Leçons sur le Pentateuque — Genèse

Kelly William (les ajouts bibliquest sont entre crochets)


Lectures on the Pentateuch
https://www.stempublishing.com/authors/kelly/1Oldtest/genesis.html


Table des matières abrégée : (Table détaillée plus loin)

1 - [Genèse 1-11]

2 - [Genèse 2]

3 - [Genèse 3]

4 - [Genèse 4]

5 - [Genèse 5]

6 - [Genèse 6]

7 - [Genèse 7]

8 - [Genèse 8]

9 - [Genèse 9]

10 - [Genèse 10]

11 - [Genèse 11]

12 - [Sommaire des ch. 1 à 11]

13 - Genèse 12


Table des matières détaillée :

1 - [Genèse 1-11]

1.1 - [Genèse 1:1]

1.2 - [Genèse 1:2]

1.3 - [Genèse 1:3-31]

1.4 - [Genèse 1:6-13]

1.5 - [Genèse 1:14-27]

1.6 - [Genèse 1:26]

2 - [Genèse 2]

2.1 - [Genèse 2:1-3]

2.2 - [Genèse 2:4-25]

2.2.1 - [Les noms de Dieu ou titres divins]

2.2.2 - [Cohérence, exactitude et perfection de l’Écriture, notamment du ch. 2]

2.2.3 - [Genèse 2:4-6]

2.2.4 - [Genèse 2:7 — Une âme vivante]

2.2.5 - [Genèse 2:8-9 et 2:16-17]

2.2.6 - [Genèse 2:10-14]

2.2.7 - [Genèse 2:15-17]

2.2.8 - [Genèse 2:19-20]

2.2.9 - [Genèse 2:18 et 2:21-25]

3 - [Genèse 3]

3.1 - [Genèse 3:1]

3.2 - [Genèse 3:2-6]

3.3 - [Genèse 3:7-15]

3.4 - [Genèse 3:15]

3.5 - [Genèse 3:15-19]

3.6 - [Genèse 3:20-24]

4 - [Genèse 4]

4.1 - [Genèse 4:1-4]

4.2 - [Genèse 4:5-7]

4.3 - [Genèse 4:7]

4.4 - [Genèse 4:8-24]

4.5 - [Genèse 4:25-26]

5 - [Genèse 5]

5.1 - [Genèse 5:1-5]

5.2 - [Genèse 5:6-32]

6 - [Genèse 6]

6.1 - [Genèse 6:1-2]

6.2 - [Genèse 6:3-10]

6.3 - [Genèse 6:11-22]

7 - [Genèse 7]

7.1 - [Genèse 7:1-5]

7.2 - [Genèse 7:6-16]

8 - [Genèse 8]

8.1 - [Genèse 8:1-19]

8.2 - [Genèse 8:20]

8.2.1 - [Grâce de Dieu qui donne une promesse en pleine connaissance du mal de l’homme]

8.2.2 - [Dieu agit maintenant sur la base du fait qu’il y a le péché universel]

8.2.3 - [Le fondement de l’action de Dieu sera-t-il toujours le même ?]

8.2.4 - [Intervention de Christ et triomphe de la grâce]

8.2.5 - [Les dispensations dans le vrai sens du terme ne commencent qu’après le déluge]

9 - [Genèse 9]

9.1 - [Genèse 9:1-11]

9.2 - [Genèse 9:12-17]

9.3 - [Genèse 9:18-29]

10 - [Genèse 10]

11 - [Genèse 11]

12 - [Sommaire des ch. 1 à 11]

13 - Genèse 12

13.1 - [Ce que le ch. 12 introduit de nouveau]

13.2 - [Genèse 12:1-7a]

13.3 - [Genèse 12:7b]

13.4 - [Genèse 12:8]

13.5 - [Genèse 12:9-20]


1 - [Genèse 1-11]

La révélation divine a une caractéristique sur laquelle il est profitable d’insister comme point de départ. Nous avons affaire à des faits. Seule la Bible est une révélation de faits ; et en rapport avec le Nouveau Testament, non pas l’Ancien, c’est la révélation d’une personne. C’est d’une immense importance. Ce n’est pas le cas de toutes les prétendues révélations. Elles vous donnent des notions, des idées ; elles ne peuvent rien offrir de mieux et bien souvent rien de pire. Elles ne peuvent produire des faits, car elles n’en ont pas. Elles peuvent se permettre des spéculations de pensées, ou des visions de l’imagination – des substituts à ce qui est réel, et un mensonge de l’ennemi. Dieu, et Dieu seul, peut communiquer la vérité, Ainsi, la moitié (en gros) que ce soit de l’Ancien ou du Nouveau Testament consiste en de l’histoire. Sans doute on y trouve de l’enseignement de l’Esprit de Dieu fondé sur les faits de la révélation. C’est dans le Nouveau Testament que ces développements ont le caractère le plus profond, mais partout ils sont divins ; aussi bien dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament, la Parole écrite a un caractère absolument divin. Mais il est bon de noter que nous avons ainsi une base grandiose de choses telles qu’elles sont véritablement : une communication divine nous est donnée de faits d’une importance suprême, et en même temps, du plus profond intérêt pour les enfants de Dieu. En ceci également, la propre gloire de Dieu est placée devant nous, d’autant plus que cela est fait sans le moindre effort. Le simple rapport de faits est ce qui est digne de Dieu.


1.1 - [Genèse 1:1]

Par exemple, considérez la manière dont débute le livre de la Genèse. Si un homme l’avait écrit, s’il avait tenté de donner ce qui aurait prétendu être une révélation, on ne serait pas étonné de trouver une fanfare de trompettes, une préface pompeuse, quelque méthode élaborée pour exposer qui est Dieu, et ce qu’Il est ; il y aurait eu une tentative de s’imaginer Son image en partant de la pensée de l’homme, ou des raisonnements subtils sous forme d’a priori pour justifier tout ce qui suivrait. La façon la plus élevée, la plus sainte et la seule acceptable, une fois qu’elle nous est présentée, c’est évidemment ce que Dieu Lui-même a employé dans Sa parole : « Au commencement Dieu créa les cieux et la terre ». Non seulement cette méthode est la plus digne, mais la vérité par laquelle le livre débute en est une que personne n’a véritablement découverte avant qu’elle ne soit révélée. Vous ne pouvez pas, en règle générale, anticiper les faits ; vous ne pouvez pas discerner la vérité avant qu’elle ne se présente. Vous pouvez former des opinions ; mais pour avoir la vérité, notamment sur des faits tels que l’histoire du monde avant que l’homme n’y existe (des faits pour lesquels il ne peut y avoir de témoignage de la créature sur terre), nous avons besoin de la Parole de Celui qui a tout connu et tout opéré dès le début. Or Dieu communique d’une manière qui touche tout de suite le cœur, l’esprit et la conscience. L’homme sent que c’est exactement ce qui convient à Dieu.

Ainsi, Dieu établit ici la grande vérité de la création ; car hormis la rédemption, quoi de plus important, à l’exception de la manifestation de la personne du Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu ? La création et la rédemption rendent témoignage de Sa gloire, plutôt que de communiquer quelque chose de Sa dignité. Mais hormis la personne et l’œuvre de Christ, rien n’est plus caractéristique de Dieu que la création. Et ici, la manière dont la création est présentée nous démontre une incroyable grandeur ! d’autant plus à cause de la simplicité discrète du style et des paroles. Combien cela est convenable au vrai Dieu qui connaissait parfaitement la vérité et voulait la faire connaître à l’homme !

« Au commencement Dieu créa ». Au commencement, la matière ne co-existait pas avec Dieu. Je mets solennellement chacun en garde contre une notion qu’on trouve aussi bien dans les temps anciens ainsi que maintenant, à savoir qu’il y avait au commencement une quantité de ce qu’on pourrait appeler de la matière brute, que Dieu a pu utiliser. Une autre notion encore plus générale, — et un peu moins grossière, quoique certainement moins sérieuse dans ce qu’elle implique, — est que Dieu a créé au commencement la matière selon le v. 2, dans un état de confusion ou de « chaos » comme on dit. Mais ce n’est pas le sens des v. 1 et 2. Je n’ai aucune hésitation à dire que c’est une interprétation erronée, même si elle est dominante. Cette manière de faire n’est pas en accord avec la nature révélée de Dieu. Où peut-on trouver quelque chose de semblable dans toutes les voies connues de Dieu ? Que la matière ait existé à l’état brut ou que Dieu l’ait créée dans le chaos, cela n’a, je crois, pas le moindre fondement dans la Parole de Dieu. Ce que l’Écriture donne ici ou ailleurs me semble en total désaccord avec une telle pensée. Les déclarations de l’introduction de la Genèse sont tout à fait en accord avec la gloire de Dieu Lui-même et avec Son caractère ; plus que cela, elles sont en parfaite cohérence avec elles-mêmes. Du début à la fin de l’Écriture, il n’y a aucune déclaration, pour autant que je sache, qui modifie ou ôte la moindre force aux paroles par lesquelles la Bible débute : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre ».


1.2 - [Genèse 1:2]

Certaines personnes voient une difficulté (je le mentionne juste en passant) avec la conjonction « Et » au début du v. 2. Ils ont pensé que lier le v. 2 au v. 1 suggérait la notion que, lorsque Dieu créa la terre, elle était dans l’état décrit au v. 2. Non seulement il n’est pas trop fort de nier qu’une telle déduction ait la moindre base, mais on peut aller plus loin en affirmant au contraire que la manière la plus simple et la plus certaine de se garder contre cette erreur, conformément au style de l’écrivain et à la convenance du langage, c’était justement d’insérer le mot « et ». En bref, si le mot « et » n’avait pas été là, on aurait pu supposer que l’écrivain voulait nous faire conclure que l’état original de la terre était la masse confuse et informe que le v. 2 décrit avec une concision tout à fait explicite. Mais en fait, l’Écriture ne veut rien dire de la sorte. En premier nous avons la grande déclaration qu’au début Dieu créa les cieux et la terre. Ensuite vient le fait, qui s’y rattache, d’une désolation complète qui n’affectait pas les cieux, mais seulement la terre. Le temps utilisé pour le verbe indique sans aucun doute une condition passée comparé à ce qui suit, mais il n’est pas dit expressément que c’est un événement contemporain de ce qui précède, ce qui aurait été impliqué si le « et » n’avait pas été là ; il n’est pas précisé quel intervalle il y a entre les deux, ni la raison d’une telle désolation. Car Dieu passe rapidement sur la phase initiale de l’histoire du globe ; on pourrait presque dire qu’Il se hâtait d’en venir à l’état de la terre dans lequel elle allait devenir l’habitation de l’humanité, et où aussi Dieu allait dévoiler Ses actions dans le domaine moral, et finalement manifester Son propre Fils, avec les conséquences bénies de cet événement prodigieux, que ce soit dans le rejet ou dans la rédemption.

Si la conjonction « et » n’avait pas été là entre les v. 1 et 2, le v. 1 aurait pu être considéré comme un résumé du chapitre. Son insertion empêche cette pensée, et pour parler franchement, condamne ceux qui la comprennent ainsi soit par ignorance soit par inattention. Non seulement l’idiome hébreu l’empêche, mais également le nôtre et, sans aucun doute, toute autre langue. Le v. 1 n’est pas un résumé. Lorsqu’une affirmation sommaire de ce qui suit est prévue, on ne met jamais le « et ». Si vous voulez, vous pouvez le vérifier dans diverses occasions où l’Écriture nous donne des exemples de résumé, comme au début de Genèse 5 : « C’est ici le livre des générations d’Adam ». Il est clair que là, il s’agit d’un résumé ; mais il n’y a pas de conjonction entre la déclaration du v. 1 et ce qui suit : « C’est ici le livre des générations d’Adam. Au jour où Dieu créa Adam ». Il n’est pas dit « Et au jour ». La conjonction aurait ôté rendu impropre et impossible la présentation d’une introduction générale. Un résumé donne en quelques mots ce qui est détaillé ensuite ; tandis que la conjonction « et » introduite au v. 2 exclut nécessairement ici toute notion de résumé. C’est une autre déclaration ajoutée à ce qui précède, et sans relation de temps, selon l’idiome hébreu.

Au début de tout, il y avait la création de Dieu, à la fois celle des cieux et celle de la terre. Ensuite, le fait établissant l’état dans lequel la terre était plongé ou auquel elle avait été réduite. Pourquoi et comment il en était ainsi, Dieu ne l’a pas expliqué ici. Ce n’était ni nécessaire ni sage de le révéler par Moïse. Si l’homme peut découvrir de tels faits par d’autres moyens, soit. Ils sont loin d’être dénués d’intérêt, mais les hommes sont enclins à être hâtifs et myopes. Je ne conseille à personne de s’embarquer avec trop d’assurance dans de telles études. Ceux qui s’y livrent feraient mieux d’être prudents et de bien peser les faits allégués, et par-dessus tout leurs propres conclusions et celles d’autrui. La perfection de l’Écriture est, je le dis hardiment, incontestable. La vérité affirmée par Moïse demeure dans toute sa majesté et sa simplicité.

Au commencement, Dieu créa toute chose, les cieux et la terre. La terre est ensuite décrite comme étant vide et désolée, et (non pas à la suite, mais en même temps) des ténèbres couvraient la face de l’abîme, tandis qu’au même moment l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux. Tout ceci sont des éléments complémentaires. La véritable et seule force de la conjonction « et » est un autre fait ; elle n’implique absolument pas que les v. 1 et 2 parlent d’une même période, ni que ces versets décident de la longueur de l’intervalle. La phraséologie employée s’accorde parfaitement et confirme l’analogie de la révélation, selon laquelle le v. 1 parle d’une condition originelle que Dieu s’est plu à amener à l’existence ; le v. 2 d’une désolation introduite par la suite ; mais combien de temps la condition originelle a duré, quels changements ont pu intervenir, quand ou par quels moyens la ruine est arrivée, — tout cela n’est pas l’objet du récit inspiré, mais est ouvert aux méthodes et moyens de recherche humaine, si tant est que l’homme ait assez de faits sur lesquels fonder une conclusion certaine. Il est faux d’affirmer que l’Écriture ne laisse pas de place à l’investigation.

À la fin du v. 2, nous avons vu l’introduction de l’Esprit de Dieu. « L’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux ». Il apparaît de manière tout à fait cohérente et appropriée lorsque la terre de l’homme est sur le point de nous être présentée. Dans la description précédente, qui n’avais rien à voir avec l’homme, le texte était silencieux au sujet de l’Esprit de Dieu ; mais comme en Proverbes 8 on voit la sagesse divine se réjouir dans les parties habitables de la terre, de même l’Esprit de Dieu nous est toujours présenté comme l’agent immédiat de la Déité chaque fois que l’homme doit être introduit. C’est pourquoi pour terminer l’état de choses antérieur où il n’y avait pas l’homme, et pour préparer la voie pour la terre adamique, on voit l’Esprit de Dieu en train de planer sur la surface des eaux.


1.3 - [Genèse 1:3-31]

Nous arrivons maintenant à la première mention de soirs et de matins et de jours. À ceux qui n’ont pas dûment considéré la question, laissez-moi vous demander particulièrement de bien peser la Parole de Dieu. Les v. 1 et 2 [ne] font [pas] allusion à ces mesures bien connues du temps. Ils laissent par conséquent place à un ou plusieurs états de la terre bien avant l’homme ou avant le temps tel que l’homme le mesure. Je ne vois aucune raison d’interpréter les jours qui suivent autrement que de la manière la plus simple et naturelle. Sans aucun doute, on peut utiliser, comme c’est souvent le cas, le terme « jour » au sens figuré. Il n’y a aucune raison solide, cependant, pour laquelle cela devrait être le cas ici. Il n’y en a pas la moindre nécessité. Le sens strict du terme est, à mon avis, ce qui est le plus approprié pour introduire la révélation de Dieu. Je peux comprendre, quand tout est clair, qu’un mot soit utilisé au sens figuré, mais rien ne serait plus susceptible d’ouvrir la porte à des difficultés sur le sujet que d’utiliser tout d’un coup des métaphores là où partout ailleurs on utilise la forme la plus simple.

Nous pouvons voir alors combien la présentation est appropriée : l’homme est sur le point d’être introduit sur la terre pour la première fois + l’état précédent n’avait rien à voir avec sa présence ici-bas et était tout à fait inapte à ce que l’homme y demeure, outre le fait qu’il n’était pas encore créé + les jours ne devaient apparaître que lorsqu’il s’agissait de faire les cieux et la terre tels qu’ils sont. Si l’on fouille l’Écriture, on verra que le sujet est traité avec une réserve toute particulière. Si le Saint Esprit fait référence au ciel et à la terre faits en six jours (Exode 20:11), Il évite toujours l’expression « création ». Dieu a fait les cieux et la terre en six jours : il n’est jamais dit qu’Il a créé les cieux et la terre en six jours. Lorsqu’on ne parle pas de ces jours, les termes de création, faire et former peuvent être librement utilisées, comme en Ésaïe 45:18. La raison en est claire quand on lit Genèse 1. Au commencement, Il a créé les cieux et la terre. Ensuite, un autre état de choses est mentionné au v. 2, non pas pour les cieux, mais pour la terre. « La terre était désolation et vide ». Les cieux n’étaient pas dans un tel état de chaos, seule la terre l’était. Quant à savoir comment, quand et pourquoi c’était ainsi, le silence est gardé. D’autres ont parlé, imprudemment et à tort. La sagesse du silence de l’écrivain inspiré sera évidente pour un esprit spirituel, d’autant plus qu’il y réfléchit davantage. Je ne m’attarderai pas sur les six jours qui suivent : le sujet a été discuté par plusieurs d’entre nous il n’y a pas longtemps.

Au premier jour, nous avons la lumière, et il est tout à fait remarquable (je le dis juste en passant) que l’historien inspiré en ait parlé. Personne ne l’aurait fait si naturellement. Si Moïse s’était simplement forgé une opinion probable comme le font les hommes en général, il est clair, que personne n’aurait introduit la mention de la lumière, en dehors de et avant toute considération sur les corps célestes. Si l’homme avait simplement poursuivi le fonctionnement de sa propre pensée, de son observation et de son expérience, il aurait certainement commencé par introduire le soleil, la lune et les étoiles. L’Esprit de Dieu a agi tout autrement. Lui, connaissant la vérité, pouvait se permettre de la dire telle qu’elle est, laissant les hommes découvrir ultérieurement la certitude de tout ce qu’Il a dit, et les laissant, hélas, à leur incrédulité s’ils choisissent, entre-temps, de mépriser et de résister à la Parole de Dieu. Nous pourrions parcourir avec intérêt le récit des différents jours et marquer la sagesse de Dieu en chacun, mais je m’abstiens de m’attarder sur ces détails maintenant. Je ne dirai qu’un mot ici et là sur la bonté de Dieu qu’on voit partout.

Tout d’abord, au v. 3, la lumière est appelée à l’existence ou à l’action. Ensuite, on compte les jours depuis le soir jusqu’au matin — une déclaration de grande importance pour le reste de l’Écriture, jamais oubliée par l’Esprit de Dieu, mais presque invariablement ignorée par les auteurs modernes ; l’oublier est une grande source de difficultés qui ont encombré les correspondances entre Évangiles. Il peut être bon d’y jeter un coup d’œil juste pour montrer l’importance de tenir compte de la parole de Dieu, et de toute Sa parole. On a là la raison pour laquelle des personnes ont connu de l’embarras, par exemple dans la célébration de la Pâque par notre Seigneur par rapport aux Juifs, et dans la crucifixion ; ils ont oublié que le soir et le matin étaient comptés comme premier jour, puis ensuite le second jour. Même les érudits introduisent leurs notions occidentales habituelles de compter le jour du matin jusqu’au soir. Il en va de même avec le récit de la résurrection. La difficulté ne surgirait pas s’ils avaient vu et s’étaient rappelé ce qui est énoncé dans le tout premier chapitre de la Genèse, et dont l’habitude s’est ensuite gravée de manière indélébile sur les Juifs.

Nous trouvons donc que la lumière est appelée à l’existence – une expression remarquable et, soyons-en assuré, profondément vraie. Mais quel homme l’aurait pensé ou dit s’il n’avait pas été inspiré ? Car c’est bien plus exact que toute expression inventée par le plus scientifique des hommes ; pourtant, cette déclaration n’est pas de la science. C’est la beauté et la valeur de l’Écriture d’être autant au-dessus de la science de l’homme qu’au-dessus de son ignorance. C’est la vérité, sous une forme et une profondeur telles que l’homme lui-même n’aurait pas pu s’en rendre compte. Étant la vérité, tout ce que l’homme découvre de vrai ne sera jamais en conflit avec elle.


1.4 - [Genèse 1:6-13]

Au premier jour, la lumière fut. Ensuite, un firmament (ou étendue) apparait au milieu des eaux pour séparer les eaux d’avec les eaux. Troisièmement, la terre sèche apparaît, et la terre produisit de l’herbe, des plantes et des arbres fruitiers. Voilà ce que Dieu dispose, non pas simplement pour les besoins de l’homme, mais pour Sa propre gloire ; et ceci dans les plus petites choses comme dans les plus grandes.


1.5 - [Genèse 1:14-27]

Au quatrième jour, nous entendons parler de luminaires dans le firmament (1:14 ; étendue). Le plus grand soin se manifeste dans la déclaration. Il n’est pas dit qu’ils ont été créés à ce moment-là ; mais Dieu fit deux grands luminaires (il ne s’agit pas de leur masse, mais de leur capacité en tant que porteurs de lumière) pour la terre Adamique, et aussi les étoiles. Puis nous trouvons que les eaux sont amenées à foisonner « d’êtres vivants » (1:20). La vie végétale existait auparavant, maintenant vient la vie animale – une vérité de poids, et aussi de grande importance. La vie n’est pas la matière à partir de laquelle les animaux ont été formés, et il n’est pas vrai que la matière produit la vie. Dieu produit la vie, que ce soit pour les poissons qui peuplent la mer, les oiseaux du ciel, les bêtes, le bétail ou les reptiles sur la terre ferme. C’est Dieu qui fait tout, que ce soit pour la terre, l’air ou les eaux. Et ici, au v. 21, de manière appropriée, nous trouvons le terme « créa », dans un sens secondaire du mot ; nous le retrouverons aussi lorsqu’une action nouvelle nous sera présentée en conférant, non pas une vie animale, mais une âme rationnelle (1:27). Car au sixième jour, nous avons la création inférieure de la terre, et finalement l’homme lui-même est le couronnement de tout.


1.6 - [Genèse 1:26]

Mais voici une différence frappante. Dieu parle avec la pertinence particulière qui convient à la nouvelle circonstance, et contrairement à ce que nous avons vu ailleurs. « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance ». C’est l’homme comme chef de la création. Ce n’est pas l’homme placé dans ses relations morales, mais l’homme à la tête de ce royaume de la création, comme on dit ; mais toujours avec une dignité remarquable : « Faisons l’homme à notre image ». Il devait représenter Dieu ici-bas, et de plus, il devait être comme Dieu. Il devait avoir un esprit, et un esprit capable de connaître Dieu en l’absence de tout mal. Telle était la condition dans laquelle l’homme fut formé. « Dominez sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur tout être vivant qui se meut sur la terre ». Dieu créa l’homme à son image ; à l’image de Dieu, Il le créa.


2 - [Genèse 2]

2.1 - [Genèse 2:1-3]

En conclusion de ce qui précède, le jour du sabbat, que Dieu (*) a sanctifié, clôt la grande semaine où Dieu a formé la terre pour l’homme, son maître.


(*) Lire ici Jéhovah (= l’Éternel) plutôt que Elohim (= Dieu) aurait gâché la beauté du récit divin. Il n’y a aucun doute que, par la suite, Dieu, en tant que l’Éternel d’Israël, imposa à Son peuple le mémorial du sabbat chaque septième jour de la semaine. Néanmoins, il était important de montrer son fondement dans les faits de la création, en dehors de toute relation spéciale, et cela rendait l’usage du mot Elohim particulièrement approprié à cet endroit.


2.2 - [Genèse 2:4-25]

À partir de Gen. 2:4, le sujet est rapporté sous un autre point de vue. Ce n’est pas une répétition du récit de la création, mais ce qu’il était encore plus nécessaire de nous présenter : la place de relation dans laquelle Dieu a formé cette création, — non pas un isolement d’ensemble, mais par-dessus tout une place qui se réfère à Lui. Voilà pourquoi nous trouvons ici la première mention d’Eden. Nous ne pouvions rien connaître du paradis au ch. 1. La raison est évidente. Eden devait être la scène de mise à l’épreuve morale de l’homme.

À partir du v. 4 (ch. 2), nous trouvons un nouveau titre de Dieu. Jusqu’à la fin du v. 3, il était toujours question de Dieu (Elohim) en tant que tel. C’était le nom de la nature divine, comme telle, en contraste avec l’homme ou la créature ; ce n’est pas la manière particulière avec laquelle Dieu se révèle à un moment donné, ou avec laquelle Il agit dans des voies exceptionnelles, mais c’est le nom général de Dieu, le nom qu’on peut dire historique, « Dieu » comme tel.

Pour cette raison entre autres, il est manifeste que le ch. 2 de la Genèse aurait dû commencer avec le v. 4 de notre Bible. Dieu y est constamment présenté comme l’Éternel-Dieu (Jehovah-Elohim), jusqu’à la fin du chapitre.


2.2.1 - [Les noms de Dieu ou titres divins]

Qu’il me soit permis ici de dire un mot sur un sujet qui a suscité d’énormes discussions, mais qui trahit, je regrette de le dire, une incrédulité évidente. Des esprits spéculatifs ont imaginé qu’au vu des différents noms de Dieu, ce livre devait être fait de différents documents combinés. Or, il n’y a vraiment aucune base pour une telle hypothèse. Au contraire, en supposant que le livre de la Genèse n’ait eu qu’un seul écrivain, comme j’en suis persuadé, il n’aurait pas porté le sceau d’une communication divine s’il avait utilisé le nom d’Éternel-Dieu (Jehovah-Elohim) au ch. 1 jusqu’au ch. 2 v. 3, ou le seul nom de Dieu (« Elohim ») dans les v. 4-25 du ch. 2. Le changement de désignation découle de vérités distinctes, non pas de fabulistes différents avec un triste compilateur incapable de les comprendre. Quand on accepte le tout comme un écrit inspiré, je soutiens que le même écrivain se devait d’utiliser cette manière spéciale de parler de Dieu dans Gen. 1 d’une part et dans Gen. 2 d’autre part, et que la notion de l’existence de deux ou trois écrivains n’est qu’un manque d’intelligence réelle de l’Écriture. S’agissant du même écrivain, et d’un écrivain inspiré, il était convenable au plus haut degré d’utiliser le simple terme « Elohim » dans le chapitre 1 jusqu’à 2:3, puis le terme composé « Jehovah-Elohim » (Éternel-Dieu) à partir du v. 4 et tout du long du ch. 2 de la Genèse. Un simple historien comme Josèphe autrefois, ou comme Ewald plus récemment, aurait pu utiliser l’un ou l’autre sans perte notable pour ses lecteurs à travers les deux chapitres. Un auteur inspiré ne pouvait pas s’exprimer différemment de Moïse sans nuire à la beauté et à l’exactitude parfaites de la vérité (*). Le livre de la Genèse, dans chacun de ses différents sujets, est écrit selon la manière la plus parfaite qui imprègne l’Écriture, et que Dieu seul est capable de produire par Ses instruments choisis ; c’est pourquoi je suis convaincu que si simplement Elohim (Dieu) avait été utilisé dans Genèse 2, et que « Jéhovah-Elohim » (l’Éternel-Dieu) avait été utilisé dans Genèse 1, ces noms auraient été complètement hors de leur place respective. Tels qu’ils sont actuellement, ils sont en parfaite harmonie. Le premier (Elohim, Dieu) ne parle pas de relations spéciales, ne traite d’aucune relation particulière de Dieu avec la créature. C’est le Créateur à l’origine de ce qui est autour de nous ; en conséquence, c’est Dieu, Elohim, qui pouvait seul être utilisé en 2:1-3 ; et le sabbat y est présenté comme le complément nécessaire de la semaine, continuant ainsi les six jours précédents, et n’est pas en relation avec ce qui suit. À partir de Genèse 2:4 nous avons une position spéciale et une responsabilité morale apparaissant pour la première fois ; alors le terme composé (Jéhovah-Elohim, l’Éternel-Dieu) est utilisé pour la première fois et de manière tout à fait pertinente, car il exprime l’Être Suprême se mettant en relation avec l’homme, et agissant moralement avec lui ici-bas.


(*) Nous pouvons juger le peu de crédit à accorder à la version grecque des Septante du point de vue de l’exactitude, vu qu’elle n’a pas tenu compte de cette différence dans les noms de Dieu. Holmes et Parsons montrent cependant que l’omission de κύριος (Seigneur) figurant dans un bon nombre de manuscrits, soit par les traducteurs soit par les copistes, peut être un problème.


2.2.2 - [Cohérence, exactitude et perfection de l’Écriture, notamment du ch. 2]

Le livre de la Genèse est donc loin de présenter l’œuvre d’un compilateur maladroit qui aurait enfilé ensemble des documents sans cohésion ni justesse particulière. Au lieu d’être deux ou trois séries de simples traditions provenant d’autrui, il y a réellement la parfaite déclaration de la vérité de Dieu, l’expression d’une pensée unique, comme on ne trouve nulle part ailleurs que dans la Bible. La différence dans les titres divins est due à des différences de sujets distincts, et non pas des différences d’auteur ; il en est ainsi autant dans les Psaumes et les Prophètes que dans la Loi, de sorte que cela convainc d’ignorance et de témérité les érudits qui vantent très fort l’hypothèse de documents multiples appliquée au Pentateuque.

En conséquence nous trouvons ici en Genèse 2, avec une plénitude et une précision comme nulle part ailleurs, l’entrée en relation de Dieu avec l’homme, et la relation de l’homme avec Eden, avec le royaume animal et avec la femme tout spécialement. Ainsi, lorsque la formation de l’homme est mentionnée, elle est décrite (comme tout le reste) d’une manière tout à fait distincte de celle de Gen. 1 ; cette particularité est évidemment due à la relation morale que l’Esprit de Dieu apporte ici au lecteur. Chaque sujet qui se présente à nous est traité au nouveau point de vue qui convient au nouveau nom donné à Dieu dans ce passage — le nom de Dieu en tant que gouverneur moral, et non plus simplement en tant que créateur. Qui aurait pu concevoir une telle sagesse à l’avance ? Au contraire, nous avons tous lu ces chapitres de la Bible, nous les avons peut-être même lus en tant que croyants, sans voir à la fois leur immense portée et leur profonde exactitude. Lorsque la parole de Dieu est étudiée humblement et avec prière, l’Esprit de Dieu ne maintient pas longtemps caché la preuve d’une profondeur divine dans la Parole comme aucun homme n’aurait pu l’y placer. Alors quelle confirmation de la foi ! Quelle joie et quels délices dans l’Écriture ! Si des hommes, y compris des hommes capables et érudits, ont tordu les signes de sa perfection pour en faire des preuves de documents défectueux et contradictoires, combinés ridiculement par un homme inconscient de ce qu’il publiait des fables, et pire que cela, des fables incohérentes, — devant cela les croyants ne peuvent que s’étonner de l’aveuglement humain et adorer la grâce divine ! Quant à eux, c’est avec une gratitude ardente qu’ils reçoivent l’Écriture comme la précieuse parole de Dieu, où Son amour, Sa bonté et Sa vérité brillent d’une manière incomparable. Chaque jour ici-bas, elle répond aux moindres besoins de l’esprit et du cœur, comme aux plus graves. De toute manière, elle prouve qu’elle n’est pas la parole des hommes, mais qu’elle est en vérité la parole de Dieu qui opère effectivement en ceux qui croient.


2.2.3 - [Genèse 2:4-6]

Cette nouvelle section s’ouvre donc ainsi : « Ce sont ici les générations des cieux et de la terre lorsqu’ils furent créés (cela remonte au début), au jour (*) (ici, l’écrivain redescend dans le temps) que l’Éternel Dieu (Jéhovah-Elohim) fit la terre et les cieux » (2:4). Dans ce contexte, on observera qu’il n’est pas dit qu’Il les « créa », mais qu’Il les « fit ». Les mots sont constamment utilisés de la manière la plus parfaite. « Et tout arbuste des champs avant qu’il fût sur la terre, et toute herbe des champs avant qu’elle crût ; car l’Éternel Dieu (Jéhovah-Elohim) n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol (2:5) ; mais une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol (2:6) (**). Et l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante (2:7) ».


(*) La critique ne fait-elle pas de la tromperie quand elle oppose la phrase générale « au jour que … » à la précision des six jours de la section précédente ? Il n’est pas fondé de dire que dans le second récit, le monde actuel est censé être produit d’un coup. L’histoire est relatée en Gen. 1 à 2:3 ; à partir du verset 4 jusqu’à la fin du ch. 2, ce n’est pas tant l’histoire de la création qu’une déclaration des relations de la création, spécialement celles de l’homme, qui en est le centre et la tête. Gen. 2 endosse Gen. 1, mais ajoute des éléments moraux de la plus haute importance et du plus haut intérêt.

(**) Il semble presque trop banal de remarquer que le Dr Davidson et l’évêque Colenso (ou leurs sources allemandes) tiennent Gen. 2:5-6 comme incompatible avec Gen. 1:9-10. Si la puissance divine séparait la terre des eaux, pourquoi la terre resterait-elle saturée ? En Gen. 1, il est dit que « la terre sèche » [ou : « le sec »] était appelée Terre [1:9-10] ; dans cet autre passage [2:5-6], qu’aucune pluie n’était encore tombée et qu’un brouillard (ou : une vapeur) se levait. Quoi de plus cohérent ?


2.2.4 - [Genèse 2:7 — Une âme vivante]

Ici, nous apprenons que l’homme ne devint pas une âme vivante à la manière des animaux. Les animaux ont été amenés à vivre du simple fait que Dieu les a organisés selon Sa propre volonté ; mais dans le cas de l’homme, il y a eu cette différence essentielle que lui seul est devenu une âme vivante par ce que l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) a soufflé en lui. Seul l’homme a donc ce qu’on appelle communément une âme immortelle. Son corps seul est dit être mortel. Seul l’homme rend compte à Dieu, car il tire ce qui lui a donné le souffle de vie, non de son corps, mais du souffle de l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim). L’homme ressuscitera et revivra. Il ne réapparaîtra pas simplement avec les éléments de son corps, ce qui est tout à fait vrai, mais en plus il réapparaîtra corporellement en relation avec une âme qui n’est jamais morte. C’est l’âme qui donne l’unité et qui rend compte de l’identité personnelle. Toutes les autres manières de l’expliquer sont faibles, sinon sans valeur. Cette déclaration divine, en rapport avec la relation morale de l’homme avec Dieu, est énoncée ici calmement et clairement : c’est la vraie clé. Quand les hommes raisonnent au lieu de recevoir la lumière révélée de la Bible, peu m’importe qui ils sont ou ce qu’ils sont ; ils ne font que se tromper sur Dieu et même sur l’homme. Ils spéculent, ils vous donnent des idées – et souvent des idées très idiotes. La parole de Dieu présente au plus simple chrétien le récit parfait de ce qu’il en est.

Cette vérité élémentaire est d’une immense importance à l’heure actuelle, car aujourd’hui tout est remis en question, même ce qui semble le plus certain. Ce n’est pas comme si c’était une nouveauté pour l’homme de nier l’immortalité de son âme. Au début, cela semble étrange qu’en un temps où l’homme cherche à s’exalter, il y ait à la fois un désir fort de refuser le souffle spécial de Dieu pour son âme, et de le dégrader en un pedigree de singe ! C’est pourtant une vieille histoire dans ce monde, bien que ce soit nouveau chez ceux qui professent être membres ou ministres de Christ, que d’être fier de mépriser la révélation divine. L’incrédulité prend de plus en plus une forme apostate, et ceux qui avaient l’habitude d’avoir du respect à la fois pour l’Ancien et pour le Nouveau Testament, en viennent à abandonner la vérité de Dieu pour des rêveries malveillantes de la prétendue science moderne. Il n’y a jamais eu de temps où l’homme vire plus manifestement vers l’apostasie de la vérité, et cela non seulement quant à la rédemption, mais également quant à la création, — aussi bien sa propre création, mais surtout celle de sa relation avec Dieu. Renoncez à l’immortalité de l’âme, et vous niez le fondement de cette relation avec Dieu, celui de la responsabilité morale particulière de l’homme vis-à-vis de Dieu.


2.2.5 - [Genèse 2:8-9 et 2:16-17]

Mais il y a plus que cela, bien que ce soit d’un extrême intérêt : nous voyons avec autant de certitude et de clarté pourquoi l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) n’est présenté qu’ici, et non pas avant, et pourquoi il est dit ici, et non pas au ch. 1, que l’homme devient une âme vivante par le souffle de Dieu. Ni l’un ni l’autre n’aurait convenu au ch. 1 ; les deux sont parfaitement à leur place en Gen. 2. De plus, nous entendons maintenant parler du jardin planté par l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) du côté de l’orient (l’Est) en Eden, où Il mit l’homme qu’Il avait formé. Nous trouvons ici la vérité solennelle, que non seulement l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) a fait pousser tout arbre agréable à voir et bon à manger, mais que l’arbre de vie était au milieu du jardin, et il y avait l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

J’attire votre attention un instant sur ce point. Il y a souvent une difficulté pour des âmes à la pensée que Dieu ait fait tourner l’histoire morale du monde sur le fait de toucher ou manger du fruit de cet arbre. L’esprit de l’homme pense qu’il y a une très grande difficulté dans le fait que ce qui semble être une question si petite puisse engendrer des résultats aussi terribles. Ne comprenez-vous pas que c’était là l’essence même de l’épreuve ? L’aspect essentiel de l’épreuve était simplement une question de l’autorité de Dieu en matière d’interdiction, et non pas une question de gravité d’un mal moral. C’était en cela que résidait toute l’épreuve. Quand Dieu a fait l’homme, quand Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) a insufflé le souffle de vie dans ses narines, l’homme n’avait aucune connaissance des choses comme bonnes ou mauvaises en elles-mêmes. La connaissance a été acquise par la chute (ne l’avez-vous jamais su, ou avez-vous oublié ce fait solennel ?). Un homme innocent ne pouvait avoir la connaissance du bien et du mal ; il fallait la chute pour avoir cette connaissance. Quand l’homme était absolument innocent et qu’il n’avait aucun mal, ni en lui-même ni dans ce qui l’entourait, où tout était de Dieu (selon le récit révélé des choses), comment aurait-il pu avoir une connaissance du mal ? Comment peut-on faire cette distinction qui décide moralement entre ce qui est bien et ce qui est mal ? Combien sont parfaites les indications de l’Écriture ! Pourtant personne ne l’a anticipé ni ne pouvait l’anticiper.

La condition de l’homme était alors tout à fait différente de ce qu’elle est devenue immédiatement après. Tout est cohérent dans la révélation, et nulle part ailleurs. Les hommes les plus sages, ceux dont le monde s’est le plus vanté, n’ont jamais eu la moindre pensée juste sur un tel état de choses ; pourtant, même parmi les païens, il restait assez de tradition pour rendre témoignage à la vérité. Bien plus, maintenant que cet état de choses est clairement révélé, les hommes n’ont aucune compétence pour l’apprécier, ils ne peuvent jamais assimiler la force de sa portée ; la raison en est simplement que l’homme juge invariablement à partir de lui-même et d’après sa propre expérience au lieu de se soumettre à Dieu et à Sa parole. Il n’y a que la foi qui accepte vraiment ce qui vient de Dieu ; et la foi seule donne la clé sur ce qui nous environne actuellement. Elle nous guide alors à travers toutes les embrouilles en croyant Dieu, que ce soit quant à ce qu’Il a fait autrefois ou quant à ce qu’Il fera encore. La philosophie ne croit ni l’un ni l’autre, dans un vain effort pour rendre compte de tout par ce qui est ou plutôt par ce qui paraît ; car elle ne sait rien comme il faut savoir, même pas sur le présent. Par conséquent, la tentative de l’esprit de l’homme de juger de ce qui était alors, sur la base de ce qui est maintenant, aboutit toujours à la confusion et à l’échec total. En vérité, seul Dieu est compétent pour se prononcer et c’est ce qu’Il a fait.

Le croyant ne trouve donc pas la moindre difficulté. Il ne pourra peut-être pas répondre aux objections. C’est une autre affaire, et pas du tout aussi grave qu’on le suppose. Le grand point, mes frères, est de tenir ferme la vérité. C’est bien et désirable d’avoir un service d’amour, si un chrétien peut, avec bonheur et avec la sagesse donnée de Dieu, répondre aux difficultés des autres ; mais tenez vous-mêmes la vérité. Voilà la puissance et la simplicité de la foi. Les adversaires chercheront sans doute à vous embarrasser : s’ils le cherchent, laissez-les faire. Ne vous inquiétez pas, si vous ne pouvez pas répondre à leurs questions et résoudre leurs objections oiseuses ; vous pouvez le regretter par amour pour les âmes blessées et induites en erreur. Mais après tout, l’affaire de la plus haute importance, c’est de tenir la vérité positive de Dieu, et c’est ce que Dieu a mis dans le cœur de l’enfant le plus simple qui croit en Jésus.

J’affirme alors que, quand Dieu a créé ainsi l’homme, quand Il l’a mis en Eden, le test réel n’était pas l’interdiction d’une chose mauvaise en soi, mais d’une chose simplement et obligatoirement mauvaise pour l’homme, du fait que Dieu l’avait interdite. Telle est l’essence même d’un test pour un homme innocent. En fait, toute autre idée (la loi par exemple) n’est pas seulement contraire à l’Écriture, mais quand vous y pensez attentivement et sérieusement en tant que croyant, vous verrez que c’est un état de choses alors impossible. Par conséquent, il est hors de question d’introduire ici un test moral comme un sage ou un prudent le voudrait, pour avoir une raison plus valable d’aboutir à une ruine du monde aussi vaste que celle qui a eu lieu. Non, la question était simplement de savoir si Dieu était vraiment l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim), s’Il était un gouverneur moral ou non, si l’homme devait être indépendant de Dieu ou non. Cela n’a pas été décidé par une question grave et prodigieuse dont l’homme pouvait peser et envisager les conséquences, mais simplement par le fait de faire ou ne pas faire la volonté de Dieu. Ainsi, nous voyons comment, après tout, la simple vérité est la sagesse la plus profonde.

Il est d’un grand intérêt et d’une grande importance de remarquer que, par les deux arbres, Dieu distingua dès le début la responsabilité d’une part, et le fait de donner la vie d’autre part (2:9). Même pour Adam, dans son innocence, la vie ne dépendait pas de l’abstinence de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. La mort était une conséquence de la désobéissance à Dieu s’il mangeait de cet arbre (2:17) ; mais marchant dans l’obéissance, il était libre de manger de l’arbre de vie. Il a chuté en prenant part au fruit défendu, et Dieu prit garde que l’homme ne mange pas de l’arbre de la vie. Les deux arbres, représentant deux principes que l’homme confond ou oublie toujours, soit l’un soit l’autre ; dans l’Écriture, ils sont comme des vérités totalement distinctes.


2.2.6 - [Genèse 2:10-14]

Observez également une autre chose. Nous avons la description du jardin d’Eden. Je ne considère pas que sa localisation soit si difficile à déterminer d’une manière générale comme on l’a souvent imaginé. L’Écriture la décrit et mentionne deux rivières qui existent toujours, sans conteste, de nos jours. Il n’y a aucun doute que l’Euphrate et le Tigre (nommé ici Hiddekel) sont les mêmes fleuves appelés de la même manière jusqu’à aujourd’hui. Il me semble hors de tout doute raisonnable qu’il est tout à fait possible de trouver la trace des deux autres rivières, et il est remarquable de voir que l’Esprit de Dieu s’intéresse à nous fournir un fil conducteur pour nous y aider, dans le fait que les deux fleuves les moins connus sont décrits plus complètement que les fleuves si communément connus (*).. Nous sommes donc fondés à croire qu’ils sont décrits simplement parce qu’ils étaient moins facilement identifiables. Il est dit que le nom de la première rivière est le Pishon, et de l’autre le Guihon. Maintenant, sans vouloir insister sur mon jugement personnel à l’égard d’une telle question, je peux exprimer ma conviction que le Pishon et le Guihon, décrits ici, sont deux rivières au nord du site d’Eden, l’une se jetant dans la mer Noire, l’autre dans la Caspienne. Je crois qu’elles sont celles qu’on appelle ou appelait, en tout cas dans les temps anciens, le Phasis [Rioni, actuellement] et l’Aras ou Araxe.


(*) Ceci, pour ne pas parler d’autres raisons, semble concluant contre la prétention selon laquelle le Pishon serait le Gange, selon Josèphe et une foule de pères grecs et latins, le Nil selon Jarchi et d’autres rabbins, l’Indus cité autrefois, et récemment réaffirmé par Ewald, enfin le Danube selon plusieurs pères ! Césarius et Épiphanius soutenaient qu’il s’agissait du Danube, du Gange, de l’Indus, et qu’après un parcours extraordinaire au sud, il rejoignait l’océan près de Cadiz ! Ceux qui ont fait du Pishon, le Gange, considéraient que le Guihon était le Nil. Ceux qui adhèrent à la théorie selon laquelle l’Eden s’appuyait sur la rivière Shatt-al-Arab considèrent le Pishon et le Guihon comme de simples branches de la rivière formée par le mélange de l’Euphrate et du Tigre (ou Hiddekel). Cela me semble toutefois indéfendable, bien qu’il puisse être difficile de justifier en deux mots ce que je considère comme la vérité.


Ceci n’est dit qu’en passant, car c’est évidemment une question de peu d’importance en soi, sauf que nous devons tenir tout le récit du Paradis comme historique au sens le plus strict et le plus complet du terme. De plus, la position de ces rivières me semble expliquer ce qui a souvent été une difficulté pour beaucoup, à savoir qu’il est dit ici, qu’« un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait et devenait quatre rivières » : or si le jardin se trouvait dans cette région, c’est-à-dire en Arménie, dans la partie où se trouvent les sources ou la ligne de partage de ces rivières, elles seraient toutes circonscrites à une certaine zone environnant ce jardin. Il est cependant possible que Dieu ait permis un certain changement quant à la distribution des eaux autour du jardin. Je ne m’aventure pas à exprimer aucune opinion à ce sujet. L’Écriture n’en dit pas plus et nous devons nous y tenir. Ces remarques sont simplement jetées pour montrer qu’il ne semble pas y avoir de difficulté insurmontable à parvenir à une solution satisfaisante de cette question épineuse. Quant à transférer plus bas le site du jardin, dans la plaine de Shinhar, cela me paraît tout à fait intenable. Il serait alors impossible de relier l’Eden aux sources de ces fleuves. Il n’est pas difficile de concevoir à la fois qu’ils aient eu une source commune avant de se séparer et que le jardin d’Eden ait eu une étendue considérable. Que cela suffise : je ne veux pas spéculer sur la question.


2.2.7 - [Genèse 2:15-17]

La grande question à se poser vient ensuite : « L’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder ». On n’a rien de cela au ch. 1. « Et Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) commanda à l’homme, disant : Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car au jour… » etc. Encore une fois, pas un mot de cela au ch. 1. Pourquoi ? Parce que la responsabilité morale dans la relation avec l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) intervient exactement là où il faut. S’il en avait été question au ch. 1, il aurait pu y avoir une grave exception mettant en cause l’inspiration du récit ; mais placé ainsi, c’est exactement ce qu’il fallait.


2.2.8 - [Genèse 2:19-20]

Ensuite, les diverses espèces d’animaux terrestres et d’oiseaux sont présentées à l’homme pour voir comment il les nommerait ; cela a lieu avant que Ève soit formée (*). Le beau type de la création appartenant à Christ est ainsi admirablement préservé. La création n’appartient pas du tout à l’Église en premier lieu, la place de celle-ci étant purement par grâce. L’héritier de toutes choses est le second homme, non pas l’épouse. Si elle possède tout avec Lui, c’est à cause de son union avec Lui, et non pas par nature. Ceci, on le voit, est maintenu de façon frappante ici, car ces créatures sont amenées devant Adam par l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim), et il leur donne des noms à toutes, montrant clairement non seulement son titre de seigneur, mais sa puissante capacité de langage donnée par Dieu dès le début. L’idée que la parole intelligible est simplement le résultat d’une croissance à partir de la combinaison progressive d’éléments est une rêverie ingénieusement imaginée ; elle peut faire marcher l’esprit des hommes, mais elle n’a aucun fondement. Adam, le tout premier jour de sa vie, avant même la formation d’Ève, a donné leur nom aux animaux, et Dieu Lui-même a sanctionné ce que leur chef disait. Telle était sa relation avec la créature ; il a été mis dans cette place par Dieu.


(*) Cette circonstance, et sa portée morale et typique, est la véritable clé du récit de Gen. 2:4-25 et elle explique vraiment les différences par rapport à Gen. 1 à 2:3 — ce que l’ignorance et l’incrédulité pervertissent en en faisant des divergences de deux écrivains distincts et incohérents. Le fait que Gen. 2:7 et 2:19 représente l’homme comme créé en premier avant toutes les créatures vivantes, les oiseaux et les animaux ; ainsi que l’homme créé à l’image de Dieu (Gen. 1:27) — tout cela ne contredit pas l’affirmation de Gen. 2:7 selon laquelle l’homme a été formé à partir de la poussière du sol. Il n’est pas dit en Gen. 1:27 que l’homme et la femme ont été créés ensemble ; ni que la femme a été créée directement (c'est-à-dire non formée à partir d’une des côtes de l’homme).


2.2.9 - [Genèse 2:18 et 2:21-25]

Or cela rendit d’autant plus évident le besoin d’un partenaire pour les affections et la vie d’Adam, d’une personne qui pourrait être devant lui ; l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) en prit note, « et Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) fit tomber un profond sommeil sur l’homme » (2:21). La création de la femme séparément de l’homme aurait pu être un fait stérile et anodin (comme sans doute tous les autres mâles et femelles ont été fait séparément). De la manière dont elle est présentée, Dieu a réservé le détail frappant pour la scène de la relation morale. Ne puis-je pas demander à tous si un tel événement est ou n’est pas exactement là où il devrait être, selon les traits internes et distinctifs de Gen. 1 et 2 ? Nous savons tous à quel point l’homme a été enclin à oublier la vérité, combien il tire souvent profit de ce qui est juste ! Dieu s’est plu à former la femme, aussi bien qu’à révéler sa formation d’une manière qui devrait faire honte à celui qui la reconnaît comme étant sa propre chair et ses os, et qui pourtant néglige ou abuse d’une relation si intime. « Et il prit une de ses côtes, et il en ferma la place avec de la chair. Et l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et l’amena vers l’homme. Et Adam dit : Cette fois, celle-ci est os de mes os et chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme (Isha) parce qu’elle a été prise de l’homme (Ish). C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair ».

La condition primitive est également décrite. « Ils étaient tous deux nus, l’homme et sa femme, et ils n’en avaient pas honte » (2:25). C’était un état tout à fait différent de celui de l’homme déchu ; cet état était convenable alors, mais l’homme tel qu’il est maintenant, ne pourrait jamais concevoir à quel point c’était alors approprié. Nous ne pouvons que ressentir à quel point cela convenait à l’innocence, la condition dans laquelle Dieu a fait l’homme et la femme. Aurait-Il pu les faire autrement en harmonie avec son propre caractère ? Auraient-ils pu ainsi se comporter autrement que ce qui est décrit ici ? L’expérience actuelle de l’homme n’aurait suggéré ni l’un ni l’autre ; pourtant son cœur et sa conscience, à moins d’être rebelles, sentent à quel point tout est juste et bien seyant dans un tel état de choses — rien d’autre n’est aussi bon.


3 - [Genèse 3]

3.1 - [Genèse 3:1]

Ce chapitre nous montre le résultat du test qui a été posé par l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim). Ce résultat arrive bientôt. Et voici un autre fait que je désire souligner. Un personnage trop bien connu est introduit sans plus tarder sur la scène ; pourtant ce personnage est en même temps trop peu connu : c’est l’adversaire très subtil de Dieu et de l’homme, actif et audacieux, le serpent — de qui provient le péché et la misère, comme la Bible en témoigne du début à la fin. Il est présenté ici pour la première fois par quelques mots tranquilles. Qui aurait fait cela si ce n’est Dieu ? Dans n’importe quel autre livre écrit par un homme ordinaire, nous aurions eu une longue introduction et une histoire complète de son origine, de ses desseins et de ses actions. Dieu pouvait le présenter et laisser le cœur sentir la justesse de ne pas en dire plus que nécessaire. Le fait parle par lui-même. Si au ch. 1 le vrai Dieu se révèle dans Sa puissance créatrice et Sa gloire, et Sa parfaite bienveillance qui marquent ce qu’Il a fait ; si au ch. 2, les relations spéciales manifestent encore plus Ses voies morales et Sa volonté, — ainsi ici le serpent ne manque pas de manifester sa condition et son but actuels — non pas bien sûr la condition dans laquelle il a été fait, mais celle à laquelle le péché l’avait réduit. « Le serpent était plus rusé qu’aucun animal des champs que l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) avait faite ».


3.2 - [Genèse 3:2-6]

Le ch. 3 est en effet une continuation du ch. 2, assez correctement transformé en chapitre séparé, mais simplement lui faisant suite. C’est la question de ce test de mise à l’épreuve qui est placé devant nous. Ici l’effort de l’ennemi était d’abord d’insuffler du doute sur la bonté de Dieu aussi bien que sur Sa vérité, — en somme sur Dieu Lui-même. Les convoitises et les passions humaines n’étaient pas encore en cause, mais elles suivirent bientôt, — autrement dit le désir d’avoir ce que Dieu avait interdit. Mais le commencement est de laisser s’insinuer quelque chose contre le vrai Dieu. Tout le mal dérive de cette source ; l’objet visé ou miné par l’attaque est d’abord Dieu Lui-même. « Et il dit à la femme : Quoi, Dieu (*) a dit : Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? Et la femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin ; mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point, et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Et le serpent dit à la femme : vous ne mourrez point certainement, car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal » (3:1-5). C’est ainsi que le serpent a envenimé moralement le cœur de la femme d’abord, puis de l’homme. Je n’ai pas besoin de m’attarder sur la triste histoire que nous connaissons tous plus ou moins. Elle a écouté, regardé, pris du fruit ; elle a mangé et est tombée. Et l’homme aussi a mangé, non pas trompé, mais les yeux ouverts, et par conséquent d’autant plus coupable, influencé sans doute par ses affections ; cependant c’était de l’audace d’y céder, car il aurait plutôt dû être le garde et le guide de la femme, et surtout pas le suiveur, même s’il n’avait pas réussi à la maintenir en sécurité sur le chemin du bien. Malheureusement, il la suivit dans le chemin large du mal, comme il l’a souvent fait depuis. Adam n’a pas gardé la place où Dieu l’avait placé.


(*) Certains se sont demandé pourquoi le serpent et Ève étaient représentés comme disant « Elohim », Dieu, dans la tentation, alors que le nom employé partout ailleurs dans la section est « l’Éternel-Dieu » (Jéhovah-Elohim). Or, non seulement c’est peut-être le simple fait qu’Elohim seul a été utilisé, mais en outre, à cause de cela, l’historien ne voulait pas introduire ici le nom de relation spéciale que l’ennemi tenait à faire oublier autant que possible ; effectivement la femme l’oublia très vite en laissant opérer dans ses pensées celui dont le premier but avait été de semer la méfiance à l’égard de Dieu. Il me semble que tout est en parfaite harmonie ; l’omission de « l’Éternel » Jéhovah ici est autant naturelle de la part du serpent que de la part d’Ève, et elle est appropriée à l’histoire inspirée de l’affaire.


3.3 - [Genèse 3:7-15]

Les deux tombés, les deux ont eu honte. « Ils connurent qu’ils étaient nus ; et ils cousirent ensemble des feuilles de figuier et s’en firent des ceintures. Et ils entendirent la voix de l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) qui se promenait dans le jardin au frais du jour, et Adam et sa femme se cachèrent » (3:7-8). Les victimes du péché connaissaient la honte, et maintenant la peur. Éloignés de Dieu, ils se sont cachés, et Il n’a eu qu’à adresser ces paroles solennelles et pénétrantes à Adam : « Où es-tu ? » Il était loin de Dieu. Forcé de se découvrir, Adam énonce l’histoire humiliante : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché ». Le mal est enfin retracé à sa source et le serpent est pleinement manifesté. Chacun pour lui-même, l’homme, la femme et le serpent, se tiennent coupables dans la présence de l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim). Dieu, par la lumière de Sa présence a contraint le couple coupable à sortir des ténèbres dans lesquelles ils s’étaient cachés, ou plutôt cherchaient à se cacher, et il est merveilleux de pouvoir dire que, dans l’annonce même du jugement sur le serpent, Dieu a présenté la première lumière brillante de miséricorde, mais de miséricorde dans le jugement de celui qui était à la racine du mal. On peut redire : qui aurait imaginé à l’avance des voies si véritablement et si manifestement divines ? C’est la parole de Dieu, et rien ne peut davantage Lui convenir, en grâce envers l’homme, en justice pour l’ennemi.


3.4 - [Genèse 3:15]

Il y a toujours eu des croyants pour dire que c’était une promesse, mais il est instructif de voir que l’Écriture ne le dit jamais. Sans contredit, il y avait une révélation d’une infinie bénédiction pour l’homme, mais ce n’était guère ce qu’on appelle une promesse. C’était adressé au serpent. S’il était promis quelque chose à quelqu’un, c’était à la semence de la femme, le dernier Adam, et non au premier, qui était simplement condamné avec Ève. C’est Abraham, et non Adam, qui est le dépositaire d’une promesse ; tel est le langage constant de l’Écriture, pour autant que je sache. On voit pourquoi il le fallait. Était-ce le temps pour une promesse ? Était-ce un état pour une promesse ? Était-ce une personne pour une promesse ? — une promesse pour celui qui avait ruiné la gloire de Dieu, dans la mesure où elle reposait sur lui ? Non, mais en jugeant le serpent, le dessein de Dieu est révélé, non pas une promesse à Adam dans le péché, mais la révélation de Celui qui écraserait la tête du serpent, lui qui est le premier pécheur et celui qui tente avec succès à pécher. Le Second homme, non pas le premier, est l’objet de la promesse. C’est en effet la vérité constante qui court à travers toute l’Écriture.


3.5 - [Genèse 3:15-19]

Notez, au commencement de la parole de Dieu, les sources de toutes choses. Nous avons vu Dieu Lui-même, le Créateur et le Gouverneur moral ; ensuite nous trouvons l’ennemi de Dieu et de l’homme en accord exact avec la dernière parole que Dieu prononce. Et encore, notons la confrontation du serpent, non pas avec l’homme, qui tombe toujours sous la puissance de Satan, mais avec Christ qui est toujours vainqueur. Telle est la manière dont Dieu présente Sa vérité, et ceci dès le début de Sa parole. Aucune révélation ultérieure ne corrige la toute première révélation. L’Écriture est divine du début à la fin. De plus, nous ne trouvons aucune hâte précipitée pour révéler : tout est au moment approprié. On n’a encore rien lu sur la vie éternelle : cela devait attendre la venue de Celui qui était avec le Père ; pas encore un mot sur les richesses insondables de la grâce qui devaient abonder plus tard. Une personne est signalée : la Semence de la femme, et d’une manière qui exprime tellement la tendre miséricorde de Dieu. Si la femme a été la première à céder, elle est destinée à être la mère de Celui qui vaincrait le diable et délivrerait l’homme. Mais ce qui vient tout de suite après, et qui est retracé dans toute la Bible, on peut le remarquer, est la conséquence actuelle dans le gouvernement de Dieu (*). En conséquence, comme l’homme avait écouté la sirène et a mangé de l’arbre dont il avait reçu le commandement de ne pas manger, la terre est maudite pour lui. C’est le résultat actuel. Donc, encore une fois, la femme a sa part, dont nous n’avons pas besoin de dire plus sinon de souligner la clé qui est son lot dans l’histoire de la race humaine. Les deux sont réunis en ceci, qu’ils ont été faits de la poussière et devront y retourner.


(*) Il n’est pas besoin de discuter combien cela s’accorde avec les relations dispensationnelles de Dieu avec Israël. Ils ont été choisis pour être le vase public du gouvernement divin sur la terre. Nous avons eu leur défaillance sous la loi ; nous attendons leur stabilité sous le Messie et la nouvelle alliance. Mais c’est et ce sera du plus profond intérêt de retracer ces voies de Dieu en gouvernement terrestre depuis le début.


3.6 - [Genèse 3:20-24]

Néanmoins, au milieu de la scène de désolation, nous voyons Adam nommer sa femme « Ève » (3:20). Pour moi, il est parfaitement clair que la chute a été rapide après la création de l’homme. Il n’avait pas encore donné à sa femme son nom propre complet. Il avait décrit ce qu’elle était (2:23) plutôt que qui elle était ; ce n’est que lorsque le péché est entré, qu’il lui a donné son nom ; d’autres, s’il y en avait eu, l’auraient appelée naturellement la mère de la mort, tandis qu’Adam (semble-t-il par la direction de Dieu dans la foi) l’appelle plutôt la mère des vivants. Son âme, je n’en doute pas, saisit la parole que Dieu avait prononcée en jugeant le diable. Et Dieu, ici, marque trop magnifiquement Son sentiment ; car il est dit au v. 21 que « l’Éternel Dieu » (Jehovah-Elohim) fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et les revêtit ». L’insuffisance de leurs ressources avait été démontrée. Vient maintenant en ombre, ce que Dieu ferait plus tard en plein jour.

Cependant, les conséquences présentes suivent leurs cours ; en un certain sens, elles sont entremêlées de miséricorde, comme c’est habituellement le cas, je pense, dans le gouvernement de Dieu. L’homme, tel qu’il est, est d’autant moins heureux qu’il ne sait pas ce que c’est que de travailler péniblement dans un monde comme celui-ci. Travailler péniblement n’est pas seulement ce à quoi il est condamné, mais également la place sagement ordonnée pour l’homme déchu ici-bas. Personne n’est plus misérable que l’homme qui n’a pas de but devant lui. J’accepte que dans un état non déchu, il en était autrement. Quand tout brillait et était bon autour de l’homme dans l’innocence, le fardeau du labeur n’avait pas sa place. Je parle seulement de ce qui est bon pour l’homme hors du paradis, et comment Dieu répond et s’occupe de son état dans Sa grâce infinie. À cet égard, nous n’avons pas besoin d’en dire davantage puisqu’Il « chassa l’homme », de peur qu’il ne perpétue l’état de ruine dans lequel il était entré (*).


(*) Il est déplorable mais salutaire de voir comment la superstition et le rationalisme s’accordent dans la plus grossière ignorance de la condition de l’homme avant la chute et par la chute. La doctrine de théologie systématique est que l’image de Dieu au-dedans a été corrompue et souillée ; et que même à ce moment-là, l’homme n’a pas été complètement abandonné ; et que le cours de son histoire fait voir par quels moyens il a plu à Dieu de renouveler, dans une certaine mesure, Son image perdue, etc. — Un autre théologien, mais incrédule, considère la connaissance du bien et du mal comme l’image de Dieu par la création. Celle-ci est souvent mal comprise. — L’Écriture est claire et profondément vraie : « Et Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ; et maintenant, - afin qu’il n’avance pas sa main et ne prenne aussi de l’arbre de vie et n’en mange et ne vive à toujours… ! Et l’Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) le mit hors du jardin d’Éden, pour labourer le sol d’où il avait été pris : il chassa l’homme, et plaça à l’orient du jardin d’Éden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie » (3:23-24).


Dans son état d’origine, l’homme a été créé à l’image de Dieu, mais il n’avait pas la connaissance du bien et du mal. Il l’a acquise par la chute. Après celle-ci, il pouvait lui-même estimer et connaître les choses comme bonnes ou mauvaises, tandis qu’innocent il ne le pouvait pas. Un être saint peut connaître et connaît effectivement les choses comme bonnes ou mauvaises ; mais il a une nature qui repousse le mal et s’attache au bien. Or ce n’était pas le cas pour Adam qui avait simplement été fait droit, dans l’absence et l’ignorance du mal. Lorsqu’il a chuté, il a acquis la capacité interne de reconnaître le bien du mal, indépendamment d’une loi pour l’en informer ou le lui interdire ; à cet égard, il est devenu comme Dieu au moment même où il a perdu à la fois Dieu et sa relation avec Lui en tant que créature innocente. Nous apprenons ainsi la compatibilité de ces deux choses, qui en fait sont vraies de l’homme : une chute de la relation d’innocence dans laquelle il était placé avec Dieu à l’origine –– et une élévation de la capacité morale qui, sans la foi, entraîne une immense misère, mais qui possède la plus haute valeur chez celui qui est amené à Dieu par notre Seigneur Jésus.


4 - [Genèse 4]

4.1 - [Genèse 4:1-4]

Une nouvelle scène s’ouvre ensuite avec un changement du nom de Dieu. Ce n’est plus le test de la création, selon que Dieu l’a faite, et cela est ici souligné. Il est appelé « Éternel » ; il n’est pas désigné par le terme composé précédent « Éternel-Dieu (Jéhovah-Elohim) », mais simplement par « Éternel ». On trouvera par la suite, comme nous le verrons, soit « Elohim » (« Dieu ») seul, soit « Éternel » (« Jehovah ») combiné avec d’autres noms de caractère spécial, — et cela jusqu’à l’appel d’Israël, où il y aura une modification appropriée dans l’expression de Son nom. Mais maintenant Adam devient père, n’étant pas innocent mais tombé, avant de devenir le chef (ou tête) de sa race. Caïn est né, et la mère déchue lui a donné un nom, mais quelle erreur ! Je suis sûr, non pas de ce qu’elle eût vraiment le droit de lui donner un nom, mais de ce qu’il peut être prouvé qu’elle en a donné un singulièrement inapproprié. Elle pensait que son premier-né était un grand gain, car telle est la signification du nom « Caïn ». Malheureusement, quelle déception et quel chagrin, tous deux des plus poignants, suivirent bientôt. Car Abel est né aussi. Avec le temps, il arriva qu’ils apportèrent tous deux leurs offrandes à « l’Éternel », un terme approprié ici de façon admirable. Ce n’était pas seulement Celui qui avait tout créé, mais le Dieu en relation spéciale avec l’homme : l’Éternel. Voilà où réside sa force. Caïn Le regarda simplement à Sa place de créateur et ce fut là son erreur. Le péché avait besoin de plus. Caïn a apporté ce qui aurait pu suffire dans un monde non déchu — ce qui aurait pu convenir à un adorateur innocent de Celui qui était simplement connu sous le nom d’Elohim (« Dieu »). Il était impossible qu’une telle base puisse être prolongée ; c’est ce que Caïn ne sentit pas. Il fit donc un service religieux à son idée, et apporta du fruit de la terre maintenant maudite ; tandis qu’Abel offrit par la foi les premiers-nés de son troupeau et leur graisse. Et Éternel eut égard à Abel et à son offrande. C’est la grande vérité du sacrifice, dont la foi d’Abel s’est emparée, réalisant et confessant par son agneau sacrifié que, dans un monde en ruine, il n’y avait pas d’autre moyen pour une relation sainte entre Dieu et l’homme ; il confessait cette vérité elle-même. Il offrit à Éternel les premiers nés de son troupeau, c'est-à-dire ce qui était passé par la mort.


4.2 - [Genèse 4:5-7]

« Et Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. Et l’Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé ? » Les principes de la nature de Dieu sont immuables. Que les gens soient croyants ou non, qu’ils reçoivent la vérité ou non, Dieu tient à ce qui appartient à Sa propre nature morale. Savoir si quelqu’un peut répondre au caractère de Dieu dans un état non déchu, c’est une autre question. En Genèse 4, c’est le même principe que celui énoncé explicitement en Romains 2 où Dieu montre Son juste jugement du mal d’une part, et Son approbation de ce qui est bon, saint et vrai d’autre part. Il fait de même ici avec Caïn : « si tu ne fais pas bien » ; or c’était le cas. Sa condition était celle d’un pécheur, et il n’a pas regardé à Dieu en dehors de lui-même. Ce qui caractérise cette scène n’est pas l’état dans lequel était l’homme en tant que tel (on trouve cela en Gen. 3), mais c’est ce que l’homme a fait dans cet état déchu, et plus particulièrement ce qu’il a fait en présence de Dieu et par la foi. Il n’a certainement pas bien fait. « Et si tu ne fais pas bien », est-il dit, « le péché est couché à la porte ». La mauvaise conduite est ce qui manifeste un état mauvais, et qui en découle.


4.3 - [Genèse 4:7]

Je ne pense pas que le terme « le péché » dans l’expression « le péché est couché à la porte » (4:7), signifie un sacrifice pour le péché, comme certains le supposent. Il ne semble pas qu’il y ait quelque raison de déduire que la vérité d’un sacrifice pour le péché ait été comprise en aucune mesure avant longtemps après. « Par la loi est la connaissance du péché » (Rom. 3:20) et jusqu’à ce que la loi soit introduite, il n’y avait, pour autant que l’Écriture nous le dise, aucune discrimination de ce genre entre les sacrifices. Ils sont tous fusionnés en un seul, et c’est pourquoi nous constatons que les amis de Job, bien que coupables aux yeux du Seigneur, Lui ont offert des holocaustes comme Job (Job 42:8). Quand Noé apporta son sacrifice, c’était également un sacrifice de cette nature. N’y aurait -il pas eu un sacrifice pour le péché dans ces occasions si la loi avait été alors en vigueur ? Très sagement, tous ces détails attendaient d’être développés en un autre temps. J’utilise simplement ces faits scripturaires pour montrer, ce qui me semble la vérité, que le « péché » ici ne se réfère pas au sacrifice spécifique pour le péché, mais plutôt à ce qui a été démontré par une mauvaise conduite.


4.4 - [Genèse 4:8-24]

Néanmoins, Dieu a maintenu la place qui appartenait au frère aîné. Mais rien n’a atténué l’excitation et l’irritation de l’esprit de Caïn. Rien ne rend plus fou l’homme que d’avoir l’orgueil religieux mortifié ; et c’est ce qui est démontré ici par le fait qu’il s’est dressé contre son frère et l’a tué. Pourtant l’Éternel lui parle une fois de plus. Ce n’était pas en tant que tel un péché contre Dieu consistant à Le laisser de côté comme Adam, mais c’était un péché contre l’homme, contre son frère agréé par Dieu. « Où est Abel, ton frère ? » À l’interpellation de Dieu, il répond avec autant de dureté et d’effronterie que de mensonge : « Je ne sais ». Il n’y a pas de vrai courage quand il y a mauvaise conscience, et la culpabilité apparait bientôt évidente quand Dieu éclaire de Sa propre lumière et manifeste la culpabilité. N’oublions pas la tromperie du péché. « Qu’as-tu fait ? » dit l’Éternel. « La voix du sang de ton frère crie de la terre – du sol – à moi » (4:10). Et maintenant c’est à juste titre que Caïn, maudit de la face de la terre, est déclaré fugitif et vagabond. Mais la volonté de l’homme s’oppose invariablement à la volonté connue de Dieu, et celui-là même qui a été condamné à être fugitif se met au travail pour s’installer ici-bas. Caïn, comme il est dit, sortit de la présence de l’Éternel, et habita au pays de Nod ; un fils est né en son temps et il construit une ville qui porte son nom. Telle est la naissance de la vie civile dans la famille de Caïn, où l’on trouve la découverte et l’avancée de ce qui fait les délices de l’homme ; mais avec les progrès de l’art et de la science, la polygamie est introduite. L’esprit rebelle de l’ancêtre se manifeste dans son descendant, Lémec.


4.5 - [Genèse 4:25-26]

Cependant, le chapitre ne se termine que lorsque nous trouvons Seth, que Dieu (*) a substitué (c’est le sens du nom) ou « assigné », comme il est dit « à la place d’Abel, que Caïn a tué ». Et Seth a également un fils qu’il appela Énosh. Alors, les hommes commencèrent à invoquer le nom d’Éternel.


(*) Ève semble avoir été indûment excitée à la naissance de Caïn, s’attendant, je pense, à ce que l’enfant soit un libérateur, puisqu’elle l’a nommé comme étant obtenu de l’Éternel. Elle me semble exprimer un sentiment rendu sobre, sinon découragé, en disant à la naissance de Seth « Dieu (Elohim) m’a assigné une autre semence ». Elle ne voyait en lui qu’un enfant donné naturellement par Dieu. Les deux noms me semblent naturels et intentionnels.


5 - [Genèse 5]

5.1 - [Genèse 5:1-5]

Dans Genèse 5, nous avons les générations d’Adam. Je ne voudrais pas m’attarder là-dessus davantage, sinon pour attirer l’attention sur les mots du commencement : « Au jour où Dieu créa l’homme (Adam), il le fit à la ressemblance de Dieu. Il les créa mâle et femelle, et les bénit ; et il appela leur nom Adam, au jour qu’ils furent créés » (5:1-2). Or il est dit qu’Adam « engendra un fils à sa ressemblance, selon son image » (5:3). Ce n’était plus à la ressemblance de Dieu, mais c’était encore à l’image de Dieu. L’homme, maintenant comme toujours, tombé ou non, est à l’image de Dieu ; mais la ressemblance de Dieu a été perdue par le péché. Seth a donc été engendré à la ressemblance d’Adam, et non à la ressemblance de Dieu. Il était comme Adam tombé, non pas seulement son représentant. Et c’est ce dont il est question en Jacques 3:9, qui dit que les hommes ont été faits à la ressemblance de Dieu. Ceci est d’autant plus important que le motif donné pour la culpabilité d’ôter la vie à l’homme est qu’il a été fait à l’image de Dieu (Gen. 9:6). Il est clair que celle-ci n’a jamais été perdue, et demeure quel que soit l’état de l’homme. Si le crime avait dépendu du fait que l’homme ait conservé la ressemblance de Dieu, le meurtre aurait pu être nié ou justifié, car si un homme n’était pas comme Dieu, sa non-ressemblance pourrait être invoquée comme circonstance atténuante du meurtre. Mais c’est un crime contre l’homme fait à l’image de Dieu, et du fait que ceci demeure, qu’il soit tombé ou non, la culpabilité pour meurtre est irrécusable et évidente. Ce fondement auquel je me réfère est un exemple de la perfection de l’Écriture, et en même temps de la puissance profonde et pratique de la vérité de Dieu.


5.2 - [Genèse 5:6-32]

Dans la liste remarquable qui se poursuit jusqu’à Noé, une autre grande vérité est exposée de la manière la plus simple et la plus belle : a) la puissance de vie qui fait échapper au règne de la mort, et b) le témoignage rendu que le ciel est une place pour l’homme. Hénoc nous apporte ces deux leçons. En outre, je n’ai aucun doute que Hénoc est le type de ceux qui s’attendent à être avec le Seigneur en haut, tout comme Noé nous montre (c’est trop connu pour s’y arrêter) ceux qui traversent les voies judiciaires de Dieu, et sont néanmoins préservés. En bref, Hénoc est le témoin de la famille céleste, comme Noé l’est du peuple terrestre de Dieu.


6 - [Genèse 6]

6.1 - [Genèse 6:1-2]

Nous trouvons ici un exposé très solennel, celui de l’apostasie de l’ancien monde. Les fils de Dieu choisissent les filles des hommes. La véritable clé de ce récit est fournie dans l’épître de Jude. Ce n’est pas une question banale et ordinaire comme beaucoup le supposent. Une fois compris, c’est réellement terrible en soi et dans ses résultats. Mais le Saint Esprit a voilé un tel fait de la seule manière qui convenait à Dieu et qui était appropriée pour l’homme. Ici, en effet, le principe de réserve s’applique, non pas en refusant à l’âme de l’homme la plus profonde bénédiction de la grâce pour les besoins les plus profonds, mais en ne fournissant rien de plus que ce qui était bon que l’homme apprenne sur le sujet. Il en a assez dit, mais quiconque veut prendre la peine de se référer à Jude en rapport avec ce chapitre, récoltera plus qu’il n’y paraît au premier abord. Il n’est pas besoin d’en dire davantage pour le moment. Dieu Lui-même n’a touché ce sujet que brièvement.

Juste une remarque quand même : à mon avis, « les fils de Dieu », ici, sont les mêmes êtres qu’en Job (1:6). Ce point suffit à indiquer leur culpabilité principale consistant à franchir les limites fixées par Dieu à Ses créatures. Il n’est pas étonnant qu’une ruine totale s’en est suivie rapidement. C’est en réalité la base factuelle de beaucoup d’histoires de la mythologie que les hommes ont arrangées. Quiconque connaît les principaux écrits de l’ancien monde idolâtre, grec et romain en particulier, verra que ce que Dieu a voilé dans ce bref récit, qui survole calmement les choses dont il vaut mieux ne pas en dire plus, c’est ce que ces écrits ont amplifié avec les Titans, les géants et leurs grandes divinités. Je n’entre bien sûr pas dans les détails, mais le récit inspiré brille au milieu des horreurs de la sombre scène dépeinte par les fabulistes. Dans ce que l’homme a amplifié, on trouve suffisamment qui corresponde à ce qui, en vérité, est affirmé ici en quelques mots simples.


6.2 - [Genèse 6:3-10]

Le déluge s’ensuit. Dans le récit donné par Moïse, chaque détail illustre magnifiquement la justesse de la parole de Dieu. Les hommes ont imaginé des contradictions ; ils se sont repliés sur la ressource ancienne selon laquelle il y aurait une combinaison de documents opposés. Or il n’y a pas la moindre raison d’avoir des soupçons. C’est le même historien inspiré qui présente le sujet sous des angles différents, mais toujours de manière cohérente et avec un dessein divin qui régit tout. Tout grand écrivain, on peut même dire tout le monde, fait la même chose dans la mesure où on peut. Si vous parlez dans l’intimité de la famille, vous n’adoptez pas le même langage envers vos parents, votre épouse, vos enfants ou vos domestiques, encore moins envers un étranger à l’extérieur. Y a-t-il alors lieu de supposer une contradiction ? Les deux peuvent être parfaitement justes et absolument vrais, mais il y a une différence de manière et de phraséologie, à cause de la différence d’interlocuteur. Il n’en est pas autrement avec la parole de Dieu, sauf que toutes les illustrations sont insuffisantes pour mesurer la profondeur des différences qu’on y trouve.


6.3 - [Genèse 6:11-22]

Il est donc dit « la terre était corrompue devant Dieu, et la terre était pleine de violence ». Ici, ce n’est pas « l’Éternel » mais « Dieu ». « Et Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre ». Que fait-Il alors ? Il dirige la construction de l’arche. Dans quel but ? Celui de préserver les créatures, lesquelles ont besoin de l’arche. C’est pourquoi Il ordonne que deux de chaque espèce y soient emmenés. Nous pouvons facilement voir le bien fondé de cela. C’est très simplement une mesure pour perpétuer la créature par Dieu le Créateur, malgré un jugement imminent. Cela n’a rien à voir avec des relations morales. Dieu le Créateur voulait conserver les créatures abritées dans l’arche. Ici, il n’est parlé que des paires qui entrent.


7 - [Genèse 7]

7.1 - [Genèse 7:1-5]

Nous voyons ici un autre ordre de faits. Le chapitre s’ouvre ainsi : « Et Éternel dit à Noé : Entre dans l’arche, toi et toute ta maison ». Est-ce simplement pour la conservation de la créature ? Non. C’est le langage de Celui qui est en relation spéciale avec Noé et sa famille. « Entre dans l’arche », dit-il, « car je t’ai vu juste devant moi en cette génération » (7:1). « Juste » : est-ce une question de création en tant que telle ? Non, c’est une question de relation morale. « Car je t’ai vu juste devant moi dans cette génération. De toutes les bêtes pures tu prendras sept par sept, le mâle et sa femelle, et des bêtes qui ne sont pas pures, deux, le mâle et sa femelle ; de même les oiseaux des cieux, sept par sept, mâle et femelle, pour conserver en vie une semence sur la face de toute la terre » (7:1-3). Ce qui est en vue n’est certainement pas simplement la création, mais des actions spéciales d’ordre moral. Presque chaque mot en donne la preuve. « De toutes les bêtes pures tu prendras sept par sept, … et des bêtes qui ne sont pas pures, deux » (7:2). Dieu ne pourvoit pas simplement à la perpétuation de la créature, mais Il pourvoit de manière remarquable et complète au sacrifice. Par conséquent, nous voyons ce souci parfait du maintien de Ses droits et de Sa place en tant que Celui qui gouverne moralement. « Et Noé fit selon tout ce que l’Éternel lui avait commandé » (7:5).

Ainsi, en rapport avec Sa position de Créateur, Dieu préserve deux couples d’animaux de chaque espèce ; en rapport avec Son gouvernement moral, Il en a voulu sept dans l’arche — sept couples d’animaux de chaque espèce pure ; quant aux impurs, Il n’en a voulu que juste assez pour préserver ce qu’Il avait créé. Il est donc évident que dans un cas nous avons ce qui était nécessaire en général, et dans l’autre cas ce qui était particulier et dû à la relation dans laquelle l’homme était placé avec l’Éternel. Ainsi, nous voyons tout de suite qu’au lieu que ces merveilleuses communications ne soient que des légendes plus ou moins tardives groupées par un éditeur plus moderne, qui tentait de faire quelque chose de complet en enchaînant ce qui ne cadrait pas, c’est au contraire l’Esprit de Dieu qui a donné différents côtés de la vérité, chacun se rapportant au titre et au style convenant à Dieu selon ce dont Il s’occupait. Sortez ces communications de leur ordre et tout devient confus ; prenez-les comme Dieu les a écrites, et il y a une perfection dans la mesure où vous les comprenez.


7.2 - [Genèse 7:6-16]

Dans ce qui suit, nous trouvons de quoi démontrer encore plus la folie de ces prétendus arrangements de légendes : « Et ce qui entra, entra mâle et femelle, de toute chair, comme Dieu (Elohim) le lui avait commandé. Et l’Éternel ferma l’arche sur lui » (7:16). Les deux termes [Dieu et l’Éternel] sont ici dans le même verset ; n’y a-t-il pas une convenance évidente pour chacun ? Incontestablement. — Ils sont entrés mâles et femelles. Quelle est l’idée ? Une relation morale ? Pas du tout. « Mâle et femelle » a trait à la constitution de la créature, absolument pas à trait à une relation morale. Dieu agit selon Ses droits et Sa sagesse dans la création en choisissant mâle et femelle et par conséquent, il est dit « comme Dieu (Elohim) le lui avait commandé ». — Mais quand tout cela est fait, qui a enfermé Noé ? c’est « Éternel » (Jehovah). Là, nous avons le plaisir pris dans l’homme qui avait trouvé grâce à Ses yeux. Il ne fait aucun doute que ce simple acte aurait pu être effectué d’autres manières. Noé aurait pu avoir été rendu capable de s’enfermer ; mais combien il est plus heureux que ce soit l’Éternel qui l’ait fait ! Il n’y avait alors aucune peur. S’il avait été simplement dit qu’Elohim l’avait enfermé, cela aurait juste suggéré les soins du Créateur pour toutes Ses créatures ; mais le fait que ce soit l’Éternel qui l’enferme souligne une relation spéciale, ainsi que l’intérêt porté à cet homme juste. Quoi de plus beau au bon moment ?

Ainsi, une particularité de l’Écriture, quand elle est comprise, est pleine de vérité, car elle a sa source dans la sagesse de Dieu, et non pas dans une infirmité humaine. Si nous ne le voyons pas tout de suite, c’est simplement à cause de notre lourdeur à comprendre. Lorsque nous commençons à entrer dans sa signification réelle et à tenir ferme la vérité visée, la théorie Élohistique / Jéhoviste, et les écrits correspondants, s’évanouissent dans le néant. J’avoue l’ignorance humaine, y compris la mienne, mais il n’y a pas un seul cas où Dieu n’a pas employé le terme le meilleur à tous égards. En fait, aucun langage ne saurait mieux exprimer la vérité que celui employée par Dieu.


8 - [Genèse 8]

8.1 - [Genèse 8:1-19]

Au ch. 8 on voit que Dieu se souvint de Noé et de tous les êtres vivants (8:1). Il n’aurait pas été utile au propos de Dieu de dire « l’Éternel se souvint de tous les êtres vivants » parce que tous les êtres vivants n’étaient pas en relation morale avec Dieu. Noé, lui, l’était sans aucun doute ; mais ici comme ailleurs, le but du v.1 n’est pas d’attirer l’attention sur ce qui est spécial [la relation de Noé distincte de celle des autres êtres vivants].

En temps voulu, l’arche a reposé sur le mont Ararat (8:4), puis suit l’incident d’une beauté saisissante du corbeau et de la colombe qui a souvent été présenté et nous pouvons passer outre. Ensuite, Dieu dit à Noé de sortir — lui et toutes les autres créatures.


8.2 - [Genèse 8:20]

« Et Noé bâtit un autel… » (8:20) : à qui ? À Dieu ? Non, à l’Éternel, ce qui est tout à fait approprié. On ne pourrait transposer ces deux titres sans perte. Il prit alors, est-il dit « de toute bête pure et de tout oiseau pur ». C’était pour l’Éternel (c’est de Lui qu’il est question), et c’est la relation de Noé qui apparait. C’est au lieu où il se trouvait, qu’il a été rendu témoignage par l’offrande d’un sacrifice. Et là, l’Éternel accepta (flaira) l’odeur agréable, et déclara : « Je ne maudirai plus de nouveau le sol à cause de l’homme, car l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse » (8:21).


8.2.1 - [Grâce de Dieu qui donne une promesse en pleine connaissance du mal de l’homme]

Ici encore, on observe la vérité transparente et cohérente de l’Écriture. Il se peut, au premier abord, que la déclaration nous semble inexplicable, mais une fois qu’on l’a soigneusement pesée et qu’on y a réfléchi, sa pertinence devient manifeste. Le fait que l’homme était mauvais a été le motif pour le déluge, chacun le sait ; mais quelle profondeur de grâce dans la déclaration que Dieu connait parfaitement l’état de ruine de l’homme au moment même où Il promet qu’il ne surviendra plus de déluge sur la terre ! Voilà ce qui nous est présenté ici.


8.2.2 - [Dieu agit maintenant sur la base du fait qu’il y a le péché universel]

Nous entrons donc ici dans un tout nouvel état de choses, et une vérité d’importance capitale à considérer pour quiconque ne l’a pas déjà fait sienne. Quelle était la raison de ce que Dieu tardait à agir dans la période précédente [avant le déluge] ? L’absence de mal sur la terre ? [non] ; l’innocence de l’homme ? [non] ; que le monde était sans péché, non déchu ? [non]. Quel est le fondement de la manière d’agir de Dieu maintenant ? C’est que l’homme est déchu et la créature est soumise à la vanité [Rom. 8:20]. Si Dieu tarde à agir maintenant, cela vient du fait que le premier homme est dans le péché. Si vous oubliez la chute, si vous ne la considérez pas et que vous testiez toutes choses dans cet état d’esprit, alors vous êtes sûr de vous tromper à tous égards. Juste après Christ Lui-même, et ce que nous avons par Lui et en Lui, le plus important est de confesser la vérité que Dieu est Créateur et que Sa création est en ruine. Si vous ne vous rappelez pas constamment que, dans toutes ses relations avec l’homme, Dieu agit maintenant sur la base du fait solennel qu’il y a le péché, originel et universel, votre jugement sur Dieu et sur l’homme sera faussé, et votre estimation du passé et vos attentes de l’avenir seront toutes vaines.


8.2.3 - [Le fondement de l’action de Dieu sera-t-il toujours le même ?]

En sera-t-il toujours ainsi ? Nullement. Il y a un jour à venir où le fondement de l’action de Dieu ne sera ni l’innocence ni le péché, mais la justice. Mais ce jour est encore à attendre, le jour de l’éternité, celui des « nouveaux cieux et de la nouvelle terre ». C’est une véritable joie de savoir que ce jour s’approche ; mais jusqu’alors, la scène et le domaine matériel où Dieu agit et qu’Il a toujours devant Lui, c’est un monde ruiné, ruiné par l’homme pécheur.


8.2.4 - [Intervention de Christ et triomphe de la grâce]

Grâces soient rendues à Dieu, Quelqu’un est venu qui était devant Dieu en odeur agréable sans défaut [ou : en parfum de bonne odeur, Éph. 5:2], de sorte que si le péché est à l’arrière-plan, il ne peut qu’y avoir aussi que ce que Lui introduit de Sa propre grâce. Si Son serviteur commandait à d’autres de voir l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde [Jean 1:29], combien plus Dieu Lui-même voit-Il Christ et Son sacrifice ! Faut-il dire qu’en ce qui concerne son efficacité et le plaisir que Dieu y prend, Dieu n’attend pas les nouveaux cieux et la nouvelle terre, ni pour en jouir Lui-même, ni pour nous en faire connaître la valeur ? En bref, Christ est intervenu, et la conséquence de la plus grande portée s’y rattache, à savoir que, même si tout manifeste de plus en plus le mal et la ruine, Dieu a triomphé par la grâce et par la foi après la chute et avant « les nouveaux cieux et la nouvelle terre, où la justice habite » (2 Pierre 3:13). Dieu, ayant introduit Son propre Fils, a remporté la victoire, dont Il nous donne les fruits par la foi, avant même que notre possession soit bientôt manifestée.


8.2.5 - [Les dispensations dans le vrai sens du terme ne commencent qu’après le déluge]

Qu’il suffise de se référer au grand principe que le théâtre des âges (époques) ou dispensations de Dieu, c’est le monde depuis le déluge. C’est une erreur d’inclure le monde avant le déluge parmi les dispensations. Il n’y avait pas de dispensation proprement dit avant le déluge. Quelle dispensation pouvait-il y avoir ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Lorsqu’il a été interdit à l’homme au Paradis de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il a immédiatement enfreint le commandement, dès le premier jour semble-t-il. On ne peut pas affirmer expressément qu’il en a été ainsi, mais il faut certainement supposer que peu de temps a pu s’écouler après avoir reçu la femme, son épouse. Le fait manifeste dont on a le récit est que sa première action a été de rejoindre sa femme dans le malheureux péché. Quelle dispensation (quel âge) y a-t-il eu ici ? Qu’est-ce qui a suivi ensuite ? Il n’y a plus eu de mise à l’épreuve au Paradis puisque l’homme en a été chassé. Par quel test a-t-il été mis à l’épreuve à l’extérieur du Paradis ? Par aucun. L’homme, la race, sont simplement devenu des parias moralement, rien d’autre, — à parti de ce jour-là et jusqu’après le déluge. Dieu a certes opéré en grâce avec des individus, comme nous l’avons vu avec Abel, Hénoc et Noé. Il y a eu aussi la merveilleuse image de la délivrance par Christ dans l’arche — si familière pour la plupart. Mais il est évident qu’il n’y a pas eu de dispensation dans le vrai sens du mot. Il y a eu une épreuve de l’homme en Éden et il est tombé aussitôt ; après cela, il n’y en a plus eu aucune dans le monde antédiluvien. L’histoire implique que, désormais, il était permis à l’homme d’agir sans loi extérieure ni gouvernement pour contrôler, bien que Dieu n’ait pas manqué d’agir dans Sa bonté miséricordieuse, dans Sa souveraineté.


9 - [Genèse 9]

9.1 - [Genèse 9:1-11]

Mais après le déluge, nous découvrons qu’une alliance est faite avec la terre : le principe du gouvernement est établi. Nous entrons maintenant sur la scène et le temps des dispensations. On voit la raison pour laquelle, auparavant, l’homme n’avait pas été puni par des juges, alors qu’après le déluge, il y a eu des procédures gouvernementales et judiciaires. Sur la terre postdiluvienne, Dieu a établi des principes qui ont subsisté tout du long


9.2 - [Genèse 9:12-17]

Ceci peut alors être suffisant. Comme marque de l’alliance de Dieu avec la terre, je peux simplement me référer, en passant, à l’établissement de l’arc en ciel dans la nuée comme étant le signe de la miséricorde d’Élohim.


9.3 - [Genèse 9:18-29]

La fin de ce chapitre montre que l’homme par le moyen duquel le principe du gouvernement humain a été établi, n’a pas pu se gouverner lui-même. C’est la vieille histoire classique : l’homme est mis à l’épreuve, mais il échoue comme d’habitude.

Cela donne l’occasion de manifester une grande différence entre les fils de Noé, ainsi que des paroles solennelles que le père prononça avec un esprit de prophétie. « Maudit soit Canaan » est d’un intérêt profond, en particulier pour un Israélite, mais également pour quiconque apprécie la révélation de Dieu. Par la suite, on peut voir à quel point la malédiction a été vérifiée, et elle le sera encore davantage. Le péché a commencé par un manque de respect total envers un père. Sans parler de la destruction des villes de la plaine, les hommes de Canaan ont sombré, à l’époque de Josué, au niveau des pécheurs les plus éhontés qui aient jamais déshonoré Dieu et souillé la terre. Le croyant peut facilement comprendre comment Noé a été conduit divinement à prononcer une juste malédiction sur Canaan (*). « Maudit soit Canaan, il sera l’esclave des esclaves de ses frères ». Il en est toujours ainsi. Un homme qui méprise celui qu’il est tenu d’honorer, sans parler de la distinction spéciale que Dieu lui avait montrée, tombera dans la honte et la dégradation, et il doit non seulement être esclave, mais « esclave des esclaves ». Plus l’orgueil est démesuré, plus la chute est profonde.


(*) Du fait que Canaan a tiré son père dans un dévoilement honteux, chacun peut voir à quel point la sentence était juste. En tout cas, c’était de la miséricorde de limiter la malédiction certainement méritée par Cham, dans des limites très étroites au lieu de l’étendre à toute sa postérité. Dans le jugement, comme dans la grâce, Dieu est toujours sage.


Mais d’autre part, « béni soit l’Éternel le Dieu… » — car Dien ne s’attarde pas sur la malédiction, mais se tourne bientôt vers la bénédiction — « Béni soit l’Éternel, le Dieu de Sem ; et que Canaan soit son esclave ! » Et quant à Dieu, il est dit : « Que Dieu élargisse Japheth, et qu’il habite dans les tentes de Sem ». Je n’ai pas besoin de démontrer à quel point cette déclaration s’est traduite dans l’histoire providentielle du monde — comment l’Éternel Dieu a rattaché Son nom à Sem, à l’humiliation de Canaan, ni comment Dieu a élargi Japheth qui allait se répandre bien au-delà de la portion qui lui était allouée, jusque dans les tentes de Sem, où Canaan serait là aussi humilié. La race énergique de Japheth a poussé vers l’ouest, et non contente de l’est, elle a fait le tour jusqu’à l’ouest — n’importe où et partout. Dieu se montre dans chaque mot qu’Il prononce. Ces quelques mots de Noé contiennent une petite clé de l’histoire du monde.


10 - [Genèse 10]

On a ensuite les générations des fils de Noé. Sans prétendre entrer dans les détails, je peux faire remarquer que, dans la Bible, il n’y a pas de chapitre plus important que Gen. 10 en ce qui concerne l’arrangement providentiel des langues, familles et nations. C’est ici seulement qu’on a l’émergence des différentes races, avec leur origine. Qui d’autre aurait pu dire comment et quand la terre a été ainsi divisée ? C’était en effet un nouvel état de choses, non seulement totalement différent du monde avant le déluge, mais qui n’a existé que longtemps après, y compris la répartition par pays. C’est de l’ethnologie divine. Ici l’homme est tout désorienté devant toutes ces générations, mais en conclusion on trouve seulement trois divisions ou lignées à partir desquelles les nations divergent, et pour autant que je sache, il y a un consensus sur ce point chez tous ceux qui se sont penchés sur la question. C’est ce qu’on a ici ; et la parole de Dieu est encore avant dans le temps. Et l’Écriture déclare que ces trois divisions ont une origine, une racine, commune. Tous les hommes dignes d’être écoutés et qui ont étudié la question sont de cet avis. La parole de Dieu est toujours juste. Les détails sont du plus haut intérêt, surtout en rapport avec les résultats prédits pour les derniers jours, où nous voyons les mêmes pays et nations réapparaître pour le jugement du jour de l’Éternel. Nous ne pouvons pas nous arrêter maintenant sur la preuve de ces choses.


11 - [Genèse 11]

Le ch. 11 s’ouvre sur le péché de l’homme qui a conduit à la division décrite au ch. 10 ; c’était la raison morale de ce fait, nouvelle à ce moment-là, mais qui perdure toujours en substance, quels que soient les changements superficiels parmi les hommes dans leurs pays, leurs langues et leurs répartitions politiques. Jusque-là, ils avaient été d’une seule langue, mais ils s’associent maintenant pour se faire un nom, de peur d’être dispersés, non pas pour exalter Dieu ou se confier en Lui. Ils eurent leurs langages confondus et furent dispersés. « Alors l’Éternel les dispersa de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on appela son nom Babel – confusion ; parce que l’Éternel confondit le langage de toute la terre ; et de là, l’Éternel les dispersa sur la face de toute la verre » (11:8-9).

La généalogie de Sem se poursuit jusqu’à Abram, avec la durée de vie décroissant progressivement ; le reste du chapitre est ainsi le lien de transition de l’histoire du monde tel qu’il était alors, et tel qu’il est encore dans son principe. Nous arrivons finalement à celui en qui Dieu introduit des principes entièrement nouveaux dans Sa propre grâce pour faire face à un mal nouveau et monstrueux : l’idolâtrie. C’est Josué 24 qui nous apprend ce mal effronté contre Dieu ; il s’était alors largement répandu, y compris dans la race de Sem, même si nous n’en entendons jamais parler dans l’Écriture, malgré tous les dérèglements sans frein de l’homme par d’autres moyens avant le déluge. Mais ici, je m’arrête pour l’instant.

Puissions-nous nous confier non seulement à l’Écriture, mais à Celui qui l’a donnée ! Puissions-nous chercher à recevoir de plus en plus l’enseignement de Sa vérité en nous appuyant sur Sa grâce ! Il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité (Ps. 84:11) ; et il n’y a pas d’autre chemin que Jésus Christ, notre Seigneur.


12 - [Sommaire des ch. 1 à 11]

Nous avons eu jusqu’ici le récit divin de ce que Dieu a fait ; ensuite l’épreuve et la ruine complète de la créature, avec la révélation de la miséricorde divine en Christ le Seigneur. Nous avons eu ‘in fine’ le jugement du monde d’avant le déluge, puis l’histoire universelle, on peut dire, des origines des nations, — en comparaison de laquelle il n’y a rien de sûr, même aujourd’hui, en dépit de toutes les prétentions des hommes. Leur histoire vraie, la plus complète qui soit malgré son caractère succinct, se trouve dans ce seul court chapitre 10. Le ch. 11 révèle la raison morale de cette dispersion qui a été auparavant présentée simplement comme un fait. Alors l’Esprit de Dieu aborde non seulement l’origine de cette nation qu’Il allait former pour Sa propre louange et Sa propre gloire sur la terre, mais aussi la lignée régulière de la famille choisie, donnée dans ses générations successives depuis Sem jusqu’à Abram.


13 - Genèse 12

13.1 - [Ce que le ch. 12 introduit de nouveau]

Ceci introduit Genèse 12 sur un terrain entièrement nouveau. Il est évident que l’on entre ici dans une atmosphère sensiblement différente. Ce n’est plus l’homme en tant que tel, mais un homme séparé par Dieu vers Lui-même, et ceci par une promesse donnée à quelqu’un de choisi et d’appelé — une racine et une souche nouvelle. Ce sont des principes que Dieu n’a jamais abandonnés depuis, et qu’Il n’abandonnera jamais. Laissez-moi répéter qu’il ne s’agit plus de l’humanité comme jusqu’ici, ni des nations seulement, mais nous avons l’appel de Dieu vers Lui-même — le seul moyen de salut là où la ruine est entrée, avant que le jugement ne prenne la défense de la nature et de la volonté de Dieu en puissance. Car nous savons par ailleurs que l’idolâtrie prévalait alors parmi les hommes, y compris parmi les descendants de Sem ; et voilà qu’un homme a été appelé à en sortir par le vrai Dieu et vers Lui sur un principe qui n’a ni changé ni jugé (si ce n’est moralement) les associations du monde nouvellement formées [ch. 10] ; mais ce principe a mis à part celui qui a obéi aux promesses divines avec de meilleures espérances.

C’est donc Abram qui a été l’objet de Son choix. Je ne nie pas que Dieu ait fait des choix auparavant ; mais cela devient maintenant un principe publiquement affirmé. Ce n’a pas été seulement un appel connu secrètement de celui qui en était l’objet, mais il y a eu désormais quelqu’un de mis à part pour Dieu par un appel venant de Lui et constitué comme


Car ce qui, pour les pensées étroites de l’homme, pourrait paraître une rupture austère d’avec son entourage, avait en fait franchement le but de sécuriser la bénédiction divine et éternelle, — non pas seulement pour lui-même et pour sa descendance, mais le but était de sécuriser un courant intarissable de bénédictions qui ne manqueraient jamais à toutes les familles de la terre. Cela reste encore à montrer par Dieu. Pour l’instant cela a été réduit à néant comme tout le reste de ce qui est dans les mains de l’homme ; mais Dieu prouvera encore à la face de ce monde comment, dans son appel d’Abram, Il a opéré vraiment et divinement, dans l’intérêt de l’homme lui-même, aussi bien que pour Sa propre gloire.


13.2 - [Genèse 12:1-7a]

Abram sort donc au commandement de Dieu ; il quitte son pays, mais tout d’abord, nous trouvons une mesure d’infirmité qui l’entrave. Il y avait quelqu’un qui s’accrochait à l’homme appelé, et dont la présence a toujours été un obstacle : la compagnie de quelqu’un qui n’est pas dans l’appel a toujours cet effet. Térakh n’était pas l’objet de l’appel, et pourtant il était difficile de refuser sa compagnie ; mais l’effet était grave, car tant que Térakh était là, Abram n’a pas atteint Canaan. Térakh meurt (car le Seigneur, dans sa grâce, contrôle les choses en faveur de ceux dont le cœur est simple, même au milieu de faiblesse) ; et maintenant « ils sortirent pour aller au pays de Canaan ; et ils entrèrent au pays de Canaan ». Le Cananéen, est-il ajouté, était alors dans le pays (*). « Et l’Éternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta semence. Et [Abram] bâtit là un autel à l’Éternel, qui lui était apparu ».


(*) Il est absolument sans fondement de déduire que ces paroles, ou celles de Gen.13:7, impliquent que les Cananéens et les Phéréziens avaient été chassés du pays au moment où l’écrivain de ces chapitres vivait. Ces passages montrent que les premiers, sinon les seconds, étaient dans le pays quand Abram y entra, et que les deux y étaient établis quand il revint d’Égypte. Que ce fût une épreuve pour le patriarche, on le comprend aisément, mais il n’a pas eu à attendre jusqu’au temps de Moïse, et encore moins jusqu’aux jours de Josué, pour savoir qu’ils étaient condamnés, ainsi que tous les autres gêneurs. Voir Gen.15:16, 18-21. Nul doute que leur expulsion était encore à venir, mais l’écrivain, comme Abram, croyait en l’Éternel, qui sait et révèle la fin dès le commencement.


13.3 - [Genèse 12:7b]

Nous trouvons ici pour la première fois le principe si cher à nos cœurs, celui de l’adoration de Dieu fondée sur une manifestation spéciale de Lui-même (il doit toujours en être ainsi). L’homme ne peut pas déterminer par raisonnement ce qui est un motif d’adoration. Elle découle de l’apparition de l’Éternel, et nous est présentée comme en découlant. Ce n’est plus maintenant simplement l’appel, mais l’Éternel « apparut » à Abram. La vraie adoration doit trouver sa source dans le Seigneur, connu dans ce qui est en quelque mesure une figure de la connaissance personnelle de Lui-même. Ce n’est pas seulement ainsi une bénédiction conférée, mais une bénédiction en Lui-même lorsqu’Il est connu. Bien sûr personne ne veut nier le fait que, jusqu’à ce qu’Il fût connu dans la révélation de Son propre Fils par la puissance du Saint Esprit, il ne pouvait pas y avoir ce que nous comprenons maintenant, à savoir « l’adoration en esprit et en vérité » ; mais au moins le principe en est mis en avant.

Il y a autre chose aussi à observer ici : ceci ne pouvait avoir lieu qu’en Canaan. Il n’y avait pas d’adoration en Mésopotamie, ni aucun autel qui en fût le symbole. Il n’y en eut pas non plus à Charan. C’est en Canaan qu’on en voit un pour la première fois. Canaan est le type clair de ce terrain céleste où nous savons que Christ est maintenant. Ainsi nous trouvons d’abord l’Éternel qui se révèle personnellement Lui-même, et ceci en relation avec ce qui vient juste d’être le type des lieux célestes. Ce sont là clairement les deux racines de l’adoration comme ce passage instructif les place devant nous.


13.4 - [Genèse 12:8]

Ensuite, Abram se déplace à l’intérieur du pays ; il plante sa tente ailleurs. C’était très important. Il était un pèlerin, non pas un colon dans le pays. Il était autant pèlerin dans le pays qu’avant d’y venir. Il est évident qu’il était un pèlerin quand il quitta tout ce qui lui était cher, pays, et parenté, et maison de son père ; mais une fois dans le pays, il ne s’est pas établi. Il continue à planter sa tente, mais il bâtit aussi son autel. Qui peut hésiter à dire que dans le pays Abram a acquis une intelligence à caractère plus réellement céleste ? La promesse d’un pays de la part de Dieu l’avait fait sortir de son propre pays — hors de ce qui est une figure de la terre ; mais une fois en Canaan, Dieu lui fait lever les yeux au ciel, au lieu de les laisser se reposer sur le monde. Et c’est justement ce que l’épître aux Hébreux nous montre, — non seulement la foi qui l’a amené dans le pays, mais la foi qui l’a maintenu comme étranger une fois qu’il y a été. C’est effectivement précieux, et c’est exactement la foi d’Abram.

Nous avons ensuite Son adoration en relation avec son caractère de pèlerin maintenu dans le pays de la promesse.


13.5 - [Genèse 12:9-20]

Nous avons ensuite autre chose, — non pas une simple infirmité, mais, hélas, une faute — une faute grave et publique. Celui qui était sorti à l’appel de Dieu, l’étranger dans le pays que Dieu lui avait donné, craignant la pression des circonstances, descend vers le grenier de la terre, le pays qui se vantait de ressources inépuisables. Abram y va de sa propre initiative, sans Dieu et sans Sa parole. Non seulement il n’y a pas d’autel là, mais il est moralement sans la direction et sans la protection de la puissance divines. Abram manque misérablement. Ne dites pas que nous dénigrons ce précieux homme de Dieu ; il s’agit plutôt de ressentir et de confesser ce que nous sommes, ce qui fait autant partie de notre devoir de chrétiens (aussi bas que ce soit) que d’adorer ce qu’est Dieu dans Sa propre excellence pour nos âmes. La chair n’est pas meilleure chez un Abram que chez n’importe qui d’autre. Elle est le même bourbier ruineux quand on s’y confie, partout, chez tous et en toutes circonstances. Et c’est là qu’Abram (qui avait déjà manqué dans l’incrédulité qui l’avait conduit à rechercher l’Égypte, loin du pays dans lequel Dieu l’avait appelé) renie sa femme, l’exposant au danger imminent de souillure ; et là il n’apporte pas la bénédiction sur les familles de la terre, mais une plaie de la part de l’Éternel sur le Pharaon et sur sa maison. Abram prouve ainsi l’incapacité profonde à la fois de bénir les autres et de se préserver soi-même quand on s’éloigne du lieu où Dieu nous a appelés.