Les parfums

SLE vol. 4 p.480-482

Les parfums de l’Écriture sont au nombre de douze. Les huit premiers, deux groupes de quatre, se trouvent dans la composition de l’huile de l’onction sainte et de l’encens composé (parfums du sanctuaire) ; les quatre derniers sont dans le Cantique des Cantiques.

Les parfums du sanctuaire (Ex. 30:22-38)

Ils représentent les perfections morales vues en Jésus, dans son humanité sainte et sans péché, dans sa gloire « comme d’un fils unique de la part du Père », et dans ses souffrances comme homme de douleurs.

Quatre drogues composent l’huile de l’onction :

La Myrrhe franche

C’est une résine très amère et d’odeur agréable. Lorsqu’elle s’écoule librement de l’arbre, elle est nommée « myrrhe franche ». Elle présente les souffrances de l’homme de douleurs (És. 53:3), méprisé des hommes et ressentant profondément l’indifférence et l’incrédulité des siens (Cant. 5:5 ; Marc 14:50, 66-72). La myrrhe nous parle aussi de l’amertume de la mort acceptée en pleine obéissance par le Fils de Dieu (Marc 14:32-42).

Le Cinnamome aromatique

C’est aussi le cannelier dont le feuillage est toujours vert ; il répand au loin son parfum. C’est une image de l’humanité parfaite de Christ, dont le nom est « un parfum répandu » et qui a la vie en lui-même. Dans un monde corrompu par le péché et portant le sceau de la mort (Éph. 2:3), Christ reçut le parfait témoignage de la satisfaction de son Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai trouvé mon plaisir » (Matt. 3:17 ; 17:5).

Le Roseau aromatique

On le recueillait dans les marécages. Bien que toute la plante soit parfumée, l’aromate était surtout extrait de la racine qui plongeait « dans la boue profonde » (Ps. 69:2). Le roseau qui plie sous le vent nous montre Christ participant en sympathie aux épreuves qui courbent et froissent les hommes ; il ne brise pas le roseau froissé (És. 42:1-3). Remarquons que, pour obtenir le parfum, on devait broyer la plante : quelle image saisissante des souffrances de Christ !

La Casse

Fruit d’un grand et bel arbre, elle symbolise la beauté (Job 42:14) et la gloire. L’évangéliste dit de Christ : Nous vîmes sa gloire ; une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père » (Jean 1:14). C’est le thème du « Cantique du Bien-aimé » : « Tu es plus beau que les fils des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres ». Ses vêtements aussi sont « myrrhe, aloès et casse » (Ps. 45:8), car ses souffrances et sa mort font partie de sa gloire en résurrection.
Préparés avec un hin d’huile d’olive, ces aromates constituent « l’huile de l’onction sainte ». Les poids de roseau aromatique et de cinnamome correspondent respectivement aux poids de la myrrhe et de la casse, montrant ainsi que les perfections morales et la douceur de Christ sont à la mesure de ses souffrances et de sa gloire.

Quatre drogues composent l’encens :

Le Stacte

On trouve parfois, au cœur d’une larme de myrrhe, une goutte de liqueur qui, desséchée dans une étuve se réduit en poudre : c’est le stacte. Caché aux regards de l’homme, il représente les plus profondes souffrances de Christ, celles que Dieu seul peut sonder. L’angoisse du Seigneur Jésus à Gethsémané, les terreurs de l’abandon de son Dieu et de sa colère pendant les trois heures de ténèbres, en sont deux exemples. Quel parfum est alors monté vers Dieu, quand notre Sauveur lui disait : « Et toi, tu es saint… » (Ps. 22:3) !

La Coquille odorante

Elle provient du fond de la mer et doit être broyée pour livrer son parfum. Elle évoque donc les souffrances de Christ sous les vagues du jugement de Dieu (Ps. 42:7 ; Jon. 2:3-10). Du sein de l’abîme et depuis la profondeur des eaux qui passaient sur son âme, un parfum incomparable est ainsi monté jusqu'à Dieu.

Le Galbanum

Cet ingrédient a, par lui-même, une odeur âcre et désagréable, mais il ajoute de la force aux autres parfums. Christ, à cause de ses perfections et de ses enseignements sans flatteries, ne pouvait être « goûté » par les hommes orgueilleux. Il était pour eux « une odeur de mort pour la mort » ; mais pour la foi, il est « une odeur de vie pour la vie » (2 Cor. 2:15, 16).

L’Encens pur

Cet encens auquel étaient associées les trois autres drogues odoriférantes, brûle avec une flamme blanche et dégage une fumée abondante ; d’où l’expression « faire fumer l’encens ». Cette fumée qui s’élevait est aussi une image de l’intercession de Christ, montant de son cœur vers Dieu (Ps. 141:2). L’encens pur est nommé à part des trois autres substances : il est le moyen par lequel leurs parfums montent vers Dieu. Mais les quatre drogues sont ensemble pilées très fin, à poids égal, ce qui évoque encore les souffrances de Christ et nous rappelle que son intercession et sa louange sont basées sur son dévouement à Dieu et sur son obéissance jusqu’à la mort de la croix. (Voir aussi Héb. 2:18).

Les aromates du Cantique des Cantiques (4:13, 14)

Ces aromates sont ceux que la « fiancée » réserve pour son bien-aimé ; mais ce sont aussi des « plants », placés dans le jardin clos, par celui à qui il appartient. Ils représentent donc les sentiments d’amour et de reconnaissance produits dans le cœur de la bien-aimée par l’amour de celui qui l’a aimée le premier. Comme toujours dans les relations du racheté avec son Sauveur, de l’épouse avec l’époux, de l’Assemblée avec Christ, c’est ce que Lui a donné et formé dans le cœur qui lui appartient qui peut lui être rendu pour la joie de son propre cœur. Nous trouvons trois aromates nouveaux : le henné et le nard, le nard et le safran ; puis deux des composants de l’huile de l’onction sainte et enfin la myrrhe, le Saint Esprit nous rappelant ainsi que Christ est dans le sanctuaire. Le quatrième aromate, l’aloès, est nommé ensuite.

Le Henné

Le Henné est une fleur blanche qui se présente en grappes odorantes. Les fleurs sont une image de la gloire et de la puissance de la résurrection. Ainsi, le Bien-aimé trouve son plaisir en sa fiancée, car il l’a rachetée de sa condition ancienne (je suis noire) elle est alors « agréable » dans le bien-aimé.

Le Nard

C’est un parfum de grand prix. Le Seigneur Jésus en a fixé la valeur : c’est l’expression d’un amour vrai, qui tient la première place dans le cœur de l’adorateur (Jean 12:3-8). C’est le parfum du culte, comme le montre l’acte de Marie de Béthanie ; il évoque la mort du Seigneur sur la croix. N’est-il pas surtout le parfum de la Cène du Seigneur, par laquelle les rachetés annoncent sa mort (1 Cor. 11:26) ?

Le Safran

De même que le henné est associé au nard, le nard est maintenant associé au safran, dont la couleur d’un jaune éclatant parle de Christ glorifié. La gloire de Christ ressuscité est ainsi liée au souvenir de ses souffrances à la croix. Soulignons que le témoignage rendu par l’Église à la mort du Seigneur est compris entre sa résurrection, (le henné) et le moment où les siens le verront face à face dans la gloire (le safran).

L’Aloès

C’est le parfum symbolique de la mort du Seigneur. Il est associé avec la myrrhe, dans l’onction du corps de Jésus (Jean 19:39) et nous rappelle qu’il dut souffrir « beaucoup » et être mis à mort. Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait prédit par la bouche de tous les prophètes, savoir que son Christ devait souffrir (Act. 3:18).
Comme Israël lorsqu’il sera bientôt planté auprès des fleuves (Nom. 24:6), l’Église déjà répand autour d’elle le parfum de la mort du Seigneur. Mais nous pensons aussi à la parole de l’apôtre Pierre : « Dieu l’a ressuscité, ayant délié les douleurs de la mort, puisqu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle » (Act. 2:14). L’aloès est essentiellement le parfum des « douleurs de la mort ».