1 Timothée « Vivre dans la piété »
Commentaires de 1:1-11, 17-20 + 3:14 à 4:16 + 5:11 à 6:21

Remmers Arend [entre crochets : ajouts bibliquest quand il s’agit des commentaires de l’auteur — mots qui ne sont pas dans le texte grec quand il s’agit de citations du texte biblique]


Traduction partielle d’après l’édition de l’ouvrage complet du commentaire en allemand sur 1 Timothée, Ed. 1986 CSV (Christliche Schrift Verlag — Bibel-Auslegung – 1.Timotheusbrief « In Gottseligkeit leben »)

[Note de traduction : Les mots « ministère » et « service » sont équivalents]


Table des matières abrégée : (abrégéepar versetsdétaillée)

1 - Chapitre 1 — La loi et la grâce

2 - Chapitre 3

3 - Chapitre 4 — Fausse doctrine, enseignement juste

4 - Chapitre 5 — Veuves et Anciens

5 - Chapitre 6 — Contentement et richesse


Table des matières par versets : (abrégéepar versetsdétaillée)

1 - Chapitre 1 — La loi et la grâce

1.1 - Ch.1:1-2

1.2 - Ch.1:3-4

1.3 - Ch.1:5

1.4 - Ch.1:6-7

1.5 - Ch.1:8-10

1.6 - Ch.1:11

1.7 - Ch.1:17 — [Doxologie]

1.8 - Ch.1:18

1.9 - Ch.1:19

1.10 - Ch.1:20

2 - Chapitre 3

2.1 - Ch.3:14-15

2.2 - Ch.3:16

3 - Chapitre 4 — Fausse doctrine, enseignement juste

3.1 - Ch.4:1 — [Égarements religieux]

3.2 - Ch.4:2

3.3 - Ch.4:3

3.4 - Ch.4:4-5

3.5 - Ch.4:6

3.6 - Ch.4:7

3.7 - Ch.4:8

3.8 - Ch.4:9-10 — [Le Dieu vivant conservateur de tous les hommes]

3.9 - Ch.4:11-12

3.10 - Ch.4:13 — [Trois activités auxquelles il fallait se consacrer]

3.11 - Ch.4:14

3.12 - Ch.4:15 — [Consécration, progrès]

3.13 - Ch.4:16

4 - Chapitre 5 — Veuves et Anciens

4.1 - Ch.5:11-12

4.2 - Ch.5:13 — [oisives, causeuses]

4.3 - Ch.5:14-15

4.4 - Ch.5:16

4.5 - Ch.5:17-18

4.6 - Ch.5:19 — [Deux ou trois témoins nécessaires en cas d’accusation]

4.7 - Ch.5:20

4.8 - Ch.5:21 — [Devant Dieu, le Christ Jésus, les anges élus]

4.9 - Ch.5:22

4.10 - Ch.5:23 — [Boire un peu de vin]

4.11 - Ch.5:24-25 — [Péchés et bonnes œuvres – visibles et cachés]

5 - Chapitre 6 — Contentement et richesse

5.1 - Ch. 6:1

5.2 - Ch. 6:2

5.3 - Ch. 6:3-5

5.4 - Ch. 6:6-7

5.5 - Ch. 6:8 — [Promesse de satisfaction des besoins primaires]

5.6 - Ch. 6:9 — Vouloir devenir riche : un piège qui mène à la ruine

5.7 - Ch. 6:10 — [L’amour de l’argent : des aspirations terrestres qui mènent à beaucoup de douleurs]

5.8 - Ch. 6:11

5.9 - Ch. 6:12

5.10 - Ch. 6:13-14

5.11 - Ch. 6:15-16

5.12 - Ch. 6:17

5.13 - Ch. 6:18-19

5.14 - Ch. 6:20-21


Table des matières détaillée : (abrégéepar versetsdétaillée)

1 - Chapitre 1 — La loi et la grâce

1.1 - Ch.1:1-2

1.1.1 - [Apôtre de Jésus Christ]

1.1.2 - [Selon le commandement]

1.1.3 - [Dieu Sauveur]

1.1.4 - [Le Christ Jésus notre espérance]

1.1.5 - [À Timothée mon véritable enfant]

1.1.6 - [Grâce, miséricorde et paix]

1.1.7 - [De la part de Dieu le Père]

1.2 - Ch.1:3-4

1.2.1 - [Je t’ai prié de rester à Éphèse]

1.2.2 - [Que tu ordonnes à certaines personnes de ne pas enseigner des doctrines étrangères]

1.2.3 - [Fables et généalogies]

1.2.4 - [Produire l’administration de Dieu]

1.3 - Ch.1:5

1.3.1 - [Le but final du ‘commandement’ ou ‘ordonnance’]

1.3.2 - [L’amour qui procède d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère]

1.3.3 - [Le cœur pur]

1.3.4 - [La conscience bonne]

1.3.5 - [La foi sincère]

1.4 - Ch.1:6-7

1.5 - Ch.1:8-10

1.5.1 - [Règle de vie du chrétien — morts à la loi]

1.5.2 - [Pourtant la loi est bonne — L’usage légitime de la loi]

1.5.3 - [Péchés que la loi condamne : groupage 4x2 + 2x3]

1.5.4 - [Ce qui est opposé à la saine doctrine : vérité et sainteté vont de pair]

1.6 - Ch.1:11

1.6.1 - [La loi et l’évangile de la gloire]

1.6.2 - [Le Dieu bienheureux — les titres de Dieu]

1.7 - Ch.1:17 — [Doxologie]

1.8 - Ch.1:18

1.8.1 - [De nouveau l’ordonnance (ordre donné)]

1.8.2 - [Prophéties au sujet du don de Timothée]

1.8.3 - [Imposition des mains]

1.8.4 - [Un bon combat]

1.9 - Ch.1:19

1.9.1 - [Garder la foi]

1.9.2 - [Une bonne conscience]

1.10 - Ch.1:20

1.10.1 - [Hyménée et Alexandre]

1.10.2 - [Livrer à Satan et discipline de l’assemblée]

1.10.3 - [Livrer à Satan : nature du châtiment et son objectif]

2 - Chapitre 3

2.1 - Ch.3:14-15

2.1.1 - [Inspiration de la Parole de Dieu]

2.1.2 - [Centre de l’épître]

2.1.3 - [Responsabilité quant à la conduite, et connaissance des pensées de Dieu. Contenu de l’épître]

2.1.4 - [L’assemblée en tant que maison de Dieu]

2.1.5 - [L’assemblée du Dieu vivant mise à part pour être Colonne et soutien de la vérité]

2.2 - Ch.3:16

2.2.1 - [Le mystère de la piété]

2.2.2 - [Six fondements de la relation de Dieu avec les hommes]

2.2.3 - [Discussion du texte exact du v.16 : « Dieu » ou « Lui qui »]

2.2.4 - « Justifié en Esprit »

2.2.5 - « Vu par (les) anges »

2.2.6 - « Prêché parmi (les) nations »

2.2.7 - « Cru au monde »

2.2.8 - « Élevé dans la gloire ».

2.2.9 - [Conclusion sur le mystère de la piété]

3 - Chapitre 4 — Fausse doctrine, enseignement juste

3.1 - Ch.4:1 — [Égarements religieux]

3.1.1 - [Aux derniers temps]

3.1.2 - [Apostasie]

3.1.3 - [Esprits séducteurs, enseignements de démons]

3.2 - Ch.4:2

3.2.1 - [Disant des mensonges par hypocrisie]

3.2.2 - [Consciences cautérisées]

3.3 - Ch.4:3

3.3.1 - [Doctrines qui impactent la vie pratiques]

3.3.2 - [Doctrines contre le mariage]

3.3.3 - [Doctrines restreignant la nourriture]

3.3.4 - [Respecter l’ordre divin]

3.4 - Ch.4:4-5

3.4.1 - [Contre les restrictions de nourriture]

3.4.2 - [Sanctification de la nourriture]

3.5 - Ch.4:6

3.5.1 - [Bon serviteur]

3.5.2 - [Nourri des paroles de la foi et de la bonne doctrine]

3.6 - Ch.4:7

3.6.1 - [Les fables]

3.6.2 - [L’exercice de la piété]

3.6.3 - [Discipline du corps]

3.7 - Ch.4:8

3.7.1 - [Exercice corporel]

3.7.2 - [Promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir]

3.8 - Ch.4:9-10 — [Le Dieu vivant conservateur de tous les hommes]

3.9 - Ch.4:11-12

3.9.1 - [Ordonne et enseigne]

3.9.2 - [Sois le modèle des fidèles]

3.9.3 - [Qualités ou vertus qui doivent être en exemple]

3.10 - Ch.4:13 — [Trois activités auxquelles il fallait se consacrer]

3.10.1 - [Attache-toi]

3.10.2 - [La lecture (publique)]

3.10.3 - [Exhortation et enseignement]

3.11 - Ch.4:14

3.11.1 - [Ne pas négliger son don]

3.11.2 - [Appel à un ministère]

3.11.3 - [Don reçu avec imposition des mains des anciens]

3.12 - Ch.4:15 — [Consécration, progrès]

3.13 - Ch.4:16

3.13.1 - [Veiller sur soi-même]

3.13.2 - [Veiller sur la doctrine]

3.13.3 - [Persévérer]

3.13.4 - [Salut du croyant]

4 - Chapitre 5 — Veuves et Anciens

4.1 - Ch.5:11-12

4.1.1 - [Dangers qui guettent les jeunes veuves]

4.1.2 - [Sont en faute]

4.2 - Ch.5:13 — [oisives, causeuses]

4.3 - Ch.5:14-15

4.3.1 - [Remariage]

4.3.2 - [En rapport avec la maison de Dieu]

4.4 - Ch.5:16

4.4.1 - [Traduire « Si un fidèle ou une fidèle »]

4.4.2 - [Responsabilité d’assister les veuves]

4.5 - Ch.5:17-18

4.5.1 - [Anciens estimés dignes]

4.5.2 - [Double honneur, soutien matériel]

4.5.3 - [Citation de Luc 10:7 comme faisant partie de l’Écriture]

4.6 - Ch.5:19 — [Deux ou trois témoins nécessaires en cas d’accusation]

4.7 - Ch.5:20

4.7.1 - [Ceux qui pèchent]

4.7.2 - [Convaincre publiquement des anciens]

4.7.3 - [Devant tous]

4.7.4 - [Une formulation du v. 20 qui précise le sens]

4.8 - Ch.5:21 — [Devant Dieu, le Christ Jésus, les anges élus]

4.9 - Ch.5:22

4.9.1 - [Imposition des mains dans le Nouveau Testament]

4.9.2 - [Imposition des mains aujourd’hui]

4.9.3 - [Veiller sur soi-même]

4.10 - Ch.5:23 — [Boire un peu de vin]

4.11 - Ch.5:24-25 — [Péchés et bonnes œuvres – visibles et cachés]

5 - Chapitre 6 — Contentement et richesse

5.1 - Ch. 6:1

5.1.1 - [Application aujourd’hui des exhortations sur les esclaves]

5.1.2 - [Persistance de l’esclavage ou libération ? Faut-il changer l’état de choses dans le monde ?]

5.1.3 - [Raison d’être de la soumission]

5.2 - Ch. 6:2

5.2.1 - [Relations maîtres-esclaves dans le cas de croyants]

5.2.2 - [Le « bon service » est celui des esclaves]

5.3 - Ch. 6:3-5

5.3.1 - [Enseigner autrement]

5.3.2 - [Ignorance]

5.3.3 - [La piété source de gain]

5.4 - Ch. 6:6-7

5.4.1 - [Contentement avec confiance en Dieu]

5.4.2 - [Les choses présentes sont transitoires]

5.5 - Ch. 6:8 — [Promesse de satisfaction des besoins primaires]

5.6 - Ch. 6:9 — Vouloir devenir riche : un piège qui mène à la ruine

5.6.1 - Les différents versets et enseignements sur la richesse dans ce ch. 6

5.6.2 - [Nature des richesses et responsabilité]

5.6.3 - [Désir de richesses terrestres]

5.7 - Ch. 6:10 — [L’amour de l’argent : des aspirations terrestres qui mènent à beaucoup de douleurs]

5.8 - Ch. 6:11

5.8.1 - [Homme de Dieu]

5.8.2 - [Fuis et poursuis]

5.8.3 - [Qualités à poursuivre]

5.9 - Ch. 6:12

5.9.1 - [Combats le bon combat]

5.9.2 - [Saisis la vie éternelle]

5.9.3 - [… pour laquelle tu as été appelé]

5.9.4 - [La belle confession]

5.10 - Ch. 6:13-14

5.10.1 - [Confession de Timothée et confession du Christ Jésus]

5.10.2 - [Garder le commandement sans tache et irrépréhensible]

5.10.3 - [Jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ]

5.11 - Ch. 6:15-16

5.11.1 - [Encore quelques mots au sujet de l’apparition de Christ]

5.11.2 - [Louange, Doxologie]

5.11.3 - « Le bienheureux et seul Souverain, le roi de ceux qui règnent et le seigneur de ceux qui dominent ».

5.11.4 - « Qui seul possède l’immortalité ».

5.11.5 - « Qui habite la lumière inaccessible qu’aucun des hommes n’a vue, ni ne peut voir ».

5.11.6 - [… à Lui honneur et force éternelle]

5.12 - Ch. 6:17

5.12.1 - [Ceux qui sont riches, leur responsabilité. Dangers principaux]

5.12.2 - [Ne pas être hautains vis-à-vis des moins riches]

5.12.3 - [Espérance en Dieu, et non pas confiance dans les richesses]

5.13 - Ch. 6:18-19

5.13.1 - [Faire le bien et riches en bonnes œuvres]

5.13.2 - [Prompts à donner]

5.13.3 - [Saisir ce qui est vraiment la vie]

5.14 - Ch. 6:20-21

5.14.1 - [Garder le bon dépôt, se garder de la fausse connaissance]

5.14.2 - [Besoin de la grâce]


1 - Chapitre 1 — La loi et la grâce

1.1 - Ch.1:1-2

« Paul, apôtre de Jésus Christ, selon le commandement de Dieu notre Sauveur et du christ Jésus notre espérance, à Timothée, (mon) véritable enfant dans la foi : Grâce, miséricorde, paix, de la part de Dieu (le) Père, et du christ Jésus notre Seigneur ! »


À l’époque où le Nouveau Testament a été écrit, il était d’usage que l’expéditeur d’une lettre indique d’abord son propre nom, puis exprimer ensuite sa salutation au destinataire de la lettre (voir la lettre du commandant romain de Jérusalem au gouverneur Félix en Actes 23:26-30).


1.1.1 - [Apôtre de Jésus Christ]

Comme dans les épîtres aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, aux Colossiens et à Tite, Paul se présente ici comme apôtre. Il était un envoyé (en grec : apostolos) de Jésus Christ. Durant Sa vie sur la terre, le Seigneur Jésus avait choisi et envoyé douze apôtres. Entre Sa résurrection et Son ascension, Il leur répéta Son ordre de mission (Matt. 28 et Marc 16). L’envoi des douze apôtres était donc d’ordre terrestre, car il a été lancé par le Seigneur Jésus sur la terre. Cela ressort aussi de la mission qu’Il leur a conférée. Paul, par contre, a été appelé et envoyé par Christ glorifié, assis sur le trône à la droite de Dieu dans le ciel. Cette différence est très importante. Certes, Paul a adressé son ministère selon le commandement du Dieu éternel à toutes les nations, tout comme les autres apôtres du Seigneur (cf. Rom. 16:26 avec Matt. 28:19). Mais tandis que ceux-ci ont reçu du Seigneur la mission de faire disciples toutes les nations en les baptisant et en les enseignant, Paul a reçu un autre ministère dès le commencement. Le Christ Jésus, homme glorifié, s’est révélé à lui comme la tête de Son corps, l’assemblée. Il lui a ainsi révélé un secret (mystère) qui avait été caché dans tous les âges précédents. Ce mystère a été le sujet principal de la prédication de l’apôtre Paul (voir Gal 1:11 à 2:10 ; Rom. 16:25-26 ; Éph. 3:2-11 ; 5:32 ; Col. 1:25-27 ; 2:2-3).

La différence entre le ministère de l’apôtre Paul et celui des autres apôtres est déjà exprimée dans les noms du Seigneur dans les différentes épîtres. Selon les dernières recherches textuelles, Paul se qualifie toujours d’apôtre du Christ Jésus (*) (1 Cor. 1:1 ; 2 Cor. 1:1 ; Éph. 1:1 ; Col. 1:1 ; 1 Tim. 1:1 ; 2 Tim. 1:1) dans les lettres où il se présente comme apôtre, à deux exceptions près (Gal. 1:1 ; Tite 1:1), tandis que Pierre écrit dans ses deux épîtres : « Apôtre de Jésus Christ ». Le titre de Christ parle de l’exaltation de Celui qui a accompli tous les conseils de Dieu (Actes 2:34-36), tandis que le nom de Jésus est donné au Fils de Dieu dans Son abaissement comme homme. Lorsque les deux termes sont utilisés ensemble, celui qui vient en premier indique celui sur lequel l’accent ou l’insistance est mis.


(*) note bibliquest : l’ordre des mots Jésus Christ ou Christ Jésus indiqué ici par l’auteur n’est pas celui retenu par la version J.N. Darby, mais a été retenu par la version allemande Elberfeld-CSV.


1.1.2 - [Selon le commandement]

Paul était donc un envoyé du Fils de l’Homme glorifié, qui devait annoncer le mystère de l’unité de Christ, la Tête dans le ciel, avec Son corps, l’assemblée. Mais il était aussi un apôtre « selon le commandement de Dieu notre Sauveur, et du Christ Jésus notre espérance ». Il n’était pas seulement apôtre par la volonté de Dieu (1 Cor. 1:1 ; 2 Cor. 1:1 ; Éph. 1:1 ; Col. 1:1 ; 2 Tim. 1:1), mais aussi par Son commandement explicite. Ce commandement de Dieu ne concernait pas seulement son apostolat, mais selon Tite 1:3 la prédication qui lui avait été confiée était aussi « selon le commandement de notre Dieu sauveur ». « Car, si j’évangélise, je n’ai pas de quoi me glorifier, car c’est une nécessité qui m’est imposée, car malheur à moi si je n’évangélise pas ! Car, si je fais cela volontairement, j’en ai un salaire ; mais si c’est malgré moi, une administration m’est confiée » (1 Cor. 9:16-17).


1.1.3 - [Dieu Sauveur]

L’expression « notre Dieu Sauveur » n’apparaît sous cette forme ou sous une forme similaire que dans la première épître à Timothée et celle à Tite (1 Tim. 1:1 ; 2:3 ; Tite 1:3 ; 2:10, 13 ; 3:4 ; cf. Luc 1:47). Elle montre dans quelle relation Dieu se trouve désormais avec l’humanité tout entière. Depuis l’« apparition de notre Sauveur Jésus Christ, qui a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile » (2 Tim. 1:10), Dieu, en tant que Dieu Sauveur, offre le salut à tous les hommes, car Il a lui-même fait tout le nécessaire pour cela. Par la venue de Christ sur la terre et par Son œuvre expiatoire sur la croix, il a été prouvé que l’amour de Dieu dépasse de loin la grandeur du péché et l’inimitié de l’humanité perdue. Mais cet amour va aussi au-delà des lois divines et des ordonnances humaines du judaïsme. Ce n’est qu’après qu’à l’exemple d’Israël il a été manifeste que les hommes ne peuvent pas être justifiés par eux-mêmes au vu des saintes exigences de Dieu, que la voie a été ouverte pour la pleine révélation de la grâce de Dieu en faveur de tous les hommes. Jusqu’alors, le « mur de clôture » était là, séparant Juifs et Gentils. La mort de Christ a, d’une part, interrompu temporairement la relation spéciale de Dieu avec Israël, et d’autre part elle a ouvert la porte de la grâce pour toutes les nations. Tout comme il n’y a pas de différence entre les êtres humains en ce qui concerne leur totale corruption, de même il n’y en a pas en ce qui concerne la grâce et la réconciliation pour tous ceux qui croient au Seigneur Jésus. L’élection nationale d’Israël comme peuple de Dieu pouvait donner l’impression que Dieu n’est le Dieu que d’un seul peuple. Mais la durée de validité d’environ 1500 ans de la loi du Sinaï pour le peuple d’Israël n’a fait ressortir clairement qu’une seule chose : même un peuple choisi et pris en charge par Dieu n’est par nature ni disposé à ni capable de faire Sa volonté. Même l’envoi de nombreux prophètes au peuple terrestre de Dieu n’a pas apporté de changement. La sentence de Dieu est : « nulle chair ne sera justifiée devant lui par des œuvres de loi, car par la loi est la connaissance du péché » (Rom. 3:20). Or Dieu a envoyé Son Fils bien-aimé et, par l’évangile de la grâce, a révélé qui Il est : un « Dieu Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim 2:3-4).

Timothée avait aussi à avoir toujours devant les yeux Dieu comme notre Sauveur, afin de garder un cœur large et joyeux lorsqu’il se donnait la peine de prendre soin, de manière souvent pénible, des âmes individuellement et de l’assemblée comme ensemble. La conscience de ce caractère de Dieu n’est pas seulement très importante pour les évangélistes, mais aussi pour les pasteurs et les docteurs dans l’assemblée de Dieu. Là où elle fait défaut, il y a le danger que le ministère au sein de l’assemblée devienne étroit et sec.


1.1.4 - [Le Christ Jésus notre espérance]

Si Dieu en tant que Sauveur est le seul salut pour un monde perdu, alors le Christ Jésus est notre seule espérance. Il est non seulement l’espérance de ceux qui n’ont pas d’espérance (cf. Éph. 2:12 ; Rom. 15:12), mais aussi celle des croyants. En Rom. 8:24, il est dit : « Car nous avons été sauvés en espérance ». Quiconque a reçu le salut de son âme par la foi en l’évangile est uni à son Sauveur Jésus Christ. Or bien qu’Il habite dans le croyant, Il est appelé « l’espérance de la gloire » (Col. 1:27). L’étendue complète des résultats de l’œuvre de l’expiation ne sera la part du croyant que lorsque le Seigneur Jésus reviendra pour conduire tous Ses rachetés dans la maison du Père. Cependant, l’espérance du chrétien n’est pas centrée sur des choses ou des événements, mais sur la personne de Jésus Christ. Il L’attend (Phil. 3:20 ; 1 Thes. 1:10). Cette espérance chrétienne n’est pas une attente vague et incertaine, mais une espérance bonne, bienheureuse et vivante (2 Thes. 2:16 ; Tite 2:13 ; 1 Pierre 1:3), qui est conservée dans les cieux et dont ceux qui espèrent n’ont pas honte (Col. 1:5 ; Rom. 5:5). C’est un fait ferme, immuable, qui n’est qualifié d’espérance que parce qu’il est encore à venir.


1.1.5 - [À Timothée mon véritable enfant]

Paul appelle ici Timothée son véritable enfant dans la foi. Dans la deuxième épître également, il l’appelle deux fois son enfant (2 Tim. 1:2 ; 2:1), ainsi qu’en 1 Cor. 4:17 et Phil. 2:22. Il appelle aussi Tite de cette manière (Tite 1:4), sans que cela signifie forcément que ces frères aient été conduits à la nouvelle naissance par son moyen (cf. 1 Cor. 4:15 ; Gal. 4:19), comme par exemple Onésime (Philémon 10). Bien que le mot « enfant » (en grec : teknon) se réfère en premier lieu à la descendance, y compris du point de vue spirituel, Paul exprime ici d’une manière particulière par ce terme sa fervente affection pour le jeune Timothée.


1.1.6 - [Grâce, miséricorde et paix]

Il lui souhaite « grâce, miséricorde, paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur ».


1.1.7 - [De la part de Dieu le Père]

Au verset 2, Paul n’appelle plus Dieu « notre Sauveur », mais « notre Père ». Il rappelle ainsi à Timothée la merveilleuse position d’enfants de Dieu qui est celle des croyants. C’est la seule fois que le nom de « Père » apparaît dans cette lettre, qui n’a pas pour sujet en premier lieu la grâce et les conseils du Père, mais la responsabilité des croyants dans la maison de Dieu (3:15). Ceci est à nouveau exprimé dans ce qui suit. Le Christ Jésus n’est pas notre espérance ici, mais notre Seigneur. Ce titre exprime Son autorité, que tout vrai chrétien reconnaît volontiers (Rom. 10:9). Bien qu’en tant que Créateur de toutes choses, Il ait toujours eu pouvoir sur Ses créatures, par Son abaissement et Sa mort Il s’est également acquis cette domination (seigneurie) en tant qu’homme (Actes 2:36). Même si cela n’est maintenant reconnu que par ceux qui croient en Lui, le moment viendra où tout genou fléchira devant Lui et où toute langue confessera que Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Phil. 2:10-11).


1.2 - Ch.1:3-4

« Comme je t’ai prié de rester à Éphèse lorsque j’allais en Macédoine, afin que tu ordonnasses à certaines personnes de ne pas enseigner des doctrines étrangères, et de ne pas s’attacher aux fables et aux généalogies interminables, qui produisent des disputes plutôt que l’administration de Dieu, qui est par la foi… »


1.2.1 - [Je t’ai prié de rester à Éphèse]

Avant que Paul ne parte pour la Macédoine, il avait chargé Timothée de rester à Éphèse pour surveiller attentivement les doctrines étrangères de certaines personnes. Il range toute la multiplicité de ses pensées les unes à côté des autres avec des insertions et des appendices, de sorte que les versets suivants ne paraissent guère reliés entre eux du point de vue du langage. Mais Timothée a certainement bien compris, et nous aussi nous le pouvons. Le mot pour « prier » (grec : parakaleō) a été traduit ailleurs ou dans d’autres langues par « encourager » (2 Cor. 2:7) ou « persuader » (1 Cor. 16:12), mais surtout par « consoler » (2 Cor. 1:4, etc.) ou « exhorter » (1 Tim 2:1 ; 5:1 ; 6:2, etc.).

Paul avait donc fait un effort pour garder Timothée à Éphèse. Éphèse était la capitale des provinces romaines d’Asie et un centre d’idolâtrie. Selon Luc, Paul y est venu deux fois, une fois très courtement (Actes 18:19), la deuxième fois il y est resté trois ans (Actes 20:31 ; cf. 19:8,10). Il n’y a probablement aucune autre ville où l’apôtre ait travaillé si intensément et si longtemps. Avant son arrestation à Jérusalem, lors de son dernier voyage en liberté, il a fait venir à Milet les anciens ou surveillants de l’assemblée à Éphèse, et il leur a tenu un discours d’adieu solennel et saisissant (Actes 20:17-38). Depuis sa prison à Rome, il a écrit une lettre à cette assemblée dans laquelle le Saint Esprit révèle tout le conseil de Dieu pour le croyant individuellement et l’assemblée dans son ensemble, ainsi que les plus hautes bénédictions spirituelles. La première lettre à Timothée, qui contient des instructions pour la conduite pratique dans la maison de Dieu, est également adressée à Éphèse. Enfin, dans la première des sept lettres d’Apocalypse 2 et 3, nous voyons que l’assemblée d’Éphèse a perdu son premier amour. Ainsi, l’assemblée d’Éphèse prend une place toute particulière dans le Nouveau Testament, et on peut bien dire que le Saint Esprit la présente comme une image de toute l’assemblée de Dieu sur la terre, qui, malgré toute la grâce, la bénédiction et les soins de Dieu, a largement renié sa position glorieuse et a abandonné sa réalisation pratique.


1.2.2 - [Que tu ordonnes à certaines personnes de ne pas enseigner des doctrines étrangères]

Timothée devait maintenant demeurer dans cette ville d’Éphèse. L’ordre que l’apôtre lui donnait était le suivant : « que tu ordonnes à certaines personnes de ne pas enseigner des doctrines étrangères, et de ne pas s’attacher à des fables et à des généalogies interminables ». Dans cette lettre, Paul utilise cinq fois le mot « ordonner » (en grec : parangellō). Il se rapporte toujours à la marche chrétienne, et il est toujours l’expression de l’autorité de commandement d’une personne respectée (4:11 ; 5:7 ; 6:13, 17). Dans ce cas, il visait « certaines personnes » qui voulaient introduire des doctrines étrangères. Au total, six fois ce mot « certain(e)s » ou « quelques-uns » (en grec « tines ») est mentionné dans le contexte de l’éloignement de la vraie foi (1:3,6,19 ; 4:1 ; 6:10,21) (*). Les mots « enseigner des (doctrines) étrangères » sont la traduction d’un seul mot grec (heterodidaskaleō), qui figure également en 6:3, où il est traduit par « enseigner autrement ». Il s’agissait de doctrines et de manières d’enseigner étrangères au domaine chrétien et qui sont détaillées davantage plus loin. Ce ne sont pas les doctrines d’une quelconque fausse religion qu’on introduisait, mais plutôt des doctrines présentées comme chrétiennes, alors qu’elles étaient juste à l’opposé du vrai enseignement, « du modèle des saines paroles » (2 Tim 1:13).


(*) Le mot est aussi traduit par « les hommes » dans la deuxième épître (3:2 ; voir aussi 1:15 ; 2:17,18 ; 4:3-4).


1.2.3 - [Fables et généalogies]

Les sources de ces idées prétendues supérieures — mais en réalité fausses — étaient des fables (en grec mythos) et des généalogies sans fin. Plus loin, il est parlé de fables profanes ou de vieilles femmes (4:7 ; cf. 2 Tim. 4:4) et en Tite 1:14 de fables judaïques et de commandements des hommes. Tite mentionne également les généalogies en rapport avec des questions folles, des contestations et des disputes sur la loi (Tite 3:9). Du fait que dans ce qui suit (1 Tim. 1:7) comme ici aussi, il est question de docteurs de la loi, il n’est probablement pas nécessaire de voir dans les fables et les généalogies une allusion à la mythologie païenne et à la spéculation gnostique. L’apôtre fait plutôt référence à des éléments juifs tels que les légendes rabbiniques et les généalogies tirées de la tradition juive, mais pas aux kyrielles d’éons gnostiques. Les influences gnostiques que certains commentateurs voudraient voir dans ces choses, ne se sont réellement manifestées dans le christianisme que plusieurs décennies plus tard, bien qu’on puisse déjà en discerner les débuts (cf.4:1-5).


1.2.4 - [Produire l’administration de Dieu]

Dans ces enseignements spéciaux, il y avait et il y a un grand danger pour les chrétiens. Ils sont l’occasion de questions, de débats et de discussions, mais il n’y a aucune certitude de la foi. Dévier de la Parole écrite de Dieu exerce une attraction dangereuse sur beaucoup de gens. Cela semble intéressant et stimule l’imagination. Mais cela conduit à des contestations où personne ne peut être sûr d’avoir raison. C’est encore le cas aujourd’hui, lorsque des croyants estiment devoir enseigner des choses qui vont au-delà de la Parole de Dieu. On se retrouve alors en terrain branlant et incertain, et il n’en résulte que des contestations. Cela ne favorise pas l’administration de Dieu qui est par la foi. Les cœurs des croyants ne sont pas édifiés, et Dieu n’est pas glorifié. La conscience n’est pas du tout atteinte. Pourtant c’est justement une condition indispensable pour une marche par la foi (cf. 1:5, 19 ; 3:9). Le mot « administration » (en grec : oikonomia) dans le Nouveau Testament indique que Dieu a assigné aux gens certaines tâches et responsabilités qu’ils doivent remplir. Le Seigneur en parle de manière tout à fait générale dans la parabole de l’économe injuste (ou plutôt de l’administrateur injuste) qui doit être relevé de son administration (Luc 16:2 et suiv.). La vérité chrétienne, révélée par Dieu dans Sa grâce, a été confiée de façon toute particulière à l’apôtre Paul pour l’administrer, mais aussi aux autres serviteurs du Seigneur (cf. 1 Cor. 4:1-2 ; 1 Pierre 4:10). Paul écrit aux Corinthiens que la prédication de l’évangile lui a été confiée comme une administration (1 Cor. 9:17). Dans l’épître aux Éphésiens, il parle de l’administration de la grâce de Dieu (Éph. 3:2), qui lui a été confiée, et de l’administration du mystère de l’assemblée (Éph. 3:9). Dans l’épître aux Colossiens, nous lisons que Paul, selon l’administration de Dieu, était devenu serviteur de l’assemblée pour compléter la Parole de Dieu (Col. 1:25). Ce que Paul avait reçu par révélation et retransmis dans sa prédication, devait maintenant être préservé de ce qui est étranger à la foi (1 Cor. 2:10,13 ; Gal. 1:11,12 ; Éph. 3:3-5,8-9 ; 1 Tim. 6:20 ; 2 Tim. 1:13-14). C’est l’administration de Dieu qui est par la foi.


1.3 - Ch.1:5

« Or le but final du commandement [ou : la fin de l’ordonnance] est : l’amour qui procède d’un cœur pur et d’une bonne conscience et d’une foi sincère ».


1.3.1 - [Le but final du ‘commandement’ ou ‘ordonnance’]

L’apôtre interrompt ici le cours de sa pensée et rappelle à Timothée le but final du ‘commandement’ ou ‘la fin de l’ordonnance’ (cf. 1:3, 18), qui est en contraste marqué avec les enseignements humains précédemment mentionnés. Ce but ultime est que le bon état spirituel soit produit chez les croyants par le commandement. Ce n’est qu’alors qu’ils peuvent tenir ferme la vérité et s’éloigner de l’erreur. Seuls ceux qui sont dans un bon état moral devant Dieu peuvent tenir ferme la saine doctrine.

Le mot « commandement » ou « ordonnance » (en grec parangelia) n’a rien à voir avec les commandements de la loi du Sinaï. Il est même en contraste avec les docteurs de la loi mentionnés au verset suivant. Même si Rom. 13:10 semble exprimer la même chose que le présent verset en disant que l’amour est la somme de la loi, en fait c’est le contraire. Le chrétien qui a reçu une nouvelle nature par la nouvelle naissance, n’aime pas parce qu’il satisfait à l’exigence de la loi, mais parce que l’amour de Dieu (1 Jean 4:8,16) est versé dans son cœur (Rom 5:5). L’exercice de cet amour révèle que le chrétien est devenu en pratique participant de la nature divine. Cela n’est possible que par la grâce, non par la loi. Ce ‘commandement’ ou ‘ordonnance’ est à nouveau mentionné au v. 18 (en 6:14 un autre mot, le grec entolē, est utilisé). Il ne comprend pas seulement ce qui est dit aux v. 3 et 4, mais il est le condensé de toute la volonté de Dieu pour Ses enfants. Il consiste à annoncer, instruire, disposer, commander.


1.3.2 - [L’amour qui procède d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère]

Quel était le but ultime [la fin] de ce ‘commandement’ [cette ‘ordonnance’] ? C’était l’amour qui procède d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère. Combien ces mots sont simples, clairs et beaux ! Tout petit enfant dans la foi peut les comprendre. Dieu, qui est Lui-même amour, a manifesté Son amour pour nous en ce que Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous (Rom. 5:8), et que, par le Saint Esprit, Il a versé Son amour dans nos cœurs. Comme enfants bien-aimés de Dieu, nous sommes exhortés à être Ses imitateurs et à marcher dans l’amour (Éph. 5:1-2). Le signe par lequel on reconnaît les enfants de Dieu, c’est qu’ils manifestent cet amour (Jean 13:35 ; 1 Jean 3:14). L’amour divin (en grec agapē) n’est pas la même chose que l’amour ou la sympathie humaines. Alors que l’amour naturel entre les êtres humains a toujours besoin d’une contrepartie digne ou d’une personne qui réponde à l’amour pour ne pas se refroidir, l’amour divin coule comme une source de sa propre force. Néanmoins, chez le croyant, il y a trop souvent interférence de la chair avec sa propre volonté et ses inclinations au péché. C’est pourquoi l’apôtre ajoute donc les trois compléments, sans lesquels il n’y a pas de véritable amour de Dieu parmi les croyants.


1.3.3 - [Le cœur pur]

Le cœur est ici le siège de la vie spirituelle avec ses pensées, ses sentiments et sa volonté. Tout cela est impur chez l’homme naturel. « Car du cœur viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les injures : ce sont ces choses qui souillent l’homme » (Matt. 15:19). Le cœur humain doit donc être purifié et maintenu en pratique dans cet état de pureté (cf. Ps. 24:4 ; 51:10 ; 73:1 ; Matt. 5:8 ; 2 Tim. 2:22 ; 1 Pierre 1:22 ; Actes 15:9 ; Hébreux 10:22 ; Jacques 4:8). La purification se fait par la Parole de Dieu (Jean 13:10 ; 15:3 ; Éph. 5:26).


1.3.4 - [La conscience bonne]

La conscience est la norme de conduite devant Dieu basée sur la connaissance consciente du bien et du mal. La conscience de l’homme ne s’est éveillée qu’après la chute. Dieu a dit : « Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, connaissant le bien et le mal » (Gen. 3:22). Avant l’apparition du mal, l’homme ne pouvait pas posséder cette connaissance. Cependant, la conscience en soi n’est pas une norme absolue. Lorsque l’homme entre dans la pleine lumière de Dieu, la conscience agit au plus fort. Elle est purifiée par le sang de Christ (Héb. 9:14). Une conscience pure s’obtient par la confession sincère de la culpabilité reconnue et par la foi dans le plein pardon du côté de Dieu. Une bonne conscience est conservée en se gardant de tout ce qui n’est pas conforme à la volonté de Dieu connue. Le moyen de connaître la volonté de Dieu, est la lecture constante des Saintes Écritures et la prière. Dans cette épître, qui traite de la responsabilité personnelle et du comportement dans la maison de Dieu, la conscience est mentionnée quatre fois comme une sorte d’« arbitre » intérieur (1:5,19 ; 3:9 ; 4:2). Cela prouve à quel point l’état pratique de la conscience est important pour se comporter d’une manière qui plaise à Dieu dans Sa maison.


1.3.5 - [La foi sincère]

En troisième lieu est mentionnée la foi sincère. Le mot « foi » figure dix fois dans cette courte épître. Il est utilisé avec deux sens différents dans le Nouveau Testament. Il désigne parfois l’ensemble de la doctrine chrétienne, ce qui est cru, ce que Dieu a révélée à l’homme. Dans ce sens, le mot est la plupart du temps utilisé avec l’article (1:19 ; 4:1,6 ; 6:10).

Le deuxième sens du mot désigne l’acceptation personnelle des faits qui ont trait au salut et une vie, dans une obéissance et une confiance simples en Dieu. Dans ce cas, le mot est généralement utilisé sans article (1:19 ; 2:15 ; 4:12). C’est donc le cas ici. Au v. 5, il nous est donc présenté les conditions indispensables à une marche dans un amour vrai. L’amour d’un cœur pur, une bonne conscience et une foi sincère doivent être la caractéristique de tous ceux qui sont dans l’assemblée, la maison de Dieu. Si cet état de cœur n’est pas présent et n’est pas constamment maintenu, ils s’écartent de la bonne conduite dans la maison de Dieu. Toutes sortes de règlements peuvent alors être édictés et observés, mais ce ne sont que de vains bavardages qui ne produisent en aucune façon l’administration de Dieu qui est par la foi.


1.4 - Ch.1:6-7

« …desquels quelques-uns s’étant écartés, se sont détournés à un vain babil, voulant être docteurs de la loi, n’entendant ni ce qu’ils disent, ni ce sur quoi ils insistent. »


Le pronom relatif « desquels » fait référence aux quatre choses mentionnées au verset précédent : l’amour d’un cœur pur, la bonne conscience et la foi sincère. Tout éloignement de Dieu entraine un déclin moral. L’incroyant qui a rejeté la connaissance de Dieu sombre dans une profonde immoralité (Rom. 1). Le chrétien qui ne prend pas soin de se tenir dans la lumière de Dieu avec son cœur et sa conscience, court le danger de se tourner vers des bavardages vains doctrinalement. L’origine des doctrines étrangères de certains n’est donc pas à chercher ici dans les situations extérieures, mais dans la profondeur de leur relation personnelle avec Dieu, dans des péchés cachés qui ont empêché ces personnes d’atteindre le but final du commandement (de l’ordonnance). Pour cacher leur vide intérieur, ils sont tombés dans un vain bavardage. Ces docteurs imitaient les rabbins juifs, du rang desquels ils étaient peut-être issus (cf. Actes 15:5 ; Tite 1:10), qui se vantaient de leur savoir et s’élevaient au-dessus du peuple comme experts exclusifs des Écritures (cf. Jean 7:49). Ces docteurs de la loi parmi les Juifs n’étudiaient pas la volonté de Dieu, mais publiaient les traditions des anciens et leurs propres opinions (Luc 5:17 ; Marc 7:1-15). Comme ceux-là, les docteurs de la loi dans la chrétienté ne connaissaient ni qui est vraiment Dieu, ni le vrai état de l’homme, ni même la loi et son véritable but, et encore moins le véritable caractère du christianisme. S’ils avaient eu un peu de compréhension de tout cela, ils n’auraient jamais eu l’audace d’agir en docteurs de la loi. Ainsi ils prouvaient qu’ils ne comprenaient ni ce qu’ils disaient, ni ce sur quoi ils insistaient.

Les versets suivants répondent à la question importante de savoir si la loi est la règle de vie pour le croyant. La réponse est la suivante : ce n’est pas la loi qui est la norme pour la conduite dans la maison de Dieu, mais le commandement divin (ou ordonnance divine) ; on l’a appelé parfois la « mission évangélique » (voir 1:5,18 ; 6:14).


1.5 - Ch.1:8-10

« Mais nous savons que la loi est bonne, si quelqu’un en use légitimement, sachant ceci, que la loi n’est pas pour le juste, mais pour les iniques et les insubordonnés, pour les impies et les pécheurs, pour les gens sans piété et les profanes, pour les batteurs de père et les batteurs de mère, pour les homicides, pour les fornicateurs, pour ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes, pour les voleurs d’hommes, les menteurs, les parjures, et s’il y a quelque autre chose qui soit opposée à la saine doctrine. »


1.5.1 - [Règle de vie du chrétien — morts à la loi]

Le croyant a l’obligation de faire la volonté de Dieu et de ne pas céder à la chair. Il est sanctifié pour l’obéissance et l’aspersion du sang de Jésus Christ (1 Pierre 1:2). Mais l’expression et la mesure de la volonté de Dieu pour le chrétien n’est pas la loi, mais la vie de notre Seigneur Jésus sur la terre (Jean 4:34, 6:38 ; Phil 2:5 ; 1 Pierre 2:21). Même un Juif devenu croyant est maintenant mis à mort à la loi par le corps de Christ, pour être à un autre, à savoir à celui qui est ressuscité d’entre les morts afin de porter du fruit pour Dieu (Rom. 7:4). Cette liberté quant à la loi, se manifeste cependant, dans une obéissance et une dévouement à notre Dieu et Père qui étaient inconnus à un Juif sous la loi.


1.5.2 - [Pourtant la loi est bonne — L’usage légitime de la loi]

Tout comme dans Rom. 7:16, l’apôtre dit ici que la loi, en tant que telle, est bonne (en grec kalos « excellente »). Elle avait été donnée par Dieu. C’était donc l’expression de Son être et de Sa volonté, bien qu’imparfaite puisque Son amour et Sa grâce étaient encore en retrait derrière Sa sainteté. En outre, l’annonce des exigences de la loi était limitée au peuple d’Israël et s’adressait à l’homme naturel non régénéré. S’ils avaient respecté la loi, elle serait devenue pour eux le chemin de la vie et de la justice (Lév. 18:5 ; Deut. 6:25). Mais l’homme naturel est incapable de satisfaire aux exigences de la sainteté de Dieu. C’est pourquoi la loi était un accusateur perpétuel : « Par la loi est la connaissance du péché » (Rom. 3:20 ; 7:7).

Ce dernier point était l’usage légitime de la loi. Il a été « ajouté » (Gal. 3:19) afin que soient manifestés les transgressions et donc le péché du peuple d’Israël en tant que représentants de l’humanité. L’appliquer comme règle de vie pour les justes, c’est-à-dire des croyants justifiés qui marche comme ils le doivent selon la volonté de Dieu, serait un usage illégitime de la loi. Au v. 9, il est dit : « La loi (sans article, c’est-à-dire toute sorte de prescriptions légales) n’est pas pour le juste ».


1.5.3 - [Péchés que la loi condamne : groupage 4x2 + 2x3]

Ceux pour qui la loi est destinée sont maintenant répertoriés, d’abord en quatre paires de termes reliés par « et », puis en deux groupes de trois termes chacun. Les trois premières paires contiennent des péchés contre Dieu, la quatrième décrit des péchés contre le prochain. Les iniques (litt. : hors-la-loi) et les insubordonnés (litt. : débridés) sont des gens qui ne veulent rien connaître d’une loi ni se placer sous une règle supérieure. Ensuite, il y a ceux qui refusent de rendre honneur à Dieu et qui pèchent contre Ses commandements (les impies et les pécheurs), et puis il y a les gens sans piété (ou : sacrilèges) et les profanes qui ne considèrent rien comme saint et piétinent tout ce qui est consacré à Dieu. Les batteurs de pères et batteurs de mères violent le cinquième commandement (Exode 20:12 et suiv.) ; les meurtriers (homicides) violent le sixième commandement ; les fornicateurs et les homosexuels violent le septième commandement, les kidnappeurs violent le huitième commandement, et finalement les menteurs et parjures violent le neuvième commandement.


1.5.4 - [Ce qui est opposé à la saine doctrine : vérité et sainteté vont de pair]

Paul ne veut pas donner ici une liste complète de tous les péchés auxquels la loi s’applique. Il interrompt l’énumération par les mots : « …et s’il y a quelque autre chose qui soit opposée à la saine doctrine ». L’apparition de l’expression « saine doctrine » en rapport avec des péchés moraux évidents ne devrait pas nous surprendre (cf. 4:1 ; 6:3). La vérité et la sainteté vont toujours de pair (cf. Éph. 4, 24), tout comme la fausse doctrine et le péché. La saine doctrine ne contient pas seulement du bon enseignement, mais elle conduit également à des principes sains et moraux. Ce n’est pas la loi, mais cette saine doctrine qui est la bonne ligne directrice pour la conduite des croyants dans la maison de Dieu. Cette épître traite principalement du comportement extérieur de ceux qui sont appartiennent à la maison de Dieu. C’est pourquoi l’apôtre ne se réfère pas comme dans l’épître aux Éphésiens, aux vérités profondes de Dieu, mais il utilise ici le terme général de « doctrine » ou « enseignement » comme en 4:1,6,13,16 ; 5:17 ; 6:1,3. Cet enseignement ou doctrine est qualifié de « sain » ici et ailleurs dans les lettres pastorales (cf. 2 Tim. 4:3 ; Tite 1:9 ; 2:1). Littéralement, cela signifie « qui est en bonne santé » et signifie que la parole apportée par les apôtres était pure et non mêlée à des pensées étrangères et humaines.


1.6 - Ch.1:11

« Suivant l’évangile de la gloire du Dieu bienheureux, qui m’a été confié. »


1.6.1 - [La loi et l’évangile de la gloire]

Les péchés énumérés dans les v. 9 et 10 ne sont pas seulement condamnés par la loi. Ils sont également contraires à la saine doctrine du Nouveau Testament qui découle de l’évangile. À cet égard, la loi est en pleine harmonie avec l’évangile de la gloire, car tous deux témoignent de la sainteté de Dieu et ne peuvent donc pas tolérer le péché. Dans son essence, Dieu est éternellement le même.

Mais l’évangile avec ses bénédictions dépasse de loin toutes les actions antérieures de Dieu, et donc aussi la loi. Cela ressort de l’expression « l’évangile de la gloire du Dieu bienheureux ». Ce bien précieux avait été confié à l’apôtre Paul. Il y souligne ce fait en disant « qui m’a été confié » (cf. Rom. 2:16 ; 16:25 ; 2 Tim. 2:8). Quand on se rappelle comment Saul de Tarse est venu à la foi, on comprend pourquoi il qualifie l’évangile qui lui a été confié d’« évangile de la gloire » (cf. 2 Cor. 4:4). Sur le chemin de Damas, il fut jeté par terre à la vue de la gloire céleste visible (Actes 22:6,11). Cette gloire a été le point de départ de son ministère. Le message de grâce pour le pécheur perdu vient maintenant d’un Dieu qui a été glorifié par Son Fils et qui a glorifié Son Fils en Lui-même (Jean 13:31,32). Ce message révèle tout le conseil de Dieu, qui est rempli de sa gloire et est caractérisé par elle (Éph. 1:18 ; Col. 1:27).


1.6.2 - [Le Dieu bienheureux — les titres de Dieu]

Les différents titres de Dieu dans cette épître décrivent Sa grandeur, Sa félicité et Sa grâce. Ici, il est le « Dieu bienheureux », au v. 1 Dieu notre Sauveur (cf. 2:3), au v. 17 le Roi des siècles, l’incorruptible, invisible, seul Dieu ; au ch. 4:10 le Dieu vivant (cf. 3:15), qui est le conservateur de tous les hommes, et enfin en 6:15-16 le « bienheureux et seul Souverain, le Roi de ceux qui règnent et le Seigneur de ceux qui dominent, … qui seul possède l’immortalité, qui habite la lumière inaccessible qu’aucun homme n’a vu ni ne voir — … auquel soit honneur et force éternelle ! Amen ». Il veut introduire des gens sauvés dans Sa gloire et Sa félicité, et l’annonce de cette bonne nouvelle avait été assignée à Paul. Dieu ne parle plus maintenant, comme au Sinaï, par des éclairs et du tonnerre, mais dans la plénitude de la grâce et de la vérité en Christ. Maintenant, c’est la joie de Dieu dans Son amour de montrer Sa miséricorde aux pécheurs perdus.



1.7 - Ch.1:17 — [Doxologie]

« Or, qu’au roi des siècles, l’incorruptible, invisible, seul Dieu, soit honneur et gloire aux siècles des siècles ! Amen » (1 Tim. 1:17).


Au v. 12, l’apôtre avait commencé le récit de son expérience du salut par une simple action de grâces. Il la termine par une louange débordante pour Celui qui s’est révélé à Lui avec tant de grâce. Il ne nomme pas Dieu par les noms qui expriment Ses relations avec les hommes. Il ne dit pas l’Éternel ou le Père, mais le « Roi des siècles ». Cette désignation exprime la majesté absolue de Dieu, Sa souveraineté dans tous les temps. Avant tous les temps Il avait formé Son conseil de grâce. Il l’a exécuté dans le temps présent, et Il en manifestera les résultats glorieux dans des siècles à venir (Éph. 2:7 ; 3:11). Il est l’Incorruptible (Rom. 1:23), le seul qui soit au-dessus de tout ce qui est sujet à la corruptibilité, comme la création et les hommes. Il est aussi l’Invisible (Rom. 1:20 ;1 Tim 6:16) qui est au-dessus de tout ce qui est visible et qu’aucun œil humain ne peut jamais apercevoir dans son Absolu. Il est aussi le seul, l’unique vrai Dieu, et en cela, comme dans Son incorruptibilité et Son invisibilité, Il se tient au-dessus de toutes les œuvres de l’homme, que celui-ci a qualifié de dieux.

À Lui seul appartient l’honneur et la gloire pour l’éternité. L’expression « aux siècles des siècles » ne signifie pas d’éternité en éternité, mais « depuis maintenant jusque dans toute éternité » (en grec : eis tous aiōnas tōn aiōnōn).


1.8 - Ch.1:18

« Je te confie cette ordonnance, (mon) enfant Timothée, selon les prophéties qui ont été précédemment faites à ton sujet, afin que par elles tu combattes le bon combat ».


1.8.1 - [De nouveau l’ordonnance (ordre donné)]

L’apôtre reprend maintenant la pensée qu’il a interrompue au v. 6 par la digression sur la loi et la grâce. Le commandement ou ordonnance mentionné ici fait suite aux mots « ordonner » et « ordonnance » des versets 3 et 5 et fait également référence à la mission confiée selon ces versets. Paul appelle ici encore le jeune Timothée « enfant », comme déjà au v. 2, soulignant par-là la confiance avec laquelle il lui avait attribué la mission à Éphèse, – mission pas facile et pleine de responsabilité.


1.8.2 - [Prophéties au sujet du don de Timothée]

En même temps, il rappelle à Timothée, probablement comme encouragement, les prophéties le concernant. Cette expression a donné lieu à maintes spéculations. Paul se contente cependant de dire qu’il y avait eu des paroles prophétiques sur le jeune homme et sur son don de grâce et qu’elles marquaient son chemin à l’avance (cf. 4:14). Nous savons par Actes 16:2 que Timothée avait un bon témoignage des frères de Lystre et d’Iconium lorsque Paul le choisit comme compagnon.


1.8.3 - [Imposition des mains]

En lui imposant les mains, Paul lui a transmis ce don de grâce de Dieu, qui l’a rendu particulièrement qualifié pour son ministère (2 Tim. 1:6). Il n’est rien rapporté de ce genre pour personne ailleurs dans le Nouveau Testament. C’est une particularité qui est encore soulignée par le fait qu’en signe de communion, les anciens avaient aussi imposé les mains à celui qui était appelé. Il y a donc eu trois étapes :


C’est d’une manière semblable que Paul et Barnabas (qui, cependant, étaient tous deux depuis longtemps au service du Seigneur) furent envoyés d’Antioche pour leur premier voyage vers les nations. L’Esprit Saint parla aux prophètes et aux docteurs alors présents (et probablement aussi par leur intermédiaire) : « Mettez-moi maintenant à Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » (Actes 13:2). Ici, il n’y a pas d’imposition des mains pour transmettre un don, car tous deux avaient déjà servi avec leur don de grâce, mais le passage se termine par l’imposition des mains des autres serviteurs du Seigneur qui s’identifiaient à Barnabas et Saul dans cette mission importante et difficile (Actes 13:3).


1.8.4 - [Un bon combat]

Les prophéties précédentes ont pu encourager et fortifier Timothée dans le bon combat qui l’attendait. C’est le même combat dont Paul parle dans 2 Cor. 10:3-4 : non pas une compétition comme en 1 Tim. 6:12 et 2 Tim. 4:7, mais la guerre contre la puissance et la ruse de l’ennemi du dehors et du dedans. Dans la proclamation de l’Évangile, l’opposition de Satan vient plutôt de l’extérieur, du monde ; mais Timothée avait à faire particulièrement au combat à l’intérieur de la maison de Dieu, où Satan cherchait à s’opposer à l’œuvre de Dieu par des fausses doctrines et par de l’immoralité. Le combat contre ces influences est un bon combat (en grec kalos), c’est-à-dire un combat qui est juste en soi et qui plaît à Dieu. Peut-être on demandera s’il est permis de se battre entre croyants ? Eh bien, le terme « combat » doit être compris spirituellement. Tout enfant de Dieu est appelé à tenir ferme pour les droits de Dieu, même s’il y a de l’opposition. Il est important d’avoir le bon état d’esprit afin que ce combat ne devienne pas, comme chez les Galates, une affaire où on se mord et on se dévore l’un l’autre (Gal. 5:15).


1.9 - Ch.1:19

« … gardant la foi et une bonne conscience, que quelques-uns ayant rejetée, ils ont fait naufrage quant à la foi ; »


1.9.1 - [Garder la foi]

Comme précédemment au v. 5 et plus loin au ch. 3:9, la foi et une bonne conscience sont mises ensemble. Les mots « gardant la foi » (en grec echōn pistin) disent autre chose que ce que l’apôtre Paul dit de lui-même en 2 Tim. 4:7 : « J’ai gardé la foi » (en grec tēn pistin tetērēka). En 2 Tim. 4, c’est la foi en tant que dépôt qui lui a été confié (1 Tim. 6:20 ; 2 Tim. 1:14), et que Paul avait fidèlement conservé intact. Mais ici (1 Tim.1), il est dit que Timothée devait avoir de la foi et une bonne conscience. Comme en 3:9, ici, ce n’est pas un des mots habituels pour « garder » qui est utilisé, mais le mot « avoir, tenir ferme ». Timothée devait tenir ferme la foi et une bonne conscience, afin de pouvoir mener le bon combat. En Éph. 6:16 le bouclier de la foi et en 1 Thes. 5:8 la cuirasse de la foi, sont présentés comme l’équipement de protection nécessaire pour le combat spirituel. Ici, ce qui est en vue est peut-être davantage la force intérieure pour le combat. Cette pensée est soulignée par l’ajout de la bonne conscience.


1.9.2 - [Une bonne conscience]

Une bonne conscience est la condition préalable pour la communion avec Dieu. Si nous n’avons pas une bonne conscience et donc pas de communion avec Dieu, portes et portails sont grand ouverts pour l’œuvre de Satan. La conscience fonctionne en nous comme une boussole qui indique tout écart par rapport à la bonne direction. Il est vrai que cette boussole doit être correctement orientée, c’est-à-dire selon la Parole de Dieu. La conscience n’est pas un critère absolu. Elle doit être affutée encore et encore par la Parole vivante. Certaines personnes avaient jeté cette boussole par-dessus bord. La triste conséquence était qu’ils avaient fait naufrage quant à la foi. Ce peut n’être qu’un « petit » péché qui n’est pas jugé. Or si le jugement de soi à la lumière de Dieu fait défaut, cela amène des dommages incalculables. Paul pense ici à des personnes qui avaient fait un naufrage total en ce qui concerne la vérité de la foi. Ils n’avaient pas tenu ferme la vérité, leur témoignage devant le monde était mauvais et leur vie personnelle était un monceau de ruine.


1.10 - Ch.1:20

« … du nombre desquels sont Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à Satan, afin qu’ils apprennent à ne pas blasphémer ».


1.10.1 - [Hyménée et Alexandre]

Deux de ces hommes étaient Hyménée et Alexandre. Hyménée est peut-être le même homme dont la deuxième épître dit qu’il s’était écarté de la vérité avec Philète (2 Tim. 2:18). En 2 Tim. 4:14, un métallurgiste Alexandre, est également mentionné, mais il s’agit probablement d’une personne différente. Timothée devait se garder de lui, tandis que Paul parle déjà de ce qu’il avait livré à Satan cet Alexandre-ci avec Hyménée.


1.10.2 - [Livrer à Satan et discipline de l’assemblée]

Ce que Paul raconte ici comme un fait accompli, il l’avait présenté à l’assemblée comme étant sa sentence dans le cas d’un fornicateur à Corinthe. « Car pour moi, étant absent de corps, mais présent en esprit, j’ai déjà, comme présent, jugé (vous et mon esprit étant assemblés, avec la puissance de notre seigneur Jésus Christ), de livrer, au nom de notre seigneur Jésus-Christ, celui qui a ainsi commis cette action, – j’ai jugé, dis-je, de livrer un tel homme à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé dans la journée du Seigneur Jésus » (1 Cor. 5:3-5). Cependant cette fois-là, ce n’était pas allé aussi loin, puisque l’assemblée avait ôté le méchant du milieu d’elle. Ôter n’est pas la même chose que livrer à Satan. La discipline dans l’assemblée concerne ceux qui sont dedans, et la mesure extrême est d’ôter le méchant du milieu d’elle (1 Cor. 5:12-13). De cette façon, une personne qui persiste dans le mal est complètement exclue de la communion de ceux qui veulent s’en tenir à la Parole et à la volonté de Dieu dans la sainteté. Par cela, une telle personne n’est pas mise sur un pied d’égalité avec le monde, car on ne peut ni manger avec elle ni la saluer (1 Cor. 5:11b ; 2 Jean 10,11 ; voir cependant 1 Cor. 10:27). Cette discipline doit ramener cette personne à la raison et à une véritable repentance.


1.10.3 - [Livrer à Satan : nature du châtiment et son objectif]

Quand l’apôtre Paul parle de livrer quelqu’un à Satan, comme en 1 Cor. 5 et ici, il va au-delà de ce que fait l’assemblée ; celle-ci n’a aucun lien avec ceux du dehors. En 1 Cor. 5 Paul voulait agir de concert avec l’assemblée, tandis qu’ici, il avait déjà agi seul, comme apôtre. Par le fait d’être livré à Satan, le fornicateur de Corinthe devait faire l’expérience de la destruction de la chair, c’est-à-dire de châtiments atteignant le corps, la vie et éventuellement aussi l’âme, alors qu’ici il est question en général d’instruction par la discipline ou les châtiments. L’instrument de cette discipline est Satan, selon l’exemple de Job. Dans ces deux seuls cas du Nouveau Testament, le but n’était nullement la damnation éternelle, mais le demi-tour et la repentance. Alors que Paul écrivait aux Corinthiens sur le fait que « l’esprit serait sauvé dans la journée du Seigneur Jésus », Hyménée et Alexandre devaient apprendre par cette discipline ce qu’ils n’avaient pas appris par la vérité de la Parole et par des exhortations, à savoir s’abstenir de blasphémer. Nous ne savons pas ce qu’étaient ces blasphèmes. Blasphémer signifie : parler avec mépris sur les choses saintes, sur Dieu en particulier. Cela n’est pas étonnant chez quelqu’un qui est loin de Dieu. Mais si un disciple du Seigneur ne demeure pas journellement en communion avec Lui par la foi et une bonne conscience, il peut lui aussi tomber dans une voie aussi terrible.



2 - Chapitre 3


2.1 - Ch.3:14-15

« Je t’écris ces choses, espérant me rendre bientôt auprès de toi ; mais si je tarde, —afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, colonne et soutien de la vérité ».


2.1.1 - [Inspiration de la Parole de Dieu]

L’apôtre s’arrête ici dans ses enseignements pour donner à son jeune compagnon une explication brève, mais extrêmement importante et utile. Paul espérait pouvoir revenir bientôt à Éphèse après son voyage en Macédoine (cf. 1:3). Mais il n’était pas sûr que cet espoir se réaliserait. Cependant, étant très préoccupé dans son for intérieur avec Timothée et l’assemblée d’Éphèse, il écrivait déjà maintenant cette épître. Nous voyons dans cet exemple l’imbrication des motivations humaines des auteurs du Nouveau Testament et de l’inspiration de l’Esprit de Dieu. Cet « élément humain de l’inspiration », comme on l’a parfois appelé, n’est pas une preuve contre l’inspiration divine des Saintes Écritures, mais justement de ce que les instruments n’écrivaient pas mécaniquement, comme des robots, mais étaient utilisés par Dieu en fonction de leurs caractères humains, de leurs capacités et de leurs desseins, pour écrire Sa Parole sans faute et de manière infaillible.


2.1.2 - [Centre de l’épître]

L’insertion de ces v. 14 à 16 est importante parce qu’en peu de mots, il y est exposé l’objectif et le contenu de toute l’épître. Ces versets forment donc également le centre de l’épître. Les mots : « Je t’écris ces choses … » se rapportent non seulement aux développement concernant les anciens et les serviteurs (3:1-13), et même pas spécialement aux derniers versets (3:8-13), mais à l’ensemble du contenu de l’épître.

Trois points pressants sautent aux yeux dans ces v. 14 à 16


2.1.3 - [Responsabilité quant à la conduite, et connaissance des pensées de Dieu. Contenu de l’épître]

À Éphèse Timothée avait à remplir une mission particulièrement lourde de responsabilité. Pour cela, il avait besoin d’intelligence des pensées de Dieu et d’énergie spirituelle. Mais avant cela, il devait connaître les pensées de Dieu. C’est pourquoi Paul lui écrit : « … afin que tu saches… ». Sans cette connaissance, il était impossible pour Timothée et il est impossible pour les chrétiens d’aujourd’hui de se comporter correctement dans la maison de Dieu. Cette connaissance de la conduite correcte dans la maison de Dieu est tout spécialement contenue dans cette première épître de Paul à Timothée. L’épître traite de l’ordre extérieur dans l’assemblée, non seulement de ce qui est directement lié aux réunions et à l’ordre spirituel, mais aussi de toute la vie de ceux qui appartiennent à cette maison.


2.1.4 - [L’assemblée en tant que maison de Dieu]

Le centre quant au fond autour duquel tout tourne est Christ, le mystère de la piété. Ces enseignements sont certes adressés à Timothée dans sa situation particulière. Mais ils ne s’appliquent pas qu’à lui, car l’apôtre écrit délibérément : « afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu ». Ces paroles s’adressent donc à tous ceux qui ont leur place dans la maison de Dieu. Cette maison de Dieu est l’assemblée du Dieu vivant, dans laquelle Dieu habite (1 Cor. 3:16 ; 2 Cor. 6:16 ; Éph. 2:22). Dans l’Ancien Testament Dieu n’a dressé Sa demeure sous la forme de la tente d’assignation et plus tard du temple qu’après avoir racheté un peuple pour être Sa propriété ; pareillement, l’assemblée en tant que maison de Dieu a été fondée sur la base de l’œuvre de rédemption de Christ à la croix et de la descente du Saint-Esprit au jour de Pentecôte.


Ainsi donc, la maison de Dieu est ici l’ensemble de ceux qui confessent être à Christ, mais ici cette confession est encore vivante comme on la voit dans les premiers chapitres du livre des Actes. À l’origine, le corps de Christ et la maison de Dieu étaient constitués des mêmes personnes sauvées. Mais cela a changé au cours du temps, car beaucoup de ceux qui font partie de la maison d’après leur confession, en réalité ne sont pas nés de nouveau et n’ont pas été scellés du Saint Esprit. C’est pourquoi, dans la deuxième épître à Timothée, l’assemblée est comparée à une grande maison, dans laquelle il y a des vases à honneur, mais aussi pour le déshonneur du maître de maison. Cependant la maison de Dieu subsiste. C’est pourquoi les règles de conduite dans la maison de Dieu sont encore valables aujourd’hui. L’assemblée reste toujours la maison, l’habitation de Dieu, la colonne et le soutien de la vérité.


2.1.5 - [L’assemblée du Dieu vivant mise à part pour être Colonne et soutien de la vérité]

La maison de Dieu est considérée ici comme l’assemblée du Dieu vivant. En contraste avec les idoles mortes et les hommes mortels, Lui est vivant, et Il est la source de toute vie, d’éternité en éternité. Au milieu des ténèbres du paganisme et de l’échec du judaïsme, Il a séparé Son assemblée afin qu’elle soit colonne et soutien de la vérité dans ce monde. Christ Lui-même est la vérité (Jean 14:6) ; la Parole de Dieu, du Père, est la vérité (Jean 17:17) ; et le Saint-Esprit est l’Esprit de vérité (Jean 16:13) et aussi la vérité elle-même (1 Jean 5:6). L’assemblée est appelée à manifester toute la vérité de Dieu devant et dans le monde. Elle a le noble devoir de donner une expression à la vérité dans toutes ses actions. Cela entraîne une grande responsabilité pour tous ceux qui appartiennent à l’assemblée du Dieu vivant. Tant que l’assemblée est sur terre, elle est et reste la colonne et le soutien par lequel la vérité de Dieu est rendue visible. Certes elle n’est pas elle-même la vérité, comme nous l’avons déjà vu. Mais il n’y a qu’elle qui soit appelée à rendre témoignage de cette vérité dans ce monde. L’assemblée ou église n’enseigne pas, comme une certaine tendance le prétend, mais elle est enseignée par la Parole de Dieu et par les dons que le Seigneur a donnés, et elle a la tâche de présenter publiquement la doctrine qui est conforme à la vérité.

Les souverains de l’Antiquité faisaient graver leurs victoires, et parfois leurs principes et leurs objectifs, sur des colonnes ou des obélisques artistement sculptés, pour que chacun puisse les voir et les lire. Ainsi l’assemblée est la colonne sur laquelle la vérité est inscrite et rendue visible devant un monde qui ne croit pas au Seigneur Jésus.

Le mot « soutien » ou « fondation » n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament. Il est dérivé d’un adjectif qui signifie « ferme, sûr ». L’assemblée est donc aussi le fondement sûr sur laquelle doit reposer solidement la vérité divine. « Ainsi, la présence du Dieu vivant et la confession de la vérité sont les caractéristiques de la maison de Dieu. Partout où se trouve cette assemblée du Dieu vivant, partout où se trouve la vérité, là il y a Sa maison » (J. N. Darby, Synopsis, Études sur la Parole de Dieu).


2.2 - Ch.3:16

« Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : Lui qui (*) a été manifesté en chair, est justifié en Esprit, est vu des anges, est prêché parmi les nations, est cru au monde, est élevé dans la gloire ».


(*) note bibliquest : La version Darby et la version anglaise King James KJV rendent le verset un peu différemment : « Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire ». En particulier, l’auteur et bien d’autres traductions omettent le mot « Dieu » et écrivent « Lui qui ». Ce point est discuté ci-après


2.2.1 - [Le mystère de la piété]

Le v. 16 est la conclusion de ce court mais important passage, et il constitue le véritable centre de cette épître. Le v. 9 mentionne le mystère de la foi, au sens de la vérité objective de la foi. Le mystère de la piété, quant à lui, est la source de la force et le ressort de tout ce que le croyant individuellement et l’assemblée ont à manifester dans le monde. Contrairement aux spéculations humaines du ch. 4:1-3, ce verset place la personne de Christ au centre de la vie.

Le mystère de la piété n’est pas le mystère de la Déité ou celui de la personne de Christ. Le mot « piété » (en grec : eusebeia) apparaît huit fois dans cette épître (voir sous le ch. 2:2) ; il signifie en fait « adoration juste (de Dieu) » et décrit la dévotion de l’âme à Dieu dans la confiance et la crainte de Dieu. Le mystère de la piété n’est pas quelque chose de caché, mais comme presque partout dans le Nouveau Testament, c’est quelque chose qui a été caché jusqu’à présent, et qui est maintenant révélé et peut être compris par tous ceux qui sont nés de nouveau et ont reçu le Saint-Esprit.

Le point de départ et la source de force pour une conduite juste dans la maison de Dieu n’est pas une doctrine, mais une personne, le Fils de Dieu, qui est devenu homme. Certes il ne peut y avoir de véritable piété sans la vérité (et Israël la possédait déjà en partie), mais le mystère de la piété maintenant révélé est l’adorable personne de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Ce mystère est indiscutablement grand.


2.2.2 - [Six fondements de la relation de Dieu avec les hommes]

Ce qui suit n’est pas une description des privilèges des enfants de Dieu et de leurs bénédictions célestes, mais ce sont plutôt les fondements des relations de Dieu avec les hommes. Ici, comme partout ailleurs dans cette épître, les vérités mentionnées sont celles pertinentes pour le témoignage que l’assemblée, la maison de Dieu, doit révéler au monde.

Les six déclarations sur la personne du Fils de Dieu ne sont pas tant en ordre chronologique que moral ; elles peuvent être réparties en trois groupes :


2.2.3 - [Discussion du texte exact du v.16 : « Dieu » ou « Lui qui »]

Le premier des six énoncés de cette phrase est rendu différemment dans les anciens manuscrits de la Bible. Selon le dernier état de la recherche textuelle, les trois faits suivants ont été établis :

1) aucun des principaux manuscrits à lettres onciales (majuscules ; aleph A C) écrits au 4ème jusqu’au 5ème siècle ne contient le mot « Dieu » de première main,

2) toutes les traductions anciennes sont basées sur un pronom (« qui », « que »),

3) aucun des pères de l’église avant la fin du 4ème siècle ne témoigne du mot « Dieu » à ce stade.


Le changement du pronom « qui » en nom « Dieu » a été fait après coup dans les manuscrits ci-dessus ; cette insertion dans la plupart des manuscrits ultérieurs, s’explique facilement pour deux raisons : d’une part, le mot « Dieu » (orthographe grecque : θC) peut facilement découler du pronom (orthographe grecque : OC) à la suite d’une erreur de lecture ou de copie ; d’autre part, l’insertion du mot « Dieu » peut avoir découlé du désir de l’Église de disposer d’une déclaration doctrinalement plus claire.

« Si l’on pèse bien la leçon la mieux attestée, on en vient bientôt à découvrir avec joie que l’utilisation du pronom relatif « qui » dans ce contexte est beaucoup plus précise, alors qu’elle présuppose la même vérité (que l’utilisation du mot « Dieu »). Quel sens cela aurait-il de dire qu’Adam ou Abraham, David, Ésaïe, Daniel ou tout autre homme a été manifesté en chair ? Si un ange se révélait ainsi, ce serait un outrage à l’ordre divin. Pour l’homme en tant que tel, il n’y a pas d’autre voie que la chair ; le plus puissant, le plus sage, le plus doué des orateurs, poètes, soldats ou politiciens n’est que chair, tout comme le moindre de ceux qui sont nés de femme. Mais il n’en est pas ainsi du seul médiateur entre Dieu et les hommes. Il a condescendu à devenir homme, mais il était essentiellement et éternellement Dieu » (W. Kelly, Exposé des deux épîtres à Timothée). « Lui qui a été manifesté en chair » est le Dieu éternel et vivant. De même en Jean 1:14, il est dit : « Et la Parole devint chair et habita au milieu de nous », mais avant cela, il est clairement attesté : « Au commencement était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean 1:1). Pour pouvoir devenir médiateur entre Dieu et les hommes, le Fils devait en toutes choses être fait semblable à ses frères. Il est donc venu en ressemblance de chair de péché et pour le péché, — et c’est en Celui qui n’a pas connu le péché, qui n’a pas commis le péché et en qui il n’y a pas de péché, que Dieu a condamné le péché dans la chair (Rom. 8:3 ; 2 Cor. 5:21 ; 1 Pierre 2:22 ; 1 Jean 3:4). En Lui seul, l’amour et la sainteté de Dieu ont été pleinement révélés (Jean 6:69 ; 14:9) ; en Lui seul a résidé toute la plénitude de la Déité (Col. 1:19). Adorable Seigneur !


2.2.4 - « Justifié en Esprit »

« Justifié en Esprit » se réfère à toute la vie du Seigneur Jésus sur la terre. Il n’a pas seulement été engendré du Saint-Esprit (Luc 1:35), mais il a aussi été oint et scellé par l’Esprit (Actes 10:38 ; Jean 6:27). L’Esprit Saint a habité et a opéré dans le Seigneur Jésus, qui, en tant qu’homme, était entièrement sans péché ; l’Esprit Saint a habité en Lui comme dans un vase pur, entièrement à la gloire de Dieu (Matt. 3:16-17 ; Jean 1:32-34). En nous, hommes pécheurs par nature, cela ne peut se produire que si nous avons cru à l’œuvre rédemptrice de Christ et que nous avons été purifiés par cela (2 Cor. 1:21-22 ; Éph. 1:13-14). Justifier ici ne signifie pas « rendre juste », comme dans l’épître aux Romains, mais « démontrer comme étant juste », comme dans l’épître de Jacques. Christ était en toutes choses celui que Dieu a reconnu par l’Esprit Saint et confirmé comme homme, tant dans Ses actes (Luc 4:1, 14 ; Matt. 12:28), que dans Son œuvre expiatoire (Héb. 9:14) et dans Sa résurrection (Rom. 1:4 ; 1 Pierre 3:18).


2.2.5 - « Vu par (les) anges »

« Vu par (les) anges ». Lui, le Dieu invisible, a été vu lors de Son incarnation et après elle. Quel spectacle pour ces créatures au-dessus des hommes de voir pour la première fois leur Créateur dans la crèche de Bethléem ! Les anges ont été témoins de Ses tentations (Marc 1:13), de Son combat de prières à Gethsémané (Luc 22:43) et de Sa résurrection (Jean 20:12). Or encore maintenant, alors qu’Il est assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux, Lui et Son œuvre restent l’objet de la contemplation et de l’adoration des anges (Éph. 3:9-10 ; 1 Pierre 1:12 ; Apoc. 5:11-12).


2.2.6 - « Prêché parmi (les) nations »

« Prêché parmi (les) nations » montre le contraste entre l’époque actuelle et l’ère du judaïsme sous la loi. Notre Dieu-Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés, a dans ce but envoyé les prédicateurs de l’Évangile, avec en tête Paul, apôtre et docteur des nations (Gal. 2:8-9 ; 1 Tim. 2:7).


2.2.7 - « Cru au monde »

« Cru au monde » : les deux dernières propositions montrent les résultats de la manifestation du Fils de Dieu. Il est maintenant l’objet de la foi pour le monde. L’attente du Messie chère aux Juifs n’a pas commencé en étant pleinement achevée, mais elle a commencé par l’invitation du Seigneur à Ses disciples en Jean 14:1 : « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Certes Il va bientôt assumer Sa domination sur Israël et sur toutes les œuvres de ses mains ; mais la relation des hommes avec Lui ne repose pas désormais sur quelque chose de vu et observé, mais sur la foi. C’est par la foi seulement, que les personnes pour lesquelles Il est venu peuvent Le reconnaître et Le recevoir.


2.2.8 - « Élevé dans la gloire ».

« Élevé dans la gloire ». Ce mot « élevé » est utilisé cinq fois dans le Nouveau Testament pour désigner l’ascension du Seigneur (Marc 16:19 ; Actes 1:2, 11, 22). Il a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père (Rom. 6:4), mais la gloire est devenue particulièrement visible lors de Son ascension au ciel. L’expression « dans la gloire » (en grec en doxē) ne fait pas référence au but, mais aux circonstances de Son élévation. La gloire brillait autour de lui lors de Son ascension. La nuée qui L’a enlevé des yeux des disciples était la nuée de la gloire de Dieu, la Shekhina (Actes 1:9 ; cf. Matt. 17:5 ; 2 Pierre 1:17). L’accueil du Seigneur dans la gloire était la réponse de Dieu le Père à Son œuvre (Jean 13:31-32 ; 17:4-5).


2.2.9 - [Conclusion sur le mystère de la piété]

La description du mystère de la piété commence par l’incarnation du Fils éternel de Dieu et se termine par l’élévation au ciel de l’homme glorifié, le Christ Jésus. La vraie piété est basée sur cette personne et sur les faits qui nous sont communiqués à Son sujet. Le Christ, le Fils du Dieu vivant, est le mystère de la piété. Ce mystère a été caché jusqu’à la croix de Golgotha et n’est toujours pas reconnu par le monde. C’est seulement dans la puissance de ce mystère que l’assemblée peut répondre à sa responsabilité comme colonne et soutien de la vérité, et ce n’est que dans la puissance de ce mystère que le croyant individuellement peut se conduire correctement dans la maison de Dieu.


3 - Chapitre 4 — Fausse doctrine, enseignement juste

3.1 - Ch.4:1 — [Égarements religieux]

« Or l’Esprit dit expressément qu’aux derniers temps quelques-uns apostasieront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons » (1 Tim. 4:1).


En contraste complet avec les deux derniers versets du chapitre précédent, l’apôtre aborde maintenant les égarements religieux chez les chrétiens, selon qu’il les avait déjà prévus en tant qu’apôtre et prophète (cf. Éph. 2:20).


3.1.1 - [Aux derniers temps]

L’Esprit Saint, en tant que Consolateur venant du Père, a établi Son habitation en chaque croyant individuellement et dans l’assemblée comme un tout (Jean 14:16-17 ; 1 Cor. 3:16 ; 6:19). Il est venu pour guider les enfants de Dieu à chaque pas, pour les conduire dans toute la vérité et pour leur annoncer les choses qui vont arriver (Rom 8:14 ; Gal 5:18 ; Jean 16:13). Au temps de l’apôtre Paul, l’Esprit Saint avait déjà expressément indiqué par une révélation personnelle à lui, Paul, et par Son action dans l’assemblée, que des dangers surgiraient aux derniers temps dans la maison de Dieu, c’est-à-dire dans les temps suivant immédiatement le temps présent. L’apôtre Paul en fait part maintenant à Timothée.

Les « derniers temps » ne vont pas encore aussi loin que les « derniers jours » de 2 Tim. 3:1 et 2 Pierre 3:3 ou que la « fin du temps » de Jude 18. Paul parle ici de « quelques-uns » [qui apostasieraient], comme déjà au ch. 1:3, 6, 19. En 2 Tim. 3:1 il parle d’« hommes » : ce mot montre que la décadence augmenterait.


3.1.2 - [Apostasie]

Même si l’assemblée dans son ensemble porte le caractère de la maison de Dieu, « quelques-uns [allaient] apostasier de la foi ». Déjà au moment de la rédaction de cette lettre, certains avaient fait naufrage quant à la foi (1:19) ou s’en étaient écartés (1:6 ; 6:10, 21). Mais l’apostasie de la foi prédite ici chez quelques-uns est basée sur une volonté clairement décidée de rejeter les vérités fondamentales de la foi chrétienne et d’accepter à la place d’autres doctrines venant des démons.

Y a-t-il une apostasie des croyants ? La Parole de Dieu parle sans ambiguïté du fait qu’une personne qui a cru au Fils de Dieu et qui en conséquence est née de nouveau, ne périt pas, mais a la vie éternelle (Jean 3:16 ; 10:38-39 ; Rom. 8:31-39). C’est tordre les Écritures que d’affirmer — comme on le fait malheureusement trop souvent — que quelqu’un qui est né de nouveau peut encore être perdu. Cela signifierait que quelqu’un qui est né de Dieu, et est donc un enfant de Dieu (Jean 1:12-13), un membre du corps de Christ et une pierre vivante de la maison spirituelle de Dieu (1 Cor. 12:27 ; 1 Pierre 2:5) et qui a le sceau du Saint Esprit (Éph. 1:13-14), pourrait perdre tous ces privilèges ! Imaginons ça : un enfant de Dieu aujourd’hui – perdu demain ? un membre vivant du corps de Christ aujourd’hui – coupé demain ? Non, de telles pensées sont en contradiction flagrante avec l’enseignement du Nouveau Testament.

Mais un autre aspect de la vie chrétienne est la confession (ou profession) de ces choses et la déclaration qu’on est pour ces choses. Jean parle de personnes qui disent qu’elles ont communion avec Dieu, qu’elles connaissent Dieu, qu’elles sont dans la lumière, etc. (1 Jean 1:6 ; 2:4, 9, etc.). De même, Jacques 2:14 dit : « Quel profit y a-t-il, mes frères, si quelqu’un dit qu’il a la foi, mais qu’il n’ait pas d’œuvres ? » Une personne peut être capable pendant longtemps de tenir ferme sa confession (ou profession) et de montrer une marche selon la vérité chrétienne extérieurement, sans être vraiment sauvée par la repentance et la foi en l’œuvre rédemptrice de Christ. Un jour, elle se détourne, comme le décrit l’épître aux Hébreux pour des Juifs qui avaient été initialement enthousiastes et s’étaient joints extérieurement à la profession de christianisme (cf. Héb. 6:4-8 ; 10:26-31).

On peut adhérer au christianisme comme à toute philosophie ou idéologie humaine, sans que la conscience soit venue dans la lumière de Dieu. Si l’on nie ensuite les vérités fondamentales de la Parole de Dieu pour arriver à d’autres connaissances qu’on dit « supérieures », c’est l’apostasie de la foi. La foi (ici avec l’article comme en 1:19 et 3:9) est la totalité des vérités du salut, ce qu’on croit.

L’apostasie de la foi de la part de quelques-uns, ce n’est pas encore l’apostasie générale selon 2 Thes. 2:3-12 qui saisira la chrétienté professante morte sous la conduite de l’homme de péché, de l’antichrist, après l’enlèvement de l’assemblée. Or de même que l’apôtre Jean reconnaissait déjà l’esprit de l’Antichrist chez beaucoup de personnes qui avaient professé le christianisme extérieurement (1 Jean 2:18 et suiv.), de même Paul a écrit que le mystère d’iniquité était déjà à l’œuvre (2 Thes. 2:7). Combien donc il était et il est important de tenir ferme par la foi le « mystère de la piété » (1 Tim. 3:16), afin d’être armés contre l’apostasie naissante de plusieurs !


3.1.3 - [Esprits séducteurs, enseignements de démons]

Ensuite, l’apôtre mentionne les forces actives invisibles du mal par lesquelles ces personnes sont séduites : « les esprits séducteurs et des enseignements de démons ». Les esprits séducteurs sont des forces agissant chez des gens, et par lesquelles le diable se manifeste. L’apôtre Jean écrit : « Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu » (1 Jean 4:1). Le mot « esprit » ne se réfère pas à l’esprit humain ni ici en 1 Tim. 4 ni en 1 Jean 4, mais aux esprits sataniques qui se servent des hommes comme de leurs instruments.

Les « enseignements de démons » ne font pas référence à des enseignements sur les démons, mais à des enseignements qui émanent d’eux. Les démons sont des esprits mauvais (cf. Apoc. 16:13-14). Ce sont des instruments de Satan (cf. Matt. 12:24-29), qui, au temps de l’apostasie future déjà mentionnée, celle de toute la chrétienté de nom, auront leur demeure dans celle-ci. En Apoc. 18:2, il est dit : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! et elle est devenue la demeure de démons, et le repaire de tout esprit immonde ». L’influence des esprits séducteurs et des démons est souvent sous-estimée aujourd’hui, mais elle se répand largement par le moyen du spiritisme et de l’occultisme.


3.2 - Ch.4:2

« disant des mensonges par hypocrisie, ayant leur propre conscience cautérisée » (1 Tim. 4:2).


3.2.1 - [Disant des mensonges par hypocrisie]

Les mots « disant des mensonges par hypocrisie » sont parfois traduits : « par une hypocrisie de menteurs ». Dans la première manière de traduire, les démons sont ceux qui disent des mensonges par hypocrisie. La suite du verset dépend également des « démons » grammaticalement. Dans la seconde manière, des gens sont ceux qui disent des mensonges, et cette fois non pas comme victimes de l’erreur, mais comme étant ses instruments, des gens qui égarent. La formulation donnée ci-dessus permet de concilier les deux possibilités par le fait qu’ici l’Esprit Saint identifie les démons avec leurs instruments (cf. sur ce point Marc 1:23-26 ; Luc 4:31-36 ; 8:27-33) et Il passe ensuite des démons aux personnes possédées, qui ont les consciences cautérisées, c’est-à-dire endurcies comme avec un fer rouge.


3.2.2 - [Consciences cautérisées]

D’un côté, les séducteurs se donnent une apparence de piété, mais sous ce masque hypocrite, ils disent des mensonges pour assujettir les âmes des gens à Satan, le père du mensonge. Ce faisant, ils sont endurcis dans leur propre conscience comme avec un fer rouge. Darby traduit « cautérisé ». La plupart des commentateurs pensent à un marquage, comme dans l’Antiquité on marquait les esclaves et les criminels (sur le front dans ce cas). D’après cela, ces faux enseignants seraient caractérisés comme pécheurs et ennemis de Dieu, non pas par une marque extérieure, mais intérieurement dans leur conscience. Cependant cela signifierait qu’ils porteraient déjà devant eux et devant les autres le signe de condamnation, ou qu’ils seraient caractérisés comme esclaves d’un péché caché. Plus plausible et plus significative, en revanche, est la pensée qui s’exprime dans le mot « cautérisé » ou les mots « comme durci au fer rouge ». La conscience de ces séducteurs n’est plus pure et tendre, mais est devenue dure et insensible, car ils sont consciemment et durablement en contradiction avec Dieu et Sa Parole.


3.3 - Ch.4:3

« défendant de se marier, [prescrivant] de s’abstenir des viandes que Dieu a créées pour être prises avec action de grâces par les fidèles et par ceux qui connaissent la vérité » (1 Tim. 4:3)


3.3.1 - [Doctrines qui impactent la vie pratiques]

Les doctrines d’origine démoniaque dont Paul a déjà parlé au v. 1, ont, comme l’enseignement de Christ, un impact sur la vie pratique de leurs adeptes. Seulement ces doctrines de démons sont en opposition complète avec la doctrine qui est selon la piété. Paul les rassemble dans les deux prescriptions de ne pas se marier, et de ne pas manger de toutes les nourritures. L’omission du deuxième verbe (« prescrivant ») est un usage de la langue grecque de l’époque (comme en 2:12).


3.3.2 - [Doctrines contre le mariage]

Ces doctrines étaient dans le fond d’origine juive. Cela ressort des prescriptions déjà mentionnés dans l’épître aux Colossiens concernant la circoncision, les jours de fête et le manger et le boire (Col. 2:16). Les membres de la secte juive des esséniens, qui avait son siège à Qumran sur la mer Morte, observaient également la prescription de célibat. Cependant, à cette base juive s’étaient ajoutés d’autres courants de pensée philosophiques d’origine non juive. En Asie mineure, les démarcations entre citoyens juifs et non juifs n’étaient plus très marquées. Le voisinage social conduisait à un mélange religieux juif-grec-païen (syncrétisme). Cette orientation philosophico-théologique, connue sous le nom de gnosticisme, n’a atteint son plein développement dans la chrétienté qu’au deuxième siècle, mais on en voit le début déjà ici et dans les épîtres de Jean. Le gnosticisme enseigne à une élite intellectuelle une « connaissance » (gnose en grec) supérieure, par laquelle l’âme est libérée des contraintes matérielles et est conduite vers les régions supérieures de la vérité et de la lumière. Dans plusieurs des différents systèmes gnostiques, le dénigrement de tout ce qui est matériel se manifestait par une grande sévérité pour le corps humain. On croyait que l’ascèse corporelle et l’enrichissement spirituel dépendaient l’un de l’autre. Mais ces spéculations sataniques n’ont qu’un but : éloigner l’âme du Dieu vivant. Le mariage comme fondement divinement ordonné de la vie familiale et de la société, (cf. Gen. 1:28 ; 2:18-25), fut la première chose à être méprisée. Si quelqu’un ne se marie pas par amour pour le Seigneur et par désir de Le servir sans entrave, cela peut très bien être juste et béni (cf. 1 Cor. 7). Mais quand ce cas particulier est établi en principe, et que l’exception devient la règle, on méprise la Parole de Dieu, on domine sur la conscience des autres et on détruit le fondement de la foi.


3.3.3 - [Doctrines restreignant la nourriture]

Il en va de même pour le commandement de s’abstenir de certaines nourritures. En Genèse 1:29 ; 2:16 ; 9:2-4, Dieu a donné à l’homme divers commandements concernant la nourriture, selon lesquels seule la consommation de sang était et reste interdite (cf. Actes 15:20). Quiconque met de côté ces ordonnances de Dieu attaque directement l’autorité du premier livre de Moïse, et avec lui celle de la Parole de Dieu. Une telle personne se met en contradiction évidente avec la foi, car elle veut atteindre la sainteté par un faux chemin, et elle veut établir une prétendue relation avec Dieu, alors que Dieu ne peut et ne veut l’accorder qu’à celui qui, dans une foi simple et obéissante, se soumet à Sa volonté révélée dans Sa parole.


3.3.4 - [Respecter l’ordre divin]

Dans les fonctions et besoins naturels du corps humain, il n’y a rien en soi qui nous sépare de Dieu. Il est certain que la sexualité et l’appétit — comme presque tout dans notre vie — peuvent conduire au péché. Mais du fait qu’elles sont données par Dieu, ces choses ne sont pas mauvaises en soi si nous reconnaissons et respectons l’ordre divin qui les encadre. Si nous reconnaissons la constitution de notre corps comme disposée par Dieu, nous pouvons également accepter avec action de grâces l’instinct sexuel et l’appétit comme quelque chose arrangé par Lui, et même comme un lien qui nous maintient dans la foi et la dépendance à Son égard. Cela ne s’applique naturellement qu’à ceux qui sont « fidèles et qui connaissent (ou : reconnaissent) la vérité ». Mais ceux qui ne sont pas réconciliés et sont éloignés de Dieu ne voient aucune raison de rendre grâces dans les dons extérieurs.


3.4 - Ch.4:4-5

« Car toute créature de Dieu est bonne, et il n’y en a aucune qui soit à rejeter, étant prise avec action de grâces, car elle est sanctifiée par la parole de Dieu et par la prière » (1 Tim. 4:4, 5).


3.4.1 - [Contre les restrictions de nourriture]

Ce qui vient d’un Dieu-Créateur bon ne peut être que bon. Ce principe est contraire à l’erreur de ceux qui voulaient voir du mal dans tout ce qui est matériel et qui allaient jusqu’à attribuer la création elle-même à un dieu ou un démiurge mauvais ou imparfait. Les bonnes choses que Dieu donnent doivent être prises avec action de grâces. Pour le fidèle qui connaît la vérité, elles sont sanctifiées par la Parole de Dieu et par la prière. Selon les commandements de Dieu, le peuple d’Israël n’avait pas le droit de manger toute nourriture (cf. surtout Lév. 11). Les païens suivent ou bien leur instinct naturel ou bien sont liés par des règles religieuses au point de préférer mourir de faim plutôt que d’abattre une « vache sacrée ». Pour le chrétien, cependant, en dehors de l’interdiction déjà mentionnée de consommer le sang, il n’y a pas de restriction, comme la Parole de Dieu nous le dit en plusieurs endroits (Matt. 15:11 ; Rom. 14:14 ; 1 Cor. 10:27 ; 1 Tim 6:17). Grâce à ces déclarations claires de l’Écriture Sainte, toute créature en général est sanctifiée pour en jouir. Sanctifié signifie que quelque chose est mis à part dans un but précis prévu par Dieu. Un chrétien, qui sans nécessité, vit de manière exclusivement végétarienne, ne tient donc pas compte de cet ordre divin.


3.4.2 - [Sanctification de la nourriture]

Une nourriture n’est pourtant pas seulement sanctifiée objectivement par la parole de Dieu. Une sanctification subjective par la prière est également mentionnée ici. Cela ne vise pas seulement l’action de grâces lors des repas, mais aussi le grand privilège du croyant de pouvoir librement s’approcher de Dieu comme son Père sur la base de l’œuvre de rédemption de Christ, parce qu’il connaît Sa grâce et Son amour et que chaque jour il en fait de nouveau l’expérience. Dans cette communion intime, il peut reconnaître les choses apparemment les plus petites comme des dons d’un Père attentionné, qui n’a pas épargné le don le plus grand de tous, Son propre Fils, mais L’a livré pour nous tous.


3.5 - Ch.4:6

« En proposant ces choses aux frères, tu seras un bon serviteur du christ Jésus, nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as pleinement comprise » (1 Tim. 4:6).


3.5.1 - [Bon serviteur]

L’expression « ces choses » correspond à un pronom démonstratif au pluriel en grec (comme 3:14 ; 4:11, 15 ; 5:7, 21 ; 6:11). Cela se réfère toujours aux aspects de la vérité mentionnés précédemment sur la conduite dans la maison de Dieu. Si Timothée proposait ces choses aux frères, il serait un bon (grec kalos) serviteur du Christ Jésus, en contraste avec ceux qui disaient des mensonges par hypocrisie. À la différence de 3:8-13, le terme « serviteur » (grec diakonos) doit être compris ici dans un sens plus général.


3.5.2 - [Nourri des paroles de la foi et de la bonne doctrine]

Le mot « nourri » a aussi été quelquefois traduit par « élevé, éduqué » ; il ne se trouve qu’ici dans le NT. Grammaticalement c’est un présent (participe présent passif) et ne désigne donc pas une action achevée, mais un processus continu et valable en général. Les moyens pour être ainsi nourri ou éduqué sont « les paroles de la foi et de la bonne (kalos en grec) doctrine » que Timothée avait « suivie avec exactitude » (ou : « pleinement comprise » ; même chose en Luc 1:3 et 2 Tim. 3:10). La doctrine (grec didaskalia) figurait déjà en 1:10 et 4:1 comme « saine doctrine » en contraste avec les fausses doctrines ; nous la retrouvons dans les ch. 4:13, 16 ; 5:17 ; 6:1, 3. Alors que la foi se rapporte plutôt au contenu et à l’objet de la vérité, la doctrine se rapporte plutôt à la forme, la structure dans laquelle la vérité est communiquée.

Comme Timothée, tout chrétien doit apprendre à connaître la vérité, la recevant non seulement avec son intelligence, mais aussi en silence dans le cœur et la conscience. Les moyens de cette éducation spirituelle ne sont pas seulement la foi (c’est-à-dire la vérité du salut, cf. 4:1) et la doctrine, mais les paroles de la foi et de la saine doctrine. Le contenu et la forme de la vérité divine sont inséparablement liés (cf. 1 Cor. 2:12-13). Ce modèle des paroles saines, comme Paul les appelle dans sa deuxième épître (1:13), ne saurait être assez fouillé et suivi de près. De nouveaux trésors de sagesse et de connaissance seront sans cesse mis en lumière. Une telle occupation des paroles de la foi et de la bonne doctrine dans la prière et le jugement de soi sont la base d’une bonne et saine alimentation et éducation spirituelles. Celles-ci sont à leur tour une condition préalable à la croissance spirituelle, mais ce ne sont pas les seules. Une autre condition indispensable à la croissance spirituelle est de mettre en pratique ce qui a été appris ou reconnu

Une autre condition indispensable à la croissance spirituelle est de traduire, dans la pratique de la vie de foi journalière, ce qui a été appris ou reconnu. Or, c’est précisément sur ce point que nous sommes souvent défaillants. Il y a là une cause de pauvreté et de faiblesse spirituelles. Un serviteur du Seigneur qui ne fait pas ce qu’il prêche aux autres, n’a aucune autorité morale.

Ce n’est que si Timothée reconnaissait l’autorité absolue des paroles de la foi et de la bonne doctrine dans sa propre vie, qu’il pouvait agir avec autorité spirituelle comme un bon serviteur de Christ.


3.6 - Ch.4:7

« Mais rejette les fables profanes et de vieilles femmes, et exerce-toi toi-même à la piété » (1 Tim. 4:7).


3.6.1 - [Les fables]

L’apôtre oppose les paroles de foi et de la bonne doctrine aux fables profanes et de vieilles femmes (cf. 6:20 ; 2 Tim. 2:16), que Timothée devrait rejeter avec la plus grande fermeté. Il ne peut pas s’agir des enseignements de démons du v. 1, qui ne devaient se produire que dans le futur. Mais déjà au ch. 1:3-4, il est question de doctrines étrangères, de fables et de généalogies qui se répandaient à Éphèse et qui, au lieu d’édifier, ne faisaient que produire des disputes. Il est question ici de telles fables (cf. aussi Tite 1:14).


3.6.2 - [L’exercice de la piété]

Ensuite cette parole : « Exerce-toi toi-même à la piété ». La piété comprend toutes nos relations avec Dieu (cf. ce qui a été dit au ch. 2:2). Elle consiste en la communion avec Dieu et dans la pratique qui en découle en paroles et en actes. C’était la direction dans laquelle Timothée devait s’exercer. Pour cela, il devait rejeter tout ce qui faisait obstacle à sa relation avec Dieu. Le désir de la parole de Dieu, de la prière et de la méditation, et de la communion avec les enfants de Dieu fait aussi partie de cet exercice de la piété.


3.6.3 - [Discipline du corps]

Mais l’exercice de la piété inclut également le fait, pour le croyant, d’exercer une discipline sur son corps. Les Corinthiens étaient en grave danger à cet égard. Il suffit de penser au péché de fornication mentionné en 1 Cor. 5 et 6 et à leurs dérèglements lors de la Cène mentionnés au ch. 11 ! C’est pourquoi Paul se plaçait en exemple, comme nous lisons en 1 Cor. 9:24-27 : « Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice courent tous, mais un seul reçoit le prix ? Courez de telle manière que vous le remportiez. Or quiconque combat dans l’arène vit de régime en toutes choses ; eux donc, afin de recevoir une couronne corruptible ; mais nous, [afin d’en recevoir] une incorruptible. Moi donc je cours ainsi, non comme ne sachant pas vers quel but… mais je mortifie mon corps et je l’asservis, de peur qu’après avoir prêché à d’autres, je ne sois moi-même réprouvé ». Sans cet exercice de piété, le serviteur de Christ est toujours en grand danger, malgré l’activité extérieure pour son Seigneur, de s’éloigner de Lui intérieurement.


3.7 - Ch.4:8

« Car l’exercice corporel est utile à peu de chose, mais la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir » (1 Tim. 4:8).


3.7.1 - [Exercice corporel]

Par exercice corporel, on n’entend pas l’ascèse déjà indiquée au v. 3, qui a connu une floraison si triste plus tard dans le monachisme (vie des moines). Ce genre d’exercice est totalement contraire à la pensée de Dieu. D’un autre côté, l’apôtre voulait-il dire que l’autodiscipline corporelle, indissociable de celle qui est spirituelle, serait utile à peu de chose pour le chrétien s’exerçant à la piété ? Il venait de demander à Timothée d’avoir cette autodiscipline. Il ne peut donc s’agir que de l’entraînement et du renforcement de la force, de l’adresse et du rendement dans le domaine physique. Le concept d’exercice physique est emprunté à la vie sportive grecque et était bien connu des gens de l’époque. Ainsi, dans cette section, trois choses différentes sont traitées qu’il faut bien dissocier pour les comprendre.


3.7.2 - [Promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir]

Tout participant à une compétition doit constamment se prémunir contre toute influence néfaste et toute indolence qui pourraient réduire ses chances de victoire. Dans la vie de foi et de piété, l’être tout entier est engagé, se tenant pour mort au péché, mais vivant pour Dieu dans le Christ Jésus. Sur cette piété repose la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir. Dans le temps présent, le croyant peut se reposer en confiance sur Dieu dans la conscience paisible que Lui-même a dit : « Je ne te laisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (Héb. 13:5). Quant à l’avenir, Rom. 2:7 déclare que Dieu accordera la vie éternelle à ceux qui cherchent la gloire, l’honneur et l’incorruptibilité en persévérant dans les bonnes œuvres. Et dans sa deuxième lettre à Timothée, l’apôtre écrit : « Cette parole est certaine ; car si nous sommes morts avec Lui, nous vivrons aussi avec Lui » (2 Tim. 2:11). En général, dans les lettres pastorales, on ne trouve guère les privilèges célestes des croyants, mais la pratique d’une vie saine et dévouée selon la piété. Paul considère généralement la vie éternelle comme quelque chose de futur pour le croyant, tandis que dans les écrits de Jean, elle est généralement considérée comme une possession actuelle du croyant. Alors que Paul décrit la position parfaite du croyant devant Dieu, le Père, en Christ sur la base de la foi en Son œuvre expiatoire, Jean nous considère comme des enfants de Dieu, qui sont nés de Lui et qui possèdent donc déjà maintenant la vie éternelle. Par conséquent, chez Paul, le croyant n’aura part à la vie éternelle en perfection et en plénitude que lorsqu’il sera auprès de Christ dans la gloire (cf. 1:16 ; Rom. 6:22 ; Gal. 6:8 ; Tite 3:7).


3.8 - Ch.4:9-10 — [Le Dieu vivant conservateur de tous les hommes]

« Cette parole est certaine et digne de toute acceptation ; car si nous travaillons et sommes dans l’opprobre, c’est parce que nous espérons dans le Dieu vivant qui est [le] conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles » (1 Tim. 4:9-10).


L’apôtre utilise la même expression d’insistance que celle du ch. 1 v.15 : « Cette parole est certaine et digne de toute acceptation » (cf. 3:1). Ici, cette expression se réfère à ce qui a été dit au v. 8. Les apôtres et leurs collaborateurs ont travaillé à répandre sur la terre les paroles de la foi et de la bonne doctrine, dont le contenu est la piété. Pour cela, ils ont également été couverts d’opprobre. Mais ces serviteurs du Seigneur ne se sont pas laissés décourager, car le ressort de leur ministère et de leur vie était leur ferme espérance en un Dieu vivant qui est le conservateur de tous les hommes, spécialement des croyants. Ici Paul appelle à nouveau Dieu le « Dieu vivant », comme déjà au ch. 3:15 (cf. Matt. 16:16 ; 26:63 ; Actes 14:15 ; 1 Thes. 1:9 ; Héb. 9:14 ; 10:31). Le mot « conservateur » (soter en grec) est traduit par « sauveur » en 1:1 et 2:3. Ce titre était utilisé par les païens pour leurs divinités, et aussi pour l’empereur romain. Dans l’empire romain, l’empereur au pouvoir était appelé le « conservateur (ou Sauveur ; soter en grec) du monde » et était vénéré comme tel. Mais quelle différence immense il y a entre un tel soter humain — même s’il gouverne avec bienveillance et bonté — et le Dieu vivant, qui est le conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles ! Dans la plupart des traductions de la Bible, le mot ici est traduit par « Sauveur ». Mais il ne s’agit pas ici de l’œuvre de salut de Christ pour les pécheurs perdus. Dieu est considéré ici comme le seul et véritable conservateur de l’humanité entière, dont Il prend soin dans Son gouvernement (cf. Néh. 9:6, « toi qui fait vivre » ; Matt. 5:45 ; 10:29 ; Actes 17:25). Mais les croyants, rachetés par le sang de Christ, sont les objets spéciaux de Ses soins (1 Pierre 3:12 ; 4:19).

Aucun vrai chrétien n’oubliera jamais les privilèges immenses de la rédemption et de la vie éternelle, de l’espérance céleste et de la gloire éternelle. Mais face à ces choses invisibles et éternelles, il pourrait méconnaitre les soins constants et pleins d’amour de Dieu dans les choses de la vie journalière. Ce serait un déshonneur pour le Seigneur et un dommage pour lui-même. Le présent v. 10, comme nous l’avons déjà vu au début du chapitre, doit préserver l’âme du croyant d’une telle erreur. La révélation de hautes vérités spirituelles et de privilèges sur la base de l’œuvre de rédemption de Christ, peut dépasser en gloire le fait immuable que Dieu est le conservateur de tous les hommes, mais elle ne peut jamais le mettre de côté. Partout où surgissent des erreurs ou des fausses doctrines, il y a danger que la créature soit méprisée.


3.9 - Ch.4:11-12

« Ordonne ces choses et enseigne-les. Que personne ne méprise ta jeunesse ; mais sois le modèle des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim. 4:11, 12).


3.9.1 - [Ordonne et enseigne]

Bien que les exhortations des v. 11-16 s’adressent spécifiquement à Timothée et se rapportent à son ministère, elles sont également utiles aux serviteurs de Dieu de tous les temps. La première exhortation de l’apôtre est : « Ordonne ces choses et enseigne-les ». Le fait que le mot « commandement » soit si souvent mentionné souligne l’importance de la conduite pratique du chrétien, qui est le sujet de cette lettre (cf. 1:3 ; 5:7 ; 6:13, 17). Cette invitation est ici très générale et comprend certainement plus que ce qui est dit dans les versets 9 et 10. Lorsque Paul a envoyé le jeune Timothée à Corinthe, il a écrit aux croyants de cette ville : « Mais quand Timothée viendra, ayez soin qu’il soit avec vous sans crainte, car il s’emploie à l’œuvre du Seigneur, comme moi-même. Que personne donc ne le méprise » (1 Cor. 16:10-11). Il exhorte ici Timothée lui-même à se comporter en commandant et enseignant de manière à ce que personne ne soit amené à le traiter avec dédain en raison de sa jeunesse (*).


(*) Timothée avait environ 20-25 ans lorsque Paul l’avait emmené comme serviteur pour son second voyage vers l’an 50 (Actes 16). Maintenant il pouvait avoir environ 33-38 ans.


3.9.2 - [Sois le modèle des fidèles]

Mais ce n’est pas tout, il devait aussi être un modèle pour les croyants. L’apôtre souligne par-là un point très important dans la vie de foi. Un conducteur spirituel — ce qu’était Timothée malgré son jeune âge — doit non seulement pouvoir montrer le bon chemin, mais aussi y marcher lui-même en premier afin que les autres puissent le suivre. C’est ainsi que Paul parle de lui-même (1 Cor. 11:1 ; Phil. 3:17), et c’est dans ce sens que Pierre exhorte les anciens (1 Pier. 5:2-3), et c’est ce que nous voyons en perfection avec notre Seigneur Jésus (1 Pier. 2:21). Le bon berger marche devant ses brebis, et elles le suivent (Jean 10:4).

Non seulement les surveillants et les serviteurs (cf. ch. 3) doivent être irréprochables dans leur conduite, mais aussi ceux qui servent dans l’évangile, dans le ministère pastoral et dans l’enseignement, avec le don qu’ils ont reçu du Seigneur. Quelle autorité pourraient-ils sinon exercer dans leur ministère ?

Tout d’abord, les deux domaines mentionnés dans lesquels Timothée devait donner l’exemple sont : la parole et la conduite. Il devait donc être un exemple de disciple fidèle tout au long de sa vie. Ses paroles ne devaient exprimer aucun manque de droiture ni aucune fausseté, aucune frivolité ou impureté, mais elles devaient être toujours empreintes de grâce et assaisonnées de sel (cf. Éph. 4:29 ; 5:4 ; Col. 4:6). Sa conduite devait aussi être exemplaire, où que Timothée se trouvât et quelle que soit la personne avec qui il se rassemblait.


3.9.3 - [Qualités ou vertus qui doivent être en exemple]

Ensuite sont mentionnées les bonnes qualités ou les vertus dans lesquelles Timothée pouvait être un exemple : l’amour, la foi et la pureté.


3.10 - Ch.4:13 — [Trois activités auxquelles il fallait se consacrer]

« Jusqu’à ce que je vienne, attache-toi à la lecture (*), à l’exhortation, à l’enseignement » (1 Tim. 4:13).


(*) note Bibliquest : le mot allemand est le substantif « vorlesen » qui signifie une « lecture à autrui à haute voix », ou « lecture publique ».


3.10.1 - [Attache-toi]

Déjà au chapitre 3:14 Paul a exprimé l’espérance de retourner bientôt auprès de Timothée à Éphèse. Il lui rappelle maintenant de se consacrer jusque-là à la lecture des Écritures, à l’exhortation et à l’enseignement. Le mot traduit ici par « attache-toi » (en grec prosechein) signifie proprement « diriger l’attention sur quelque chose, veiller à quelque chose ». Par conséquent, il est possible que l’exhortation à exercer ces trois activités ne s’adresse pas ici à Timothée seulement, mais soit ici une exhortation à veiller à ce que d’autres aussi mènent ces activités de manière appropriée.


3.10.2 - [La lecture (publique)]

Lire publiquement et expliquer les écritures de l’Ancien Testament était déjà une pratique courante dans les synagogues juives le jour du sabbat. Dans la synagogue de Nazareth, le Seigneur Jésus a lu et expliqué un passage du prophète Ésaïe (Luc 4:16-27 ; voir aussi Actes 13:14-16). La même chose avait lieu dans les réunions de chrétiens. Petit à petit vinrent d’abord les épîtres (cf. Col. 4:16), puis les autres écrits inspirés du NT. La lecture des Saintes Écritures est la base de toute instruction chrétienne. Lorsqu’il y a un esprit de soumission et avec une vraie disposition non seulement à écouter, mais aussi à obéir, alors la simple lecture de la Parole de Dieu suscite dans les âmes un fruit béni. Par conséquent, ne prêtons pas attention en premier lieu aux paroles humaines, mais à la Parole de Dieu, sans pour autant mépriser les dons que le Seigneur a donnés pour édifier son Assemblée.


3.10.3 - [Exhortation et enseignement]

Exhorter consiste à appliquer ce qui a été lu au cœur et à la conscience de ceux qui écoutent. Par ce moyen ils sont éveillés à agir justement et sont protégés des influences et enseignements erronés (cf. 1:3-4).

L’enseignement explique la signification de la Parole de Dieu afin que les auditeurs puissent discerner clairement la volonté de Dieu.


3.11 - Ch.4:14

« Ne néglige pas le don de grâce qui est en toi, qui t’a été donné par prophétie avec l’imposition des mains du corps des anciens » (1 Tim. 4:14).


3.11.1 - [Ne pas négliger son don]

Si Timothée a été invité dans le verset précédent à être actif dans l’assemblée, ce n’est pas sans raison. Il possédait un don de grâce (charisma en grec ; cf. Rom. 12:6-8 ; 1 Cor. 12:4 ; 1 Pier. 4:10). Ni ici, ni ailleurs, il n’est expressément indiqué en quoi consistait ce don de grâce. Mais d’après 2 Timothée 4:5, il ressort qu’il était un évangéliste, et les passages déjà considérés dans les ch. 1 v.3 ; 4 v.6-7,11 ainsi que 2 Tim. 4:2 montrent qu’il possédait aussi le don d’enseignant (cf. Éph. 4:11).

Timothée ne devait pas négliger ce don. Par paresse, indifférence ou trop de préoccupations diverses, toute capacité peut être laissée à l’abandon. Si je néglige mon jardin quelque temps en été, les conséquences sont vite évidentes pour tout le monde : les mauvaises herbes se multiplient, les fruits désirés s’atrophient ou n’apparaissent pas. Si quelqu’un reçoit un don de grâce du Seigneur, il s’y rattache en même temps la mission de l’utiliser pour la gloire du Seigneur et pour la bénédiction des autres. Le Seigneur Lui-même l’a clairement indiqué dans la parabole des talents de Matt. 25:14-30. En 2 Tim. 1:6, Timothée est exhorté à « ranimer ce don de grâce », c’est-à-dire à agir pour qu’il se développe pleinement.


3.11.2 - [Appel à un ministère]

Le don de grâce que possédait Timothée lui avait été donné par prophétie. Déjà au ch. 1 v.18 Paul lui avait rappelé les prophéties dites à son sujet, ce qui à l’évidence visait le même fait que dans ce v. 14. L’appel de Timothée à un ministère particulier avait été déjà signalé très tôt par des déclarations prophétiques. L’apôtre Paul lui avait communiqué le don de grâce de Dieu par l’imposition des mains : ce cas était unique (2 Tim. 1:6). Nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament, nous ne lisons que des dons de la grâce aient été conférés ou même simplement confirmés par l’intermédiaire de quelqu’un. Le Seigneur Jésus donne Lui-même les dons à Son assemblée (grec dōma ; Éph. 4:8), et ils ne peuvent être exercés de façon correcte que par la puissance du Saint Esprit (1 Cor. 12:4, 8-11). Toute nomination ou appel à exercer un don est un mélange indu entre dons et charges ou fonctions locales et montre une ignorance totale des pensées de Dieu sur l’autorité divine et le service spirituel (cf. ce qui a été dit au ch. 3).


3.11.3 - [Don reçu avec imposition des mains des anciens]

Il est donc très significatif que Timothée n’ait pas reçu un don de grâce par, mais avec l’imposition des mains du corps des anciens. Il n’a pas reçu le don par le fait que les anciens lui aient imposé les mains, mais il l’a reçu par la prophétie et par l’imposition des mains de l’apôtre. Les anciens ont alors imposé leurs mains sur lui pour lui exprimer leur communion dans le service. Ainsi, il pouvait faire son travail en sachant que les anciens de l’assemblée reconnaissaient et soutenaient sa mission.

L’imposition des mains était déjà un fait bien connu dans l’Ancien Testament quand on offrait des sacrifices. Lors de l’holocauste, le caractère agréable pour Dieu de la victime offerte était transféré sur celui qui offrait (Lév. 1:4) ; dans le cas du sacrifice pour le péché, le péché était ainsi transféré sur la victime (Lév. 4:4, 15, 24 ; 16:21), et dans le cas du sacrifice de prospérités, la communion était exprimée par ce moyen (Lév. 3:2). Dans tous les cas, il s’agissait d’une indentification avec la victime, qui parle symboliquement du sacrifice de Christ. Dans le Nouveau Testament également, l’imposition des mains est généralement l’expression de l’identification et de la communion (cf. Actes 6:6 ; 13:3 ; 1 Tim. 5:22). La pensée d’une consécration ou d’un appel à un quelconque ministère est complètement éloignée de l’acte d’imposition des mains dans les Écritures. Même si Paul a imposé les mains à Timothée (2 Tim. 1:6), c’était avant tout pour exprimer l’identification du vieux serviteur avec le jeune (voir aussi commentaire sur 1 - Tim. 5:22).


3.12 - Ch.4:15 — [Consécration, progrès]

« Occupe-toi de ces choses ; sois-y tout entier, afin que tes progrès soient évidents à tous » (1 Tim. 4:15).


Comme aux v. 6 et 11, les exhortations précédentes sont replacées spécialement sur le cœur de Timothée. Il devrait se concentrer entièrement sur ces choses, et non sur des intérêts personnels ou sur des choses du monde. C’est la caractéristique d’un serviteur fidèle et utile qui se préoccupe des intérêts de son maître. Il vit et travaille non pas pour lui-même, mais pour son Seigneur.

Si Timothée faisait cela, ses progrès seraient évidents à tous. Une conduite en communion avec le Seigneur ne peut rester cachée. Elle confère au service une autorité morale qui fait une impression profonde sur tous. Les progrès consistent dans la connaissance de la Parole de Dieu, dans son application à la conduite personnelle et à celle des auditeurs, dans le discernement spirituel et la reconnaissance des besoins des âmes individuelles, et dans la capacité à y répondre spirituellement.


3.13 - Ch.4:16

« Sois attentif à toi-même et à l’enseignement ; persévère dans ces choses, car en faisant ainsi tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent » (1 Tim. 4:16).


3.13.1 - [Veiller sur soi-même]

Par les premiers mots de ce verset, l’apôtre répète une fois de plus ce qu’il a déjà enjoint à Timothée. Tout chrétien, y compris le serviteur du Seigneur, est tout d’abord responsable de lui-même, puis seulement ensuite des autres. C’est ce que Paul disait aux anciens d’Éphèse : « Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau » (Actes 20:28). La conscience personnelle, si souvent mentionnée dans cette épître, doit toujours être maintenue sans tache dans la lumière de Dieu.


3.13.2 - [Veiller sur la doctrine]

Or la mission spéciale de Timothée était de faire attention à l’enseignement. L’apôtre entendait par-là la pureté et le soin quant à l’enseignement qu’il donnait, mais aussi l’activité des autres frères dans l’enseignement (cf. 5:17). L’enseignement des croyants doit correspondre au modèle des saines paroles (2 Tim. 1:13).


3.13.3 - [Persévérer]

Timothée devait persévérer dans ces choses. Cela signifie que, d’une part, il devait y tenir fermement, et ne pas se tourner vers d’autres choses. Mais cela signifie aussi qu’il devait poursuivre cela sans relâchement. Beaucoup ont voulu s’engager dans l’œuvre du Seigneur avec un grand zèle. Mais lorsque les premières difficultés ont surgi, et que les résultats et la reconnaissance n’ont pas été à la hauteur des attentes, l’intérêt initial a faibli parce qu’on a manqué de cette persévérance qui supporte avec le Seigneur et pour Lui les situations où on est mis.


3.13.4 - [Salut du croyant]

Si Timothée faisait cela, il se sauverait lui-même et sauverait ceux qui l’écoutaient. « Sauver » ne signifie pas ici le salut de l’âme que Dieu donne à tous ceux qui croient au Seigneur Jésus (cf. 2:4 ; 2 Tim. 1:9), mais le salut du croyant en face des nombreux dangers sur le chemin vers la gloire (cf. Rom. 5:10 ; 2 Tim. 4:18 ; Héb. 7:25). Christ s’emploie pour les Siens à la droite de Dieu, mais ici nous voyons le côté de notre responsabilité (cf. Phil. 2:12). Le salut est ici la parfaite sauvegarde contre les mauvaises doctrines et pratiques, contre lesquelles le Saint Esprit nous a mis expressément en garde au début de ce chapitre.


4 - Chapitre 5 — Veuves et Anciens


4.1 - Ch.5:11-12

« Mais refuse les veuves qui sont jeunes ; car, quand elles s’élèvent contre le Christ en s’abandonnant à leurs désirs, elles veulent se marier, et sont sujettes au jugement [Darby : étant en faute] parce qu’elles ont rejeté leur première foi ; » (1Tim. 5:11-12).


4.1.1 - [Dangers qui guettent les jeunes veuves]

Les jeunes veuves étaient sujettes à des dangers que l’apôtre signale. Le sérieux et la simplicité de la vie de celles qui sont vraiment veuves, entièrement consacrées au service de leur Seigneur, pouvait leur être un fardeau trop lourd. La propre volonté pouvait s’éveiller et les égarer. Ce faisant, leur véritable relation avec le Seigneur se révélait. Lorsque Dieu enlève un conjoint par la mort, c’est toujours un message solennel de Dieu pour le conjoint restant. Dans le cas d’une veuve croyante, on pourrait donc s’attendre à ce qu’elle tire une leçon de ce que Dieu lui a dit et de sa douleur, et cette leçon est que le temps est raccourci et que la figure de ce monde passe (cf. 1 Cor. 7:29-31). Mais si de telles veuves perdent de vue le Seigneur et ne comprennent pas Son action envers elles, elles ne cherchent plus à Le servir, mais elles deviennent insolentes à Son encontre, et elles n’ont ni répit ni relâche jusqu’à ce qu’elles se retrouvent dans l’état auquel Il venait pourtant juste de mettre fin, dans Ses voies envers elles. Ainsi, elles sont sujettes au jugement (litt. : elles ont [le] jugement ; Darby : elles sont en faute), parce qu’elles ont rejeté leur première foi.


4.1.2 - [Sont en faute]

Les mots « sont sujettes au jugement » sont traduits par « sont en faute » dans les versions anglaise et française de Darby et hollandaise de Voorhoeve. W. Kelly traduit : « elles ont comme sujet d’accusation d’avoir rejeté la première foi ». Elles se rendent coupables par leur action, et par-là s’accusent elles-mêmes. Le mot « foi » signifie ici la confiance pratique en Dieu. Il ne faut pas voir l’apostasie de la foi chrétienne dans un tel comportement, bien que cela puisse arriver. Au lieu de s’attendre à Dieu et à Sa direction comme autrefois, elles ont rejeté cette fraîcheur de la foi et ont agi indépendamment de Dieu en voulant déterminer par elles-mêmes leur chemin dans la vie.


4.2 - Ch.5:13 — [oisives, causeuses]

« et en même temps elles apprennent aussi à être oisives, allant de maison en maison ; et non seulement oisives, mais aussi causeuses, se mêlant de tout, disant des choses qui ne conviennent pas » (1 Tim. 5:13).


Lorsque la propre volonté a libre cours, et qu’on ne prend plus à cœur le service du Seigneur, les conséquences sont toujours mauvaises. La vie devient spirituellement vide et désœuvrée. Mais comme l’esprit de l’homme est toujours à la recherche de quelque occupation, ces personnes vont de maison en maison pour tuer le temps. L’apôtre dit d’elles qu’elles sont non seulement oisives, mais aussi causeuses et se mêlant de tout. Le mot « se mêlant de tout » (en grec periergos) ne se retrouve ailleurs qu’en Actes 19:19, où il est utilisé pour les « pratiques curieuses » (magie) des diseurs de bonne aventure d’Éphèse. Il s’agit ici de s’occuper de choses inutiles et superflues. Lorsque le cœur d’un enfant de Dieu n’est pas occupé de Christ, on parle de tout, on fourre son nez partout, et il en résulte disputes et ruines. L’oisiveté, l’indiscrétion et les commérages se manifestent finalement dans des discours inconvenants, où l’on s’oublie et où l’on perd tout sentiment de bienséance. — Ces choses devraient être pour tout chrétien une sérieuse pierre de touche de son comportement, bien que ce nous soit donné ici particulièrement en rapport avec la conduite des jeunes veuves.


4.3 - Ch.5:14-15

« Je veux donc que les jeunes se marient, aient des enfants, gouvernent leur maison, ne donnent aucune occasion à l’adversaire à cause des mauvais propos ; car déjà quelques-unes se sont détournées après Satan » (1Tim. 5:14-15).


4.3.1 - [Remariage]

De même que toutes les jeunes veuves ne tombaient pas sous le coup du jugement prononcé aux v. 11-13, de même ici aux v. 14-15 l’apôtre n’entend pas non plus toutes les jeunes veuves sans exception. Cela ressort déjà du fait que dans les deux cas, l’article manque, ce qui exprime qu’il ne s’agit pas de l’ensemble des groupes en question, mais de celles qui portaient ces caractéristiques. Il n’y a donc pas non plus de contradiction entre la volonté de l’apôtre Paul au v. 14 et la volonté propre des jeunes veuves au verset 11. En 1 Cor. 7:1-11 et 25-40, le sujet du mariage et de l’union est traité en détail. Inspiré par l’Esprit Saint, l’apôtre y redonne d’abord le commandement clair du Seigneur (1 Cor. 7:10), mais il donne aussi, comme ici, ses pensées comme ayant été lui-même l’objet de la grâce du Seigneur (1 Cor. 7:6, 8, 12, 25, 35, 40). Il ne s’agissait pas de révélations de la part de Dieu, mais des pensées d’un vase élu, dont Dieu a confirmé la justesse en les incorporant dans Sa Parole infaillible sous la conduite de l’Esprit. Paul dit donc ici qu’il veut que les veuves jeunes se marient parce qu’à la plupart des gens il n’est pas donné de rester seuls comme Paul lui-même. Lorsqu’une jeune veuve présente ses pensées et ses souhaits au Seigneur, et qu’elle attend Sa direction et Son moment, c’est tout à fait conforme à Sa volonté, si tout est conforme à la pensée conductrice : « Mais si le mari s’est endormi, elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur » (1 Cor. 7:40). Se marier, avoir des enfants, gouverner leur maison, ne donner aucune occasion à l’adversaire, — voilà des caractéristiques d’une femme croyante en contraste avec celle dont il est parlé dans les v. 11-13. Tout doit se passer « avec bienséance et avec ordre » (cf. 1 Cor. 14:40).


4.3.2 - [En rapport avec la maison de Dieu]

Il est très remarquable que Dieu fasse mentionner de tels détails en rapport avec l’ordre dans Sa maison. Qu’il s’agisse des anciens (3:4-7), des serviteurs (3:10-13) ou des veuves, la conscience d’appartenir à la maison de Dieu doit être toujours vivante dans le cœur. Il ne faut rien admettre dans Sa maison qui offre à l’adversaire une occasion de dénigrer. L’adversaire n’est pas Satan lui-même, mais des gens qui se laissent manipuler comme ses instruments (cf. 1 Cor. 16:9 ; Phil. 1:28 ; 2 Thes. 2:4 : « qui s’oppose »). Parce qu’elles n’avaient pas tenu compte de ces enseignements, certaines de ces veuves (voir v. 12) s’étaient détournées après Satan. Elles n’avaient pas renoncé à la foi chrétienne, mais elles avaient renoncé à la marche de la foi, surtout en ce qui concerne la chasteté et la modestie. Elles étaient donc tombées dans le piège du diable.


4.4 - Ch.5:16

« Si un fidèle (*) ou une fidèle a des veuves, qu’il les assiste et que l’assemblée n’en soit pas chargée, afin qu’elle vienne au secours de celles qui sont vraiment veuves » (1Tim. 5:16).


(*) Note bibliquest : L’auteur dit ici « croyant », au lieu de « fidèle ». Nous laissons « fidèle » pour le texte de la Bible Darby, et « croyant » pour le commentaire de l’auteur ci-après, mais il n’y a aucune différence de sens.


4.4.1 - [Traduire « Si un fidèle ou une fidèle »]

Plusieurs traductions (par exemple Carrez, TOB et français courant) omettent les mots « un fidèle ou », tout comme les éditeurs du Nouveau Testament grec publié par les Sociétés Bibliques unies et Nestle-Aland, 26e éd. Ces derniers notent qu’il y a un doute considérable quant à savoir s’il est correct de lire « une croyante » ou « un croyant ou une croyante ». La leçon longue se trouve dans la plupart des manuscrits tardifs et donc aussi dans le Texte Reçu, alors que dans plusieurs bons manuscrits anciens, il n’est écrit que « une croyante ». L’auteur bien connu W. Kelly qui a beaucoup cherché dans les écrits détaille ceci : « Le poids des témoignages en faveur du texte court (aleph A C F G P etc. ainsi que certaines traductions anciennes et les pères de l’église) est si grand que les éditeurs modernes les plus importants ont suivi ce texte court. Cependant, cela donne au passage un sens étrange et insatisfaisant. Pourquoi le soutien ou l’aide à une jeune veuve devrait revenir à une femme croyante ? Cela correspond-il à l’esprit positif, à la générosité et à la sagesse de l’Écriture Sainte ? Il est beaucoup plus compréhensible en cas de situation d’urgence de ce genre, qu’on s’adresse soit à des hommes soit à des femmes croyants. Le texte long est fourni par les manuscrits D K L, la plupart des manuscrits en lettres cursives, quelques traductions anciennes et les pères de l’Église » (W.K. « Exposé de la première épître à Timothée »). Quelques pères de l’Église et des traductions anciennes ne mentionnent que la forme masculine « un croyant ». Tout bien pesé, il y a toute raison de retenir la lecture plus longue de « un croyant ou une croyante ».


4.4.2 - [Responsabilité d’assister les veuves]

Au v. 4, il avait été rappelé aux enfants et petits-enfants des veuves leur devoir agréable à Dieu d’entretenir leurs parents et grands-parents, et au v. 8, la négligence de ce devoir était sévèrement réprimandée. Ici, au v. 16, l’apôtre va encore plus loin. Il met sur le cœur des croyants, hommes ou femmes, qui ont des veuves dans leur foyer (sans considération du degré de parenté) d’assister ces veuves, afin que l’assemblée ne soit pas chargée ou empêchée d’aider celles qui sont vraiment veuves (cf. 5:3,5,9-10). Le cœur humain a tendance à rejeter la responsabilité sur les autres, spécialement sur la communauté. Mais l’assemblée n’est pas une « société de secours mutuel ». La foi ne dégage pas les gens de leur responsabilité personnelle. Dieu a institué le mariage et la famille dans la création. Le lien entre membres de la famille doit aussi se manifester dans les soins mutuels en cas d’urgence. Tant qu’une veuve a encore des membres de sa famille qui peuvent la soutenir, elle n’est pas « vraiment veuve » au sens mentionné ici pour celles qui sont remises aux soins de l’assemblée.


4.5 - Ch.5:17-18

« Que les anciens qui président (*) dûment soient estimés dignes d’un double honneur, spécialement ceux qui travaillent dans la parole et dans l’enseignement ; car l’écriture dit : « Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain », et : « L’ouvrier est digne de son salaire. » (1Tim. 5:17-18).


(*) Le terme « présider » en français est traduit par « vorstehen » en allemand, qui signifie « être à la tête ».


4.5.1 - [Anciens estimés dignes]

Comme nous l’avons déjà vu dans l’examen du ch. 3:1, le mot « ancien » dans le Nouveau Testament désigne en général le même groupe de serviteurs de l’assemblée que les « surveillants ». Le mot grec n’est autre que la forme comparative (au sens grammatical) de « âgé » (en grec presbys) et signifie normalement « plus âgé » (en grec presbyteros). C’est dans ce sens qu’il est utilisé en Luc 15:25 pour le frère du fils prodigue (« fils aîné »). En 1 Tim. 5:1 et 1 Pierre 5:5, il signifie « homme plus âgé », ce qui fait ressortir clairement le contraste avec les plus jeunes.

Dans le peuple d’Israël, il existait déjà autrefois l’habitude de reconnaître les hommes âgés et sages comme conducteurs et de les désigner en général par le terme « anciens » (cf. Exode 24:9 ; 1 Samuel 16:4). Dans l’assemblée du Nouveau Testament à Jérusalem, il y avait aussi de tels anciens et conducteurs, sans qu’il soit dit quoi que ce soit sur leur nomination à cette fonction. Dans les assemblées nouvellement établies en dehors de la Judée, des anciens ont cependant été établis à plusieurs reprises par les apôtres ou par leurs délégués (Actes 14:23 ; Tite 1:5 ; cf. Actes 20:17 et Phil. 1:1).

L’ajout au verset 17 : « qui président dûment » indique clairement qu’il ne s’agit pas simplement de frères plus âgés, mais plutôt de ceux qui ont reçu le service d’anciens ou de surveillants. Leur tâche était de paître le troupeau de Dieu qui était avec eux (cf. Actes 20:28 ; 1 Pierre 5:2). Les assemblées sont invitées à rendre l’honneur qui leur est dû aux serviteurs du Seigneur dans leur ministère souvent difficile (1 Cor. 16:16 ; 1 Thes. 5:13 ; Héb. 13:17). S’ils exerçaient leur ministère avec un dévouement particulier, et s’ils présidaient bien l’assemblée dans laquelle ils servaient, Timothée devait veiller à ce qu’ils soient estimés dignes d’un double honneur. C’était particulièrement le cas pour ceux qui travaillaient dans la parole et dans l’enseignement. Bien que les anciens ou les surveillants devaient être capables d’enseigner (3:2 ; Tite 1:9), ce n’était manifestement pas la tâche de tous les anciens de servir dans la parole et dans l’enseignement, mais ils avaient avant tout à maintenir l’ordre dans la maison de Dieu. Or déjà à l’époque, il semble qu’il y ait eu un manque de respect vis-à-vis de leur autorité et de l’honneur qui s’y rattache, sinon Paul n’aurait pas eu besoin de mettre au cœur de Timothée de veiller à ce que les anciens qui présidaient dûment soient estimés dignes d’un double honneur.


4.5.2 - [Double honneur, soutien matériel]

Que signifie un double honneur ? Sûrement pas seulement un degré plus élevé dans l’estime. Le verset suivant commence par la conjonction de coordination « car », introductive et explicative, et cela indique clairement qu’en plus du respect affectueux, un soutien matériel est également requis. Paul aborde en détail cet aspect du ministère en 1 Cor. 9. D’après ce passage, il est du devoir des enfants de Dieu d’être en aide par une aide matérielle à ceux qui travaillent parmi eux. Dans quelle mesure les serviteurs dépendent de cette aide ou en font usage est une autre question. Paul lui-même préférait travailler de ses propres mains et gagner le nécessaire pour vivre afin de rendre l’Évangile exempt de frais, alors qu’on l’accusait d’exploiter la générosité des fidèles (cf. Actes 20:33-35 ; 1 Cor. 9:15 ; 2 Thes. 3:7-10). Sur ce plan aussi, le grand apôtre voulait être un modèle pour les autres.

Néanmoins, le principe demeure : « Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain » (cf. Gal. 6:6). Ce verset de Deut. 25:4 était déjà cité par Paul en 1 Cor. 9:9 et il ajoutait : « Dieu se préoccupe-t-il des bœufs ? ou parle-t-il entièrement pour nous ? Car c’est pour nous que cela est écrit, que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et que celui qui foule le grain (doit le fouler) dans l’espérance d’y avoir part ». L’Israélite qui, au moment de la moisson, observait ce commandement, n’était sûrement pas conscient de sa profonde signification spirituelle. Mais pour nous c’est une confirmation de l’élévation et de l’unité de toute la Parole de Dieu et de la vérité de 1 Cor. 10:11 : « Toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints » (cf. Rom. 15:4).


4.5.3 - [Citation de Luc 10:7 comme faisant partie de l’Écriture]

La citation suivante : « L’ouvrier est digne de son salaire » est tirée de Luc 10:7 (non pas de Matt. 10:10, où il y a le mot « nourriture » au lieu de « salaire »). Cette citation est remarquable et importante pour deux raisons. Tout d’abord, elle montre que l’évangile selon Luc était déjà connu lors de la rédaction de la première épître à Timothée. Deuxièmement, elle prouve que cet évangile a été immédiatement reconnu par les croyants comme livre canonique appartenant à l’Écriture Sainte. Les mots introductifs : « Car l’écriture dit … » placent les citations de Deut. 25:4 et Luc 10:7 sur un même plan, le terrain de la parole divinement inspirée. Le mot « écriture » (en grec graphe) apparaît plus de cinquante fois dans le Nouveau Testament et désigne toujours la parole de Dieu écrite. Au pluriel, ce mot se réfère à l’ensemble des écrits de l’Ancien Testament (par exemple Matt. 21:42 ; Jean 5:39), mais en partie aussi aux écrits du Nouveau Testament en voie de formation (cf. Rom. 16:26 ; 2 Pierre 3:16). Au singulier, le mot graphe est surtout utilisé pour des passages isolés (par exemple Marc 12:10 ; Luc 4:21). Le fait qu’ici un passage de l’évangile de Luc soit considéré comme appartenant à l’Écriture montre que le Saint Esprit a guidé la compilation des différents écrits pour faire la Bible avec le même soin avec lequel Il a inspiré les écrivains lors de la rédaction de leurs livres. Ce verset n’est cependant pas la seule preuve de l’égalité de positionnement divinement réalisé entre les écritures du Nouveau Testament et celles de l’Ancien. L’apôtre Pierre reconnaît également l’autorité divine des épîtres de son bien-aimé frère Paul en les mettant au même niveau que les « autres écritures » de l’Ancien Testament (2 Pierre 3:16).


4.6 - Ch.5:19 — [Deux ou trois témoins nécessaires en cas d’accusation]

« Ne reçois pas d’accusation contre un ancien, si ce n’est quand il y a deux ou trois témoins. » (1Tim. 5:19)


Même un ancien peut tomber dans son ministère ou sa conduite. L’ennemi des âmes vise spécialement les serviteurs du Seigneur. S’il peut les faire tomber, les dégâts sont plus grands qu’avec les autres. Les accusations contre un ancien doivent donc être traitées avec une attention particulière. Timothée n’était donc pas autorisé à accepter une accusation contre un ancien, sauf avec deux ou trois témoins. Ce principe de pluralité de témoins était déjà en vigueur dans la loi de Moïse : « Un seul témoin ne se lèvera pas contre un homme, pour une iniquité ou un péché quelconque, quelque péché qu’il ait commis ; sur la déposition de deux témoins, ou sur la déposition de trois témoins, la chose sera établie » (Deut. 19:15 ; cf. 17:6). Combien facilement une accusation par une seule personne peut être lancée pour des motifs personnels et charnels ! Or même par une appréciation sincère, personne n’est en mesure de porter tout seul un jugement vraiment objectif. C’est pourquoi le Seigneur Lui-même nous invite à faire appel à un ou deux frères, non seulement dans ce cas (péché d’un ancien), mais aussi dans tous ceux où des difficultés interviennent entre des frères qui ne peuvent être solutionnées selon Dieu dans un dialogue personnel ; la raison en est que « par la bouche de deux ou trois témoins, toute affaire est établie » (Matt. 18:16 ; cf. 2 Cor. 13:1).


4.7 - Ch.5:20

« Ceux qui pèchent, convaincs-les devant tous, afin que les autres aussi aient de la crainte » (1Tim. 5:20).


Les versets 19-21 concerne des anciens qui sont coupables de péchés. Ayant été nommé officiellement, ils avaient à l’époque une position particulière au sein de l’assemblée. Par conséquent, une accusation portée contre eux ne pouvait être soulevée ou acceptée à la légère. Or, si une accusation contre un ancien confirmée par deux ou trois témoins, était fondée, et qu’il s’agissait effectivement d’un péché, ce frère devait être convaincu ou puni devant tous. Le mot grec elenchō a les significations suivantes : convaincre (par exemple Jean 16:8 ; 1 Cor. 14:24 ; 2 Tim. 4:2), reprendre (Matt. 18:15 ; Luc 3:19 ; Éph. 5:11, 13 ; Tite 1:13), réfuter (Tite 1:9).


4.7.1 - [Ceux qui pèchent]

Il n’est pas facile de répondre à la question de savoir qui sont « ceux qui pèchent » visés par ce verset : s’agit-il des anciens mentionnés à partir du v. 17 et accusés au v. 19, ou plus généralement des membres de l’assemblée locale. Cela soulève immédiatement une deuxième question : si « ceux qui pèchent » sont des anciens, est-ce que « convaincre devant tous » doit être fait devant toute l’assemblée ou seulement devant tous les autres anciens ? W. Kelly ne voudrait pas limiter ce verset aux anciens, mais l’appliquer à tous les membres d’une assemblée. J. N. Darby ne commente pas ce point dans ses « études sur la Parole de Dieu » (synopsis), mais il fait à deux reprises dans ses écrits des remarques en donnant un sens d’application générale. D’autres commentateurs comme F. W. Grant, H. Rossier et autres ne font référence qu’aux anciens dans ce verset. Plusieurs arguments plaident en faveur de cette dernière explication.


4.7.2 - [Convaincre publiquement des anciens]

Être ainsi convaincu publiquement ne peut donc concerner que les anciens. Cette forme grave de réprimande était appropriée envers eux. Nous en voyons un exemple en Gal. 2:11 et suiv., quand Paul a publiquement réprimandé Pierre. En 1 Pierre 5:1, Pierre se nomme lui-même « moi qui suis ancien avec eux » ou ‘collègue des anciens’ ; mais il était davantage, à savoir un apôtre. S’il n’avait pas été puni « devant tous », afin de ne pas nuire à son prestige public, il y aurait eu de quoi craindre une indifférence dangereuse de la part des croyants vis-à-vis du péché. C’est justement parce qu’il s’agissait d’une personne en vue que le mal avait un caractère plus grave et nécessitait une punition publique. Le mauvais exemple d’un tel conducteur ne pouvait qu’inciter les autres à mal faire. C’est ce qui s’était déjà produit à Antioche. « Et les autres Juifs aussi usèrent de dissimulation avec lui, de sorte que Barnabas même fut entraîné avec eux par leur dissimulation. Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit, selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas devant tous… » (Gal. 2:13-14). Paul ordonne donc à Timothée de faire de même.


4.7.3 - [Devant tous]

Une autre difficulté dans ce v. 20 est de savoir si les mots « devant tous » signifie « devant tous les anciens » ou « devant tous les croyants ». Les commentateurs qui ne voient que les anciens dans « ceux qui pèchent » ont tendance à ne voir que les autres anciens dans « tous », de sorte que ce verset signifierait : convainquez les anciens qui pèchent devant tous les autres anciens, afin qu’eux aussi aient de la crainte. Combien il serait alors facile qu’à la suite d’une réprimande faite en petit comité, il naisse une apparence de cachotterie, et que cela donne lieu à de mauvais propos ! Si la présentation de l’affaire et la réprimande ont lieu d’une manière grave et calme devant toute l’assemblée, alors l’effet devrait être une profonde crainte du péché chez tous.


4.7.4 - [Une formulation du v. 20 qui précise le sens]

Après cet examen un peu plus détaillé du v. 20 à la lumière de l’ensemble de l’Écriture, la formulation suivante reflète le mieux le sens : « les anciens qui pèchent, convainquez-les devant tous les croyants, afin que les autres aussi aient de la crainte ». — Bien qu’aujourd’hui il ne puisse plus y avoir d’anciens ou de surveillants légitimement établis (voir ce qui a été dit au sujet de 3:1-7), ce principe s’applique quand même à l’égard de frères que le Seigneur utilise de manière particulière parmi les croyants, et qui ont donc une responsabilité particulière, et dans certains cas même au-delà.


4.8 - Ch.5:21 — [Devant Dieu, le Christ Jésus, les anges élus]

« Je t’adjure devant Dieu et le christ Jésus et les anges élus, que tu gardes ces choses, sans préférence, ne faisant rien avec partialité » (1 Tim. 5:21).


Ce verset renforce solennellement l’importance des exhortations précédentes. Même si elles s’appliquent littéralement aux anciens établis à l’époque, leur importance fondamentale et leur force morale subsistent telles quelles pour nous. Paul s’appuie sur trois témoins :


Au vu de tous ces témoins, Paul exhorte Timothée à garder ces choses. Tout dans la maison de Dieu se passe non seulement sous les yeux des croyants, mais devant Dieu, le Christ Jésus et les anges élus. On l’oublie parfois. Timothée ne devait donc se laisser guider ni par des préjugés contre quiconque, ni par des faveurs pour un quelconque parti, mais par la prudence, la sagesse et un jugement spirituel, comme il convient à un bon serviteur de Christ.


4.9 - Ch.5:22

« N’impose les mains précipitamment à personne et ne participe pas aux péchés d’autrui ; garde-toi pur toi-même. » (1 Tim. 5:22).


À partir du v. 22, les instructions à Timothée sont plus générales, mais elles se rattachent à ce qui précède dans une certaine mesure. Les exhortations qui se rattachent ainsi sont complétées par une invitation personnelle à Timothée au v. 23.


4.9.1 - [Imposition des mains dans le Nouveau Testament]

Il y a beaucoup de différences de vues sur la signification de l’imposition des mains dans le Nouveau Testament. Dans le judaïsme, elle jouait un rôle important. Pensons seulement à l’imposition des mains quand on offrait les différents sacrifices (Lév. 1:4 ; 3:8 ; 4:4 ; cf. 16:21). L’auteur de l’épître aux Hébreux parle donc d’une doctrine de l’imposition des mains (Héb. 6:2). Dans le Nouveau Testament, on trouve trois sortes d’imposition des mains.


4.9.2 - [Imposition des mains aujourd’hui]

Aucun autre passage du Nouveau Testament ne nous permet de conclure que les deux premières sortes d’imposition des mains existent encore aujourd’hui. D’autre part, la troisième sorte d’imposition des mains était d’une manière générale l’expression de la communion, tout comme tendre la main (Gal. 2:9). Cependant, il ne s’agit nulle part d’une confirmation ou d’une ordination officielle. Bien que l’imposition des mains soit mentionnée lors du choix des serviteurs en Actes 6, elle manque dans la nomination des anciens. L’imposition des mains pour laquelle Timothée était invité à être vigilant, n’était donc pas un acte officiel et n’est pas en relation directe avec les versets précédents. Si Timothée souhaitait exprimer de cette manière sa communion intime avec un croyant, il ne devrait pas le faire à la hâte. S’il ne connaissait pas le caractère moral et la marche du croyant en question, il risquait de participer à ses péchés. Ces paroles sont une indication importante du fait, facilement méconnu, qu’aux yeux de Dieu, l’association avec le mal souille. Par la fréquentation de pécheurs ou de croyants vivant dans le péché, tout racheté se rend coupable devant Dieu et devant les Siens (1 Cor. 5:11 ; 2 Cor. 6:14-18 ; 2 Jean 10-11).


4.9.3 - [Veiller sur soi-même]

Les mots qui suivent « garde-toi pur toi-même » sont notamment destinés à souligner l’importance de la pensée précédente. Mais en outre ils sont une invitation renouvelée à Timothée à faire attention à lui-même (cf. 4:16), afin de rester préservé non seulement des péchés en action, mais aussi de toute sorte de souillures spirituelles et morales. La chasteté n’est qu’une partie de cette pureté intérieure qui doit orner tout enfant de Dieu, et spécialement les serviteurs de Christ (cf. 4:12 ; 2 Cor. 7:1).


4.10 - Ch.5:23 — [Boire un peu de vin]

« Ne bois plus de l’eau seulement, mais use d’un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions » (1Tim. 5:23).


Ce verset fait suite aux mots précédents : « Garde-toi pur toi-même ». Apparemment, Timothée avait pris l’habitude de ne plus boire de vin du tout. Dans les pays méditerranéens, le vin était à l’époque à la fois un aliment de base et un stimulant, mais la Parole de Dieu met souvent en garde contre son abus. Paul était bien conscient du souci de son jeune compagnon d’armes de se garder pur et d’éviter tout ce qui pouvait de quelque façon que ce soit l’exciter ou satisfaire la chair. Par ce renoncement, Timothée évitait également de choquer d’autres personnes par son comportement. Mais peut-être était-il un peu enclin à l’ascèse, par nature ou pour d’autres raisons. Paul a vu que cette attitude tendait un peu à l’extrême chez son jeune compagnon de travail. Par ses paroles du v. 23, il voulait empêcher Timothée de nuire davantage à sa santé en s’abstenant de quelque chose qui servait à la préserver ou à la favoriser. Le chrétien a la liberté de jouir de tout ce que Dieu lui offre si ses motifs sont droits (6:17b, 1Cor. 10:23, 31).

L’expression « boire de l’eau » est un mot unique en grec (hydropoteō). Il n’est pas demandé ici à Timothée de ne plus boire d’eau du tout, mais de ne pas continuer à être un « buveur d’eau », quelqu’un qui s’abstient complètement de vin. D’après les mots qui suivent : « use d’un peu de vin », on peut voir que l’apôtre ne l’invitait pas à boire du vin sans restriction, mais il lui en recommandait l’usage modéré comme remède à son estomac fragile et à ses fréquentes indispositions.

Au passage, remarquons que Paul n’a pas guéri son compagnon de travail de sa faiblesse corporelle, bien qu’il ait mentionné à plusieurs reprises les dons de la grâce de guérisons en 1 Cor. 12 et qu’aussi il le possédait personnellement (cf. Actes 28:8-9). Mais ce don de grâce n’était pas destiné à être utilisé pour des croyants, mais pour des non-croyants. Paul n’a pas non plus guéri d’autres compagnons ou amis malades.


4.11 - Ch.5:24-25 — [Péchés et bonnes œuvres – visibles et cachés]

« Les péchés de quelques hommes sont manifestes d’avance et vont devant pour le jugement ; mais ceux d’autres [hommes] aussi les suivent après. De même aussi les bonnes œuvres sont manifestes d’avance, et celles qui sont autrement ne peuvent être cachées » (1 Tim. 5:24-25).


Après l’interpolation du v. 23, qui témoigne du soin de l’apôtre pour Timothée, la pensée commencée au v. 22 est poursuivie aux v. 24-25.

Les péchés de certaines personnes se produisent à la vue de tous. Ils peuvent être jugés immédiatement, et ils témoignent déjà du jugement qui va les suivre. Chez d’autres cependant, les péchés sont cachés et recouverts d’un manteau de convenance ou de piété. Ils ne sont manifestés que plus tard, mais en tout cas devant le trône de Dieu. Timothée ne devait pas, par une imposition des mains précipitée, avoir part à ces péchés cachés qui n’étaient pas visibles au premier abord, et il devait se maintenir pur lui-même.

Il en est des péchés comme des bonnes œuvres (en grec erga kala), (voir 2:10). Il y a des bonnes œuvres qui deviennent visibles par tous. Bien sûr, il ne s’agit pas des « bonnes œuvres » hypocrites contre lesquelles le Seigneur Jésus nous met si instamment en garde en Matt. 6:1-18, mais il s’agit du fruit de la vie nouvelle, le fruit opéré par Dieu (cf. Éph. 2:10 ; Jacq. 2:14). Dans un autre passage, le Seigneur dit à ses disciples : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnes œuvres (en grec erga kala) et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matt. 5:16). Ce n’est pas celui qui les accomplit qui est glorifié par de telles œuvres, mais Dieu. Quand les œuvres deviennent publiques, l’homme se retire.

Mais il y a aussi des œuvres qui se font en secret et qui restent invisibles aux yeux des hommes en général. Or Dieu, notre Père, voit aussi ces œuvres cachées. Il en prend connaissance maintenant et les rendra publiques un jour ; si ce n’est pas sur la terre, ce sera devant le tribunal de Christ (2 Cor. 5:10). Quel encouragement et aussi quel réconfort pour beaucoup, peut-être même des âmes incomprises de leurs compagnons chrétiens, qui ont vécu humblement et de manière cachée pour leur Seigneur et qui ont fait beaucoup de bonnes œuvres !


5 - Chapitre 6 — Contentement et richesse

5.1 - Ch. 6:1

« Que tous les esclaves qui sont sous le joug estiment leurs propres maîtres dignes de tout honneur, afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés ».


5.1.1 - [Application aujourd’hui des exhortations sur les esclaves]

Dans le chapitre 6, l’apôtre se tourne vers le cercle plus large des circonstances terrestres et de la société humaine dans lequel le chrétien est placé et où il doit vivre à l’honneur de son Seigneur. Les premiers versets contiennent des instructions pour les esclaves. Selon la conception gréco-romaine, les esclaves n’étaient pas des personnalités, mais des choses. Ils étaient la propriété absolue de leurs maîtres (en grec : despotes) et n’avaient aucun droit. Il existe donc une différence de position fondamentale entre les esclaves de l’époque et les travailleurs d’aujourd’hui. Néanmoins, les prescriptions données ici sont encore aujourd’hui importantes et applicables ; heureux le travailleur croyant, qui accepte et vit ce que la Parole de Dieu enseigne sur le comportement des serviteurs vis-à-vis de leurs maîtres ! Le principe divin de l’autorité demeure toujours. Les esclaves croyants pouvaient avoir été amenés sous ce joug de soumission totale de différentes manières : par naissance, comme prisonnier de guerre ou par leur propre faute. Ils devraient accepter cette position d’assujettissement de la part de Dieu (cf. Éph. 6:5-8 ; Col. 3:22-24 ; Tite 2:9-10 ; 1 Pierre 2:18-23). Que leurs maîtres soient croyants ou non, ne jouait aucun rôle. En tous cas, ils devaient les estimer dignes de tout honneur et les reconnaître comme maîtres, même s’ils ne pouvaient approuver leur conduite ou leurs manières d’agir.


5.1.2 - [Persistance de l’esclavage ou libération ? Faut-il changer l’état de choses dans le monde ?]

Si l’apôtre exhorte les esclaves à honorer leurs maîtres, on ne peut bien sûr pas en déduire qu’il justifie l’esclavage. Le fait que l’homme créé à l’image de Dieu, se soit érigé en maître et propriétaire d’autres personnes, est une manifestation du péché et une conséquence de la chute. En même temps, pour la partie assujettie au joug, c’est un signe solennel des voies gouvernementales de Dieu vis-à-vis de l’homme déchu (cf. Gen. 9:26-27).

Dans les lois que le peuple d’Israël reçut de Dieu, on voit que, par Sa grâce, le dur sort de ces pauvres gens devait être adouci. Un serviteur hébreu devait être remis en liberté la septième années (Exode 21:2 ; Lév. 25:39 ; Deut. 15:12). Mais dans le Nouveau Testament, il n’est rien dit de semblable ni aux maîtres croyants ni aux esclaves croyants. L’apôtre Paul espérait bien et s’attendait à ce qu’un Philémon libère son esclave converti Onésime, afin qu’il puisse être utile à l’apôtre dans le service. Or dans la nouvelle création en Christ, il n’y a plus ces différences sociales. « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car vous êtes tous un dans le Christ Jésus » (Gal. 3:28 ; cf. 1 Cor. 12:13 ; Col. 3:11). Il n’est rien dit sur l’état de choses dans le monde ennemi de Dieu qui nous entoure. Le chrétien n’est pas non plus chargé de changer cet état de choses. « Que chacun demeure dans la vocation dans laquelle il était quand il a été appelé. As-tu été appelé étant esclave, ne t’en mets pas en peine ; toutefois si tu peux devenir libre, uses-en plutôt. Car l’esclave qui est appelé dans le Seigneur est l’affranchi du Seigneur ; de même aussi l’homme libre qui a été appelé est l’esclave de Christ. Vous avez été achetés à prix ; ne devenez pas esclaves des hommes. Frères, que chacun demeure auprès de Dieu dans l’état dans lequel il a été appelé » (1 Cor. 7:20-24).


5.1.3 - [Raison d’être de la soumission]

Tout chrétien doit faire briller sa lumière dans les ténèbres qui l’entourent, afin que Dieu puisse conduire d’autres des ténèbres à Sa merveilleuse lumière. C’est pourquoi l’apôtre n’appelle pas les esclaves à se rebeller contre leurs propriétaires afin de gagner la liberté. Ils devaient bien plutôt estimer leurs propres maîtres dignes de tout honneur. La raison donnée est très remarquable. Elle ne considère pas l’esclavage comme une affaire légitime, ni elle ne déplore le sort souvent rude de ces pauvres gens — non, elle n’en parle pas du tout. La raison donnée est : « … afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés ». Ces esclaves avaient confessé qu’ils servaient Dieu et qu’ils avaient accepté l’enseignement du Seigneur. S’ils ne s’étaient pas soumis, s’ils avaient fait leur travail avec négligence ou s’ils avaient désobéi à leurs maîtres, quel témoignage cela aurait-il été pour Dieu ? Combien n’auraient-ils pas déshonoré le Seigneur Jésus, Lui qui s’est abaissé et a pris la forme d’esclave et est devenu obéissant jusqu’à la mort ! Si le saint nom de Dieu et la pure doctrine de l’Évangile avaient été ainsi blasphémés, les gens auraient eu de quoi dire : « Quel est ce Dieu qui provoque le désordre, et quelle est cette doctrine qui tolère la révolution et la violence ! »

Aujourd’hui aussi, le comportement du croyant sur son lieu de travail constitue un témoignage positif ou négatif à son Seigneur. Par indifférence, laisser aller, caractère inamical et malhonnêteté vis-à-vis des supérieurs et des collègues, il est donné des occasions que le nom de notre Dieu et Sa doctrine soient blasphémé. Tout croyant conscient qu’il ne sert pas les hommes, mais le Seigneur Christ, ornera en toutes choses l’enseignement de notre Dieu Sauveur sur son lieu de travail en remplissant ses devoirs, en faisant preuve de zèle, de charité et de probité (Tite 2:10).


5.2 - Ch. 6:2

« et que ceux qui ont des maîtres croyants ne les méprisent pas parce qu’ils sont frères, mais qu’ils les servent d’autant plus que ceux qui profitent de leur bon et prompt service sont des fidèles et des bien-aimés. Enseigne ces choses et exhorte ».


5.2.1 - [Relations maîtres-esclaves dans le cas de croyants]

Si les esclaves avaient des maîtres croyants, cela ne faisait en principe aucune différence quant à leur position. Comme nous l’avons vu, en raison de l’œuvre de Christ à la croix, toutes les différences devant Dieu d’ordre national, social, religieux et de sexe sont éliminées en ce qui concerne la position céleste du chrétien. Dans le corps de Christ, l’assemblée, ces différences n’existent plus. Mais tant que les chrétiens sont sur terre, ces différences demeurent dans leurs relations terrestres ; ces différences relèvent en partie de l’ordre établi à la création, mais elles ont aussi été en partie introduites par le péché à la chute.

La tendance naturelle de la chair voulait inciter les esclaves croyants à se dire : « Comme frères, nous sommes égaux. Par conséquent, nos maîtres ne peuvent pas attendre de nous le même respect qu’ils attendent des esclaves non croyants ». Cela aurait été du mépris à l’égard des maîtres. Or c’est justement ce qu’ils ne devaient pas faire en tant que véritables esclaves de Christ, mais ils devaient d’autant plus les servir que ceux qui profitaient de leur bon service étaient des fidèles (ou « croyants », en grec pistos ; le même mot qu’au début du verset) et bien-aimés ».


5.2.2 - [Le « bon service » est celui des esclaves]

La plupart des traductions voient dans le « bon service » celui des esclaves. Pour les esclaves qui servaient des maîtres croyants, l’amour fraternel de cœur était donc une incitation supplémentaire à un service obéissant et dévoué. Un certain nombre de traductions récentes voudraient comprendre que la dernière partie du verset signifie que les maîtres croyants s’attachent à faire le bien. Cette traduction est linguistiquement possible, mais dans le contexte, elle est erronée. La validité générale d’une telle affirmation est intenable si l’on considère les autres passages des épîtres dans lesquels les esclaves croyants aussi bien que les maîtres sont avertis très sérieusement (Éph. 6:9 ; Col. 4:1).

Le fait que dans Éph. 6:5-9 et Colossiens 3:22 à 4:1, les esclaves sont avertis avant les maîtres, et qu’ici comme dans Tite 2:9 et 1 Pierre 2:18 ils sont visés exclusivement, montre que la responsabilité de la bonne conduite repose avant tout du côté de la partie subordonnée. Les mots qui suivent : « enseigne ces choses et exhorte » soulignent ce qui a été dit, mais ils ne forment ni la conclusion de la section précédente, ni le début d’une nouvelle ; ils se trouvent simplement au milieu d’un contexte continu qui se poursuit dans les versets suivants.


5.3 - Ch. 6:3-5

« Si quelqu’un enseigne autrement et ne se range pas à de saines paroles, (savoir) à celles de notre seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon de la piété, il est enflé d’orgueil, ne sachant rien, mais ayant la maladie des questions et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les paroles injurieuses, les mauvais soupçons, les vaines disputes d’hommes corrompus dans leur entendement et privés de la vérité, qui estiment que la piété est une source de gain ».


5.3.1 - [Enseigner autrement]

L’apôtre condamne maintenant avec une grande fermeté toute déviation de l’enseignement qui vient d’être donné. Il était abominable pour lui que quelqu’un veuille saper la relation entre esclaves et maîtres avec de beaux prétextes et des professions pompeuses. Ainsi, si quelqu’un voulait affirmer que l’esclavage et la vie de foi sont deux domaines de la vie complètement différents, il fallait lui opposer que c’est précisément dans les circonstances familières, sociales et autres circonstances terrestres où le chrétien se trouve, que la doctrine selon la piété se concrétise. Une attitude irrespectueuse ou même rebelle déshonorerait Dieu et ne pouvait donc être tolérée.

Celui qui enseignait autre chose n’adhérait pas à ces saines paroles (cf. 1:10), qui sont qualifiées de paroles de notre Seigneur Jésus-Christ. La doctrine de l’apôtre Paul ne diffère pas de celle du Seigneur Jésus telle que nous la trouvons dans les évangiles. Les paroles (en grec logos) ici ne se réfèrent pas à des propos particuliers isolés, mais il s’agit de l’expression des pensées de notre Seigneur Jésus-Christ. N’a-t-Il pas dit Lui-même que sa doctrine n’était pas la Sienne, mais celle de Celui qui L’a envoyé, et qu’Il avait donné la parole du Père aux disciples (Jean 7:16 ; 17:14) ? Dans « les paroles de notre Seigneur Jésus-Christ » est contenue la vérité sur les pensées divines les plus élevées, mais aussi sur les relations humaines les plus simples. Dans la doctrine selon la piété, Dieu nous montre à quoi doivent ressembler nos vies pour Lui selon Ses pensées.

Nous voyons donc d’un côté les saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ, et de l’autre côté l’enflure d’orgueil, l’ignorance, et la maladie des questions et disputes de mots. Ici aussi on voit peut-être les premiers indices du gnosticisme (voir les commentaires sur 4:3). L’intention de Satan a toujours été d’obscurcir et de mettre de côté la vérité divine, et de mettre en lumière ses pensées destructrices. Or la source mauvaise de ces efforts ne se trahit pas seulement par l’enflure d’orgueil et les disputes sans fin, mais aussi par le fait clairement reconnaissable que la doctrine qui est selon la piété est méprisée.


5.3.2 - [Ignorance]

L’enflure d’orgueil va de pair avec la prétendue connaissance (1 Cor. 8:1), mais en réalité c’est l’ignorance des pensées et de la Parole de Dieu. Une telle ignorance survient lorsque l’intelligence humaine s’occupe de questions sujettes à querelles et de disputes de mots. Celles-ci ne favorisent pas la piété, mais ne font qu’engendrer encore d’autres œuvres de la chair. Il en va tout autrement lorsque la foi est opérante par l’amour. Alors le fruit de l’Esprit se manifeste dans l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance (Gal. 5:22). Mais l’orgueil de l’homme ne tolère pas les rivaux, de sorte que les disputes de mots conduisent inévitablement à la jalousie. La jalousie donne lieu à des querelles ou des disputes, qui amènent souvent des blasphèmes, c’est-à-dire des calomnies ou des dénigrements. Il s’ensuit à son tour des soupçons méchants et des querelles continuelles.


5.3.3 - [La piété source de gain]

C’est un fait solennel que la chair est capable de telles choses chez tout enfant de Dieu. Ici, cependant, ce sont les caractéristiques de gens « corrompus dans leur entendement et privés de la vérité, qui estiment que la piété est une source de gain ». Leur véritable motivation et leur objectif est donc un gain terrestre, et ils croient que la piété est un moyen d’y parvenir ! Ils pensent que le christianisme n’est qu’un moyen d’améliorer les conditions de vie et d’obtenir des avantages dans le monde.

Nous vivons aujourd’hui à une époque où la chrétienté est souvent mise à contribution à des fins idéologiques et politiques. Des mouvements de libération dans des pays du tiers-monde sont financés par des fonds d’églises, des armes sont fournies en échange de dons de nourriture, et tout cela se fait au nom de la charité chrétienne. N’est-ce pas là un exemple clair de l’idée, déjà évidente au temps de l’apôtre, que la piété serait utilisée comme une source de gain ?


5.4 - Ch. 6:6-7

« Or la piété avec le contentement est un grand gain. Car nous n’avons rien apporté dans le monde, parce que nous n’en pouvons rien emporter » (*).


(*) Note bibliquest : Traduction Darby : « … nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter ».


5.4.1 - [Contentement avec confiance en Dieu]

Il y avait dans le monde grec un mouvement philosophique appelé la Stoa, dans lequel le mot « contentement » (en grec : autarkeia) jouait un rôle important. On y exprimait le souhait que l’homme soit satisfait dans toutes les situations de la vie, et qu’il puisse résister à l’influence des circonstances extérieures par sa propre force de volonté. Mais les stoïciens étaient des gens plutôt durs que heureux. Même s’ils avaient atteint leur objectif dans la pratique, combien, dans leur satisfaction sûre de soi, ils étaient loin derrière une vie de vraie piété dans le Christ Jésus ! Paul avait déjà dit de cette piété au ch. 4:8 qu’elle est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir.

La piété avec le contentement est un grand gain en contraste avec l’automodération philosophique, qui veut s’en sortir sans Dieu et sans confiance en Lui. La piété avec le contentement donne à l’âme la paix avec la conscience que Dieu prend soin d’elle. En période de prospérité, il y a le danger pour le croyant de vouloir certes vivre pieusement, mais en même temps d’avancer dans ce monde. Alors le cœur ne jouit pas de la bénédiction que donne la vraie piété. Le contentement est la satisfaction de ce que Dieu le Père donne. Paul écrit en Philippiens 4:11-13 : « J’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations. Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (cf. Matt. 6:31-34 ; Héb. 13:5).


5.4.2 - [Les choses présentes sont transitoires]

Au v. 7, nous trouvons la raison du contentement associé à la vraie piété. « Car nous n’avons rien apporté dans le monde, parce que nous n’en pouvons rien emporter ». La concision et la brièveté presque sévère de cette déclaration a probablement conduit à l’insertion d’ajouts aux textes de divers manuscrits anciens. Certains manuscrits introduisent la deuxième partie de la phrase par les mots : « (il est) vrai », un plus grand nombre par les mots : « (il est) évident » [Darby]. La leçon la plus ancienne semble cependant être celle donnée ci-dessus (W. Kelly).

Il nous est rappelé ici, comme déjà à plusieurs reprises dans l’AT (cf. Job 1:21 ; Ps. 49:17 ; Eccl. 5:15), que toutes les choses terrestres sont passagères et ne peuvent pas être emportées dans l’éternité. « Car les choses qui se voient sont pour un temps, mais celles qui ne se voient pas sont éternelles » (2 Cor. 4:18). Tout homme, y compris ceux qui ne connaissent pas Dieu, sait qu’il ne peut rien emporter de ce monde. C’est pourquoi, dans le court laps de temps qui s’écoule entre la naissance et la mort, il essaie de profiter au maximum des choses passagères terrestres et pécheresses du monde, au détriment de son âme. Quelle honte quand un croyant, richement béni en Christ de toutes les bénédictions spirituelles, imite l’homme de ce monde ! Lorsqu’il reconnaît vraiment la grandeur du don de Dieu en Christ (cf. Jean 4:10 ; Rom. 8:32 ; 2 Cor. 9:15), alors Christ devient de plus en plus le contenu, le modèle, le but et la force de sa vie. Il ne lui est alors pas difficile, dans les circonstances terrestres, de se contenter de ce qu’il a présentement (Hébreux 13:5).


5.5 - Ch. 6:8 — [Promesse de satisfaction des besoins primaires]

« Mais ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, nous serons satisfaits ».


Dieu avait déjà dit à son peuple terrestre Israël qu’Il aimait l’étranger et lui donnerait du pain et des vêtements (Deut. 10:18). Dans ce qu’on appelle le sermon sur la montagne, le Seigneur Jésus a dit à ses disciples : « Ne vous inquiétez donc pas en disant : ‘Que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ?’ Car les nations recherchent toutes ces choses ; car votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses ; mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matt. 6:31-33). Dieu, notre Père, a ainsi promis aux Siens le nécessaire pour vivre. La nourriture la plus exquise et les vêtements les plus chers n’en font pas partie. C’est justement en temps de prospérité générale que les chrétiens ont spécialement besoin de garder à l’esprit qu’ils sont étrangers dans un pays étranger et parmi un peuple étranger.


5.6 - Ch. 6:9 — Vouloir devenir riche : un piège qui mène à la ruine

« Or ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition ».


5.6.1 - Les différents versets et enseignements sur la richesse dans ce ch. 6

En contraste avec les croyants qui se confient en leur Dieu et Père pour leur subsistance et se contentent de ce qu’Il leur donne, l’apôtre parle ici de ceux qui veulent devenir riches. Mais en cela il ne fait pas de distinction entre croyants et non-croyants. D’un côté le v. 9 reprend l’idée du désir de gain du v. 5 et la développe, et d’un autre côté, le contraste avec la piété associée au contentement (v. 6-8) est établi encore plus fortement. Les v. 9 et 10 traitent de la recherche de la richesse terrestre et de ses conséquences. Les v. 17 à 19 traitent de la richesse en soi et de la responsabilité qui l’accompagne.


5.6.2 - [Nature des richesses et responsabilité]

Sous l’ancienne alliance, Dieu avait promis des bénédictions terrestres à Son peuple terrestre Israël. La prospérité était donc normalement considérée par le peuple d’Israël comme une preuve de bénédiction de Dieu. Mais à l’ère de la grâce, il ne s’agit pas en premier lieu de choses terrestres, mais de choses célestes. L’origine, la position et le but de la vie chrétienne est le ciel, où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. En Lui, nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes (Éph. 1:3 ; 2:6). C’est vers là que nos yeux doivent être dirigés (Col. 3:1-4). En tant que chrétiens, nous sommes administrateurs de tout ce que Dieu nous a confié sur terre. Un jour, Il nous demandera par Christ d’en rendre compte (cf. Matt. 25:14-30 ; Luc 19:12-26). Cela s’applique aussi bien aux bénédictions et aux dons spirituels qu’aux biens matériels, l’emploi du temps, la santé et l’intelligence (1 Cor. 4:1 ; 1 Pierre 4:10). Dans la parabole de l’économe injuste, le Seigneur désigne les choses terrestres comme les moindres, comme ce qui est à autrui, le mammon de l’injustice ; et comme le vrai but, Il nous présente les tabernacles éternels, ce qui est très grand, les vraies richesses, ce qui est nôtre (Luc 16:9-12).


5.6.3 - [Désir de richesses terrestres]

Le désir de richesses terrestres trahit une insatisfaction par rapport à la vocation chrétienne et un manque de confiance en Dieu, en Sa bonté et en Sa sagesse. Il montre qu’un tel homme n’a pas compris l’appel et la position célestes. Au lieu de s’occuper des richesses éternelles révélées dans le trésor des Saintes Écritures, il aspire à des richesses terrestres et se met en peine pour les obtenir. De cette façon, il manque le but voulu de Dieu. Il se laisse entraîner par son avidité pour l’argent. Pour atteindre son propre objectif, il perd rapidement le chemin de l’honnêteté. Une fois qu’il a glissé sur le chemin en pente, la conscience s’endurcit de plus en plus. La tentation devient un piège, un piège dont on ne peut plus se libérer. La dépréciation des biens à l’achat, la surévaluation à la vente, les jeux de hasard et la spéculation boursière ne sont que quelques-unes des convoitises déraisonnables et nuisibles qui acculent les gens à la ruine et à la perdition. Plus on reste longtemps sur ce chemin, plus les désirs s’amplifient en nombre et en grandeur, et leur satisfaction conduit à la ruine morale et matérielle. Paul parle ici explicitement de « gens », et non de croyants, car les mots « ruine » (en grec olethros) et « perdition » (en grec apōleia) sont utilisés dans le Nouveau Testament à la fois pour la ruine temporelle (olethros : 1 Cor. 5:5 ; apōleia : Matt. 26:8) et pour la ruine éternelle (olethros : 1 Thes. 5:3 ; 2 Thes. 1:9 ; apōleia : Mt. 7:13 ; Jean 17:12 ; Rom. 9:22 etc.).


5.7 - Ch. 6:10 — [L’amour de l’argent : des aspirations terrestres qui mènent à beaucoup de douleurs]

« Car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs ».


Le mot « amour de l’argent » (en grec philargyria) ne se trouve qu’ici dans le Nouveau Testament. En revanche, on trouve au total dix fois dans le Nouveau Testament la cupidité qui est encore plus grave (en grec pleonexia) et est qualifiée d’idolâtrie (Col. 3:5 ; Éph. 5:5). L’amour de l’argent est une manifestation de cupidité dans laquelle l’avidité d’avoir des biens matériels prend place dans le cœur. Il n’est pas dit que l’amour de l’argent est la racine de toutes sortes de maux, mais seulement une racine. L’absence de l’article montre que ce n’est pas la seule cause. D’autre part, il n’y a pas de mal qui ne puisse en sortir, comme le montre la forme plurielle de « toutes sortes de mal ».

Certains qui se trouvaient dans la maison de Dieu avaient tous leurs sens et aspirations orientés vers l’amour de l’argent et ils s’égaraient par-là de la foi. Ils s’en étaient éloignés et l’avaient abandonnée pour ne plus jamais y revenir ! La foi n’avait plus aucune saveur et aucune attirance pour eux. Au lieu des trésors célestes, ils ne voulaient amasser que des trésors terrestres et mondains (cf. Matt. 6:19-21). La foi avec l’article est ici, comme dans beaucoup d’autres endroits, la vérité chrétienne, ce qu’on croit.

Ces personnes s’étaient transpercées de beaucoup de douleur. Peut-on imaginer un résultat plus triste ? Ils faisaient des efforts pour être prospères, ils cherchaient la richesse, aimaient l’argent et le train des choses présentes, et ce faisant ils abandonnaient la confession chrétienne comme une entrave incompatible avec leurs propres efforts et leurs objectifs. On quitte le chemin béni de la foi et, comme une brebis égarée, on tombe dans le maquis du péché de ce monde où l’on est transpercé de beaucoup de douleurs par les épines, image de la malédiction du péché (Gen. 3:18). Des expériences amères, des liens familiaux déchirés, des enfants débridés et en fuite, une peur incessante des pertes et mille autres douleurs transpercent l’âme de ce genre de personnes comme autant d’épines empoisonnées. Et finalement, il y a la douleur amère de la conscience, quand on doit se détacher de tout, et que de tout ce qu’on a cherché ici-bas, on ne peut rien emporter avec soi dans l’éternité.


5.8 - Ch. 6:11

« Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit ; »


Par cette exhortation, Paul indique à son compagnon d’œuvre qu’il ne doit pas se croire au-dessus de ces tentations. Les choses mentionnées dans les versets précédents étaient aussi un danger pour Timothée, et elles le sont aussi pour nous. L’exhortation commence par le « mais toi » fortement accentué, qu’on rencontre encore trois fois dans la seconde épître (2 Tim. 3:10, 14 ; 4:5). Ces mots renforcent tout spécialement le contraste avec ce qui précède.


5.8.1 - [Homme de Dieu]

Ici Paul appelle Timothée : « homme de Dieu ». Dans le Nouveau Testament, nous ne retrouvons ce terme pour un serviteur de Dieu qu’en 2 Tim. 3:17. En 2 Pierre 1:21 les prophètes de l’Ancien Testament sont ainsi appelés. Dans l’Ancien Testament sont appelés « hommes de Dieu » : Moïse (Deut. 33:1), David (2 Chroniques 8:14), Élie (1 Rois 17:18), Élisée (2 Rois 4:7) et six autres personnes (1 Sam. 2:27 ; 1 Rois 12:22 ; 13:1 ; 20:28 ; 2 Chroniques 25:7 ; Jér. 35:4). Un « homme de Dieu » est quelqu’un envoyé par Dieu dans ce monde et qui tient ferme pour Lui. Il a un certain message de la part de Dieu et accomplit par-là une mission prophétique. Tout croyant n’est pas un homme de Dieu, mais seulement celui qui veut se laisser utiliser par son Dieu dans toutes les situations, et qui veut aussi témoigner de Lui dans les temps difficiles. Timothée était un tel homme.


5.8.2 - [Fuis et poursuis]

Il est maintenant adressé à Timothée l’appel suivant : « Fuis ces choses », celles qui sont totalement contraires à la vraie piété. Le mot expressif « fuir » est également utilisé par l’apôtre Paul dans quelques autres passages, et toujours en cas de grand danger pour la vie spirituelle (cf. 1 Cor. 6:18 ; 10:14 ; 2 Tim. 2:22). Si le diable peut utiliser des points faibles chez nous comme point d’accroche pour ses tentations, il n’y a qu’une chose à faire : fuir ! Mais quand Satan se révèle comme un adversaire de la foi une fois transmise aux saints, il est dit : résistez (Jacq. 4:7 ; 1 Pierre 5:9) ! Parfois, les enfants de Dieu confondent ces deux tactiques de l’ennemi ; ils fuient quand ils doivent résister, et ils essaient de résister quand ils doivent fuir !

Or Timothée ne devait pas seulement fuir, mais, en bon témoin de son Seigneur, il devait ensuite poursuivre pour que Dieu soit glorifié. Le mot « poursuivre » (en grec diōkō) signifie proprement « chasser [à la chasse] » ; on le retrouve en d’autres endroits (Phil. 3:12, 14 ; Héb. 12:14). Il ne s’agit pas ici d’atteindre, par nos propres efforts, une certaine position ou un certain niveau où l’on puisse se reposer. Par cette exhortation, l’homme de Dieu est appelé à ne s’accorder aucun repos, mais à manifester de plus en plus les qualités qui suivent. De cette façon, la nature de Dieu s’exprime dans l’homme et peut briller dans ce monde de ténèbres. Le modèle parfait pour cela est le Seigneur Jésus lui-même, le véritable « homme de Dieu ». Mais Timothée devait aussi être un modèle pour les croyants (cf. 4:12), et ils devaient l’imiter en cela. Ainsi, chaque chrétien a la tâche de veiller à glorifier Dieu dans sa sphère d’activité, qu’elle soit petite ou grande, largement visible ou de peu d’apparence (1 Cor. 6:20).


5.8.3 - [Qualités à poursuivre]


5.9 - Ch. 6:12

« Combats le bon combat de la foi ; saisis la vie éternelle, pour laquelle tu as été appelé et tu as fait la belle confession devant beaucoup de témoins ».


5.9.1 - [Combats le bon combat]

Il est impossible de tenir pour Dieu et Son Fils dans ce monde sans rencontrer la résistance de l’ennemi. Il essaie par tous les moyens d’empêcher le croyant de poursuivre et réaliser les choses mentionnées au v. 11. La « lutte » ici ne doit pas être comprise dans le sens de « guerre », comme en 1:18, mais elle se réfère en général au combat dans l’arène ou à la compétition sur la piste de course. Le mot utilisé ici et en 2 Tim. 4:7 (en grec agon) se retrouve en Phil. 1:30 ; Col. 2:1 ; 1 Thes. 2:2 et Héb. 12:1. Ici, il s’agit de combattre le bon combat pour gagner le prix. L’apôtre Paul pouvait dire à la fin de sa vie qu’il avait combattu ce bon combat et gardé la foi.


5.9.2 - [Saisis la vie éternelle]

La deuxième exhortation est : « Saisis la vie éternelle ». Dans les écrits de l’apôtre Paul, bien que le chrétien soit vu dans sa position parfaite en Christ sur la base de la foi en Son œuvre accomplie, il attend toujours son achèvement dans la gloire. Christ est déjà notre vie maintenant, mais notre vie est cachée avec le Christ en Dieu (Col. 3:3,4). La joie parfaite et sans nuage de ce temps-là est encore à venir. C’est pourquoi Paul écrit aux Romains : « Mais maintenant, ayant été affranchis du péché et asservis à Dieu, vous avez votre fruit dans la sainteté, et pour fin la vie éternelle » (Rom. 6:22). Dans ce verset, la vie éternelle est considérée comme le but qui nous attend dans la gloire. — Le temps du verbe « saisis » (aoriste impératif) exprime une action unique, ponctuelle, tandis que les mots « fuis », « combats », « poursuis » indiquent une action d’ordre général ou continue (impératif présent). La foi peut déjà maintenant saisir ce bien parfait et s’en réjouir d’avance, car son obtention est certaine.

Alors, est-ce que le croyant ne possède pas encore la vie éternelle ? C’est l’apôtre Jean qui nous enseigne sur cet autre côté de la vérité. Il nous voit comme des gens nés de nouveau, c’est-à-dire nés d’eau et d’Esprit, et donc nés de Dieu (Jean 1:12-13 ; 3:3,5). La vie nouvelle que nous possédons est la vie éternelle (Jean 3:16 ; 10:28 ; 17:3 ; 1 Jean 5:20). Cette vie éternelle, que seul reçoit celui qui croit au Fils de Dieu, consiste déjà maintenant en la communion avec le Père et avec Son Fils Jésus-Christ (1 Jean 1:1-4). C’est la caractéristique spéciale et le privilège exclusif de la famille de Dieu.


5.9.3 - [… pour laquelle tu as été appelé]

Il est maintenant rappelé à Timothée qu’il est appelé par Dieu à cette vie éternelle. Dans cet appel, les pensées souveraines et éternelles de Dieu en salut pour les hommes s’expriment de façon visible (cf. Rom. 8:30 ; Gal. 1:15). Dans le Nouveau Testament, cet appel se rattache aux choses célestes (Éph. 1:18 ; Phil. 3:14 ; Col. 3:15 ; 1 Thes. 2:12 ; Héb. 3:1 ; 1 Pierre 5:10). Il en est de même ici. Cet appel est l’appel de Dieu, qui s’adresse dans le temps présent à ceux qu’Il a choisis avant la fondation du monde.


5.9.4 - [La belle confession]

Puis Paul certifie à Timothée qu’il avait fait la belle confession devant de nombreux témoins, accomplissant ainsi le principe important : « Car du cœur on croit à justice, et de la bouche on fait confession à salut » (Rom. 10:10). Il ne nous est pas dit dans quelles circonstances, quand et devant qui Timothée avait fait cela. L’apôtre n’aurait guère cité des incroyants comme étant de « nombreux témoins », de sorte que nous pensons bien que seuls des chrétiens pouvaient confirmer ce bon témoignage (cf. Actes 16:2).


5.10 - Ch. 6:13-14

« Je t’ordonne devant Dieu, qui appelle toutes choses à l’existence, et devant le Christ Jésus, qui a fait la belle confession devant Ponce Pilate que tu gardes ce commandement, sans tache, irrépréhensible, jusqu’à l’apparition de notre seigneur Jésus-Christ »


Les deux versets qui suivent se réfèrent au ch. 1 v.5 et 18, et condensent pour ainsi dire ce qui a été dit jusqu’à présent. Le mot « ordonne » (en grec parangellō) a également le sens de « donner une mission, enjoindre ». Timothée avait lui-même aussi la tâche de commander à d’autres (cf. 1:3 ; 4:11 ; 5:7 ; 6:17).


5.10.1 - [Confession de Timothée et confession du Christ Jésus]

Comme dans les ch. 5:21 et 2 Tim. 4:1 Paul fait appel à Dieu et au Christ Jésus comme témoins. Cela nous fait voir combien il était important pour Paul qu’on reconnaisse l’autorité déterminée par Dieu. Dieu est la source et le conservateur de toute vie, aussi bien naturelle que spirituelle. Cela devait encourager Timothée parce que cela lui montrait qu’il se trouvait dans toutes les circonstances dans la main de Dieu. Le Christ Jésus avait fait la belle confession devant Ponce Pilate. Il est clair que cela ne se réfère pas à la même confession que celle du v. 12. Timothée avait fait la confession de sa foi vivante au Seigneur Jésus en présence de croyants, même si ce n’était pas seulement devant eux. Il s’agissait d’un témoignage subjectif au sujet de la vérité et sur ce que Timothée l’avait acceptée par la foi. La confession du Seigneur Jésus, de son côté, concernait des faits objectifs concernant Sa personne et Son œuvre. Premièrement, Il avait témoigné qu’Il était un Roi (pas seulement le roi d’Israël) — deuxièmement que Son royaume n’était pas de ce monde, — et troisièmement, qu’Il était venu pour rendre témoignage à la vérité (Jean 18:33-37). Le Seigneur avait fait cette belle confession devant Ponce Pilate, son juge terrestre, un ennemi de Dieu. Cette confession ne se rapportait pas tant aux choses éternelles et célestes, que plutôt au royaume de Dieu dont Christ est le roi. Paul revient au v. 15 sur la manifestation future de ce royaume.


5.10.2 - [Garder le commandement sans tache et irrépréhensible]

Timothée avait la tâche de garder le commandement (grec : entolē) sans tache et irrépréhensible. Ce commandement comprenait plus que ce qui a été dit aux v. 11-12 ; il embrasse toutes les prescriptions de cette épître, oui, et même tout ce qui est nécessaire pour une vie dans la vraie piété. Déjà au ch. 1:5, Paul écrivait : « La fin de l’ordonnance (ou : du commandement ; en grec parangelia) est l’amour qui procède d’un cœur pur et d’une bonne conscience et d’une foi sincère ». Ce que Dieu commande aux hommes est toujours « saint, juste et bon » (Rom. 7:12). Cela valait pour la Loi du Sinaï comme pour le commandement de Dieu aujourd’hui. Ne pas le garder signifie le ternir et le souiller devant le monde. Le garder consciemment d’un cœur pur et d’une foi sincère signifie le garder sans tache et irrépréhensible. Ces deux qualificatifs se réfèrent à la garde du commandement, non pas à Timothée.


5.10.3 - [Jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ]

Paul relie la garde du commandement avec l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ. C’est très remarquable. La responsabilité du chrétien sur terre se termine effectivement soit par sa mort soit par la venue du Seigneur pour l’enlèvement des saints. Or comme en d’autres occasions (cf. Phil. 1:10 ; 1 Thes. 3:13) la Parole de Dieu relie ce qui relève de notre responsabilité avec l’apparition du Seigneur en gloire. Cette apparition (en grec epiphaneia, cf. 2 Thes. 2:8 ; 2 Tim. 4:1,8 ; Tite 2:13) ou révélation (en grec apokalypsis, cf. 1 Cor. 1:7 ; 2 Thes. 1:7 ; 1 Pierre 1:7,13) marque l’ouverture du Jour du Seigneur, au cours duquel Il sera reconnu par tous comme Seigneur. Le mot « venue » (en grec parousia) est une expression plus générale qui peut se référer à la fois à la venue de Christ pour les Siens (1 Thes. 4:15 ; 2 Thes. 2:1) et à Son apparition ou révélation (Matt. 24:3 ; 1 Thes. 3:13 ; 2 Thes. 2:8).

Lors de l’apparition du Seigneur sur la terre, toutes les armées célestes (Apoc. 19:14), composées d’anges (Matt. 25:31 ; 2 Thes. 1:7) et de saints, c’est-à-dire de croyants (1 Thes. 3:13), L’accompagneront et seront manifestés avec Lui en gloire (Col. 3:4). Alors la récompense qui leur aura été donnée devant le tribunal de Christ sera révélée devant tout le monde (2 Thes. 1:10 ; 2 Tim. 4:8). Après l’anéantissement des armées ennemies, l’Antichrist et le chef de l’Empire romain seront jetés dans l’étang de feu (2 Thes. 2:8 ; Apoc. 19:19-20), et Satan sera lié pour mille ans (Apoc. 20:1-3). Christ jugera les nations vivant alors sur la terre et entrera dans Son règne millénaire de paix (Matt. 25:31 et suiv. ; 2 Thes. 1:8-9 ; Apoc. 20:4-6).


5.11 - Ch. 6:15-16

« … laquelle le bienheureux et seul Souverain, le roi de ceux qui règnent et le seigneur de ceux qui dominent, montrera au temps propre, lui qui seul possède l’immortalité, qui habite la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n’a vu ni ne peut voir, — auquel soit honneur et force éternelle ! Amen ».


5.11.1 - [Encore quelques mots au sujet de l’apparition de Christ]

L’apparition de Christ sera un événement formidable. Tout œil Le verra comme l’Homme glorifié, Celui qui accomplit tous les conseils de Dieu. La révélation du Seigneur Jésus-Christ aura lieu au moment fixé par Dieu. Le prophète Zacharie de l’Ancien Testament a déjà parlé de ce jour au ch. 14:7 de son livre : « ce sera un jour connu de l’Éternel ». Dieu seul en a la connaissance (Matt. 24:36 ; Actes 1:7). Par conséquent, toute spéculation à cet égard doit être rejetée. « Mais pour ce qui est des temps et des saisons, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive ; car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit » (1 Thes. 5:1-2). (*) Au moment fixé par lui, Dieu introduira à nouveau Son premier-né dans le monde. Ce sera un jour de jugement pour Ses ennemis, mais un jour de joie pour ceux qui attendront le Messie.


(*) L’image du voleur qui vient dans la nuit ne fait jamais référence, dans le Nouveau Testament, à la venue du Seigneur pour enlever l’épouse, — venue qui est désirée avec ardeur par les croyants. Elle fait toujours référence à l’apparition ou révélation de Christ, — apparition inattendue et liée au jugement (Matt. 24:43 ; 1 Thes. 5:2 ; 2 Pierre 3:10 ; Apoc. 3:3 ; 16:15).


5.11.2 - [Louange, Doxologie]

La pensée de cette apparition glorieuse de Christ conduit l’apôtre à une sublime louange de Dieu et de Sa grandeur et de Sa majesté éternelle. On retrouve dix fois une telle doxologie dans les écrits de l’apôtre Paul (Rom. 1:25 ; 9:5 ; 11:33-36 ; 16:25-27 ; Gal. 1:5 ; Éph. 3:20-21 ; Phil. 4:20 ; 1 Tim. 1:17 ; 6:15-16 ; 2 Tim. 4:18). Par le moyen des noms honorifiques de Dieu, il exprime ici de façon merveilleuse ce dont son âme est remplie. Il nous présente de trois côtés, la nature et la grandeur glorieuse et adorable de Dieu.


5.11.3 - « Le bienheureux et seul Souverain, le roi de ceux qui règnent et le seigneur de ceux qui dominent ».

Ce n’est qu’ici et au ch. 1:11 que Dieu est appelé « bienheureux ». Il est le seul à être infiniment parfait en Lui-même, seul à ne pas être affecté par tous les événements de la création et seul à se suffire à Lui-même entièrement. Rien ne peut troubler le repos éternel de Dieu, Sa paix parfaite et Sa profonde félicité (cf. Job 35:5-7). Mais Il est aussi souverain et intouchable, détenteur du pouvoir sur tout ce qui est visible et invisible que Sa main forte a formé. Il tient toute la création dans Sa main. Il règne sur la vie et la mort et gouverne tout selon Son bon plaisir et Sa sagesse (Ps. 89:11-13). Sous Sa domination universelle se trouvent également les puissants de cette terre, souvent si orgueilleux. Au-dessus d’eux, Il est le seul souverain qui les place et les enlève, qui dirige leur sort, qui les élève et les abaisse, comme Il Lui plait (1 Chroniques 29:11-12). Ce bienheureux et unique souverain est notre Dieu. Quel encouragement pour les croyants de cette époque-là et aussi du temps présent, que la pensée qu’Il est au-dessus de ceux qui règnent et de ceux qui dominent ! Ce titre de Dieu avait également une importance particulière dans les circonstances où se trouvait Timothée. Quelle consolation pour le cœur des croyants de penser qu’ils appartiennent à ce Dieu souverain et béni. Quelle puissance dans le monde peut leur nuire ou les priver de leur joie en Lui ?

Dieu est appelé ici le Roi des rois et Seigneur des seigneurs. En Apoc. 17:14 et 19:16 (avec une légère modification), c’est le titre du Seigneur Jésus, ce qui confirme Sa divinité.


5.11.4 - « Qui seul possède l’immortalité ».

Aucune créature ne possède l’immortalité en soi et pour soi. L’immortalité est plus qu’une vie sans fin ; c’est un état auquel la mort ne peut porter atteinte. Dieu seul est éternel, sans commencement ni fin. Il est le Dieu éternel (Rom. 16:26) et le Dieu vivant (Matt. 16:16 ; 1 Thes. 1:9 ; 1 Tim. 3:15 ; 4:10 ; Héb. 10:31). Les croyants, en revanche, revêtiront l’immortalité lorsque leur corps sera transmué à la venue du Seigneur (1 Cor. 15:53-54).


5.11.5 - « Qui habite la lumière inaccessible qu’aucun des hommes n’a vue, ni ne peut voir ».

Dans sa nature absolue, Dieu est inaccessible et invisible pour la créature. Il disait déjà à Moïse : « Tu ne peux pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre » (Exode 33:20). Jean écrit : « Personne ne vit jamais Dieu » (Jean 1:18 ; 1 Jean 4:12), et Paul l’appelle le « Dieu invisible » (Col. 1:15). Si Dieu se révèle, Il le fait seulement et uniquement dans le Fils. C’est Lui l’Ange de l’Éternel de l’Ancien Testament (Gen. 16:7, 13 ; Juges 6:11-14). Il est Lui-même l’Éternel (cf. És. 6 avec Jean 12:39-41). Le Fils de Dieu est la Parole (Verbe), le Logos (Jean 1:1), et l’image du Dieu invisible, le reflet de Sa gloire et l’empreinte de Sa substance de toute éternité, et pas seulement depuis son incarnation (Col. 1:15 ; Héb. 1:3). Dieu est lumière (1 Jean 1:5), et Il habite une lumière dans laquelle il n’y a pas de ténèbres. Moralement, l’homme est ténèbres et habite dans les ténèbres. En croyant en la vraie lumière qui a lui dans ce monde, le croyant devient lui-même lumière et vient aussi dans la lumière (Éph. 5:8 ; 1 Pierre 2:9). Mais aucune créature ne peut jamais pénétrer la lumière inaccessible de l’Être absolu de Dieu. Dans le Fils, cependant, nous voyons le resplendissement parfait de la gloire de Dieu. « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, Lui l’a fait connaître ». Celui qui L’a vu a vu le Père. Lui, le Fils, qui est l’image du Dieu invisible, les rachetés qui font partie de Son épouse Le verront tel qu’Il est. Dans la maison du Père, ils Lui seront unis et ils feront l’expérience de la vérité des paroles du Fils de Dieu, qui disait à Son Père : « Père, je veux quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire que tu m’as donnée ; car tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jean 17:24).


5.11.6 - [… à Lui honneur et force éternelle]

À ce Dieu immortel et invisible, qui s’est révélé dans le Fils à Ses créatures, l’apôtre donne maintenant honneur et puissance éternelle. Joignons-nous à la louange de Celui qui est seul digne de toute adoration !


5.12 - Ch. 6:17

« Ordonne à ceux qui sont riches dans le présent siècle, qu’ils ne soient pas hautains et qu’ils ne pas mettent pas leur confiance dans l’incertitude des richesses, mais dans le Dieu qui nous donne toutes choses richement pour en jouir »


5.12.1 - [Ceux qui sont riches, leur responsabilité. Dangers principaux]

À la fin de sa lettre, Paul reprend le thème des richesses sous un autre angle. Il ne s’agit pas, comme aux v. 9-11, de ceux qui cherchent le gain, mais de ceux qui sont riches. Ce sont surtout ceux qui étaient déjà dans cette situation lorsque Dieu les a appelés. L’apôtre ne les invite pas à vendre leurs richesses, à les donner aux pauvres ou à tout distribuer. Il leur rappelle cependant la responsabilité qui accompagne la possession de richesses, et le danger de l’indépendance de Dieu, qui leur a confié des biens terrestres en tant qu’administrateurs. En cela, il faut qu’ils soient trouvés fidèles (1 Cor. 4:2). Ils sont riches en choses passagères dans un temps qui passe vite. Paul n’évoque que deux des nombreux dangers encourus : l’orgueil et être sûr de soi. D’autres dangers sont la propension au luxe, aux aises et à l’avidité des plaisirs. La conséquence de s’attacher aux choses terrestres est souvent de s’attacher aux choses du monde. La convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie ne viennent pas du Père, mais du monde. Le monde et sa convoitise passent, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement (cf. 1 Jean 2:16-17). À notre époque de prospérité générale dans de nombreux pays, ces exhortations s’appliquent non seulement à quelques-uns, mais presqu’à tous les croyants.


5.12.2 - [Ne pas être hautains vis-à-vis des moins riches]

Tout d’abord, Timothée devait commander à ceux qui sont riches dans le présent siècle de ne pas être hautains vis-à-vis de ceux qui sont dans une position inférieure dans ce monde. Quel exemple le Seigneur Jésus nous fournit de cela, Lui qui, de Son élévation infinie, s’est abaissé au niveau de Ses créatures et s’est penché vers les pécheurs perdus ! Dans un autre passage, Paul écrit : « Ne pensez pas aux choses élevées, mais vous associant aux humbles » (Rom. 12:16).

L’homme naturel a tendance à s’imaginer être quelque chose à cause de ce qu’il possède en ce monde, qu’il s’agisse de richesse ou d’intelligence, et par-là à se croire supérieur aux autres. Mais si nous sommes conscients du fait que tout nous a été confié par Dieu, nous sommes préservés de nous vanter de ces choses.


5.12.3 - [Espérance en Dieu, et non pas confiance dans les richesses]

Deuxièmement, les riches ne doivent pas placer leur espérance dans l’incertitude de la richesse, car elle peut leur être enlevée d’un moment à l’autre (cf. Ps. 62:10 ; Prov. 23:4-5). Beaucoup d’hommes qui comptaient sur leur prospérité, et pensaient que tout était bien placé, ont dû faire l’expérience que subitement ils se trouvaient devant le vide. Il n’y a pas de sécurité sur terre.

Quelle différence complète avec Dieu ! Nous pouvons nous confier en Lui sans crainte ni hésitation. Il donne tout richement à chacun pour en jouir. Ici, la parole de Dieu condamne clairement l’esprit d’ascèse. Cet esprit a une meilleure apparence que la propension au luxe. Mais en réalité, les deux sont des formes opposées d’égoïsme qui ne plaisent pas à Dieu.

Au ch. 4:10, nous avons vu que Dieu est le conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles. Ici il nous est présenté Sa bonté envers Ses enfants. Il nous donne tout richement pour en jouir. S’Il est le donateur, toute gratitude Lui revient. Cette prise de conscience maintient l’âme dans une vraie dépendance de Dieu. Dans cette dépendance, le chrétien peut jouir des dons de Dieu de tout son cœur. Les premiers chrétiens mangeaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur (Actes 2:46). Cette simplicité de cœur peut également protéger le croyant de tous les plaisirs qu’il ne peut pas recevoir de son Dieu et Père avec droiture et avec une vraie gratitude.


5.13 - Ch. 6:18-19

« … qu’ils fassent le bien ; qu’ils soient riches en bonnes œuvres ; qu’ils soient prompts à donner, libéraux, s’amassant comme trésor un bon fondement pour l’avenir, afin qu’ils saisissent ce qui est vraiment la vie ».


5.13.1 - [Faire le bien et riches en bonnes œuvres]

Ensuite il y a quelques exhortations pratiques pour les riches — mais pas seulement pour eux. Les deux premières exhortations semblent à première vue très similaires, mais elles diffèrent en ceci : Dans l’expression « faire le bien », il y a le mot « bien » (en grec agathos) qui signifie « bon » dans ses effets sur les autres, tandis que les « œuvres bonnes » (en grec kalos) sont en elles-mêmes belles, louables et nobles. Ainsi, la richesse peut être utilisée pour aider ceux qui sont dans le besoin et pour soutenir ceux qui travaillent dans l’œuvre du Seigneur. De cette façon, les riches ne s’appauvrissent pas, mais ils deviennent riches dans un autre sens, à savoir riches en bonnes œuvres. Ils peuvent également de cette façon amasser des trésors dans le ciel. Dieu, qui ne reste pas débiteur, les bénira abondamment pour cela. « L’âme qui bénit sera engraissée, et celui qui arrose sera lui-même arrosé » (Prov. 11:25).


5.13.2 - [Prompts à donner]

Les riches doivent également être généreux (prompts à donner) et libéraux (pratiquant la libéralité). Il est vrai qu’une action précipitée et irréfléchie n’est pas bonne à cet égard. Mais lorsque, sur la base d’informations fiables, une nécessité réelle est identifiée, que ce soit dans la sphère privée, celle de l’assemblée ou de l’œuvre du Seigneur, l’hésitation et la retenue n’ont pas leur place. Paul a écrit un jour aux Corinthiens : « Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème libéralement moissonnera aussi libéralement » (2 Cor. 9:6). Si dans le temps présent les riches administrent ainsi leurs biens selon les pensées de Dieu et pour Sa gloire, ils ne perdent rien, mais au contraire ils s’amassent un bon fondement pour l’avenir, un trésor infiniment plus précieux que toutes les richesses terrestres. Le Seigneur Jésus conclut la parabole de l’économe injuste par les paroles suivantes : « Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin que, quand vous viendrez à manquer, vous soyez reçus dans les tabernacles éternels » (Luc 16:9). Dans le sermon sur la montagne, il est dit : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille gâtent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel où ni la teigne ni la rouille ne gâtent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent ; car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matt. 6:19-21).


5.13.3 - [Saisir ce qui est vraiment la vie]

Au lieu de chercher des richesses terrestres, les riches, par leurs bonnes actions, devraient s’amasser un bon fondement pour l’avenir, afin de pouvoir saisir la vraie vie, c’est-à-dire la vie éternelle. Timothée était déjà encouragé dans ce sens au v. 12. Paul ne veut pas dire ici que la vie sur terre n’est qu’une apparence. Mais du fait qu’elle porte en elle le germe de la mort dès la naissance, à la suite du péché, elle ne peut pas être comparée avec la vie éternelle. Seule cette vie éternelle est vraiment digne du nom de « vie ».


5.14 - Ch. 6:20-21

« Ô Timothée, garde ce qui t’a été confié, fuyant les discours vains et profanes et l’opposition de la connaissance faussement ainsi nommée, de laquelle quelques-uns faisant profession, se sont écartés de la foi. Que la grâce soit avec toi ! »


5.14.1 - [Garder le bon dépôt, se garder de la fausse connaissance]

Paul conclut maintenant son épître à Timothée par l’exhortation à garder ce qui lui a été confié. En 2 Tim. 1:14, il l’appelle même le « bon dépôt ». Il s’agit de la vérité que Dieu a confiée aux croyants, que Timothée avait entendue de Paul en présence de nombreux témoins. « Ici, ce n’est pas l’âme, le salut, le service ou le don du Saint-Esprit qui est visé, mais les communications parfaites sur la nature, les voies, les relations et les conseils de Dieu. Elles ont été données seulement par révélation, et elles sont maintenant sécurisées par inspiration » (W. Kelly, Exposé de la première épître à Timothée). Timothée, qui avait une tâche particulière à remplir dans ce domaine, n’était pas le seul à être appelé à garder ce trésor précieux. Il est demandé à tous les croyants de combattre pour la foi qui a été une fois transmise aux saints (Jude 3). Garder la vérité de Dieu va de pair avec la vigilance contre la fausse doctrine. C’est pourquoi il est demandé à Timothée de se détourner des discours vains et profanes et de l’opposition de la connaissance faussement ainsi nommée. L’histoire de l’Église nous apprend que dans les premiers siècles du christianisme, spécialement en Orient, il y avait une fausse doctrine largement répandue, la Gnose. Ce mot grec signifie « connaissance » ; c’est le même que celui utilisé ici. En examinant les passages de 4:1 et suivants, et 6:3-5, j’ai déjà souligné cette fausse doctrine, qui a été si dévastatrice par la suite. La connaissance faussement ainsi nommée dont Paul parle ici n’était certainement pas le système dans son plein développement qui s’est manifesté quelques décennies plus tard. Mais ici et dans l’épître aux Colossiens, on en reconnait certainement déjà les prémices. Le gnosticisme cherchait à soumettre Dieu et Sa révélation à l’intelligence humain. L’homme se plaçait ainsi en juge de Dieu et de Sa Parole. Dieu qualifie ces enseignements de discours vains et profanes (cf. 2 Tim. 2:16) et d’opposition, et il constate qu’en professant cette erreur certains s’étaient écartés de la foi. Traduit littéralement, on dirait « … ils ont manqué la cible (le but) de la foi ». La foi est ici, comme le plus souvent, avec l’article, et signifie donc ce qui est cru, le contenu de la foi chrétienne.


5.14.2 - [Besoin de la grâce]

La lettre se termine par les mots : « La grâce soit avec toi », ou, comme le disent plusieurs bons manuscrits, « La grâce soit avec vous », comme dans la seconde épître. Il est plus probable que les copistes ultérieurs de cette lettre adressée à une seule personne aient rectifié le mot original « vous » en « toi », plutôt que l’inverse.

Timothée et avec lui les croyants d’Éphèse avaient certainement besoin de cette grâce. Nous aussi, nous en avons besoin journellement. C’est pourquoi l’apôtre Paul commence et termine chacune de ses épîtres par un souhait de grâce. Tout croyant connaît par expérience la grâce de Dieu qui sauve, Sa grâce qui préserve et Sa grâce qui restaure. Mais en outre notre vie pratique doit être remplie et caractérisée par cette grâce (cf. Actes 6:8 ; Col. 3:16 ; 4:6 ; 2 Tim. 2:1 ; Héb. 13:9 ; 2 Pierre 3:18). Nous avons besoin de cette grâce et nous la recevons jusqu’à la venue prochaine de notre Seigneur, dont la dernière annonce dans les Écritures est suivie des mots de conclusion encourageants et consolants : « Que la grâce du seigneur Jésus-Christ soit avec tous les saints » (Apoc. 22:21).