Marc 1 à 3

Brèves méditations - Marc 1 à 3

Haller R.


Table des matières :

1 - Marc 1:1-13

2 - Marc 1:14-20

3 - Marc 1:21-31

4 - Marc 1:32-45

5 - Marc 2:1-17

6 - Marc 3


1 - Marc 1:1-13

8 juin 2009

Dans son évangile Marc nous présente l’Ouvrier parfait, le Serviteur divin, le Prédicateur infatigable et Celui qui enseigne (1:22, 2:14, 4:1…). Ses jours étaient consacrés au travail, ses nuits à la prière ; Il n’avait guère de temps pour manger et dormir. Par l’Esprit Saint, Marc nous communique ce qu’Il fit et comment Il le fit. De Sa naissance et de Sa généalogie, il n’est pas fait mention. Marc observe de plus l’ordre chronologique des faits.

Marc annonce le commencement de la « Bonne Nouvelle » de Jésus (Dieu Sauveur) Christ (l’Oint de Dieu), Fils de Dieu. Cette Bonne Nouvelle n’a pas de fin ; ce n’est pas seulement le salut : c’est donc un Évangile pour des Saints. Paul avait le désir de l’annoncer aux Saints à Rome (Rom. 1:18). Le Seigneur Jésus est une source de joie inépuisable pour le croyant.

Dieu allait introduire un homme d’un ordre entièrement nouveau, et Jean, envoyé de Dieu, donc indépendant des hommes, Lui préparait le chemin, comme annoncé par les prophètes (Mal. 3:1). Il est présenté par une voix (se cachant pour ainsi dire derrière Celui qu’il venait annoncer. Jean 3:30). Dans le chemin de Dieu, il n’y a pas de place pour l’homme selon la chair : « Toute chair est comme l’herbe » (És. 40:6-8), et la Bonne Nouvelle ne concerne que le nouvel homme.

Jean annonce le baptême de la repentance en rémission de péchés. Il ne le prêche pas à Jérusalem que Dieu va rejeter bientôt, quoiqu’il y ait habité (Ps. 76:1, 2), mais dans le désert. Jean est un homme du désert ; ses seules ressources sont celles que Dieu y donne ; son aspect : tout en lui parle de séparation. Il n’y a pas de vraie repentance sans séparation : « Malheur à moi » dit Ésaïe « car je suis perdu… et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures » (És. 6:5). Le baptême de Jean met de côté toutes les prétentions de l’homme ; le baptême chrétien correspond à l’enterrement de cet homme et le baptême du Saint Esprit, venu après l’ascension du Seigneur, nous met en relation avec le ciel et nous plonge dans un environnement entièrement nouveau.

Quand Jésus vient au Jourdain, Il arrive de Nazareth, une ville méprisée. « Il germera de son propre lieu » (Zach. 6:12). Il prend la dernière place. Le Nazaréen et le crucifié sont toujours associés (Jean 19:19 ; Actes 2:22, 23 ; 4:10).

C’est ici au Jourdain qu’Il va commencer Son service, Il n’avait pas besoin d’être baptisé, mais s’associe à ceux auxquels Dieu regarde (És. 66:2). Mais Dieu, le Père, Le distingue. Le Saint Esprit, comme Puissance divine pour le Service descend sur Lui, et Jésus voit l’Esprit descendre, et entend la voix du Père : c’est le soutien divin qui Lui est ainsi confirmé. Tout serviteur de Dieu devrait, avant d’entrer dans le service, attendre de même une confirmation du ciel.

Aussitôt l’Esprit Le pousse dans le désert, où après une épreuve complète (40 jours), mais limitée dans le temps, l’incorruptibilité du Seigneur en présence des tentations du diable et d’un environnement hostile (désert, manque de nourriture, bêtes sauvages) est manifestée et le diable vaincu. Luc nous rapporte que Jésus, après le désert, retourne en Galilée dans la puissance de l’Esprit, avec la même puissance que celle qui L’a poussé dans le désert.


2 - Marc 1:14-20

8 juin 2009

Le Seigneur ne commence (en Marc) Son service qu’après que Jean eut été livré (comp. « achevait sa course » en Actes 13:25). Cela aussi est une leçon pour nous. Chacun a son service, qui lui est départi par le Seigneur, mais jamais le Maître ne les mettra en concurrence. Bien sûr nous trouvons des « compagnons » de service, donnés à Paul (Rom. 16:3, 9 ; 1 Cor. 16:10 ; Philli. 2:25 ; 4:3 ; Col. 1:11) dans certaines circonstances, mais Apollos n’a pas voulu interférer au service de Paul à Corinthe (1 Cor. 16:12), même à la demande de Paul ; sa pensée était probablement que les Corinthiens feraient de lui un rival de Paul.

Le Seigneur exerce Son service en ayant dans Son cœur les affections propres à un fils envers Son Père, Il prêche l’évangile du Royaume de Dieu. Dans ce royaume, Dieu est suprême et tous Lui sont soumis ; ceux qui sont dans le royaume sont caractérisés par l’obéissance. C’est dans les conditions du royaume que la bénédiction de Dieu est assurée. Elle le sera dans le millénium, elle l’est dans le cercle de ceux qui, aujourd’hui, obéissent à Dieu et reconnaissent l’autorité du Seigneur et marchent par l’Esprit (Rom. 14:17). Le but de la prédication du royaume est de gagner des âmes pour Dieu. La foi implique l’obéissance (Rom. 1:5 ; 16:26 ; Actes 6:7 ; 2 Thess. 1:8).

Le merveilleux caractère du royaume est vu dans la Personne du Seigneur. C’est aussi la raison pour laquelle les pêcheurs sont introduits aussitôt (1:17). L’évangile est représenté par les filets. Le Seigneur, avec les évangiles, nous a donné un bon filet : tous les incidents de Sa vie montrent ce que Dieu est en face de toutes les peines, de tous les besoins, de toute la ruine de l’homme, et comment Il peut le délivrer, de manière à n’être influencé dans son cœur que par la connaissance de Dieu. En Actes 2 Pierre, le jour de la Pentecôte, se lève et résume la vie du Seigneur Jésus : « homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui » (Actes 2:22). Il jette un filet non déchiré et obtint une grande prise (3000 âmes). Jean, lui, raccommode des filets ; son ministère (épîtres, Apocalypse) apporte du matériel spirituel pour la fin de la course de l’assemblée, afin que le témoignage puisse être aussi complet qu’au début.

« Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ». C’est en Le suivant que nous l’apprenons, et recevons les équipements divins pour prendre des hommes. Le Seigneur n’en a jamais utilisé d’autres, Il n’a jamais fait appel aux sentiments et à l’intelligence naturels, mais s’est toujours adressé aux consciences et à l’affection des personnes. En suivant le Seigneur dans les évangiles synoptiques, nous seront concernés par l’ajustement de nos vies en rapport avec les choses temporelles (travail, famille, prendre sa croix, renoncement à soi-même), alors que l’évangile de Jean nous montrera comment être placés dans les bonnes relations concernant les choses éternelles. Un serviteur (lévite) n’est pas un mercenaire. Le Seigneur aime ceux qui vont travailler dans Sa vigne et Lui laissent décider leur paie ; en fin de compte, ce sont eux qui seront le plus avantagés.


3 - Marc 1:21-31

8 juin 2009

La présence du Seigneur dans la synagogue met en évidence la présence de l’homme possédé (ou immergé) d’un esprit immonde. Le Seigneur était venu pour baptiser (immerger dans) de l’Esprit Saint et voici que se trouve dans le système religieux d’alors, un esprit immonde. Cet homme reconnaît que Jésus est le Saint de Dieu, mais tout en lui est en contraste avec Jésus. On peut donc trouver dans la sphère religieuse (leur synagogue : Marc 1:23 ; Matt. 12:9) ce qui est immonde, de même que ce qui est desséché — une main (Marc 1:32). Mais dans le royaume de Dieu prévaut une pureté exempte de toute souillure. Ce caractère est particulièrement relevé dans cet évangile, tels les vêtements du Seigneur glorifié « d’une extrême blancheur, comme de la neige, tels qu’il n’y a point de foulon sur la terre qui puisse ainsi blanchir » (Marc 9:3).

La première action — souveraine — du Seigneur dans cet évangile est de supplanter ce qui est immonde. Nous avons à faire attention à ce qui agit dans nos esprits intérieurement et qui n’est mis dans la lumière que par la présence du Fils de Dieu. La lèpre est ce qui se manifeste par la parole et les actions « dans le corps », mais derrière cela il peut y avoir beaucoup de choses agissant dans l’esprit et qui sont positivement impures ; mais tout est découvert à l’œil de Dieu. Quand Paul dit : « et que votre esprit, et votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche » (1 Thess. 5:23), il cite l’esprit en premier. En Héb. 12, où il est question de discipline, (de Dieu), Il est appelé le Père des esprits. C’est une chose importante d’avoir été purifiés dans nos esprits.

Dès que le Seigneur sort de la synagogue, Il va aussitôt dans la maison. Dans la sphère de la profession publique (synagogue) le Seigneur agit avec autorité en rapport avec ce qui est contraire à la sainteté de Dieu, mais dans la maison (cercle des frères et sœurs), Il agit avec sympathie. Dans ce cercle, l’une des présentes se trouvant dans l’incapacité de servir, il y a envers elle un sentiment de sympathie, et les « frères » parlent d’elle au Seigneur. Il est facile de constater des défauts, mais qu’il est beau de trouver dans le « cercle » de l’intérêt pour que chacun puisse exercer un saint service ; quand de tels exercices sont présents le Seigneur attend que des suggestions Lui soient faites (service sacerdotal). Dans le royaume, nous trouvons l’autorité (esprit immonde), mais aussi les sympathies divines et une grâce sacerdotale à l’égard de la faiblesse. La fièvre est un état de surexcitation, où la puissance, au lieu d’être dispensée pour un service utile, est gâchée en troubles intérieurs (amertume, frictions), sans profits. Ici nous voyons que les choses s’arrangent quand prévaut un esprit de service, dans la dépendance du Maître. Le Seigneur, à la fin, prend la belle-mère par la main, et la fièvre la quitte. Il est le Souverain Sacrificateur qui sympathise à nos infirmités, et qui, du ciel, nous tend Sa main, et nous accorde Sa grâce au moment opportun.


4 - Marc 1:32-45

9 juin 2009

Dans le chapitre 24 du Lévitique nous trouvons des conditions caractéristiques de l’apostasie (le Nom de l’Éternel est blasphémé : v. 10-16), mais dans ce même chapitre, il est ordonné que le luminaire doit continuer à briller continuellement du soir au matin (huile d’olive pure). Si le Seigneur a trouvé dans un cercle une place (1:29-31), il y aura là de la puissance ressentie à l’extérieur : la ville toute entière se rassembla à la porte de la maison. Nous qui avons éprouvé les sympathies du Seigneur, sommes-nous, L’ayant avec nous, des objets d’attraction pour tous ceux qui, étant à l’extérieur, ont des besoins ?

Au verset 35 nous trouvons le secret de la puissance : c’est la prière ; celle-ci est en rapport étroit avec l’Esprit. « Et je répandrai sur la maison de David… un esprit de grâce et de supplications » (Zach. 12:10), « priant par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance » (Éph. 6:18). Le Seigneur sortit, longtemps avant le jour, pour prier dans un lieu désert, seul avec Dieu, à l’écart, pour écouter Sa voix, comme ceux qu’on enseigne, pour savoir par une parole soutenir celui qui est las (És. 50:4). Chaque matin l’encens devait monter devant Dieu (Ex. 30:7, 8) ; la prière du saint a ce caractère (Ps. 141:2). La réponse à la prière du Seigneur conduit à un élargissement du service.

Le Seigneur souligne ici l’importance de la prédication. Il la place avant les signes et les miracles. Le terme utilisé ici pour prêcher correspond à une proclamation solennelle d’un roi, ou d’un prince par un héraut spécialement désigné pour la circonstance (déclaration de guerre, offre de paix…etc.).

Au verset 40 l’effet de la prédication amène le lépreux ; il était devenu conscient de la puissance apportée par le royaume, mais il devait apprendre une autre caractéristique du royaume : la compassion de Dieu, celle-ci a une place dominante dans le royaume ; combien de fois trouvons-nous le Seigneur dans les évangiles « ému de compassion » ! (Marc 6:34 ; 8:2). Tout besoin naturel ne peut être satisfait qu’en faisant appel aux compassions de Dieu. Le lépreux était dans une condition extrême — exclu de la congrégation d’Israël. La prédication de la Bonne Nouvelle du royaume avait trouvé un écho en lui. Au « si tu veux », le Seigneur répond « Je veux ». Mais ce « Je veux » implique le toucher du Seigneur et par conséquent la croix (pour le Seigneur être fait péché et porter les péchés), mais aussi toutes les compassions de la croix. L’homme est entièrement et définitivement purifié ; le sacrificateur doit en rendre témoignage.

On a tendance à identifier souvent la purification du lépreux avec la conversion ; mais elle est un processus moral qui se prolonge : c’est apprendre ce que notre purification a coûté au Seigneur : il nous faut nous pencher sur les Psaumes qui nous parlent du prix qu’Il a payé — de Ses souffrances, de Ses angoisses, Son horreur du péché, Ses angoisses d’être obligé de toucher ce qui est souillé, et d’avoir à goûter ce qui est la conséquence du péché — la mort. Ps. 22:1 ; 38:2-4 ; 40:12 ; 69:1-5, 14, 15 ; 88:6, 7, 14, 15 ; Lam. 3:9-18, 1-3. Si je comprenais ce que cela Lui a coûté de régler la question de ma condition de corruption en la prenant sur soi, en la faisant disparaître aux yeux de Dieu — quelle révolution cela produirait en moi et dans ma vie.


5 - Marc 2:1-17

9 juin 2009

Dans ce chapitre nous trouvons un enfant paralysé ; le Seigneur est revenu à Capernaüm, sa ville (Matt. 9:1) ; il y était aussi à la maison ; dans cette ville Il avait déjà manifesté Sa puissance. Dans l’évangile de Luc, juste avant la présentation de cette guérison, nous trouvons encore le Seigneur en prière (Luc 5:16) et il est dit que des pharisiens et des scribes venus de toute la Palestine étaient assis pour l’entendre. Il est même précisé que la puissance du Seigneur était là pour les guérir. Mais eux faisaient partie de ceux qui pensaient ne pas avoir besoin de guérison (Luc 5:11).

Dans cette scène nous apprenons que nous ne sommes pas seulement des pécheurs, mais aussi sans forces. Le secret de la puissance c’est l’Esprit. Et l’Esprit est donné en réponse à la prière. Au Jourdain le Seigneur priait (Luc 3:27) ; en Luc 11:13, Il dit que le Père donnera le Saint Esprit à ceux qui le demandent, et à la Samaritaine : « toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de l’eau vive » (Jean 4:10). Le Saint Esprit est une puissance dépendante ; pour qu’Il puisse agir en nous, il faut que nos relations avec Dieu ne soient pas entravées — et la prière exprime cette dépendance. L’Esprit nous est donné en réponse à la prière du Seigneur : Je prierai le Père et Il vous donnera un autre Consolateur. C’est en réponse à la prière de Jésus que ce paralytique a eu de la puissance pour marcher.

Les hommes qui l’ont amené avaient reconnu dans le Seigneur Celui qui maintient toutes choses pour Dieu dans la puissance de l’amour. Il était devenu pour eux le centre d’attraction et rien ne pouvait être un obstacle à leur foi, pour amener l’« enfant » dans la présence de Jésus. C’est une grande question pour nous : Arrivons-nous jusqu’à Jésus ? À la fin de ce chapitre nous trouvons les fils de la chambre nuptiale, ceux qui sont attirés par le charme de l’Époux, source d’une joie accomplie (Jean 3:29).

Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés » (2:5). Ici le pardon des péchés précède la guérison, ce qui donne aux « légalistes » l’occasion de manifester l’état de leur cœur. Mais c’est aussi l’occasion de la manifestation de la bonne disposition du cœur de Dieu qui a été offensé. Dieu se glorifie en pardonnant nos péchés ; tous nos péchés, toutes nos faiblesses ; tout en nous devient pour Dieu des opportunités de se faire connaître dans la plénitude de Sa grâce. Le pardon n’est pas une chose élémentaire ; c’est dans les Colossiens et les Éphésiens que la grandeur du pardon de Dieu est présentée ; dans les Romains il n’est mentionné qu’une fois et encore comme citation du Psaume 32 (Rom. 4:7). Dans cette épître Dieu est juste en justifiant le pécheur, mais le pardon, qui révèle le cœur de Dieu à notre égard se trouve ailleurs : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Éph. 4:32).

Le jeune paralytique guéri a reçu et le pardon et la puissance pour témoigner de ce que le Seigneur a fait pour lui. Il porte son lit et Jésus le renvoie dans sa maison ; c’est dans le cercle de la famille que commence le témoignage et c’est là que s’exprime d’abord la puissance de la vie reçue (guérison). Au lépreux du chapitre 1, Jésus avait dit de ne parler à personne de sa guérison ; il n’a pas obéi et cela a conduit à restreindre l’activité de Jésus dans la ville ; mais s’étant rendu dans les lieux déserts, ceux qui avaient des besoins réels vinrent à Lui de toutes parts (1:44, 45).


6 - Marc 3

15 juin 2009

Dans ce chapitre nous trouvons le Seigneur d’abord dans la synagogue, puis à la mer, ensuite sur la montagne et enfin à la maison.

Dans la synagogue il y a un homme, dont la main est desséchée. Contrairement aux disciples suivant le Seigneur, à la fin du chapitre précédent, dans les champs de blé et se nourrissant des épis qu’ils cueillaient, cet homme ne peut se nourrir ; il est aussi incapable de servir. La synagogue correspond dans une large mesure à la profession chrétienne, caractérisée par la présence d’un esprit impur (tout esprit qui n’est pas l’Esprit Saint — 1:23), par le manque de force (3:1), par l’incrédulité (6:2). Le Seigneur y agit d’une manière souveraine pour arracher des âmes pour Dieu de ce milieu où on ne trouve pas de compassion pour les besoins des hommes, et où il y a de l’hostilité envers le Seigneur.

On peut penser que ceux qui ont été guéris par le Seigneur dans la synagogue L’ont suivi pour se retrouver finalement dans la maison, où sont assis autour de Lui ceux qu’Il peut appeler mère ou frère ou sœur. C’est avec bienveillance qu’Il regarde à l’entour vers eux, alors que dans la synagogue, attristé et en colère, Il regarde à l’entour vers ceux qui refusent la grâce, pour eux-mêmes et les autres.

Le Seigneur se retire de la synagogue avec les disciples vers la mer, une sphère beaucoup plus grande ; une grande multitude le suit, non seulement d’Israël, mais aussi des nations. Le Seigneur a donc commencé à servir dans la profession (synagogue) pour y gagner ce qui s’y trouve pour Dieu. Puis en présence de l’hostilité manifeste, Il se retire, et fait participer Ses disciples à Son service.

Au bord de la mer, Il leur demande de mettre une petite nacelle à Sa disposition pour ne pas être pressé par la foule quand Il s’adressera à eux. Le champ de service est grand (Paul le désigne par « toute la création qui est sous le ciel », Col. 1:23), mais le serviteur se dissimule dans une « petite nacelle ». Le Seigneur Lui-même donne l’exemple : Il dit les choses qu’Il a ouïes de son Père (Jean 8:26). Mais la nacelle indique aussi que le Seigneur ne voulait pas être influencé par la foule. Beaucoup de serviteurs ont failli dans leur service par l’absence de la petite nacelle ; Paul(= petit) ne l’a jamais quittée ; elle est l’image du serviteur préparé à rester détaché de tout ce qui est grand. De plus, le Seigneur se dérobait à toute publicité. Le serviteur fidèle accomplit son travail, sans en parler, et ne désire pas qu’on en parle ; il désire tout simplement le poursuivre.

Le secret de tout cela se trouve au paragraphe suivant — la montagne. La montagne représente cette place élevée, où nous recevons la lumière et la pensée du ciel et de Dieu. Là-haut nous apprenons ce qui est plus grand que le service. Le Seigneur nous y appelle pour nous conduire dans les pensées de Dieu (És. 55:9 ; 1 Cor. 2:9), pour nous faire connaître Son service béni envers les hommes.

Sur la montagne le Seigneur appelle ceux qu’Il veut, pour être avec Lui et ensuite seulement pour servir. C’est le Seigneur Lui-même qui établit dans le service, et le service lui-même a été prédéterminé par Dieu. L’appel est souverain : « C’est Moi qui vous ai choisis » (Jean 15:16). Nous ne sommes pas libres de servir le Seigneur, comme cela nous plaît. L’idée de volontariat est exclue ; elle a un effet pernicieux parmi le peuple de Dieu. Tous les écrivains du Nouveau Testament (épîtres) se désignent par « esclaves de Jésus Christ ». C’est la Bonne Nouvelle (Évangile) du royaume qui produit ce type de soumission, et là où elle existe, il n’y aura pas de rivalité ni de jalousie entre les serviteurs.

Tout cela est en vue de la préparation à la position « dans la maison ». On y trouve le Seigneur dans la maison entouré par une compagnie ordonnée ; ils font tous la volonté de Dieu, non en accomplissant leurs activités, mais en étant assis autour de Lui. Quelle est la volonté de Dieu aujourd’hui ? C’est l’Assemblée, représentée ici par ceux qui sont assis. Ceux qui n’ont pas été avec Lui sur la montagne, ses frères et sa mère, quoique bien disposés à son égard, disent de Lui : Il est hors de sens. Ils ne comprennent, ni ses mouvements, ni Sa position, ni le caractère du moment : ils sont dehors et représentent des croyants manquant de discernement spirituel.

La compagnie ordonnée dans la maison représente, sous un certain aspect, le résultat du service du Seigneur. Le service du Fils de Dieu est de rendre l’homme fort impuissant (le diable, 3:27), de détruire sa maison et de construire une autre maison, où tout sera de Dieu et où Sa volonté sera faite — où tous Lui sont apparentés et où le propos de Dieu sera atteint.

Là, dans la maison il n’y a pas de restrictions quant au service ; les disciples y viennent et une grande foule s’y réunit ; ceux qui maintiennent les principes d’administration de la maison (1 Cor.) ne s’y trouveront pas plus restreints que Paul, qui recevait, dans le logement qu’il avait loué pour lui, tous ceux qui venaient à lui (Actes 28:30).

Dans la maison l’autorité du Seigneur est reconnue, l’Esprit honoré, et tout ce qui est de la chair exclu.