation ordinaire et leur relation naturelle) doivent céder à l’appel de Jésus. Non pas que tous soient appelés à suivre Jésus de cette manière ; mais assurément c’est le Saint Esprit qui conduit l’âme qui est née de nouveau à L’appeler Seigneur. Cette confession est-elle réelle ou dénuée de sens ? Par son sang, nous sommes rachetés pour Dieu. Nous ne sommes pas à nous-mêmes ; nous avons été achetés à un prix. Il est notre Seigneur, non seulement dans les grandes choses, mais aussi dans les plus petites affaires de la vie quotidienne. Et je suis sûr qu’une crise survient dans l’histoire des âmes croyantes, lorsqu’elles doivent être mises à l’épreuve pour savoir dans quelle mesure cela est vrai expérimentalement. Car Satan cherche à nous tenter, à nous faire sortir de l’heureuse place de serviteurs de Christ, à nous faire en quelque sorte des seigneurs. Cherchons-nous nos propres intérêts, notre propre plaisir, nos propres aises ? Luttons-nous pour notre propre volonté ? Cherchons-nous à être quelque chose dans le monde, ou, en tout cas, quelque chose dans l’Église ? Qu’est-ce que c’est, sinon d’être des seigneurs au lieu d’être Ses serviteurs ? Mais Le reconnaître comme Seigneur, faire sa volonté, voilà ce qui nous appartient en propre. C’est pour cela que nous sommes sauvés. C’est pour cela qu’Il est mort, et c’est pour cela que nous devons vivre — pour reconnaître Jésus comme Seigneur. Vivre pour nous-mêmes en quoi que ce soit, c’est Le priver de Ses droits, et c’est nier, jusqu’à un certain point, le grand prix qu’Il a payé pour nous faire Siens.


2.5 - Marc 1:21 -28

Luc 4:31-37.


2.5.1 - Ch. 1:21-22

« Ils se rendent à Capernaüm, et aussitôt, le jour du sabbat, il entra dans la synagogue et enseigna. Et ils étaient étonnés de sa doctrine, parce qu’il leur enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes ». C’est le premier point essentiel dans le ministère de la parole de Dieu : qu’elle soit prononcée avec autorité. La chair peut l’imiter. Le monde pense que la volonté propre est la seule chose qui puisse servir à atteindre un but quelconque. Mais quelle que soit la force de la volonté de l’homme dans les choses des hommes, la certitude de la volonté de Dieu est la seule chose par laquelle le Saint Esprit revêt d’autorité la parole dans les choses divines. C’est ce qui a eu lieu en premier avec Christ, car Lui seul, en tant qu’homme, avait toujours le Seigneur devant Lui (Ps. 16:8). Mais même dans notre cas, il faut parler avec l’assurance de la pensée et de la volonté de Dieu (1 Pierre 4), si tant est que nous parlions pour Dieu ; sinon, il vaudrait mieux se taire. Il n’en était pas ainsi avec les scribes. Ils pouvaient raisonner ou éblouir, selon que l’argument ou la fantaisie l’emportait. Mais pour nous, il vaut mieux ne pas parler si nous n’avons pas la certitude de ce que Dieu aurait dit à un moment donné. En parlant avec incertitude, on ne fait que communiquer aux autres nos doutes ou nos ténèbres. Mais si par grâce nous avons la certitude de la vérité de Dieu, qu’elle soit dite avec autorité. C’est en tant que serviteur que Christ le fait ici. Il était Lui-même la perfection de l’humilité ; car parler avec la plus grande autorité n’est nullement incompatible avec un esprit humble, quand on n’a aucun doute sur la pensée de Dieu.


2.5.2 - Ch. 1:23-28

Mais ensuite, nous trouvons « qu’il y avait dans leur synagogue un homme possédé d’un esprit impur, et il s’écria, disant : Ha ! qu’avons-nous à faire avec toi, Jésus Nazaréen ? Es-Tu venu pour nous détruire ? Je sais qui Tu es, le Saint de Dieu. Et Jésus le tança (réprimanda) en disant : Tais-toi, et sors de lui. Et quand l’esprit impur l’eut déchiré, et qu’il eut crié d’une voix forte, il sortit de lui ». Combien ces possessions démoniaques apparaissaient de manière frappante en présence de Jésus ! En lisant les Évangiles, on pourrait presque penser que tous les cas existants et possibles à l’époque s’étaient pressés autour de Lui. Mais la vérité est qu’il y en avait peut-être autant auparavant, mais la présence de la lumière divine les faisait tous ressortir ; la présence de Jésus, le Fils de Dieu, mettait Satan aux abois et faisait tomber le masque qui avait pu couvrir ses victimes auparavant. Dans une certaine mesure, cela peut être observé partout où la puissance de la vérité et de la sainteté de Dieu est à l’œuvre. Élève-t-il une bannière ? L’opposition se fera immédiatement sentir, et l’ennemi se déclarera. L’esprit impur serait volontiers resté tranquille, mais il reconnaît la puissance de Jésus de Nazareth, le méprisé. La puissance de Satan ne pouvait que sentir la présence et la suprématie du méprisé des hommes, mais qui était le Saint de Dieu. Jésus, cependant, le tance, et délivre le possédé, à l’étonnement de tous ceux qui reconnaissaient la nouvelle doctrine en raison de la puissance qui jugeait et chassait l’ennemi.


2.6 - Marc 1:29-34

Matt. 8:14-16 ; Luc 4:38-41.


Et ce n’est pas tout. La parole divine était ressentie, et les démons étaient chassés. La maladie aussi s’enfuyait à Son contact, et cela non seulement dans le cas individuel de la mère de la femme de Simon, mais dans des foules d’autres personnes, misérables et affligées de toutes manières. À cet égard, nous n’avons qu’à nous humilier devant Dieu, car l’Église était autrefois le siège de cette même merveilleuse énergie de réprimer les maladies et de chasser les démons. C’était les puissances du siècle à venir. Mais Dieu a dépouillé l’Église de ses ornements à notre honte, et il nous convient d’en être humiliés. Mais tournons-nous vers Jésus. Il était inlassable dans Sa journée de labeur et de service pour les autres ; cela n’a pas changé. Il poursuit toujours Son œuvre d’amour ; car « au coucher du soleil, on Lui apporta tous ceux qui se portaient mal et ceux qui étaient possédés par des démons, et toute la ville était rassemblée à la porte ; Il guérit beaucoup de gens atteints de diverses maladies, et Il chassa beaucoup de démons, et Il ne permettait pas aux démons de parler, parce qu’ils Le connaissaient ». Il refusait ce témoignage mixte. Il faut qu’il soit divin pour qu’Il l’accepte.


2.7 - Marc 1:35-39

Luc 4:42-44.


Mais ce qui est si béni pour nous et si instructif aussi, c’est le prochain beau trait que nous trouvons dans le Seigneur comme serviteur sur la terre. « S’étant levé le matin, bien avant le jour, Il sortit et s’en alla dans un lieu désert, et là Il priait ». Bien qu’Il ait été occupé tôt et tard par les souffrances des autres, nous Le trouvons ici devançant l’aube de beaucoup, alors qu’il faisait encore nuit noire, afin de s’entretenir avec Son Père. Et quelles étaient les communications entre un tel Père et un tel Fils ? L’Ancien Testament nous dit : « Le Seigneur l’Éternel m’a donné la langue des savants, afin que je sache soutenir par une parole celui qui est las. Il me réveille matin après matin, Il réveille Mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne » (Ésaïe 50:4). Le Nouveau Testament nous dit comment Il se rendait longtemps avant le jour dans un lieu désert, et qu’Il y priait. Et s’Il se retirait ainsi pour être avec Dieu, Lui-même le Seigneur Dieu, avant de se mettre au travail de la journée, pouvons-nous nous étonner que nous faillissions tant dans le travail au dehors, nous qui faillissons encore plus quant à l’intimité intérieure avec notre Père ? Soyons assurés que le secret de la force sainte et de l’endurance dans le service se trouve uniquement là.


2.8 - Marc 1:40-45

Matt. 8:1-4 ; Luc 5:12-16.


2.8.1 - Différences entre les évangiles : ordre chronologique ou non

Avant de parler de la purification du lépreux, considérons un peu la structure de notre Évangile par rapport aux autres. Un examen attentif convaincra bientôt le lecteur que Marc suit l’ordre des faits, comme le fait Jean, à une très légère exception près, dans la mesure où il nous donne un récit historique. Ni Luc ni Matthieu n’adhèrent à l’ordre successif évident des événements : le premier, en vue de développer la portée morale des faits, a enregistré la condition réelle de l’homme et les ressources admirables de la grâce divine ; le second, afin de manifester plus vivement le changement de dispensation consécutif au rejet du Messie. Je crois que tel était le but du Saint Esprit dans leurs Évangiles respectifs, sans prétendre dire jusqu’à quel point les auteurs ont pu entrer dans les vastes desseins de Dieu dans leurs propres écrits inspirés. En général, le caractère de l’inspiration du Nouveau Testament est une communion intelligente avec la pensée de Dieu, et non pas un moyen instrumental seulement, comme c’était le cas habituel pour les prophètes juifs (1 Pierre 1). La grande question, cependant, est de savoir quelle était l’intention de Dieu, qui avait en vue l’instruction et la bénédiction permanentes de Son Église par la parole écrite.

Il existe des différences, fréquentes et graves, entre les différentes présentations du Seigneur dans les Évangiles, à la fois dans l’ordre des récits et dans la manière dont les circonstances et les discours particuliers nous sont présentés. À quoi faut-il attribuer ces nuances variant sans cesse ? Est-ce à la simple infirmité d’hommes de bien, qui ont fait de leur mieux, mais dont on ne pouvait attendre une concordance absolue, car même les meilleurs et les plus doués ne sont pas d’accord dans leurs pensées, leurs sentiments, leurs compréhensions et leurs jugements ? Ou, au contraire, faut-il attribuer ces divergences apparentes, non pas à la faiblesse de l’homme, mais à la sagesse de Dieu ? Et faut-il considérer avec respect toutes les divergences qui les séparent, comme chargées de vérité autant que leurs points de concordance évidents ? N’oublions pas un seul instant que les livres de l’Écriture Sainte offrent un magnifique maintien du style et de la manière propres à leurs auteurs pris individuellement. Mais souvenons-nous tous et toujours que soutenir l’individualisme est une chose bien distincte de permettre l’erreur, et que l’inspiration divine n’admet pas l’erreur et ne détruit pas l’individualité.

Qu’il y ait des différences nombreuses et frappantes entre les Évangiles, c’est évident pour tout le monde, sauf pour le lecteur le plus négligent ; que ces différences soient divinement données, et non des défauts d’inadvertance, c’est également certain pour le croyant. Confesser l’inspiration des évangélistes, tout en attribuant aux évangiles une erreur quelconque, c’est se tromper soi-même et pécher contre Dieu. L’inspiration n’est plus l’inspiration si elle est compatible avec l’erreur. Rendre compte des nuances, montrer combien elles sont toutes nécessaires, raisonnables et divinement parfaites, c’est une autre affaire, qui dépend de notre degré d’intelligence et de puissance spirituelles ; mais aucun chrétien ne devrait hésiter un instant à s’opposer à toute mise en doute de la parole de Dieu. Or, Dieu a pris soin que, parmi les auteurs des Évangiles, deux (Matthieu et Jean) soient des apôtres, et deux (Marc et Luc) ne le soient pas, bien que tous, bien sûr, soient pareillement inspirés. De plus, Sa sagesse a voulu que, de ces deux classes, l’une (Marc et Jean) s’en tienne à l’ordre chronologique, et que l’autre (Matthieu et Luc) adopte, dans une certaine mesure, un groupement des faits nécessairement différent de la simple transcription des faits tels qu’ils se sont produits. Il est remarquable que c’est à notre évangéliste (Marc), bien qu’il ne soit pas apôtre, que nous devons la vue la plus claire de la ligne historique du ministère de notre Sauveur, suivie de ce qui la clôt et la couronne, depuis la croix jusqu’à l’ascension. Les preuves que Marc, dans son esquisse brève, rapide, mais très vivante, conserve la série intacte, apparaîtront de temps en temps, à mesure que nous poursuivrons son cours. Le fait est énoncé ici, et son importance est manifeste s’il est accepté comme vrai ; car nous disposons ainsi d’une norme, quant à la séquence, qui permet de mesurer, comme sur une échelle absolument parfaite, les déplacements de Matthieu et de Luc. Il nous faut donc considérer en détail le principe et les objectifs que le Saint Esprit avait en vue lorsqu’Il a conduit ces évangélistes à regrouper certains incidents, miracles ou discours, les sortant de leur place, mais suivant un ordre tout aussi réel que celui de Marc, et plus approprié, bien sûr, à leur dessein spécifique.

L’omission ou l’insertion de points particuliers dans un ou plusieurs évangiles, et non dans les autres, est due à la même cause. Par exemple, la première apparition de la vraie lumière dans le cœur d’André, de Jean, de Pierre, etc. n’est donnée qu’en Jean 1. « Il appelle ses propres brebis par leur nom, et Il les mène dehors » (Jean 10:3). D’autre part, ce n’est pas Jean, mais les autres évangélistes qui nous montrent leur convocation officielle à suivre Christ et à devenir pêcheurs d’hommes ; mais parmi eux, seul Luc (ch. 5) fournit (en dehors de sa date effective) les détails de la pêche miraculeuse que le Seigneur fit agir avec une telle puissance sur l’âme de Pierre et de ses associés, en les sondant. Pour le reste, la succession des événements dans Luc coïncide avec celle de Marc, sauf que Luc commence par la scène de la synagogue de Nazareth (Luc 4:16-27), qui décrit de façon si vivante l’intervention de la bonté divine, Jésus oint du Saint Esprit et de puissance, et le débordement de la grâce sur les Gentils après Son rejet par Son peuple. Matthieu (4:23-25) ne donne pas de détails ici, mais s’attarde sur Sa prédication et Ses miracles dans toute la Galilée, et Sa renommée largement répandue et ses effets ; après cette large esquisse, suit le sermon sur la montagne, transposé de son lieu et de sa date, de manière à donner dès le début un exposé plus complet des principes du royaume. Marc n’a pas ce sermon ; sa tâche n’était pas d’exposer le caractère du royaume des cieux en opposition à la loi (comme le prophète plus grand que Moïse le fait dans Matthieu), mais de raconter les œuvres et le ministère du Seigneur dans l’Évangile. Sa place, si elle avait été insérée là, aurait été, je crois, au milieu du ch. 3. Ainsi, la comparaison de la ligne chronologique des choses dans Marc, comme étant, pour ainsi dire, une échelle fixe, facilite grandement notre perception des déplacements de récits dans Matthieu et Luc, ainsi que notre considération de la sagesse divine qui, dans l’un et l’autre, a ainsi ordonné leurs récits.


2.8.2 - Ch. 1:40-42

Revenons à l’évangile de Marc. « Un lépreux vient à Lui, Le supplie, se met à genoux devant Lui et Lui dit : « Si Tu veux, Tu peux me rendre net ». Quelle image de la misère sans ressources que ce lépreux agenouillé devant Jésus ! Non pas, cependant, sans espoir, car il implorait le Sauveur dans sa profonde détresse. Il n’y avait pas de remède contre la lèpre ; mais seulement si Dieu guérissait, il y avait des offrandes pour la purification. « Suis-je Dieu, pour tuer et faire vivre », disait le roi d’Israël alarmé (2 Rois 5:7), « que cet homme envoie vers moi un homme pour le délivrer de sa lèpre ? ». En vérité, être lépreux, c’était être « comme un mort-né dont la chair est à demi-consumée quand il sort du ventre de sa mère » (Nombres 12:12).

Pourtant, ce lépreux importune Jésus, ne doutant pas de Sa puissance. « Si Tu veux, Tu peux me rendre net ». C’était la seule question dans un cœur brisé par le sentiment de sa condition réelle, et de son besoin urgent et extrême. Jésus le voulait-il ? Et quelle réponse vint à la faible foi ! Car Dieu veut être Dieu éternellement, et surpasser même les pensées les plus vraies que nous avons de Lui. « Mais Jésus, ému de compassion, étendit la main et le toucha, et lui dit : Je veux, sois net ». Quelle était cette nouveauté sur la terre ? Un homme très certainement, mais aussi sûrement infiniment plus qu’un homme : un cœur touché avec d’exquis sentiments de pitié ; une main tendue pour toucher un lépreux ! Était-ce la loi ? S’il ne s’était agi que de la loi, et d’un simple homme, il y aurait eu, non pas la purification de l’impur, mais la souillure de celui qui s’aventurait à entrer en contact avec cet objet répugnant et interdit. Mais, si bas qu’Il puisse descendre en grâce, Jésus était le Fils de Dieu, une personne divine, qui seule, parmi tous les hommes, pouvait dire sans péché : « Je veux, sois net ». Aucune action de puissance ne pouvait répondre ainsi aux besoins du lépreux, aux besoins de son âme comme de son corps. La tendresse, l’amour parfait et désintéressé qui l’a touché — cela ne devrait-il pas être beaucoup pour nos cœurs ? Assurément, cela a révélé le cœur de Jésus comme aucune parole seule n’aurait pu le faire ; et pourtant les paroles ont révélé Celui qui était Dieu sur terre. C’était la grâce divine dans un homme, en Jésus, le parfait serviteur de Dieu, qui servait les nécessités de l’homme de manière d’autant plus bénie qu’Il servait ainsi parfaitement Dieu. C'est pourquoi une purification immédiate suivit, l’inverse même de subir une contamination. « Et comme Il parlait, aussitôt la lèpre se retira de lui, et il fut net ».


2.8.3 - Ch. 1:43-44

Il lui fit des reproches sévères et le renvoya aussitôt, en lui disant : « Prends garde de n’en rien dire à personne », etc. Il était important que le prêtre (sacrificateur), à la vue du lépreux purifié, soit obligé de reconnaître, de témoigner et, pour ainsi dire, de prendre formellement connaissance de la preuve que la main de Dieu était là à l’œuvre, — non pas une main en train d’écrire un jugement sur la profanation orgueilleuse de l’homme, mais une main agissant en puissance de grâce, et en même temps dans la plus profonde condescendance, une main travaillant à la guérison d’une misère et d’une souffrance abjectes et autrement sans espoir, le type permanent du pécheur. En outre, la grâce respectait et maintenait la loi jusqu’à ce que la mort et la résurrection introduisent une autre gloire, d’ordre supérieur et durable, en faveur de ceux qui y ont part par la foi ; la grâce ne cherche pas non plus son propre crédit, mais elle cherche à ce qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus Christ, à qui appartiennent la gloire et la domination éternellement (1 Pierre 4:11). Amen.


2.8.4 - Ch. 1:45

« Mais il sortit et commença à beaucoup publier, et à divulguer ce qui était arrivé, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans la ville, mais il se tenait dehors dans les lieux déserts ; et on venait à Lui de toutes parts ». Jésus ne cherchait pas Ses propres affaires ; et de même que dans la scène précédente (1:37) les applaudissements humains n’étaient que l’occasion pour Lui de se détourner de l’éclat des miracles pour se consacrer à d’autres travaux plus méprisés, de même ici il évite la ville au profit des lieux sauvages négligés, bien qu’Il soit toujours ouvert à l’appel du besoin, d’où qu’il vienne.


2.8.5 - Sommaire sur le ch. 1

Nous avons vu le Seigneur officiellement introduit et entrant dans Son ministère public de l’Évangile, doté de la puissance de l’Esprit et tenté en vain, quoique jusqu’à l’extrême, par le diable. Nous L’avons vu, après avoir appelé des témoins choisis, exposer et expulser l’esprit immonde qui possédait un homme. C’était là la puissance de Dieu, non moins que l’autorité de la Parole. Une maladie extrêmement violente s’est enfuie et la force a été communiquée par Son intervention — la force d’exercer le ministère ; les maladies et les démons ont tous deux céder à ce Ministre du bien dans un jour mauvais, qui ne cherchait pas leur témoignage, mais la face de Son Père, en secret pendant que les hommes dormaient. Mais si la prédication de l’Évangile et chasser les démons étaient Son service principal, Son cœur et sa main compatissants étaient ouverts à tout cri de détresse, comme le prouve le lépreux venu confesser sa misère abjecte ; et il soumet sa guérison à la loi lévitique de la purification, obligeant ainsi les prêtres (sacrificateurs) eux-mêmes à voir, dans cette soumission même à la loi, la preuve de la présence et de la puissance de Celui qui était au-dessus d’elle.


3 - Marc 2

3.1 - Marc 2:1-12 — Le paralytique apporté par quatre hommes à travers le toit

Matt. 9:1-8 ; Luc 5:17-26.


3.1.1 - Ch. 2:1-2 — Capernaüm

Après un temps passé dans des lieux déserts avec ceux qui affluaient vers Lui, tenu loin des villes à cause de la renommée, nous trouvons notre Seigneur une fois de plus à Capernaüm. Aussitôt des foules assiègent la maison, jusqu’à la porte même, pour entendre la Parole qu’Il annonçait. Hélas, Capernaüm ! n’as-tu pas été élevé jusqu’au ciel ? N’es-tu pas redescendue en enfer ? (Matt. 11:23). Les œuvres puissantes accomplies en toi étaient moins puissantes que la Parole qui t’attirait comme celle de quelqu’un qui a une voix agréable et qui sait bien jouer d’un instrument (Ézéc. 33:32) ; et cependant tout est tombé sur des cœurs insensibles et des consciences non labourées ; et ils n’ont pas connu, bien qu’ils l’aient su, et ils le sauront encore, qu’un prophète, et plus qu’un prophète, était parmi eux (Matt. 11:9).


3.1.2 - Ch. 2:3-4 — Une foi persévérante

Mais si la masse n’écoutait qu’avec ses oreilles, il y avait une foi qui persévérait en face des difficultés, et qui ne manqua pas de faire sa requête à Jésus. Quel cas pouvait paraître plus désespéré ? Le lépreux au moins pouvait venir à Lui, pouvait supplier, pouvait se mettre à genoux devant Lui : mais le paralytique, comment pouvait-il percer la foule qui le séparait du Sauveur ? S’il ne pouvait pas venir lui-même, on pouvait l’amener. Et il en fut ainsi. On vint apporter le paralytique sur sa couche, porté par quatre personnes. « Et comme ils ne pouvaient s’approcher de Lui à cause de la foule, ils découvrirent le toit du lieu où il était ; et quand ils l’eurent percé, ils descendirent le petit lit sur lequel le paralytique était couché ». Seigneur, combien il est doux, combien cette confiance en Toi est rafraîchissante pour Ton cœur, combien cet appel à Ton amour et à Ta puissance est très éloquent, même s’il est silencieux ! C’était la foi, non seulement du malade, mais de ceux qui le portaient ; et la foi, maintenant comme toujours, n’obtient pas seulement ce qu’elle demande, mais beaucoup plus et mieux.


3.1.3 - Ch. 2:5 — La racine du péché surmontée par la grâce

Voyant leur foi, Jésus dit au paralytique : « Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés ».

Oui ! c’était la racine du mal, plus profonde que la lèpre ou la paralysie — le péché. L’homme considère cette racine comme si peu de chose, comme une simple cicatrice morale superficielle ! Qu’est-ce que le péché n’était pas, pour Celui qui a été fait péché sur la croix ? Qui a ôté le péché par le sacrifice de Lui-même ? Rempli d’amour, et voyant la foi qui L’avait cherché, Il agit dans la souveraineté de la grâce et prononce ces paroles merveilleuses : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés ». Lui qui connaissait tous les hommes, et qui ne s’engageait pas vis-à-vis d’eux ; Lui qui connaissait Dieu et Son œuvre, s’engage vis-à-vis de la foi. Cette foi peut être faible, mais elle est de Dieu, et Son œil a été prompt à la voir, et à la bénir selon tout l’amour de Son cœur. « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés ».


3.1.4 - Ch. 2:6-7 — L’incrédulité contre la grâce et la dignité de Jésus

Mais Satan, lui aussi, avait sa troupe. « Quelques-uns des scribes étaient assis là et raisonnaient dans leur cœur : Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Ils étaient sages dans leurs propres conceptions ; ils étaient juges de la loi et de l’Évangile, et mais n’étaient ni pratiquants de l’une ni croyants de l’autre. Ils étaient pires. Rejetant Christ et Sa miséricorde, leur raison orgueilleuse dédaignait la vérité bénie de Dieu ; leur orgueilleuse propre justice rejetait et haïssait cette grâce dont ils n’avaient jamais connu le besoin. Il avait été accordé la preuve la plus éclatante de la puissance sainte, de la puissance de Dieu, en opposition à Satan et en compassion envers l’homme ; mais qu’était-ce pour des scribes raisonneurs, habitués au monde tel qu’il est, et jaloux de leur propre importance religieuse ? Quelqu’un ici-bas, prononçait le pardon des péchés à un misérable pécheur qui ne l’avait même pas demandé ! C’était à leurs yeux surprenant, blasphématoire, un empiètement sur la prérogative de Dieu. Non pas qu’ils se souciaient de Dieu ou qu’ils aimaient l’homme, mais ils haïssaient Jésus pour Sa grâce ; et si celle-ci était la vérité, leur occupation ordinaire disparaissait. Mais non, cela ne pouvait pas être ; c’était inouï depuis le commencement du monde : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Ah ! voilà le secret ; la gloire de Jésus était inconnue, Sa dignité divine était entièrement laissée de côté. Le principe qu’ils défendaient était vrai, l’application mortellement fausse. Combien de fois c’est là le roc sur lequel les incrédules religieux se divisent et périssent !


3.1.5 - Ch. 2:8-12 — Une personne divine peut seule pardonner les péchés et guérir le corps

Et pourtant, Il leur donna aussitôt la preuve de ce qu’Il était et qui Il était, car Il perçut dans Son esprit qu’ils raisonnaient ainsi dans leur cœur, et leur reprocha leurs pensées cachées, en leur demandant s’il était plus facile, par une parole, de faire savoir le pardon ou de guérir le corps. Lequel des deux était le plus facile ? Qui, si ce n’est une personne divine, ou le détenteur de la puissance divine, pouvait dire ou l’un ou l’autre ? Autant c’était facile pour Dieu, autant c’était impossible pour l’homme. « Mais afin que vous sachiez », dit-il (en faisant à l’évidence référence au Ps. 103 v.3), « que le Fils de l’homme a le pouvoir (ἐξουσίαν, le droit aussi bien que la capacité) sur la terre de pardonner les péchés, Il dit au paralytique : Lève-toi, prends ton petit lit, et va dans ta maison. Aussitôt, il se leva, prit son petit lit et sortit devant eux tous, de sorte que tous étaient dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant : « Nous n’avons jamais vu pareille chose ». Le signe extérieur de puissance garantissait le don de la grâce, et tous deux étaient le gage que Celui qui parlait était le Fils de l’homme sur la terre.


3.1.6 - Ch. 2:10 — Fils de l’homme

On remarquera que, si le Seigneur s’approprie ici le double caractère de miséricorde qu’Israël devra encore attribuer à l’Éternel selon le Ps. 103, ce n’est pas en tant que Christ ou Messie, proprement dit, mais en tant que « Fils de l’homme ». C’est ainsi qu’Il a toujours eu l’habitude de parler. C’est le titre de Son humanité, aussi bien dans la souffrance du rejet que dans la gloire ; comme tel, Il bénit la foi ici ; c’est aussi comme tel qu’Il jugera l’incrédulité plus tard (Jean 5). Il justifiait ainsi sur terre, au moyen de la puissance du monde à venir, la miséricorde qui pardonnait l’âme pécheresse devant eux. Quelle réprimande sévère pour les scribes discuteurs ! Quel témoignage triomphant de l’évangile de la grâce dans le nom de Jésus ! Et Dieu ne se laisse pas maintenant sans un témoignage où Son Esprit porte au cœur la puissance de ce Nom, — un témoignage qui ne manque pas de parler aux consciences, là où il y a des yeux pour voir la force et la liberté, dans la sainteté, de quelqu’un qui était auparavant dégradé dans le péché, la honte et la folie. Le péché dessèche l’homme, tout en le couvrant de culpabilité. Celui qui pardonne communique la vie et la puissance, à la gloire de Dieu, et ceci comme Fils de l’homme, le nom de la miséricorde envers les ruinés qui se prosternent devant Lui.


3.2 - Marc 2:13-17 — À table avec les publicains et les pécheurs

Matt. 9:9-13 ; Luc 5:27-32.


Après la mention de ce qu’Il enseignait au bord de la mer, la scène suivante, ouvre et manifeste encore davantage la grâce qui s’épanche : l’appel de Lévi, le publicain (ou Matthieu, comme il se fait appeler). Quelle étape et quel changement ! Du bureau des impôts pour se mettre à suivre Jésus, bientôt apôtre lors de l’ordination des Douze (ch. 3) ! Aucune activité, aucun nom, n’était plus scandaleux en Israël. C’était justement l’occasion de la grâce, comme notre Seigneur le prouve par Son choix. Et ce n’est pas tout, car tandis que Jésus se mettait à table dans sa maison, « beaucoup de publicains et de pécheurs étaient à table avec Jésus et Ses disciples ; car ils étaient nombreux, et ils le suivaient » (2:15). Aux yeux des pharisiens, Il ne pouvait pas descendre plus bas dans l’amour familier, sauf à se tourner carrément vers les Gentils ; car les bergers n’étaient pas plus une abomination pour les Égyptiens (Gen. 46:34) que les collecteurs d’impôts (publicains) ne l’étaient pour les scribes et les pharisiens. Aussi, quand ils Le virent manger avec ces réprouvés, ils dirent, non pas à Jésus, mais à Ses disciples (car ils n’avaient que de l’orgueil et de la malice dans le cœur) : « Comment se fait-il qu’il mange et boit avec des publicains et des pécheurs ? » Mais cet effort pour Le saper auprès de Ses disciples, et ainsi les ébranler, ne fait que tirer du Seigneur une expression de Sa grâce forte, et toujours plus forte, tout en mettant à nu l’orgueil autodestructeur de Ses ennemis qui étaient aussi leurs ennemis : « Jésus, ayant entendu cela, leur dit : Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui sont malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ». Ne démontraient-ils pas eux-mêmes qu’ils n’avaient rien à réclamer dans tout ce qu’Il avait à accorder ?


3.3 - Marc 2:18-22 — Le christianisme ne répare pas l’ancien système, mais a sa propre puissance

Matthieu 1:14-17 ; Luc 5:33-39.


Ensuite, un même esprit de malhonnêteté et de mauvaise volonté s’empare aussi des disciples de Jean, et va à Jésus pour se plaindre de Ses disciples ; les disciples de Jean et les Pharisiens avaient l’habitude de jeûner, et viennent Lui demander pourquoi Ses disciples ne le font pas. Le Maître prend fait et cause pour eux, et montre qu’une sagesse supérieure à la leur les a guidés dans leur faiblesse. Où était le sens, la convenance, la révérence de jeûner si l’Époux était là ? Jean Baptiste avait annoncé des choses meilleures ; mais le pharisaïsme méprisait Jésus, et n’avait pas de cœur pour les joies de Sa présence. Ils avaient tous à apprendre que des jours allaient venir où Lui serait ôté, et ils devraient alors jeûner en ce jour-là.

En vérité, toute la scène indiquait à ceux qui avaient des oreilles pour entendre, que le grand changement d’économie était proche, et que la présence du Messie n’était maintenant que transitoire. Son appel de Lévi, le fait de manger et boire avec les publicains étaient des signes clairs qu’Israël comme tel était perdu ; les disciples jouissant de Son bref séjour avant que Lui leur soit ôté signifiait clairement la catastrophe abrupte et imminente — apparemment la Sienne, mais en réalité la leur ; et les versets qui suivent témoignent du caractère nouveau des voies de Dieu et de leur incompatibilité avec le judaïsme. Ni la forme affichée (habit) ni la puissance intérieure de l’économie nouvelle (vin dans les outres) ne pouvaient se fondre dans l’ancienne : le royaume de Dieu, n’étant pas en paroles mais en puissance, il a besoin d’un véhicule nouveau et adapté pour travailler dedans. Les formes légales ne font que prouver leur faiblesse s’il y a l’énergie du Saint Esprit. Le vêtement juif usé et les vieilles outres disparaissent : le vin nouveau exige des outres neuves. Le christianisme, dans son principe et sa pratique, est un développement nouveau et complet de la bénédiction divine. Il ne s’agissait pas de réparer l’ancien, mais d’accepter le nouveau.


3.4 - Marc 2:23-28 — Une violation du sabbat ?

Matt. 12:1-8 ; Luc 6:1-5.


3.4.1 - Dieu peut-Il changer Ses pensées ?

L’incident du premier sabbat est relaté ici, et il a eu lieu, en fait, juste à ce moment-là ; nous devons constamment garder à l’esprit que Marc suit l’ordre historique. Notre Seigneur fait comprendre la rupture qui était sur le point d’intervenir avec le judaïsme, et l’introduction du caractère et de la puissance nouveaux du royaume de Dieu. C’est toujours une vérité très sérieuse, mais c’était particulièrement solennel pour Israël. Quoi de plus troublant pour une personne pieuse que l’idée même que Dieu puisse changer Ses pensées ? Quelle difficulté plus grande que l’idée que Dieu puisse, pour ainsi dire, se dédire et défaire ce qu’Il avait précédemment établi ? Et je pense que nous devrions faire preuve d’une grande délicatesse dans nos rapports avec des âmes chez qui nous trouvons une jalousie pieuse à ce sujet, même si elles sont ignorantes et imbues de préjugés. Malgré tout, il est évident que ce que Dieu avait établi dans un but précis en Israël n’a jamais reflété pleinement Ses pensées. La vérité éternelle, perçant les nuages du judaïsme, resplendissait dans la personne de Christ, et elle est maintenant vérifiée par l’expérience et par la foi par l’action de l’Esprit dans les enfants de Dieu.


3.4.2 - Les vrais fidèles dans le judaïsme n’étaient pas ceux qui insistaient sur la loi, mais ceux qui attendaient le Messie

En bref, le but de Dieu n’a jamais été de se révéler et de faire ressortir toutes Ses pensées en relation avec les Juifs, mais cela a été le cas avec l’Église. Le christianisme, et non le judaïsme, est l’expression des pensées de Dieu. Christ Lui-même, à proprement parler, est l’image du Dieu invisible, et le christianisme en est le résultat pratique actuel. C’est l’application de la vie, des pensées et des affections de Christ au cœur et à la marche de ceux qui sont amenés à Dieu — cela étant fondé sur Son œuvre et correspondant à Sa position dans le ciel par l’Esprit envoyé ici-bas. Tout au long du système juif, ainsi qu’avant lui, il y a eu des âmes qui attendaient Christ, et les seules personnes qui ont jamais honoré Dieu dans le système juif étaient celles qui, par la foi, étaient au-dessus de ce système. Ceux-là seuls qui attendaient le Messie, marchaient sans reproche dans les diverses ordonnances de la loi. C’était cette attente, donnée par l’Esprit de Dieu, qui les élevait au-dessus des pensées terrestres, des désirs de bas étage, de l’égoïsme de la nature. Elle les élevait au-dessus d’eux-mêmes, si l’on peut dire, aussi bien qu’au-dessus de leurs semblables, car il y a toujours une puissance divine en Christ ; cette attente se manifesta bien plus pleinement après la venue de Christ ; et de même qu’avant le lever du soleil on peut voir l’aurore et des traînées qui annoncent le jour à venir, ainsi ceux qui regardaient par la foi en Christ au-delà des simples ombres passagères qui satisfont la religiosité de la nature — ceux-là seuls honoraient Dieu même dans les ordonnances extérieures d’Israël.

C’est le même principe aujourd’hui que toujours, mais d’une manière plus complète, car il est certain que la justice de la loi est accomplie dans le saint de Dieu, dans le chrétien. Mais comment est-elle accomplie ? Jamais en s’efforçant de garder la loi. Elle n’a jamais été accomplie de cette manière et ne peut pas l’être. En fait, comme nous le savons, les hommes qui étaient ainsi jaloux pour la loi ont été les ennemis les plus grands et les plus acharnés du Seigneur Jésus. Vous savez que c’est l’orgueil charnel à l’égard de la loi qui les aveuglait en leur faisant croire que notre bienheureux Seigneur lui-même ne l’honorait pas suffisamment. Il est facile de comprendre que Paul a reçu la même accusation et qu’Étienne, lui aussi, a été lapidé à cause de cette erreur féconde et fatale. Ainsi, nous pouvons établir solidement que les hommes qui mettent les ordonnances, ou les règles extérieures de Dieu, à la place de Dieu et de Christ Lui-même, sont des hommes qui ne l’observent jamais ; de même Étienne dit aux Juifs qu’ils avaient reçu la loi par la disposition des anges, et qu’ils ne l’avaient pas gardée : ils étaient les hommes dont les voix étaient les plus fortes au sujet de la loi, et contre ceux qui honoraient réellement Dieu dans cette loi comme dans la foi au Messie.


3.4.3 - Comment la justice de la loi s’accomplit dans ceux qui marchent par l’Esprit et non dans ceux qui ne font que tenir pour la loi

Chez tout croyant, il y a, malheureusement, le danger que notre propre nature agisse, et cette nature ne croit pas en Jésus ni ne garde la loi, mais elle est quelque chose qui viole la loi et renie Christ : La chair est inimitié contre Dieu Lui-même, et la nature agissant à sa guise déshonore toujours Dieu.

Mais prenez le croyant, non pas quand il cède à sa propre nature corrompue ; prenez-le là où, en pure vérité, pour ainsi dire, nous pouvons à bon droit le considérer comme tel, dans l’exercice de sa foi, dans la manifestation de la vie nouvelle que la grâce de Dieu lui a donnée : quel est le caractère de cette vie ? Elle s’attache à Dieu, elle se complaît dans Sa parole, elle aime Sa volonté, elle est attirée par tout ce qui Le manifeste. Tout prouve que le croyant aime Dieu dans son cœur et dans son âme, qu’il L’aime mieux que lui-même, — car il se haït lui-même et est prêt à reconnaître, dans la mesure où la foi est en action, sa propre folie, ses manquements fréquents et honteux, tandis qu’il cherche à justifier Dieu et à s’attacher à Lui, et il se plaît à Le faire connaître.

Comment cela arrive-t-il ? C’est ce principe divin de vie, l’énergie de l’Esprit de Dieu, agissant dans l’homme nouveau qui jouit de tout ce qui vient de Dieu et Le manifeste, et qui est l’exercice de la nouvelle nature que nous tenons de Dieu. Encore une fois, le croyant, dans la mesure où il a Christ devant son âme, marche par l’Esprit selon la volonté de Dieu. S’il n’a pas Christ devant lui, c’est comme s’il n’avait pas de nouvelle nature. La vie est là, mais c’est seulement Christ qui la maintient, la manifeste et la fait ressortir, en lui donnant son plein exercice et sa portée. Le cœur du croyant se tourne vers la misère, vers les pauvres pécheurs coupables. La chair méprise et hait, ou bien elle est indifférente ; mais la nouvelle nature, sous la puissance de l’Esprit, sort dans la compassion et avec le désir de la bénédiction d’autrui. Voilà, dis-je, ce qu’est l’amour de nouveau ; et ainsi vous avez les deux grands principes moraux, l’amour de Dieu et l’amour de l’homme. Le croyant, et le croyant seul, y marche. S’il a Christ dans les yeux, il les a dans le cœur, et le Saint Esprit le fortifie pour qu’il marche en conséquence. C’est ainsi que la justice de la loi est accomplie chez ceux qui marchent selon l’Esprit. L’Esprit de Dieu a soin de montrer qu’elle s’accomplit dans ceux qui marchent selon l’Esprit, et non dans ceux qui ne font que tenir pour la loi.


3.4.4 - C’est l’attente du Messie, Christ, qui rendait et rend les croyants saints et pieux

Prenez le Juif, à qui la loi a été donnée. Manifeste-t-il un véritable amour ? Je ne dis pas que certains ne sont pas des hommes droits, doués d’une bienveillance naturelle. Il s’agit maintenant de la manifestation d’un amour actif envers Dieu et envers les hommes. Si les hommes n’ont que la loi devant eux, qu’en est-il ? Le Juif lui-même est l’exemple le plus frappant et la preuve que la chair n’est bonne à rien ; il est préoccupé de ses propres affaires dans ce monde, il convoite une position partout, il aime l’argent, et ainsi de suite, ce dont nous sommes tous susceptibles d’être coupables par nature. C’est sans aucun doute le cas de l’Israélite simplement non converti ou du chrétien de nom, dans lequel le Saint Esprit n’agit pas. Si Christ, soit comme objet d’espérance avant qu’Il soit venu, soit comme objet de foi maintenant depuis qu’Il est venu, n’est pas devant le cœur, il n’y a pas de réalité, et il ne peut pas y en avoir, car la chair est quelque chose qui est faux et qui a de la haine. Si l’homme n’a pas une nouvelle nature distincte et supérieure à la sienne, il n’y a jamais de véritable amour, c’est-à-dire d’amour divin. Le seul moyen d’accomplir la loi est d’avoir Christ devant nous et au-dessus de nous, mais en cela notre part est par la foi. C’est pourquoi Énoch et Noé, et les patriarches Abraham, Isaac et Jacob, qui n’avaient jamais entendu parler de la loi, ont pourtant obéi et plu à Dieu. N’étaient-ils pas des hommes saints et pieux ? Certainement, ils l’étaient. Qu’est-ce qui les rendait tels ? La foi en la semence de la femme, le Fils promis, le Messie. Ensuite, quand la loi a été donnée, qu’est-ce qui a fait de Moïse et d’Aaron des saints du Seigneur ? La loi ? Jamais. C’était Christ. C’était de L’avoir devant leur âme. Non pas que la loi de Dieu n’était pas honorée, mais ce qui leur permettait de prendre plaisir à l’expression des pensées de Dieu — quelles qu’elles soient — c’est qu’ils attendaient et croyaient en la promesse bénie de Dieu de la venue du Libérateur, du Proche parent-Rédempteur (Ruth 4). Et maintenant qu’Il est venu, ce qui nous a délivrés de la colère et du jugement nous délivre aussi (dans la mesure où c’est l’objet de nos âmes) pratiquement de nous-mêmes et du monde, de la corruption et de la violence de toute sorte. Si Christ est oublié par un croyant, quel en est l’effet ? Il montre ce qui est du vieil homme, orgueil, vanité, folie, malice. Il ne s’agit pas, bien sûr, de ce qui lui est propre en tant que croyant, mais de ce qui lui appartenait en tant qu’homme avant qu’il ait cru. Le moi est autorisé à sortir et à montrer ses couleurs haïssables lorsque Christ n’est pas la seule norme et le seul objet qui remplit les pensées par les yeux et par le cœur.


3.4.5 - Mêler les anciennes ordonnances juives avec la vérité chrétienne ne fait que tout obscurcir

Or, notre Seigneur, en ce moment même, fait ressortir, dans ses actes précis liés au jour du sabbat, une illustration de ce que nous venons de voir, et je saisis cette occasion pour m’y attarder un peu d’une manière pratique et aussi doctrinale, en recherchant l’instruction pour nos propres âmes que le Seigneur nous donne dans ces incidents.

Le premier et principal objet était, certes, de compléter ce qu’Il avait déjà montré. Mettre une nouvelle pièce sur un vieux vêtement ne ferait qu’aggraver la déchirure ; de même, verser du vin nouveau dans de vieilles outres ne ferait que risquer de perdre à la fois le vin et les outres. La tentative de mélanger les formes nouvelles et l’esprit nouveau du royaume de Dieu avec les vieilles façons de faire du judaïsme ne peut aboutir qu’à la ruine de l’un et de l’autre, sans que le judaïsme soit amélioré et sans que le christianisme soit préservé. Or c’est précisément ce qui s’est passé dans l’histoire de la chrétienté.

L’échec flagrant de la profession chrétienne extérieure est la preuve pratique de cette vérité. Le but de Satan était de mélanger les anciennes ordonnances juives avec la vérité chrétienne, et le résultat a été cette confusion si pénible où la lumière de la vérité et la grâce de Dieu sont complètement obscurcies — un embrouillamini si complet que les âmes simples sont perplexes, pour leur plus grande perte et dommage. Dans un tel état, elles ne peuvent pas voir la différence entre la grâce et la loi, ni ce que c’est que d’être amené sous le nom de Christ. Toutes ces choses sont dans le brouillard devant elles, d’où il ne sort qu’incertitude de l’âme et impuissance pratique à glorifier Dieu.


3.4.6 - Jour de sabbat : les disciples arrachent des épis de blés ; la réponse du Seigneur au reproche des pharisiens

Notre Seigneur poursuit cela par l’instruction du jour du sabbat. « Il arriva qu’Il traversa des champs de blé un jour de sabbat ; et ses disciples, en chemin, se mirent à arracher les épis. Les pharisiens lui dirent : Voici, pourquoi font-ils le jour du sabbat ce qui n’est pas permis ? ». Or il est clair qu’il n’y avait aucune loi de Dieu contre cette affaire. Ce qu’ils censuraient, était une loi qui leur était propre, et une notion de gens qui, partant d’un fait extérieur, en font un système — c’est un danger constant chez l’homme. Il est vrai que Dieu avait ordonné le repos des hommes et des bêtes au jour du sabbat, mais il n’y avait aucune raison tirée de la loi de Dieu pour interdire à un homme affamé, lorsqu’il traversait un champ, de cueillir des épis pour satisfaire son besoin ; bien au contraire, il était tout à fait conforme à la bienveillance de Dieu de pourvoir à un besoin aussi urgent, en se servant de l’abondance parmi Son peuple. Il y avait en Israël une sollicitude remarquable pour l’étranger, et celui qui était dans le deuil ou qui souffrait. Les pauvres du pays ne devaient pas être oubliés dans la joie de la moisson, et une ordonnance expresse de Dieu interdisait de moissonner les coins des champs (Lév. 19:9 ; 23:22).

Mais comment se faisait-il qu’il y eût des Israélites affamés en train de traverser un champ de blé ? Et si ce besoin existait, était-ce Dieu ou Son ennemi qui faisait du jour du sabbat un étau de fer affligeant les malheureux par la volonté de religieux sans cœur ? C’est ainsi que les pharisiens, avaient à la fois un prétendu désir d’honorer Dieu, et à la fois ils montraient leur complète ignorance de Son cœur et de Son caractère : ceux-ci respirent une plénitude de miséricorde envers le besoin et la misère ; les pharisiens écartaient tout cela par une misérable règle de détail ajoutée par l’homme à la volonté de Dieu. Mais il y avait Quelqu’un sur la terre qui détecta immédiatement la main du faussaire qui se mêlait d’ajouter au premier Testament. Le Seigneur prit la défense des non coupables. « N’avez-vous jamais lu ce que fit David quand il était dans le besoin et qu’il avait faim, lui et ceux qui étaient avec lui ? Comment il entra dans la maison de Dieu du temps d’Abiathar, le souverain sacrificateur, et mangea les pains de proposition, qu’il n’est pas permis de manger, sinon aux sacrificateurs, et il en donna aussi à ceux qui étaient avec lui ? »


3.4.7 - Ch. 2:25-26 — David rejeté, image du Seigneur et de Ses disciples rejetés

Notre Seigneur souligne ici le rejet de l’objet des conseils de Dieu — de David, par exemple, en son temps, qui était le roi oint, tandis qu’il était le méprisé et chassé pour sa vie sur les montagnes d’Israël. Lui et sa troupe étaient un type de Jésus, et Jésus se trouvait maintenant dans des circonstances moralement semblables à celles de David, oint, mais pas encore parvenu à la couronne. C’est ainsi que le Seigneur défend les disciples et maintient le principe selon lequel, lorsque le témoignage de Dieu est refusé, c’est une folie pour ceux qui le rejettent de prétendre glorifier Dieu. Méprisaient-ils donc un plus grand que David ? Qu’était-ce aux yeux de Dieu, de parler du jour du sabbat pour imposer des fardeaux plus lourds sur les justes ? Le Seigneur de gloire était sur la terre, et comment se faisait-il que Ses disciples avaient besoin d’épis de blé pour calmer leur faim ? Quelle histoire cela raconte ! Comment se fait-il que les disciples de Jésus étaient aussi misérables ? Comment les fondements étaient-ils déréglés au point que le Seigneur et Ses disciples manquaient des nécessités les plus ordinaires de la vie ? Qui étaient ces bavards discourant des paroles malveillantes sur le jour du sabbat qui prétendaient interdire même cette maigre pitance, alors que la miséricorde de Dieu ne voulait la refuser à personne, et encore moins ce jour-là ? Mais les pharisiens, rejetant le Seigneur Jésus, leur propre Messie — avaient l’audace d’abuser du sabbat contre Ses disciples ! David, lorsqu’il était dans le dénuement à cause de la méchanceté de Saül, qui occupait le trône de façon mauvaise — David et ses disciples pouvaient manger les pains de proposition qui n’étaient que pour les sacrificateurs si les choses étaient en ordre. Si les pains saints étaient ainsi devenus communs, qu’était le passé par rapport au présent ? En présence du mal qui méprise les témoins bien-aimés et fidèles de Dieu sur la terre, les ordonnances extérieures du Seigneur perdaient pour l’instant leur application. Le caractère sacré du rituel disparaissait devant le rejet du Seigneur et de Son peuple.


3.4.8 - Ch. 2:27 — La leçon de l’Ancien Testament au sujet du sabbat : « le sabbat a été fait pour l’homme »

« Et il leur dit : Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat ». Le sabbat n’a pas été conçu pour être un moyen d’accroître les souffrances d’un homme pauvre. Si Dieu l’a sanctifié après la création, et en a fait une ordonnance lors du don de la loi, était-ce que Dieu voulait rendre son peuple misérable ? Au contraire, le sabbat a été fait pour l’homme à la fois par son caractère supérieur et avec la pensée de Son repos, dont il est un type. Les pharisiens pouvaient faire du sabbat un instrument de torture pour l’homme, mais, dans les pensées de Dieu, le sabbat est venu avec la plus grande miséricorde. Il y avait les jours de travail que Dieu Lui-même avait connus en figure, car il y avait eu le temps où Il avait travaillé et fait la terre ; et Dieu Lui-même s’est plu à se reposer le jour du Sabbat, et à le sanctifier. Puis le péché est entré, et Dieu n’a plus pu le reconnaître, et Sa parole est restée silencieuse. Il n’est plus question du sabbat jusqu’à ce que Dieu se charge de Son peuple dans une miséricorde de délivrance, et lui donne la manne du ciel. Alors le jour du sabbat est redevenu quelque chose ayant une marque de distinction, et le repos a suivi, un type de Jésus envoyé d’en haut. Il disparaît du début du premier livre de l’Écriture (Genèse) et réapparaît dans le second (Exode). Dieu a de nouveau introduit le repos. Dieu donnait à l’homme en grâce lorsqu’Il faisait sortir Israël d’Égypte. Le sabbat en était le signe approprié. Mais Israël, ne comprenant pas la grâce de Dieu, accepta les conditions de Sa loi. Ils s’appuyèrent sur leur propre justice lorsque Dieu leur donna les dix commandements, et la conséquence a été que l’homme sous la loi a failli lamentablement, déshonorant Dieu, élevant des veaux d’or, jetant le discrédit, la honte et le scandale sur le nom de Dieu dans le monde entier. Ce n’est rien de plus que ce que nous avons tous fait. Les Israélites ont commis cette erreur fatale lorsqu’ils étaient autour de la montagne de Sinaï. Au lieu de rappeler à Dieu Sa promesse à Israël, au lieu de confesser qu’on ne pouvait pas leur faire confiance, et que seule la miséricorde de Dieu rend capable de faire Sa volonté, ils entreprirent au contraire hardiment de gagner les bénédictions promises par leur propre obéissance. Mais ils furent de plus en plus dans la débâcle, jusqu’à la crise du rejet de David en Israël. Dieu montra où était Son cœur, comme Il aime le faire dans de tels moments. Il est vrai que les pains de proposition n’étaient destinés que pour les sacrificateurs, mais garder leur pain consacré tout en laissant le roi oint mourir de faim aurait été un étrange hommage à Dieu et au roi. Et maintenant le Fils de David, le Seigneur de David, était là, et plus rejeté, plus méprisé, que David lui-même l’avait été.

Le Seigneur, après avoir ainsi tiré de l’Écriture la véritable leçon pour ce jour, fait ressortir le but général du sabbat, un but bienfaisant de Dieu pour tous les jours : « Le sabbat a été fait pour l’homme ». Les pharisiens pensaient et parlaient comme si l’homme était fait pour le sabbat, pour y être assujetti ; mais le sabbat a été fait pour le bien et le repos de l’homme, élevant ses pensées au-dessus du simple travail de ses mains.


3.4.9 - Ch. 2:28 — Le Fils de l’homme est Seigneur du sabbat

Mais le Seigneur introduit un autre principe : « Le Fils de l’homme est aussi le Seigneur du sabbat ». Il fait le lien avec le sabbat fait pour l’homme, mais Il fait jaillir une vérité plus grande : la personne de Christ est au-dessus de toutes les ordonnances. Sa gloire, même en tant qu’homme rejeté, éclipse tous les rites fugaces institués par le Seigneur lui-même. Je n’hésite pas à dire que le Seigneur qui avait donné la loi au Sinaï, et Celui qui ensuite est né et a vécu comme homme sur la terre, étaient la même personne divine et bénie. Celui qui a toujours agi en gouvernement dans tout l’Ancien Testament, Celui qui est descendu, a souffert et est mort sur la croix en grâce, — c’est Lui qui soutient maintenant qu’Il est Seigneur du sabbat non seulement parce qu’Il est Divin, mais aussi parce qu’Il est Fils de l’homme ; quelle est l’importance de cela ?

« Fils de l’homme » est le titre de Son rejet. « Fils de l’homme » est le nom qu’Il a pris lorsque les Juifs L’ont refusé comme le Messie. Vous en trouverez une preuve remarquable en Matthieu 16:13 et Luc 9:18 (le même fait est rapporté par les deux évangélistes). Il interdit à Ses disciples de dire qu’Il est « le Christ ». Il met de côté pour un moment la gloire de Son caractère de Messie : comme tel, Il était venu et s’était présenté aux Juifs, mais ils ne voulaient pas de Lui. Maintenant Il dit, pour ainsi dire « c’est trop tard. Je leur ai donné amplement des preuves — miracles, prophéties, Mes propres voies et Mes paroles. Tout montre que je suis le Messie, mais ils ne veulent pas de moi. Ce n’est pas les preuves qui manquent, mais leur cœur est endurci contre toute évidence. Ils sont les ennemis de Dieu, et ils l’ont prouvé en refusant ce que Dieu a pleinement accordé ». Il prend désormais un tout autre caractère, celui de « Fils de l’homme ». Et ce qui a bien de quoi nous toucher profondément, c’est qu’Il a souffert sur la croix en tant que Fils de l’homme. « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’Il soit rejeté par les anciens, les principaux sacrificateurs et les scribes, qu’Il soit mis à mort, et qu’Il ressuscite le troisième jour ».

« Le Christ » était un titre particulièrement en rapport avec Israël selon la chair. Il était leur Messie. Il n’appartenait à aucune autre nation. Il était le Roi promis des Juifs. Mais les Juifs ne voulaient pas de Lui. Eh bien, dit le Seigneur, vous ne pouvez nier que je suis Fils de l’homme. C’est un nom humble, mais, après tout, le Fils de l’homme ouvre la voie à Ses droits et Sa gloire magnifiques sur toute l’humanité. Le Fils de l’homme vient sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire. Le Fils de l’homme va régner sur toutes les tribus, nations et langues. Qu’est-ce qui conduit à tout cela ? Son rejet comme Messie. Il souffre d’abord comme Fils de l’homme, parce que dans les conseils et la grâce de Dieu, il est déterminé qu’Il aura des compagnons avec Lui dans la même gloire. Parce que Christ a souffert en tant que Fils de l’homme et qu’à cause de cela Il a pris Sa gloire, c’est précisément pour cela que nous serons avec Lui — que tous les chrétiens seront sans tache, ni souillure, ni rien de semblable. Tout cela vient du Fils de l’homme souffrant. Mais si je Le vois humilié, je vois le Fils de l’homme glorieux.


Dans le cas présent, cependant, le Seigneur ne va pas plus loin que « Le Fils de l’homme est aussi Seigneur du sabbat ». Il accepte Son rejet, mais Il plaide pour Ses disciples devant ceux qui se vantaient et disputaient au sujet du sabbat, alors qu’ils déshonoraient le Seigneur du sabbat.


4 - Marc 3

4.1 - Marc 3:1-6 — Guérison de l’homme à la main sèche

Matthieu 12, 9-14 ; Luc 6, 6-11.


4.1.1 - Des opposants qui s’attendaient à ce que Jésus fasse du bien

Jésus est dans la synagogue un autre jour de sabbat, et il y avait là un homme qui avait une main desséchée, et ils Le regardaient pour savoir s’Il allait le guérir le jour du sabbat, afin de pouvoir L’accuser. Combien il est remarquable que Satan ait un sens instinctif de ce que le Seigneur allait faire. Satan se surpasse lui-même dans ses serviteurs en s’attendant au bien de la part du Seigneur et du peuple du Seigneur. C’est une chose remarquable. Et encore, si vous trouvez un enfant de Dieu faisant quelque chose de mal, le monde le ressent immédiatement. Même eux ont un sentiment instinctif de ce que l’enfant de Dieu devrait faire. Ils savent qu’il n’a rien à faire avec les plaisirs et les vanités du monde. Ils sont surpris d’y voir un chrétien s’en mêler. Pourquoi ? Ils n’ont pas un brin de conscience eux-mêmes. Ceux qui ont une conscience purifiée ou ceux qui n’ont pas de conscience du tout sont beaucoup plus susceptibles de voir ce qui est juste que ceux qui ont une mauvaise conscience. L’homme qui n’avait pas de conscience du tout proposait de suivre le Seigneur partout où il allait. Il n’y avait aucune lutte en cela, aucune réalité, aucun but moral. C’était la simple vanité de la chair, le même genre de présomption qui disait : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». (Ex. 19:8) La chair s’estime toujours compétente, tandis que la foi sent que c’est Dieu seul qui peut faire quelque chose de bon, et qui peut faire mûrir les fruits des arbres de Sa plantation.


4.1.2 - Le Seigneur voulait que la grâce soit manifeste devant tous

Ces hommes, je dois le répéter, qui étaient assemblés dans la synagogue, s’attendaient à ce que le Seigneur fasse du bien. Ils s’attendaient à cela ; mais d’après leurs propres pensées, ils jugeaient combien ce serait affreux de guérir le jour du sabbat ! Notre Seigneur savait ce qu’ils pensaient à ce sujet, mais la foi et l’amour sont des choses très différentes de la prudence humaine. La simple prudence aurait conduit à ne pas offrir le moindre prétexte, mais la grâce ne se soucie pas de donner prise aux gens s’ils sont prêts à s’en saisir. La grâce veut plaire à Dieu, que les gens veuillent ou non, et c’est pourquoi Jésus dit à l’homme à la main desséchée : « Étends ta main ». Il lui donne une publicité, et Il marque le caractère de l’opération de manière très manifeste — Il en fait un signe de ce que la grâce était devant eux tous. Il leur dit : « Est-il permis de faire du bien le jour du sabbat ou de faire du mal ? de sauver la vie ou de tuer ? Mais ils gardèrent le silence, et les ayant regardés à l’entour avec colère, attristé de l’endurcissement de leur cœur, il dit à l’homme : Étends ta main ; il l’étendit, et sa main fut rétablie ».


4.1.3 - La grâce parait abominable quand le cœur est perverti et a de la haine contre Dieu

Mais ceux qui ne voulaient pas laisser notre Seigneur faire le bien, étaient prêts, comme Il le laissait entendre Lui-même, à faire le mal le jour du sabbat. Ils conspirèrent pour le tuer, — Lui le Seigneur, et Le tuer pour quoi ? Parce qu’Il apportait la bonté de Dieu sous leurs yeux, et qu’ils haïssaient Dieu. Ils ne voulaient pas un seul instant admettre que Jésus était un homme bon, tellement le jugement est aveugle et perverti quand le cœur n’est pas droit ! Toute la grâce de Jésus n’apparaissait à leurs yeux que comme l’iniquité la plus abominable. Nous pouvons bien penser à ce qu’est le cœur de l’homme, et apprendre ainsi ce que sont nos propres pensées et sentiments naturels, qui ne valent pas mieux que les leurs.


4.1.4 - Par rapport à ch. 2:23-28, le récit de ch. 3:1-6 apporte en plus la manifestation de ce qu’est Dieu

L’intérêt de ce second récit n’est pas tant la disparition des simples ordonnances en présence de Christ rejeté, ou la suprématie de Sa personne au-dessus des plus hautes prétentions terrestres ; c’est plutôt la supériorité nécessaire de la grâce en tant que caractère et œuvre de Dieu dans un monde de péché et de misère. Comment cet homme avec la main desséchée est-il venu en Israël ? C’était par le péché quelque part, et le signe évident de la misère. Dieu pouvait-Il se reposer là où régnait le péché ou la misère ? L’un ou l’autre étaient-ils la manifestation de Dieu ? Et qu’étaient ces sabbatistes orgueilleux, ennemis de la grâce et de Jésus ? Était-ce eux ou Lui, le vrai témoin de ce qu’est Dieu ? Ils étaient aussi sûrement de faux représentants du caractère de Dieu, que Jésus était la vraie manifestation de la puissance et de l’amour de Dieu. Jésus montrait les deux, dans cette parole : « Étends ta main », et par le rétablissement de cette main, Il prouvait que Dieu, la Bonté suprême, était là. Et Il était là, non pas en train de maintenir les Pharisiens dans leurs pensées sur Sa loi, mais en train de justifier Sa propre grâce, — car la grâce seule peut apporter la bénédiction dans un monde frappé par le péché.

Ceci peut suffire pour l’enseignement général du second jour du sabbat, qui me semble plein d’instruction, comme nous donnant le témoignage de ce que notre Seigneur exerçait Son ministère patient et plein de grâce en actes aussi bien qu’en paroles.


4.2 - Au sujet de notre rapport avec le sabbat

4.2.1 - Ce que faisaient les apôtres le jour de sabbat (7ème jour de la semaine) était différent de ce qu’ils faisaient le dimanche (1er jour de la semaine)

Mais il faut maintenant dire quelques mots sur notre relation avec le sabbat. Lorsque Dieu a sanctifié et institué ce jour, que l’on prenne le temps de la création ou celui du don de la loi, il s’agissait bien du septième jour et non d’un autre. Aucun homme n’aurait pu être considéré comme honorant Dieu s’il avait gardé le quatrième ou le cinquième jour, ou tout autre jour que le dernier de la semaine. Au lieu de cela, garder le premier jour de la semaine aurait été un acte de rébellion contre Dieu. D’où vient ce puissant changement ? Est-ce que le premier jour est simplement substitué au septième jour ? Est-ce là ce qu’enseigne l’Écriture ? Si nous prenons les Actes des Apôtres, nous y trouvons que les apôtres et d’autres avaient l’habitude d’aller le jour du sabbat à la synagogue des Juifs — ils avaient l’habitude d’enseigner les Juifs ce jour-là, chaque fois qu’il y avait une porte ouverte. Le premier jour, ils avaient l’habitude de se réunir avec les chrétiens pour prendre la Cène du Seigneur, ou de se réunir à tout autre service qui pouvait avoir lieu. Il n’était pas question de remplacer un jour par un autre. S’il y avait eu une substitution, ils n’auraient pas continué d’aller le jour du sabbat avec les Juifs, et le premier jour avec les chrétiens. Pourtant, ils firent les deux.


4.2.2 - Quand les chrétiens allaient parler dans les synagogues

Au début, les chrétiens qui étaient des Juifs allaient à la synagogue, et ils avaient la liberté de prendre part à la lecture des Écritures. Si cela se faisait aujourd’hui, en général la personne serait considérée comme un intrus, mais dans une synagogue juive à l’époque, c’était permis et bienvenu. Les apôtres et d’autres étaient donc parfaitement dans leur droit d’utiliser cette liberté pour la vérité ; ils agissaient dans l’esprit de la grâce. Partout où l’on peut aller avec une bonne conscience, et sans s’associer à quoi que ce soit de contraire à la Parole de Dieu, on peut et on doit aller si c’est un service pour le Seigneur. Mais là où l’on est obligé de se joindre à ce ou ceux que nous savons être opposés à la volonté de Dieu, comment serions-nous libres d’y aller ? Avons-nous la liberté de prendre à la légère ce que nous savons être une désobéissance ? Mais dans ce cas, il n’y avait rien de la sorte, car à la synagogue, on lisait simplement la Parole de Dieu et on donnait la permission de l’expliquer. Qui pourrait dire que c’était mal ? Si nous savions que l’Écriture et rien que l’Écriture était lue n’importe quel jour de la semaine dans une soi-disant église ou chapelle, et qu’il restait une place parfaite pour aider, ne serait-on pas ravi d’y aller, s’il n’y avait effectivement pas d’obligation pour nous ? S’il s’agissait d’une simple foule de païens en train de lire l’Écriture, on pourrait y entrer et parler avec eux. La porte serait, je crois, ouverte de la part du Seigneur, et la grâce en profiterait.


4.2.3 - Différence de base et de caractère entre le sabbat et le jour du Seigneur (dimanche)

Ces faits suffisent donc pour montrer que c’est une grande erreur de supposer que le Jour du Seigneur est un simple substitut du Sabbat. Au contraire, le Jour du Seigneur (ou journée dominicale) a un caractère bien plus élevé que l’ancien jour de repos. Il n’est pas question d’oublier un instant que le jour du sabbat a été divinement établi. Il était fondé sur deux grandes vérités de Dieu. Premièrement, il impliquait, montrait et promettait, pour ainsi dire (du moins en type), le repos de la création ; il témoignait du repos après que Dieu eut terminé Son œuvre de création. Le deuxième point qui se rattache au jour du sabbat était le suivant : c’était le jour de la loi. C’est à ces deux occasions d’importance capitale pour l’homme et pour Israël, que Dieu a introduit le sabbat avec une solennité particulière. Le jour du sabbat repose donc sur une base divine, qui est la base de la création et celle de la loi. L’une ou l’autre sont-elles la position chrétienne ? Nullement. Êtes-vous simplement un enfant d’homme, une créature ? Alors vous êtes assurément pécheur et devez être jeté en enfer. Êtes-vous sur le terrain de la loi ? Alors vous êtes perdu et condamné, car vous êtes sous la malédiction. Mais le chrétien n’est sur le pied ni de la création ni de la loi. Sur quoi repose-t-il alors ? Il appartient à la nouvelle création et se tient sur une base de grâce — tout le contraire, net et exact, des fondements du jour du sabbat. C’est pourquoi le premier jour de la semaine se présente à nous comme une chose entièrement nouvelle, le saint mémorial de la bénédiction divine, propre au chrétien individuellement et à l’Église de Dieu. Et sur quelle base repose-t-il ? Lorsque Christ est sorti du tombeau avec une vie nouvelle à donner à toute âme qui croit en Lui, Israël a été immédiatement mis de côté. Ressuscité d’entre les morts, qu’est-ce qui L’attachait plus à Israël qu’aux Gentils ? Il était entièrement au-dessus des deux. Nous Le rencontrons là, Son œuvre accomplie, dans la vie de résurrection. Après cette rencontre, on ne Le trouve qu’avec des disciples, non pas avec des Juifs et des Gentils, mais au milieu de l’assemblée ou de ce qui en est le type. Mais Il rencontra d’abord des saints individuels, Marie de Magdala et d’autres. Nous Le trouvons dans l’assemblée le premier jour de la semaine. Et le Jour du Seigneur a ce caractère pour nous maintenant. C’est d’abord le jour de la résurrection de Christ, où non seulement l’œuvre de la rédemption a été accomplie, mais où l’œuvre de la nouvelle création a commencé en puissance. Ainsi, le jour nouveau est fondé, non pas sur la création, mais sur la rédemption, et il est l’expression de la grâce, non de la loi.


4.2.4 - Différences radicales de principe entre le sabbat et le jour du Seigneur

Telles sont les manières scripturaires de présenter la question. Il ne s’agit donc pas de soutenir que le chrétien n’a pas de jour particulier où il rencontre son Sauveur, car il en a un incomparablement plus béni que le sabbat de l’homme. Ce n’est pas qu’il ait un jour moins bon que le sabbat d’Israël : il en a un infiniment meilleur. Il ne se souvient pas simplement d’une création qui est du passé, mais il est entré dans une nouvelle création. Il n’est pas occupé d’un paradis perdu, mais il regarde en avant avec confiance vers le paradis gagné. Le paradis de Dieu lui est ouvert. Il n’est pas en train de suivre et de s’occuper d’Adam qui est tombé ; il a devant son âme le second homme, le dernier Adam, qui est ressuscité. Voilà nos espérances. Il n’est donc pas dans le domaine de la loi qui veut le maudire, mais dans l’atmosphère de la grâce par laquelle il est sauvé. Cela nous montre pourquoi les gens, qu’ils comprennent ou non la différence — tous les chrétiens — gardent le premier jour et non le sabbat. Ils peuvent l’appeler le jour du sabbat, mais c’est une erreur, et une erreur grave. Ceux qui le considèrent comme le sabbat peuvent être d’excellentes personnes, mais cette notion est une grave erreur de doctrine et de pratique. C’est un principe juif et terrestre, et il est du devoir du chrétien, s’il le sait, de ne pas épargner ce principe, quels que soient ses sentiments pour les préjugés des gens pieux.


4.2.5 - Différence entre garder par obligation et par amour

J’ai entendu des croyants qui disaient : Il n’y a pas de mal à travailler le jour du Seigneur. Qui leur a mis une telle idée en tête ? Chercher à faire du gain pendant le jour du Seigneur ! Le monde lui-même a (avait !) honte de ceux qui agissent ainsi. La chrétienté possède le Jour du Seigneur. Elle peut ne pas y entrer intelligemment. Ces croyants ne peuvent pas en apprécier les racines et les fruits. Mais un chrétien qui se comporte de manière plus égoïste ou plus relâchée qu’un homme du monde — quelle image ! Comment le jour du Seigneur doit-il donc être gardé ? Il est remarquable que nulle part ce jour ne soit érigé en commandement. Ce n’est pas le caractère du christianisme. Lorsque le Seigneur (comme dans Jean) parle de commandements, ils sont toujours de nature spirituelle, et non comme une ordonnance. Prenez même le baptême. Les gens peuvent l’appeler une ordonnance, mais c’est une idée fausse. Pareillement pour la Cène du Seigneur. Lorsque le Seigneur dit : « Faites ceci en mémoire de moi », comment peut-on abaisser cet appel au niveau d’un commandement ? Supposons que vous soyez au chevet d’une personne mourante qui vous aime plus que quiconque en ce monde. S’il vous disait : « Voici ma Bible, prenez-la et gardez-la en souvenir de moi », appelleriez-vous cela un commandement ? Est-ce que la raison de garder cette Bible serait parce que vous avez reçu une injonction péremptoire de la garder ? Une telle pensée montrerait que vous n’auriez pas de cœur, et guère plus de tête non plus. Je peux comprendre qu’une personne en position d’autorité, si un enfant manque de cœur et de sens, impose quelque chose comme une charge positive, simplement parce que l’enfant manque de cœur pour agir correctement, sauf si on en fait une question d’obligation et de risque de punition stricts. Mais ce n’est pas ainsi que le Seigneur nous parle. Si vous aimez la personne qui vous donne la Bible pour la garder en souvenir d’elle, ce n’est pas comme un simple commandement, mais son cœur vous donne ce gage de son amour pour vous, et votre amour le garde, bien sûr, et le garde le mieux possible parce que c’est l’amour qui le fait.


4.2.6 - Ce qui est commandement et ce qui n’en est pas

Il y a des endroits où les commandements arrivent de façon très belle. Où, dans le Nouveau Testament, entendez-vous le plus parler de commandements ? Dans les Évangiles, où la Cène, le baptême chrétien, ou les deux, sont présentés, les commandements pour le chrétien ne sont pas mentionnés en tant que tels. Par contre, c’est dans l’Évangile de Jean que nous avons l’Esprit de Dieu si plein des nouveaux commandements que le Seigneur nous impose. Ceux-ci étaient l’expression de Ses pensées. Ils introduisaient non seulement Son amour, mais aussi Son autorité, qui est bénie chaque fois qu’elle entre en jeu, et l’enfant de Dieu aime et apprécie les deux à fond. Mais si vous introduisez de telles pensées dans la Cène du Seigneur, quelle incompréhension totale de la pensée du Seigneur ! C’est falsifier le baptême et la Cène que de les transformer en choses enjointes par voie de commandement. Ce sont les institutions les plus précieuses du Seigneur, le symbole et la reconnaissance des grands faits permanents du christianisme.


4.2.7 - Non pas suivre un commandement, mais suivre ce que le Seigneur faisait, d’un cœur simple

Quant au Jour du Seigneur, je dois encore rappeler la manière remarquable dont il est présenté dans le Nouveau Testament. Il n’y a pas de parole positive du genre : « Tu garderas le premier jour de la semaine ». La méchanceté en déduit qu’il ne faut pas l’observer. Certains en profitent pour ne pas observer ce jour parce que le Seigneur n’en fait pas une question de commandement positif. Une autre classe de personnes en profite sous une autre forme, et estime que c’est l’affaire de l’Église de décider en la matière. L’un est le laxisme humain, l’autre l’autosuffisance de l’homme. Le Jour du Seigneur se présente à nous comme ceux qui sont vivifiés par Christ, marqués de Sa présence particulière. Christ était, et je crois qu’Il est, avec Ses disciples d’une manière particulière propre à ce jour-là. Je ne dis pas que le Seigneur n’a pas rendu visite à Ses disciples d’autres jours, mais Il était spécialement et de manière prééminente avec ceux réunis ce jour-là. Cela me suffit. Si je reconnais la Parole de Dieu comme celle qui a le pouvoir suprême sur mon âme, si j’estime que chaque acte de Christ est celui dont je dois recueillir une instruction divine, comment cela peut-il être perdu pour moi ? Mais le Saint Esprit y donne suite. Ce jour que notre Seigneur a consacré par Sa propre présence au milieu de Ses saints réunis, le Saint Esprit l’imprime sur les Siens. Il ne le fait pas sous forme de loi, d’injonction ou de menace ; mais l’Église de Dieu, quels que soient les autres jours où elle se réunissait, prenait un soin particulier à se réunir en ce jour-là. Il y a aussi une douce relation entre la Cène du Seigneur et Son jour. Les premiers disciples prenaient ce repas tous les jours ; ils semblaient avoir du mal à se séparer quand ils se réunissaient, et ils se réunissaient aussi souvent qu’ils le pouvaient, et tout donnait lieu à cela. Non pas que je pense que l’état de choses à la Pentecôte fût le plus mûrement béni. Il y avait en eux une puissance singulière de simplicité, et une manifestation très merveilleuse de la grâce divine ; mais je ne doute guère qu’il y ait eu beaucoup d’âmes qui ont continué à grandir et à jouir du Seigneur plus qu’elles ne l’avaient jamais fait en ce jour-là. C’est une notion mauvaise et sans fondement que de penser que le croyant recule forcément depuis la première jouissance du Seigneur ; la chair tend constamment à cela, mais il n’est pas du tout nécessaire de décliner. Il y a une sorte de ferveur et de fraîcheur initiales qui risquent toujours beaucoup de se perdre dans l’âme ; mais s’il y a une réelle intégrité de cœur envers le Seigneur, une croissance positive dans la grâce et dans la connaissance du Seigneur Jésus Christ viendra à la suite. Et bien qu’au bout de dix ou vingt ans, il puisse y avoir une certaine forme de joie moins grande qu’elle ne l’était au premier jour de la connaissance du Sauveur, je ne crois pourtant pas que ce soit un état plus spirituel ou plus glorifiant pour Dieu. L’un est la bénédiction d’un enfant, l’autre la bénédiction d’une âme adulte, plus ferme, plus calme, moins égoïste, peut-être, honorant Dieu à sa manière, pourvu que l’âme, en même temps qu’elle accroît sa connaissance, maintienne sa simplicité de cœur pour le Seigneur. C’est là où nous faillissons ; mais dans la mesure où la puissance de l’Esprit de Dieu s’exerce, il n’y a aucune raison pour qu’une âme ne soit pas aussi heureuse après cinquante ans qu’au début.


4.2.8 - Beauté de la forme chrétienne du Jour du Seigneur

Dans le Nouveau Testament, je pense que vous trouverez cette même chose — l’Esprit de Dieu prenant le premier jour, et montrant qu’il n’était pas simplement un sentiment hâtif des disciples, mais un sentiment vraiment pieux. L’Esprit de Dieu l’a dirigé lorsque les apôtres étaient là, et non seulement Il les a conduits, mais Il en a conservé le témoignage pour nous. C’est pourquoi, en Actes 20:7, il est rapporté qu’il en était ainsi après la situation à Jérusalem lorsqu’ils montaient au Temple pour adorer, et qu’ils avaient l’habitude de rompre le pain à la maison. C’est en contraste avec le culte dans le Temple. Ils avaient l’habitude de prier dans le Temple parce qu’ils avaient été Juifs, et ils prenaient leur repas de fête chrétien à la maison. Il se peut que ce soit toujours les mêmes maisons où les personnes allaient. Il n’est pas question de se déplacer de maison en maison, mais c’était chez quelqu'un, c’est-à-dire dans une maison privée et non dans le Temple. Après que cet état de choses eut disparu, nous entendons parler de l’assemblée réunie pour rompre le pain le jour du Seigneur, le premier jour de la semaine (Actes 20). Et, quand on y pense, il y a une force et une bénédiction particulières à ce que le premier jour de la semaine soit le jour chrétien. Quelle est l’idée du jour du sabbat ? Je prends les six premiers jours pour moi, pour le monde, pour les choses terrestres, et puis à la fin, quand je suis fatigué de me servir et de servir les autres, je finis avec le Seigneur, et je Lui donne le dernier jour. Mais maintenant, combien est belle la forme chrétienne de la vérité qui est intervenue ! C’est le premier jour. Je commence avec le Sauveur. Je commence avec Sa grâce. Je commence avec Celui qui est mort pour moi et qui est ressuscité. Je ne suis pas un Juif, je suis un chrétien, et n’oublions donc pas que c’est le septième jour (le sabbat) pour l’un, mais le premier jour (le jour du Seigneur) pour l’autre — le jour de Celui qui, par Son propre sang, Sa mort et Sa résurrection, a acquis un juste droit à ma bénédiction éternelle et céleste. Il l’avait en Sa propre personne : Il était l’Éternel, le Seigneur de tous, avant même de venir dans le monde ; mais maintenant Il est Seigneur sur un autre terrain — celui de la rédemption, parce qu’Il est mort et ressuscité. Voilà la porte ouverte de ma bénédiction — de votre bénédiction — de la bénédiction divine pour toute pauvre âme qui est amenée par la grâce à Le recevoir et à s’incliner devant Lui.


4.2.9 - Sabbat et jour du Seigneur dans l’avenir

Nous ne nous attarderons pas davantage sur ce sujet maintenant. J’ai voulu communiquer avec simplicité le principe général de ces deux jours, Sabbat et premier jour de la semaine. Au lieu de poursuivre les sujets du ch. 3 pour le moment, il m’a semblé préférable de faire ressortir le caractère divin du jour du sabbat, et le caractère encore plus béni et également divin du premier jour, l’un étant le jour des Juifs, l’autre celui des chrétiens.

Le jour du sabbat réapparaîtra sur la terre au cours du millénium. Je veux dire que le septième jour de la semaine sera alors observé par les Juifs. Les prophéties indiquent clairement que le sabbat du Seigneur doit encore être observé. Mais par qui ? Par Israël et par les Gentils aussi, car les Gentils seront bientôt subordonnés à Israël, et tous deux sur le terrain terrestre. L’intention de Dieu est d’élever Israël à la première place sur la terre. Entre temps que deviennent les chrétiens ? Ils seront enlevés de la terre, ils seront au ciel ; toute question de jours particuliers sera complètement terminée ; nous serons dans le jour d’éternité, nous serons entrés dans le repos de Dieu, le sabbatisme qui demeure. En esprit, nous l’avons déjà fait, car nous avons reçu Christ et la vie éternelle en Christ. Mais alors nous serons manifestement dans le jour éternel, où il n’y aura ni premier ni dernier jour, mais un seul jour infini dans l’état glorifié, dans le service béni de notre Dieu et de l’Agneau.

Mais sur la terre, lorsqu’Israël sera restauré et ramené dans son pays, et qu’il y sera converti par la bonté de Dieu, observeront-ils le jour du Seigneur ? Non ; ils garderont le sabbat. Si vous regardez Ézéchiel, vous verrez exactement la force de cela. Vous pourriez y dresser une carte de la condition d’Israël dans le pays ; elle y est donnée de façon si distincte et si positive qu’une personne peut sans trop de peine établir les territoires de chaque tribu d’Israël. Ainsi la Parole de Dieu est claire quant à la disposition future de chaque tribu à l’intérieur des frontières de la Terre Sainte. Ils auront non seulement une ville et un temple glorieux — dont le nom est « l’Éternel est là » (Ézéchiel 48:35) — mais quand ce jour de gloire viendra, ils ne seront pas comme nous, gardant le jour de la résurrection, mais ils garderont le sabbat, qui était un signe entre le Seigneur et Israël. En regardant les Écritures, vous trouverez combien de fois il est dit que le jour du sabbat est le signe de l’Éternel pour eux, et Il fera en sorte que Son peuple alors garde le jour du sabbat. Ils le feront d’une manière bien plus bénie qu’ils ne l’ont jamais fait ; ils se reposeront sur Christ, bien qu’ils n’auront pas la même assurance céleste que le chrétien a maintenant. Lorsque Christ est ressuscité d’entre les morts, Il en avait fini avec le monde, et nous aussi, en Lui, nous en avons fini avec le monde maintenant dans l’esprit de nos âmes et dans le caractère de notre relation avec Dieu. « Ils ne sont pas du monde ». Jusqu’à quel point ? « Comme Moi, je ne suis pas du monde » (Jean 17:16). Christ est la mesure et la norme de ce que nous ne sommes pas du monde, et n’étant pas du monde, nous avons un jour qui porte l’empreinte de la joie. Le jour où Christ est ressuscité d’entre les morts et s’est manifesté comme n’étant pas du monde, voilà le jour pour les chrétiens. Mais dans la mesure où le monde sera alors un monde béni, et où le Seigneur en fera Son propre monde, ils auront un jour adapté au monde — le jour du sabbat. Rien ne peut être plus clair ou plus important sur le plan pratique.


Que nos âmes, chacun pour soi, apprennent la vérité, et, l’ayant apprise, puissions-nous en être des témoins en paroles et en actes ! Puissions-nous nous tenir, par Sa grâce, comme ceux qui n’ont rien d’autre à faire dans ce monde que la volonté de Dieu, pour la gloire du nom du Seigneur Jésus Christ ! C’est l’affaire de toute âme qui aime Jésus, et qui se repose sur Son sang et qui est ressuscitée avec Lui.


4.3 - Marc 3:7-12 — Ministère de guérison et délivrance depuis une barque

Matt. 12:15-21 ; Luc 6:17-19.


4.3.1 - Rappel de 3:1-6

Jésus était maintenant manifesté dans la grâce sainte et la puissance de Son ministère, vainqueur de Satan, et cependant soumis à Dieu, supérieur aux ordonnances, même comme Fils de l’homme, ; Il affirmait le droit de Dieu de faire le bien dans un monde mauvais. L’homme voulait bien tirer profit de Sa puissance et de la miséricorde avec laquelle Il l’exerçait, mais l’inimitié contre Dieu en Lui se manifesta bien vite. Les propre justes et les profanes tinrent conseil pour Le faire périr (3:6).


Mais, Son heure n’étant pas encore venue, Jésus se retire avec Ses disciples vers la mer, se soustrayant à la malice hypocrite de Ses ennemis ; toutefois Il reste infatigable dans Sa mission d’amour pour laquelle Il était envoyé. « Une grande foule le suivit de Galilée, de Judée et de Jérusalem, et d’Idumée, et d’au-delà du Jourdain, et des environs de Tyr et de Sidon ; une grande foule, ayant appris les grandes choses qu’Il faisait, vint à Lui. Il dit à ses disciples qu’une petite barque fût là à Sa disposition à cause de la foule, afin qu’elle ne Le pressât pas. Car Il guérissait beaucoup de gens, de sorte que tous ceux qui étaient affligés de quelque fléau, se jetaient sur Lui pour Le toucher ». Après tout, l’homme ne peut guère arrêter le flot de la bénédiction ! Jusqu’à ce que le temps de Dieu arrive pour céder à la croix, le flot de témoignage pouvait être dévié, mais il coulait pour la joie éternelle des pauvres et des nécessiteux qui se courbaient devant Jésus. À la croix, il a débordé. Mais le Seigneur, soucieux de meilleures bénédictions pour l’homme, se prémunissait contre la surpression d’une foule trop absorbée par le soulagement de la faiblesse et de la souffrance corporelles.

Il refusait le témoignage des esprits impurs, qui étaient contraints de s’incliner et de reconnaître Sa gloire. Ce n’était pas à eux de Le faire connaître. Il ne recevait pas témoignage de l’homme comme tel (Jean 5:34), et encore moins de la part de démons. Quelle était la valeur de reconnaitre Sa personne si cette reconnaissance n’était pas le fruit de l’œuvre de Dieu par l’Esprit ?


4.4 - Marc 3:13-19 — Appel des douze disciples

Matt. 10:1-4 ; Luc 6:12-16.


Loin, cependant, de cacher la lumière sous le boisseau, notre Maître franchit maintenant une étape nouvelle et capitale dans le témoignage de la grâce. « Et il monte sur la montagne [car le ministère a sa source en haut, et n’a en aucun cas l’approbation de la foule] et Il appelle ceux qu’Il voulait ; et ils vinrent à Lui, et Il en établit douze pour être avec Lui, et pour les envoyer prêcher et avoir l’autorité (de guérir les maladies et) de chasser les démons ». C’était un acte non seulement nouveau et étrange aux yeux de l’homme, mais en vérité indépendant d’Israël et de l’homme, et très significatif à tous points de vue. Le Seigneur se sépare des hommes pour se tourner vers Dieu, et convoque dans un choix souverain ceux qu’Il voulait ; et ils vinrent. Et s’Il en a fait venir douze spécialement pour être avec Lui et pour être envoyés par Lui, c’était, dans Son cas, tout spécialement en vue de la prédication, mais avec le droit et la capacité de guérir les maladies et de chasser les démons ; parmi les apôtres, une place particulière fut assignée dès le début à Simon, qu’Il appela Pierre, et aux fils de Zébédée, qu’Il appela Boanergès ; les autres furent à la suite, bien que l’un d’eux, André, ait certainement été parmi les premiers à voir et à suivre Jésus, et qu’il ait été le moyen d’amener à Jésus son propre frère Simon. Mais il y a des derniers qui deviennent premiers, et le Seigneur, qui appelle et ordonne tout, est seul sage et digne. Quel témoignage sur la condition des hommes et des choses à l’entour ! Les hommes — les Juifs — avaient besoin qu’on leur prêche, car tout était déraillé. Il n’était pas question des païens seulement. C’est au milieu d’un Israël satisfait de lui-même que l’humble Fils de Dieu agissait ainsi.


4.5 - Marc 3:20-30 — Accusation de chasser les démons par le chef des démons

Matt. 12:22-32 ; Luc 11:14-23.


4.5.1 - La parenté qui le juge fou, est aveugle quant aux choses divines

À leur retour à la maison, une foule s’assembla de nouveau, de sorte qu’ils ne pouvaient même pas manger leur pain. Et Ses proches, ressentant l’opprobre du monde et ayant entendu cette singulière nouvelle, sortir pour s’emparer de Lui, comme s’Il avait perdu la raison ! Ils avaient honte d’un parent, fou à leurs yeux, qui condamnait virtuellement le monde entier, surtout dans ce qu’Il venait de faire. C’était la nature, toujours aveugle dans les choses divines.


4.5.2 - Les scribes L’accusent d’être mené par Satan

Ce n’est pas tout : « les scribes qui étaient descendus de Jérusalem disaient : Il a Belzébul, et c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons ». Ils étaient remplis et guidés par l’ennemi, et savaient bien qu’il ne s’agissait pas d’un fou, mais d’une puissance réelle qui chassait les démons. Leur malice attribuait cela à Satan dans leur effort pour expliquer, affaiblir et diffamer ce qu’ils ne pouvaient nier. L’énergie qui traitait avec Satan, et agissait en miséricorde envers l’homme, était reconnue ; mais s’ils reconnaissaient qu’elle était de Dieu, leur importance religieuse, leur occupation, leur gain, tout disparaissait. Et il est proverbial que les occupations les plus élevées sont les commerces les plus vils ; et le commerce des âmes et de la vérité ou du mensonge expose les hommes à Satan. Le dé fatal était jeté. Ces orgueilleux docteurs, se prétendant autorisés par Dieu à rejeter Son Fils, s’enfoncèrent dans du pur esclavage de Satan. Avec quelle solennité et quel calme imperturbable le Seigneur les traite ! « Et les ayant appelés à Lui, Il leur dit en paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan ? Et si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas subsister. Et si une maison est divisée contre elle-même, elle ne peut subsister. Et si Satan s’élève contre lui-même et est divisé, il ne peut subsister, mais il vient à sa fin. Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne lie d’abord l’homme fort ; et alors il pillera sa maison. En vérité, je vous le dis, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes par lesquels ils blasphèmeront ; mais celui qui blasphémera contre le Saint Esprit n’aura jamais de pardon, mais il est passible du jugement éternel ; c’était parce qu’ils disaient : Il a un esprit impur ». Ce n’était pas seulement auto-contradictoire et attribuer le bien au méchant, mais c’était blasphématoire — c’était même blasphémer contre le Saint Esprit ; et le jugement, le jugement éternel, était la sentence sortant de Sa bouche, « parce qu’ils disaient : Il a un esprit impur ».


4.6 - Marc 3:31-38 — Substitution des disciples aux liens naturels

Matt. 12:46-50 ; Luc 8:19-21.


La scène finale est la suite grave et appropriée, car c’est là que le Seigneur, la foule qui L’entourait L’écoutant, renonce, pour ainsi dire, à tous les liens naturels, fussent-ils les plus proches, ceux de sa mère et de ses frères ; Il leur substitue Ses disciples, et tous ceux qui font la volonté de Dieu, les mettant dans cette relation avec Lui dont Israël apostat était en train de déchoir.


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Traduction en cours

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5 - Marc 14

5.1 - Marc 14:1-11

Matt. 26:1-16 ; Luc 22:1-6 ; Jean 12:1-8.


5.1.1 - Deux repas

Nous avons ici un souper à Béthanie et un souper à Jérusalem : l’un est un simple souper dans la maison de ceux que Jésus aimait ; l’autre est une nouveauté instituée à l’occasion de la fête de Pâques et qui devait la mettre de côté, tandis que pour l’Église, elle devait être le mémorial permanent du Seigneur Jésus qui devait faire suite.

Or ces deux repas ont une place très importante, la mort du Seigneur Jésus Christ n’étant pas seulement la grande vérité centrale du second repas, mais c’était aussi, dans le premier repas, ce que l’Esprit de Dieu plaçait devant l’instinct spirituel de Marie. Ce qui le lui faisait sentir, n’était pas une communication positive, mais c’était cet amour pour le Sauveur que l’Esprit rendait sensible au danger qui pesait sur Lui, d’une manière qu’elle ne pouvait exprimer. Le Seigneur, qui connaissait son amour et tout ce qui allait se passer, a interprété son geste comme étant fait en vue de la sépulture (ensevelissement) du Sauveur. Dans les deux cas, les disciples n’entrèrent guère dans l’enjeu du bien et du mal, mais Dieu Lui-même a rendu manifeste l’intervention de Sa main et de Ses pensées comme gouvernant tout.


5.1.2 - La volonté de Dieu prévaut : la mort de Jésus a lieu pendant la fête de Pâque

Cela est d’autant plus frappant qu’à l’occasion du repas de Béthanie, ou plutôt en rapport avec, les principaux sacrificateurs et les scribes, qui cherchaient comment prendre Jésus « par ruse et le mettre à mort », avaient bien décidé que cela ne devait pas avoir lieu « pendant la fête, par crainte d’un tumulte dans le peuple ». Dieu, cependant, avait déjà décidé depuis longtemps que ce serait justement ce jour-là et non pas un autre — la fête qui était le fondement de toutes les fêtes, la Pâque, qui était, en fait, le type de la mort du Christ. Ainsi Dieu et l’homme étaient en conflit ; je n’ai pas besoin de dire que Dieu exécuta Sa propre volonté, bien que ce fût par l’intervention méchante des hommes qui avaient décidé qu’il n’en serait pas ainsi. En fait, il en est toujours ainsi. Dieu ne gouverne pas seulement Ses propres enfants ; même la destruction des méchants n’est pas l’accomplissement de leur volonté, mais de la volonté de Dieu. C’est pourquoi il est écrit : « inscrits à l’avance pour cette condamnation » (Jude 4). Encore une fois, ils ont été destinés à trébucher sur la parole, étant désobéissants. Ce n’est pas que Dieu fasse l’homme méchant. Mais lorsque l’homme, tombé dans le péché, poursuit son chemin selon sa propre volonté, aimant les ténèbres plutôt que la lumière, et asservi à Satan, Dieu prouve néanmoins qu’Il tient toujours les rênes, qu’Il garde la haute main ; et même dans un tel chemin que leur convoitise ou leur passion choisit de prendre, Sa propre volonté ne manque pas de s’accomplir. C’est comme un homme ivre qui pense réaliser un de ses desseins, qui cherche, par exemple, à se diriger quelque part à droite, mais tombe en réalité dans un fossé à gauche. L’homme ne peut donc faire que ce que Dieu a déterminé d’avance. Sa volonté est impuissante, sauf à mettre en évidence son péché. La volonté de Dieu gouverne toujours, même si les hommes se montrent inexcusablement méchants dans la manière dont elle s’accomplit. C’est ce qu’on a ici. L’homme a décidé de mettre Jésus à mort, étant résolu à ce que ce ne soit pas pendant la fête. Dieu avait prévu, bien avant leur naissance, que leur acte aurait lieu le jour de la fête. Et ce fut le cas.


5.1.3 - L’amour attire la haine de ceux qui n’ont pas d’amour

Comme nous l’avons vu, le repas de Béthanie fut l’occasion où fut conçue la trahison de Judas pour la première fois. Satan la mit dans son cœur. C’était une scène d’amour, mais une telle scène attire rapidement la haine de ceux qui n’ont pas d’amour. L’affection adoratrice de Marie pour la personne du Seigneur, et le sentiment qu’elle avait de Son danger, la conduisirent au point que la maison de Béthanie soit remplie de l’odeur agréable du parfum qu’elle répandait. Mais Judas éveilla l’esprit charnel des autres disciples ; il n’avait aucune communion avec elle ; Jésus n’était pas précieux à ses yeux. Lui, donc, critiquait tandis que Jésus était l’objet d’adoration de Marie. C’était trop qu’on prenait sur ses gains mal acquis. Il ne fit que plaider la cause des pauvres, et excita les autres disciples à ce sujet, de sorte que « quelques-uns étaient indignés en eux-mêmes, et disaient : Pourquoi ce gaspillage ? » Mais l’amour, alors qu’il voudrait tout prodiguer, ne gaspille jamais rien ; le moi le fait, la folie oisive le fait, mais l’amour jamais.


5.1.4 - Agir envers le Seigneur Jésus personnellement est le plus excellent

Le Seigneur plaida sa cause. « Laissez-la, pourquoi la troublez-vous ? Elle a fait une bonne œuvre envers Moi ». Il n’y a pas d’œuvre aussi bonne que celle faite pour Jésus. Les œuvres faites par amour pour Jésus sont bonnes, mais ce qui était fait envers Lui était bien meilleur. Elle n’avait pas fait le moins de ce que la grâce avait accompli jusqu’à ce jour. « Elle a fait ce qu’elle pouvait : elle a oint d’avance Mon corps pour la sépulture. En vérité, je vous dis : partout où cet évangile sera prêché dans le monde entier, on parlera aussi de ce que cette femme a fait, en mémoire d’elle ». C’est par grâce que la bonne action de cette femme est liée à juste titre au nom de Jésus, partout où Il est prêché ici-bas. Nous n’avons pas son nom ici ; nous apprenons ailleurs qu’il s’agissait de Marie, la sœur de Lazare, et cela par Jean, qui nous le fait savoir de manière appropriée, car lui nous parle de Jésus qui appelle Ses propres brebis par leur nom (Jean 10:3 ; 11:2). Ici, il ne s’agit pas tant de savoir qui l’a fait, mais de savoir que cela a été fait — le ministère, pour ainsi dire, d’une femme à un tel moment, laquelle aimait le Seigneur Jésus et a agi en vue de Son ensevelissement.


5.1.5 - Une personne corrompue entraîne même les vrais fidèles

En outre, nous voyons comment une personne corrompue peut souiller même ceux qui ont un vrai cœur pour Christ. Les disciples se laissèrent rapidement prendre par les prétentions de Judas, apparemment bonnes, en faveur des pauvres, et ils se laissèrent entraîner par ses insinuations à des murmures qui rejaillirent sur Christ autant qu’ils rabaissaient le dévouement de Marie.

En contraste avec l’amour de Marie, Judas va « vers les principaux sacrificateurs, pour Le leur livrer.


5.2 - Marc 14:12-16 — Tout puissant, mais acceptant l’humiliation pour faire la volonté du Père

Matthieu 26:17-19 ; Luc 22:7-13.


Mais maintenant vient le souper de la fête de Pâque à Jérusalem, où le Seigneur agit en Maître de cette institution et en Créateur d’une plus grande. De même qu’à Son entrée à Jérusalem, ils avaient réclamé au nom du Seigneur l’ânon de l’ânesse, disant que le Seigneur en avait besoin, de même ici « Il envoie deux de Ses disciples, et leur dit : Allez à la ville, et un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre : suivez-le. Et où qu’il entre, dites au maître de la maison : Le Maître dit : Où est Ma chambre d’hôte, où Je pourrai manger la Pâque avec Mes disciples ? Et lui vous montrera une grande chambre haute garnie, toute prête : faites-y les préparatifs pour nous ». C’était Celui qui, bien qu’allant mourir, se rendait encore là avec des droits royaux, divins ; Il n’avait pas renoncé à Sa place de Messie, bien qu’allant souffrir comme Fils de l’homme sur la croix. Il prend donc possession des lieux en tant que Maître, et le titulaire de la maison acquiesce immédiatement à Sa demande. Tout était sous Ses yeux. Il ne manquait pas de puissance pour agir sur la conscience et les affections des hommes. Il aurait pu retourner tous les autres comme Il a courbé le cœur de cet homme. Mais comment alors les Écritures auraient-elles été accomplies, comment le péché aurait-il été effacé et Dieu glorifié ? Il fallait donc qu’Il aille à la croix, non pas comme n’importe quelle victime de la nécessité, mais comme Celui dont la volonté était seulement de faire la volonté de Son Père, acceptant de Lui toute Son humiliation.


5.3 - Marc 14:17-21 — Judas : La méchanceté qui accomplit les plans divins. Proche de la bénédiction, mais éloigné d’elle moralement

Matt. 26:20-25 ; Luc 22:21-22 ; Jean 13:21-26.


« Et le soir venu, Il vient avec les douze. Comme ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : « En vérité, Je vous dis que l’un d’entre vous qui mange avec Moi, Me livrera. Et ils commencèrent à être affligés et à lui dire l’un après l’autre : « Est-ce moi ? » et un autre : « Est-ce moi ? ». Il y avait une intégrité consciente chez les disciples, aussi faibles qu’ils puissent être et aussi charnels que nous le savons par Luc, même dans cette scène. Mais le Seigneur répond : L’un des douze qui trempe avec Moi dans le plat. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme sera livré ».

C’était le péché de l’homme, la ruse de Satan, le conseil de Dieu et l’amour de Christ. Mais rien de tout cela n’a altéré la méchanceté de Judas : « Il aurait été bon pour cet homme qu’il ne fut pas né ». On peut dire qu’il était destiné à cette condamnation : il n’a pas été rendu méchant par Dieu, mais sa méchanceté a pris cette forme pour accomplir les conseils de Dieu.

L’un des membres du groupe choisi pour être avec Jésus ici-bas devait prouver cette terrible vérité : plus un homme est proche extérieurement de la bénédiction, s’il ne la reçoit pas dans son cœur, plus il en est éloigné moralement. Il n’y avait qu’un seul Judas en Israël, et il était le plus proche de Jésus ; il n’y en avait qu’un seul qui a réuni tous les privilèges d’une telle compagnie avec Jésus à toute la culpabilité de Le trahir.


5.4 - Marc 14:22-25 — Le souper du souvenir

Matt. 26:26-29 ; Luc 22:14-20.


Puis Il institue le souper — son propre souper. Ce n’était pas la fête de la Pâque, et nous apprenons de Luc qu’Il ne voulut pas toucher la coupe Pascale. Il ne voulait plus boire du fruit de la vigne jusqu’à ce qu’Il le boive nouveau avec eux dans le royaume de Dieu. Il refusait ce qui était le signe de communion avec les choses d’ici-bas. Son Père, Dieu, était devant Lui ; Il était souffrant Sa volonté plutôt que la faisant. Mais en attendant, avant que ce royaume vienne, fondé sur Sa souffrance jusqu’à la mort, il y a le souvenir d’une chose totalement différente — non pas le souvenir d’un royaume, d’une puissance et d’une gloire, mais d’une crucifixion dans la faiblesse : Son corps (« ceci est Mon corps ») et Son sang, « le sang de la nouvelle alliance versé pour beaucoup ». Il n’a pas été versé pour les Juifs seulement, mais pour beaucoup.

Rien de plus simple que les termes dans lesquels Il institue le repas, tels qu’ils sont donnés dans Marc. C’était, je n’en doute pas, destiné à la fois à se référer à la Pâque, accomplie maintenant, et à introduire la puissance de la nouvelle alliance pour l’âme avant qu’elle intervienne pour le peuple d’Israël.


5.5 - Marc 14:26-31

Matt. 26:30-35 ; Luc 22:31-34.


5.5.1 - Le Berger frappé, les brebis dispersées. Effets de la croix outre l’expiation

Le Seigneur avertit maintenant les disciples, non seulement de ce qui allait Lui arriver, mais de la manière dont cela les affecterait. « Vous serez tous scandalisés ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées » (Zach. 13:7). La croix a son côté de honte, de douleur et de danger pour nous, aussi bien que de salut par Celui qui y a porté nos péchés. Mais ici c’est la manière dont elle éprouverait, et non pas délivrerait ceux dont parlait le Sauveur. Cette œuvre puissante de souffrance pour nos péchés, l’Expiation, « disperse-t-elle » les brebis ? N’est-elle pas, au contraire, le seul fondement juste sur lequel elles sont rassemblées ? En vertu de la mort de Christ pour nos péchés, les brebis, au lieu d’être dispersées, sont rassemblées en un, y compris d’autres brebis que celles que Christ avait dans la bergerie juive, afin qu’il y ait un seul troupeau et un seul Berger (Jean 10 et 11). Mais le fait que le Berger soit frappé, exprime Son humiliation totale en tant que Messie, retranché et n’ayant rien (Dan.9). « Je frapperai » etc., renvoie au fait que Dieu a donné au Seigneur de ressentir la réalité de Son rejet et de Sa mort. Il ne fait aucun doute que l’expiation a été accomplie par ce moyen. « Frapper » est un terme plus général ; et bien que Christ l’ait pris de la part de Dieu, ce sont littéralement Ses ennemis qui ont commis l’acte, et sont ainsi devenus objets de la vengeance divine, comme dans le Psaume 69. Frapper était la perte, pour ainsi dire ; l’expiation était le gain de tout. Or, ce qui était proprement l’expiation n’était pas l’acte pur, si précieux soit-il, de la mort du Christ. Bien sûr, la mort était nécessaire pour cela comme pour d’autres objets dans les conseils de Dieu ; mais c’est ce que Jésus a traversé de la part de Dieu et avec Dieu lorsqu’Il a été fait péché — mais l’expiation dépend de ce qu’Il a souffert pour nos péchés, non seulement dans Son corps, mais dans Son âme, sous la colère divine. Beaucoup d’autres que Jésus ont été crucifiés, mais il n’y avait pas alors d’expiation. Beaucoup ont souffert d’horribles tourments pour l’amour de la vérité, pendant leur vie et jusqu’à leur mort, mais ils auraient été les premiers à abhorrer l’idée fausse que leurs souffrances étaient expiatoires pour eux-mêmes pas plus que pour d’autres. Beaucoup de saints ont su ce que c’était que d’être « frappé » et blessé par Dieu, comme en témoigne le même psaume. En fait, c’était plus ou moins la place des serviteurs de Dieu, les prophètes, et des hommes justes de temps en temps en Israël, qui acceptaient leur affliction et leur persécution, quelles qu’elles soient, de la part de Dieu, et non de l’homme.

Cette place, le Seigneur Lui-même l’a testée à fond, car en toutes choses Il doit avoir la prééminence. Lui seul a opéré l’expiation, mais Il a connu toutes les douleurs qu’il était possible à un homme parfait, le Fils de Dieu, de subir. Le fait de frapper Celui qui était le Berger, — le chef non seulement des brebis, mais des prophètes mêmes que le Seigneur avait suscités pour Israël, — se réfère au retranchement complet qu’Il a subi sur la croix ; mais le sens de cela, non seulement Il l’a ressenti par anticipation, mais c’est ce qui est arrivé avant la croix. Il y avait là bien plus que de l’expiation. Il réalisait dans Son âme toute la condition dans laquelle était le peuple de Dieu, et aussi Son propre rejet total, par le péché et la folie de l’homme et par la malice de Satan.

L’effet, alors, de toute cette humiliation du Sauveur, avant même qu’elle soit complète sur la croix, fut la dispersion des disciples : « les brebis seront dispersées ». Ils ont trébuché et se sont enfuis la nuit avant que le coup tombe effectivement sur leur Maître. Ils ne comprenaient pas la chose, pas plus que certains ne comprennent maintenant les Écritures qui en parlent, bien que le motif de la difficulté soit tout à fait différent. Ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi le Messie devait être traité ainsi, et comment Dieu pouvait le permettre. Car il est clair que Christ a tout pris de la part de Dieu (et non de l’homme), et qu’Il a tout considéré comme venant de Lui. La foi ne considère jamais que les afflictions sortent de la poussière (Job 5:6), mais elle reconnaît la main de notre Père en toutes choses, même si elles sont en soi honteuses et cruelles si l’on s’en tient aux agents secondaires.


5.5.2 - Confiance en soi de Pierre. Ignorance de la pression de la mort et du rejet du monde

« Mais après ma résurrection, j’irai devant vous en Galilée ». Le Seigneur assume dans la résurrection Sa place de service humble auprès des disciples.

Pierre, cependant, confiant dans sa propre force et dans son amour pour Christ, assure le Seigneur que, même si tous devaient trébucher, il n’en serait pas de même pour lui.

Hélas ! dans les choses divines, il n’y a pas de précurseur menant plus certainement à la chute que la confiance en soi. Et notre Seigneur lui dit : « En vérité, je te dis qu’aujourd’hui, cette nuit-ci, avant que le coq ait chanté deux fois, tu me renieras trois fois ». C’est avec toute ce soin et cette minutie que le récit de l’avertissement du Seigneur est donné dans Marc, beaucoup plus que partout ailleurs. Mais Pierre dit avec d’autant plus de véhémence : « Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai point ». De plus, ce n’est pas Pierre seul qui a donné ce vain gage de fidélité, car il est ajouté : « et ils dirent tous la même chose ». Ils ne connaissaient pas leur faiblesse ; ils ne savaient pas ce que c’était que d’avoir la puissance de la mort en train de les presser. Ils n’avaient pas le sentiment d’être totalement rejetés par le monde. Tout ce qu’il y a de la nature encore vivant dans nos cœurs est mis en évidence par cela. L’homme comme tel fait la grimace et refuse l’épreuve. Il en est ainsi jusqu’à ce que, par la puissance du Saint Esprit, nous réalisions notre séparation totale d’avec le monde par et dans la mort de Christ. Mais être mort avec Lui n’était pas encore la part connue des disciples ; par conséquent, aucun d’entre eux n’était capable de tenir. Plus tard, cela a été leur privilège, mais ils n’avaient pas encore pris ce chemin. Jésus devait passer le premier. Les brebis peuvent suivre Sa croix en esprit. Mais il faut que Jésus soit le premier. En temps voulu, fortifiés par Sa grâce à travers Sa mort, ils pourront eux aussi glorifier Dieu par leur mort — une mort vraiment pour l’amour du Christ.


5.6 - Marc 14:32-42

Matt. 26:36-46 ; Luc 22:39-46.


5.6.1 - Douleur en face de la profondeur de l’épreuve

Le Seigneur, ayant toute la scène finale devant Son âme, se donne à la prière. Or, l’effet de la prière est, en face d’une épreuve profonde, de rendre l’épreuve plus aiguë. La présence de Dieu ne nous fait pas moins sentir la méchanceté de l’homme, et certainement elle ne nous fait pas moins sentir les manquements, les dangers et la ruine de Son peuple. Dans le cas du Seigneur Jésus, il ne pouvait être question de la moindre imperfection, ni d’aucune douleur de ce genre ; mais Il réalisait d’autant plus la condition dans laquelle se trouvaient ceux qui appartenaient à Dieu.


5.6.2 - Le Seigneur ressentant l’horreur de l’état de ce qui L’entourait

Ne ressentait-Il pas la trahison de Judas, les reniements de Pierre, la fuite de tous ? Même par rapport aux apostats d’Israël, il n’y avait pas de dure indifférence : combien plus par rapport aux saints, les disciples, qui reculaient tant en un tel moment ? Il se rendait compte de la crise terrible qui attendait le peuple de Dieu ; Il sentait aussi ce que c’était pour Lui, le Messie, que d’être totalement refusé par le peuple, pour leur propre malheur et leur propre destruction — ce que c’était pour Lui, qui était la vie, de traverser la mort, et non seulement cela, mais encore une mort telle que Lui seul pouvait la connaître adéquatement ! Quand Celui qui L’aimait le plus, Lui cachait Sa face ; quand Il serait l’objet du jugement divin ; quand tout ce qu’il y avait en Dieu d’indignation et d’horreur contre le mal allait se concentrer contre Christ !


5.6.3 - Le Seigneur associé de cœur à la condition du peuple

Puis, encore, quels sentiments de pitié pour le peuple qui abandonnait les miséricordes dont ils avaient été les objets et la lumière de Dieu, au profit d’épaisses ténèbres et des douleurs par lesquelles ils passeraient en rétribution de ce qu’ils étaient en train de perpétrer contre Lui ! Tout cela, et infiniment plus, était devant le Seigneur, ressenti et pesé par Lui comme Celui dont la grâce L’associait à la condition du peuple de Dieu, non pas par substitution seulement, mais en association de cœur et en toute affliction avec eux.


5.6.4 - Pas de sympathie pour le Seigneur dans l’expiation

Dans l’expiation, Il était absolument seul. Il n’a alors demandé à personne de prier, Il n’a cherché alors aucun réconfort de leur part, et aucun ange n’est alors venu le fortifier. Il dit alors « Mon Dieu » parce que ce qu’Il endurait, était ce que Dieu ressentait contre le péché. Il peut aussi dire « Père », et Il l’a fait, parce qu’Il n’a pas cessé d’être le Fils, pas plus qu’Il n’a cessé d’être l’homme béni, parfait et obéissant. C’est ainsi qu’Il a dit « Père » avant et après avoir été sur la croix. Mais il s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu », seul cette fois-là, pour autant que l’Écriture du Nouveau Testament parle de ce qu’Il a dit quand Il s’adressait à Lui, — parce qu’alors, pour la première fois, tout ce que Dieu était en haine du mal a éclaté sur Lui sans la moindre atténuation ou considération de faiblesse. Rien n’en a atténué la force. Il était compétent pour porter, et Lui seul a porté tout le jugement ininterrompu et impitoyable de Dieu, et cela sans chercher la sympathie de la créature, homme ou ange.


5.6.5 - Différence entre la croix et Gethsémané

Il s’agissait d’une question entre Dieu et Lui seul quand, fait péché sur la croix, et rétablissant la gloire de Dieu qui avait été compromise par le monde entier, Il a tout enduré en Sa propre personne. C’est la différence entre la croix et Gethsémané. À Gethsémané, notre Seigneur était, comme il est écrit, « saisi d’effroi et fort angoissé » (14:33). Il avait pris avec Lui trois témoins choisis, et Il « leur dit : Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort ; demeurez ici et veillez ». Ainsi, même ces élus, Il les laisse derrière Lui ; « Il s’avança un peu et se jeta contre terre, et priait pour que, s’il était possible, l’heure passe loin de Lui ». Ce n’eût pas été la perfection s’Il ne l’avait pas ainsi ressenti. Il était impossible que Celui qui était la vie puisse désirer une telle mort d’avec Son Père — d’avec Dieu en colère contre Lui. Cela aurait été de la dureté, non pas de l’amour ; mais bien qu’Il l’ait ressenti parfaitement selon Dieu Son Père, cependant Il soumet entièrement Sa volonté humaine à celle du Père. « Abba, Père, » dit-il, « toutes choses Te sont possibles. Fais passer cette coupe loin de Moi ; toutefois non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux, Toi ». Il avait une âme réelle, ce qu’on appelle dogmatiquement une âme raisonnable, non pas un simple principe de vitalité. Il n’aurait pas pu dire cela, s’il avait été vrai, comme certains l’ont affirmé, que la nature divine dans notre Seigneur avait pris la place de l’âme. Il n’aurait pas été un homme parfait s’il n’avait pas pris une âme aussi bien qu’un corps. C’est pourquoi Il pouvait dire : « Non pas ce que Je veux, mais ce que, Toi, Tu veux ».

Il y avait la soumission la plus entière au Père, même dans l’épreuve la plus amère qu’on puisse concevoir. Cette coupe était la coupe de la colère à cause du péché ; ne pas dire « Fais passer cette coupe loin de Moi » aurait montré de l’insensibilité de caractère. Mais notre Seigneur était parfait en tout. C'est pourquoi Il dit : « Fais passer cette coupe loin de Moi ; toutefois, non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux, Toi ».


5.6.6 - Le Seigneur s’occupant des disciples à Gethsémané

Il vient, et trouve les disciples endormis au lieu de veiller. Cela L’attriste, et il est juste qu’il en soit ainsi. Cependant Il les avertit pour leur propre bien : « Veillez et priez afin que vous n’entriez pas en tentation ». Ils y sont entrés, et ils sont tombés, Pierre surtout, à qui, en effet, notre Seigneur a adressé cet avertissement. Il les appela tous à veiller et à prier, mais c’est à Pierre qu’il dit : « Dors-tu ? N’as-tu pas pu veiller une heure ? » Il avait particulièrement averti Pierre auparavant. Il ajoute : « L’esprit est bien disposé (prompt), mais la chair est faible. Et Il s’en alla de nouveau, et Il pria, disant les mêmes paroles. Et s’étant retourné, Il les trouva de nouveau endormis (car leurs yeux étaient appesantis), et ils ne savaient que Lui répondre. Il revient pour la troisième fois, et leur dit : Dormez dorénavant et reposez-vous ; c’est assez. L’heure est venue ; voici le Fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs ». Il était comme quelqu’un livré pour être retranché de la dernière Pâque. À partir de ce moment, l’heure était venue. « Levez-vous, allons ; voici que celui qui me livre s’est approché ». Il ne s’agissait pas seulement d’expiation, mais le Berger était sur le point d’être frappé, et les brebis le sentaient, et se dérobèrent avant que le coup réel tombe.


5.7 - Marc 14:43-52 — Devant la mort et l’hostilité ouverte : se courber ou abandonner et fuir

Matt. 26:47-56 ; Luc 22:47-53.


« Et aussitôt, comme Il parlait encore, Judas s’avance, l’un des Douze, et avec lui une grande foule, avec des épées et des bâtons, de la part des principaux sacrificateurs, des scribes et des anciens ». Le traître avait donné le signe du baiser, et leur avait dit de saisir Celui qu’il embrasserait. Il s’approcha directement de Jésus, et dit : « Rabbi, Rabbi, et Le couvrit de baisers ; ils mirent les mains sur Lui et Le prirent ». Pierre, assez prêt à combattre, mais non pas à prier, tire son épée et frappe le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupe l’oreille. La guérison n’est pas mentionnée dans cet évangile, car ici le Seigneur est simplement le Fils de l’homme souffrant, le Prophète d’Israël rejeté, le Berger frappé. Ce qui prouve que le sujet ici n’est pas que Sa puissance n’a pas diminué, mais c’est le fait qu’Il se courbe devant toute honte ; et la clé est : « Il faut que l’Écriture soit accomplie » (14:49). Il n’avait jamais été du genre à réclamer un tel traitement de leurs mains — se déchaîner contre Lui comme contre un voleur, mais il faut que l’Écriture s’accomplisse.

« Et tous l’abandonnèrent et s’enfuirent » (14:50). La puissance les aurait gardés, mais céder à la souffrance commençait à produire son effet sur eux. « Les brebis furent dispersées » (Zach. 13:7). « Un certain jeune homme Le suivit, enveloppé d’une toile de lin sur le corps nu ; ils le saisissent, mais il laissa la toile de lin et leur échappa tout nu ». La vigueur s’épuise, et la honte aussi. Le premier assaut suffisait à le faire fuir. L’homme est impuissant face à la mort. La seule raison pour laquelle les croyants sont capables de l’affronter — et même de l’accueillir et de s’en réjouir — est à cause de Christ Lui-même et de Sa mort. Il a enlevé l’aiguillon (1 Cor. 15:56), mais ce n’était pas encore fait. C’est pourquoi les disciples L’ont abandonné et se sont enfuis, le jeune homme comme tous les autres. En Christ seul, qui a souffert pour nous, nous pouvons nous tenir debout.


5.8 - Marc 14:53-65 — Le motif de condamnation

Matt. 26:47-68 ; Luc 22:47-55, 63-71, Jean 18:2-24.


« Et ils amenèrent Jésus au souverain sacrificateur. Et tous les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes s’assemblent auprès de Lui ». Là, nous trouvons une nouvelle épreuve. Pierre suit — de loin, il est vrai — dans le palais du souverain sacrificateur, et s’assied avec les serviteurs (huissiers) ». « Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour Le faire mourir, et ils n’en trouvaient aucun ». Ils trouvaient de la volonté, mais pas de la puissance ; des gens disposés à témoigner, mais même en cela ils n’ont pas pu réussir. L’homme échoue en tout, sauf dans la malice contre Jésus. Même avec tous les témoignages subornés chez les témoins, et avec tout l’empressement à condamner chez les juges, tout échoue. Les témoignages ne concordent pas. Selon la loi, il fallait deux ou trois témoins qui soient d’accord ; mais ceux-ci ne s’accordaient pas. La conséquence fut que Jésus fut rejeté, non pas à cause du faux témoignage de l’homme, mais sur la base du vrai témoignage de Dieu. C’est sur la base de Son propre témoignage qu’ils L’ont condamné. Il était venu témoigner de la vérité, et Il en a témoigné jusqu’à la mort. Le souverain sacrificateur, étonné, perplexe, ne parvenant pas à Le condamner sur la base du témoignage d’autrui, demande : « Es-tu le Christ, le Fils du Béni ? » Il nous est dit ailleurs qu’il L’a adjuré, mais ici Marc cite simplement la question, sans l’adjuration. Le Seigneur répond : « Je le suis ». Il témoigne de la belle confession (1 Tim. 6:13), non seulement devant Ponce Pilate, mais devant le souverain sacrificateur. « Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance, et venant avec les nuées du ciel ». Il ne pouvait pas, ne voulait pas, nier la vérité sur Lui-même. Il pouvait s’abstenir de noter les fausses accusations d’autrui, mais Il ne voulait pas, quand on le mettait au défi, enfermer dans Sa poitrine la vérité de Sa gloire personnelle. Il était le Messie, le Fils du Béni. Mais Il était aussi le Fils de l’homme, et Il allait prendre Sa place là-haut, et venir avec les nuées du ciel, selon les sûrs oracles de Dieu. Alors le souverain sacrificateur, ayant déchiré ses vêtements, dit : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Vous avez ouï le blasphème ». Pour lui, la vérité n’était pas meilleure, tant le chef de la religion des Juifs était plongé dans les ténèbres. « Que vous semble-t-il ? ». Et tous Le condamnèrent comme méritant la mort. Et quelques-uns se mirent à cracher contre Lui, et à lui couvrir le visage, et à le souffleter, et à lui dire : Prophétise ; et les huissiers le frappaient de leurs mains ».


5.9 - Marc 14:66-72

Matt. 26:69-75 ; Luc 22:56-62 ; Jean 18:17, 25-27.


5.9.1 - Pierre reculant de terreur pour peu de chose

Le Berger doit donc être frappé de toute manière. « Je frapperai le Berger, et les brebis seront dispersées » (Zach. 13:7). Et nous trouvons ainsi que Pierre, s’étant aventuré ainsi jusqu’au palais du souverain sacrificateur, en ressent encore plus immédiatement l’effet. « Comme Pierre était en bas dans la cour du palais, une des servantes du souverain sacrificateur arrive. Voyant Pierre se chauffer, elle le regarde et dit : Et toi, tu étais avec Jésus le Nazarénien. Et il le nia, disant : Je ne sais pas, et je ne comprends pas ce que tu dis. Cependant, il ne pouvait pas rester en présence de sa propre fausseté ; il sort dehors sous le porche : et le coq chanta. C’était l’avertissement que le Seigneur lui adressait. La servante le revoit. Il fallait qu’il en soit ainsi. Il n’y avait apparemment rien qui puisse causer de la terreur, mais même le plus dévoué des disciples (du moins, le plus ardent dans son amour et le plus énergique dans ses démonstrations) était si impuissant à faire face même à la proximité de la mort, qu’il suffit de la parole d’une servante pour lui faire renier le Seigneur ! « Et encore peu après, ceux qui se tenaient là dirent à Pierre : Certainement, tu es de ces gens-là, car aussi, tu es Galiléen ». Mais plus ils le pressaient de dire la vérité, plus il reculait, et, dans sa crainte abjecte, il se mit à maudire et à jurer.


5.9.2 - Qui dites-vous que Je (Christ) suis ?

Tel était Pierre, et tel était le processus dont il allait bientôt sortir comme chef des apôtres. Il fallait qu’il soit brisé pour apprendre le caractère ‘bon à rien’ de la chair. Combien désormais il faut que Christ soit tout, ainsi que la puissance du Saint Esprit ! « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez ». Pourtant « cet Homme » était son Sauveur, et il le savait — trop bien — trop mal. « Tu es le Christ », avait-il dit auparavant (8:29). Quel contraste maintenant ! « Qui dites-vous que je suis ? » lui avait demandé Jésus, il y a longtemps (8:29), et sa réponse avait été : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matt. 16:16). Nous croyons, et nous savons » (Jean 6:69). Maintenant il dit : « Je ne connais pas cet homme ». Jésus n’était, pour lui, plus qu’un homme, inconnu de Pierre. Pourtant, ce n’était pas la chair et le sang qui lui avaient révélé la vérité sur le Christ, mais le Père qui est dans les cieux. Pierre était donc assez proche, lorsque les autres étaient dispersés, pour ajouter un coup plus violent à tous ceux qui tombaient sur Jésus. L’un du petit nombre de disciples était un traître ; un autre, le chef des Apôtres, était un négateur de son Seigneur.


5.9.3 - C’est la Parole de Dieu qui produit la repentance

« Et pour la seconde fois, un cri de coq. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et quand il y pensa, il pleura ». Je ne dis pas que sa repentance fut complète ; vous verrez que le Seigneur l’a touché au vif quelque temps après. Néanmoins, il avait un sentiment authentique de son péché, de sa honte et de l’angoisse d’esprit, bien qu’il n’ait pas encore été sondé à fond. Il pleura en y pensant. C’est toujours la parole du Seigneur qui produit une réelle repentance, que ce soit chez un saint ou chez un pécheur. Ce ne sont pas les sentiments humains, ni la honte, ni la peur d’être découvert — c’est la parole que Jésus a prononcée qui opère à l’intérieur. C’est le lavage à l’eau par la parole (Éph. 5). La parole du Seigneur fait deux choses : elle convainc et elle guérit ; elle purifie et détecte notre mal d’une manière divine. Si Pierre avait cru la parole de Christ quant à son entière faiblesse, il aurait été gardé. Mais il ne l’a pas crue. « Même si tous », dit-il, « étaient scandalisés, je ne le serai pas, moi ». Il était prêt à mourir avec Lui, alors qu’en vérité, un simple aperçu de la scène de la mort de Christ l’effrayait, de sorte que plus la vérité de sa relation avec Jésus lui était présentée avec insistance, plus il jurait ne pas Le connaître. Telle est la chair, même chez le saint de Dieu — ‘bon à rien’ partout !


6 - Marc 15

Ésa. 53:3


6.1 - Marc 15:1-5

Matt. 27:1-14 ; Luc 23:1-4 ; Jean 18:28.


6.1.1 - Qui a été responsable de la condamnation ?

Suit la consultation au matin, après que le Seigneur ait déjà été condamné comme « coupable méritant la mort ». Le résultat est que les principaux sacrificateurs, les anciens, les scribes, et tout le sanhédrin, et, en fait, tout le peuple, consentirent à livrer Jésus à Pilate, le représentant du pouvoir civil. Jésus devait être condamné par l’homme à tous les titres, religieux et civil ; les Juifs, au nom de la religion, ont eu la culpabilité principale, et étaient les instigateurs des autorités civiles ; ils contraignirent moralement celles-ci à céder contre leur conscience, comme on le voit dans le simulacre de procès devant Pilate. Ainsi, nous Le voyons « méprisé et rejeté par les hommes ». Ce n’était pas seulement par un seul, mais par toutes les classes des hommes. Nous verrons que le peuple comme les sacrificateurs, le gouverneur comme les gouvernés, jusqu’aux plus bas d’entre eux, — tous se sont unis pour vilipender le Fils de Dieu.


6.1.2 - Christ, Dieu et Homme peut tout faire connaître

Pilate lui demanda : « Es-tu, Toi, le roi des Juifs ? Il lui répondit : Tu l’as dit ». C’était Sa belle confession (1 Tim. 6:11). C’était la vérité ; et Il était venu pour rendre témoignage de la vérité, qui est particulièrement mentionnée dans l’évangile de Jean, où nous n’avons pas simplement ce que Christ était selon la prophétie, ni même ce qu’Il était en tant que Serviteur et grand Prophète, faisant la volonté de Dieu et répondant aux besoins de l’homme, — mais ce qu’Il était dans Sa propre gloire personnelle. Christ seul est la vérité au sens le plus complet du terme, si ce n’est que le Saint Esprit est aussi appelé « la vérité » (1 Jean 5:6), comme étant la puissance intérieure en celui qui croit pour saisir la révélation de Dieu et la réaliser. Mais Dieu en tant que tel n’est jamais appelé la vérité. Jésus est la vérité. La vérité est l’expression de ce que Dieu est, et de ce que l’homme est. Celui qui est objectivement la vérité doit être à la fois Dieu et homme, pour faire connaître la vérité à leur sujet. Il n’est jamais dit que le Père est la vérité, mais seulement Christ, le Fils, la Parole. Il n’est pas seulement Dieu, mais Il est spécialement Celui qui fait connaître Dieu ; et étant homme, il pouvait faire connaître l’homme — oui, et étant Dieu et homme, Il pouvait tout faire connaître.


6.1.3 - Christ est la mesure de toutes choses

Ainsi, nous ne savons jamais ce qu’est la vie en totalité, sauf en Christ, et nous ne savons jamais ce qu’est la mort, sauf en Christ. De même, qui peut connaître correctement la signification du jugement, si ce n’est en Christ ? Qui peut estimer ce qu’est la colère de Dieu, sauf en Christ ? Qui peut dire ce qu’est la communion avec Dieu, si ce n’est en Christ ? C’est Christ qui nous montre ce qu’est le monde ; c’est Christ qui nous montre ce qu’est le ciel, et par contraste ce que doit être l’enfer. Il est Celui qui délivre de la perdition, et c’est Celui qui y chasse loin de Sa propre présence. Ainsi Il fait tout ressortir tel que cela est, y compris ce qui est le plus opposé à Lui — la puissance et le caractère de Satan, jusqu’à sa dernière forme, l’Antichrist. Il est la mesure de ce que sont les Juifs et les Gentils à tous égards. C’est ce que certains anciens philosophes pensaient de l’homme. Ils disaient, quoique faussement, que l’homme est la mesure de toutes choses. C’est exactement vrai de Christ, l’homme-Dieu. Il est la mesure de toutes choses, bien que très supérieur à elles, en tant que suprêmement Dieu, comme le Père et comme le Saint Esprit.


6.1.4 - Condamné pour cause de vérité

Ici, cependant, devant Pilate, notre Seigneur reconnaît simplement la vérité de ce qu’Il était selon l’attente des Juifs. « Es-tu, toi, le roi des Juifs ? Il lui répondit : Tu l’as dit ». C’était tout ; Il n’avait rien de plus à dire ici. Les principaux sacrificateurs L’accusaient de beaucoup de choses, mais Il ne répondit rien. Il n’était pas là pour se défendre, mais pour confesser qui Il était et ce qu’Il était. « Et Pilate l’interrogea de nouveau, disant : Tu ne réponds rien ? Vois de combien de choses ils témoignent contre toi. Mais encore Jésus ne répondit rien, de sorte que Pilate s’en étonnait ». Son silence produisait un effet bien plus grave que tout ce qui pouvait être prononcé. Il y a un temps pour se taire comme il y a un temps pour parler (Eccl. 3) ; et le silence était maintenant d’autant plus convaincant pour la conscience. Il était manifestement supérieur, moralement, à Son juge. Il les manifestait tous, quoi qu’ils disent ou qu’ils jugent de Lui. Mais en vérité, ils ne jugeaient rien d’autre sauf de dire ce qui était totalement faux, et ils Le condamnèrent pour cause de vérité. Que ce soit devant le souverain sacrificateur ou devant Ponce Pilate, c’est la vérité qu’Il confessait, et c’est pour cette vérité qu’Il fut condamné par les hommes. Tous leurs mensonges ne servirent à rien. Ce n’est donc pas à cause de ce qu’ils ont mis en avant, mais à cause de ce que Lui a dit, que Jésus a été condamné.


6.1.5 - Un double témoignage de ce qu’était Christ

Ce n’est que dans l’Évangile de Jean que le Seigneur affirme le fait terrible que ce n’était pas Pilate qui disait les choses de lui-même, mais il disait ce que les Juifs lui avaient dit (Jean 18:34). Nous apprenons en outre dans l’Évangile de Jean que ce qui a particulièrement effrayé Pilate, c’est que les Juifs lui avaient dit qu’ils avaient une loi, et que c’est en vertu de cette loi qu’Il devait mourir, parce qu’Il s’était fait Fils de Dieu. Sa filialité était affirmée, et Pilate craignait que ce soit vrai. Sa femme, elle aussi, eut un songe qui ajouta à son inquiétude, de sorte que Dieu veilla à ce qu’il y ait un double témoignage — a) le grand témoignage moral de Christ Lui-même, et aussi b) un signe et gage qui convenait à l’Évangile de Matthieu, une marque extérieure donnée à la femme de Pilate en songe. Notre Évangile est beaucoup plus succinct, et s’en tient à l’ordre des faits sans entrer dans le détail.


6.2 - Marc 15:6-15 — Barrabas, un brigand, plutôt que Jésus

Matt. 27:15-26 ; Luc 23:16-25 ; Jean 18:29-40.


L’iniquité des Juifs, cependant, apparaît partout. « Or, à l’occasion de cette fête, il avait l’habitude de leur relâcher un prisonnier, quel que soit celui qu’ils demandaient. Or, il y avait un nommé Barabbas, qui était détenu avec ses compagnons de révolte, et qui avait commis un meurtre dans cette révolte. Et la foule, criant à haute voix, se mit à lui demander de faire comme il leur avait toujours fait ». C’est donc la foule qui voulut marquer davantage sa complète soumission aux méchants sacrificateurs en préférant Barabbas et en scellant la mort de Jésus. Il aurait encore pu être délivré, mais la multitude imbue d’elle-même ne voulut rien entendre. « Pilate leur répondit : Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? Car il savait que les principaux sacrificateurs L’avaient livré par envie. Mais les principaux sacrificateurs excitèrent la foule pour qu’il leur relâchât plutôt Barabbas », ou, comme le dit l’Évangile de Jean, « Non pas celui-ci, mais Barabbas. Or Barabbas était un brigand ». C’était un brigand et un meurtrier — pourtant c’est un tel homme qui eut la préférence de l’homme, plutôt que Jésus. « Pilate prit la parole et leur dit encore : Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ? Et ils s’écrièrent encore : Crucifie-le ». Pilate, tout cruel et endurci qu’il était, fit encore une remontrances : « Quel mal a-t-il donc fait ? Et ils s’écrièrent encore : Crucifie-le ». Ils ne pouvaient trouver aucun mal, ils l’imaginaient seulement à partir de la méchanceté meurtrière de leur propre cœur. Pilate, sans aucune crainte de Dieu, mais « voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas, et après l’avoir fait fouetter, il livra Jésus pour être crucifié ». Ainsi il s’avérait que, même dans cette dernière scène, Jésus délivrait les autres à Ses dépens et dans tous les sens du terme. Juste auparavant, Il avait délivré les disciples de l’arrestation ; Il était maintenant le moyen de délivrer Barabbas lui-même, tout méchant qu’il était. Il ne s’est jamais sauvé Lui-même ; Il aurait pu le faire, bien sûr, mais c’était la perfection même de la gloire morale de Christ que de délivrer, de bénir, de sauver, et en tout, aux dépens de Lui-même.


6.3 - Marc 15:16-21 — Jésus bafoué, mais quand même pour la bénédiction d’autrui

Matt. 27:27-31 ; Luc 23:26-43 ; Jean 19:1-16.


Mais, en outre, toutes les indignités possibles ont été accumulées sur Lui. « Les soldats l’emmènent dans la cour appelée prétoire, et ils convoquent toute la cohorte. Ils le revêtent de pourpre, et tressent une couronne d’épines et la Lui mettent autour de la tête. Et ils se mirent à le saluer : Salut, roi des Juifs ! » Il n’y avait pas de mépris trop grossier pour Lui. « Ils Lui frappaient la tête avec un roseau, et crachaient contre lui et, fléchissant les genoux, ils Lui rendaient hommage. Et après s’être moqués de Lui, ils lui ôtèrent la pourpre, le revêtirent de ses propres vêtements, et le conduisirent pour le crucifier ». Et maintenant, dans l’esprit de méchanceté de toute la scène, « ils obligent un certain Simon, un Cyrénéen, qui passait par là, revenant des champs, le père d’Alexandre et de Rufus (cf. Rom. 16), de porter Sa croix ». Il semblerait que ces deux fils furent ensuite des convertis bien connus, introduits dans l’Église ; d’où l’intérêt de la mention de ce fait. La bonté de Dieu, je suppose, s’est servie de cette circonstance même, aussi méchante qu’elle ait été de la part de l’homme. Il ne voulait pas permettre que l’indignité même de Son Fils ne tourne pas à la bénédiction de l’homme. Simon, le père de ces deux-là, a donc été contraint de porter Sa croix par ceux qui étaient supposés détenir la vérité, mais la détenaient dans l’injustice.


6.4 - Marc 15:22-32

Matt. 27:31-44 ; Luc 23:26-43 ; Jean 19:17-27.


6.4.1 - Juste avant la crucifixion

« Et ils Le mènent au lieu Golgotha, qui est, selon l’interprétation, le lieu d’un crâne. Ils Lui offrirent à boire du vin additionné de myrrhe, mais Il n’en prit pas ». L’objet de cette offre était d’apaiser l’angoisse, la douleur excessive et persistante de la croix, mais Il refusa.

« Et l’ayant crucifié, ils se partagent Ses vêtements en tirant au sort ce que chacun devait prendre ». Ceci, nous le savons par ailleurs, était l’accomplissement précis d’une prédiction divine, comme c’était le signe humain de quelqu'un livré à la peine capitale.


6.4.2 - L’écriteau

« C’était la troisième heure, et ils le crucifièrent. Et la suscription de ce dont Il était accusé était écrite au-dessus : Le Roi des Juifs ». Les termes sont très brefs dans l’Évangile de Marc. Il ne mentionne que l’accusation, et non (je pense) toute la formule. Les autres évangiles donnent des formules différentes, et il est possible qu’elles aient été écrites en plusieurs langues — l’un dans une langue et l’autre dans une autre. Si tel est le cas, Marc ne donne que la substance. Matthieu donnerait naturellement la forme hébraïque, Luc la forme grecque (son Évangile étant destiné aux Gentils, comme celui de Matthieu était destiné aux Juifs), tandis que Jean donnerait le latin, la formule de cet empire sous lequel il a lui-même souffert plus tard. Comme ce royaume frappait le serviteur, Jean rapporte ce qu’il a fait au Maître, et cela dans la langue de l’empire. Il y a une légère différence dans chacun d’eux, qui peut provenir des différentes langues dans lesquelles l’accusation a été écrite. Quoi qu’il en soit, nous savons que nous avons la pleine vérité divine en faisant la comparaison ; et parmi toutes les façons de rendre compte de leurs nuances distinctives, la plus indigne de Dieu, et la moins raisonnable pour l’homme, c’est l’idée que ces différences doivent être imputées à l’ignorance ou à la négligence. Chacun a écrit, mais sous la puissance de l’Esprit ; et le résultat de tous est la parfaite vérité de Dieu.


6.4.3 - Les brigands crucifiés

Marc, comme Matthieu, mentionne les brigands (en fait, tous le font) en témoignage de l’humiliation complète du Serviteur et Fils de Dieu sur la croix. Les hommes ne voulaient pas Lui donner une place singulière, à part. Il était en effet seul dans la grâce et la gloire morale de la croix, mais c’est pour en augmenter la honte que ces deux brigands furent crucifiés avec Lui, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche (*). Telle était l’apparence extérieure ; mais ensuite, aussi, Ses paroles furent retournées contre Lui, non seulement lors de Son procès, mais dans Ses derniers moments. Et les passants l’injuriaient, en hochant la tête et en disant : Ah ! toi qui détruis le temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même et descends de la croix ». Combien ils étaient loin de se douter que Ses paroles mêmes étaient en train de s’accomplir complètement à ce moment-là !


(*) Bible Treasury : Les meilleurs manuscrits onciaux omettent le verset 28. Son authenticité est très douteuse ici. Il a probablement été emprunté à la citation d’Ésaïe 53:12 dans Luc 22:37.


6.4.4 - Les moqueries des chefs religieux sur Son incapacité à se sauver

Mais les principaux sacrificateurs poussèrent la chose plus loin, comme d’habitude. Se moquant entre eux avec les scribes, ils disaient : « Il a sauvé les autres, Il ne peut pas se sauver Lui-même ». C’était une grande vérité, mais pas dans le sens où ces gens l’entendaient. Les deux phrases sont très vraies quand on les applique correctement ; bien sûr, Il ne s’est pas sauvé ; et Il ne le pouvait pas si la grâce devait triompher en rédemption. « Il a sauvé les autres, Il ne peut pas se sauver Lui-même » : C’est l’histoire de Christ sur la terre ; c’est surtout l’histoire de Sa croix : toute la vérité de Christ y apparaît plus pleinement, bien que ce soit sous la colère divine infligée absolument pour nos péchés, et sous la très grande pression des circonstances extérieures, mais tout cela supporté en perfection. La sainteté de Christ qui, à tout prix, voulait ôter le péché pour la gloire de Dieu, — l’amour de Christ qui, à tout prix pour Lui-même, voulait apporter aux autres une délivrance éternelle, — la grâce de Dieu, tout cela était pleinement visible en Lui : le juste jugement, la vérité et la majesté de Dieu. Il n’y a rien qui n’ait été justifié sur la croix, mieux que nulle part ailleurs. C’est la résurrection, cependant, qui a tout révélé, publiant ce que Dieu ressentait. Il a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, comme il est dit. Ce qui a été fait sur la croix, l’était pour les autres ; mais ce qui était à la fois envers Lui et envers les autres, est apparu dans la résurrection et dans le fait qu’Il a été placé à la droite de Dieu.


6.4.5 - Différence de réaction entre le croyant et l’incroyant

Mais dans la bouche de l’incrédulité, les mêmes expressions portent un caractère totalement différent de celui qu’elles ont dans la bouche de la foi. C’est ainsi qu’un homme du monde, en présence de la mort, peut montrer cette apparence de calme que la foi donne réellement à celui qui a l’œil fixé sur Jésus : chez ce dernier c’est la paix, chez le premier ce n’est pas mieux que de l’insensibilité. Mais chez les croyants ordinaires, qui ne comprennent pas la plénitude de la grâce, il y a des angoisses mentales qui vont au-delà de ce que connaît l’incroyant, parce que celui-ci ne sent pas ce qu’est le péché, ni ce qui convient à la gloire de Dieu. Quand une âme croit et n’est pas encore établie dans la grâce, elle est dans le trouble et le tremblement d’esprit quant au résultat, et il doit en être ainsi jusqu’à ce que le cœur soit en repos par Jésus Christ.


6.4.6 - La mort de Jésus n’était nécessaire que pour le salut, pas en tant qu’homme

Combien peu ces principaux sacrificateurs connaissaient le secret de la grâce ! Il a sauvé les autres, disaient-ils, et ils ne pouvaient que le savoir. Il ne voulait pas se sauver Lui-même, et Il ne l’a pas fait. Non, dans le sens de l’amour et du conseil divin, Il ne pouvait pas se sauver Lui-même. Il a laissé Sa vie pour nous — nous ne pouvions pas être sauvés autrement ; et, de plus, obéissant au Père à tout prix, Il était déterminé à accomplir Sa volonté, notre sanctification. En ce sens seulement, Il ne pouvait pas se sauver Lui-même. Il n’y avait aucune nécessité de mort dans la nature du Seigneur Jésus Christ. Tous les autres hommes avaient la nécessité de la mort par Adam ; Christ ne l’avait pas, bien que Lui, le dernier Adam, Christ, descendait de lui par Sa mère ; Il n’était pas du tout en Lui-même sous les conséquences du premier Adam, bien qu’en grâce Il en ait porté toutes les conséquences sur la croix, mais pas en tant qu’étant sous ces conséquences : Il les a seulement portées pour d’autres, par la volonté de Dieu et dans Son amour souverain. C’est pourquoi, à propos de Sa mort, Il dit très expressément : « J’ai le pouvoir de laisser Ma vie, et J’ai le pouvoir de la reprendre » (Jean 10:18). Depuis le commencement du monde, Lui seul de tous les hommes pouvait dire cela. Adam dans le paradis ne pouvait pas parler ainsi ; Christ seul avait le droit de le dire selon les droits de Sa personne. Le fait de devenir un homme n’a pas compromis Sa gloire divine. Le fait qu’il soit Dieu n’a pas affaibli Sa souffrance comme homme. Il n’y a pas eu d’abaissement de la déité, mais il y a eu, en conséquence, une exaltation très réelle de l’humanité. Néanmoins, les Écritures devaient s’accomplir : l’Oint devait mourir ; la gloire de Dieu devait être défendue ; la mort devait être affrontée en mourant, et son pouvoir brisé, non par la victoire, mais par la justice. Car tel est le fruit merveilleux de la mort du Christ : la puissance de la mort est épuisée par la justice, du fait que Lui a pris sur Lui la malédiction, le jugement du péché, afin que Dieu soit glorifié jusque là-dedans. D’où la plénitude de bénédiction et de paix pour le croyant. Ceci donne à l’Expiation sa place merveilleuse dans toute la vérité de Dieu. Rien ne peut lui être substitué. Dans l’expiation, Il est le substitut pour tous les autres, et toutes les autres exigences se rapportant à l’offrande pour le péché disparaissent.


6.4.7 - Le brigand converti signalé seulement dans Luc

Mais quant à ces principaux sacrificateurs, ils s’écriaient en se moquant : « Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ». L’esprit d’incrédulité était si complet que les crucifiés, même au milieu de leurs agonies, eurent le temps de se tourner et d’ajouter à Ses souffrances. Marc ne mentionne pas la conversion d’un de ces brigands. Luc le fait, et nous savons que par la suite, celui qui s’est converti, au lieu de Lui demander qu’Il descende de la croix, L’a reconnu comme le Roi avant que vienne Son royaume, croyant ainsi sans voir. La pauvre âme brilla donc par la grâce de Dieu, d’autant plus qu’elle était auparavant dans l’obscurité ; et l’obscurité des principaux sacrificateurs qui se moquaient formait un sombre arrière-plan qui rendait ce brigand si remarquable. Dans les circonstances mêmes où les principaux sacrificateurs se vantaient de la défaite de Jésus, le voleur Le glorifiait de la délivrance de son âme. Mais cela relève de la compétence de Luc, qui nous montre la miséricorde de Dieu visitant le pécheur dans son état le plus bas — le Fils de l’homme venant chercher et sauver ce qui était perdu. Ceci se trouve tout au long de Luc plus que de tout autre évangile. Comme autre conséquence, il nous montre aussi le bonheur de l’âme dans son état séparé du corps. Ce voleur mourant, lorsque son âme a quitté la croix, serait immédiatement avec Jésus dans le paradis.

Marc, cependant, mentionne l’indignité que les brigands ont accumulée sur Jésus, en compagnie des principaux sacrificateurs et d’autres.


6.5 - Marc 15:33-41

Matthieu 27:45-56 ; Luc 23:44-49 ; Jean 19:28-37.


6.5.1 - Une heure de ténèbres unique

« Et quand la sixième heure fut venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure ». C’était plus qu’humain : Dieu a provoqué un témoignage de cette heure qui se distinguait de tout ce qui avait précédé et suivi. Il y avait des ténèbres ; le monde lui-même le ressentait. Comme le Seigneur l’avait dit aux Juifs, les pierres crieraient si les enfants et les nourrissons ne faisaient pas entendre leur voix. Comme Jean le Baptiseur le leur avait dit, de ces pierres Dieu pouvait susciter des enfants à Abraham. Ainsi, l’insensibilité des hommes à l’encontre le Fils de Dieu, les injures et les moqueries, depuis les principaux sacrificateurs jusqu’aux brigands, ont trouvé une réponse de la part de Dieu dans la nature qui s’est voilée en présence de la mort de Celui qui a tout créé ; il y eut des ténèbres sur toute la terre. En haut, en bas, quelle scène !


6.5.2 - Jésus n’est pas mort d’épuisement

À la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lama sabachthani », ce qui s’interprète : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 22:1). Ce n’était pas un épuisement de la nature. Jésus n’est pas mort parce qu’Il ne pouvait plus vivre, comme tous les autres. Il avait encore toute l’énergie de la vie. Il est mort non seulement en expiation, mais pour reprendre Sa vie. Comment aurait-Il pu autrement prouver la supériorité de Sa vie sur la mort, s’Il n’était pas mort ? Encore moins aurait-Il pu nous délivrer. « Nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » (Rom. 5:10).


6.5.3 - La mort de Jésus n’était pas une mort naturelle

Mais il y a plus que cela. Le fait qu’Il vive de nouveau, qu’Il se soit relevé du tombeau, qu’Il ait repris la vie, prouve qu’Il a vaincu la mort à laquelle Il s’était si entièrement soumis pour la gloire de Dieu. Il a été mis à mort. Il a été crucifié et tué par des mains méchantes, mais c’était aussi entièrement volontaire. Chez toute autre personne, la mort est involontaire. Ainsi, Jésus était absolument au-dessus de la simple nature, que ce soit dans la naissance ou dans la mort, ou tout au long de Son existence. En outre, ce cri était très particulier, tel qu’on n’en avait jamais entendu de pareil de la part d’un homme saint et béni comme Lui. Ce qui l’a fait jaillir, c’est que Dieu l’ait abandonné là. Ce n’était pas une simple manifestation d’amour, bien qu’il n’y ait jamais eu de moment où le Père ait vu davantage de quoi aimer dans Son Fils qu’à ce moment-là ; oui, jamais Il n’avait vu auparavant une telle beauté morale, même en Lui. Mais s’Il portait le péché, Il devait réellement en subir le jugement. La conséquence était d’être abandonné de Dieu. Dieu devait abandonner Celui qui avait pris le péché sur Lui. Et Il a pris nos péchés, et a enduré cet abandon qui était la conséquence inévitable du péché imputé. Celui qui n’a pas connu le péché en a connu le prix jusqu’à l’extrême limite lorsqu’Il a été fait péché pour nous.


6.5.4 - Il appelle Élie ?

« Et quelques-uns de ceux qui étaient là présents, l’ayant entendu, dirent : Voici qu’il appelle Élie ». Il semble qu’il s’agisse à nouveau d’une simple moquerie. Il n’y a aucune raison de supposer qu’ils ne savaient pas qu’il avait dit : « Mon Dieu, mon Dieu », et non pas Élie. « Et quelqu’un courut remplir une éponge de vinaigre, la fixa sur un roseau, et lui donna à boire, en disant : « Laissez, voyons si Élie vient pour le faire descendre. Et Jésus, après avoir poussé un grand cri, expira ».


6.5.5 - Le déchirement du voile du temple

Maintenant que la mort était consommée, la seule base juste de vie et de rédemption, le « voile du Temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ». Le système juif était condamné, et la sentence était exécutée sur son élément caractéristique et central. Le voile était ce qui séparait le lieu saint du saint des saints ; il n’y avait pas de point unique dans le système juif plus significatif que le voile. Car ce que le voile indiquait en figure, c’était Dieu présent, et l’homme dehors — Dieu ayant affaire avec le peuple, mais le peuple ne pouvant s’approcher de Dieu, L’ayant avec eux dans le monde, mais n’étant cependant pas amenés à Lui, ne pouvant regarder Sa gloire, étant maintenus à distance de Lui sous la loi (cf. Héb. 9:8 ; 10:19-20). Le déchirement du voile, au contraire, prononçait immédiatement que tout en était fini avec le judaïsme. De même que les ténèbres surnaturelles avaient été un témoignage avant Sa mort, de même ce déchirement à Sa mort déclarait la puissance du sang de Christ. Ce n’était pas seulement Dieu descendu vers l’homme, mais maintenant, par le sang de Christ, l’homme avait le droit de s’approcher de Dieu — oui, tous ceux qui connaissent la valeur de ce sang, dans le lieu le plus saint de tous. Mais pour ce qui est de l’économie (dispensation) juive, c’était son abolition en principe. Le déchirement du voile, comme signe et témoignage principal, était une profanation virtuelle du sanctuaire, de sorte que n’importe qui pouvait désormais regarder dans le lieu très saint. Ce n’était plus le souverain sacrificateur seul qui s’y aventurait une fois par an, et cela non sans du sang ; mais maintenant, à cause de Son sang qu’ils avaient répandu, ne sachant guère sa valeur infinie, le voile était déchiré de haut en bas. Ceci était au premier mois de l’année. La fête dans laquelle le souverain sacrificateur entrait, était au septième mois. La destruction du voile était donc d’autant plus marquée maintenant. La vérité est que la véritable application du jour des expiations, et de la fête des tabernacles qui le suit, se fera lorsque Dieu commencera à prendre en charge le peuple juif. Il est dit que nous avons Christ comme notre Pâque ; mais le jour des expiations, considéré comme un type prophétique, attend Israël bientôt.


6.5.6 - Le témoignage du centurion

Et ce n’est pas tout. Il y eut un témoignage, non seulement dans la nature par opposition au mépris des hommes et aux injures des crucifiés qui étaient avec Lui — non seulement il y eut cette obscurité de la nature et ce déchirement du voile pour le judaïsme, mais un Gentil fut amené, contraint par Dieu, à reconnaître le miracle qui était là et qui se produisait alors. « En vérité, cet homme était Fils de Dieu ». Selon toute vraisemblance, c’était un païen qui ne voulait rien dire de plus que de reconnaître que le Christ n’était pas un simple homme, qu’il était d’une manière ou d’une autre ce que le monarque chaldéen avait entendu et dont il avait parlé en Dan. 2 et 4. Or, le centurion allait plus loin que les gens de Babylone. Il sentait que, bien que Sa demeure était dans la chair, pourtant Il était un être Divin et pas simplement le Fils de l’homme. Je ne pense pas que lorsque Nébucadnetsar dit qu’il a vu quelqu’un comme le Fils de Dieu, il ait voulu dire toute la vérité que nous connaissons ; car la doctrine de l’éternité du Fils n’était pas alors révélée, et on ne peut pas supposer que Nébucadnetsar l’ait comprise, car il était idolâtre à l’époque. Mais c’était un témoignage de sa pleine confiance qu’il s’agissait de quelque être surnaturel, « le Fils de Dieu ». En même temps, l’Esprit de Dieu pouvait bien donner aux paroles du centurion ou du roi une forme dépassant ce que l’un ou l’autre connaissait. « En vérité, cet homme était Fils de Dieu ».


6.6 - Marc 15:42-47 — Joseph d’Arimathée, la mise au sépulcre. Mort rapide du Seigneur

Matthieu 27:57-61 ; Luc 23:50-56 ; Jean 19:38-42.


Les disciples n’étaient pas là. Ils L’avaient, hélas, abandonné et s’étaient enfuis ; en tout cas, ils ne sont pas mentionnés. Ils étaient tellement en dehors de leur vraie place que Dieu ne pouvait rien dire d’eux. Mais quelqu’un qui, jusqu’à ce moment, avait reculé devant la confession de Jésus, est maintenant mis en avant. « Le soir étant déjà venu, comme c’était la préparation, ce qui est le jour précédent un sabbat, Joseph d’Arimathie, conseiller honorable, qui attendait lui-même le royaume de Dieu, vint et prit sur lui d’entrer auprès de Pilate et demanda le corps de Jésus ». Les circonstances mêmes qui auraient pu naturellement le remplir de crainte et de recul devant les conséquences furent, au contraire, utilisées par Dieu pour faire surgir une audace qui n’avait jamais eu place dans le cœur de Joseph auparavant. Il s’identifia avec Jésus. Il n’avait pas eu le précieux privilège de Le suivre de Son vivant, mais la mort de Jésus l’amena au point d’entrer courageusement pour réclamer le corps de son Maître ; il était commandé par ses affections. Pilate, étonné, demanda si Jésus était déjà mort. Naturellement, la crucifixion est une mort lente ; cela peut parfois durer plusieurs jours quand la personne est en santé normale. Mais dans le cas de Jésus, cela ne dura que quelques heures. Il n’y avait rien de plus à faire. Il ne s’agissait donc pas de tarder davantage. De plus, c’était l’accomplissement de la prophétie selon laquelle pas un de Ses os ne serait brisé (c’est Jean qui nous le dit, lui qui est toujours occupé par la personne du Seigneur). C’était selon les Écritures qu’Il soit transpercé, mais pas un os ne devait être brisé ; et Jean a été témoin de cette circonstance des plus remarquables, il nous la raconte. Marc ne le note pas. Pilate « s’étonnait qu’il fût déjà mort ; et appelant le centurion, il lui demanda s’il était mort depuis longtemps ». C’est la mort rapide de Jésus, accompagnée de la voix forte, qui a rempli le centurion d’étonnement. Cela montre que ce n’était pas la mort d’un simple homme. Il avait le pouvoir de laisser Sa vie. Ainsi, après avoir reçu l’assurance du centurion, Pilate donne son autorisation.

Joseph « acheta du linge fin, le descendit, L’enveloppa dans le fin lin, Le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, et roula une pierre à l’entrée du sépulcre ». Deux des Marie regardaient où on Le mettait. Ici au moins, nous avons donc une affection authentique. S’il n’y avait pas l’intelligence de la foi, il y avait l’amour qui s’attardait sur le Seigneur qu’elles adoraient avec un vrai sentiment — le fruit de la foi qui honorait ainsi Jésus jusque dans Sa mort.


7 - Marc 16

7.1 - Marc 16:1-8


Matt. 28:1-8 ; Luc 24:1-11 ; Jean 20:1-10.


7.1.1 - Effet de la résurrection sur l’incrédulité ?

Non seulement la résurrection témoigne de la puissance de la mort vaincue et de la condition parfaite de l’homme devant Dieu, propre au ciel, mais, quant aux choses d’ici-bas, elle est, pour celui qui croit, le vrai moyen de résoudre toutes les difficultés. Jésus n’a jamais été complètement justifié avant la résurrection. Bien sûr, il y avait auparavant un témoignage riche et puissant, mais il pouvait être contesté même par ceux qui voyaient les miracles — non pas à juste titre, mais par la puissance de Satan. Même celui qui est incroyant en pratique, l’homme sensuel, pouvait dire que ses frères croiraient si quelqu’un revenait d’entre les morts (Luc 16:30). Mais nous verrons que l’incrédulité des hommes subsiste même après la résurrection, à moins que la grâce de Dieu ne la rende efficace.


7.1.2 - Chronologie après la résurrection


(* note de l’éditeur Whitfield) En comparant les différents évangiles on peut arriver au schéma suivant pour la succession des événements :


7.1.3 - Ch. 16:1-4 — Connaître le fait de la résurrection sans en connaître la puissance

Dans ce chapitre, nous voyons les femmes venir au tombeau de Jésus avec amour, mais sans avoir l’intelligence de la résurrection, et par conséquent, dans une grande perplexité. Elles avaient « acheté des aromates » afin de pouvoir venir L’oindre. Le Seigneur avait nettement dit aux disciples qu’Il était sur le point de ressusciter d’entre les morts. La foi de ces saintes de Dieu était si faible que, le jour même où Il les avait préparés à attendre Sa résurrection, elles étaient occupées à ce qui ne convenait qu’à un Christ mort, et non à un Christ ressuscité et vivant.

« De très bonne heure, le premier jour de la semaine, elles vinrent au sépulcre quand le soleil se levait. Et elles se disaient les unes aux autres : Qui nous roulera la pierre de l’entrée du sépulcre ? ». Or c’était déjà fait. « Elles regardèrent, et ils virent que la pierre avait été roulée, car elle était très grande ». Telle est la vertu de la résurrection, telle est la puissance qui l’accompagne. L’obstacle dépassait leur capacité à l’enlever ; la pierre qui obstruait le tombeau était très grande. Mais cela ne faisait aucune différence pour Dieu, et elle était maintenant roulée.


7.1.4 - Ch. 16:5-6 — La peur pour l’homme en Adam. Paix donnée par le dernier Adam

« Et entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis du côté droit, vêtu d’une robe blanche ; et elles furent épouvantées (stupéfaites). Et lui leur dit : Ne soyez pas épouvantées. Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ; Il est ressuscité ; Il n’est pas ici ; voici le lieu où on L’avait mis ». Ainsi leur terreur s’évanouit : tel est l’usage que les anges on fait de la résurrection de Christ. La peur est naturelle à l’homme dans un monde ruiné où règne le péché. Adam n’avait aucune raison d’avoir peur jusqu’à la chute ; quel motif le croyant a-t-il d’avoir peur, maintenant que Christ, qui est mort pour lui, est ressuscité ? Il a de nombreux motifs de juger le moi et ses voies, mais aucun pour douter des résultats triomphants de l’œuvre de Christ. Toute la substance de la bénédiction d’un croyant réside en Christ et dépend de Lui, et dans la mesure où vous mêlez le moi en quelque manière avec Lui, c’est de l’incrédulité. Si je permets au sentiment que Dieu me donne de ma propre méchanceté d’entraver ma paix en Lui, c’est presque aussi mauvais que le rêve vain de ma propre bonté. C’est une erreur de penser que Christ puisse jamais se mélanger au premier Adam. Il faut que la place soit donnée à Christ ou au moi, les deux à la fois ne peuvent jamais être un objet de confiance. Lorsque nous avons trouvé Christ, certains effets sont produits par Lui par le Saint Esprit ; mais ce sont des effets, non pas une cause. L’incrédulité transforme en cause des choses faites par nous, mais ceci est invariablement faux.


7.1.5 - La résurrection proclame la victoire, mais sa manifestation est pour plus tard

Maintenant la résurrection proclame la victoire. Bien que ces femmes fussent là en présence d’anges, elles étaient en réalité en présence d’un plus grand que les anges, qu’elles ne voyaient pas : Jésus ressuscité d’entre les morts. Même les saints sont appelés à une bénédiction plus grande que les anges. Pourquoi devraient-ils être effrayés ? Les saints sont amenés à une proximité de Dieu que les anges n’ont jamais eue ni ne peuvent avoir. Les saints régneront avec Christ, ce qui ne sera jamais le cas des anges. Ainsi, Satan a été totalement défait dans toutes ses pensées et tous ses plans. Si son orgueil a été blessé par le dessein divin d’élever l’homme au-dessus des anges, Dieu, néanmoins, a élevé l’homme (déjà en Christ, bientôt dans Son corps l’Église), non seulement au-dessus des anges, mais si haut que celui qui croit, Il l’unit maintenant avec Christ, le Chef de toutes les principautés et de toutes les puissances. Même le monde verra bientôt les saints glorifiés avec Christ et partageant la même gloire avec Lui. « La gloire que tu m’as donnée, je la leur ai donnée » (Jean 17:22). Le millénium sera la manifestation de tout cela, ce qui rend monstrueusement fausse et défectueuse l’idée qu’une telle ère soit apportée par l’Évangile. Cette idée fait que la gloire de l’épouse consiste en ce qu’elle est et fait en l’absence de l’Époux, au lieu de présenter la gloire de Dieu déployée en Christ, et l’Église glorifiée et régnant avec Lui. Si donc il était pénible et inopportun que ces femmes, héritières d’une telle gloire, soient effrayées en présence d’un ange, souvenons-nous que, bien que converties, elles n’avaient pas encore reçu l’esprit d’adoption ; et quelle puissance peut-il y avoir sans cela ? Il peut y avoir les instincts d’une vie nouvelle, mais ni paix ni énergie spirituelle. « Vous cherchez Jésus le Nazaréen ». Lui savait que leur cœur était droit.


7.1.6 - Ch. 16:7-8 — Égards du Seigneur pour Pierre. Encore connaître le fait de la résurrection sans en connaître la puissance

Il est beau de voir que, si dans Marc la chute de Pierre est donnée plus complètement qu’ailleurs, nous y avons les égards particuliers du Seigneur pour Pierre : « Allez dire à ses disciples et à Pierre qu’Il va devant vous en Galilée ; là, vous Le verrez, comme Il vous l’a dit.

Et elles sortirent, et s’enfuirent du sépulcre ; elles tremblaient et étaient épouvantées ; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur ». Elles ne connaissaient pas encore la puissance de la résurrection : elles connaissaient le fait, mais pas la puissance.


7.2 - Marc 16:9-11

Luc 8:2 ; Jean 20:11-18.


7.2.1 - Ch. 16:9 — Mention particulière de Marie de Magdala et de ses démons chassés

Mais maintenant nous avons la scène vue d’un autre point de vue — celui du service : tout est régi par cette grande vérité. « Or, étant ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Il apparut premièrement à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons ». Il ne s’agit pas seulement du message angélique et des preuves de Sa résurrection, mais c’est Lui-même qui est vu comme ressuscité en premier par Marie de Magdala. Il y a ici une façon de rapprocher les circonstances qui est remarquable. Marie de Magdala avait été mentionnée auparavant ; mais ce n’est qu’ici qu’il est ajouté à son nom : « de laquelle Il avait chassé sept démons ». Ces deux choses (avec l’apparition à Marie) sont mentionnées ensemble. Le Fils de Dieu est venu, comme nous le savons, pour détruire les œuvres du diable : Il a été manifesté dans ce but. La défaite de la puissance de Satan dans le cas de Marie de Magdala, avant même cette apparition, a été d’autant plus confirmée que le vainqueur de Satan, une fois ressuscité, est apparu à elle en premier. Le grand fait est tout ce qui nous est donné ici.


7.2.2 - Marie de Magdala et le Seigneur ressuscité selon l’évangile de Jean

Dans l’Évangile de Jean, on trouve le beau déroulement de la manière dont Il la fait sortir du judaïsme. « Ne me touche pas, Moi » lui dit-Il, « car Je ne suis pas encore monté vers mon Père ». Désormais, c’est de cette manière que les disciples Le connaîtraient — non plus selon la chair (2 Cor. 5:16). « Mais allez vers Mes frères, et dites-leur : Je monte vers Mon Père et votre Père, et vers Mon Dieu et votre Dieu ». Ne Me regardez pas, Moi, maintenant comme un Messie visible destiné à être Roi sur toute la terre. Je vais prendre une autre place dans le ciel, et vous mettre dans Ma relation sur la terre, comme fils de Mon Père et de votre Père, comme rachetés pour Mon Dieu et pour votre Dieu. Il déclare Son nom à Ses frères ; et sur cela, comme base et forme de relation, Il les rassemble ensuite et entonne la louange au milieu de Ses frères. Il vient là et les remplit de joie. « Les disciples se réjouirent donc quand ils virent le Seigneur » (Jean 20:20). Car Christ n’est pas seulement l’objet de la louange, mais le conducteur de la louange. Il communique aux disciples à la fois la substance et le ton de la louange. L’adoration chrétienne est en vérité Son adoration transférée à nous, et ainsi poursuivie alors que nous adorons Son Père et notre Père, Son Dieu et notre Dieu, en esprit et en vérité. Mais ce sujet est plutôt celui de Jean.


7.2.3 - Ch. 16:10-11 — Voir, ou savoir, sans avoir de foi

Ici, il est simplement dit : « Elle alla l’annoncer à ceux qui avaient été avec Lui, tandis qu’ils étaient dans le deuil et pleuraient. Et eux, apprenant qu’il était vivant, et qu’elle l’avait vu, ne crurent pas » (16:10-11). Il est très remarquable de constater la simplicité avec laquelle les évangélistes relatent les preuves de l’incrédulité des disciples : ils ne cherchent pas à les escamoter. Matthieu, Marc, Luc, Jean, tous le disent sans ambages. Ils ne connaissaient pas les Écritures, dit Jean, selon lesquelles Il devait ressusciter d’entre les morts. Ils voyaient le fait, mais n’avaient pas saisi le lien avec les plans de Dieu réitérés. Ils y croyaient en raison des preuves qu’ils avaient sous les yeux, mais ils n’y entraient pas par la foi, comme ils allaient bientôt le faire.


7.3 - Marc 16:12-13 — Disciples d’Emmaüs

Luc 24:12-35.


« Après cela, Il apparut sous une autre forme à deux d’entre eux en chemin, allant aux champs. Et ils allèrent porter la nouvelle aux autres ; mais ils ne les crurent pas ». Il s’agit des disciples allant à Emmaüs ; c’est Luc qui en donne le récit de manière complète et caractéristique.


7.4 - Marc 16:14-18

Luc 24, 36-49 ; Jean 20, 19-29.


7.4.1 - Ch. 16:14-15 — L’incrédulité qui prépare à prêcher à d’autres

« Plus tard, Il apparut aux onze, comme ils étaient à table, et leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui L’avaient vu ressuscité » (16:14). Dans leur cas, il est évident que la dureté de cœur est mise à leur charge, comme la racine de leur rejet du témoignage concernant Jésus. C’est pourtant à eux que le Seigneur dit juste après (l’évangéliste omettant d’autres sujets qui pourraient distraire) : « Allez dans le monde entier, et prêchez l’Évangile à toute la création » (16:15). Quel merveilleux processus pour préparer ces hommes à prêcher aux autres ! Il fallait être réduit à néant à leurs propres yeux. La repentance va toujours de pair avec la foi et l’humiliation ; la découverte de ce que nous sommes, spécialement à l’égard de Dieu et de Sa parole, est la manière dont Dieu nous rend utiles aux autres. Le sentiment de notre propre incrédulité passée est utilisé par Dieu lorsqu’Il nous envoie au dehors appeler d’autres à croire ; nous pouvons comprendre leur incrédulité et compatir à leur situation, ayant été nous-mêmes si incrédules. Ce n’est pas la manière de l’homme dans ce qu’il appelle le ministère, mais c’est celle de Dieu. « Allez dans le monde entier, et prêchez l’Évangile à toute la création » (16:15). Après ce que vous avez prouvé de vous-mêmes, ayez confiance en Dieu — non pas en l’homme, mais en ce Dieu qui a été si patient avec vous, et vous a envoyé témoignage après témoignage, jusqu’à ce que vous soyez obligés de venir. Ce même Dieu daigne vous utiliser dans Son œuvre en faveur d’autres personnes, et comme vous avez éprouvé combien Dieu a été persévérant dans Sa bonté envers vous dans votre incrédulité, ainsi, vous, continuez patiemment dans Son service.


7.4.2 - Ch. 16:16 — Place du baptême

« Allez dans le monde entier, et prêchez l’Évangile à toute la création. Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé, et celui qui n’aura pas cru sera condamné » (16:15,16). Il ne suffit pas pour vous et pour la gloire du Christ que vous croyiez : « celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé » (16:16a). Le baptême a cette importance — non pas, bien sûr, de sauver l’homme devant Dieu, car le point essentiel à cet égard est de croire ce qui est invisible aux hommes, mais le baptême est un signe et un témoignage ouvert de cela devant les hommes. Ainsi, un homme tient à ce qu’il croit, et le confesse publiquement. Il ne dit pas : « Mon cœur croit en Christ, mais il n’est pas nécessaire que j’en dise quoi que ce soit ». Le baptême est le témoignage premier que l’on croit en Christ. Il est fondé sur Sa mort et Sa résurrection. « Nous tous qui avons été baptisés pour le Christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort. Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme Christ a été ressuscité d’antre les morts par la gloire du Père, ainsi nous marchions nous aussi en nouveauté de vie » (Rom. 6:3 et suiv.). Non pas comme le premier Adam, qui ne s’est pas fié à Dieu, mais a péché et est devenu un homme mort, mais comme Christ a été obéissant jusqu’à la mort et nous a apporté la vie éternelle par Sa propre mort. Le baptême le reconnaît et revient à dire : « Je renonce à tout ce que je suis, et à toute espérance de la part de l’homme ; je sais que le premier Adam, et moi-même en tant que son enfant, sommes morts : toute mon espérance est dans le dernier Adam ». Quand un homme est vraiment amené à ce point, il est un vrai croyant, et le baptême manifeste extérieurement la vérité de Christ. Le baptême a donc une valeur décisive en tant que témoignage devant Dieu et les hommes. Il n’est donc pas étonnant que Pierre dise que « le baptême [tout en évitant soigneusement de suggérer dans la même phrase qu’il ait une efficacité automatique, ex opere operato] nous sauve aussi maintenant » (1 Pierre 3:21). Si un homme refusait d’être baptisé par crainte de la honte, il ne pourrait pas du tout être reconnu comme un chrétien. Paul, en écrivant aux Gentils, montre que la grande chose est ce qui a eu lieu en Christ. Pierre insiste sur le baptême, bien qu’il les garde expressément de trop penser à l’acte extérieur ; mais le point essentiel est l’exigence d’une bonne conscience envers Dieu par la résurrection de Christ.


7.4.3 - Ch. 16:16b — … sera condamné

C’est pourquoi il est dit ici : « Celui qui ne croit pas sera condamné ». L’incrédulité était le mal fatal à redouter par-dessus tout. Qu’un homme soit baptisé ou non, s’il n’a pas cru, il doit être condamné. Il ne pouvait y avoir de promesse de salut, en dépit du baptême, s’il ne croyait pas. Ainsi, le baptême est simplement la conséquence de ce qu’on a cru ; lorsque nous entendons parler de condamnation, c’est sur la base de ce qu’on n’a pas cru. Hélas, des millions de personnes qui ont été baptisées seront condamnées, et cela est bien pire du fait qu’elles ne croient pas.


7.4.4 - Ch. 16:17-18 — Les signes qui accompagneront ceux qui auront cru

« Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque chose de mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains aux infirmes, et ils se rétabliront » (16:17-18). Il n’y a pas un mot ici quant au temps. Il ne s’agit pas de tous ceux qui croient, mais de « ceux qui ont cru » ; et en outre, il n’est pas dit de ceux qui croient jusqu’à la fin de l’ère. Rien de la sorte n’est suggéré. Au contraire, lorsque, dans Matthieu, le Seigneur leur commande de faire disciples toutes les nations, de les baptiser et de les enseigner, Il leur donne l’assurance de Sa présence avec eux jusqu’à la fin de l’ère (la consommation du siècle). Le Seigneur demeure avec les disciples jusqu’à ce que l’ère soit achevée — tout cela est implicite dans « Voici, je suis avec vous tous les jours » (Matt. 28:20). Mais il en est autrement avec ces signes de Marc. La parole de Notre Seigneur a été pleinement accomplie à la lettre à l’époque particulière où ces signes ont été donnés, mais il n’y avait pas de lien de perpétuité. De cette manière, le contraste avec Matthieu est frappant, et la bouche de l’objecteur ou du trompeur est fermée.

« En mon nom, ils chasseront les démons ». Il commence par la puissance sur Satan. Ils devaient aller de l’avant dans la puissance de Sa résurrection. Bien qu’Il s’en allât, loin que cela fasse perdre de la puissance, ils allaient plutôt en gagner. « Celui qui croit en moi… fera des œuvres plus grandes que celles-ci, parce que je vais vers mon Père » (Jean 14:12). La notion que les Juifs avaient, était que toutes les grandes œuvres seraient accomplies quand le Messie serait sur la terre. Il n’en était pas ainsi. En Son nom, pendant Son absence, Ses serviteurs chasseraient les démons, etc.

« Ils parleront de nouvelles langues ». Quel merveilleux témoignage de la grâce de Dieu envers tous les hommes ! Ils allaient parler maintenant de Ses œuvres merveilleuses (Actes 2) dans les langues par lesquelles Dieu avait mis la confusion parmi les hommes à la tour de Babel. Cela s’est accompli, d’abord au jour de la Pentecôte pour les Juifs, puis pour les Gentils en temps voulu.

« Ils prendront des serpents » — le symbole extérieur de la puissance de Satan dans ce monde — ce que les hommes détestent instinctivement depuis la chute, à moins qu’ils ne soient dégradés au point de l’adorer.

« Et s’ils boivent quelque chose de mortel, cela ne leur nuira pas ». La puissance de la nature, des choses inanimées comme animées, ne pouvait prévaloir contre eux ; mais, au contraire, « ils imposeront les mains aux infirmes, et ils se rétabliront. » La puissance bénéfique du bien en Son nom vainc le mal et le bannit.


7.5 - Marc 16:19-20 — Le Seigneur continuant à servir

Luc 24, 50-53.


« Le Seigneur donc, après leur avoir parlé, fut élevé au ciel, et s’assit à la droite de Dieu ». L’œuvre était achevée : Il s’assied. Sa grande œuvre terrestre étant terminée, Il était le grand Serviteur qui pouvait dire : « J’ai achevé l’œuvre que Tu m’as donnée à faire » (Jean 17:4). Il s’est donc assis à la droite de Dieu, le lieu du pouvoir.

« Et eux, étant partis, prêchèrent partout ». Le Seigneur est-il donc inactif ? Non, « le Seigneur coopérant avec eux ». Ceci est vrai depuis le premier verset de Marc jusqu’au dernier. Jésus est Celui qui fait toutes choses bien, travaillant pour les hommes dans Sa vie, ou plutôt travaillant pour les pécheurs ; souffrant pour les péchés dans la mort ; travaillant même maintenant avec Ses serviteurs, après être monté au ciel. Il est le serviteur de Dieu tout au long de notre Évangile. Même assis à la droite de Dieu, Il est le Serviteur, mais « le Seigneur coopérant avec eux et confirmant la parole par les signes qui l’accompagnaient ».