PSAUMES

Hamilton Smith


Éditions : Believers Bookshelf Canada et EBLC, Suisse, 2011


[Le mot Gentil(s) a été conservé partout ; il signifie seulement « non Juif » ; la Bible version Darby utilise plutôt le mot « nations » pour Gentils au pluriel].


Table des matières abrégée :

1 - Préface de l’éditeur

2 - RÉSUMÉ des sections (groupes) de psaumes

3 - RÉSUMÉ des psaumes individuels, groupés en sections

4 - COMMENTAIRES


Table des matières détaillée :

1 - Préface de l’éditeur

2 - RÉSUMÉ des sections (groupes) de psaumes

2.1 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre premier : PSAUMES 1 à 41

2.2 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre deuxième : PSAUMES 42 à 72

2.3 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre troisième : PSAUMES 73 à 89

2.4 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre quatrième : PSAUMES 90 à 106

2.5 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre cinquième : PSAUMES 107 à 150

3 - RÉSUMÉ des psaumes individuels, groupés en sections

3.1 - Résumé des psaumes individuels du Livre Premier

3.1.1 - Section 1 : Psaumes 1 et 2

3.1.2 - Section 2 : Psaumes 3 à 8

3.1.3 - Section 3 : Psaumes 9 et 10

3.1.4 - Section 4 : Psaumes 11 à 15

3.1.5 - Section 5 : Psaumes 16 à 18

3.1.6 - Section 6 : Psaumes 19 à 21

3.1.7 - Section 7 : Psaumes 22 à 24

3.1.8 - Section 8 : Psaumes 25 à 39

3.1.9 - Section 9 : Psaumes 40 et 41

3.2 - Résumé des psaumes individuels du Livre DEUXIÈME

3.2.1 - Section 1 : Psaumes 42 et 43

3.2.2 - Section 2 : Psaumes 44 à 48

3.2.3 - Section 3 : Psaumes 49 à 51

3.2.4 - Section 4 : Psaumes 52 à 55

3.2.5 - Section 5 : Psaumes 56 à 63

3.2.6 - Section 6 : Psaumes 64 à 68

3.2.7 - Section 7 : Psaumes 69 à 72

3.3 - Résumé des psaumes individuels du Livre TROISIÈME

3.3.1 - Section 1 : Psaumes 73 à 83

3.3.2 - Section 2 : Psaumes 84 à 87

3.3.3 - Section 3 : Psaumes 88 et 89

3.4 - Résumé des psaumes individuels du Livre QUATRIÈME

3.4.1 - Section 1 : Psaumes 90 à 92

3.4.2 - Section 2 : Psaumes 93 à 100

3.4.3 - Section 3 : Psaumes 101 et 102

3.4.4 - Section 4 : Psaumes 103 et 104

3.4.5 - Section 5 : Psaumes 105 et 106

3.5 - Résumé des psaumes individuels du Livre CINQUIÈME

3.5.1 - Section 1 : Psaumes 107 à 110

3.5.2 - Section 2 : Psaumes 111 à 113

3.5.3 - Section 3 : Psaumes 114 à 118

3.5.4 - Section 4 : Psaume 119

3.5.5 - Section 5 : Psaumes 120 à 134

3.5.6 - Section 6 : Psaumes 135 et 136

3.5.7 - Section 7 : Psaumes 137 à 145

3.5.8 - Section 8 : Psaumes 146 à 150

4 - COMMENTAIRES

4.1 - Commentaire sur les Psaumes du Livre premier

4.1.1 - Psaume 1

4.1.2 - Psaume 2

4.1.3 - Psaume 3

4.1.4 - Psaume 4

4.1.5 - Psaume 5

4.1.6 - Psaume 6

4.1.7 - Psaume 7

4.1.8 - Psaume 8

4.1.9 - Psaume 9

4.1.10 - Psaume 10

4.1.11 - Psaume 11

4.1.12 - Psaume 12

4.1.13 - Psaume 13

4.1.14 - Psaume 14

4.1.15 - Psaume 15

4.1.16 - Psaume 16

4.1.17 - Psaume 17

4.1.18 - Psaume 18

4.1.19 - Psaume 19

4.1.20 - Psaume 20

4.1.21 - Psaume 21

4.1.22 - Psaume 22

4.1.23 - Psaume 23

4.1.24 - Psaume 24

4.1.25 - Psaume 25

4.1.26 - Psaume 26

4.1.27 - Psaume 27

4.1.28 - Psaume 28

4.1.29 - Psaume 29

4.1.30 - Psaume 30

4.1.31 - Psaume 31

4.1.32 - Psaume 32

4.1.33 - Psaume 33

4.1.34 - Psaume 34

4.1.35 - Psaume 35

4.1.36 - Psaume 36

4.1.37 - Psaume 37

4.1.38 - Psaume 38

4.1.39 - Psaume 39

4.1.40 - Psaume 40

4.1.41 - Psaume 41

4.2 - Commentaire sur les Psaumes du Livre deuxième

4.2.1 - Psaume 42

4.2.2 - Psaume 43

4.2.3 - Psaume 44

4.2.4 - Psaume 45

4.2.5 - Psaume 46

4.2.6 - Psaume 47

4.2.7 - Psaume 48

4.2.8 - Psaume 49

4.2.9 - Psaume 50

4.2.10 - Psaume 51

4.2.11 - Psaume 52

4.2.12 - Psaume 53

4.2.13 - Psaume 54

4.2.14 - Psaume 55

4.2.15 - Psaume 56

4.2.16 - Psaume 57

4.2.17 - Psaume 58

4.2.18 - Psaume 59

4.2.19 - Psaume 60

4.2.20 - Psaume 61

4.2.21 - Psaume 62

4.2.22 - Psaume 63

4.2.23 - Psaume 64

4.2.24 - Psaume 65

4.2.25 - Psaume 66

4.2.26 - Psaume 67

4.2.27 - Psaume 68

4.2.28 - Psaume 69

4.2.29 - Psaume 70

4.2.30 - Psaume 71

4.2.31 - Psaume 72

4.3 - Commentaire sur les Psaumes du Livre troisième

4.3.1 - Psaume 73

4.3.2 - Psaume 74

4.3.3 - Psaume 75

4.3.4 - Psaume 76

4.3.5 - Psaume 77

4.3.6 - Psaume 78

4.3.7 - Psaume 79

4.3.8 - Psaume 80

4.3.9 - Psaume 81

4.3.10 - Psaume 82

4.3.11 - Psaume 83

4.3.12 - Psaume 84

4.3.13 - Psaume 85

4.3.14 - Psaume 86

4.3.15 - Psaume 87

4.3.16 - Psaume 88

4.3.17 - Psaume 89

4.4 - Commentaire sur les Psaumes du Livre quatrième

4.4.1 - Psaume 90

4.4.2 - Psaume 92

4.4.3 - Psaume 93

4.4.4 - Psaume 94

4.4.5 - Psaume 95

4.4.6 - Psaume 96

4.4.7 - Psaume 97

4.4.8 - Psaume 98

4.4.9 - Psaume 99

4.4.10 - Psaume 100

4.4.11 - Psaume 101

4.4.12 - Psaume 102

4.4.13 - Psaume 103

4.4.14 - Psaume 104

4.4.15 - Psaume 105

4.4.16 - Psaume 106

4.5 - Commentaire sur les Psaumes du Livre cinquième

4.5.1 - Psaume 107

4.5.2 - Psaume 108

4.5.3 - Psaume 109

4.5.4 - Psaume 110

4.5.5 - Psaume 111

4.5.6 - Psaume 112

4.5.7 - Psaume 113

4.5.8 - Psaume 114

4.5.9 - Psaume 115

4.5.10 - Psaume 116

4.5.11 - Psaume 117

4.5.12 - Psaume 118

4.5.13 - Psaume 119

4.5.14 - Psaume 120

4.5.15 - Psaume 121

4.5.16 - Psaume 122

4.5.17 - Psaume 123

4.5.18 - Psaume 124

4.5.19 - Psaume 125

4.5.20 - Psaume 126

4.5.21 - Psaume 127

4.5.22 - Psaume 128

4.5.23 - Psaume 129

4.5.24 - Psaume 130

4.5.25 - Psaume 131

4.5.26 - Psaume 132

4.5.27 - Psaume 133

4.5.28 - Psaume 134

4.5.29 - Psaume 135

4.5.30 - Psaume 136

4.5.31 - Psaume 137

4.5.32 - Psaume 138

4.5.33 - Psaume 139

4.5.34 - Psaume 140

4.5.35 - Psaume 141

4.5.36 - Psaume 142

4.5.37 - Psaume 143

4.5.38 - Psaume 144

4.5.39 - Psaume 145

4.5.40 - Psaume 146

4.5.41 - Psaume 147

4.5.42 - Psaume 148

4.5.43 - Psaume 149

4.5.44 - Psaume 150


1 - Préface de l’éditeur

Les Psaumes n’est pas le premier ouvrage de H. Smith que nous publions. Ce livre exige toutefois quelques explications de l’éditeur.

Le manuscrit en notre possession comprend deux parties que nous avons maintenues dans l’édition française :

— La première présente un double résumé des Psaumes, l’un par livre avec indication des principales sections et de leur contenu ; l’autre par psaume.

— La seconde offre un commentaire de chaque psaume, selon le style concis et clair de Hamilton Smith.

L’ouvrage a été publié en 1992 par Believers Bookshelf au Canada, sans la première partie. Auparavant, seules des portions des psaumes 1 à 105 avaient paru dans le périodique anglais Precious Things (années 1957 à 1962).

Il ne nous a pas été possible de savoir si l’intention de l’auteur était de publier la première partie ou s’il s’agissait en quelque sorte de papiers de travail. Malgré quelques lacunes minimes dans le manuscrit, nous avons estimé utile de mettre à disposition du lecteur de langue française ces pages qui permettent un aperçu rapide de l’ensemble des Psaumes, ou qui peuvent constituer un rappel heureux de cette lecture, si elles sont lues après la seconde partie.

Nous demandons la bénédiction du Seigneur sur ce livre qui traite d’une partie si précieuse de sa Parole.


2 - RÉSUMÉ des sections (groupes) de psaumes

2.1 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre premier : PSAUMES 1 à 41

Les circonstances, les expériences et les exercices d’âme du résidu pieux de la nation juive dans le pays d’Israël, en conséquence du rejet de Christ par le peuple, dans les derniers jours de l’économie actuelle. Les bénédictions dans lesquelles les fidèles seront introduits en vertu de l’identification de Christ avec eux dans leurs souffrances et de sa mort pour eux sur la croix.


Section 1 : Psaumes 1 et 2

Le caractère des fidèles qui hériteront de la bénédiction terrestre par le jugement des méchants, exécuté par Christ — le Fils de Dieu — rejeté par les hommes, mais oint par Dieu pour être Roi.


Section 2 : Psaumes 3 à 8

Les expériences du résidu juif pieux en présence de ses ennemis, à partir du moment où Christ est rejeté comme Fils de Dieu, jusqu’au jour où il régnera comme Fils de l’homme.


Section 3 : Psaumes 9 et 10

Une vue prophétique des circonstances vécues par le résidu pieux des Juifs, dans le pays d’Israël, durant les jours qui précéderont immédiatement la venue de Christ pour régner.


Section 4 : Psaumes 11 à 15

Une annonce des expériences que fera le résidu juif pieux pendant le règne de l’Antichrist.


Section 5 : Psaumes 16 à 18

Christ prenant sa place parmi les hommes, s’identifiant avec les fidèles en Israël.


Section 6 : Psaumes 19 à 21

Les différents témoignages présentés par Dieu aux hommes.


Section 7 : Psaumes 22 à 24

Les souffrances expiatoires de Christ et les résultats qui en découlent, pour la bénédiction de l’homme et à la gloire de Dieu.


Section 8 : Psaumes 25 à 39

Les exercices d’âme du résidu juif pieux dans les derniers jours. Ils résultent de la connaissance de la grâce de Dieu, agissant en justice en vertu de la mort expiatoire de Christ.


Section 9 : Psaumes 40 et 41

La bénédiction assurée au peuple de Dieu par l’identification de Christ avec les fidèles dans leurs afflictions.


2.2 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre deuxième : PSAUMES 42 à 72

Le deuxième livre des psaumes présente les exercices de Juifs pieux, exprimant prophétiquement les expériences du résidu fidèle de la nation, lorsque leur ville est foulée aux pieds par les Gentils et qu’ils sont eux-mêmes rejetés. Ce livre expose la confiance des fidèles en Dieu durant ce temps d’épreuve et de souffrances. Il montre aussi Christ s’identifiant avec les souffrances de son peuple, et la délivrance finale qu’il opérera pour les siens par son élévation ; cela conduit à l’établissement en gloire du royaume de Christ, lorsqu’il régnera, pendant le Millénium, pour la bénédiction de l’homme, la gloire de son propre nom et la louange de Dieu.


Section 1 : Psaumes 42 et 43

Les exercices des Juifs formant le résidu fidèle lorsqu’ils sont chassés du pays d’Israël.


Section 2 : Psaumes 42 et 43

La délivrance finale d’Israël de tous ses ennemis par l’intervention de Christ.


Section 3 : Psaumes 49 à 51

Avertissements aux hommes de ne pas mettre leur confiance dans les richesses ou les formes extérieures de la religion, avec des exhortations à la repentance, en vue des jugements de Dieu qui vont venir sur les méchants.


Section 4 : Psaumes 52 à 55

Les expériences des Juifs appartenant au résidu pieux. Ils exposent les détresses de leur âme en présence du mal pendant le règne de l’Antichrist, dans le jour à venir.


Section 5 : Psaumes 56 à 63

Les expériences des Juifs du résidu pieux, montrant les consolations et l’assurance qu’ils trouvent en Dieu pendant les épreuves de la grande tribulation.


Section 6 : Psaumes 64 à 68

Dieu révélé sur toute la terre par son jugement.


Section 7 : Psaumes 69 à 72

Christ entrant dans les souffrances de son peuple de la part des hommes, et la réponse à ses souffrances dans son règne de gloire à venir.


2.3 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre troisième : PSAUMES 73 à 89

Section 1 : Psaumes 73 à 83


(Le résumé de la section 1 (psaumes 73 à 83) manquent dans le manuscrit de l’auteur).


Section 2 : Psaumes 84 à 87

Les voies de l’Éternel pour délivrer son peuple de la captivité et l’établir en Sion, par Christ, son Oint.


Section 3 : Psaumes 88 et 89

Les manquements de l’homme et la fidélité de Dieu. Placé sous le jugement de Dieu à cause de ses péchés, Israël est sauvé du jugement et introduit dans la bénédiction par la bonté et la fidélité de Dieu.


2.4 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre quatrième : PSAUMES 90 à 106

L’Éternel, seule ressource de l’homme déchu, donnant la délivrance à Israël et la bénédiction au monde, par Christ l’homme parfait.


Section 1 : Psaumes 90 à 92

La bénédiction pour l’homme par Christ, l’homme parfait.


Section 2 : Psaumes 93 à 100

Le royaume de Christ.


Section 3 : Psaumes 101 et 102

Les principes du royaume.


Section 4 : Psaumes 103 et 104

La louange millénaire d’Israël restauré.


Section 5 : Psaumes 105 et 106

La fidélité de l’Éternel qui introduit Israël dans le royaume.


2.5 - Résumé des sections (groupes) de psaumes du Livre cinquième : PSAUMES 107 à 150

Les voies et les propos de Dieu pour la bénédiction de l’homme par Christ, ainsi que les expériences et exercices, menant à la restauration et à la bénédiction finales du peuple, par lesquels Israël passera, et la louange universelle de l’Éternel.


Section 1 : Psaumes 107 à 110

Les voies de Dieu à l’égard de l’homme, en vue de son propos pour la gloire de Christ et la bénédiction des siens.


Section 2 : Psaumes 111 à 113

L’Éternel célébré pour ses œuvres magnifiques, pour la bénédiction dispensée à son peuple et pour la gloire de son nom.


Section 3 : Psaumes 114 à 118

L’Éternel au milieu d’Israël restauré, délivrant les fidèles de tous leurs ennemis et assurant à toujours, pour lui, la louange universelle.


Section 4 : Psaume 119

La parole de Dieu écrite dans le cœur et exprimée dans la vie des fidèles.


Section 5 : Psaumes 120 à 134

Les expériences des fidèles en Israël à l’occasion de la délivrance finale de la captivité et lors de leur restauration dans le pays.


Section 6 : Psaumes 135 et 136

La louange rendue à l’Éternel par Israël restauré.


Section 7 : Psaumes 137 à 145

Les expériences du résidu fidèle, passant des larmes dans le pays de la captivité au chant du cantique nouveau et éternel dans le royaume sans fin de l’Éternel.


Section 8 : Psaumes 146 à 150

L’Éternel, habitant au milieu d’Israël restauré, unit la louange de la terre et du ciel.


3 - RÉSUMÉ des psaumes individuels, groupés en sections

3.1 - Résumé des psaumes individuels du Livre Premier

3.1.1 - Section 1 : Psaumes 1 et 2

Les bénédictions du peuple terrestre de Dieu assurées par le jugement des méchants, celui-ci étant exécuté par Christ, le Roi oint.


Psaume 1 : L’homme pieux, au milieu d’un monde impie, attendant que Dieu s’occupe, dans son gouvernement, des méchants et introduise les justes dans la bénédiction.

Psaume 2 : Les conseils de Dieu à l’égard du Messie, rejeté des hommes, mais choisi de Dieu pour exercer son gouvernement. Par celui-ci, les méchants seront jugés et les croyants introduits dans la bénédiction.


3.1.2 - Section 2 : Psaumes 3 à 8

La confiance en Dieu, acquise par les exercices et les expériences spirituelles que le résidu pieux est appelé à connaître pendant la période du rejet de Christ (Ps. 2), jusqu’au jour de sa gloire royale comme Fils de l’homme (Ps. 8)


Psaume 3 : Confiance de l’âme en présence de ses ennemis, fondée sur sa foi en Dieu quand, extérieurement, tout est contre elle.

Psaume 4 : Confiance en présence des ennemis, le fidèle étant conscient de son intégrité et ayant fait l’expérience de la grâce de Dieu.

Psaume 5 : Confiance en Dieu, fondée sur la connaissance de son juste gouvernement et de son caractère immuable.

Psaume 6 : La confiance d’une âme pieuse qui, tout en s’identifiant au peuple de Dieu placé sous le châtiment, goûte la faveur personnelle de Dieu.

Psaume 7 : La confiance de l’âme en Dieu, lorsqu’elle souffre à cause de la justice.

Psaume 8 : Les fidèles en Israël conduisant les louanges de toute la terre, lorsque Christ, comme Fils de l’homme, est établi sur la création entière. Tous ses ennemis sont alors mis sous ses pieds et son nom est rendu magnifique par toute la terre.


3.1.3 - Section 3 : Psaumes 9 et 10

Une vue prophétique des circonstances du résidu pieux des Juifs, dans le pays d’Israël, durant les jours qui précéderont immédiatement la venue de Christ pour régner.


Psaume 9 : La condition et les circonstances dans lesquelles se trouveront les fidèles lorsque Christ viendra pour régner.

Psaume 10 : La confiance en Dieu du résidu juif, aux jours de sa profonde détresse, sous le règne de l’Antichrist.


3.1.4 - Section 4 : Psaumes 11 à 15

Une annonce des exercices du résidu pieux, au milieu de la nation juive apostate, pendant le règne de l’Antichrist.


Psaume 11 : Les exercices des fidèles qui se trouvent dans un monde dont les fondements moraux sont détruits.

Psaume 12 : L’Éternel et ses paroles, la ressource du juste quand les fidèles ont disparu d’entre les hommes, et que l’iniquité prévaut.

Psaume 13 : La foi des fidèles dans des circonstances où, en apparence, ils sont oubliés de Dieu.

Psaume 14 : La foi des fidèles lorsque la méchanceté du monde atteint son paroxysme, juste avant l’apparition du jugement.

Psaume 15 : Le caractère moral de ceux qui hériteront des bénédictions millénaires, après l’exécution du jugement sur le monde.


3.1.5 - Section 5 : Psaumes 16 à 18

Christ prenant sa place parmi les hommes, s’identifiant avec les fidèles en Israël.


Psaume 16 : Christ s’identifiant avec les excellents de la terre, dans le chemin de la vie devant Dieu.

Psaume 17 : Christ s’identifiant avec les fidèles, dans le chemin de la justice devant les hommes.

Psaume 18 : Christ s’identifiant avec les souffrances d’Israël, dans la mort, pendant la traversée du désert et dans le conflit avec l’ennemi, jusqu’aux bénédictions caractérisant son règne.


3.1.6 - Section 6 : Psaumes 19 à 21

Les différents témoignages présentés par Dieu à la responsabilité des hommes.


Psaume 19 : Le témoignage de la création et de la loi rendu aux Gentils et aux Juifs.

Psaume 20 : Le témoignage de Christ, une Personne vivante, le témoin fidèle au milieu d’hommes impies.

Psaume 21 : Le témoignage de Christ comme Roi, exalté au-dessus de tous ses ennemis.


3.1.7 - Section 7 : Psaumes 22 à 24

Les souffrances expiatoires de Christ et leurs résultats en gloire et en bénédiction.


Psaume 22 : Christ, la sainte victime, abandonné de Dieu lorsqu’il portait les péchés de son peuple.

Psaume 23 : Christ, le Berger, conduisant son peuple pendant le pèlerinage dans le désert.

Psaume 24 : Christ, le Roi, introduisant son peuple dans les gloires de son royaume.


3.1.8 - Section 8 : Psaumes 25 à 39

Les exercices d’âme du résidu pieux en Israël dans les derniers jours. Ils résultent de la connaissance de la grâce de Dieu agissant en justice sur le fondement de l’œuvre de Christ, et révèlent l’état moral des fidèles, plutôt que les circonstances particulières dans lesquelles ils se trouveront.


Psaume 25 : Dans la lumière de la bonté et de la justice de Dieu, les fidèles confessent leurs péchés.

Psaume 26 : Les justes demandent à être sondés par Dieu, afin que toutes les entraves à l’adoration et au témoignage devant le monde soient jugées.

Psaume 27 : La confiance du croyant en la présence d’ennemis, et les exercices que connaît l’âme devant l’Éternel.

Psaume 28 : La prière du croyant, qui demande à être gardé dans la séparation d’un monde allant au-devant du jugement.

Psaume 29 : Les fidèles apprennent que Celui qui prend soin d’eux est plus puissant que les puissants de ce monde.

Psaume 30 : Les fidèles font l’expérience de la délivrance de l’Éternel quand ils se trouvent au plus profond de la détresse.

Psaume 31 : La confiance des fidèles lorsqu’ils semblent être abandonnés, pour un temps, entre les mains de leurs ennemis.

Psaume 32 : La bénédiction de l’homme dont le péché est pardonné.

Psaume 33 : Les fidèles invités à célébrer par anticipation l’Éternel pour son intervention en leur faveur.

Psaume 34 : Les expériences par lesquelles les fidèles apprennent à se soumettre en tout temps à Dieu.

Psaume 35 : Un appel à Dieu pour qu’il agisse contre les ennemis de son peuple de la même manière qu’ils ont agi envers les fidèles.

Psaume 36 : Les méchants, présentés en contraste avec Dieu, et la bénédiction de ceux qui se confient en l’Éternel.

Psaume 37 : Les fidèles mis en garde de ne pas se laisser troubler devant la prospérité passagère des méchants.

Psaume 38 : L’âme pieuse abandonnée par ses amis et blâmée par ses ennemis, lorsqu’elle est sous le châtiment de l’Éternel.

Psaume 39 : Le fidèle muet en présence de ses ennemis, parce qu’il est sous le châtiment de Dieu.


3.1.9 - Section 9 : Psaumes 40 et 41

Les bénédictions du peuple de Dieu, résultant de ce que Christ est entré dans les afflictions causées par les propres péchés des fidèles ou par les opprobres de leurs ennemis.


Psaume 40 : Christ, ayant parfaitement accompli la volonté de Dieu, est entendu et délivré de toutes les afflictions dans lesquelles il était entré à cause de son peuple.

Psaume 41 : Le bonheur qui consiste à penser aux pauvres du troupeau de Dieu, avec lesquels Christ s’est identifié lorsqu’ils se trouvaient sous l’opprobre de leurs ennemis.


3.2 - Résumé des psaumes individuels du Livre DEUXIÈME

3.2.1 - Section 1 : Psaumes 42 et 43

Les exercices spirituels du résidu pieux, lorsqu’il est chassé du pays pendant la grande tribulation des derniers jours.


Psaume 42 : La confiance des Juifs pieux dans le Dieu vivant, lorsqu’ils sont chassés du pays dans les derniers jours.

Psaume 43 : Le résidu pieux s’attendant à Dieu pour être délivré de ses ennemis et ramené dans le lieu saint, à la montagne sainte de Dieu.


3.2.2 - Section 2 : Psaumes 44 à 48

La délivrance finale d’Israël de tous ses ennemis par l’intervention de Christ.


Psaume 44 : Comptant par la foi sur ce que Dieu a opéré dans le passé, le fidèle fait appel à lui pour qu’il vienne au secours de son peuple en le délivrant de ses ennemis.

Psaume 45 : Christ présenté comme la réponse au cri de la foi, comme celui par qui Dieu délivrera son peuple.

Psaume 46 : La confiance en Dieu acquise par le résidu pieux au travers de l’expérience faite, au jour de la détresse, de la bonté divine.

Psaume 47 : La célébration de la délivrance opérée par Dieu. Israël est élevé au-dessus des nations qui se joignent au peuple pour louer l’Éternel.

Psaume 48 : Le roi établi en Sion, le centre du gouvernement et de la bénédiction pour la terre tout entière.


3.2.3 - Section 3 : Psaumes 49 à 51

Avertissements aux hommes de ne pas se confier dans les richesses (49), ou dans la forme extérieure de la piété (50), avec une exhortation à se repentir (51), en vue des jugements de Dieu qui vont venir sur la terre.


Psaume 49 : En vue des jugements imminents de Dieu, l’homme du monde est averti qu’il ne doit pas se confier dans les richesses.

Psaume 50 : Un témoignage de Dieu qui avertit l’homme religieux de ne pas se confier dans les formes extérieures de la religion.

Psaume 51 : La confession de péché de l’homme repentant ; reconnaissant que la forme extérieure de la religion ne sert à rien, il se rejette sur la bonté de Dieu.


3.2.4 - Section 4 : Psaumes 52 à 55

Les expériences du résidu pieux des Juifs sous le règne de l’Antichrist, dans un jour à venir.


Psaume 52 : La foi du résidu pieux qui discerne le caractère de l’Antichrist et son jugement imminent. Les fidèles se confient dans la bonté de Dieu et attendent la délivrance.

Psaume 53 : La condition du monde sous la conduite de l’Antichrist (l’insensé) qui nie l’existence de Dieu.

Psaume 54 : La prière du juste demandant à Dieu d’agir en accord avec son nom, en sauvant les fidèles de leurs ennemis.

Psaume 55 : La prière du juste lorsqu’il est persécuté par l’Antichrist. Celui-ci s’est élevé lui-même à Jérusalem, a renié Dieu et a rompu son alliance.


3.2.5 - Section 5 : Psaumes 56 à 63

La consolation et l’assurance du juste, dans la confiance qu’il a mise en Dieu. Les psaumes 52 à 55 présentent la détresse de l’âme fidèle en présence du mal. Les psaumes 56 à 63 parlent de la bonté de Dieu qui soutient l’âme dans les temps de détresse.


Psaume 56 : La confiance du psalmiste en Dieu et en sa parole, face à une opposition quotidienne.

Psaume 57 : Dieu, le refuge de l’âme jusqu’à ce que les calamités soient passées.

Psaume 58 : Le Résidu s’attend à Dieu pour qu’il établisse son gouvernement sur la terre par le jugement des méchants.

Psaume 59 : Le Résidu s’attend à Dieu pour qu’il juge les nations qui ont opprimé son peuple sans cause, afin qu’on sache que Dieu domine en Jacob jusqu’aux bouts de la terre.

Psaume 60 : Bien qu’il soit sous le châtiment de Dieu à cause de ses iniquités, le résidu des Juifs s’attend à lui comme son unique espérance. Dieu seul peut ramener son peuple et réparer les brèches.

Psaume 61 : La confiance d’une âme accablée qui crie à Dieu du bout de la terre.

Psaume 62 : La confiance d’une âme paisible qui compte sur Dieu seul en tout temps.

Psaume 63 : La confiance d’une âme assoiffée qui se réjouit en Dieu dans une terre aride et altérée.


3.2.6 - Section 6 : Psaumes 64 à 68

Dieu manifesté à toute la terre par ses jugements.


Psaume 64 : Le juste jugement qui tombera sur les méchants, amenant le monde à craindre Dieu, et les justes à se réjouir.

Psaume 65 : Le jugement étant tombé sur les méchants, Sion devient le centre de la louange et de la prière pour toute la terre.

Psaume 66 : Dieu manifesté à toute la terre par les jugements terribles exécutés sur ses ennemis.

Psaume 67 : Dieu manifesté à toute la terre par ses voies gouvernementales envers Israël.

Psaume 68 : Dieu manifesté à toute la terre par le déploiement de sa bonté tout au long de l’histoire d’Israël.


3.2.7 - Section 7 : Psaumes 69 à 72

Les souffrances de Christ de la part des hommes, et la réponse à ces souffrances de la part de Dieu.


Psaume 69 : Les souffrances de Christ de la part des hommes.

Psaume 70 : Les désirs de Christ lorsqu’il souffrait de la part des hommes.

Psaume 71 : Le rétablissement d’Israël en réponse aux désirs de Christ.

Psaume 72 : Les gloires du règne de Christ ; la réponse à ses souffrances infligées par les hommes.


3.3 - Résumé des psaumes individuels du Livre TROISIÈME

3.3.1 - Section 1 : Psaumes 73 à 83

Psaume 73 : La bonté de Dieu envers Israël, bien que pour un temps, dans les saintes voies de Dieu, son peuple doive souffrir alors que le méchant prospère.

Psaume 74 : Un appel à Dieu, afin qu’il intervienne en jugement contre les méchants, en faveur de son peuple et pour sa propre gloire.

Psaume 75 : L’annonce que le moment fixé par Dieu pour son intervention en jugement est proche. C’est la réponse à l’appel des fidèles du psaume 74 qui demandent : « Jusques à quand » (v. 9, 10).

Psaume 76 : L’anticipation du jugement des nations et la célébration de ses résultats.

Psaume 77 : Confiance en Dieu au jour de la détresse.

Psaume 78 : La voie de Dieu au milieu des manquements d’Israël, pour sa gloire et la bénédiction de son peuple.

Psaume 79 : La confession, par l’homme pieux, du péché et de la misère totale du peuple de Dieu. Un appel à Dieu pour qu’il agisse en faveur des siens, selon ses tendres compassions et pour la gloire de son grand nom.

Psaume 80 : Un triple appel à Dieu afin qu’il restaure les siens et qu’il les délivre de leurs ennemis (v. 3, 7, 19).

Psaume 81 : Israël restauré, introduit dans la lumière de la faveur de Dieu, discerne la voie que l’Éternel a suivie pour amener les siens dans la bénédiction.

Psaume 82 : La condamnation des conducteurs injustes du peuple de Dieu — de ceux qui ont été établis dans une place d’autorité pour représenter Dieu.

Psaume 83 : Le jugement des nations assemblées contre Dieu et contre son peuple Israël.


3.3.2 - Section 2 : Psaumes 84 à 87

Les voies de l’Éternel pour délivrer son peuple de la captivité et l’établir en Sion, par Christ, son Oint.


Psaume 84 : Le chemin de souffrances qui conduit à Sion, caractérisé par la grâce et aboutissant dans la gloire, assuré par Christ, l’Oint de Dieu

Psaume 85 : La bénédiction d’Israël restauré, lorsque la bonté et la vérité se sont rencontrées, et que la justice et la paix se sont embrassées.

Psaume 86 : Le serviteur qui attend d’être instruit dans la voie de l’Éternel et sauvé de tous ses ennemis.

Psaume 87 : La gloire de Sion — la cité de Dieu.


3.3.3 - Section 3 : Psaumes 88 et 89

Les manquements de l’homme et la fidélité de Dieu. Placé sous le jugement de Dieu à cause de ses péchés, Israël est sauvé du jugement et introduit dans la bénédiction par la bonté et la fidélité de Dieu.


Psaume 88 : Les manquements du peuple et la colère de Dieu contre le péché.

Psaume 89 : La fidélité de Dieu et sa bonté envers son peuple.


3.4 - Résumé des psaumes individuels du Livre QUATRIÈME

3.4.1 - Section 1 : Psaumes 90 à 92

La bénédiction pour l’homme mortel par Christ, l’homme parfait.


Psaume 90 : Le Dieu éternel, en contraste avec l’homme mortel, demeure et ressource de son peuple dans toutes les générations.

Psaume 91 : Christ, l’homme dépendant, venant dans les circonstances de l’homme mortel, et habitant dans la demeure secrète du Très-Haut.

Psaume 92 : Christ, entrant dans les circonstances de l’homme mortel, introduit le repos millénaire.


3.4.2 - Section 2 : Psaumes 93 à 100

La deuxième section du quatrième livre des psaumes présente le règne millénaire de Christ. Ce règne implique le jugement de ses ennemis, la restauration de la nation d’Israël, la bénédiction de la terre tout entière et la gloire de l’Éternel.


Psaume 93 : Le règne de l’Éternel et le caractère de son trône.

Psaume 94 : L’intercession des fidèles, précédant la venue du Roi.

Psaume 95 : La nation d’Israël appelée à se tourner vers l’Éternel, comme le Roi qui est au-dessus de tous.

Psaume 96 : Les Gentils appelés à se tourner vers l’Éternel, comme Celui qui vient pour régner en justice sur toute la terre.

Psaume 97 : Le règne de l’Éternel, caractérisé par le jugement des méchants, la bénédiction du peuple de Dieu et la gloire de l’Éternel.

Psaume 98 : L’intervention de l’Éternel en faveur de son peuple suscite un cantique nouveau, et devient un témoignage à tous les bouts de la terre.

Psaume 99 : Le Roi régnant, assis entre les chérubins. La réponse à l’appel du résidu fidèle.

Psaume 100 : L’Éternel régnant dans ses parvis devient le centre de rassemblement de toute la terre.


3.4.3 - Section 3 : Psaumes 101 et 102

Les principes qui gouvernent le royaume de Christ, et la voie suivie par Christ pour établir son royaume.


Psaume 101 : Christ comme Roi présentant les principes de son royaume.

Psaume 102 : Christ établissant son royaume, en s’identifiant comme homme avec les fidèles et comme Dieu avec l’Éternel.


3.4.4 - Section 4 : Psaumes 103 et 104

La louange millénaire d’Israël restauré.


Psaume 103 : La louange millénaire d’Israël à l’Éternel comme Rédempteur.

Psaume 104 : La louange millénaire d’Israël à l’Éternel comme Créateur.


3.4.5 - Section 5 : Psaumes 105 et 106

La fidélité de l’Éternel envers son peuple.


Psaume 105 : La fidélité de l’Éternel à son alliance, présentée dans ses soins pour son peuple et l’accomplissement de sa promesse.

Psaume 106 : La fidélité de l’Éternel envers son peuple malgré l’infidélité des siens.


3.5 - Résumé des psaumes individuels du Livre CINQUIÈME

3.5.1 - Section 1 : Psaumes 107 à 110

Les voies de Dieu à l’égard des hommes en vue de son propos pour la gloire de Christ et la bénédiction de son peuple.


Psaume 107 : Les voies de Dieu envers Israël et l’humanité, proclamant la bonté de l’Éternel.

Psaume 108 : Le propos de Dieu pour Israël, propos auquel tendent toutes ses voies.

Psaume 109 : Les voies de Dieu envers Christ dans l’humiliation.

Psaume 110 : Le propos de Dieu pour Christ dans la gloire.


3.5.2 - Section 2 : Psaumes 111 à 113

L’Éternel célébré pour ses œuvres magnifiques, pour la bénédiction dispensée à son peuple et pour la gloire de son nom.


Psaume 111 : L’Éternel célébré au milieu de l’assemblée pour ses œuvres magnifiques.

Psaume 112 : L’Éternel célébré pour les bénédictions dispensées à l’homme qui le craint.

Psaume 113 : L’Éternel célébré pour la grandeur de son nom.


3.5.3 - Section 3 : Psaumes 114 à 118

La présence de l’Éternel au milieu d’Israël restauré, apportant aux fidèles la délivrance de tous leurs ennemis et assurant à toujours, pour lui, la louange universelle.


Psaume 114 : La présence de l’Éternel au milieu de son peuple, protégeant les fidèles de leurs ennemis et assurant leur bénédiction.

Psaume 115 : Toute la gloire attribuée à l’Éternel pour les bénédictions que sa présence assure à son peuple, que ce soit dans le passé ou dans l’avenir.

Psaume 116 : La réponse du peuple à la bonté de Dieu en délivrance.

Psaume 117 : Israël restauré appelle les nations à louer l’Éternel.

Psaume 118 : Israël restauré reconnaît que ses épreuves sont la conséquence du rejet de Christ par la nation, et que son rétablissement devait être précédé par la confession de Christ. Après leur restauration, les fidèles sont invités à célébrer l’Éternel pour sa bonté qui demeure à toujours.


3.5.4 - Section 4 : Psaume 119

La parole de Dieu écrite dans le cœur et exprimée dans la vie d’un homme qui craint Dieu.

Divisions du Psaume 119

1. La bénédiction de l’homme intègre dans le chemin.

2. Le désir de l’homme pieux de jouir de la bénédiction de celui qui est intègre.

3. Le serviteur de l’Éternel, un étranger dans le monde.

4. L’Éternel, la seule ressource dans les temps de détresse.

5. Demande d’être enseigné de Dieu et d’avoir l’intelligence ouverte.

6. Demande d’être délivré par l’Éternel, pour réduire au silence les méchants.

7. Confiance dans la parole de l’Éternel, malgré la moquerie du monde.

8. Bénédiction résultant du fait d’avoir l’Éternel pour la portion de son âme.

9. Bénédiction résultant du châtiment de l’Éternel.

10. Dieu reconnu comme créateur et justifié dans ses voies.

11. Exercices de celui dont la prière n’est pas exaucée pour un temps.

12. La fidélité constante de Dieu à sa Parole immuable.

13. L’effet de la Parole quand elle est aimée pour elle-même.

14. L’effet de la Parole dans le chemin du croyant.

15. Dieu et sa Parole, la ressource de celui qui refuse les vaines pensées de l’homme.

16. Dieu et sa Parole, la ressource du croyant dans un monde mûr pour le jugement.

17. L’effet de la parole de Dieu comme lumière dans l’âme.

8. Le maintien des droits de Dieu dans un monde mauvais.

19. Dépendance totale de l’Éternel en présence des adversaires.

20. Fidélité dans la persécution, haine du mal et amour de la vérité.

21. Les bénédictions de celui qui est conduit par l’autorité suprême de la Parole.

22. Louange à Dieu et témoignage à l’homme de la part d’une âme restaurée.


3.5.5 - Section 5 : Psaumes 120 à 134

Les expériences des fidèles en Israël au dernier jour, lors de la délivrance finale de la captivité et la restauration de leur pays.

Les quinze psaumes qui constituent cette série portent tous la mention « Cantique des degrés ». En Esdras 7:7, le mot hébreu pour « degrés » est traduit par « monter » (plus exactement, « montant ») ; il est employé dans ce verset pour décrire le trajet (la montée) effectué de Babylone à Jérusalem par un résidu juif de la captivité.

L’objet premier de ces psaumes semblerait être la présentation prophétique des exercices du résidu pieux d’Israël, lors de la délivrance future des fidèles d’entre les mains de leurs ennemis, et de la restauration de leur pays, de leur ville et de leur temple. Le retour partiel sous Esdras et Néhémie a peut-être été une anticipation momentanée de ce rétablissement final, mais il ne représente en aucun cas l’accomplissement des prédictions de ces psaumes. (Voir Ps. 125:2, 5 ; 128:5, 6 ; 132:13-18 ; 133 ; 134)

Le psaume 126:1 établit clairement que le grand sujet est la libération d’Israël de sa longue captivité. D’autres passages montreront que la délivrance des fidèles a pour objet le retour à la maison de l’Éternel à Jérusalem (Ps. 122:1, 2 ; 127:1 ; 132:5-7 ; 134:1, 2). L’emploi fréquent du nom « Israël » indique que ces psaumes ont en vue non seulement la restauration des deux tribus, mais le rétablissement et la réunion de la nation entière.


Psaume 120 : Le résidu pieux d’Israël trouve sa ressource en l’Éternel, au milieu des détresses de la captivité.

Psaume 121 : Les fidèles assurés du soutien de l’Éternel quand ils quitteront le pays de la captivité pour monter à la maison de l’Éternel.

Psaume 122 : La joie des fidèles en montant à la maison de l’Éternel.

Psaume 123 : Les exercices des fidèles en présence des insultes et du mépris des orgueilleux.

Psaume 124 : Les fidèles célèbrent l’Éternel qui les a délivrés de la captivité.

Psaume 125 : Les fidèles font l’expérience de la fidélité de l’Éternel lorsqu’ils sortent de la captivité.

Psaume 126 : Les rachetés de l’Éternel retournent à Sion avec des chants et une joie éternelle.

Psaume 127 : L’Éternel, le bâtisseur de la maison et le gardien de la ville.

Psaume 128 : Les fidèles anticipent la bénédiction millénaire de ceux qui craignent l’Éternel.

Psaume 129 : Les fidèles reconnaissent la justice de l’Éternel dans ses voies envers Israël et les ennemis du peuple.

Psaume 130 : Les fidèles expriment l’angoisse de leur âme à cause des péchés d’Israël.

Psaume 131 : Les fidèles manifestent un esprit de soumission à la suite de la confession de leur péché.

Psaume 132 : Un appel à l’Éternel pour qu’il se souvienne des afflictions de David et de la promesse de l’Éternel.

Psaume 133 : La bénédiction d’Israël restauré et réuni.

Psaume 134 : Les fidèles en Israël, parvenus au terme de leur pèlerinage, célèbrent l’Éternel dans son lieu saint, et sont bénis par l’Éternel de Sion.


3.5.6 - Section 6 : Psaumes 135 et 136

Les louanges rendues à l’Éternel dans un jour à venir par Israël restauré, résultat des expériences faites par les fidèles. Celles-ci sont décrites dans les Cantiques des degrés.


Psaume 135 : Appels à Israël pour célébrer l’Éternel.

Psaume 136 : La réponse d’Israël aux appels à la louange.


3.5.7 - Section 7 : Psaumes 137 à 145

Les expériences et les exercices du résidu pieux d’Israël au cours des derniers jours. Ces épreuves feront passer les fidèles des pleurs durant la captivité aux chants « pour toujours et à perpétuité » dans le royaume de l’Éternel.


Psaume 137 : Les captifs de l’Éternel ne peuvent que pleurer, leurs affections étant attachées à Sion, à ses cantiques et à sa joie.

Psaume 138 : L’Éternel célébré pour avoir répondu au cri des fidèles au milieu de la détresse.

Psaume 139 : L’homme pieux désire être sondé et délivré de toute voie de chagrin, pour être conduit dans la voie éternelle.

Psaume 140 : L’homme pieux trouve en l’Éternel sa ressource toute-suffisante face aux ennemis de l’extérieur.

Psaume 141 : L’homme pieux désire que ses prières soient agréables à Dieu et rapidement exaucées.

Psaume 142 : L’homme pieux s’attend à l’Éternel, son refuge lorsque tous les autres refuges font défaut.

Psaume 143 : L’homme pieux, dans une profonde détresse d’âme, fait appel à la justice de l’Éternel, demandant qu’elle agisse en sa faveur.

Psaume 144 : L’homme pieux trouve sa ressource dans la grandeur de l’Éternel, en contraste avec la fragilité de l’homme qui s’oppose à lui.

Psaume 145 : L’homme pieux célèbre la puissance, la grâce et la gloire du royaume de l’Éternel.


3.5.8 - Section 8 : Psaumes 146 à 150

L’Éternel, habitant au milieu de son peuple terrestre, unit les louanges des cieux et de la terre.


Psaume 146 : Israël restauré, délivré de tous ses ennemis, reconnaît la folie de se confier en l’homme, et la bénédiction d’avoir l’Éternel pour son secours et son espérance.

Psaume 147 : Israël, réuni, appelé à célébrer l’Éternel pour sa grâce qui restaure, sa bonté providentielle et ses soins.

Psaume 148 : Les cieux et la terre appelés à célébrer l’Éternel, le Créateur.

Psaume 149 : Israël restauré appelé à célébrer l’Éternel, son Roi, en tant que participant à sa gloire et à son gouvernement.

Psaume 150 : Les cieux et la terre appelés à s’unir dans la louange de l’Éternel.


4 - COMMENTAIRES

4.1 - Commentaire sur les Psaumes du Livre premier

4.1.1 - Psaume 1

L’homme pieux au milieu d’un monde impie, attendant que Dieu s’occupe dans son gouvernement des méchants et introduise les justes dans la bénédiction.


Le caractère moral de l’homme qui héritera de la bénédiction terrestre par le gouvernement de Dieu.

Ce psaume présente des principes applicables en tout temps à ceux qui craignent Dieu pendant la période du rejet de Christ. Dans un sens littéral, il se rapporte au résidu juif pieux qui se trouve au milieu de la nation en révolte ouverte contre Dieu et contre son Oint. Il présente les traits moraux de ce résidu pieux et les voies gouvernementales de Dieu selon lesquelles les méchants seront jugés et les fidèles établis et bénis sur la terre. Ce caractère moral a été manifesté dans toute sa perfection en Christ lui-même, qui s’est identifié avec le résidu fidèle des Juifs. Aussi, ce psaume ne se réfère pas à Christ en tant que personne, mais il le présente moralement.

V. 1 — Les méchants sont montrés comme allant toujours plus loin dans le mal. Ils ont leur conseil ; ils ont leur chemin pour exécuter leurs plans ; enfin ils ont leur siège et sont satisfaits là où s’exerce la puissance, au mépris de l’autorité de Dieu. C’est dans de telles circonstances que sont décrites la vie extérieure de l’homme pieux, sa vie intérieure et sa prospérité. Sa vie extérieure est caractérisée par une séparation complète d’avec le monde qui l’entoure. Il ne participe ni au conseil, ni aux voies, ni aux satisfactions des hommes impies.

V. 2 — La séparation n’est toutefois pas simplement extérieure et formelle ; elle va de pair avec une vie intérieure de consécration à Dieu. Le plaisir de l’homme pieux est dans la loi de l’Éternel ; et la Parole dans laquelle il trouve son plaisir devient le sujet de sa méditation jour et nuit.

V. 3 — De plus, sa vie dépend entièrement des ressources infaillibles qui sont en Dieu, comme l’arbre qui croît près des ruisseaux d’eaux. Et cette séparation du mal, cette consécration à Dieu, cette dépendance se manifestent dans une vie qui porte du fruit. Le résultat de cette vie est symbolisé par un fruit qui est agréable aux yeux de Dieu. Puis, devant les hommes, la profession de piété du croyant, représentée par la « feuille », n’est souillée ou ternie par aucune inconséquence. Enfin il est béni dans tout ce qu’il fait.

V. 4, 5 — II n’en est pas ainsi des méchants. Ils peuvent paraître établis là où s’exerce l’autorité, ils peuvent sembler assis et satisfaits. Mais, dans le gouvernement de Dieu, ils seront chassés comme la balle devant le vent. Pour le présent, il se peut que les méchants prospèrent et que les fidèles souffrent ; le gouvernement de Dieu semble ainsi n’avoir pas eu d’effet. Cela met en évidence le principe important que pour la pleine manifestation du saint gouvernement de Dieu, soit pour la bénédiction des fidèles, soit pour la condamnation des méchants, nous devons attendre l’intervention de Dieu en jugement dans le jour à venir. On verra alors que les méchants ne subsisteront pas dans le jugement, mais que les fidèles seront établis, manifestés et bénis dans l’assemblée des justes.

V. 6 — En attendant, l’âme pieuse est réconfortée par l’approbation secrète de l’Éternel. Car l’Éternel connaît la voie des justes, et ce que l’Éternel approuve subsistera, tandis que tout le reste périra.


4.1.2 - Psaume 2

Les conseils de Dieu à l’égard du Messie, rejeté des hommes, mais choisi de Dieu pour exécuter son gouvernement par lequel les méchants seront jugés et les croyants introduits dans la bénédiction.


Les conseils de Dieu à l’égard du Messie, rendus publics par décret et accomplis en puissance, malgré les conseils des hommes. « La vanité de la résistance contre lui et la bénédiction de la confiance en lui. »

V. 1-3 — Les premiers versets présentent un monde en révolte contre l’autorité de Dieu. Les nations sont décrites, essayant en vain, dans un état d’agitation tumultueuse contre Dieu et contre Christ, de se débarrasser de l’autorité divine et de ses contraintes. Elles disent : « Rompons leurs liens et jetons loin de nous leurs cordes ! » Les hommes cherchent à bannir tout ce qui pourrait faire reconnaître Dieu publiquement, afin de pouvoir se livrer à leurs convoitises qui — leur conscience le leur dit — ne supporteraient pas la lumière de Dieu Dans le chapitre 4 des Actes (v. 26, 27), l’Esprit de Dieu applique ce passage au rejet de Christ par « les nations et les peuples d’Israël ». Cette alliance contre Dieu et contre Christ s’est formée à la croix ; elle demeure le principe qui gouverne le monde ; elle aura son plein développement et rencontrera son juste jugement après l’enlèvement de l’Église dans les cieux.

V. 4-6 — D’un monde en révolte, nous passons dans l’atmosphère sereine du ciel, pour y apprendre les pensées de Dieu à l’égard des vains efforts de l’homme. Les grands de la terre — ses chefs politiques, ses scientifiques, ses philosophes — peuvent s’allier pour s’opposer à ce qui ferait connaître Dieu, mais le Christ de Dieu, indifférent à tous leurs efforts, « habite dans les cieux » et se rit de la rébellion de l’homme. Les hommes s’agitent sur la terre ; Dieu se rit d’eux dans les cieux. Des notions humaines sont employées ici pour exprimer le mépris des cieux pour la folie de l’homme.

Non seulement Dieu se moque de ces efforts des hommes, mais le moment vient où il « leur parlera dans sa colère ». Pendant de longs siècles, Dieu a parlé en grâce, et a gardé le silence en présence de la rébellion de l’homme contre son autorité. Pourtant il n’est pas resté indifférent à « toutes les paroles dures que les pécheurs impies ont proférées contre lui ». Le silence de Dieu va être rompu, et lorsque Dieu parlera, ce sera dans sa colère : alors « dans sa fureur, il les épouvantera ».

Enfin les conseils de Dieu à l’égard de Celui que l’homme a rejeté s’accompliront certainement. Malgré tout ce que les hommes disent ou font, Dieu a établi son Roi sur la sainte montagne de Sion. Les conseils de Dieu sont si fermes qu’il peut en parler comme s’ils étaient déjà accomplis : « Et moi, j’ai oint mon roi sur Sion, la montagne de ma sainteté ». La puissance divine accomplit les conseils divins. Les hommes rebelles seront jugés et l’Oint de Dieu régnera.

V. 7-9 — Dans ces versets, il nous est accordé d’entendre le Roi raconter le décret de Dieu le concernant. Ce décret parle de la gloire de sa personne, de l’étendue de son héritage et de la grandeur de sa puissance. Il est Celui qui est né dans le temps — « aujourd’hui » — et comme tel, il est reconnu par l’Éternel comme Fils de Dieu. Ici il ne s’agit pas du Fils éternel, mais plutôt de sa relation avec Dieu en tant qu’Homme engendré dans le temps. Les hommes demandent : « Celui-ci n’est-il pas le charpentier, le fils de Marie… ? » Dieu dit : « La sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu ».

Après la gloire de la Personne, le décret évoque la grandeur du Royaume. Les hommes rejettent les droits de Christ afin de réclamer l’héritage pour eux (Marc 12:7). Ils font comme si la terre était à leur disposition. Dans leur vanité, ils ignorent et Dieu et le diable. Ils oublient que si, pour un temps, le diable peut donner les royaumes de la terre habitée à qui il veut (Luc 4:5, 6), Dieu a réservé à sa propre autorité le droit de disposer de manière définitive de ce monde ; Christ n’a qu’à demander pour que Dieu lui donne les nations pour héritage, et, pour sa possession, les bouts de la terre.

Enfin le décret nous avertit de la puissance irrésistible par laquelle Christ extirpera de son royaume tout scandale. Les royaumes des hommes seront brisés, ils seront mis en pièces comme un vase de potier, sans qu’il ne reste aucune possibilité de reconstruction.

V. 10-12 — Suite aux avertissements contenus dans le décret, un appel est adressé aux grands de la terre. Avant que Christ vienne pour régner en justice, les nations sont invitées à se soumettre à lui, et à se réconcilier avec le Fils, de peur qu’elles ne périssent quand sa colère s’embrasera tant soit peu. Le jugement va s’abattre sur les nations, mais au milieu de celles-ci, il y a des personnes qui mettront leur confiance en l’Éternel. Ce seront les bienheureux.

S’il est vrai que l’Esprit de Dieu applique les trois premiers versets au rejet de Christ par les hommes à la croix, le plein développement de ce rejet est encore futur. De même, lorsqu’il est dit que Celui qui habite dans les cieux se moquera des vains efforts des habitants de la terre pour rejeter les droits de Dieu, il ne s’agit pas de l’attitude actuelle de Dieu à l’égard du monde. Et l’appel à se soumettre au Roi n’est pas davantage l’évangile proclamé aujourd’hui. Ce psaume aura son plein accomplissement au jour où la vraie Église de Dieu aura été enlevée de la terre. Alors les nations s’uniront pour rejeter l’autorité de Dieu, et les cieux se moqueront de leurs efforts. Alors aussi l’évangile du royaume sera annoncé avant que le jugement frappe les nations. Ceux qui recevront cet évangile seront préservés pour la bénédiction millénaire (Apoc. 14:6, 7).


4.1.3 - Psaume 3

Confiance de l’âme face à ses ennemis, résultant de sa foi en Dieu, alors qu’extérieurement tout est contre elle.


La confiance en Dieu lorsqu’extérieurement tout est contre le fidèle ; lorsque l’ennemi est puissant et qu’apparemment il n’y a pas de secours en Dieu.

V. 1, 2 — Au psaume 2, le monde consulte « contre l’Éternel » ; dans ce psaume, l’homme pieux dit : « Combien… sont nombreux ceux qui s’élèvent contre moi ». Des ennemis de toutes parts, sans intervention publique de Dieu en faveur du fidèle : c’est l’occasion pour l’ennemi de déclarer : « Il n’y a point de salut pour lui en Dieu ».

V. 3 — Malgré les apparences extérieures, la foi voit en l’Éternel un bouclier pour le fidèle, sa gloire, Dieu en qui il se glorifie, et qui, au temps convenable, élèvera la tête de l’homme pieux, même si pour le moment l’ennemi paraît triompher (Ps. 27:5, 6 ; 110:7).

V. 4-6 — Avec cette foi toute simple, l’âme se confie en l’Éternel — elle crie à l’Éternel et elle est entendue. Le fidèle peut alors se coucher et dormir, bien que les circonstances n’aient pas changé. Plus encore, il se réveille et peut affronter sans crainte des myriades d’adversaires.

V. 7, 8 — Il s’attend à l’Éternel qui se lèvera et agira en sa faveur, anticipant le moment où tous ses ennemis seront frappés par le jugement, et où ceux qui appartiennent à l’Éternel jouiront de la bénédiction finale.

Les expériences par lesquelles l’âme passe, ainsi que les désirs exprimés, montrent clairement que, dans ce psaume, il s’agit avant tout d’un Juif pieux attendant la bénédiction terrestre et millénaire à laquelle il parviendra au travers du jugement des nations vivantes. Le chrétien, pour qui les bénédictions sont célestes, attend la bénédiction pleine et finale non pas par le jugement de ses ennemis, mais par la venue du Seigneur qui l’introduira dans le ciel.

Ce psaume renferme cependant des principes bien utiles pour le chrétien dans les difficultés qu’il rencontre en traversant un monde d’où Christ est absent.

Il y a des époques où nous nous trouvons confrontés à beaucoup d’épreuves, et non pas à une seule. Les perturbateurs et les troubles sont « multipliés ». Au milieu des difficultés, isolées ou nombreuses, le croyant peut trouver dans le Seigneur son « bouclier ». Cette pièce défensive de l’armure est placée entre un homme et son ennemi. Quelle bénédiction pour la foi de réaliser que Dieu se place entre nous et toutes nos difficultés ! Peu importe alors que le nombre de nos ennemis se monte à « des myriades ». S’il s’agit de nous et de l’ennemi, un seul adversaire est déjà trop fort pour nous ; s’il est question de Dieu et de l’ennemi, que nous ayons un homme contre nous ou des myriades, cela ne fait pas de différence.

Celui qui est notre bouclier contre l’ennemi devient notre ressource. Si nous y recourons — en rejetant nos soucis sur le Seigneur, notre cœur sera rempli de sa paix. La prière ne transforme pas nécessairement le cours de nos circonstances, mais elle peut avoir pour effet d’opérer un changement en nous. Au lieu d’être malheureux et troublés, nous sommes gardés dans la paix et soutenus dans l’épreuve (Phil. 4:6, 7). Les expériences du psalmiste illustrent cette situation d’une manière très belle. Au milieu de ses circonstances difficiles, il crie à l’Éternel, il a la conscience d’être entendu et alors, bien que ses épreuves soient toujours là, il est paisible : il dort et il est soutenu ; il se réveille pleinement conscient de l’épreuve, mais il peut y faire face sans crainte.


4.1.4 - Psaume 4

Confiance en présence des ennemis, comme conséquence de l’intégrité du croyant et de l’expérience de la grâce de Dieu.


Confiance en Dieu devant les ennemis ; elle découle de la conscience d’être intègre et de l’expérience de la grâce de Dieu dans les difficultés qui ont précédé.

V. 1 — Ce psaume commence par une prière qui exprime la confiance de l’âme en Dieu. Le psalmiste, réalisant une marche dans la séparation du mal environnant, peut s’adresser à Dieu comme à Celui qui connaît l’intégrité de sa conduite et qui, en même temps, est la source de sa justice. La confiance en Dieu découle de la connaissance de la grâce. Le psalmiste en a fait l’expérience lors d’épreuves passées. Il se souvient que les périodes de tension avaient été des occasions d’enrichissement pour son âme. Celle-ci est alors encouragée à s’attendre à la grâce de Dieu dans les moments difficiles.

V. 2-5 — Ayant été « mis au large » en Dieu, le psalmiste adresse aux hommes impies des appels et des avertissements. L’expression « fils d’hommes » désigne ceux qui ont une position élevée ; elle se réfère aux grands de la terre qui ont rejeté l’Oint de Dieu (Ps. 2:2). Le Roi était la gloire distinctive d’Israël. En le rejetant, les fils d’hommes avaient couvert de honte la gloire du résidu pieux. La nation avait alors été livrée à la vanité et au mensonge. Leurs conseils et leurs voies ne seraient que vaines tromperies. Le rejet de l’Oint de Dieu aboutira à l’énergie de mensonge sous l’homme de péché (2 Thess. 2).

Les fils d’hommes sont également avertis qu’en s’opposant aux fidèles, ils se dressent contre ceux que l’Éternel a mis à part pour lui-même et dont il entend les prières.

Enfin il est dit aux impies : « Agitez-vous, et ne péchez pas ». Qu’ils tremblent devant un Dieu saint et se détournent de leurs péchés. Qu’ils tirent profit de la solitude des veilles de la nuit pour se juger eux-mêmes. Et après s’être repentis de leur méchanceté, qu’ils offrent des sacrifices de justice et qu’ils se confient en l’Éternel.

V. 6-8 — Le psalmiste termine en épanchant son âme devant l’Éternel. En voyant le mal qui les entoure et la prospérité apparente des méchants, beaucoup seraient tentés de dire : « Qui nous fera voir du bien ? » Mais la foi discerne que la faveur de Dieu — la lumière de sa face — dont jouit un résidu souffrant, vaut infiniment mieux que la prospérité extérieure des méchants. La faveur de Dieu met la joie dans le cœur, une joie qui dépasse de loin la jouissance des bénédictions temporelles. Goûtant cette faveur, le fidèle peut se coucher et dormir en paix, en sécurité, sans être accablé d’anxiété par la méchanceté du monde. Comme dans le psaume précédent, le nombre des ennemis peut s’élever à des myriades, mais « toi seul, ô Éternel ! tu me fais habiter en sécurité ».

Prophétiquement, ce psaume a en vue les mêmes circonstances que celles qui sont décrites dans le psaume 2 — l’apostasie future contre Dieu et contre son Christ — et on retrouve les expériences de l’homme séparé du psaume 1 (comp. Ps. 1:1, 2 avec Ps. 4:3, 4). Pratiquement, les principes du psaume 4 sont valables pour le chrétien qui traverse un monde futile où le mal prend toujours plus d’ampleur parmi ceux qui professent le nom de Christ sur la terre. En voyant « les hommes méchants et les imposteurs » aller « de mal en pis », le croyant pourrait être tenté de dire : « Qui nous fera voir du bien ? » si sa confiance en Dieu n’était pas soutenue. Ce psaume présente d’une façon très belle la manière dont la confiance est préservée, et l’âme apprend alors qu’au milieu des manquements de tous côtés, Dieu s’est mis à part pour lui-même les fidèles ; il entend leur cri ; lui seul peut soutenir leur âme.

4.1.5 - Psaume 5

Confiance en Dieu, fondée sur la connaissance de son juste gouvernement et de son caractère immuable.


Un appel à Dieu, fondé sur la justice de son gouvernement et l’immutabilité de son caractère, pour que le jugement soit exécuté sur les méchants et pour permettre aux fidèles de jouir de leurs bénédictions.

V. 1-3 — Le psaume s’ouvre sur l’expression de la dépendance quotidienne de l’âme envers Dieu. « Le matin, je disposerai ma prière devant toi, et j’attendrai ». Le titre donné à l’Éternel, « mon Roi », implique la notion de gouvernement, tandis que l’expression, « mon Dieu » souligne son caractère divin.

V. 4-10 — La prière qui suit fait passer devant l’âme le caractère de Dieu (v. 4-6), les besoins du fidèle (v. 7, 8) et la méchanceté de l’impie (v. 9, 10).

Le psalmiste pense d’abord à Dieu, car sa prière est fondée sur le fait qu’il est un Dieu juste qui ne peut passer par-dessus le péché ; dans son gouvernement, il doit juger le méchant. Par son caractère même, Dieu ne peut prendre plaisir à la méchanceté ni admettre que le mal subsiste en sa présence ; aussi dans le gouvernement de Dieu, la créature qui fait le mal est nécessairement jugée et devient un objet d’abomination pour Dieu (v. 4-6).

Le psalmiste reconnaît que l’homme pieux ne peut entrer dans la maison de Dieu — dans la présence de Dieu — que sur le terrain de la bonté. Toutefois, face à ses ennemis, le fidèle s’attend à Dieu pour être conduit dans la justice, et demande que la voie de Dieu soit clairement tracée devant lui (v. 7, 8).

Les impies sont caractérisés par la corruption devant les hommes et la rébellion à l’égard de Dieu. La flatterie est sur leur langue, la rébellion dans leur cœur. L’homme pieux s’attend à Dieu qui exécutera le jugement sur eux (v. 9, 10).

V. 11, 12 — Le jugement des méchants sera suivi de la bénédiction de ceux qui se confient en Dieu. En attendant, la faveur de l’Éternel est un bouclier pour le juste.

Ce psaume met clairement en évidence le caractère distinct de la bénédiction terrestre du Juif pieux, en contraste avec les bénédictions célestes du chrétien. « La part du Juif étant sur la terre… il désire, pour son propre repos, la destruction de l’homme fourbe et violent. Différente est la part du chrétien : il laisse l’homme violent ici-bas et s’en va au ciel » (J.N.D.). D’où l’appel au jugement sur les ennemis que nous trouvons dans ces versets et dans beaucoup d’autres. Le chrétien est invité à prier pour ses ennemis. Ainsi ce psaume ne présente pas l’expérience chrétienne, bien que le caractère juste de Dieu et les principes de son gouvernement qui y sont exposés demeurent toujours vrais.


4.1.6 - Psaume 6

Les exercices d’une âme pieuse s’identifiant au châtiment qui s’est abattu sur le peuple de Dieu ; bien que, par son humiliation, elle montre sa séparation morale d’avec la nation.


V. 1 — Dans le psaume précédent, l’âme pieuse a compris que Dieu ne prenait pas plaisir à la méchanceté ; maintenant, elle reconnaît que la nation a encouru la « colère » et la « fureur » de l’Éternel. Tout en se soumettant aux répréhensions et aux châtiments de l’Éternel si justement mérités, elle cherche à détourner le courroux de l’Éternel et fait appel à sa faveur. Les versets qui suivent exposent les expériences de l’âme qui regagne la lumière de la faveur de Dieu.

V. 2, 3 — Après avoir reconnu que Dieu avait agi en justice en châtiant, l’âme fait appel à l’intervention de l’Éternel, d’abord en vertu de sa bonté et, secondement, parce qu’il ne peut pas être indifférent à la détresse des siens, et qu’il mettra un terme à cette détresse. Aussi, par la foi, le fidèle peut-il demander : « Et toi, Éternel ! jusques à quand ? »

V. 4, 5 — Avec une confiance croissante, l’âme s’attend à l’Éternel pour être restaurée dans la bénédiction, pour être délivrée de la mort et du shéol, et vivre sur la terre à la louange de l’Éternel.

V. 6, 7 — Bien que l’âme se soumette au châtiment de l’Éternel, elle constate que la nation dans son ensemble ne se repent pas, qu’elle lui est opposée et devient son ennemie. Se trouver seule au milieu d’une nation d’adversaires, comme Jérémie en son temps, est une cause d’angoisse profonde pour l’âme.

V. 8-10 — Au travers de ces exercices, l’âme parvient à connaître la faveur personnelle de l’Éternel. Le croyant réalise que l’Éternel n’est pas insensible à ses larmes ; Il a entendu ses supplications et a reçu sa prière. Mais le fidèle comprend que cela impliquera la honte et la défaite de ses ennemis.

Tout en présentant prophétiquement les expériences du Résidu au milieu de la nation juive coupable dans un jour à venir, les exercices de cette âme pieuse sont illustrés d’une manière très belle dans la scène où l’on voit les membres du Résidu se soumettre au baptême de Jean le Baptiseur. Là aussi, en s’identifiant avec le Résidu, le Seigneur reconnaissait que la nation était sous la répréhension et le châtiment de Dieu. Les cieux s’ouvrirent alors aussitôt, et la voix du Père proclama son plaisir infini dans le Seigneur. Le résidu repentant, identifié à Christ, jouit de la même faveur et échappe au courroux qui s’étend sur la nation.

Le principe consistant à reconnaître le châtiment du peuple de Dieu et à chercher un refuge dans la grâce divine s’applique à tous les temps de ruine ; néanmoins l’expérience décrite dans ce psaume est manifestement celle d’un saint terrestre. La bénédiction du chrétien est dans la résurrection, au-delà de la mort, dans la scène céleste. Quant à lui, le psalmiste attend une bénédiction terrestre sans passer par la mort.


4.1.7 - Psaume 7

La confiance de l’homme pieux qui remet son âme à Dieu lorsqu’il est persécuté à cause de la justice.


V. 1, 2 — La confiance de l’âme en Dieu quand elle est persécutée par un ennemi qui, aveuglé par la haine, agit comme un lion qui déchire et met en pièces, sans miséricorde ni raison.

V. 3-5 — L’expression de l’intégrité de l’âme et, plus encore, la conscience d’aller au-delà des exigences de la justice, en manifestant de la bonté à l’égard de ceux qui, sans cause, sont ses ennemis.

V. 6, 7 — Sachant que Dieu a commandé le jugement pour les méchants, l’âme s’adresse à Dieu ; elle fait valoir que le moment est venu pour lui de se lever contre les fureurs de ses ennemis et d’intervenir en faveur de son peuple persécuté. L’Éternel habitera alors au milieu d’une assemblée de peuplades qui le louera.

V. 8, 9 — Le jugement du mal marquera l’établissement du règne de justice au milieu d’un peuple juste, non pas seulement extérieurement, mais moralement en accord avec le Dieu juste qui sonde « les cœurs et les reins ». L’âme languit après le moment où le règne des méchants prendra fin et où celui du juste pourra être établi.

V. 10-16 — Dans l’attente de l’intervention divine, au milieu du mal croissant, l’âme pieuse est soutenue par la connaissance du caractère de Dieu et de ses voies gouvernementales. Dieu délivre ceux qui sont droits de cœur ; Dieu est un juste juge ; loin d’être indifférent au mal, il est un Dieu qui s’irrite tout le jour contre le méchant. Dieu donne du temps au méchant pour qu’il se repente, mais s’il « ne se retourne pas », l’épée du jugement est prête à s’abattre sur celui qui est en travail pour l’iniquité, qui conçoit le trouble et qui profère le mensonge. Selon le gouvernement de Dieu, le fauteur de trouble tombera dans la fosse qu’il a creusée pour d’autres.

V. 17 — L’intervention de Dieu en jugement sur le méchant transformera la prière de l’homme pieux en louange.

Nous avons vu, au psaume 6, que le châtiment de Dieu était reconnu ; en conséquence, le croyant faisait appel à la grâce de Dieu. Dans le psaume 7, nous avons la souffrance endurée pour le bien, aussi est-ce la justice de Dieu qui est invoquée. Prophétiquement ces versets présentent l’expérience du Juif pieux persécuté par l’Antichrist (voir en particulier les versets 14 à 16). Christ seul, en perfection, a souffert pour avoir fait le bien : « Lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude ; qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pierre 2:22, 23). Le chrétien est appelé à souffrir en faisant le bien, et à jouir ainsi de la sympathie de Christ. Le résidu juif fera de même dans un jour à venir. Dans des circonstances semblables, le chrétien peut aussi faire sienne la confiance exprimée dans ce psaume, sans toutefois reprendre l’appel au jugement sur ses ennemis (1 Pierre 4:19).


4.1.8 - Psaume 8

Le psalmiste, représentant le résidu pieux en Israël, célèbre par anticipation la domination universelle que Dieu a en vue dans ses conseils. Elle sera donnée à Celui qu’Israël a rejeté comme Roi.


Le psaume 2 place devant nous le rejet du Roi, de l’Oint de Dieu. Bien qu’il soit rejeté, il ne perdra aucune de ses gloires royales. Au moment choisi par Dieu, il sera établi Roi en Sion. Mais le psaume 8 nous dit que Dieu a en réserve des gloires encore plus étendues pour son Oint ; et que le rejet par Israël de Christ comme Roi est l’occasion de nous dévoiler ces gloires plus grandes. Il sera non seulement Roi en Sion, mais sa domination s’étendra à « toute la terre » : sa gloire dépassera l’ensemble des gloires terrestres. Elle sera établie au-dessus des cieux.

V. 1, 2 — Le Résidu anticipe la louange qui sera adressée à son Roi, l’Oint, quand il entrera dans sa gloire plus étendue de Fils de l’homme. La louange commence par la bouche du résidu méprisé, figuré par les petits enfants et ceux qui tètent. Dieu se sert de la louange des faibles et des méprisés pour réduire au silence toute opposition à Christ, qu’elle vienne des adversaires dans le pays, des ennemis de l’extérieur ou de la méchanceté de Satan, le vengeur.

V. 3-9 — Le reste du psaume révèle et exalte les gloires de Celui qui régnera sur toute la terre comme Fils de l’homme.

Sa gloire est mise en évidence par le contraste établi entre le Fils de l’homme et l’homme mortel. Comparé au vaste univers stellaire, l’homme (littéralement, le « faible », le « mortel ») est très insignifiant. Mais cette même création, comparée avec Christ — le Fils de l’homme — devient très petite, car il est établi sur toutes les œuvres des mains de Dieu et toutes choses lui sont assujetties. Il n’en sera pas du Fils de l’homme comme des autres rois qui peuvent être élevés dans une place d’autorité, mais dont les sujets, continuellement en rébellion, doivent apprendre la soumission. Le Fils de l’homme ne dominera pas seulement sur tout, mais toutes choses lui seront soumises.

Comparé aux anges, le Fils de l’homme a également une gloire insurpassable. Certes, à cause de la passion de la mort, il a été fait un peu moindre que les anges, mais il est couronné de gloire et d’honneur, infiniment au-dessus d’eux. Ainsi, d’autres noms peuvent être oubliés, mais le sien est magnifique par toute la terre !


4.1.9 - Psaume 9

Une prophétie évoquant les effets de la venue de Christ pour revendiquer ses droits, exécuter le jugement sur les méchants, délivrer son peuple et établir son règne en justice sur la terre.


Les huit premiers psaumes placent devant nous les principes du gouvernement de Dieu (Ps. 1) ; les conseils de Dieu quant à son Oint, le Messie (Ps. 2) ; un monde qui a rejeté l’Oint de Dieu et ignore son gouvernement, avec les exercices qui en découlent pour l’homme pieux (Ps. 3 à 7), jusqu’au jour de la gloire de Christ comme Fils de l’homme (Ps. 8).

Les principes du gouvernement de Dieu étant établis, il nous est accordé de voir dans les psaumes 9 et 10 les circonstances dans lesquelles le résidu pieux se trouvera, sous l’oppression de l’Antichrist et des nations impies, juste avant la venue de Christ pour régner.

V. 1, 2 — Le Juif pieux, anticipant le moment où il sera délivré de tous ses ennemis par la venue en gloire de l’Éternel, raconte les œuvres merveilleuses de l’Éternel et le célèbre comme le Très-Haut.

V. 3 — Les bénédictions de ce psaume sont introduites par la présence de l’Éternel et par l’éclat de sa venue en gloire. Au jour de son humiliation, ses ennemis « sont retournés en arrière, ils ont bronché » devant lui ; au jour de sa gloire à venir, non seulement ils broncheront devant lui, mais ils tomberont et périront.

Tout ce qui suit résulte de la présence de Christ. Les mots « Ta présence » forment la clé de ce psaume.

V. 4 — Le premier effet de la présence de l’Éternel sera de justifier les fidèles et de maintenir leur cause. La progression et le triomphe temporaires du mal, à la croix, pendant l’absence de Christ, ou au degré suprême pendant les derniers jours, pourraient donner l’impression que Dieu est soit indifférent au mal, soit impuissant pour l’arrêter. La présence de Christ en gloire, et la destruction de ses ennemis qui en est la conséquence, montreront que Dieu n’est pas resté insensible à la manière dont les hommes ont traité Christ et les siens. En disant : « Tu as maintenu mon droit et ma cause », le Résidu n’exprime pas seulement ce qui le concerne personnellement, mais aussi ce qui se rapporte à Christ.

V. 5, 6 — La présence de Christ aura d’autres effets ; les nations seront tancées et l’Antichrist sera détruit. Le mot « méchant », dans le verset 5, puis au verset 16, est au singulier ; il s’applique à l’Antichrist, l’ennemi dont l’anéantissement sera pour toujours et à perpétuité.

V. 7-10 — Une fois l’Antichrist détruit et sa domination passée, le règne de Christ sera établi. Il sera caractérisé par la justice à l’égard du monde entier. Les opprimés trouveront une haute retraite en Christ. Ceux qui se confieront en l’Éternel et qui le chercheront feront l’expérience qu’ils ne sont pas abandonnés.

V. 11 — De plus, la venue de Christ produira la louange à l’Éternel établi en Sion, et un témoignage à l’Éternel parmi les peuples.

V. 12-14 — Cette louange et ce témoignage seront rendus par le résidu persécuté et affligé envers lequel l’Éternel usera de grâce. Il fera remonter les Juifs pieux des portes de la mort, afin qu’ils racontent toutes les louanges de Dieu dans les portes de Sion.

V. 15-17 — En contraste avec les fidèles qui sont élevés pour la bénédiction, les nations s’enfoncent dans la fosse qu’elles ont faite. Leur rébellion contre Christ a scellé leur destin, et le jugement leur fait connaître le Dieu avec qui elles ont refusé d’être réconciliées. L’Antichrist (le « méchant » du verset 16) et les nations qui le suivent (les « méchants » du verset 17) sont repoussés jusque dans le shéol, avec toutes les nations (celles situées en dehors de la sphère de l’Antichrist) qui oublient Dieu.

V. 18 — Les nations peuvent oublier Dieu, mais Dieu n’oublie pas les pauvres ni les affligés parmi elles ; leur délivrance sera opérée parallèlement à la destruction des méchants.

V. 19, 20 — En vue de la délivrance des fidèles, un cri monte pour demander à l’Éternel de se lever et d’intervenir en jugement.


4.1.10 - Psaume 10

L’expression de la confiance en Dieu du résidu juif aux jours de sa détresse la plus profonde, sous le règne de l’Antichrist.


Prophétiquement, ce psaume présente la position du Juif pieux dans le pays d’Israël, au milieu de la nation apostate, sous la domination de l’Antichrist à la fin des temps.

V. 1 — La détresse du Résidu est due non seulement à la méchanceté de l’Antichrist qui atteint son point culminant, mais également au fait que, dans cette situation, l’Antichrist semble prospérer extrêmement, alors que les fidèles passent par la souffrance. En outre, Dieu cache apparemment sa face, comme s’il était indifférent aussi bien à la prospérité du méchant qu’aux souffrances du fidèle.

V. 2-11 — Description du méchant, de sa méchanceté et de sa prospérité. Dans tout ce passage, le mot « méchant » est au singulier. Cela semble indiquer que la description donnée est caractéristique des hommes méchants, bien qu’elle ait sa pleine expression dans un homme : l’Antichrist. Ainsi ce passage présente le caractère de l’Antichrist, sans donner toutefois une prophétie distincte à son sujet.

1. Son attitude envers les hommes. Le méchant persécute l’homme pauvre qui craint Dieu. Il bénit l’avare et méprise l’Éternel (v. 2, 3).

2. Son attitude à l’égard de Dieu. Il ne craint pas Dieu. Dieu n’a pas de place dans ses pensées (v. 4).

3. Il n’a pas conscience de ce qui est bien ou mal dans ses voies. Les jugements de Dieu quant au bien et au mal sont trop hauts pour qu’il les considère (v. 5).

4. Ses succès sur tous ses ennemis le font s’imaginer que la chance est de son côté, de sorte qu’il ne sera jamais ébranlé, ni ne connaîtra l’adversité (v. 6).

5. Son langage est caractérisé par la violence, la tromperie et la vanité (v. 7).

6. Ses actes sont marqués par la ruse, derrière laquelle se cache la violence d’une bête. Ses victimes sont les fidèles : l’innocent et le malheureux (v. 8-10).

7. Ses triomphes sur tous ces ennemis, et sur le peuple de Dieu apparemment sans défense, l’amènent à penser à tort que « Dieu a oublié, il cache sa face, il ne verra pas, à jamais » (v. 11).

V. 12-15 — La foi des fidèles au travers de cette terrible épreuve. Ils crient à Dieu : « Élève ta main ! » Ils supplient Dieu d’intervenir, premièrement à cause des souffrances de son peuple affligé, deuxièmement parce que Dieu lui-même est méprisé. En effet, le méchant a dit en son cœur : Dieu ne s’enquerra pas. Les souffrances du peuple de Dieu et la revendication du caractère de Dieu réclament son intervention en jugement (v. 12, 13).

Malgré les apparences extérieures, le fidèle sait par la foi que Dieu a vu tout le mal ; il rendra par sa main ; Dieu est le secours de ceux qui sont sans défense (v. 14).

D’où l’appel direct à Dieu de casser le bras du méchant et de rechercher toute son iniquité (v. 15).

V. 16-18 — Anticipant l’intervention de Dieu, les fidèles le célèbrent et le louent pour sa réponse à leur cri. Le jugement des méchants, culminant dans celui de l’Antichrist, introduira le royaume éternel du Seigneur : « L’Éternel est roi à toujours et à perpétuité ». Quant aux fidèles, leurs prières seront exaucées, leurs cœurs établis, leurs souffrances terminées, et ils ne seront plus effrayés par « l’homme qui est de la terre ».


4.1.11 - Psaume 11

La ressource de la foi dans un monde qui est hors du cours normal des choses — le méchant prospérant et le juste étant opprimé.

V. 1 — Face à l’opposition, l’âme se confie en l’Éternel ; aussi la suggestion, dictée par la prudence humaine, de fuir le combat est-elle rejetée.

V. 2, 3 — Les versets 2 et 3 placent devant nous le caractère du mal auquel les fidèles sont confrontés. L’opposition n’est pas ouverte, mais elle opère « dans les ténèbres ». Les hommes droits de cœur sont attaqués en secret, de même que les fondements de leur foi. Devant ces dangers cachés, que fera le juste ?

V. 4 — Le verset 4 donne la réponse. L’Éternel est la ressource du juste ; le palais de sa sainteté est sur la terre ; son trône est dans les cieux. Le palais (ou : le temple) évoque le lieu de sa demeure ; aussi désolé et souillé que soit le temple, le croyant reconnaît par la foi que Dieu a une habitation sur la terre. Son trône — qui parle de son gouvernement — est toujours dans les cieux, là où le mal ne peut pas entrer. L’Éternel règle encore tout. L’homme cherche à se débarrasser de la présence de Dieu sur la terre, et à rejeter le gouvernement exercé depuis les cieux. Malgré ces efforts, la maison de Dieu et le trône de Dieu — les fondements de toute bénédiction pour les hommes — demeurent.

V. 5-7 — Pendant le règne de l’Antichrist, toutefois, le gouvernement de Dieu ne s’exerce pas publiquement. Le mal abonde, les méchants triomphent, et les fidèles sont éprouvés. Néanmoins, le croyant sait par la foi que Dieu hait les méchants et les violents, et qu’il accorde sa faveur à l’homme droit. Cela sera manifesté par le jugement qui s’abattra bientôt sur les méchants ; mais, pour le moment, l’Éternel s’abstient de s’occuper du mal. Il se sert des circonstances afin d’éprouver les hommes droits, en vue de leur bénédiction et pour sa gloire.

Bien que ce psaume traite de l’épreuve future des fidèles qui vivront sous le règne de l’Antichrist, les principes évoqués s’appliquent aux enfants de Dieu de toute époque en l’absence de Christ, lorsque le mal, semblable au levain que la femme a caché dans la farine, opère en secret, minant les fondements de la foi chrétienne. La confiance du croyant réside dans la certitude que Dieu est encore sur le trône dans les cieux. Connaissant le caractère de Dieu, le fidèle sait qu’au moment voulu, Dieu s’occupera du mal et introduira son peuple dans la bénédiction, même si actuellement il se sert du mal pour le bien des siens.


4.1.12 - Psaume 12

L’Éternel et ses paroles, la ressource du juste au jour où les fidèles ont disparu d’entre ceux qui professent le nom de Dieu, quand l’iniquité et la méchanceté prévalent de tout côté.


Ce psaume contraste avec le psaume 11. Dans ce dernier, le mal opère en secret ; ici, il s’étale en public. Ces deux situations existent quelquefois parallèlement. Un mauvais travail peut miner secrètement tout ce qui est de Dieu ; et en même temps l’homme manifeste publiquement son iniquité.

V. 1 — L’homme pieux crie à l’Éternel, et lui expose le mal qui prévaut. L’âme est éprouvée par l’absence « d’hommes pieux » : ceux qui craignent Dieu, et de « fidèles » : ceux sur lesquels on peut compter pour maintenir la vérité parmi le peuple de Dieu.

V. 2-5 — Les paroles des hommes trahissent leur vrai caractère, marqué par l’exaltation de soi et la volonté propre. Ils cherchent à s’élever en flattant les autres et en se vantant : ils profèrent de grandes choses. Ils expriment leur volonté propre par le refus de toute autorité ; ils disent : « Qui est seigneur sur nous ? » Comme toujours, celui qui réclame le plus fort pour lui-même la liberté de parole et d’action, est le premier à la refuser aux autres. Il est l’oppresseur des fidèles. Néanmoins ceux-ci réalisent que l’Éternel s’occupera des méchant et préservera les pauvres et les affligés.

V. 6-8 — Les paroles de l’Éternel. En contraste avec les vaines paroles des hommes, des propos de flatterie et de vanterie, les fidèles disposent des paroles pures de l’Éternel, auxquelles nulle scorie ne se mêle. Les justes, se confiant dans ces paroles pures, ont l’assurance d’être gardés et préservés de cette génération — ceux qui sont caractérisés par l’esprit inique de ce temps-là — même si les méchants se promènent de toutes parts, dans une période où la piété est méprisée et où « la bassesse est élevée ».


4.1.13 - Psaume 13

La foi du résidu pieux dans des circonstances où il semble être oublié de Dieu.


Dans ce groupe de psaumes (les psaumes 11 à 15), la détresse de l’âme pieuse va en augmentant. Au psaume 11, elle voit les « fondements » disparaître ; au psaume 12, l’homme pieux n’est plus et les fidèles ont disparu d’entre les fils des hommes ; dans le psaume 13, l’âme atteint le point de détresse le plus profond, car les circonstances semblent montrer que Dieu lui-même l’a oubliée.

V. 1 — Bien qu’éprouvée par le mal à l’extérieur et les craintes à l’intérieur, l’âme est soutenue par la grâce de Dieu. D’où le cri : « Jusques à quand ? » C’est le langage de la foi qui s’attache à Dieu, sachant qu’il mettra un terme aux épreuves des siens et à l’iniquité des méchants. La foi peut demander : « Jusques à quand… oublieras-tu ? » au milieu de circonstances qui paraissent dire : « Toujours ».

V. 2 — Sous la pression des circonstances, l’âme se retourne sur elle-même ; elle se consulte elle‑même, indépendamment de Dieu. Les pénibles raisonnements de l’esprit n’apportent aucun soulagement. S’occuper de soi-même remplit toujours le cœur de chagrin et donne à l’ennemi l’occasion de remporter une victoire sur l’âme.

V. 3 — La prière soulage en ce qu’elle détourne l’âme d’elle-même pour la diriger vers l’Éternel ; les yeux sont alors aussitôt illuminés — la vue spirituelle s’éclaircit. Être occupé de soi accable le cœur ; regarder vers l’Éternel illumine les yeux.

V. 4, 5 — Ayant les yeux éclairés, l’âme discerne nettement les buts de l’ennemi ; elle voit aussi que la ressource du fidèle est dans la bonté et dans le salut de l’Éternel. L’homme occupé de lui-même ne peut voir que sa faiblesse et la puissance de l’ennemi sur lui. Une fois qu’il s’est tourné vers l’Éternel, c’est par rapport à l’Éternel qu’il voit l’ennemi. Le cœur était accablé lorsqu’il était occupé de ses propres raisonnements (v. 2) ; il se réjouit maintenant à la perspective de la bonté et du salut de l’Éternel.

S’étant tournée vers l’Éternel, l’âme saisit par la foi la bonté de l’Éternel et place sa confiance en elle, et non plus dans son propre mérite, ni dans la justesse de sa cause. Elle est alors apaisée et passe de la détresse causée par les circonstances adverses à la joie résultant de la perspective du salut de l’Éternel. La joie du cœur s’exprime par la louange des lèvres. L’âme s’épanche dans un cantique à l’Éternel parce qu’il lui a fait du bien. Lorsqu’elle était occupée des œuvres de l’ennemi, elle était plongée dans la détresse la plus profonde. Quand elle pense aux voies de grâce de l’Éternel, elle chante.


4.1.14 - Psaume 14

La ressource du fidèle lorsque, dans les derniers jours, la méchanceté du monde atteint son paroxysme et que Dieu s’apprête à exécuter le jugement.


Les fondements sont détruits au psaume 11 ; les fidèles ont disparu d’entre les fils des hommes au psaume 12 ; Dieu paraît se désintéresser et semble demeurer caché au psaume 13 ; au psaume 14, le comble de la méchanceté est atteint par l’insensé et les ouvriers d’iniquité qui viennent sur le devant de la scène.

Ce psaume place devant nous, en quelques brèves paroles, l’état terrible du monde pendant le règne de l’Antichrist, lorsque tous les fondements moraux auront disparu, que les fidèles ne seront plus, que Dieu sera caché, que l’apostasie totale prévaudra et que le péché s’élèvera contre Dieu.

V. 1 — L’homme caractéristique de ce temps terrible sera « l’insensé » — celui qui n’a pas la crainte de Dieu. Il dit dans son cœur : « Il n’y a point de Dieu » ; sa vie corrompue manifeste la pensée de son cœur.

V. 2, 3 — La méchanceté a atteint son apogée, le monde est mûr pour le jugement, et Dieu regarde des cieux sur les fils des hommes, prêt à intervenir. Il ne s’agit pas seulement du regard de Dieu auquel rien n’échappe, ce qui demeure toujours vrai ; ici, c’est le regard qui précède le jugement. L’Éternel descendit pour voir avant de juger Babel. Il regarda du côté de Sodome avant de détruire la ville (Gen. 18:16) ; et nous lisons également que l’Éternel regarda l’armée des Égyptiens avant de l’anéantir (Ex. 14:24). Dieu constate que la méchanceté de l’homme en est arrivée à un tel point que le jugement est l’unique moyen de revendiquer sa majesté. Il n’y a plus personne parmi les fils des hommes qui recherche Dieu. Tous se sont détournés, tous se sont corrompus. « Il n’y a personne qui fasse le bien, non pas même un seul ».

V. 4 — Dieu a regardé cette scène de méchanceté sans pareille ; maintenant il parle. Il demande : « Tous les ouvriers d’iniquité n’ont-ils aucune connaissance ? » L’homme est-il devenu aussi stupide que les bêtes ? (Voir És. 1:3.) La réponse à cette question est donnée par la manière dont les hommes traitent le peuple de Dieu. Totalement indifférents à l’Éternel, ils maltraitent son peuple, tout comme ils mangent leur pain sans s’inquiéter de Lui. Plus encore, l’homme poursuit son chemin dans la plus complète indépendance de Dieu : « Ils n’invoquent point l’Éternel ». Ainsi, par sa propre corruption et son iniquité, par la manière dont il traite le peuple de Dieu et par son indépendance totale à l’égard de Dieu, le monde prouve qu’il est mûr pour le jugement.

V. 5, 6 — Toutefois, lorsque Dieu parle, nous voyons clairement qu’il est au milieu de la génération juste. Les hommes commenceront alors à avoir peur et les fidèles réaliseront que l’Éternel est leur refuge.

V. 7 — Anticipant la prompte intervention de Dieu, le fidèle célèbre la joie et le bonheur qui découleront de la délivrance du peuple de l’Éternel.


4.1.15 - Psaume 15

Le caractère du résidu préservé des Juifs qui recevra les bénédictions de l’Éternel et participera à son gouvernement — la « tente » et la « montagne » — lorsque l’Éternel régnera de Sion.


V. 1 — Une question se pose : Qui sera préservé au travers des persécutions et des souffrances du règne de l’Antichrist, pour jouir des bénédictions millénaires découlant de la tente et de la montagne sainte de Sion ? Ce psaume y répond en présentant les traits moraux du fidèle.

V. 2 — Premièrement, le caractère personnel du croyant est présenté. Le fidèle se distingue par une marche intègre, des actes justes et un langage pur.

V. 3 — Deuxièmement, les relations du fidèle avec son prochain. Le juste ne médit pas de sa langue, il ne fait pas de mal à son compagnon, il refuse de « faire venir » l’opprobre sur autrui. L’expression « faire venir » a le sens de « recevoir dans le but de propager ».

V. 4, 5 — Troisièmement, l’attitude du fidèle envers les ouvriers d’iniquité. L’homme perverti est condamné, indépendamment de sa position ou de ses aptitudes naturelles.

Quatrièmement, l’attitude du fidèle envers son frère. Il honore ceux qui craignent l’Éternel, quelle que soit leur position sociale.

Cinquièmement, son comportement à l’égard du monde. Dans ses relations d’affaires, le fidèle ne reviendra pas sur sa parole, il refusera l’usure et la corruption.

Celui qui porte ce caractère ne sera jamais ébranlé. Selon le premier verset, il « séjournera » dans la tente de Dieu, et « demeurera » dans sa montagne sainte.


4.1.16 - Psaume 16

Christ s’identifiant avec le fidèle en Israël, exprimant la vie de la foi devant Dieu.


Le psaume 16 est une description prophétique du Seigneur Jésus dans son humble marche ici-bas. Il est vu non pas dans son caractère divin comme étant égal à Dieu, bien que cela soit toujours vrai, mais dans la place de dépendance parfaite, comme serviteur de l’Éternel. Ce psaume présente la vie intérieure de la foi devant Dieu, plutôt que la vie extérieure manifestée devant les hommes. C’est une vie qui a Dieu pour objet : elle est donc vécue pour Dieu autant que devant Dieu.

V. 1 — Christ prend la place d’un homme et exprime sa parfaite dépendance de Dieu et sa parfaite confiance en lui. « Garde-moi, ô Dieu ! » est le langage de la dépendance ; « car je me confie en toi », est l’expression de la confiance.

V. 2 — Christ prend non seulement la place d’un homme, mais encore celle d’un serviteur. Il peut dire à l’Éternel : « Tu es le Seigneur ». Sa bonté — son obéissance parfaite comme serviteur — n’avait pas pour but de lui donner une place devant Dieu ou de lui assurer un avantage ; elle était pour le profit des saints. Il est devenu serviteur pour servir les autres en amour.

V. 3 — Dans son humilité, Christ ne se contente pas de prendre la place de serviteur, mais en grâce il s’associe au résidu pieux — les excellents de la terre — en qui il trouve ses délices.

V. 4 — Bien qu’en grâce Christ ait été le compagnon des saints, il était entièrement fidèle à Dieu. Il ne voulait entendre parler d’aucun autre dieu que l’Éternel. Dans sa fidélité parfaite à l’Éternel, il rejetait tout ce qu’on pourrait appeler « un autre ». Christ était l’homme séparé.

V. 5, 6 — Dans sa marche ici-bas, il n’était pas seulement séparé de tout ce qui peut intervenir entre Dieu et l’homme ; son cœur était satisfait par l’Éternel. L’Éternel était sa portion ; et alors qu’il traversait l’héritage terrestre que Dieu avait prévu pour lui, il goûtait de la coupe dans sa marche : la joie de l’héritage. Conscient de la faveur de l’Éternel il pouvait dire : « Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables ».

V. 7 — Dans le chemin qui mène à l’héritage, Christ pouvait bénir l’Éternel pour son conseil. Instruit par le conseil de l’Éternel, ses propres pensées intimes lui apportaient lumière et enseignement.

V. 8 — Guidé par le conseil de l’Éternel et se proposant toujours l’Éternel devant lui, Christ trouvait en tout temps son appui en Dieu.

V. 9, 10 — Ainsi soutenu, Christ pouvait se réjouir, même en vue de la mort ; il pouvait traverser cette sombre vallée avec une ferme espérance. Il savait que son âme ne serait pas abandonnée au shéol et que son corps ne connaîtrait pas la corruption. (Actes 2:25-28).

V. 11 — Christ voyait le chemin de la vie au-delà de la mort, dans la résurrection, un chemin qui mène à la droite de Dieu, où il y a un rassasiement de joie et des plaisirs pour toujours. (Héb. 12:2).


4.1.17 - Psaume 17

Christ s’identifiant avec les fidèles en Israël, pour maintenir la justice au milieu du mal.


Le psaume 16 nous a montré Christ marchant devant Dieu dans le chemin de la vie. Au psaume 17, nous le voyons suivre le sentier de la justice où il rencontre les tentations du diable et la haine implacable des hommes. Dans le psaume 16, nous avons une évocation de la vie intérieure devant Dieu ; ici c’est davantage la vie extérieure devant les hommes. Christ seul a vécu cette vie en perfection, bien que d’autres personnes lui soient associées (voir v. 7 : « ceux », et v. 11 : « nous »).

V. 1-3 — Le cri adressé à Dieu par Celui qui peut faire valoir son intégrité parfaite pour être écouté. Seul Christ pouvait prendre cette place d’une manière absolue. Ses paroles ne s’élevaient pas de lèvres trompeuses. Tout en lui était de même valeur, ou droit, sous l’œil scrutateur de Dieu. Son cœur a été sondé, mais seulement pour manifester que sa pensée secrète n’allait pas au-delà de sa parole. Il ne disait pas une chose alors qu’il en pensait une autre.

V. 4, 5 — Par leurs œuvres, les hommes de ce siècle sont tombés sous la puissance du diable et reçoivent leur part dans ce monde. Christ a marché dans la dépendance de Dieu et de sa parole ; il a été ainsi gardé des actions des hommes et des voies du destructeur. S’il avait été capable de détourner le Seigneur de cette dépendance, le diable lui aurait donné tous les royaumes de ce monde. Christ a refusé la portion dans cette vie (v. 14), pour recevoir une part meilleure dans la résurrection (v. 15).

V. 6-9 — À cause de sa justice, l’Homme parfait et droit, rencontre de nombreux adversaires qui s’élèvent contre lui. Ce sont des ennemis mortels qui cherchent à le détruire (Luc 4:29 ; 6:11 ; 19:47). Ayant refusé les actions de l’homme et les tentations du diable, ayant pris le chemin de la dépendance, Christ peut s’attendre avec confiance à Dieu qui interviendra pour lui et pour le résidu pieux qui lui est associé. L’intégrité parfaite de sa marche lui donne une confiance parfaite en Dieu et le sentiment qu’il lui est précieux ; aussi peut-il dire : « Garde-moi comme la prunelle de l’œil ; cache-moi sous l’ombre de tes ailes ».

V. 10-12 — En contraste avec le Juste, les versets 10 à 12 présentent le caractère des hommes de ce siècle qui s’élèvent contre Christ et contre les siens. L’égoïsme et le luxe qui les distinguent les rendent indifférents aux misères des autres, et leur orgueil les amène à s’exalter eux-mêmes. Ils guettent le Juste et ceux qui lui sont associés pour les faire tomber, et trament leur destruction (Marc 3:2-6 ; Jean 11:53 ; 12:10).

V. 13 — Un appel adressé à Dieu, afin qu’il déjoue les complots de l’ennemi, qu’il juge le méchant et délivre le juste. Les méchants sont l’épée (*) dont Dieu se sert pour exécuter son gouvernement. L’épée peut donc facilement être détournée des fidèles et être employée pour la destruction des méchants.


(*) Note du traducteur : « (par) ton épée » ou peut-être « qui est ton épée »


V. 14, 15 — Les versets 10 à 12 nous ont présenté le caractère des méchants ; nous apprenons maintenant quelle est leur portion en contraste avec celle de Christ, le Juste. Il est parlé des hommes comme étant « de ce monde », ou « de ce siècle » ; ces expressions font allusion au caractère transitoire de ce monde qui appartient au temps seulement et qui par conséquent s’en va avec sa convoitise. La portion des hommes est dans cette vie et dans les biens terrestres donnés par Dieu. Quant à Christ, non seulement il n’avait pas de part ici-bas, mais il a refusé d’en recevoir une, que ce soit du destructeur (Luc 4:5-8) ou de l’homme (Jean 6:15). Pour reprendre l’expression de ce psaume (v. 5), il pouvait dire : « L’Éternel est la portion de mon héritage ». Sa portion est dans la sphère de la résurrection — dans la présence de Dieu — selon ses propres paroles : « Moi, je verrai ta face en justice ; quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image ». Tel est l’aboutissement glorieux du chemin de la justice.


4.1.18 - Psaume 18

Christ s’identifiant avec les souffrances d’Israël, et le fondement de toutes les voies de Dieu envers Israël, que ce soit dans les délivrances passées lors de la sortie d’Égypte ou dans la délivrance finale qui introduira le règne millénaire de Christ.


Dans ce psaume, les circonstances de la vie de David — ses souffrances et ses victoires — sont employées pour présenter Christ et les délivrances opérées pour Israël par Ses souffrances et Ses victoires.

V. 1-3 — Le début du psaume montre Christ dans les circonstances du résidu pieux d’Israël. Christ est vu comme Celui qui se consacre à Dieu : « Je t’aimerai, ô Éternel ! », comme Celui qui dépend de Dieu : « En qui je me confie », et qui invoque l’Éternel lorsqu’il est entouré d’ennemis : « Je crierai à l’Éternel ».

V. 4-6 — L’épreuve se renforce, car dans les versets 4 à 6, nous voyons Christ environné des cordeaux de la mort, entouré par les torrents d’iniquité, et ayant devant lui le shéol et les filets de la mort. Du milieu de la détresse, il invoque Dieu et il est entendu. Cela introduit le grand sujet de ce psaume. Toute délivrance pour Israël dépend de Christ qui est entré dans la détresse des siens et qui, dans cette place, a invoqué l’Éternel. Pour tous, la délivrance dépend d’un Homme parfait qui a pris en main leur cause, et qui a invoqué Dieu. La délivrance de Christ et la délivrance de ceux qui lui sont associés est la réponse à ce cri. Ce psaume présente non pas les souffrances expiatoires de Christ, mais ses souffrances, même jusqu’à la mort, de la part des hommes. Ce sont des souffrances que le peuple de Dieu peut rencontrer ; Christ y entre en perfection ; il exprime parfaitement le cri du peuple de Dieu, et il est entendu.

Il est vrai que les souffrances expiatoires de Christ sont absolument nécessaires pour la bénédiction des hommes. Néanmoins Dieu, dans ses voies gouvernementales sur la terre, bénit d’une délivrance terrestre en vertu du bon plaisir qu’il trouve dans le fidèle. Ce principe est illustré dans l’histoire de Sodome. Abraham demande à Dieu d’épargner Sodome d’une destruction temporelle s’il trouve dix justes dans la ville ; et Dieu était prêt à le faire.

V. 7-15 — Ces versets nous ramènent à la délivrance que Dieu a opérée à la mer Rouge pour nous apprendre le premier grand résultat acquis par Christ qui est entré dans les souffrances du peuple de Dieu. Le jugement sur le Pharaon et ses armées est décrit par des images magnifiques tirées des convulsions de la nature : les tremblements de terre, le feu, le vent, les épaisses nuées, la grêle et les éclairs.

V. 16-19 — Christ a connu ces souffrances. Aussi après avoir parlé de la délivrance d’Israël à la mer Rouge, l’Esprit de Dieu passe-t-il à Christ traversant la mort lorsqu’il a été submergé par les flots des hommes impies. D’en haut Dieu est intervenu, et Christ peut dire : « Il me prit, il me tira des grandes eaux ; il me délivra de mon puissant ennemi » et « l’Éternel fut mon appui ».

V. 20-24 — Ces versets présentent la raison pour laquelle Christ est exaucé au jour de sa détresse et délivré de tous ses ennemis. C’est en réponse à sa soumission parfaite à la loi. Aussi le chemin de l’obéissance parfaite qu’il a suivi ici-bas est-il placé devant nous. La réponse sera donnée dans son exaltation et son triomphe lorsqu’il régnera pendant le Millénium. Ainsi Christ peut dire : « L’Éternel m’a récompensé selon ma justice, il m’a rendu selon la pureté de mes mains ». Christ seul a répondu en perfection aux justes exigences de Dieu. Lui seul a pu dire d’une manière absolue : « J’ai gardé les voies de l’Éternel » ; « ses statuts, je ne les ai pas écartés de moi », « j’ai été parfait avec lui ».

V. 25, 26 — Dans ces deux versets, les principes du gouvernement terrestre de Dieu sont clairement établis. Selon celui-ci, nous récoltons ce que nous semons. Nous trouvons grâce si nous usons de grâce, et nous serons justement récompensés si nous agissons avec justice. Cela nous montre que les bénédictions de ce psaume ne sont pas la conséquence de l’expiation, mais la récompense de la piété.

V. 27-29 — Dans le juste gouvernement de Dieu, la délivrance pour le « peuple affligé » et le jugement pour les orgueilleux résulteront de l’identification de Christ avec son peuple souffrant.

Le verset 23 : « Je me suis gardé de mon iniquité », présente une difficulté quant à l’application de cette partie du psaume à Christ personnellement. Il est évident que le Seigneur ne pouvait pas parler de « mon iniquité » dans le sens du péché qui habite en nous. On a suggéré que le Seigneur a pu employer ce langage en relation avec les tentations spéciales qu’il a connues dans le chemin par lequel il a passé (J.N.D.). D’autres ont proposé une traduction différente, comme : « Je me suis gardé de commettre la méchanceté » (F.W.G.), ou : « Je me suis gardé de l’iniquité » (Perowne).

V. 30-42 — Ces versets nous transportent dans le futur : nous voyons Christ soumettant tous ses ennemis dans l’exercice de sa puissance victorieuse. Cette puissance par laquelle il vainc tous ses adversaires est attribuée à Dieu (v. 30-36). Dans la puissance de sa force, Christ poursuit ses ennemis jusqu’à ce que tous soient mis sous ses pieds et chassés comme la poussière devant le vent (v. 37-42).

V. 43-45 — Délivré de tous ses ennemis, Christ apparaît dans le règne glorieux qui succède à ses victoires ; il est établi sur tout et tous lui sont soumis.

V. 46-50 — Ces versets présentent Christ faisant tourner ses victoires, son exaltation et la soumission de tous ses ennemis à la gloire et à la louange de Dieu.


4.1.19 - Psaume 19

Le témoignage de la création au monde entier, avec le témoignage particulier de la loi à Israël.


V. 1-6 — Les premiers versets de ce psaume présentent un témoignage à la puissance et à la sagesse de Dieu, rendu au monde entier. Trois parties de la création interviennent dans ce témoignage. D’abord, les cieux et leur vaste étendue ; deuxièmement, la manifestation continuelle du jour et de la nuit ; troisièmement, le lever et le coucher du soleil.

L’Esprit de Dieu a donc choisi les parties de la création que l’homme ne peut pas corrompre. La terre a été donnée à l’homme et, dans la mesure où elle a été corrompue, elle cesse de rendre un témoignage vrai à la gloire de Dieu. Les cieux demeurent non corrompus, et les trois sphères de la création placées devant nous rendent un témoignage universel aux parties habitables de la terre. Ce témoignage s’étend par toute la terre, jusqu’au bout du monde.

V. 7-11 — Le témoignage de la création est suivi par celui de la loi quant à l’horreur que Dieu éprouve pour le péché ; il s’adresse spécialement à la nation d’Israël et à la conscience de l’homme. Le témoignage de la loi est présenté comme étant parfait : il donne une règle de vie parfaite à l’homme sur la terre. Il est sûr, droit, pur, il subsiste pour toujours ; sa valeur est inestimable ; par lui, ceux qui gardent les préceptes de l’Éternel reçoivent un grand salaire.

V. 12-14 — La prière du fidèle demandant que ces témoignages faisant appel à la conscience lui soient profitables. L’âme désire être sondée par la Parole pour discerner ce que Dieu seul voit comme étant péché, pour être préservée des péchés commis avec fierté ; et, ainsi purifiée et gardée, elle désire être agréable en paroles et dans la méditation de son cœur à Celui qui est son Rédempteur.


4.1.20 - Psaume 20

Le témoignage de Christ — le Témoin fidèle — au milieu d’un monde méchant.


Ce psaume passe en revue toute l’histoire de Christ dans son chemin de souffrances ici-bas. Les fidèles voient en lui le sûr Témoin de Dieu ; toutes leurs bénédictions leur sont assurées par Christ. Aussi leur seule garantie devant Dieu, c’est Christ, son sacrifice et ses requêtes. Ce n’est plus le témoignage de la création comme au psaume 19, mais celui d’une Personne vivante — l’Oint de Dieu — descendu au milieu d’un peuple impie, et souffrant entre les mains des hommes.

Ce psaume montre par anticipation les Juifs fidèles reconnaissant l’Oint de Dieu — leur Sauveur — dans le Christ souffrant et rejeté. Au temps de l’évangile, Siméon voit en Christ le salut de Dieu, tout en reconnaissant en même temps qu’il sera rejeté par la nation — qu’il sera « un signe que l’on contredira » (Luc 2:34). Siméon et ceux qui sont associés à ce vieillard représentent le résidu fidèle de la fin. Avant le Résidu, ils font les mêmes expériences.

V. 1 — S’identifiant à Christ rejeté, les fidèles le voient « au jour de la détresse » entouré de ses ennemis et regardent à l’Éternel pour qu’il protège son Oint.

V. 2 — Ils voient la détresse augmenter. Gethsémané est atteint, et ils comptent sur l’Éternel pour donner secours et force à Christ (Luc 22:43).

V. 3 — La croix est en vue, et les fidèles désirent que le sacrifice suprême s’élève comme une bonne odeur devant l’Éternel.

V. 4 — En vertu de l’acceptation du sacrifice, ils attendent de l’Éternel qu’il réponde aux désirs du cœur de Christ.

V. 5 — Les fidèles expriment leur joie et leur confiance en Dieu, conscients que leur bénédiction est liée à la délivrance de Christ hors de la mort par l’intervention divine. Ils disent : « Nous triompherons dans ton salut, et nous élèverons nos bannières au nom de notre Dieu ». Reconnaissant que toute bénédiction dépend de Christ, et non pas d’eux, ils disent : « Que l’Éternel te réponde… te protège… envoie ton secours… te soutienne… se souvienne de toutes tes offrandes… accepte ton holocauste… accomplisse tous tes conseils… toutes tes demandes ! »

V. 6-9 — Assuré par la foi que Christ sera entendu, et que l’Éternel interviendra « par les actes puissants du salut de sa droite », qu’il délivrera son Oint dans la puissance de la résurrection, le Résidu a confiance que tous ses ennemis tomberont et que lui sera relevé. Ainsi Christ ressuscité et glorifié devient la ressource de son peuple.


4.1.21 - Psaume 21

Le témoignage de Christ vivant, exalté au-dessus de ses ennemis.


Nous avons ici la réponse complète aux désirs exprimés par les fidèles dans le psaume 20. Ce dernier passage présentait Christ comme le Témoin fidèle de Dieu au milieu de ses ennemis ; ici nous le voyons comme le Témoin de Dieu glorifié au-dessus de tous ses adversaires.

V. 1 — Christ glorifié devient un témoin de la puissance et du salut de l’Éternel. Les fidèles peuvent dire : « Éternel ! le roi se réjouira en ta force, et combien s’égayera-t-il en ton salut ! »

V. 2 — En outre, l’exaltation de Christ est un témoignage que tous les désirs de son cœur étaient en accord avec les pensées de Dieu, car les fidèles disent : « Tu lui as donné le désir de son cœur, et tu ne lui as pas refusé la requête de ses lèvres ».

V. 3-6 — L’exaltation de Christ confirme aussi la satisfaction complète de Dieu et son bon plaisir infini en Celui que les hommes ont rejeté. Contemplant Christ dans la gloire, les fidèles peuvent dire : « Tu l’as prévenu par des bénédictions excellentes ; tu as mis sur sa tête une couronne d’or fin ». Ses jours ont été abrégés par la main des hommes ; de la part de Dieu, il reçoit « une longueur de jours pour toujours et à perpétuité ». Ils l’ont couvert de honte et de mépris, Dieu lui a donné la gloire, l’honneur et la majesté. Les hommes ont amassé sur son chemin les épreuves et les douleurs, Dieu l’a béni à toujours et l’a rempli de joie par sa faveur divine.

V. 7 — Cette exaltation et cette bénédiction sont considérées comme la réponse directe à la fidélité de Christ lorsqu’il souffrait de la main des hommes. « Car le roi se confie en l’Éternel, et, par la bonté du Très-Haut, il ne sera pas ébranlé », dit le résidu fidèle.

V. 8-12 — Dans les versets 3 à 7, l’exaltation de Christ rend témoignage au juste gouvernement de Dieu. C’est pure justice que Celui qui a été le témoin fidèle de Dieu au milieu du mal soit exalté dans la gloire. Dans les versets 8 à 12, le jugement exécuté sur les ennemis de Christ rend témoignage au juste gouvernement de Dieu. C’est pure justice que ceux qui ont rejeté Christ — le témoin fidèle de Dieu — soient jugés (Jean 16:9-11). Celui que l’homme a rejeté est appelé à exécuter le jugement (Actes 17:31). « Ta main trouvera tous tes ennemis ». « Ta droite trouvera ceux qui te haïssent ». Non seulement les méchants seront jugés, mais le « fruit » de leur méchanceté périra de dessus la terre. L’impuissance totale de tous ceux qui s’opposent à l’Éternel sera manifestée. Ils n’ont pas pu mettre à exécution le mal qu’ils avaient tramé et les mauvais desseins qu’ils avaient imaginés.

V. 13 — Finalement l’exaltation de Christ, avec le jugement de ses ennemis qui en fait partie, amènera les fidèles à louer Dieu : « Nous chanterons, et nous célébrerons ta puissance ».


4.1.22 - Psaume 22

Christ, la sainte Victime, abandonné de Dieu lorsqu’il accomplit l’expiation sur la croix.


Ces versets occupent une place toute spéciale dans le livre des Psaumes : nous y trouvons le juste fondement sur lequel sont basées toutes les bénédictions des rachetés, décrites dans les autres psaumes.

V. 1, 2 — Les deux premiers versets donnent le grand sujet de ce passage : les souffrances expiatoires de Christ. Dans le cours du psaume, d’autres souffrances sont placées devant nous, mais seulement pour conduire à celle-ci : la douleur suprême, l’abandon de Dieu.

Dans ces versets, il n’est plus question des hommes et des supplices qu’ils ont infligés à Christ, le saint Martyr, mais il nous est accordé de considérer les souffrances que le Seigneur a connues de la part de Dieu, comme la sainte Victime, quand il a été fait sacrifice pour le péché. Les évangiles nous donnent l’histoire extérieure de cette œuvre merveilleuse ; le psaume 22 décrit les sentiments et les pensées de Christ lorsqu’il l’accomplissait.

Ainsi nous voyons dans ce psaume, Celui qui a été entièrement abandonné de Dieu. Dans sa détresse il n’a trouvé aucun secours en Dieu. « Les paroles de son rugissement » n’ont pas d’écho auprès de Dieu. Son cri ne reçoit pas de réponse de Dieu. La nuit ne lui apporte aucun repos de la part de Dieu. Pourtant, Celui qui connaît un tel abandon est le seul Homme parfaitement juste de la terre. En outre, ce Juste, bien qu’abandonné, garde une confiance inébranlable en Dieu. Il peut encore dire : « Mon Dieu », et dans la conscience de sa propre perfection, il peut demander : « Pourquoi m’as-tu abandonné, te tenant loin de mon salut, — des paroles de mon rugissement ? »

V. 3 — L’abandon d’un homme parfaitement juste dans la détresse semble tout à fait incompatible avec les voies de Dieu envers les hommes. Cependant nous savons qu’il ne peut y avoir aucune injustice en Dieu. Ainsi nous apprenons des lèvres de Christ lui-même qu’en cette occasion unique et solennelle, Dieu était parfaitement juste en abandonnant le Juste parfait ; en effet, le Seigneur peut dire : « Et toi, tu es saint ». Celui qui est abandonné de Dieu justifie donc pleinement Dieu. Pourtant ces paroles font plus que nous garantir la sainteté de Dieu par l’abandon de Christ sur la croix. Elles soulignent la nécessité absolue pour Christ d’être abandonné lorsqu’il portait les péchés, afin que la sainteté de Dieu puisse être satisfaite et que l’homme puisse être béni.

Ainsi dans ce psaume merveilleux, la croix est placée devant nous, non pas pour exposer la méchanceté de l’homme, qui doit être jugée, mais pour présenter l’œuvre expiatoire de Christ. Celle-ci maintient la gloire de Dieu, assure la bénédiction du croyant et pose la base nécessaire à l’accomplissement de tout le conseil de Dieu.

Dans sa vie d’obéissance parfaite, Christ a glorifié Dieu par sa bonté parfaite. Dans sa mort, il a glorifié Dieu en ce qu’il a été fait péché et a porté le jugement dû au péché ; il a déclaré par là une fois pour toutes que Dieu est un Dieu saint qui hait le péché et ne peut pas passer par-dessus.

De plus, en portant les péchés et le jugement dû au péché, en étant fait péché et en subissant le châtiment du péché, Christ assure la bénédiction éternelle du croyant.

Enfin, par l’œuvre expiatoire, la base juste pour l’accomplissement de tout le conseil de Dieu est posée. Dieu s’est proposé d’habiter au milieu d’un peuple qui le loue. Ici c’est la louange d’Israël qui est surtout en vue ; mais cette même œuvre par laquelle Dieu pourra demeurer pendant le règne millénaire au milieu d’un peuple qui le loue lui permettra d’habiter avec les hommes et de les reconnaître comme son peuple — eux le reconnaissant comme leur Dieu — dans les nouveaux cieux et sur la nouvelle terre dans l’état éternel (Apoc. 21:1-3).

V. 4, 5 — Le cas unique de l’homme juste abandonné est mis en évidence par le contraste avec les voies de Dieu envers tous ceux qui ont mis leur confiance en lui. Toute l’histoire prouve que les pères qui se sont confiés en Dieu ont été délivrés. Certes des justes ont pu subir le martyre, mais jamais auparavant un homme juste n’avait été abandonné de Dieu.

V. 6-8 — En contraste avec les pères, nous voyons ici Celui qui a été traité comme étant moins qu’un homme. Il a dû connaître dans toute son étendue le mépris, exprimé ici par sept expressions différentes. 1° Il est considéré comme moins qu’un homme : « un ver » ; 2° comme n’ayant aucune valeur : « non point un homme » ; 3° il est humilié : « l’opprobre des hommes » ; 4° méprisé par les Juifs : « le méprisé du peuple » ; 5° tourné en ridicule par les hommes : ils se « moquent » de lui ; 6° il est l’objet de leurs insultes : « ils ouvrent la bouche » contre lui ; 7° de leur risée : « ils hochent la tête : Il se confie à l’Éternel : qu’il le fasse échapper, qu’il le délivre, car il prend son plaisir en lui ! »

V. 9-11 — Pourtant, Celui que les hommes ont méprisé et que Dieu a abandonné était le seul homme absolument juste, celui qui dès son entrée dans le monde a été caractérisé par sa confiance parfaite en Dieu ; il pouvait dire : « Tu m’as donné confiance sur les mamelles de ma mère ». Il était aussi totalement dépendant, car il pouvait ajouter : « C’est à toi que je fus remis dès la matrice », et parfaitement soumis : « Tu es mon Dieu ». Et cependant, le seul dont la confiance, la dépendance et la soumission à Dieu ont été absolument parfaites du commencement à la fin de sa vie sur la terre est plongé dans la détresse la plus profonde : « II n’y a personne qui secoure ».

V. 12-15 — Dans les versets qui suivent, l’épreuve est toujours présentée comme dispensée par Dieu, bien qu’elle soit considérée plus spécialement comme venant par la main de l’homme. Dans les versets 12 à 15, il s’agit de la haine mortelle de la nation juive. Dans les versets 16 à 20, c’est l’opposition des Gentils à Christ. Enfin, dans la première partie du verset 21, le Seigneur est appelé à rencontrer la puissance du diable.

Fermant les yeux à la raison et indifférents à la justice, avec une violence et une rage effrénées, comme le taureau déployant toute son immense force lorsqu’il est excité, les chefs de la nation juive se sont servis de leur position de puissance pour s’opposer mortellement au Seigneur. Pareils à un lion rugissant s’acharnant sur sa proie, ils étaient déterminés à mettre Christ à mort.

Aucune souffrance physique n’a été épargnée au Seigneur, car dans cette position terrible, il a dû subir l’épreuve sous toutes ses formes. La prostration totale, l’élongation de chacun des membres de son corps, la soif ; tout est placé devant nous dans ce psaume.

Néanmoins, le Seigneur ne s’arrête pas à l’homme qui est la cause directe de ces souffrances : il voit la main de Dieu. Il peut dire : « Tu m’as mis dans la poussière de la mort ». Il a, devant son âme sainte, non pas simplement la méchanceté de l’homme, mais plutôt la sainteté de Dieu qui emploie l’homme pour exécuter sa volonté.

V. 16-18 - Les versets 16 à 20 placent devant nous l’opposition des Gentils à Christ. Semblables à des chiens, agissant sans cœur et sans conscience, ils livrent à la mort Celui qu’ils reconnaissent être innocent. Ils percent ses mains et ses pieds, et avec brutalité et insensibilité, ignorant la honte et la compassion, ils le regardent et jettent le sort sur ses vêtements.

V. 19-21a) - Deux fois dans le cours de ce psaume, Christ, la sainte Victime a crié à Dieu, lui demandant de ne pas se tenir loin de lui dans ses souffrances (v. 1 et 11) ; pour la troisième fois ici il se détourne de ses persécuteurs et de ses souffrances pour regarder au-delà des hommes, à Dieu ; il peut dire : « Et toi, Éternel ! ne te tiens pas loin ». Il apparaît ainsi clairement que si l’opposition des hommes nous est présentée, ce n’est pas tellement pour montrer leur terrible méchanceté, une méchanceté qui, dans d’autres psaumes, appelle le jugement, mais plutôt pour mettre en évidence que même dans les souffrances causées par les hommes, le Seigneur n’a pas obtenu de secours de Dieu. Ainsi l’abandon total de la croix, en vue de l’expiation, est placé devant nous. Néanmoins, dans la détresse la confiance de Christ en Dieu demeure inébranlable. Si dans sa sensibilité parfaite, il a ressenti les souffrances infligées par l’homme, il les reçoit comme venant de Dieu (v. 15). Aussi est-ce à Dieu seul qu’il regarde pour trouver aide et soulagement.

Une triple délivrance est attendue : d’abord de l’épée du jugement, puis de la puissance de l’homme et enfin du pouvoir de Satan — de la gueule du lion. Toutefois, le Seigneur doit subir le jugement avant que la délivrance puisse intervenir. Il faut que la parole de l’Éternel prononcée par le prophète ait d’abord son accomplissement : « Épée, réveille-toi contre mon berger, contre l’homme qui est mon compagnon, dit l’Éternel des armées » (Zach. 13:7).

V. 21b) — La souffrance sous toutes ses formes a été endurée : l’inimitié des Juifs, l’opposition impudente des Gentils, la méchanceté de Satan, et par-dessus tout l’abandon de Dieu lors de l’expiation. Quand tout est achevé, que l’œuvre infinie de l’expiation est accomplie, que le point culminant des souffrances, représenté par les cornes des buffles, est atteint, alors seulement le cri de la sainte Victime est entendu et la réponse vient. Christ peut dire : « Tu m’as répondu ». La résurrection est pour l’homme la preuve que Christ a été entendu et que son œuvre a été acceptée. Néanmoins Christ lui-même a conscience d’être entendu et accepté au moment même où l’œuvre de l’expiation est achevée. Aussi les évangiles nous montrent-ils le Seigneur s’exprimer tout de suite dans le langage de la communion parfaite. Il ne dit plus : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » mais « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23:46).

Nous passons aussitôt sur le terrain de la résurrection et alors, dans la seconde partie du psaume, nous avons les résultats bénis de l’œuvre de Christ sur la croix. Les souffrances de Christ à la croix ont un double caractère. Le Seigneur a souffert en martyr patient de la part des hommes ; il a souffert comme la sainte Victime sous la main de Dieu. Ses douleurs comme martyr appellent le jugement d’un Dieu saint qui ne peut rester indifférent aux insultes accumulées sur Christ ; aussi les psaumes qui présentent ses souffrances endurées comme martyr, tel le psaume 69, parlent-ils également du jugement de ses ennemis. Ses douleurs comme la sainte Victime ouvrent la voie de la bénédiction pour l’homme. Dans notre psaume nous avons alors un fleuve de grâce qui jaillit de la croix et coule en s’élargissant.

V. 22-24 — Cette bénédiction est liée à la déclaration du nom de Dieu. Nous savons que c’est le nom du Père, qui révèle le cœur du Père et toutes les bénédictions qu’il s’est proposées. Ce nom est annoncé par Christ ressuscité aux quelques disciples qu’il avait rassemblés autour de lui sur la terre, et qu’il nomme pour la première fois ses « frères », dans son message : « Va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17).

Un peu plus tard, alors que les disciples étaient assemblés, les portes étant fermées, le Seigneur apparaît au milieu d’eux et remplit leur cœur de joie — il entonne la louange. La bénédiction n’est pas limitée aux quelques-uns réunis avec le Seigneur au milieu d’eux. Elle concerne tous les fidèles en Israël qui craignent le Seigneur. Il faut qu’ils sachent que Dieu a accepté le grand sacrifice. « Il n’a pas méprisé ni rejeté l’affliction de l’affligé, et n’a point caché sa face de lui ; mais, quand il a crié vers lui, il l’a écouté ». Nous n’apprécions peut-être que faiblement l’immensité du sacrifice expiatoire, toutefois notre bénédiction dépend non pas de la mesure de notre estimation, mais de l’appréciation parfaite et de la satisfaction infinie de Dieu à l’égard de l’œuvre de Christ.

V. 25, 26 — Le fleuve de la grâce s’élargit encore, car maintenant il est parlé de la « grande congrégation ». C’est Israël dans son entier, réuni et restauré pour la bénédiction du Millénium. Christ conduira la louange des siens et accomplira chacune des promesses faites. Alors effectivement les débonnaires mangeront et seront rassasiés, l’Éternel sera loué, et il n’y aura plus de cœurs brisés et vides, mais ce seront des cœurs qui vivront à toujours dans la plénitude de la joie.

V. 27-29 — La bénédiction s’étend encore jusqu’à embrasser les bouts de la terre et toutes les familles des nations. Tous se souviendront de ce que Christ a accompli sur la croix ; ils se tourneront vers l’Éternel et se prosterneront devant lui. Celui qui a été rejeté par les hommes dominera au milieu des nations. La bénédiction atteindra toutes les classes : ceux qui sont dans la prospérité — les gras de la terre, ceux qui sont dans la misère — prêts à descendre dans la poussière, et les pauvres qui ne peuvent pas faire vivre leur âme.

V. 30-31— Enfin la bénédiction se déversera tout au long du Millénium jusqu’aux générations à venir. Sa justice — manifestée dans le sacrifice expiatoire, dans l’exaltation de Christ et dans l’abondance des bénédictions — sera racontée à une génération qui naîtra. Et l’immense foule des rachetés se plaira à reconnaître « qu’il a fait ces choses ». Ce vaste fleuve de bénédiction, qui a paru comme un petit ruisseau au milieu de quelques disciples le jour de la résurrection, qui s’est enflé au cours des âges et qui coulera encore dans le Millénium, s’élargissant pour embrasser tous les bouts de la terre et s’étendant à des générations qui ne sont pas encore nées, a ses sources pures dans les souffrances expiatoires de Christ : « Il a fait ces choses ».

La réponse au cri exprimé dans les ténèbres sur la croix : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? » viendra du milieu d’une foule innombrable d’adorateurs, introduits dans la bénédiction éternelle, et qui pourront dire en regardant en arrière, à la croix : « Il a fait ces choses ».


4.1.23 - Psaume 23

Christ, comme Berger, la confiance du fidèle pendant qu’il traverse ce monde.


Le psaume 22 présente Christ sur la croix revendiquant les droits de Dieu et faisant propitiation pour son peuple. Au psaume 23, nous voyons Christ répondant aux besoins quotidiens de son peuple et le conduisant pendant la traversée du désert. L’application première est pour le résidu fidèle d’Israël qui, à travers toutes les épreuves, sera introduit dans la bénédiction millénaire, en relation avec la maison de l’Éternel sur la terre. Mais ces voies de Dieu envers Israël et la bénédiction dans laquelle les Juifs sont introduits parlent en figure des bénédictions plus élevées qui, par grâce, sont la part du chrétien. Aussi ce psaume est-il riche en instruction et en consolation pour nos jours. Son thème principal est la confiance du fidèle en Christ, le Berger, confiance reposant sur l’expérience de ce qu’il est en toutes circonstances.

V. 1 — Le psaume s’ouvre sur l’assurance du fidèle que l’Éternel est son Berger. Toute la suite découle de cette assurance. Celui qui est mort pour le croyant est connu comme Celui qui vit et qui prend soin de sa brebis. C’est dans cette confiance que la traversée du désert est envisagée et que les divers besoins sont satisfaits.

Premièrement, il y a des besoins liés à cette scène, mais se confiant en l’Éternel, le croyant dit : « Je ne manquerai de rien ».

V. 2 — Deuxièmement, outre les besoins quotidiens inhérents à l’existence terrestre, il y a aussi des besoins spirituels liés à la vie divine. Le Berger se plaît à y répondre. Il fait reposer l’âme dans de verts pâturages et la mène à des eaux paisibles.

V. 3 — Troisièmement, il peut malheureusement y avoir des manquements et, même s’il n’y a pas de péché évident, l’âme peut connaître un assoupissement résultant du contact avec les choses d’ici-bas. Mais le Berger la restaure ; il la conduit dans des sentiers de justice, à cause de son nom.

V. 4 — Quatrièmement, le croyant sera peut-être confronté à sa propre mort. L’âme devra alors traverser la vallée de l’ombre de la mort. Là encore, le Berger est présent : il guide avec sa houlette et soutient avec son bâton.

V. 5 — Cinquièmement, des ennemis montrent leur inimitié. L’Éternel est plus grand que tous nos ennemis ; même en leur présence il nous nourrit, nous couvre de bénédictions et fait déborder notre coupe.

V. 6 — Sixièmement, le chemin qu’il reste à parcourir peut nous causer des appréhensions. L’expérience de ce que le Berger a été pour lui dans le passé donne une confiance inébranlable au croyant pour l’avenir. Le psalmiste peut dire : « Oui, la bonté et la gratuité me suivront tous les jours de ma vie ». Septièmement, l’éternité est devant nous. Mais elle n’a rien de redoutable pour celui qui peut dire : « L’Éternel est mon berger », car, avec la confiance la plus absolue, l’âme peut conclure : « Mon habitation sera dans la maison de l’Éternel pour de longs jours ».


4.1.24 - Psaume 24

Christ, le Roi de gloire, s’associant son peuple, lorsqu’il entre dans son règne sur toute la terre.


Au psaume 22, Christ est vu comme la Victime sans tache, souffrant pour son peuple. Au psaume 23, il est le Berger qui conduit les siens à travers un monde hostile. Le psaume 24 le présente comme le Roi, s’associant les siens dans son règne de gloire.

Ce psaume place devant nous d’une manière très précieuse le triple fondement sur lequel Christ prend possession de son royaume. Premièrement, comme créateur (v. 1, 2) ; deuxièmement, en réponse à sa perfection intrinsèque (v. 3-5) ; troisièmement, en vertu de son œuvre puissante à la croix (v. 8).

V. 1, 2 — Le règne de Christ s’étendra sur le monde entier et sur tous ceux qui y habitent. La terre et tout ce qu’elle contient appartient de droit au Seigneur parce qu’il est le créateur de toutes choses : « Car lui l’a fondée » (cf. Apoc. 4:11).

V. 3-6 — De plus le règne de Christ sera la réponse, non seulement à ses droits comme créateur, mais à la perfection intrinsèque de sa vie. Une question est posée : « Qui est-ce qui montera en la montagne de l’Éternel ? et qui se tiendra dans le lieu de sa sainteté ? » La montagne — la colline de Sion — parle du règne de justice établi en grâce. Le lieu saint est une allusion au temple et à l’accès auprès de Dieu pour l’adoration. Qui donc est moralement apte à régner depuis Sion sur les hommes et qui peut s’approcher de Dieu dans son temple ?

Le verset 4 donne la réponse. Ce ne peut être que celui qui, dans sa marche et dans ses voies, est droit envers Dieu et à l’égard de son prochain. Celui qui, aux yeux de Dieu, a les mains innocentes et le cœur pur. Qui d’autre que Christ n’a jamais aimé Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa pensée ? Et qui d’autre que Christ n’a jamais aimé son prochain comme lui-même ?

N’y aura-t-il pas de réponse ni de récompense à une telle perfection dans la gloire à venir ? Il y en aura certainement une ; le verset 5 en parle : « II recevra bénédiction de l’Éternel, et justice du Dieu de son salut ». Mais si Christ seul répond en perfection à ces exigences, une génération a aussi marché dans la crainte de Dieu en recherchant sa face. Cette génération sera associée à Christ dans son règne, elle sera trouvée dans le résidu pieux d’Israël, comme aussi dans un groupe de croyants d’entre les Gentils, dont il est dit qu’ils « recherchent ta face, ô Jacob ». (*)


(*) Tel semble être le sens le plus probable de ce passage un peu difficile. La signification en est la suivante : la première partie du verset fait allusion aux Juifs fidèles, la seconde, aux Gentils fidèles qui recherchent la face de Dieu au milieu d’Israël.


V. 7-10 — Les derniers versets du psaume célèbrent l’entrée de Christ, comme le Roi de gloire, dans le sanctuaire au milieu de son peuple. La question est posée : « Qui est ce roi de gloire ? » La réponse proclame la gloire de sa personne et de son œuvre. C’est « l’Éternel fort et puissant, l’Éternel puissant dans la bataille ». Pour son peuple il a remporté la grande victoire de la croix sur tous les ennemis. Nous discernons ainsi non seulement ses droits au royaume comme créateur, ou ses droits en tant qu’homme parfait, mais aussi le juste fondement de toute bénédiction pour son peuple : l’éclatante victoire de la croix.

Encore une fois la question est posée : « Qui est-il, ce roi de gloire ? » Nous apprenons alors non seulement qu’il est l’Éternel puissant dans la bataille, mais aussi « l’Éternel des armées ». Il est celui qui s’associe l’immense armée des rachetés. Il est le Fort et le Puissant qui a maintenu la sainteté de Dieu et qui a remporté une grande victoire pour son peuple à la croix. Il est celui qui, comme le Berger, a conduit son peuple pendant la traversée du désert, et qui, comme le Roi de gloire et l’Éternel des armées, introduira son peuple dans la bénédiction millénaire du royaume.


4.1.25 - Psaume 25

La confiance du résidu pieux dans la bonté et la justice de l’Éternel, confiance manifestée par la confession des péchés, et l’épanchement du cœur devant Dieu.


Les groupes de psaumes précédents nous ont montré les expériences des fidèles dans des circonstances éprouvantes et en présence de leurs ennemis pendant les jours à venir de l’Antichrist.

Dans ce psaume et ceux qui suivent, il s’agit encore des expériences du résidu fidèle, mais il y a une différence. Entre ces deux groupes, dans les psaumes 20 à 24, Christ a été présenté ; aussi les exercices d’âme dépeints dans cette nouvelle série de psaumes résultent-ils de la connaissance de la grâce de Dieu opérant en justice sur le fondement de l’œuvre de Christ. Les exercices revêtent alors une forme plus spirituelle que précédemment, et pour la première fois il y a la confession des péchés.

V. 1-3 — Le psaume s’ouvre sur une expression de soumission à l’Éternel : « À toi, Éternel, j’élève mon âme » ; de confiance en l’Éternel : « En toi j’ai mis ma confiance » ; et de dépendance de l’Éternel : « Ceux qui s’attendent à toi ». Le croyant a l’assurance de n’être jamais confus.

V. 4-7 — Cette expression de confiance en l’Éternel est suivie par une prière : que l’âme soit dirigée et conduite d’une manière qui s’accorde avec la nature même de Dieu. Aussi l’âme parle-t-elle de « tes voies », « tes sentiers », « ta vérité », « ta miséricorde », « ta bonté », « ta gratuité ».

V. 8-10 — Dans ces versets, l’âme reconnaît que toutes les voies de Dieu envers les pécheurs sont en accord avec sa nature, et s’exercent par conséquent en bonté et en justice ; à la lumière du christianisme, nous dirions que la grâce règne par la justice. La bénédiction est pour ceux qui sont humbles et obéissants.

V. 11 — En vertu de ces voies de Dieu envers les pécheurs, l’âme confesse ses péchés et implore le pardon divin sur le fondement de tout ce que l’Éternel est : « À cause de ton nom ».

V. 12-15 — Conduite par l’Esprit, l’âme pieuse anticipe la réponse à la confession des péchés. Celui qui reconnaît son péché craint Dieu et sera conduit dans le chemin que Dieu choisit. Son âme prospérera, il héritera de bénédictions terrestres, il connaîtra le secret de l’Éternel et échappera aux pièges de l’ennemi.

V. 16-22 — Dans les derniers versets, le cœur s’épanche devant l’Éternel. L’âme est désolée, accablée, confrontée à des exercices profonds, affligée, peinée et consciente de ses manquements, entourée d’ennemis qui sont animés d’une haine cruelle. Comme au début du psaume, elle exprime de nouveau sa confiance en Dieu : « Je me suis confié en toi » ; sa dépendance de Dieu : « Je me suis attendu à toi » ; et elle regarde à Dieu afin de ne pas être confuse dans son attente : elle sait que Dieu rachètera Israël et mettra fin à toutes les détresses du peuple.


4.1.26 - Psaume 26

L’homme pieux demandant dans son intégrité à être sondé par Dieu, afin que, séparé des pécheurs, il puisse adorer à l’autel de Dieu, et raconter devant le monde les merveilles de l’Éternel.


Au psaume 25, nous avons vu la confiance dans la grâce et la justice de Dieu, avec la confession des péchés qui en découle. Le résultat est montré dans ce psaume. La confession des péchés est suivie de la conscience de l’intégrité devant Dieu, de la séparation des mauvaises associations, de l’adoration et du témoignage.

V. 1, 2 — Conscient de la droiture de son cœur, l’homme pieux se confie en l’Éternel et l’invite à examiner ses pensées et ses affections. Il demande à Dieu de le sonder et de l’éprouver, afin de faire disparaître toute tromperie de ses mobiles et de ses affections.

V. 3-5 — Le psalmiste établit ensuite les motifs qui l’amènent à inviter l’Éternel à le sonder. Premièrement, la bonté de l’Éternel est devant son âme. Il réalise que Dieu est plein de grâce pour répondre à tout ce que Son examen mettra à jour. Deuxièmement, sa marche pratique est conforme à celle qui convient pour un homme pieux. Il peut dire : « J’ai marché dans ta vérité ». Troisièmement, il avait maintenu la séparation pratique d’avec les pécheurs.

V. 6-8 — Dans ces versets, le psalmiste parle des résultats découlant d’une marche dans la vérité et du maintien de la séparation du mal. Premièrement, le fidèle peut s’approcher, avec des mains pures, de l’autel de Dieu pour adorer ; secondement, il peut raconter devant le monde toutes les merveilles de l’Éternel.

V. 9, 10 — La séparation du mal, la consécration à Dieu et le témoignage pour Dieu susciteront l’opposition des pécheurs et des hommes violents, caractérisés par leurs mauvais desseins et leur corruption. Aussi l’âme demande-t-elle à être préservée des méchants.

V. 11, 12 — Gardé du mal, marchant dans l’intégrité, délivré de ses ennemis et entouré de la grâce de Dieu, l’homme pieux, dans un chemin uni, bénira l’Éternel avec le peuple de Dieu.


4.1.27 - Psaume 27

La confiance du croyant lorsqu’il se trouve environné d’ennemis, et les exercices de son âme devant l’Éternel.


Dans la première partie du psaume (v. 1-6), le croyant éprouve une grande confiance en présence des ennemis en raison de ce qu’il a trouvé dans l’Éternel : lumière et salut. Dans la seconde (v. 7-14), il passe par de profonds exercices d’âme devant l’Éternel à cause de ce qu’il découvre en lui-même.

V. 1 — Ce verset présente le fondement de la confiance du croyant. Il peut dire : « L’Éternel est ma lumière et mon salut » et « l’Éternel est la force de ma vie ». C’est de l’Éternel qu’il a la « lumière » au milieu des ténèbres environnantes ; le fidèle sait qu’il sera délivré de tous ses ennemis au temps choisi par l’Éternel. En attendant, il peut compter sur le soutien divin.

V. 2, 3 — Avec l’Éternel comme sa « lumière », son « salut » et sa « force », le croyant demeure confiant en présence de ses ennemis, qu’ils viennent individuellement pour assaillir son âme comme une bête sans conscience, qu’ils campent contre lui comme une « armée » ou que l’attaque se prolonge pour devenir une « guerre ».

V. 4 — Délivré de la crainte de ses ennemis, le fidèle, d’un cœur droit et occupé d’un seul objet, peut désirer habiter dans la maison de l’Éternel, pour « voir » sa beauté et pour « s’enquérir » de lui.

V. 5, 6 — Délivré de la crainte de ses ennemis et jouissant de la présence de l’Éternel, le croyant est soutenu dans les mauvais jours : Dieu l’a mis à couvert et tenu caché. Dans l’avenir, quand ces temps mauvais seront passés, le fidèle sera élevé publiquement par-dessus tous ses ennemis et, de cette place de gloire, il louera l’Éternel.

V. 7-10 — Dans ces versets, nous avons les exercices du croyant dans la présence de l’Éternel. Face à l’ennemi, il a découvert la force de l’Éternel ; devant l’Éternel il prend conscience de sa propre faiblesse. Encouragée par Dieu à chercher sa face, l’âme se tourne vers lui ; elle voit alors son péché, péché qui mérite la colère divine. Néanmoins c’est dans la présence de la grâce qui peut répondre à tout que le fidèle découvre la méchanceté de son propre cœur, car n’est-ce pas la grâce de l’Éternel qui a dit : « Cherchez ma face » ? L’homme devrait être abandonné en raison de son péché, mais la grâce, contrairement à la nature, ne laissera pas le misérable (cf. Pierre en Luc 5:8-11).

V. 11, 12 — Rendu conscient de la grâce, le croyant implore l’Éternel. Il lui demande d’être enseigné quant au chemin à suivre et d’être conduit dans un sentier uni, afin de ne présenter dans sa marche aucun motif de reproche à l’ennemi. Car nombreux sont ceux qui se dressent contre le fidèle, prêts à l’accuser faussement et à s’opposer violemment à lui.

V. 13, 14 — Malgré la méchanceté de l’homme, l’âme s’attend à la bonté de l’Éternel, qui introduira le croyant dans la terre des vivants après les mauvais jours. Il se peut que le fidèle doive attendre quelque temps la plénitude de bénédiction, mais dans cette attente, l’Éternel fortifiera son cœur.


4.1.28 - Psaume 28

Le désir du croyant d’être gardé séparé d’un monde qui va au-devant du jugement.


V. 1-3 — Du milieu d’une nation méchante qui descend dans la fosse, le Juif pieux supplie l’Éternel de répondre à son cri et de ne pas permettre qu’il soit entraîné avec les méchants ou trompé par la belle apparence qu’ils peuvent se donner : ils « parlent paix avec leur prochain, tandis que la méchanceté est dans leur cœur ».

V. 4, 5 — Le Juif pieux attend le jugement des méchants. Ce jugement les atteindra, premièrement à cause de leurs péchés : l’ouvrage de leurs mains ; et secondement, parce qu’ils méprisent les œuvres de l’Éternel.

Nous avons là les principes permanents des voies de Dieu en jugement. Dieu ne peut pas passer par-dessus le péché, mais il dispose d’une ressource pour l’ôter : la mort de Christ. Si les hommes refusent ce que Dieu a prévu en grâce, sa main s’abattra sur eux en jugement. Mais ce jugement n’est pas seulement la conséquence de leur péché. Il viendra aussi sur eux parce qu’ils négligent Christ (Héb. 2:3).

V. 6-8 — L’âme pieuse sait que l’Éternel a entendu son cri. Elle a mis sa confiance en Dieu, elle a été secourue et elle se réjouit. Christ est le fondement de sa confiance ; l’âme peut dire que l’Éternel est non seulement la force du fidèle, mais qu’il est « le lieu fort des délivrances de son Oint ». Aussi les fidèles recourent-ils à la ressource de Dieu en grâce et invoquent-ils l’Oint — Christ — qui est intervenu et a souffert à leur place, et qui a été délivré de toutes ses souffrances (Ps. 22:21).

V. 9 — Si l’Oint a été délivré de ses souffrances, ceux pour lesquels il les a endurées seront sauvés. Le psalmiste peut alors dire avec confiance à Dieu : « Sauve ton peuple, et bénis ton héritage ». Même si pour un temps les croyants doivent passer par la souffrance et donner l’apparence d’être rejetés, Dieu paîtra cependant les siens et les élèvera finalement pour toujours, en contraste avec ceux qui descendent dans la fosse (v. 1).


4.1.29 - Psaume 29

Encouragement pour les fidèles lorsque les grands de la terre s’opposent à eux. Celui qui prend soin d’eux est plus puissant que les puissants de ce monde.


Le psaume 29 n’est pas une prière des fidèles, ni un exposé de leur détresse, ou encore l’expression de leurs exercices. C’est un témoignage clair à la force et à la gloire de l’Éternel, pour l’encouragement des siens lorsqu’ils seront opprimés dans les derniers jours par les grandes puissances de ce monde.

V. 1, 2 — Le psaume commence par la sommation adressée aux grands de la terre de reconnaître l’Éternel : Rendez-lui « la gloire et la force », adorez-le « en sainte magnificence ».

Le sens littéral de l’expression « fils des forts » (ou : grands, puissants) est : « dieux », un mot qui, selon une interprétation largement admise, ne désigne jamais « Dieu », mais toujours « les dieux » (Ex. 15:11 ; Dan. 11:36). Il ne s’agit pas d’êtres angéliques, mais de ces puissants qui sont responsables devant Dieu, comme étant ses représentants dans le gouvernement de la terre (Jean 10:34, 35). Ils ont tous immanquablement failli, premièrement en essayant de gouverner par leur propre force, et deuxièmement, en se servant de leur position d’autorité pour l’avancement de leur propre gloire. Ainsi Nebucadnetsar, la première tête des nations, s’est glorifié de la puissance de sa force et de la gloire de sa magnificence pour sa propre ruine (Dan. 4:30, 31). Pareillement, dans un proche avenir, le dernier empire des nations, se confiant dans sa force et dans sa gloire, sera invité à rendre hommage « à celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les fontaines d’eaux ». Malgré les jugements qui s’abattront sur les nations, nous savons que les hommes ne se repentiront pas pour donner gloire à Dieu (Apoc. 14:6, 7 ; 16:9). Ce refus de rendre gloire à Dieu aboutira au jugement final et total des nations vivantes à Armagédon.

V. 3-9a) — Ce grand jugement définitif du jour de l’Éternel est présenté sous l’image d’une tempête qui s’abat du nord au sud sur le pays d’Israël. Elle nous parle de la puissance irrésistible de l’Éternel en jugement. Nous entendons la voix de l’Éternel dans le rugissement des eaux et le bruit de tonnerre des vagues, lorsque la tempête se déchaîne sur les côtes et éclate dans toute sa furie sur les montagnes du Liban et de l’Hermon, brisant les puissants cèdres. Les sillons de l’éclair sont suivis par le fracas du tonnerre sur le désert de Kadès. Derrière ces forces destructives de la nature, nous trouvons l’immense puissance de Dieu qui s’abattra sur les nations lors de la tempête à venir du jugement. Ésaïe, dans sa description du jugement qui introduira le jour de l’Éternel, emploie des images semblables. Il parle des cèdres du Liban comme représentant les grands de la terre. Lui aussi dit que l’Éternel frappera d’épouvante la terre au jour du jugement (És. 2:12, 13, 19).

V. 9b) — La seconde partie du verset 9 nous transporte au-delà de la tempête dans le calme parfait du temple de l’Éternel, où tout dit : Gloire ! Mais c’est la gloire de l’Éternel. Dans son temple, la gloire de Dieu est manifestée.

V. 10, 11 — Les derniers versets présentent la bénédiction des fidèles qui ont été dans le temple et ont adoré l’Éternel en sainte magnificence. Ils réalisent que l’Éternel est au-dessus des tempêtes de ce monde, quelle que soit leur intensité. Aussi puissants que soient les grands de la terre, l’Éternel est plus puissant. Les hommes sont peut-être forts pour un temps : l’Éternel est « Roi à toujours ».

Celui qui est plus puissant que les puissants peut donner force à son peuple et le garder dans une paix parfaite.


4.1.30 - Psaume 30

La délivrance de l’Éternel en faveur des fidèles quand ils sont au plus profond de leur détresse.


Les bénédictions d’Israël, principalement terrestres et matérielles, contrastent avec celles des chrétiens, qui sont célestes et spirituelles. Lorsqu’il était dans la prospérité, le peuple d’Israël se confiait dans ses bénédictions matérielles plutôt que dans le Dieu qui les lui donnait. Dans ce psaume, le fidèle parle des expériences de sa vie et des exercices de son âme, par lesquels il a appris que toute vraie bénédiction vient de la faveur de l’Éternel.

V. 1-3 — Au début du psaume, nous trouvons le résultat de ces expériences du fidèle ; la suite montre le cheminement qui mène à ce but. Le psalmiste est conduit à louer l’Éternel, parce que du fond de sa détresse — alors qu’il était entouré d’ennemis et amené tout près de la fosse — il a été délivré de ses ennemis et préservé de descendre dans la fosse.

V. 4,5 — D’autres sont appelés à se réjouir avec lui ; car si même l’Éternel doit châtier ses saints pour leur bien, ce n’est que pour un court moment. « Il y a un moment dans sa colère, il y a une vie dans sa faveur ». La nuit des pleurs se termine par le matin de la joie.

V. 6-10 — Dans ces versets, nous trouvons les expériences du psalmiste. Aux jours de sa prospérité, se confiant dans les circonstances favorables et oubliant son Dieu, il avait dit : « Je ne serai jamais ébranlé ». Mais il apprend que la stabilité de sa situation personnelle, semblable à la force d’une montagne, n’est qu’une faveur de l’Éternel. Si Dieu venait à cacher sa face, le psalmiste était immédiatement épouvanté, malgré la sécurité apparente qu’il connaissait dans sa vie.

Dans sa prospérité il avait oublié l’Éternel ; confronté à la détresse, il se souvient de lui, crie à lui et le supplie. Il a découvert qu’en présence de la mort, les circonstances favorables ne servaient à rien. Dans cette douloureuse extrémité, seuls la grâce et le secours de l’Éternel comptent.

V. 11,12 — Dans sa détresse, le psalmiste a fait l’expérience de la délivrance de l’Éternel qui a changé une nuit de deuil en un matin d’allégresse, afin que l’homme pieux puisse louer l’Éternel et le célébrer.


4.1.31 - Psaume 31

La confiance de l’homme pieux, plongé dans la détresse : il sera délivré de tous ses ennemis par la justice de Dieu.


Ce psaume relate la confiance en l’Éternel du résidu pieux traversant la détresse des jours de la fin. Pour un temps, Dieu demeurera silencieux au cri du Juif fidèle et abandonnera apparemment les siens entre les mains de leurs ennemis. Christ est entré pleinement dans de telles souffrances. Aussi, bien que ces versets ne s’appliquent pas littéralement au Seigneur, nous trouvons dans ce passage des expressions utilisées par Christ lui-même.

V. 1-5 — Pour être délivré de tous ses ennemis, l’homme pieux se confie dans la justice de Dieu et s’attend à l’Éternel. Dieu, dans sa justice absolue, devient le rocher sur lequel la foi peut s’appuyer, la forteresse contre laquelle l’ennemi ne peut rien. Dieu étant son rocher et son lieu fort, le croyant regarde à lui pour être mené et conduit à cause de son nom, pour être délivré par la force de Dieu de tout piège caché et être gardé dans son esprit, car il est un de ses rachetés.

V. 6-8 — La confiance de l’âme pieuse repose non pas sur les vaines superstitions de l’homme, mais en l’Éternel lui-même et en sa bonté, en Celui qui a vu son affliction et a connu ses détresses. Avec cette assurance, le fidèle réalise que bien loin d’être livré entre les mains de ses ennemis, il se tient devant Dieu dans une position de liberté quant à son âme.

V. 9-13 — Pourtant, relativement à l’apparence extérieure, l’âme est livrée en la puissance de l’ennemi. Les circonstances de cette épreuve sont placées devant l’Éternel. Tout le corps du fidèle en est affecté ; sa vie se consume dans la tristesse et ses années dans le gémissement ; sa force faiblit à cause de sa détresse (« iniquité » peut être rendu plus exactement par « misère » ou « détresse »).

Par rapport aux autres hommes, le croyant est un opprobre à ses ennemis ; ses voisins et ceux de sa connaissance l’évitent par crainte d’avoir à partager sa honte et son épreuve. Ils préfèrent oublier le fidèle et le traiter comme un vase de rebut inutilisable. Plusieurs le calomnient ; l’homme pieux est un objet de terreur de tous côtés ; et certains complotent de lui ôter la vie.

V. 14-18 — Malgré cette profonde détresse, sachant que ses temps sont en la main de l’Éternel, l’âme se confie en lui. Aussi s’attend-elle à Dieu pour être délivrée de ses ennemis et désire-t-elle que la face de Dieu luise sur elle. Le fidèle demande de ne pas être confus, car il a invoqué l’Éternel, mais que les méchants qui ont méprisé le juste soient confus et amenés à se taire.

V. 19-22 — Dans les derniers versets, nous trouvons la réponse au cri de l’homme pieux. Aussi sombres que soient les circonstances, le croyant découvre que la bonté de Dieu est « mise en réserve » pour ceux qui le craignent, même si, pour un temps, les fils des hommes semblent réussir. Quels que soient les événements extérieurs, Dieu peut garder les siens cachés dans le lieu secret de sa face, les mettre à couvert des contestations des langues et finalement, manifester sa bonté admirable. Accablé par les circonstances, le fidèle avait dit dans son agitation : « Je suis retranché de devant tes yeux ». Cependant, au temps de la détresse la plus profonde, lorsque apparemment Dieu était resté silencieux, la voix de la supplication de l’homme pieux avait été entendue.

V. 23, 24 — À la suite de ses expériences, l’âme appelle tous les fidèles à aimer l’Éternel, à se fortifier et à avoir leur attente en lui.


4.1.32 - Psaume 32

La félicité de celui dont le péché est pardonné et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude.


Le principe directeur de ce psaume est la pleine confession du péché à Dieu, confession qui conduit au pardon. Comme chrétiens, nous savons qu’en vertu de la mort de Christ — du sang précieux — ce principe est vrai qu’il s’agisse du pardon éternel pour le pécheur s’approchant de Dieu, ou du pardon gouvernemental pour un enfant qui est tombé et revient au Père. Dans ce psaume, nous avons exclusivement le pardon gouvernemental en faveur du résidu pieux en Israël.

V. 1, 2 — Les premiers versets indiquent le sujet du psaume : la félicité de celui dont la transgression est pardonnée et dont le péché est couvert. Il est bienheureux, non parce qu’il n’y a pas de péché, mais parce que celui-ci est couvert : il n’est pas imputé. Le péché n’est pas nié, ni excusé ou amoindri : ce serait de la fraude. Il est pleinement confessé.

V. 3-5 — Ces versets montrent par quelles expériences le psalmiste a passé pour atteindre cette félicité. Quand il se taisait, refusant de confesser ses péchés, la main de Dieu s’appesantissait sur lui ; sa conscience ne lui laissait pas de repos, ni jour ni nuit. Enfin, sous le poids de la main de Dieu, il y a pleine confession. Le péché est reconnu devant Dieu, rien ne lui est caché, et alors tout est pardonné.

V. 6, 7 — Dieu est maintenant connu comme un Dieu de pardon. Pour cette raison — parce qu’il est un Dieu de pardon — le fidèle peut toujours s’approcher de lui avec confiance, au temps où on le trouve. Des jours viennent où les hommes chercheront Dieu, mais ils ne le trouveront pas. Aujourd’hui est le temps agréable où, en vertu de l’œuvre de Christ, on le trouve. Le rejet de la grâce conduit au jugement : les hommes ne trouveront alors plus Dieu, mais Dieu les trouvera.

Se tournant avec confiance vers Dieu, le psalmiste réalise sa sécurité malgré les ennemis et les difficultés qui l’assaillent comme un déluge de grandes eaux. Connaissant Dieu comme un Dieu de pardon, il se confie en lui et trouve en l’Éternel Celui qui est un asile dans la tempête, qui garde dans la détresse et qui donne les « chants de triomphe de la délivrance ».

V. 8-11 — En outre, celui qui s’adresse à Dieu est non seulement gardé mais aussi conduit dans le chemin. Dieu guide le fidèle dans son chemin ; il a son œil sur nous, comme Celui qui s’intéresse profondément aux siens. De plus, il nous donne de discerner sa pensée, afin que nous ne soyons pas comme le cheval ou le mulet qui n’ont pas d’intelligence. Certes ils sont dirigés, mais sans qu’il y ait d’entendement de leur part. Si nous sommes dans le chemin où Dieu désire nous voir marcher, nous serons environnés de bonté ; la droiture de cœur amènera à se réjouir en l’Éternel et à connaître la joie.


4.1.33 - Psaume 33

Les fidèles en Israël invités à célébrer l’intervention de Dieu en faveur de la nation.


Ce psaume célèbre la pleine délivrance d’Israël de tous ses ennemis, et montre que cette libération ne sera pas opérée par les conseils des hommes, la victoire des armées ou la force humaine, mais par l’Éternel lui-même.

V. 1-3 — La victoire vient de l’Éternel, aussi les justes sont-ils invités à exulter en l’Éternel, à célébrer l’Éternel et à lui chanter un cantique nouveau.

V. 4, 5 — Cette grande délivrance manifeste que la parole et les œuvres de l’Éternel sont droites. Sa parole et ses œuvres font connaître son caractère. L’Éternel « aime la justice et le jugement », et la bonté est liée à sa justice.

V. 6-9 — Par sa parole il a créé toutes choses. La terre entière et tous les habitants sont appelés à reconnaître Dieu comme étant le Créateur tout-puissant.

V. 10, 11 — En outre, anéantissant les conseils des nations, sa parole et ses œuvres manifestent que les desseins de l’Éternel non seulement s’accompliront, mais subsisteront à toujours.

V. 12-17 — Alors « bienheureuse la nation qui a l’Éternel pour son Dieu ». Elle peut avoir gravement manqué, mais Dieu, ayant choisi Israël, accomplira les pensées de son cœur à l’égard de la nation. Les hommes s’opposent, mais Dieu a vu tous les fils des hommes. Il connaît leur cœur, il considère leurs œuvres. Les hommes se confient en leurs rois, leurs armées et leur « grande force », mais l’Éternel dispose de tout selon ses desseins.

V. 18, 19 — En attendant, les yeux de l’Éternel sont sur ceux qui le craignent et qui s’attendent à sa bonté. Il les délivrera de la mort et les préservera durant les temps de famine.

V. 20-22 — Le psaume se termine par la réponse des fidèles à la bonté de l’Éternel, manifestée dans sa parole et dans ses œuvres. Ils s’attendent à l’Éternel et se réjouissent en lui.


4.1.34 - Psaume 34

Les expériences du résidu pieux, exprimées par le psalmiste : des expériences par lesquelles il apprend à se soumettre à Dieu en toutes circonstances, et ainsi à bénir l’Éternel en tout temps.


La louange de ce psaume est exprimée par un saint dont la volonté a été brisée. Il a connu les frayeurs (v. 4) ; il peut avoir passé par un chemin sombre (v. 5) ; il a été environné de détresses (v. 6, 7), et a même connu le besoin (v. 9, 10), mais parce qu’il avait l’esprit brisé et humilié, sa volonté n’a pas opéré en secret pour l’amener à se rebeller dans ses pensées contre son dur sort. Aussi n’y a-t-il ni irritation ni colère, signes certains de la volonté propre. Il trouve l’Éternel plus grand que toutes ses craintes.

V. 1-3 — Les trois premiers versets indiquent le sujet du psaume. Le fidèle bénit l’Éternel, se glorifie en lui, le magnifie, et cela « en tout temps ». Cette louange en tout temps est la pensée distinctive de ce psaume. Il est facile de louer l’Éternel quand les circonstances sont favorables, que nulle crainte ne nous assaille et qu’il n’y a pas de nuage dans le ciel, lorsqu’il n’y a pas de détresse qui nous accable, ni de danger à affronter. Bénir l’Éternel « en tout temps », dans les mauvais jours comme dans les bons, est une expérience que seul peut faire celui qui a le cœur brisé et l’esprit abattu (v. 18). Voilà ce que ce psaume présente d’une façon si touchante.

V. 4-7 — Les versets suivants énumèrent les circonstances dans lesquelles le psalmiste a appris à louer l’Éternel en tout temps. Les « frayeurs » l’assaillaient ; la crainte de malheurs qui paraissaient imminents l’accablait. Mais il a cherché l’Éternel et a été délivré de toutes ses frayeurs (v. 4).

L’obscurité semblait voiler le chemin du peuple de Dieu ; mais « ils ont regardé vers lui, et ils ont été illuminés » (v. 5). Les peines écrasaient cet homme affligé ; mais il « a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses » (v. 6). Les dangers assaillent le peuple de Dieu. Toutes les puissances invisibles de méchanceté sont contre lui ; mais même alors il fait l’expérience que « l’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et les délivre ».

V. 8-10 — Le fidèle a trouvé en l’Éternel l’ami intime qui se tient près de lui dans ses détresses ; il a appris à connaître Dieu au travers d’expériences vécues. Il peut alors en inviter d’autres à goûter et à voir que l’Éternel est bon, à craindre l’Éternel et à le rechercher, pour découvrir que ceux qui font de lui leur ressource « ne manquent d’aucun bien ».

V. 11-18 — Mais les bénédictions dont parle le psalmiste requièrent une marche revêtant un certain caractère (v. 11-17) et un bon état d’âme (v. 18). Cela conduit l’auteur du psaume à tracer le chemin de la paix à travers un monde troublé. Pour connaître ce chemin, veillons à : 1° garder notre langue du mal ; 2° nos lèvres de proférer la tromperie — de prononcer de belles paroles en ayant de mauvais motifs ; 3° nous retirer du mal et, 4° faire le bien ; 5° chercher la paix et la poursuivre. Ceux qui suivent ce chemin réaliseront que les yeux de l’Éternel sont sur les siens et que ses oreilles sont ouvertes à leur cri. Il n’est pas indifférent à leurs détresses : il les voit toutes ; il n’est pas sourd à leur cri : il entend le plus faible soupir (v. 15).

En outre, l’Éternel est parfaitement au courant de tout le mal, car sa face est contre ceux qui le pratiquent (v. 16) ; lorsque les voies de Dieu trouveront leur aboutissement, la mémoire de celui qui fait le mal sera retranchée, tandis que le juste sera délivré de toutes ses détresses (v. 16-18).

Mais il n’y a pas seulement un bon chemin à suivre ; l’état de l’âme doit encore correspondre à ce chemin. C’est ce qu’on trouve dans « le cœur brisé » et « l’esprit abattu ». La marche extérieure, aussi correcte soit-elle, n’est pas suffisante pour recevoir la vraie bénédiction au jour de la détresse. Si l’épreuve produit de l’irritation et de la colère, ne serait-ce qu’en pensée, c’est le signe sûr que la volonté propre est à l’œuvre. L’esprit peut se rebeller dans l’épreuve, s’irriter de la perversité des individus qui poursuivent le mal et refusent le bien. L’âme pieuse, dans son désir qu’il en soit autrement, peut s’impatienter et connaître le trouble en constatant que ce qu’elle considère comme le droit chemin n’est pas suivi. Mais quand, brisé à cause du mal, le cœur se soumet entièrement à tout ce que Dieu permet dans son gouvernement, alors — la volonté n’agissant plus — le croyant trouvera une grande bénédiction dans l’épreuve, et bénira l’Éternel « en tout temps ».

V. 19-22 — Cependant, si l’homme droit trouve ainsi une grande bénédiction spirituelle, cela ne signifie pas que les souffrances lui seront épargnées dans un monde mauvais. Car « les maux du juste sont en grand nombre ». Mais l’Éternel le délivrera de toutes ses afflictions au moment voulu et de la manière choisie par lui. En attendant, il garde ses saints : « Il garde tous ses os ». Le jugement frappera les méchants : ils « en porteront la peine ». « L’Éternel rachète l’âme de ses serviteurs ; et aucun de ceux qui se confient en lui ne sera tenu pour coupable ».


4.1.35 - Psaume 35

Un appel à Dieu de traiter ses ennemis de la même manière que ceux-ci ont traité les fidèles.


V. 1-3 — Ce psaume commence par un appel adressé à Dieu de traiter les méchants comme eux ont traité les justes. « Éternel ! conteste contre ceux qui contestent contre moi ; fais la guerre à ceux qui me font la guerre. » L’âme demande à Dieu d’intervenir activement contre ses persécuteurs, et en faveur de celui qui est persécuté.

V. 4-10 — Dans ces versets, le psalmiste présente ses raisons de demander la destruction de ses ennemis. Ils ont cherché la vie de l’homme pieux ; ils ont comploté son malheur ; ils ont préparé secrètement, pour la ruine de son âme, un filet dans une fosse. Tout cela a été fait sans cause. Lorsque la destruction viendra sur eux, le juste se réjouira dans le salut de Dieu, et l’Éternel sera exalté. Il sera dit : « Qui est comme toi ? »

V. 11-16 — Dans les versets qui suivent, le psalmiste place devant l’Éternel la situation et la conduite de l’homme pieux dans cette épreuve. De faux témoins l’ont accusé de choses dont il était innocent. Ils lui ont rendu le mal pour le bien. Dans ces circonstances pénibles, l’affligé ne s’est pas laissé aller à l’indignation ; il n’a pas proféré d’insultes ni ne s’est rebellé contre cet état. Au contraire, il s’est soumis devant Dieu : « J’humiliais mon âme dans le jeûne », et a manifesté de la grâce envers ses persécuteurs : « J’ai marché comme si c’eût été mon compagnon, mon frère ». Pourtant ses ennemis « n’ont pas cessé » ; et leur hostilité n’ayant pas d’effet, « ils ont grincé les dents » contre le fidèle.

V. 17, 18 — Après avoir exposé sa cause à l’Éternel, l’homme pieux demande : « Seigneur ! jusques à quand regarderas-tu ? » Il sait qu’une limite doit être mise à la persécution. La foi s’attend à l’Éternel pour qu’il délivre l’âme des destructions des méchants. Alors le fidèle célébrera l’Éternel « dans la grande congrégation » : Israël restauré, et « au milieu d’un grand peuple » : toutes les nations.

V. 19-28 — Dans ces versets, le psalmiste réclame l’intervention de l’Éternel pour deux motifs. Premièrement, à cause de l’iniquité des méchants ; deuxièmement, pour maintenir la justice, que ce soit la justice de l’Éternel (v. 24) ou la juste cause du fidèle (v. 27).

L’iniquité des ennemis se manifeste dans leur haine infondée envers le fidèle (v. 19). Ils suscitent des querelles contre ceux qui sont pour la paix : « les hommes paisibles du pays » (v. 20). Ils rendent de faux témoignages, proclamant hautement avoir vu du mal dans le fidèle (v. 21).

Mais l’Éternel a vu la méchanceté de ces ennemis, et il ne peut rester indifférent au mal. Aussi l’âme le supplie-t-elle d’intervenir et de juger la cause du fidèle selon la justice divine, de ne pas permettre que les méchants triomphent sur celui dont la cause est juste (v. 22-27).

L’Éternel ayant agi, il sera exalté, et son serviteur connaîtra la prospérité : le fidèle deviendra un témoin de la justice de l’Éternel et conduira sa louange (v. 27, 28).


4.1.36 - Psaume 36

Le caractère du méchant en contraste avec Dieu et avec la bénédiction de ceux qui se confient en Dieu.


V. 1-4 — Le psaume commence par une description du méchant. La connaissance du caractère d’un tel homme ne permet pas de croire à ses déclarations. Sa vie montre qu’il agit sans la crainte de Dieu. Même quand son iniquité se présente pour être haïe, il prouve par ses vanteries qu’il est sans conscience devant les hommes.

V. 5-7 — En contraste avec le méchant, la connaissance du caractère de Dieu invite les fils des hommes à la plus grande confiance. Les cieux, avec le soleil et la lune, constituent un témoignage perpétuel à la bonté de Dieu (Matt. 5:45). La fidélité de Dieu à sa propre parole est attestée par l’arc dans la nuée (Gen. 9:16). Sa justice est aussi stable que les montagnes, et ses jugements sont aussi profonds qu’un grand abîme. Les soins de Dieu s’étendent à toutes ses créatures : « l’homme et la bête ».

En outre, la bonté de Dieu a été révélée aux hommes. Aussi, malgré leur péché, les fils des hommes peuvent-ils se réfugier sous l’ombre de ses ailes.

V. 8, 9 — La bénédiction de ceux qui mettent leur confiance en Dieu. Ils seront abondamment rassasiés de la graisse de sa maison et abreuvés au fleuve de ses délices : il s’agit de toutes les bénédictions que Dieu s’est proposées dans son cœur pour l’homme. En la lumière de l’Éternel, les fidèles verront la lumière : la lumière de ce que Dieu est éclaire tout pour ceux qui sont dans la lumière.

V. 10-12 — La prière pour que sa bonté continue envers ceux qui connaissent Dieu. Le psalmiste demande que les justes soient préservés des méchants qui, cela est prédit, seront renversés et ne pourront plus se relever.


4.1.37 - Psaume 37

Une exhortation aux fidèles à se confier en l’Éternel et à ne pas se laisser troubler par la prospérité passagère des méchants.


V. 1, 2 — Les deux premiers versets présentent le thème du psaume : un avertissement aux fidèles de ne pas s’irriter dans leur esprit à cause de la prospérité présente des méchants. Ceux-ci seront bientôt fauchés comme l’herbe.

V. 3-11 — La foi en l’Éternel est le moyen d’éviter ce piège. C’est pourquoi il est dit à l’âme pieuse : « Confie-toi en l’Éternel » ; « fais tes délices de l’Éternel » ; « remets ta voie sur l’Éternel » ; « demeure tranquille, appuyé sur l’Éternel » et « attends-toi » à l’Éternel.

Au lieu de s’irriter, que le fidèle se confie en l’Éternel, et il verra les méchants être « fauchés », alors que lui habitera le pays et sera rassasié.

Au lieu de s’irriter à cause de ceux qui font le mal, le croyant se réjouira en l’Éternel, et il sera satisfait.

Au lieu de se laisser troubler et détourner du droit chemin à cause de la prospérité des méchants, le juste s’en remettra à l’Éternel. Aussi difficile que soit la situation présente, Dieu maintiendra le chemin de l’homme pieux et manifestera la justice de celui qui persévère dans sa confiance en l’Éternel.

Au lieu de s’impatienter parce que le méchant prospère momentanément dans ses voies, que l’âme demeure tranquille, appuyée sur l’Éternel, et qu’elle s’attende à lui. Se reposant sur lui, elle sera gardée de céder à la colère et au courroux en voyant les désirs du méchant se réaliser. L’irritation ne ferait qu’entraîner l’âme dans le mal. Au moment voulu de l’Éternel, les méchants seront retranchés, et ceux qui s’attendent à lui hériteront le pays.

En outre, la patience n’aura pas à être exercée longtemps, car « encore un peu de temps » et le méchant ne sera plus, mais les débonnaires seront bénis.

V. 12-15 — Ces versets présentent l’attitude de l’Éternel à l’égard du méchant. Si nous nous occupons trop de la prospérité du méchant, nous pouvons nous irriter et concevoir de la colère et de l’impatience ; mais l’Éternel se rit du méchant qui complote contre le juste, car il voit venir le jour où, dans le gouvernement de Dieu, les méchants tomberont par la violence même qu’ils ont exercée contre les justes. Ceux qui prennent l’épée périront par l’épée.

V. 16-20 — Dans ces versets, nous découvrons l’attitude de l’Éternel à l’égard des fidèles. Le peu du juste vaut mieux que l’abondance des méchants, car ce peu bénéficie du support de l’Éternel : « L’Éternel soutient les justes ». L’Éternel connaît leurs jours et a en réserve pour les siens un héritage éternel. Et même si, pour parvenir à cet héritage, ils doivent passer par des temps d’épreuve et des jours de famine, les croyants ne seront pas confus ni abandonnés dans le besoin. Les méchants périront, ils s’en iront comme la fumée.

V. 21-38 — Ces versets placent devant nous le chemin des fidèles, leur part présente et leur fin, en contraste avec les méchants.

Les méchants empruntent sans retenue et sont maudits ; le juste use de grâce, donne et est béni (v. 21, 22).

Les pas de l’homme pieux sont établis par l’Éternel. Le croyant tombera peut-être, mais il ne sera pas entièrement abattu, car l’Éternel le soutient (v. 23, 24).

Les besoins du juste sont satisfaits, même comblés, de sorte qu’il peut donner aux autres. Que le fidèle se retire donc du mal et fasse le bien, puisque l’Éternel n’abandonne pas ses saints ; il les garde à toujours et les introduit dans le pays de son choix ; les méchants, eux, seront retranchés (v. 25-29).

« La bouche du juste profère la sagesse, et… la droiture » : elles jaillissent d’un cœur qui aime la loi de Dieu. Les pas de l’homme pieux ne chancellent pas, car l’Éternel ne l’abandonnera pas entre les mains de ceux qui l’épient pour le faire mourir. Sachant qu’il héritera le pays, tandis que ceux qui cherchent à le faire tomber seront retranchés, que le fidèle s’attende donc à l’Éternel et garde sa voie (v. 30-34).

Certes le méchant peut avoir une grande apparence de prospérité — comme un arbre vert — pour un temps, cependant il passera et ne sera plus trouvé. L’homme intègre doit peut-être traverser l’épreuve, mais sa fin est la paix, alors que celle du méchant est d’être retranché (v. 35.-38).

V. 39, 40 — Aussi droites que soient leur marche et leurs voies, les fidèles sont invités à ne pas oublier que leur salut vient de l’Éternel. Il est leur force au temps de la détresse, leur secours dans les besoins et celui qui délivre des méchants tous ceux qui se confient en lui.


4.1.38 - Psaume 38

Le fidèle abandonné par ses amis et connaissances, couvert d’opprobre par des ennemis, alors qu’il souffre sous le châtiment de Dieu pour son propre péché.


Les psaumes 38 et 39 présentent les voies gouvernementales de l’Éternel envers un croyant en tant que résultat direct d’un péché et d’un manquement individuel. Il ne s’agit pas, comme dans beaucoup d’autres psaumes, du péché de la nation. Ces expériences de l’âme sous le châtiment nous montrent sans doute les exercices du résidu pieux des Juifs dans un jour à venir. Mais elles contiennent aussi des principes importants qui sont applicables en tout temps à un saint qui a connu une chute.

V. 1-5 — L’âme reconnaît pleinement que ses souffrances viennent d’une part de l’Éternel et, d’autre part, qu’elles sont le résultat direct du péché. Elle peut dire : « Ta main est descendue sur moi » et aussi à l’égard du châtiment, qu’il est « à cause de mon péché », de « mes iniquités » et de « ma folie ».

V. 6-8 — Il est accordé au saint qui a manqué de sentir et d’exprimer, à cause de son péché, la misère, l’humiliation et la faiblesse de son état. Le croyant doit dire : « Je suis accablé et extrêmement courbé », « je suis languissant et extrêmement brisé ».

V. 9-12 — Pourtant il n’est pas permis que sa foi chancelle. Son âme trouve le secours en l’Éternel. Elle est réconfortée par la pensée que, si son péché est devant l’Éternel, son gémissement l’est aussi : « Mon gémissement ne t’est point caché ». Quand sa force l’abandonne (v. 10), quand ceux qui l’aiment, ses compagnons et ses proches se tiennent à distance (v. 11), et quand ses ennemis profitent de sa chute pour le couvrir d’opprobre, chercher son mal, parler de malheurs et dire des tromperies, le saint qui a manqué se tourne vers l’Éternel.

V. 13-15 — Malgré tout ce que l’ennemi dit ou fait, le fidèle reste muet et ne réplique pas, car il est conscient d’avoir lui-même péché. Il se remet entre les mains de l’Éternel qui répondra s’il le juge bon à l’ennemi : « Je m’attends à toi, Éternel ! Toi, tu répondras, Seigneur, mon Dieu ! »

V. 16-20 — S’exaltant lui-même, l’ennemi qui ne connaît ni l’amour du bien ni la haine du mal profite du faux pas du fidèle pour se réjouir de la chute qui s’ensuit. Quant au fidèle, son péché l’a amené à réaliser sa propre faiblesse : « Je suis prêt à boiter ». Il est toujours conscient de son péché et en mène deuil. Ses ennemis en prennent occasion pour le persécuter, non pas à cause de son manquement, mais parce qu’il poursuit ce qui est bon.

V. 21, 22 — Tous se sont peut-être détournés de lui, mais il a confiance que l’Éternel ne l’abandonnera pas. Le fidèle s’attend à Dieu pour être secouru et délivré.


4.1.39 - Psaume 39

Le silence d’une âme pieuse châtiée par Dieu à cause de son péché, face aux accusations des méchants.


V. 1-3 — Le fidèle reste muet en présence des méchants. Dieu le châtie à cause de son manquement : il ne convient donc pas au croyant de répondre à leurs accusations, bien qu’il les sache motivées par leur haine contre lui. Il aurait pu répliquer, mais cela l’aurait entraîné à pécher par sa langue. Aussi s’en est-il abstenu ; il est resté muet, même à l’égard du bien. Pourtant, s’il a gardé le silence, son cœur s’est échauffé au-dedans de lui.

V. 4-6 — Quand enfin il parle, c’est à l’Éternel qu’il s’adresse. Son propre manquement et la méchanceté des hommes qui profitent de la chute des saints pour s’exalter, rappellent au fidèle la fragilité humaine. Par cette épreuve, il apprendra à connaître la brièveté de la vie, la faiblesse de la chair et la vanité du monde. Les hommes se promènent parmi ce qui n’est qu’une vaine apparence et s’agitent pour amasser des biens qu’ils devront abandonner.

V. 7-11 — L’homme pieux regarde au-delà de « ce qui n’a que l’apparence », il s’attend à l’Éternel : en lui il a son attente et toutes ses espérances. C’est à l’Éternel qu’il regarde pour être délivré tant de ses transgressions que de l’opprobre de l’insensé qu’elles ont suscité à son encontre. Il n’ose pas se défendre lui-même, car c’est l’Éternel qui a frappé. Seul celui qui est intervenu par cette discipline peut y mettre fin. Sous le châtiment de l’Éternel, toute la beauté de l’homme décline comme la splendeur passagère du papillon.

V. 12, 13 — Ayant confessé son péché et sa faiblesse, le fidèle met sa confiance en Dieu. L’Éternel écoutera sa prière. Les larmes du croyant parleront en sa faveur, afin qu’il soit épargné et qu’il retrouve sa force avant de quitter la scène de son pèlerinage.


4.1.40 - Psaume 40

Christ entrant personnellement dans les afflictions de son peuple, faisant, pour l’encouragement de ce dernier, l’expérience de la délivrance de l’Éternel, opérée en faveur de celui qui se soumet à Dieu et attend patiemment son secours.


V. 1-4 — Les premiers versets donnent le grand thème du psaume. Christ a attendu patiemment que l’Éternel le fasse monter hors du puits de la destruction. Il y était entré en raison de la volonté de Dieu et pour la bénédiction de son peuple. Maintenant, il est entendu, délivré, établi sur un roc, et un cantique nouveau est mis dans sa bouche.

Ainsi beaucoup seront encouragés à se confier en l’Éternel. Le chemin suivi par le Seigneur impliquait en fait qu’il soit affligé et pauvre dans ce monde (v. 17). Néanmoins bienheureux celui qui, encouragé par l’exemple de cet Homme affligé et pauvre, met sa confiance en Dieu, ne regarde pas à l’apparence extérieure et n’a pas non plus égard à l’orgueilleux.

V. 5 — De plus, les voies de Dieu envers Christ manifestent aussi la beauté de ses œuvres et de ses pensées à notre égard. Quand nous considérons Christ devenu homme, rendant un témoignage fidèle à Dieu dans le monde, entrant dans nos souffrances, s’attendant à Dieu, délivré et établi sur un roc au-delà de toute souffrance, nous voyons les pensées de Dieu à notre égard.

V. 6-8 — La révélation de ces pensées envers nous commence par l’incarnation de Christ. Il vient selon le propos éternel de Dieu pour faire la volonté de Dieu. Christ étant venu, tout le système lévitique est mis de côté : il ne répond ni aux désirs de Dieu ni aux besoins des hommes. Pour remplacer ces sacrifices inefficaces, Christ est venu dans un corps préparé pour lui, afin d’accomplir la volonté de Dieu.

V. 9, 10 — Dans son chemin de service, Christ a été le témoin fidèle. Il a parfaitement accompli la volonté de Dieu au milieu d’Israël — la grande congrégation. Là, il a manifesté une fidélité absolue à l’Éternel. Il n’a pas retenu ses lèvres, ni gardé la vérité au-dedans de son cœur par crainte des conséquences. Il a pu dire : « Je n’ai point caché ta justice… j’ai parlé de ta fidélité et de ton salut ; je n’ai point celé ta bonté et ta vérité ».

V. 11, 12a) — Christ s’attend à l’Éternel pour être gardé par la bonté et la vérité qu’il a annoncées avec tant de fidélité ; car en réponse à son témoignage fidèle, il a été l’objet de l’opposition de ceux qui, dans leur haine, cherchaient à le détruire. « Des maux sans nombre m’ont entouré », peut-il dire.

V. 12b), 13 — L’accomplissement de la volonté de Dieu a conduit Christ dans des souffrances encore plus profondes. C’est la volonté de Dieu que, par l’offrande du corps de Jésus Christ, son peuple soit détourné de tout ce qui ne convient pas devant lui. Et l’accomplissement de cette volonté implique nécessairement que Christ porte les péchés de son peuple. Aussi voyons-nous ici Christ confesser comme étant siens les péchés de son peuple, et en porter le poids.

Ce passage ne nous conduit pas aussi loin que le psaume 22, où Christ subit la juste colère de Dieu sur les péchés : une œuvre indispensable, que lui seul pouvait accomplir et dans laquelle personne d’autre ne peut entrer. Dans le psaume 40, il s’agit de la confession et du fardeau des péchés ; d’autres peuvent les connaître, mais Christ seul les a pleinement réalisés. Certes le croyant devrait sentir l’horreur de ses péchés et les confesser ; pourtant il reste toujours conscient qu’il le fait bien imparfaitement et qu’il ressent bien faiblement leur gravité. Mais, pour notre consolation, nous savons qu’ils ont été entièrement confessés et que toute leur horreur a été pleinement réalisée. Confessant nos péchés comme étant les siens, le Seigneur pouvait dire : « Mes iniquités m’ont atteint, et je ne puis les regarder ». Dans cette terrible épreuve, il a été le modèle parfait pour d’autres : il s’attendait à l’Éternel seul pour être délivré et secouru.

V. 14-16 — Ces versets distinguent le résidu pieux en Israël de la masse de la nation qui rejette Christ. Ceux qui ont refusé le témoignage fidèle de Christ dans sa vie et dans sa mort seront rendus honteux. Ceux qui cherchent l’Éternel et son salut se réjouiront et magnifieront l’Éternel.

V. 17 — Ainsi le Seigneur termine son chemin dans ce monde comme l’affligé et le pauvre. Mais, ayant parfaitement accompli la volonté de son Père, il a l’assurance que Dieu pense à lui, et qu’il sera son secours et Celui qui le délivre. Cela conduit à l’aboutissement glorieux mentionné dans les premiers versets. Christ est entendu, délivré, établi sur le terrain de la résurrection, comme Celui qui entonne un cantique nouveau, « la louange de notre Dieu ».


4.1.41 - Psaume 41

L’humiliation du résidu pieux mais méprisé au milieu d’une nation impie. L’identification de Christ avec le Résidu et la bénédiction qui en résulte pour les Juifs fidèles.


V. 1-3 — Ces versets montrent la bénédiction de celui qui considère (ou « comprend ») la position du résidu pieux en Israël, appelé ici « le pauvre ». Comme nous l’apprennent les évangiles, Christ est entré pleinement dans cette position et a goûté les afflictions des fidèles (voir Matt. 5:3 ; Luc 6:20). Aussi, bien que ce psaume dans son ensemble ne puisse pas être appliqué exclusivement à Christ, nous y trouvons des expressions employées par le Seigneur. Toutefois Christ entre d’une manière si parfaite dans la position et dans les afflictions des pauvres du troupeau, que la bénédiction consiste non seulement à considérer le pauvre résidu, mais tout spécialement à reconnaître Christ comme le Pauvre qui s’est identifié avec les fidèles.

Une bénédiction peut certes découler de l’attention que l’on porte à ceux qui, semblables aux pauvres du troupeau, et à Christ qui est devenu pauvre, sont l’objet des soins spéciaux de l’Éternel. Ils seront délivrés au mauvais jour, gardés, conservés en vie et bénis dans le pays lorsqu’ils auront été délivrés de tous leurs ennemis. Ils seront fortifiés dans leur faiblesse, et guéris de leurs maladies.

V. 4-9 — Ces versets décrivent en détail les humiliations qu’inflige une nation impie aux fidèles en Israël. Mais premièrement l’âme se rejette sur la grâce de l’Éternel, et confesse ses péchés qui lui ont attiré le châtiment de l’Éternel.

Profitant de ce châtiment, les ennemis expriment leur haine ; ils désirent la mort du fidèle. Toutefois ils agissent avec la plus grande hypocrisie : ils vont le voir dans le but de divulguer ensuite contre lui des accusations imaginées ou réelles. Ils complotent et conçoivent du mal contre le fidèle, ils le diffament et lui souhaitent méchamment une fin rapide. Le croyant est trahi par celui qui prétend être son intime ami — une épreuve que le Seigneur a connue (Jean 13:18).

V. 10-12 — En présence de ces humiliations, l’Éternel est la ressource de l’homme pieux qui s’attend à lui pour trouver grâce et délivrance. Il réalise que l’Éternel prend plaisir en lui, puisqu’il ne permet pas que l’ennemi triomphe. Il est maintenu dans son chemin d’intégrité et il est établi devant la face de l’Éternel pour toujours.

V. 13 — Parce que Christ est entré d’une manière si belle dans les souffrances des fidèles, l’Éternel, le Dieu d’Israël, sera béni d’éternité en éternité : tel est le glorieux résultat de toutes les voies de Dieu envers son peuple.


4.2 - Commentaire sur les Psaumes du Livre deuxième

4.2.1 - Psaume 42

L’expérience d’un homme pieux, lorsqu’il est chassé de Jérusalem, exprimant la confiance en Dieu du résidu juif croyant dans les derniers jours.


Le grand thème de ce psaume est la foi du fidèle en Dieu lui-même. Chassé du pays et privé des bénédictions du sanctuaire, il s’attache à Dieu, sa seule ressource lorsque toutes les autres ont disparu.

V. 1, 2 — Les circonstances si pénibles font que l’âme a soif de Dieu — du Dieu vivant. De même que le cerf altéré est ranimé par les courants d’eau, l’âme qui regarde à Dieu, le Dispensateur de la vie, est ravivée, en attendant le moment où elle paraîtra devant lui dans son sanctuaire.

V. 3, 4 — Les afflictions de l’homme pieux proviennent de ce qu’il n’a plus ses privilèges et qu’il est entouré de moqueurs. Les railleurs profitent de cette situation, quand l’âme semble être abandonnée, pour répéter continuellement : « Où est ton Dieu ? » En outre, l’âme souffre de voir l’ennemi occuper le temple où autrefois elle adorait Dieu en compagnie de Son peuple. Maintenant que les privilèges dont il jouissait auparavant sont perdus, le fidèle les apprécie plus profondément qu’alors.

V. 5 — Mais le souvenir des bénédictions goûtées dans le passé amène l’âme à se reprocher son découragement. Elle s’attend d’autant plus à Dieu pour l’avenir. Notre attente réside en ce que Dieu est en lui-même et non pas dans une intervention de sa part à un moment donné. « Mon âme… attends-toi à Dieu ». Regardant au-delà de l’obscurité passagère, l’homme pieux peut dire : « Je le célébrerai encore : sa face est le salut ». L’ennemi est contre lui, mais la face de Dieu est tournée vers lui ; et si Dieu est pour lui qui sera contre lui ?

V. 6-8 — Pourtant les circonstances présentes sont telles que l’âme est abattue, bien qu’elle ne cesse pas de se souvenir de Dieu, depuis les montagnes arides au-delà du Jourdain où le fidèle a été banni. Là ses calamités sont comparées à des vagues et à des flots envoyés par Dieu pour submerger son âme. Mais le croyant regarde au jour où « l’Éternel commandera à sa bonté ». En attendant, il sera réconforté de nuit par la louange et la prière (voir Actes 16:25).

V. 9-11 — Dans l’assurance du jour à venir, l’homme pieux se repose sur Dieu, son Rocher. Il doit peut-être affronter les tempêtes de l’opposition de la part des ennemis qui l’accablent et l’outragent en lui disant sans cesse : « Où est ton Dieu ? » Mais nulle tempête ne peut atteindre ou ébranler le Rocher en qui le juste se confie. Les circonstances peuvent lui arracher le cri : « Pourquoi m’as-tu oublié ? » Néanmoins, parce que Dieu est son Rocher, il peut de nouveau combattre la tendance naturelle au désespoir en disant : « Pourquoi es-tu abattue, mon âme ? et pourquoi es-tu agitée au-dedans de moi ? Attends-toi à Dieu ». Et avec une confiance renouvelée, l’âme peut ajouter : « Je le célébrerai encore : il est le salut de ma face et mon Dieu ». La faveur de la face de Dieu (v. 5) devient ici le salut de la face du fidèle.


4.2.2 - Psaume 43

L’homme pieux regardant à Dieu pour être délivré de ses ennemis, et ramené dans le sanctuaire, à la montagne sainte de Dieu, pour le louer.


V. 1, 2 — Le grand thème du psaume 42 est l’âme qui languit après le Dieu vivant. Au psaume 43, le désir profond de l’homme pieux est d’être délivré de ses différents ennemis — « une nation sans piété » : les Juifs, « l’homme trompeur et inique » : l’Antichrist, et « l’oppression de l’ennemi » : les Gentils.

Conscient de sa faiblesse extrême, le fidèle réalise que Dieu est le Dieu de sa force. Pourtant ses circonstances extérieures — il est chassé du pays laissent supposer qu’il est rejeté de Dieu.

V. 3, 4 — Il demande à ne pas être trompé par l’obscurité environnante ni jugé selon les apparences, mais à être conduit par la lumière et la vérité de Dieu. À juger par les circonstances et la vue, il serait entraîné loin de Dieu. Dirigé par la lumière et la vérité de Dieu, il sera amené à la « montagne sainte » de Dieu et à ses « demeures ».

Ainsi, délivré de tout ennemi, et conduit par la lumière et la vérité, le désir du cœur du psalmiste est qu’il soit enfin trouvé à l’autel de Dieu, comme adorateur dans la maison de l’Éternel.

V. 5 — Encouragé par cette perspective, le psalmiste se reproche de nouveau sa lassitude et les anxiétés qui troublent son âme. Il se stimule à s’attendre à Dieu qu’il célébrera encore. Sa face sera alors illuminée dans la pleine jouissance de la faveur de Dieu.


4.2.3 - Psaume 44

La foi du résidu pieux, comptant sur ce que Dieu a fait pour son peuple dans le passé et reconnaissant Dieu comme son Roi. Les fidèles regardent à l’Éternel pour qu’il vienne à leur secours et les délivre de tous leurs ennemis.


V. 1-3 — Bien que rejeté du pays et opprimé par ses ennemis, le résidu pieux s’attache avec une foi simple à ce que ses pères lui ont raconté des œuvres puissantes de Dieu en faveur de son peuple dans le passé. En ces jours, ce n’est pas par sa propre puissance que le peuple de Dieu avait été conduit dans le pays et que ses ennemis avaient été chassés. La « droite » de Dieu, son « bras », avait introduit Israël dans la bénédiction, parce que Dieu était favorable à son peuple et prenait plaisir en lui.

V. 4-8 — Maintenant que l’ennemi possède de nouveau le pays et que le peuple de Dieu en est chassé, le résidu croyant se réclame de Dieu comme son Roi et s’attend à lui. Une fois encore, Dieu est sollicité pour qu’il délivre par sa puissance son peuple de ses ennemis. Les fidèles ne mettent pas leur confiance dans leur arc ou dans leur épée, mais dans le Dieu qui autrefois les a délivrés de leurs adversaires. Ils se glorifieront en Dieu et célébreront son nom à toujours.

V. 9-16 — Les justes exposent à Dieu les conditions présentes de ceux qui professent leur attachement à l’Éternel, et les voies de Dieu à l’égard des siens, qui ne sont plus maintenant ce qu’elles étaient dans le passé. Non seulement les Juifs sont rejetés, défaits, dépouillés par leurs ennemis et dispersés parmi les nations, mais c’est Dieu lui-même, qui autrefois opérait en leur faveur, qui les a rejetés, les a fait reculer devant leurs adversaires et les a dispersés. Ils reconnaissent que la main de Dieu est sur eux en gouvernement, que Dieu les a vendus à la captivité et a fait d’eux un « opprobre », une « risée », une « raillerie » et un « proverbe ». Ainsi l’âme pieuse est continuellement confrontée à la confusion et à la honte du peuple de Dieu, car la voix de ceux qui outragent et injurient parle sans cesse contre celui-ci.

V. 17-22 — Néanmoins, au milieu de toute leur confusion et leur honte, les fidèles peuvent invoquer leur intégrité. Ils n’ont pas oublié Dieu. Face aux outrages et aux blasphèmes de l’ennemi, ils n’ont rien à dire, car ils sont conscients du manquement total de la nation ; mais dans la présence de Dieu, ils peuvent encore plaider qu’ils ne l’ont pas oublié et qu’ils ne se sont détournés ni de son alliance ni de ses voies.

Les fidèles sont « écrasés » et « couverts de l’ombre de la mort » ; pourtant ils n’ont pas oublié le nom de Dieu ni étendu leurs mains vers un dieu étranger. S’ils l’avaient fait, Dieu l’aurait su, car il « connaît les secrets du cœur ». Les justes font donc appel à la parfaite connaissance de Dieu. Loin de se détourner vers un dieu étranger, ils souffrent tous les jours, ils sont exposés à la mort parce qu’ils s’attachent au vrai Dieu.

V. 23-26 — Ils crient à Dieu : « Réveille-toi ; ne nous rejette pas pour toujours ». Ils invoquent leur profonde misère et sa grâce infinie. Ils sont dans l’affliction et l’oppression, courbés et écrasés ; mais en Dieu, ils trouvent secours et bonté.

Ce psaume développe des principes très importants, que nous pouvons en tout temps appliquer au peuple de Dieu dans les jours de ruine. Premièrement, au mauvais jour nous devrions toujours apprécier la puissance et la bonté de Dieu d’après la manière dont il a agi envers son peuple au commencement de la dispensation, et veiller à ne pas juger Dieu en fonction du bas état dans lequel se trouve le peuple d’Israël à cause de ses manquements (v. 1-3).

Deuxièmement, malgré toutes ses fautes, le peuple devrait se confier en Dieu comme étant Celui seul qui peut amener la délivrance. Le fidèle ne peut pas remédier à son propre état par ses efforts (v. 4-8).

Troisièmement, dans un jour de ruine, il convient au peuple de Dieu de s’incliner sous la main de l’Éternel en châtiment, de regarder au-delà des causes secondaires, et de reconnaître que c’est Dieu lui-même qui a permis que les siens soient en opprobre et en proverbe (v. 9-16).

Quatrièmement, malgré les manquements et le châtiment divin qui en a été la conséquence, les croyants ne doivent en aucun cas abandonner la vérité, ni penser qu’une faute commise libère temporairement de la responsabilité d’obéir à la Parole ou de marcher continuellement dans le sentier tracé par Dieu. Dans un jour de ruine, leur privilège et leur responsabilité restent de garder l’alliance, de marcher dans le chemin de Dieu, de s’attacher à son nom et de souffrir pour lui (v. 17-22).

Enfin, tout en confessant leurs manquements, les fidèles doivent s’attendre à Dieu seul : « Lève-toi, aide-nous » (v. 23-26).


4.2.4 - Psaume 45

Un cantique du Bien-aimé : Christ y est présenté en réponse à l’appel du fidèle au psaume 44. Il est vu dans sa perfection morale, comme celui qui est puissant dans la bataille, et finalement comme le Roi régnant en justice, avec Israël restauré sous l’image d’une reine.


V. 1 — Le psalmiste chante avec un cœur qui « bouillonne d’une bonne parole ». Il est plein, il déborde, car le sujet de son cantique est le Roi dans sa beauté. Ses paroles ne sont pas la simple répétition de ce que d’autres ont dit : il parle des gloires qu’il a lui-même discernées dans le Roi. Sa langue est le style d’un écrivain habile. Un cœur vide a pour effet une langue silencieuse. Un cœur bouillonnant délie la langue : de l’abondance du cœur, la bouche parle.

V. 2 — Le psalmiste, s’adressant au Bien-aimé et exprimant les sentiments de l’épouse terrestre, peut dire : « Tu es plus beau que les fils des hommes ». Le Roi surpasse tous les autres en beauté et en excellence morale. De plus sa perfection morale met la grâce sur ses lèvres : « La grâce est répandue sur tes lèvres ». La grâce de ses paroles est le résultat de l’amour de son cœur. « C’est pourquoi », dit le psalmiste — en vertu de Sa valeur intrinsèque — « Dieu t’a béni à toujours ». D’autres sont bénis par l’œuvre du Seigneur et sa valeur ; Christ seul parmi tous les hommes est béni à cause de sa propre excellence.

V. 3-5 — En raison de son excellence, à cause même de sa perfection morale, le Roi a rencontré l’inimitié des hommes qui ne veulent pas reconnaître ses droits comme Roi. Aussi le jugement de ses ennemis doit-il précéder l’établissement de son trône. L’homme pieux invite donc le Roi à ceindre son épée pour le jour de la bataille. Le Roi n’est pas seulement parfait moralement : il est tout-puissant, un « homme vaillant ».

L’épée ceinte marque la fin du jour de son humiliation ; le moment est venu pour lui de se revêtir de gloire et de magnificence. Lorsqu’il s’avancera dans sa splendeur, comme celui qui est puissant dans la bataille, il prospérera, car il combattra contre les forces du mal « à cause de la vérité et de la débonnaireté et de la justice ». Il maintiendra la vérité, vengera les opprimés et établira la justice. Dans les guerres de ce monde, les rois de la terre s’inquiètent peu de la vérité ; les faibles sont écrasés et trop souvent la force prévaut sur le droit. Un royaume prospère et un trône permanent ne peuvent être établis par de tels moyens. Mais ici nous avons Celui qui fait la guerre non pas simplement pour conquérir des territoires ou se faire un nom, mais pour établir la justice et bénir les faibles de la terre. Avec ces motifs et ce but, le roi, au jour de la bataille, mènera en avant son char à travers les rangs ennemis et triomphera de tout obstacle. Les peuples tomberont sous lui, ses adversaires seront vaincus et ne se relèveront plus.

V. 6, 7 — Il établira ainsi un trône qui sera pour toujours et à perpétuité, dont le sceptre sera manié avec justice. Et puis, dans ce jour, le Roi sera reconnu comme une personne divine, on s’adressera à lui comme à Dieu. Le Roi n’est rien moins que le Fils de Dieu. Néanmoins, il est devenu homme et, comme homme, il a aimé la justice et haï la méchanceté ; on a pu dire de lui : « Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons ». La justice doit être la base d’un royaume qui demeure à toujours ; d’elle découleront la joie et le bonheur. D’autres auront part aux gloires du royaume, mais Christ, comme Roi, aura toujours la première place.

Ainsi le Roi nous a été présenté dans sa perfection morale (v. 2), comme Celui qui est puissant dans la bataille et qui triomphe de tous les ennemis (v. 3-5), et enfin comme Celui qui règne en justice, dans la gloire de sa personne, exalté au-dessus de ses compagnons dans une dignité royale (v. 6, 7).

V. 8 — Il nous est maintenant accordé de contempler le Roi dans une nouvelle gloire, comme l’Époux au jour de ses noces. Lorsque Christ aura été reconnu dans les cieux comme le Roi tout-puissant, les noces de l’Agneau auront lieu (Apoc. 19:6-8) ; de même lorsque Christ paraîtra sur la terre pour régner comme Roi des rois, Israël sera restauré et deviendra l’épouse terrestre.

Christ a revêtu un jour les vêtements de l’humiliation ; puis il est sorti pour la guerre dans un vêtement trempé dans le sang. Maintenant les jours de son abaissement sont passés, sa victoire est totale, et il paraît dans des vêtements qui parlent d’un caractère imprégné de toute grâce. Non seulement la joie provient de son trône (v. 7), mais il est lui-même réjoui de la joie de son peuple. Enfin il habite au milieu des louanges d’Israël (Ps. 22:3).

V. 9 — Les nations, représentées sous l’image des « filles de roi », rendront hommage au Roi. Mais la place d’honneur sera réservée à Israël restauré, évoqué devant nous sous la figure de la reine qui est à la droite du roi (voir És. 54:5 ; Jér. 3:1 ; Osée 2:19, 20).

V. 10-12 — Le psalmiste, utilisant l’image d’une épouse, invite Israël restauré à considérer la relation nouvelle dans laquelle la nation va entrer, et à oublier un passé douloureux marqué par tant de manquements et d’infidélités envers l’Éternel. Alors les chefs de la nation s’étaient glorifiés en leurs pères et avaient rejeté Christ. Israël restauré est appelé à reconnaître que, faisant partie du peuple, il a perdu tout droit à la bénédiction. Il doit apprendre maintenant que s’il hérite la bénédiction, c’est seulement grâce à Christ et en relation avec lui — Celui qui a été rejeté par leurs pères. Le résidu fidèle est invité à se séparer de la nation coupable afin d’être entièrement pour Christ. Ainsi seulement l’Éternel pourra se réjouir en Israël, et Israël pourra adorer l’Éternel.

Consacré de cette façon à l’Éternel, Israël exercera un attrait puissant sur les nations, représentées par « la fille de Tyr » et « les plus riches des peuples » (*). Elles viendront avec leur offrande pour rechercher la faveur de la nation en qui le Roi a trouvé son plaisir. Dans le même esprit, Ésaïe peut dire : « Les fils de tes oppresseurs viendront se courber devant toi, et tous ceux qui t’ont méprisée se prosterneront à la plante de tes pieds » (És. 60:14).


(*)Note du traducteur : « les plus riches du peuple » ou « les plus riches des peuples »


V. 13-15 — La nation juive restaurée a une place spéciale d’honneur, dans la soumission et la consécration au roi. Les nations ont apporté leur offrande, se soumettant à Israël. Maintenant Israël rétabli et ceux d’entre les nations qui se sont convertis, représentés en figure par l’épouse et ses compagnes, sont préparés pour le roi et présentés à Christ avec joie et allégresse, pour jouir d’une place d’intimité et de proximité : « Elles entreront dans le palais du roi ».

V. 16, 17 — Dans les derniers versets de ce psaume, nous entendons la voix de l’Éternel, s’exprimant par le psalmiste. L’Éternel annonce qu’Israël restauré ne regardera pas en arrière vers ses pères par qui toutes les bénédictions ont été perdues ; mais il se réjouira dans ses fils qui seront établis pour princes dans tout le pays. Avant tout, Christ sera exalté et célébré à toujours. D’autres noms seront oubliés, mais le nom de Christ sera rappelé dans toutes les générations, et lui-même sera l’objet de la louange parmi tous les peuples à toujours et à perpétuité.


4.2.5 - Psaume 46

La confiance en Dieu manifestée par les Juifs du Résidu, confiance acquise par l’expérience de ce que Dieu a été pour les siens dans les temps de trouble.


V. 1— Dans le psaume 45, les fidèles ont contemplé Christ, présenté comme Celui qui vaincra tous leurs ennemis et établira un règne de justice. Aussi peuvent-ils dire avec la confiance la plus entière : « Dieu est notre refuge et notre force ». En outre, non seulement ils peuvent déclarer qu’ils « ont entendu » les grandes choses que Dieu a faites pour son peuple dans le passé, comme au psaume 44, versets 1 à 8, mais, ayant une expérience plus profonde de la bonté de Dieu, ils peuvent ajouter : « Dieu est… un secours dans les détresses, toujours facile à trouver ».

V. 2, 3 — Ayant pleinement confiance que Dieu est un secours toujours facile à trouver dans les détresses, les fidèles peuvent faire face aux circonstances qui réclament un « refuge », de la « force » et du « secours ». Dans une scène de confusion et de révolte, la terre est déplacée ou « transportée de sa place » ; les montagnes, images de gouvernements stables (Matt. 21:21), sont renversées au milieu des nations qui connaissent le désordre. Le mugissement des masses, révoltées contre toute forme de gouvernement constitutionnel, sème la terreur dans le cœur des hommes qui rendent « l’âme de peur et à cause de l’attente des choses qui viennent sur la terre » (És. 5:26-30 ; Luc 21:26). Mais, ayant Dieu pour leur refuge, les fidèles peuvent dire : « C’est pourquoi nous ne craindrons point ».

V. 4-7 — Libérés de la crainte des circonstances présentes, aussi terribles soient-elles, les fidèles peuvent considérer calmement ce que Dieu a devant lui selon le propos de son cœur. Ils voient « la ville de Dieu » et les « demeures du Très-Haut » réjouies par le fleuve de Dieu. Les montagnes qui les entourent peuvent être renversées, mais la ville vers laquelle ils vont « ne sera pas ébranlée ». De plus ils discernent que le lever du matin est proche, quand Dieu secourra sa ville (v. 5). Les nations peuvent se déchaîner et leurs royaumes être ébranlés, mais rien ne peut faire obstacle à l’accomplissement du propos de Dieu. Il n’a qu’à faire entendre sa voix et tout ennemi se fondra. Mais si Dieu est contre les nations, en tant que l’Éternel des armées il est avec les fidèles ; et parce qu’il est à leurs côtés, il est leur haute retraite, comme il a été celle de Jacob lorsqu’il lui a dit : « Je suis avec toi ; et je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans cette terre-ci » (Gen. 28:15 ; Héb. 13:5, 6). Et comme Élisée en a aussi fait l’expérience à Dothan, lorsqu’il dit à son serviteur : « Ne crains pas ; car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux » (2 Rois 6:14-17).

V. 8, 9 — De plus, ayant le propos de Dieu devant leur âme, les fidèles voient que, par les dévastations de la terre, Dieu travaille à l’accomplissement de son dessein, et qu’au temps convenable, il fera cesser les guerres. Car s’il envoie la désolation, il établit aussi la paix.

V. 10, 11 — Ainsi, comprenant le propos de Dieu et ses voies gouvernementales par lesquelles il l’exécute, les fidèles n’ont plus qu’à se tenir tranquilles et à attendre que Dieu agisse. Le moment venu, Dieu sera exalté sur la terre ; il sera alors manifeste que l’Éternel des armées est avec son peuple, et que le Dieu de Jacob lui est une haute retraite.


4.2.6 - Psaume 47

Israël, anticipant sa délivrance et la victoire sur ses ennemis, célèbre le triomphe de Dieu et invite les nations à se joindre à lui pour louer Dieu.


V. 1-4 — Par l’Apocalypse, nous savons qu’au jour de l’épreuve qui précède le règne de Christ, une grande multitude d’entre les nations sera sauvée. Apparemment c’est cette grande foule, « ceux d’entre les peuples qui sont de bonne volonté » (v. 9) qui sont invités dans ce psaume à exprimer leur joie par des cris de triomphe, parce que Dieu a vaincu tous leurs ennemis. L’Éternel, le Très-Haut s’est montré terrible envers ceux qui refusent de reconnaître ses droits. Il n’est pas seulement un roi : il est « un grand roi » auquel personne ne peut résister. Il a soumis les Gentils et a exalté Israël au-dessus des nations ; et dans sa grâce souveraine, il a choisi le pays d’Israël, « la gloire de Jacob qu’il a aimé ».

V. 5-9 — Le psalmiste, anticipant le moment où Dieu aura pris possession de son trône terrestre, invite chacun à chanter avec intelligence la louange de Dieu, le roi de toute la terre, qui règne sur les nations et dont le trône est caractérisé par la sainteté. Tous les ennemis ayant été assujettis sous les pieds d’Israël, ceux d’entre les peuples qui sont de bonne volonté seront réunis au peuple du Dieu d’Abraham, et par les soins divins, la terre entière sera protégée de tout mal (« les boucliers de la terre »). Alors la bénédiction s’étendra sur toute la terre et Dieu lui-même sera fort exalté.


4.2.7 - Psaume 48

La célébration du règne du roi en Sion, la ville de Dieu, enfin délivrée de l’ennemi et établie comme le centre du gouvernement pour toute la terre.


Ce psaume complète la série qui a commencé avec le psaume 44. Dans ce dernier, ayant entendu leurs pères parler des délivrances que Dieu avait opérées autrefois, les fidèles s’attendent à Dieu pour qu’il vienne à leur secours et les rachète de la puissance de l’ennemi. Le psaume 45 présente Christ comme la réponse au cri que les fidèles ont fait monter vers Dieu pour avoir du secours. Il est Celui par qui la délivrance viendra. Le psaume 46 exprime la confiance en Dieu acquise par l’expérience de sa bonté dans le présent, et non pas simplement par l’évocation de ce qu’il a fait dans le passé. Le psaume 47 célèbre l’intervention de Dieu en faveur de son peuple : il a établi Christ comme « roi sur toute la terre », il a exalté Israël au-dessus des nations, et il a invité les nations à s’unir à Israël pour louer l’Éternel. Le psaume 48 présente le Roi établi en Sion, le centre de gouvernement pour toute la terre. Aussi le fidèle dit-il : « Comme nous avons entendu », allusion au psaume 44, « ainsi nous l’avons vu ».

V. 1-3 — Le psaume commence par une expression de louange à l’adresse de l’Éternel qui a établi son trône en Sion, « la ville de notre Dieu ». Vient ensuite une description de la gloire de la ville. Elle est décrite comme « sa montagne sainte », ce qui convient pour le lieu d’habitation de l’Éternel. La sainteté étant établie, la ville qui était désolée devient maintenant belle, la joie de toute la terre. L’expression « aux côtés du nord » semble indiquer la bénédiction dont jouit la ville aux yeux du monde. Les ennemis du peuple de Dieu étaient montés autrefois du nord. Maintenant Dieu habite dans la ville : il est son défenseur et sa haute retraite. Ainsi la ville est publiquement reconnue comme étant sainte, belle, une joie et un refuge pour le peuple de Dieu.

V. 4-7 — Nous avons ensuite une description vivante du jugement subit par lequel la ville avait été délivrée des ennemis du peuple de Dieu. Une confédération de rois s’était assemblée contre la cité. Ils passèrent en revue leurs armées qui défilaient en ordre de bataille : ils découvrirent alors qu’ils avaient affaire non pas simplement avec l’homme, mais avec la toute-puissance de Dieu. Étonnés et troublés, ils s’enfuirent, pris d’une soudaine panique, tremblants comme une femme surprise par les douleurs de l’enfantement, et brisés comme un navire dans une tempête.

V. 8-10 — Le fidèle peut alors non seulement dire : « Nous avons entendu de nos oreilles, nos pères nous ont raconté l’œuvre que tu as opérée dans leurs jours, aux jours d’autrefois » (Ps. 44:1), mais : « comme nous l’avons entendu, ainsi nous l’avons vu dans la ville de l’Éternel des armées ». De plus, la ville délivrée maintenant sera établie « pour toujours ». Lorsque les Juifs étaient chassés du pays, ils avaient pensé à la bonté de Dieu (Ps. 42:8) ; maintenant que la ville est libérée de l’ennemi, le fidèle peut se réjouir dans la bonté de Dieu « au milieu de ton temple ». La louange de Dieu, selon tout ce qu’il est — exprimé par « ton nom » — s’étendra jusqu’aux bouts de la terre, et la puissance de sa droite sera connue en justice par le monde entier.

V. 11-14 — Le psaume se termine par l’appel à la montagne de Sion de se réjouir, et aux filles de Juda de s’égayer. En paix les habitants peuvent contempler la beauté de Sion manifestée dans ses remparts et ses palais, et alors ils pourront raconter cette grande délivrance aux générations à venir, reconnaissant que le Dieu qui a opéré la délivrance est leur Dieu pour toujours et à perpétuité. Plus jamais les nations ne se détourneront après l’idolâtrie. Ainsi jusqu’à la mort, Dieu sera leur Dieu et leur guide.


4.2.8 - Psaume 49

En vue des jugements de Dieu prêts à s’abattre sur le monde, tous les habitants sont mis en garde contre la folie de se confier dans les richesses pour affronter « le mauvais jour ». Ce psaume montre la vanité des richesses et la fin de ceux qui se glorifient en leurs biens. Il encourage le fidèle à se confier au mauvais jour en Dieu qui, non seulement rachète de la mort, mais ensuite reçoit l’âme.


V. 1-4 — Tous les habitants de ce monde qui passe, indépendamment de leur position sociale, qu’ils soient riches ou pauvres, sont invités à écouter la sagesse de celui qui parle avec intelligence, ou discernement. Le psalmiste s’exprime comme quelqu’un qui a entendu la voix de Dieu et est ainsi capable d’expliquer l’énigme de la vie avec toute l’assurance de l’inspiration.

V. 5 — Le psalmiste commence son avertissement par une parole d’encouragement pour l’homme pieux qui vit dans un mauvais jour, entouré par ceux qui cherchent à le faire tomber. Pourquoi craindrait-il ? Les versets qui suivent, en exposant la vanité totale de ceux qui se confient dans leurs richesses, répondent à cette question. Pour celui qui se confie en Dieu il n’y a pas de crainte.

V. 6-14 — Le psalmiste dénonce la folie de se confier dans la prospérité, de se glorifier dans les richesses. Malgré tous ses biens, l’homme ne peut pas racheter son frère de la mort, ni s’assurer la bénédiction de Dieu. Le rachat de l’âme est précieux, plus que toutes les richesses du monde ; Dieu seul a la puissance de racheter de la mort. Il est impossible d’ignorer ce qui est commun à tous les hommes, sages, sots ou insensés : tous meurent, et en mourant ils doivent laisser leurs richesses à d’autres. Ils peuvent chercher à assurer leur descendance, à maintenir leurs demeures et à perpétuer leur nom. Néanmoins, si dans cette vie l’homme parvient à être en honneur, il n’est pas en son pouvoir de prolonger ses jours. La mort frustre ses plans et met en évidence la folie de ses voies, même si ceux qui viennent après lui approuvent ses propos. Malgré leurs pensées intérieures, exprimées dans leurs « propos », leurs richesses restent en arrière et leurs splendides demeures se réduisent à une tombe étroite. Leur beauté a sa fin dans la corruption.

V. 15 — C’est ici la réponse à la question posée par le pauvre qui se confie en Dieu. « Pourquoi craindrais-je au mauvais jour ? » En contraste avec ceux qui se confient dans les richesses, celui qui se confie en Dieu peut dire : « Dieu rachètera mon âme de la puissance du shéol, car il me prendra. » L’âme rachetée par Dieu sera recueillie par lui après que la mort aura mis fin à la vie présente.

V. 16-20 — Aussi ceux qui se confient en Dieu n’ont pas à craindre quand le succès et la prospérité terrestre viennent combler l’homme du monde. Ils n’ont pas besoin de craindre de s’être trompés en se confiant en Dieu ou d’avoir perdu beaucoup de ce dont le monde jouit. Qu’ils se souviennent que lorsque l’homme du monde meurt, il n’emporte rien avec lui. Il n’a pas été riche quant à Dieu. Il laisse tout derrière lui et n’a accumulé aucun trésor pour le monde à venir. Ni les richesses terrestres ni la gloire du monde ne peuvent le suivre dans le tombeau. Il peut avoir « bien réussi » dans cette vie, et être considéré par les autres comme un homme heureux. À la fin, il meurt, comme ses pères avant lui. Il ne verra jamais la lumière et, pour ce qui concerne ce monde, il est semblable aux bêtes qui périssent.


4.2.9 - Psaume 50

Un témoignage de Dieu aux cieux et à la terre, pour reprendre ceux qui se contentent d’une religion de formes sans la puissance.


Le psaume 49 censure la folie de l’homme du monde qui se confie dans ses richesses ; le psaume 50 reprend l’homme religieux qui se confie dans une religion de formes.

V. 1, 2 — Dieu, dans sa majesté, comme le Dieu fort, l’Éternel, s’adresse à toute la terre, du soleil levant jusqu’au soleil couchant. Il parle depuis Sion et ses propos, par conséquent, s’adressent à l’homme en bénédiction souveraine.

V. 3-6 — Ces versets proclament que, par le jugement, Dieu est parvenu au trône de bénédiction en Sion. Pendant de longs siècles, Dieu a gardé le silence alors que le monde mûrissait pour le jugement. À la fin, le silence sera rompu et Dieu viendra avec le feu dévorant du jugement.

La scène ayant été purifiée par le jugement, Dieu rassemble autour de lui ceux qui sont en relation avec lui sur le fondement du sacrifice : la mort de Christ. La terre a manifesté l’injustice de l’homme ; maintenant enfin, les cieux déclareront la justice de Dieu qui, d’une part exerce le jugement contre ceux qui ont rejeté Christ et, d’autre part, bénit ceux qui se confient en Christ.

V. 7-13 — Ces versets exposent le témoignage de Dieu à Israël ; il reproche aux Juifs de se confier dans la forme extérieure de la religion. Dieu ne les reprend pas à l’égard des sacrifices, dont il ne tient pas compte. Il ne demande pas à l’homme des sacrifices : il recherche la justice. Dieu est fatigué par les sacrifices que les hommes religieux lui offrent continuellement, comme s’il réclamait d’eux du bétail ou comme s’il avait faim et avait besoin de chair. Tout animal de la forêt est à lui, ainsi que les bêtes sur mille montagnes. Le monde, et tout ce qu’il contient, est à sa disposition.

V. 14, 15 — Dieu demande un esprit de louange, et l’accomplissement pratique des vœux. Il désire que l’homme se confie en lui et l’invoque au jour de la détresse.

V. 16-21 — Hélas ! tout en observant une suite de cérémonies religieuses, ceux qui professent être le peuple de Dieu haïssent la correction et rejettent avec mépris les paroles de Dieu. Ils ne sont peut‑être pas coupables de péchés grossiers, comme voler, mais ils se sont plu avec le voleur, et ont eu leur portion avec les adultères, même si cela n’a été qu’en pensée et par l’imagination. Ils se sont servis de leur bouche pour mal parler, tromper et calomnier.

Et parce que Dieu gardait le silence et usait de patience, les hommes ont cru que tout était bien et que, comme eux, il se satisfaisait de pratiques religieuses extérieures. Toutefois lorsque Dieu parle, il soulève la question de l’iniquité de l’homme. « Tu as fait ces choses-là ». La religion de l’homme consiste en formes extérieures et ne suscite aucun trouble de conscience. Dieu commence par la conscience et pose la question : « Qu’est-ce que tu as fait ? » (voir Gen. 3:13 ; 4:10).

V. 22, 23 — Le formaliste peut bien être religieux, mais il oublie Dieu. Qu’il prenne garde de ne pas être surpris par le jugement ! Qu’il glorifie Dieu en lui sacrifiant la louange et en réglant sa voie ; alors il verra le salut de Dieu.


4.2.10 - Psaume 51

Les expériences d’une âme repentante, anticipant la confession des péchés du résidu pieux des Juifs aux derniers jours, quand ils s’humilieront devant Dieu d’avoir rejeté et mis à mort Christ (v. 14).


Le psaume 49 nous met en garde contre l’homme du monde qui se confie dans ses richesses. Le psaume 50 reprend l’homme religieux qui se confie dans les formes extérieures de la religion, tels les sacrifices et les holocaustes. Le psaume 51 présente l’homme repentant qui, reconnaissant que les sacrifices et les holocaustes ne servent à rien (v. 16), s’humilie devant Dieu et compte sur sa grâce pour être purifié.

V. 1-3 — Au début de ce psaume, l’homme repentant fait appel à la grâce et à la bonté de Dieu. Il a discerné la « grandeur » des compassions de Dieu et, par conséquent, que la grâce de Dieu est plus grande que son péché. Le fils prodigue de la parabole pouvait dire : « Combien de mercenaires de mon père ont du patin en abondance ».

À la lumière de la grâce de Dieu, l’homme repentant peut reconnaître ses transgressions et son péché et regarder à Dieu pour qu’il efface ses péchés de devant sa face et qu’il le purifie du péché qui est continuellement devant lui.

V. 4 — Quelles que soient nos transgressions contre les hommes, tout péché est contre Dieu. L’homme repentant est profondément convaincu du vrai caractère du péché : il est contre Dieu et c’est à ses yeux qu’il est mauvais. Pécher, c’est défier Dieu, aussi Dieu sera-t-il justifié quand il jugera le pécheur.

V. 5, 6 — De plus, le psalmiste remonte à l’origine du péché pour montrer qu’il ne s’agit pas simplement des actes mauvais, mais d’une nature mauvaise. Le pécheur a donc besoin non seulement d’être purifié de ses péchés présents, mais d’avoir une nouvelle nature dans « l’homme intérieur ».

V. 7, 8 — Ayant confessé son péché, l’homme repentant demande à Dieu de le purifier avec de l’hysope. Il est fait allusion ici à la purification du lépreux et de ceux qui s’étaient souillés par le contact avec un corps mort. L’hysope était trempée dans le sang dont il était ensuite fait aspersion sur la personne qui devait être purifiée. Cela parle clairement du fondement juste en vertu duquel Dieu peut purifier : le sang précieux de Christ. Une fois purifiée, l’âme retrouve l’allégresse et la joie.

V. 9-13 — La purification du pécheur repentant n’est pas la seule préoccupation du psalmiste. Il exprime encore le désir que Dieu lui-même cache sa face de ses péchés, et que la purification ne soit pas seulement extérieure, mais intérieure, afin qu’il ait « un cœur pur » et « un esprit droit ». Rendu propre à la présence de Dieu et rempli de l’Esprit, le fidèle retrouvera alors la joie de son salut. Soutenu par un « esprit de franche volonté », qui contraste avec ses activités passées au mépris de Dieu, le pécheur repentant, maintenant restauré, sera capable d’enseigner à ses semblables les voies de Dieu, afin que des pécheurs se tournent vers Dieu.

V. 14, 15 — Après avoir recherché la purification de ses propres péchés, le psalmiste demande la délivrance de la coulpe du sang de la nation, qui a pris sur elle le sang de son Messie (Matt. 27:25). Alors effectivement il chantera la « justice » de Dieu, exprimée, nous le savons, dans la mort de Christ. Déclarer la justice de Dieu conduira à annoncer la louange du Seigneur.

V. 16, 17 — Ayant tiré profit du témoignage de Dieu au psaume 50, l’âme ne se confie plus maintenant dans les sacrifices légaux. Elle est amenée à réaliser que, si elle s’attend à la grâce de Dieu pour être purifiée, le seul état qui convienne est un « esprit brisé » et un « cœur brisé et humilié » : Dieu ne méprisera ni l’un ni l’autre.

V. 18, 19 — La repentance du résidu des Juifs, présentée à l’avance dans ce psaume, ouvre la voie à la restauration de Sion, selon le bon plaisir de Dieu. Alors il prendra plaisir aux sacrifices offerts non pas dans la pensée légale d’obtenir la bénédiction, mais comme le témoignage du fondement sur lequel la nation est bénie. (Voir Ézéch. 43:18, 27 ; 45:15-25).


4.2.11 - Psaume 52

La foi du résidu pieux mis en présence de l’Antichrist, dénonçant son caractère véritable, défiant sa puissance et prédisant son destin, tandis que les Juifs fidèles se confient dans la bonté de Dieu et attendent sa délivrance.


V. 1 — Le premier verset place devant nous l’Antichrist — l’inique — qui se glorifie du mal et qui occupe une place de puissance : un « homme fort ». Il peut sembler pour un temps que tout cède devant lui ; néanmoins, le mal ne pourra pas durer, tandis que la bonté de Dieu subsiste.

V. 2-4 — Nous avons ensuite une description de ce méchant tel que le voit l’homme pieux. Pour ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, ses paroles peuvent paraître belles, mais elles trament des malheurs, comme un rasoir affilé qui coupe avant qu’on s’en aperçoive. Ainsi ce personnage sera reconnu comme « pratiquant la fausseté ». En outre, il aime le mal plus que le bien ; c’est ainsi que, plus tard, l’apôtre aura l’occasion d’annoncer que l’Antichrist s’opposera à « tout ce qui est appelé Dieu ». Ce méchant aime aussi « le mensonge plus que la parole de justice » ; de nouveau l’apôtre peut dire que cet homme de péché sera caractérisé par « toute séduction d’injustice ». Enfin ses paroles sont des « paroles de destruction » agissant comme « une énergie d’erreur » sur ceux qui tombent sous sa domination (Cf. 2 Thess. 2:3-12).

V. 5 — Le psalmiste prédit le jugement absolu et final de ce méchant qui sera déraciné de la terre des vivants (cf. 2 Thess. 2:8 ; Apoc. 19:20).

V. 6, 7 — Le jugement de cet inique est suivi par l’explosion de joie du juste qui voit la destruction de celui qui s’opposait à Dieu et se confiait dans l’abondance de ses richesses.

V. 8, 9 — En contraste avec le méchant, l’homme pieux, au lieu d’être arraché de sa tente (v. 5), prospérera « dans la maison de Dieu comme un olivier vert ». Il se confiera en la bonté de Dieu pour toujours et à perpétuité ; il célébrera Dieu à jamais à cause de ce qu’Il a fait ; il s’attendra à tout ce que Dieu est et qui trouve son expression dans son nom. Ainsi, la confiance, la louange et l’attente sont placées devant les saints de Dieu comme ce qui est bon.


4.2.12 - Psaume 53

La condition du monde sous la conduite de l’Antichrist — l’homme rejetant toute connaissance de Dieu.


V. 1 — L’Antichrist du dernier jour, en qui « l’insensé » aura son expression suprême, niera Dieu, s’opposant, et s’élevant contre tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénération (2 Thess. 2:4). Il rassemblera autour de lui des disciples caractérisés par la corruption et la perversité. Comme toujours, la folie qui nie Dieu donne libre cours à l’avilissement de l’homme déchu. L’infidélité et l’immoralité vont de pair. N’avoir « point de Dieu » dans le cœur conduit à « point de bien » dans la vie.

V. 2, 3 — Néanmoins, le Dieu que les hommes nient observe patiemment l’homme. Dieu ne juge pas précipitamment. Il regarde « sur les fils des hommes, pour voir s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui recherche Dieu ». Le résultat de son enquête est qu’il « n’y a personne qui fasse le bien ». Sans la grâce de Dieu, la race humaine entière est trouvée comme gisant dans la corruption.

V. 4, 5 — Il y a cependant ceux en qui Dieu a opéré : ceux qu’il peut appeler « mon peuple ». Les méchants qui nient Dieu dévorent son peuple sans la moindre crainte de Dieu (cf. Jér. 10:25 ; Lament. 2:16).

Ceux qui ont été « saisis de frayeur » semblent faire allusion à la nation infidèle des Juifs, associée à l’Antichrist (És. 33:14). Ils craignent en voyant les armées campées contre Sion. En fait il n’y aura pas de sujet de frayeur, car Dieu détruira les adversaires, il méprisera et rendra confus ceux qui n’avaient fait aucun cas de lui.

V. 6 — Ce verset nous présente le désir de l’homme pieux, souhaitant que le salut d’Israël, saisi par la foi, soit déjà venu. Quand Dieu régnera en Sion, alors Israël sera rétabli avec joie et allégresse.


4.2.13 - Psaume 54

La prière du résidu pieux des Juifs demandant d’être délivré « par ton nom » — le nom de Dieu : par ce qui est en accord avec tout ce que signifie la révélation de Dieu.


V. 1-3 — Dans la première partie de ce psaume, nous découvrons la prière d’un homme pieux qui invoque le « Nom » et la « puissance » de Dieu. Le psalmiste demande que Dieu, selon la révélation donnée de lui-même, agisse en puissance pour faire justice à son peuple.

Ayant rappelé sa dépendance de Dieu, le psalmiste expose son épreuve devant lui. Il est opprimé par des étrangers : les ennemis extérieurs à la nation ; et des hommes violents : les ennemis au milieu du peuple de Dieu. Contrairement aux fidèles, ces adversaires « n’ont pas mis Dieu devant eux ». N’ayant pas de crainte de Dieu, ils ne sont pas dépendants de lui.

V. 4-7 — La seconde partie du psaume donne par avance une réponse à la prière. Le psalmiste a la confiance que Dieu répondra à sa prière, car Dieu est son secours ; et, bien que d’autres cherchent sa vie (v. 3), Il est celui qui soutient l’âme du croyant. Le Seigneur est entre ceux qui soutiennent son âme, mais il rendra le mal aux ennemis de son peuple et les détruira selon sa vérité.

Délivré de ses ennemis, l’homme pieux offrira de franche volonté son sacrifice à l’Éternel. L’offrande du fidèle sera non plus l’accomplissement d’une obligation légale ou la simple observation d’une forme extérieure, mais l’expression d’un cœur reconnaissant qui discerne que le nom de l’Éternel est bon. Le psalmiste peut dire que Dieu a répondu à sa prière en le délivrant de toute détresse et en lui accordant de voir la destruction de ses ennemis.


4.2.14 - Psaume 55

 La prière d’un homme pieux, exprimant les exercices du résidu croyant de la nation juive, lorsque l’Antichrist rejette Dieu, brise l’alliance et persécute les fidèles.


V. 1-3 — Ce psaume s’ouvre sur la supplication de l’homme pieux et les causes de son affliction : la voix de l’ennemi et l’oppression du méchant. La voix du méchant profère des calomnies contre l’homme pieux, qui peut dire : « Ils font tomber sur moi l’iniquité ». Comme toujours, la calomnie est suivie par la persécution : « Ils… me poursuivent avec passion ».

V. 4-8 — Ces versets placent devant nous la misère du résidu pieux à Jérusalem pendant le règne de l’Antichrist. Alors qu’au-dedans de lui, son cœur est dans l’angoisse, en dehors, l’homme pieux est assailli par des frayeurs mortelles. Il désire s’enfuir loin de la ville souillée, dans une contrée tranquille, où il échapperait au vent de tempête et à l’ouragan du jugement prêts à s’abattre sur la cité condamnée (Matt. 24:15-22).

V. 9-11 — Suit une description vivante de Jérusalem aux jours de l’Antichrist. Les murailles qui auraient dû mettre la ville à l’abri de toute attaque ne renferment que violence et querelles. L’iniquité et la perversité sont au milieu de la cité, et ses places sont caractérisées par l’oppression et la fraude. Du centre aux murailles, tout est corruption et violence.

V. 12-15 — Nous avons ensuite ce qui pourrait être une description du caractère apostat de l’Antichrist. Il avait professé appartenir aux fidèles, dont il était un ami intime et familier. Il était allé avec la foule dans la maison de Dieu, en compagnie du peuple de Dieu. Maintenant il s’était retourné contre les fidèles, les couvrant d’opprobre et déchargeant sa haine contre eux, tout en cherchant à s’agrandir au-dessus de tout (Dan. 11:37, 38).

Le psalmiste annonce un jugement subit et complet pour ce méchant et ceux qui lui sont associés (Apoc. 19:20).

V. 16-21 — En contraste avec les méchants qui sont caractérisés par la violence et les querelles « jour et nuit » (v. 10), l’homme pieux crie à l’Éternel « le soir, et le matin, et à midi ». Il est conscient que Dieu entendra et sauvera son âme, et qu’il frappera ceux qui refusent de se repentir et de lui donner gloire (Apoc. 16:9). De plus, non seulement le méchant refuse de glorifier Dieu, mais il étend ses mains contre les fidèles et profane l’alliance conclue avec eux, en dépit de toutes les paroles douces qu’il avait prononcées. (Dan. 11:31 ; 12:11 ; Matt. 24:15.)

V. 22, 23 — Le psalmiste termine par une très belle expression de confiance en l’Éternel. Les fidèles sont invités, dans leur détresse, à rejeter leur fardeau sur Celui qui ne change pas, qui ne rompra jamais son alliance avec son peuple. L’Éternel ne permettra pas que le juste soit ébranlé, quelles que soient les afflictions par lesquelles il doive passer. En contraste avec les fidèles, l’homme violent et fourbe qui s’est exalté lui-même sera détruit. Le fidèle peut bien conclure par ces paroles : « Moi, je me confierai en toi ».


4.2.15 - Psaume 56

La confiance du juste en Dieu et en sa parole, en dépit des circonstances adverses qui mettent la foi à l’épreuve.


V. 1-3 — Entouré par des ennemis qui tout le jour lui font la guerre, l’oppriment et voudraient l’engloutir, l’homme pieux est délivré de ses craintes en se tournant vers Dieu et en se confiant en lui.

V. 4 — De plus il a confiance que Dieu accomplira sa parole ; aussi est-il élevé au-dessus de ses craintes et peut dire non seulement : « Au jour où je craindrai, je me confierai en toi », mais s’élevant plus haut, il peut ajouter : « En Dieu je me confie : je ne craindrai pas ». Avec Dieu et la parole divine devant son âme, il peut s’écrier triomphalement : « Que me fera la chair ? »

V. 5-9 — Exposant à Dieu son épreuve avec plus de détails, le psalmiste met en contraste la méchanceté de ceux qui sont contre lui et la bonté de Dieu qui est pour lui. Tout le jour l’ennemi tord les paroles du fidèle ; dans de mauvaises intentions les adversaires consultent ensemble et observent en secret les pas du juste, cherchant à le faire mourir. Consciente que l’iniquité ne peut pas demeurer impunie, l’âme s’attend à Dieu pour renverser ceux qui s’opposent à son peuple.

En opposition avec ce que font subir les méchants aux siens, Dieu compte tous les pas des fidèles, recueille leurs larmes dans ses vaisseaux et a un livre dans lequel il consigne leurs afflictions. Jouissant des tendres soins de Dieu, l’âme peut s’attendre à être délivrée de ses ennemis, et affirme avec une assurance sans faille : « Dieu est pour moi ».

V. 10, 11 — Une nouvelle fois, le psalmiste peut alors déclarer avec confiance : « En Dieu, je louerai sa parole », celle-ci étant la preuve de la fidélité de Dieu ; et parce qu’il a mis sa confiance dans la parole de Dieu, il ne craindra pas ce que l’homme peut lui faire.

V. 12, 13 — Le psalmiste est prêt à rendre son sacrifice de louange. L’homme avait recherché sa vie, mais Dieu avait délivré son âme de la mort. Les hommes cherchent à surprendre le juste dans ses pas (v. 6), mais Dieu empêche ses pieds de broncher. Ses pas sont affermis afin qu’il puisse marcher « devant Dieu dans la lumière des vivants » — qu’il puisse vivre pour Dieu dans la lumière de Dieu.


4.2.16 - Psaume 57

La confiance de l’âme en Dieu, son refuge, jusqu’à ce que les calamités soient passées, l’âme délivrée, Dieu exalté et sa gloire déployée dans toute la terre.


V. 1 — Du milieu des calamités qui l’assaillent de tous côtés, l’homme pieux se confie dans la bonté de Dieu et trouve son refuge et sa demeure dans le tendre amour de Dieu, présenté en image par « l’ombre de tes ailes ».

V. 2, 3 — Conscient qu’Il mènera tout à bonne fin pour lui, le psalmiste adresse son cri au Dieu Très-haut. Dieu enverra des cieux et sauvera l’homme pieux, tandis qu’il couvrira de honte ceux qui veulent l’engloutir. Dieu enverra sa bonté pour délivrer le fidèle et sa vérité pour agir à l’encontre du méchant. Son jugement sera selon la vérité.

V. 4, 5 — En attendant, quant à ses circonstances présentes, l’homme pieux est au milieu de lions qui soufflent la destruction : les fils des hommes qui, pleins de rage et de méchanceté, grincent des dents contre lui. Avec Dieu pour son refuge, et dans la conscience qu’il mènera tout à bonne fin pour lui, le psalmiste peut regarder au-delà de la violence des hommes, au temps où Dieu sera élevé au-dessus des cieux et où sa gloire sera au-dessus de toute la terre.

V. 6 — Les méchants peuvent bien avoir préparé un filet pour les pas de l’homme pieux et creusé une fosse pour précipiter sa chute, mais selon les voies de Dieu en rétribution, ils seront pris dans leurs propres ruses.

V. 7-11 — Bien que le croyant ait à faire face aux calamités, qu’il soit entouré d’hommes violents et que des pièges le guettent à chaque pas, son cœur reste affermi et confiant, parce que Dieu est son refuge. Il fera concourir toutes choses à sa propre gloire et au salut de son peuple. Aussi le psalmiste entonne-t-il la louange ; son cantique anticipe un jour nouveau pour le monde : il sera chanté « à l’aube du jour ». Au lever de ce jour nouveau, la louange de Dieu s’étendra « parmi les peuples » et « parmi les peuplades ». Les cieux et la terre s’uniront pour proclamer la vérité de Dieu. Dieu sera ainsi exalté et sa gloire resplendira sur toute la terre.


4.2.17 - Psaume 58

Le résidu croyant de la nation juive s’attend à Dieu pour qu’il établisse son gouvernement sur la terre par le jugement des méchants.


V. 1-5 — La première partie de ce psaume décrit l’état du monde juste avant le jugement des nations vivantes. Il apparaîtra clairement que le gouvernement de la terre confié aux mains de l’homme a été un échec total. Les fils des hommes ne parlent et n’agissent plus avec justice.

De même que dans les jours qui ont précédé le déluge, les hommes étaient corrompus et pleins de violence dans leurs voies (Gen. 6:11), ils manifesteront de nouveau que leurs cœurs sont complètement corrompus et leurs mains remplies de violence, avant que le jugement ne s’abatte sur le monde présent. Il apparaîtra que les hommes sont éloignés de Dieu non seulement par nature, mais encore par leur comportement habituel : ils profèrent le mensonge et répandent le venin de l’erreur. De plus ils sont sourds à tout appel de la grâce, malgré l’attrait et la sagesse avec lesquels elle est présentée. Les hommes scellent ainsi leur destin et se révèlent mûrs pour le jugement.

V. 6-9 — Par une série d’images, le psalmiste demande à Dieu d’exécuter le jugement. Que les méchants soient comme de jeunes lions dont les dents ont été brisées et qui ont ainsi perdu leur puissance, comme de l’eau qui s’écoule, comme un archer qui tire des flèches émoussées et par conséquent inoffensives. Qu’ils soient comme une limace qui ne laisse derrière elle qu’une traînée de bave ou comme un avorton qui n’a pas d’avenir ; car « le tourbillon les emportera », comme il emporte les épines enflammées avant qu’elles aient chauffé les chaudières.

V. 10, 11 — La fin du psaume exprime la joie des justes à la vue du jugement des méchants. Le juste « lavera ses pieds dans le sang du méchant ». Il obtient la bénédiction par le jugement de ses ennemis. On verra alors qu’il y a une récompense pour le juste et qu’il « y a un Dieu qui juge sur la terre ».

Béni de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes, le chrétien sera délivré des souffrances et du mal, lorsqu’il sera retiré de cette scène corrompue pour être avec le Seigneur ; aussi ne demande-t-il pas le jugement de ses ennemis. Le Juif pieux dont les bénédictions sont terrestres, étant divinement instruit, sait que le temps de la bénédiction pour la terre ne peut être introduit que par le jugement du mal ; il attend par conséquent à bon droit le jugement de ses ennemis.


4.2.18 - Psaume 59

 Le résidu pieux des Juifs demande à Dieu de juger les ennemis de l’extérieur qui, pour parvenir à leurs propres fins égoïstes, se sont opposés à la nation d’Israël. Alors on saura que Dieu domine en Jacob jusqu’aux bouts de la terre.


V. 1-5 — Au début de ce psaume, le résidu souffrant s’attend à Dieu pour être délivré et protégé des ennemis iniques, violents et puissants qui s’élèvent contre Israël, bien que le peuple n’ait causé aucun tort aux nations qui l’affrontent. Il réclame l’intervention de Dieu en jugement, sans miséricorde, sur ceux qui n’ont pas usé de grâce envers son peuple.

V. 6-8 — Comme un chien errant qui hurle la nuit, les ennemis d’Israël font le tour de la ville, complotant du mal contre le peuple de Dieu, sans conscience, « car, disent-ils, qui nous entend ? » Néanmoins, pour employer le langage des hommes, l’Éternel se rira d’eux.

V. 9, 10 — Conscient de la force de l’ennemi et de sa propre faiblesse, l’homme droit trouve en Dieu sa haute retraite. Il est pleinement convaincu de la bonté de Dieu, qui répondra en délivrant le fidèle de tous ses ennemis.

V. 11-13 — Le psalmiste ne demande pas que l’ennemi d’Israël soit tué en un instant par la grande puissance de Dieu ; il préférerait que ceux qui ont fait durer les souffrances du peuple de Dieu connaissent eux aussi une fin qui se prolonge, comme exemple pour le peuple de Dieu de justice en rétribution.

Les paroles des lèvres trahissent l’orgueil des cœurs. La malédiction et les mensonges proférés par les ennemis d’Israël appellent un jugement qui fera connaître que Dieu domine en Jacob jusqu’aux bouts de la terre.

V. 14-17 — Avant le jugement de Dieu, les fidèles voient déjà leurs ennemis privés de leur proie et hurlant comme un chien affamé qui fait le tour de la ville le soir. Lorsque la longue nuit des souffrances sera achevée, l’homme pieux chantera le matin la force et la bonté de Dieu. Car Dieu a été sa haute retraite contre l’ennemi et son refuge dans la tempête au jour de la détresse.


4.2.19 - Psaume 60

 Bien que rejeté à cause de ses iniquités, le résidu des Juifs reconnaît en Dieu son unique espoir — Celui qui seul peut réparer les brèches.


V. 1-3 — Regardant au-delà de toutes les causes secondaires, le Résidu reconnaît que Dieu, à cause de son courroux, a rejeté et dispersé la nation. Les Juifs fidèles réalisent en outre que Celui qui a dispersé est le seul à pouvoir restaurer.

Ils reconnaissent que c’est Dieu qui a fait trembler la terre. Maintenant, ils s’attendent à Celui qui l’a « fendue » pour qu’il « répare ses brèches ». Dieu a fait voir à son peuple « des choses dures » ; il lui a « donné à boire un vin d’étourdissement ». Les Juifs ne se rebellent pas contre les voies de Dieu envers eux ; ils ne cherchent pas à se justifier ; ils ne comptent pas sur eux-mêmes ou sur d’autres pour être rétablis dans leur position. Ils s’attendent à Dieu seul.

V. 4, 5 — Le Résidu est ainsi arrivé à un état d’âme qui permet à Dieu de le bénir. C’est pourquoi les fidèles peuvent dire : « Tu as donné une bannière à ceux qui te craignent ». La bannière est ce qui rallie et unit les tribus de Dieu. Ce centre de ralliement est au milieu de ceux qui craignent Dieu. La bannière est la manifestation de la vérité, et par conséquent un moyen de délivrance pour le peuple bien-aimé de Dieu.

V. 6-8 — Le psalmiste se tourne maintenant vers les promesses de la parole de Dieu, fondement de toutes les espérances du Résidu. « Dieu a parlé ». Et ce que Dieu a dit est totalement garanti par sa propre nature : Il a parlé dans sa sainteté. Dieu fait valoir son droit sur tout le pays, que ce soit sur la rive occidentale du Jourdain : Sichem, ou sur la rive orientale : Succoth. Il revendique pour lui les tribus d’Israël, Galaad et Manassé représentent son peuple à l’est du Jourdain ; à l’ouest, ce sont Éphraïm et Juda. L’un est la tribu la plus importante au nord de même que l’autre est la principale au sud. Ainsi le pays dans toutes ses directions est revendiqué par Dieu. Du point de vue politique, ces deux tribus ont une place dominante : Éphraïm est la tribu guerrière (Deut. 33:17) et Juda, celle qui gouverne (Gen. 49:10).

Enfin Dieu soumettra complètement les anciens ennemis de son peuple. Moab sera réduit à un état d’esclavage ignominieux : il est comparé au bassin dans lequel son propriétaire se lave les pieds ; Édom est comme un esclave à qui son maître jette une sandale usée ; la Philistie qui a si souvent triomphé du peuple de Dieu est maintenant appelée à « pousser des cris » à cause du triomphe de Dieu.

V. 9-12 — Fortifiée par les promesses de Dieu, l’âme compte sur lui pour être conduite à la victoire. La question est posée : « Qui me conduira dans la ville forte ? » dont la ville montagneuse d’Édom est un exemple redoutable. Sa confiance en Dieu lui fournit aussitôt la réponse. Le Dieu qui a rejeté les fils d’Israël à cause de leurs transgressions est celui qui leur donnera du secours, car la délivrance qui vient de l’homme est vaine. Par Dieu ils feront des actes de valeur car, disent-ils, « c’est lui qui foulera nos adversaires ».


4.2.20 - Psaume 61

Le cri d’un proscrit dont l’esprit est accablé, mais qui pourtant s’attend à Dieu, son Rocher, pour être mis à l’abri des flots qui l’environnent.


V. 1, 2 — Le psalmiste crie à Dieu du bout de la terre (ou du « pays »). L’ennemi se trouve donc en possession du sanctuaire, alors que l’homme pieux est rejeté. Bien qu’accablé de détresse, son âme discerne l’existence d’un rocher qui est plus haut que les flots. Malgré son affliction, le fidèle a confiance que Dieu le conduira à ce sûr refuge ; il peut dire : « Tu me conduiras sur un rocher ».

V. 3 — La confiance du croyant en Dieu découle de l’expérience qu’il a acquise. Il dit : « Tu m’as été un refuge, une forte tour, de devant l’ennemi ». Le fidèle a trouvé en Dieu un abri contre la tempête et une forteresse contre ses adversaires.

V. 4 — Ayant Dieu devant son âme, le croyant est élevé au-dessus des flots impétueux et peut envisager avec confiance un avenir lumineux : son habitation dans la présence de Dieu pour toujours. Jusque-là, le fidèle se confiera dans les soins et la protection de Dieu : l’abri de ses ailes.

V. 5-8 — Se sachant entendu, le juste a l’assurance qu’il héritera la portion de ceux qui craignent le nom de Dieu, même si pour le moment il se trouve au « bout de la terre ». Le fondement de sa confiance, c’est que Christ, le Roi, a passé par les circonstances des fidèles et que ses années ont été prolongées, de sorte qu’il est « pour toujours devant Dieu ». Si le Roi habite pour toujours devant Dieu (v. 7), ceux qui sont soumis au Roi séjourneront dans sa tente « à toujours » (v. 4). Celui qui subsiste à toujours chantera à perpétuité des louanges à Dieu.


4.2.21 - Psaume 62

La confiance qui s’attend à Dieu seul et se repose en lui, attendant sa délivrance.


V. 1, 2 — Dans le psaume précédent, l’homme pieux, bien qu’il regarde à Dieu, est accablé dans son esprit. Ici, il s’attend à Dieu seul et se trouve ranimé. Il peut dire : « Sur Dieu seul mon âme se repose paisiblement ». Au psaume 61, le croyant a confiance qu’il sera conduit sur le rocher, ici il a atteint le rocher ; il peut alors dire de Dieu : « Lui seul est mon rocher ». Se reposant sur lui, il ajoute : « Je ne serai pas beaucoup ébranlé ».

V. 3, 4 — Se tournant vers ses ennemis, le psalmiste désapprouve leurs attaques secrètes contre un homme affaibli qu’il compare à « une muraille qui penche », à « un mur qui va crouler ». Extérieurement, les adversaires prétendent défendre le fidèle ; intérieurement ils le maudissent et ils consultent secrètement pour le renverser. C’est bien là une sorte de souffrances que le Seigneur a connues dans une pleine mesure.

V. 5-8 — Les complots des méchants ne peuvent néanmoins pas ébranler la confiance en Dieu de l’homme pieux. Il ne cherche pas à se défendre lui-même, il ne recherche pas de secours auprès de ses semblables. Il dit : « Toi, mon âme, repose-toi paisiblement sur Dieu ; car mon attente est en lui. Lui seul est mon rocher et mon salut ». S’attendant à Dieu, le croyant a l’assurance qu’il ne sera pas ébranlé ; il réalise en outre que Dieu est non seulement son salut, mais sa gloire. Le moment venu, Dieu élèvera celui que l’homme traite « comme une muraille qui penche, comme un mur qui va crouler ».

Ainsi, en vertu de l’expérience qu’il a faite de Dieu, l’homme pieux peut exhorter d’autres à se confier en Dieu en tout temps. Quelles que soient les circonstances, confiez-vous en Dieu ; malgré toutes les difficultés, « répandez votre cœur devant lui » (cf. Phil. 4:6).

V. 9-12 — Après son exhortation à se confier en Dieu, le psalmiste met en garde contre la propension à se confier en l’homme, qu’il soit élevé ou humble. Hélas ! l’homme est corrompu : menteur, ou violent : il opprime et vole, ou cupide : il met son cœur en ses biens. Que le fidèle veille à ne pas mettre sa confiance dans la position sociale, dans de mauvais desseins, dans la puissance humaine et les richesses terrestres ! Dieu a dit à plus d’une reprise que la force et la bonté sont à lui et qu’il rendra à chacun selon son œuvre. Quel bienfait alors pour l’âme pieuse de se confier en Dieu seul, de s’attendre patiemment à lui, sans chercher à s’élever ou à attaquer ses ennemis ! Les hommes peuvent disposer d’une certaine puissance, mais ne pas recourir à la bonté ; ou alors ils font preuve de bonté, mais sans justice. La force est à Dieu, mais à la force Dieu joint la bonté, et avec la bonté il maintient la justice, car il rend à chacun selon son œuvre.


4.2.22 - Psaume 63

La confiance d’une âme pieuse qui languit après Dieu dans une terre aride et altérée — une scène où il n’y a rien pour soutenir le juste.


Le psaume 61 est le cri d’une âme accablée ; le psaume 62, le cri d’une âme qui attend ; le psaume 63, le cri d’une âme qui languit.

V. 1, 2 — Les premiers versets expriment la soif de Dieu qu’éprouve le cœur d’un Juif pieux, rejeté du pays et tenu loin du lieu saint. L’âme et le corps — l’homme tout entier — languissent après Dieu alors qu’ils se trouvent encore dans une scène désertique où il n’y a pas d’eau : rien pour rafraîchir l’âme.

Le désir de l’âme est formé par la connaissance de Dieu acquise dans le lieu saint. À l’intérieur de sa demeure même, Dieu est manifesté dans sa force et sa gloire.

V. 3-7 — Le psalmiste va donner une double raison au plaisir qu’il trouve en Dieu. Premièrement, il a découvert que la bonté de Dieu est meilleure que la vie. La joie en Dieu est meilleure que les joies de cette vie terrestre ; c’est pourquoi, dit le psalmiste, « je te bénirai durant ma vie ». Se réjouissant en Dieu, son âme est rassasiée comme de moelle et de graisse, et ses lèvres sont remplies de louange, bien qu’il soit encore dans une terre aride et altérée, sans eau. De plus, durant les veilles de la nuit, lorsque toute agitation de la nature est réduite au silence et que l’âme est seule, il méditera de Dieu.

Comme seconde raison de son plaisir en Dieu, le psalmiste évoque le secours qu’il a trouvé en lui dans toutes ses afflictions, un secours qui le conduit à se réjouir dans la protection de Dieu.

V. 8-10 — Le résultat pratique de ce plaisir en Dieu est décrit ensuite. L’âme s’attache à Dieu pour le suivre et elle est soutenue par la droite de sa puissance. Si Dieu est ainsi pour lui, qui sera contre lui ? Aussi peut-il dire avec confiance que ses ennemis tomberont sous l’épée du jugement et seront la portion des renards sur le champ de bataille.

V. 11 — La destruction de ses ennemis conduira à la manifestation du Roi dans sa victoire, se réjouissant en Dieu. Tous ceux qui se confient dans le Roi se glorifieront, tandis que ceux qui ont cherché à s’élever par le mensonge seront confondus.

Cet homme pieux languit dans l’attente de voir la manifestation de la puissance de Dieu sur la terre (v. 2). Aux versets 8 à 10, il évoque déjà la puissance de Dieu qui soutiendra les siens et jugera tous ceux qui s’opposent à son peuple ; au verset 11, il anticipe la gloire, lorsque le jugement des méchants sera suivi par le règne de Christ comme Roi.


4.2.23 - Psaume 64

La description des méchants et de leurs desseins ; le juste jugement qui s’abattra sur eux, conduisant à la crainte de Dieu et à la joie des justes devant l’Éternel.


Ce psaume parle d’un jour futur, lorsque le mal dans le monde atteindra son paroxysme et sera jugé publiquement par Dieu ; tous les hommes seront alors amenés à craindre Dieu.

V. 1 — Ce passage commence par la prière de l’homme pieux demandant à être préservé non seulement de l’ennemi, mais de la crainte de l’ennemi.

V. 2-6 — Le psalmiste, conscient que les méchants forment des conseils secrets contre lui, place devant Dieu leurs mauvais desseins. La « foule tumultueuse », excitée par les plans secrets des conducteurs iniques, est poussée à exécuter leurs machinations. Par des paroles acérées et amères, semblables à une volée de flèches tirées à l’aventure, les ouvriers d’iniquité parlent contre tout ce qui est de Dieu. Des attaques calomnieuses sont faites sans scrupule ni remords. Les méchants s’affermissent dans le mal. Ils ne se contentent pas de tirer les flèches secrètes de la calomnie, mais ils tendent des pièges aux fidèles. Ils prononcent de belles paroles et affichent des motifs pieux pour parvenir à leurs mauvais buts. Se confiant en eux-mêmes, ils s’imaginent que personne ne verra les machinations que dans leur duplicité ils ont ourdies diligemment.

V. 7, 8 — Pourtant, agissant sans crainte (v. 4) el pensant que personne ne peut voir leurs pièges, ils oublient Dieu à qui tout est découvert et qui peut lire « l’intérieur de chacun », aussi profondément qu’il soit caché dans le cœur. Le Dieu qui connaît tout fera venir sur eux son juste jugement. La flèche qu’ils ont tirée contre les autres se retournera contre eux ; les paroles amères prononcées contre les autres tomberont sur eux.

V. 9, 10 — Le jugement des méchants amènera tous les hommes à craindre Dieu et à considérer ses œuvres. Le juste se réjouira dans l’Éternel, se confiera en lui et se glorifiera de la défaite du méchant.


4.2.24 - Psaume 65

Le résidu pieux attend avec confiance et joie l’intervention de Dieu en réponse à ses prières, quand Sion deviendra un centre de louange et de prière pour toute la terre, que le gouvernement sera établi, que la guerre cessera et que la terre sera introduite dans la bénédiction.


V. 1, 2 — Dans sa méditation devant Dieu, regardant au-delà de ses circonstances présentes, le psalmiste reconnaît que Sion sera le centre de la louange pour la terre entière. Non seulement Israël, mais « toute chair » viendra en Sion pour la louange et la prière. Cependant le moment de la louange universelle n’est pas encore là : « La louange t’attend dans le silence en Sion ».

V. 3, 4 — Les fidèles confessent la raison du silence en Sion. Leurs iniquités ont prévalu contre eux. Toutefois ils ont l’assurance que Dieu les pardonnera, ils sont conscients d’être les objets de la grâce souveraine. Cela conduit le psalmiste à décrire la félicité de l’homme que Dieu a choisi : Dieu le fait approcher ; et celui qui s’approche de Dieu sera rassasié du bien de sa maison.

V. 5-8 — Les fidèles anticipent le jugement des méchants et leur propre délivrance en réponse à leurs prières. L’intervention de Dieu entraînera « des choses terribles de justice » pour les nations, mais amènera le salut pour son peuple terrestre. Le gouvernement sera assuré par la puissance de Dieu : c’est par sa force que les montagnes sont établies ; la paix sera instaurée et l’agitation des peuplades apaisée. Les « prodiges » ou signes de l’intervention de Dieu seront reconnus et craints universellement.

Les hommes n’auront plus peur de l’avenir ; ils ne redouteront plus ce que chaque lendemain peut apporter. « Les sorties du matin et du soir » chanteront de joie.

V. 9-13 — Les derniers versets présentent un magnifique tableau de la bénédiction millénaire de la terre, quand tout mal aura été jugé. La malédiction ôtée, ou réprimée, Dieu visitera la terre en bénédiction. Il donnera le blé et préparera le pays pour qu’il fructifie ; il commandera la succession des saisons. Le désert se transformera en pâturages pour le bétail, les plaines seront couvertes de froment ; et les chants de louange et de joie s’élèveront au-dessus de tout.


4.2.25 - Psaume 66

Toute la terre appelée à se soumettre à Dieu et à donner gloire à son nom, devant le déploiement de la grandeur de sa force dans le jugement des ennemis d’Israël, et devant ses voies gouvernementales envers le résidu pieux et la nation.


V. 1-4 — Toutes les nations sont appelées à rendre gloire à Dieu, dont les œuvres terribles ont été manifestées envers les ennemis de son peuple Israël. Ceux qui se sont élevés eux-mêmes et rebellés contre Dieu devront se soumettre quand le Tout-Puissant déploiera la grandeur de sa force en jugement. La terre entière se prosternera alors devant Dieu et louera son nom.

V. 5-7 — Les nations sont invitées à considérer les voies gouvernementales de Dieu envers les fils des hommes, telles qu’elles ont été manifestées au cours de l’histoire d’Israël, depuis le moment où il les a conduits à travers la mer Rouge, jusqu’à leur délivrance finale de tous leurs ennemis. Cela montre clairement que Dieu est tout-puissant — dominant « par sa puissance pour toujours », et omniscient : « ses yeux observent les nations ». Par conséquent, « que les rebelles ne s’élèvent pas ! »

V. 8-12 — Les fidèles en Israël rendent témoignage des voies de Dieu envers eux. Au travers de toutes leurs épreuves, Dieu a conservé leur âme en vie, et dans tous leurs déplacements, Dieu a gardé leurs pieds. Pourtant ils ont été conduits par un chemin difficile. Ils ont été éprouvés dans la fournaise de l’affliction, comme l’argent que l’on affine pour en ôter les scories. Ils sont tombés entre les mains de l’adversaire, comme un animal pris dans le piège du chasseur. Ils ont été asservis à leurs ennemis, comme une bête de somme croulant sous une lourde charge. Ils ont été vaincus, comme quelqu’un qui serait jeté par terre et piétiné par un ennemi sauvage. Ils ont traversé le feu des persécutions et fait face aux eaux de la mort.

Ils reconnaissent que pendant toute leur longue histoire de peines et de souffrances, Dieu a agi envers eux selon sa propre sainteté et pour leur bénédiction. Ainsi, regardant au-delà de la méchanceté des hommes, les Juifs fidèles reçoivent leurs épreuves de Dieu. Ils disent : « Tu » as fait ces choses. Ils reconnaissent en outre que si Dieu fait passer son peuple par l’épreuve, c’est pour sa bénédiction à la fin ; aussi peuvent-ils ajouter : « Tu nous as fait sortir dans un lieu spacieux ».

V. 13-15 — Les épreuves qu’ils ont traversées ont préparé les fidèles à s’approcher de Dieu comme des adorateurs. Aussi le psalmiste, parlant en son nom, peut-il dire : « J’entrerai dans ta maison avec des holocaustes ». Délivré de ses ennemis, il s’acquittera des vœux qu’il a faits dans les jours d’épreuves.

V. 16-20 — L’homme pieux, à la fin, n’est pas seulement libéré pour adorer devant Dieu, mais il peut rendre témoignage devant les hommes de ce que Dieu a fait pour son âme. Dans son épreuve, il avait crié à Dieu et l’avait loué. Le fidèle n’avait pas regardé l’iniquité dans son cœur ni ne l’avait laissée non jugée. Dieu avait entendu et exaucé sa prière, et il l’avait transformée en louange.


4.2.26 - Psaume 67

Le résidu pieux regarde à Dieu pour recevoir la bénédiction, afin qu’au travers d’Israël restauré, la connaissance de Dieu soit répandue parmi les nations et que toute la terre soit amenée à craindre Dieu.


V. 1, 2 — Le fidèle désire que la grâce de Dieu, sa bénédiction et sa faveur se manifestent dans la restauration d’Israël, pour qu’il y ait parmi toutes les nations un témoignage des voies de Dieu en bénédiction et en salut.

V. 3, 4 — Évoquant par avance le résultat qui découlera de ce témoignage du salut de Dieu, le psalmiste annonce la bénédiction millénaire de la terre. Des peuples autrefois en rébellion contre Dieu le loueront. Au lieu des peines et de la misère engendrées par la volonté propre de l’homme, il y aura joie et bonheur dans un monde jugé avec droiture et soumis à Dieu.

V. 5, 6 — Une fois les nations assujetties à Dieu, la terre donnera son fruit. La malédiction sera ôtée et la terre rendra une abondance de fruits à la louange de Dieu et pour la bénédiction de l’homme.

V. 7 — Le psalmiste termine en réaffirmant que la bénédiction d’Israël repentant conduira tous les bouts de la terre à craindre Dieu.


4.2.27 - Psaume 68

Dieu révélé dans tous les royaumes de la terre par la manifestation de sa bonté à travers l’histoire d’Israël.


V. 1-3 — Ce psaume montre d’abord comment Dieu prend sa place à la tête de son peuple et disperse ses ennemis ; comment les méchants périssent devant lui alors que les justes se réjouissent. Il débute par la formule employée par Moïse quand le camp d’Israël partait lors de la traversée du désert (Nomb. 10:35).

V. 4-6 — Puis, d’une manière très belle, le caractère de Celui qui conduit son peuple est placé devant nous. Il agit comme un Père aimant et un juste Juge. Les démunis, les opprimés, les solitaires et les captifs sont les objets de ses soins, mais les rebelles sont laissés pour moissonner les résultats de leur propre folie : ils périssent dans le désert.

V. 7-14 — L’histoire d’Israël est récapitulée pour montrer non pas les manquements du peuple, mais la bonté de Dieu.

Dieu a conduit son peuple à travers le désert et a manifesté sa présence au Sinaï (v. 7, 8). Il a fait demeurer les siens dans le pays ; dans sa bonté, il a veillé sur ceux qui étaient las et a pris soin des pauvres (v. 9, 10). Par sa parole et ses directions, il leur a donné la victoire sur tous leurs ennemis : des rois se sont enfuis et le butin leur est resté, ils y ont tous eu part (v. 11, 12). Israël victorieux, autrefois misérable et pauvre, est maintenant manifesté dans toute la beauté dont Dieu l’a revêtu (cf. Ézéch. 16:1-14), tandis que les ennemis sont dispersés dans le pays (v. 13, 14).

V. 15-19 — Israël est établi dans le pays, et nous voyons alors Dieu choisir Sion pour son habitation. Les puissances du monde, représentées par des montagnes à plusieurs sommets, peuvent regarder Sion avec jalousie. Cependant, c’est le lieu que l’Éternel a désiré pour y demeurer à toujours, comme centre du gouvernement terrestre ; Il est servi par les armées des anges, exécuteurs de sa volonté.

En outre, toute sa bonté envers Israël découle du fait que Christ est monté en haut. Sans doute le psalmiste n’est entré que peu dans la signification profonde de ses propres paroles (1 Pierre 1:11) ; mais, comme nous l’apprend la citation de ce verset en Éphésiens 4:8, l’Esprit de Dieu avait Christ en vue. Dans sa place de gloire, il a reçu des dons pour les hommes. En Éphésiens, les dons sont mis en relation avec l’Église ; ici, avec Israël, bien que le peuple ait été rebelle. Ainsi par ses dons de grâce, Dieu s’assure un peuple au milieu duquel il peut demeurer. Au psaume 22:2, 3, nous avons vu Christ abandonné sur la croix, afin que l’Éternel puisse demeurer au milieu d’un peuple qui le loue. Dans notre psaume, il monte en haut pour avoir un peuple qui le loue. Aussi est-il dit : « Béni soit le Seigneur, qui, de jour en jour, nous comble de ses dons, le Dieu qui nous sauve ».

V. 20-23 — La bénédiction de son peuple Israël implique la destruction des ennemis de Dieu. L’Éternel fera de nouveau sortir son peuple du monde, figuré ici par Basan, tandis que ses ennemis seront complètement écrasés, laissés comme des cadavres sur le champ de bataille.

V. 24-27 — Tous les ennemis ont été détruits, et le Roi est acclamé quand il prend sa place dans le lieu saint au milieu de son peuple en joie qui, longtemps divisé, est finalement rassemblé (És. 52:8).

V. 28-31 — Le Roi a enfin sa place légitime au milieu de son peuple réuni, un peuple fortifié maintenant que le monde entier est assujetti. Les rois de la terre viendront avec leurs présents, ils se soumettront au Roi, ils étendront leurs mains vers Dieu, dans la dépendance.

V. 32-35 — Finalement tous les royaumes de la terre sont appelés à louer l’Éternel, qui est au-dessus de toutes les choses créées, qui est puissant en paroles et en actes et qui a manifesté sa puissance dans son peuple Israël.


4.2.28 - Psaume 69

Les souffrances personnelles de Christ lorsqu’il est entré dans les détresses venues sur les fidèles en Israël à cause des péchés de la nation, pour lesquels ils sont frappés dans le gouvernement de Dieu.


Christ seul est entré pleinement dans les expériences décrites dans ce psaume, encore qu’elles puissent, dans une certaine mesure, être connues par d’autres. Ce fait indique clairement que les souffrances ici ne comportent pas l’expiation et ce qui s’ensuit, l’abandon de Dieu : cela, Christ seul pouvait l’endurer, comme nous le voyons au psaume 22.

De plus, bien que le Seigneur ait connu en partie pendant sa vie ici-bas les souffrances décrites dans ces versets, elles ont eu leur point culminant à la croix ; car c’est là seulement que le Seigneur a été frappé de Dieu. Mais même si l’aspect de la part d’Israël sous les coups de Dieu est abordé, ce sont surtout les douleurs résultant de l’hostilité de la nation juive coupable qui dominent. Une telle méchanceté mérite le jugement ; aussi dans ce psaume avons-nous l’appel au jugement plutôt que l’attente de la grâce qui apporte la bénédiction à l’homme.

Mais le jugement de la nation coupable ouvre la voie à la restauration d’Israël qui termine ce psaume.

V. 1-3 — Les premiers versets présentent les souffrances personnelles du Seigneur à la croix. Plus loin dans ce psaume, nous trouverons l’inimitié des hommes, que Christ a endurée dans le chemin qui conduit à la croix. Ici, la douleur suprême, celle que le Seigneur a connue dans sa propre âme, est placée en premier devant nous. Tout ce que les fidèles en Israël ont éprouvé dans une certaine mesure, lui l’a pleinement ressenti, comme seul pouvait le faire l’Homme parfait. La nation n’avait « pas où prendre pied » devant Dieu ; le Seigneur est entré en esprit dans cette position sur la croix. Néanmoins, dans cet état, le Résidu s’attendait à Dieu ; cette confiance a été parfaitement exprimée par Christ qui, du milieu de sa détresse, peut dire : « J’attends mon Dieu ».

V. 4 — La haine de la nation juive à l’égard du résidu pieux a été parfaitement ressentie par le Seigneur sur la croix. Sa perfection infinie lui permettait de dire d’une manière absolue que c’était « sans cause » qu’ils le haïssaient, et que ceux qui cherchaient à le détruire étaient à tort ses ennemis. De plus, ils étaient nombreux et puissants. Quant à lui, à la croix, il a eu affaire non seulement à l’hostilité d’un individu, mais à la haine de la nation, entraînée par ses puissants conducteurs. Pour lui, l’expression bien connue s’est vérifiée : « Ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu ». Comme quelqu’un l’a exprimé : « Cela revenait à dire : Bien qu’innocent, je suis traité comme coupable » (cf. Jér. 15:10).

V. 5 — Se détournant de la rage des nations attroupées à la croix, la sainte Victime regarde à Dieu. Israël souffrait pour ses péchés sous le gouvernement de Dieu. Le Seigneur est entré dans cette souffrance. Il peut crier à Dieu dans la connaissance de la cause réelle de ses souffrances : les péchés de la nation, qu’il confesse comme étant les siens. Ici cependant, il s’agit de la confession des péchés, et non pas du jugement des péchés pour les expier, comme au psaume 22.

V. 6 — Le Seigneur s’attend à Dieu (v. 3), mais il y en a d’autres qui s’attendent à l’Éternel des armées. Pour ceux-là, Christ s’adresse à Dieu, afin qu’ils ne soient pas rendus honteux et confus par les souffrances de Celui à qui ils regardaient pour obtenir la rédemption (cf. Luc 24:19-24).

V. 7-12 — Dans ces versets nous sommes admis à considérer les souffrances du Seigneur dans le chemin qui l’a conduit à la croix. À cause de sa fidélité à Dieu, il a connu l’opprobre et la honte de la part d’un monde qui a aimé les ténèbres plus que la lumière.

Dans son pays et dans sa maison, il a été traité comme un étranger et un inconnu (Matt. 13:54-58).

De plus, son zèle pour la maison de Dieu, qui l’a conduit, en deux occasions, à purifier le temple, lui a valu l’opprobre de la part des hommes : ceux-ci ont reporté sur Christ leur haine contre Dieu (Jean 2:13-17 ; Luc 19:45-48).

S’il a pleuré et si son âme a été dans le jeûne en pensant à la misère que les péchés des siens apporteraient sur la nation, cela aussi lui a été en opprobre. En dehors de leur ville, il a pleuré sur les pécheurs qui, à l’intérieur, complotaient pour lui ôter la vie (Luc 19:41-48). Si les péchés de la nation ont fait de lui l’homme de douleurs et sachant ce que c’est que la langueur, les douleurs mêmes, symbolisées par le sac, ont été l’occasion dont se sont servis les hommes pour faire de lui un proverbe et empêcher ainsi les autres de le suivre. Ses protestations publiques contre l’impiété lui ont valu la haine des conducteurs : ceux qui sont assis dans la porte ; elles ont fait de lui un sujet de dérision pour les dépravés : il a servi de chanson aux buveurs.

V. 13-19 — Le Seigneur a énuméré les souffrances qu’il a connues de la part de l’homme. Nous voyons ici qu’elles ont été l’occasion de manifester la perfection de sa confiance en Dieu. Contrairement à nous, il n’y avait rien en lui pour l’entraîner à une expression de ressentiment ou d’exaspération. La méchanceté de l’homme n’a fait que le rejeter sur Dieu. « Mais, pour moi, ma prière s’adresse à toi, Éternel ». Le Seigneur s’adresse à Dieu dans la pleine confiance d’être entendu, car il se tourne vers lui « en un temps agréé ». Lorsque Christ a souffert pour le péché sous la main de Dieu, le psaume 22 nous montre qu’il a crié mais qu’il n’a pas été entendu. Ici où il s’agit des souffrances de la part des hommes, son cri est reçu. Sa confiance dans la grandeur de la bonté de Dieu et dans la vérité de sa puissance en salut n’est pas ébranlée par tout ce qu’il endure. Il s’attend à Dieu pour être délivré de la détresse, de ceux qui le haïssent et de la mort.

Le Seigneur parle comme quelqu’un qui connaît par expérience la bonté de l’Éternel et la grandeur de ses tendres compassions, et comme quelqu’un qui a besoin de ces compassions divines en tant que serviteur de l’Éternel environné d’ennemis. La consolation de l’Homme parfait est que Dieu connaît tout. Le Dieu de bonté et de compassions est Celui qui connaît son opprobre, sa honte, son déshonneur ; même ses adversaires sont tous devant Dieu.

V. 20, 21 — Ainsi le Seigneur regarde à Dieu seul au jour où l’opprobre des hommes lui a brisé le cœur. Se tourner ailleurs pour trouver de la compassion aurait été inutile, car dans ce monde il n’y a personne qui ait pitié. Christ a cherché quelqu’un qui ait compassion, des consolateurs, mais il n’a trouvé personne. Bien loin d’éprouver de la pitié et de la compassion, ses persécuteurs lui ont donné du fiel et du vinaigre en réponse à son cri.

V. 22-28 — Le rejet de la grâce du Sauveur et la haine injustifiée qui l’a cloué à la croix, laissent les hommes exposés au jugement, car ils ont rejeté Celui qui seul pouvait les mettre à l’abri de ce jugement. Aussi avons-mous ensuite la demande que le jugement en rétribution tombe sur ceux qui se sont manifestés comme étant les ennemis sans cause de Christ. C’est un jugement qui frappe les hommes dans ce monde, bien qu’il puisse avoir pour conséquence de conduire au jugement éternel. Le Seigneur en avait averti la ville de Jérusalem, il avait instruit ses disciples à son égard et avait mis en garde les filles de Jérusalem (Luc 19:42-44 ; 21:20-24 ; 23:28-31).

La prospérité terrestre du monde deviendra son piège ; et avec la faillite de tout ce en quoi les hommes se confiaient, le monde sera plongé dans les ténèbres quant à son esprit. Parce que les peuples ne sauront pas comment agir, il y aura sur la terre « une angoisse des nations en perplexité ». Leurs reins chancelleront continuellement : les hommes rendront l’âme de peur à cause de l’attente des choses qui viendront sur la terre. La colère de Dieu se déversera sur eux et leur demeure sera détruite. Leurs maisons seront désolées et leurs villes foulées aux pieds par les Gentils.

Ce jugement frappe les hommes à cause de la cruauté impitoyable avec laquelle ils se sont plu à persécuter Celui que Dieu frappait. D’autres peuvent partager cette souffrance. La douleur même de ceux dont l’esprit est blessé par le péché de la nation attire une persécution d’autant plus grande sur cette nation. Le rejet de la grâce de Christ est le péché suprême qui vient s’ajouter à leurs iniquités. Ils n’entreront pas dans la justice de Dieu qui amène le salut, ils n’auront pas de part dans le livre de vie, ni dans la portion des justes.

V. 29-31 — Mais si les souffrances subies par Christ de la part des hommes conduisent au jugement de la nation, elles auront aussi une réponse glorieuse lors de l’exaltation de Christ. C’est pourquoi, bien qu’il soit « affligé et dans la douleur », le Seigneur peut dire : « Que ton salut, ô Dieu, m’élève en un lieu de sûreté ! » Son élévation sera accompagnée de louanges à Dieu, des louanges que Christ entonnera et qui remplaceront les sacrifices d’autrefois.

V. 32-36 — Si le Seigneur conduit la louange, les humbles disciples de Christ qui cherchent Dieu se réjouiront en voyant cette réponse donnée à leur cri de pauvres, et ils apprendront que l’Éternel ne méprisera pas son peuple prisonnier même si les hommes le persécutent.

En outre, la louange qui commence avec le Messie exalté sera reprise par les cieux et la terre, les mers et tout ce qui se meut en elles. Sion sera sauvée ; les villes de Juda seront rétablies et habitées à nouveau, et la semence des serviteurs de l’Éternel héritera le pays. Ceux qui aiment son nom y demeureront.

Nous apprenons ainsi que les souffrances du Seigneur de la part de la nation coupable amènent le jugement sur celle-ci, mais conduisent aussi à l’exaltation de Christ. De plus l’exécution du jugement sur la nation ouvre la voie à la bénédiction du résidu pieux et à la restauration d’Israël.


4.2.29 - Psaume 70

L’expérience du résidu pieux en Israël, lorsqu’il souffrira de la part des hommes aux derniers jours, exprimant le même désir que celui de Christ quand il souffrait de la part des hommes sur la croix.


V. 1 — La prière de celui qui s’attend à Dieu seul pour être délivré de ses ennemis, demandant toutefois à l’Éternel qu’il se hâte de le secourir.

V. 2, 3 — L’âme affligée désire que ceux qui cherchent sa vie, prenant plaisir à son malheur, se moquant de ses souffrances, soient confus et frappés par le jugement en rétribution (cf. Marc 15:29).

V. 4 — Le psalmiste souhaite que ceux qui craignent Dieu et attendent son salut s’égayent et se réjouissent en l’Éternel. Que ceux qui aiment le salut de Dieu disent continuellement : « Magnifié soit Dieu ! » Qu’ils puissent constater que les souffrances sont subies et la délivrance attendue, afin que Dieu soit glorifié (Jean 12:27, 28 ; 13:31).

V. 5 — Pour magnifier Dieu, celui qui souffre consent à être « affligé et pauvre » ; il a toutefois l’assurance que Dieu est son secours et celui qui le délivre. Il compte sur l’Éternel qui ne tardera pas à intervenir pour sa délivrance (cf. Jean 13:32).


4.2.30 - Psaume 71

L’expérience d’un Israélite pieux, illustrant les voies de Dieu envers Israël du commencement de son histoire jusqu’à la renaissance de la nation dans un jour encore à venir.


V. 1-3 — Le psaume commence par une expression de confiance en Dieu et un appel : que l’Éternel intervienne en justice pour délivrer de l’esclavage. L’âme trouve en Dieu ses ressources infaillibles, et en ses paroles, le fondement de toute assurance. Si Dieu a commandé qu’Israël soit béni, l’âme croyante peut faire appel à la justice de l’Éternel pour qu’il exécute sa Parole.

V. 4-9 — Ces versets rappellent la bonté de Dieu manifestée dans le passé. L’homme pieux est entre les mains des hommes méchants, injustes et cruels ; mais à cause de la bonté de Dieu envers lui autrefois, le fidèle attend le Seigneur, l’Éternel. Dieu a été son refuge dès sa naissance et, à travers toutes les vicissitudes de sa longue histoire, il a été soutenu par l’Éternel, de sorte que sa délivrance est apparue à beaucoup comme un miracle. Maintenant, à la fin de son histoire, il s’attend à Dieu pour être gardé à la louange et à la gloire de Dieu, et pour ne pas être rejeté au jour de sa faiblesse.

Quel témoignage véridique ces expériences ne rendent-elles pas aux voies de Dieu envers Israël ! Au cours d’une longue histoire, il y a toujours eu un « résidu selon l’élection de la grâce » — preuve assurée que Dieu n’a pas rejeté la nation. Sa préservation comme nation séparée des Gentils, malgré son asservissement aux puissances du monde à cause des péchés commis, demeure un miracle pour le monde.

V. 10-13 — Pourtant l’homme pieux se trouve au milieu d’ennemis qui complotent contre lui sans prendre garde aux conséquences ; ils disent : « Dieu l’a abandonné ». Ainsi, dans les derniers jours, les Gentils persécuteront la nation juive sans craindre Dieu. Les circonstances donneront vraiment à penser que Dieu a oublié son peuple.

V. 14-16 — Ce temps d’épreuve exercera la foi du fidèle qui criera à Dieu, lui demandant de se hâter de le secourir en couvrant ses ennemis de honte. Le croyant redira alors « sans cesse » les louanges de Dieu et racontera tout le jour sa justice, tant elles sont au-delà de toute estimation humaine. Ainsi lorsque sa force est consumée (v. 9), l’homme pieux se rejette sur la puissance du Seigneur Éternel.

V. 17, 18 — L’histoire de cet homme pieux a rendu témoignage aux « merveilles » de Dieu. Dans sa vieillesse, il désire encore être un témoin de la force et de la puissance de Dieu pour les générations à venir. De la même manière, l’histoire d’Israël au cours des siècles a été un témoignage rendu aux œuvres de justice merveilleuses de Dieu et, dans la vieillesse de la nation, elle le sera encore en relation avec la grande puissance de Dieu dans la délivrance et la restauration du peuple.

V. 19, 20 — Les cruelles épreuves que le peuple a dû traverser ont démontré la justice de Dieu : il ne passe pas sur le mal. Quant à sa puissance en vivification, elle sera manifestée lorsqu’il redonnera vie à la nation. Dieu fera alors remonter les siens hors des profondeurs de la terre où ils ont été ensevelis pendant si longtemps parmi les nations.

V. 21-24 — La grandeur et la gloire d’Israël restauré surpasseront la première grandeur de la nation. Après leurs cruelles épreuves, Dieu se tournera et consolera les siens. Délivrés de leurs ennemis, ils seront à la louange de Dieu, le Saint d’Israël, Celui qui les a rachetés en justice et a rendu confus tous les méchants.


4.2.31 - Psaume 72

Le règne millénaire de Christ ; la réponse aux souffrances de Christ présentées au psaume 69 ; l’accomplissement des désirs de Christ exprimés au psaume 70, comme résultat de la restauration d’Israël prédite au psaume 71.


V. 1 — Le psaume s’ouvre sur une prière à Dieu : que le Roi soit dirigé par la justice divine et qu’il soit alors capable de prendre des décisions ou de rendre des jugements en accord avec la volonté de Dieu. Il paraît ainsi clairement que la bénédiction du royaume dépend entièrement d’un roi qui exécute les jugements de Dieu selon la justice divine. Ce Roi ne peut être que Christ — le Fils de David, dont Salomon n’est qu’un type.

V. 2-11 — Le caractère que prendra le royaume gouverné par un roi selon la pensée de Dieu est présenté ensuite. Il sera distingué par la paix, fruit de la justice, en vertu de laquelle les « pauvres », les « affligés » et les « opprimés » seront les objets des soins particuliers du Roi.

De plus étant établi en justice, il sera non seulement un royaume de paix, mais un royaume stable, caractérisé par la crainte de Dieu « de génération en génération » (v. 5).

Ce sera aussi un royaume prospère tant spirituellement que matériellement. L’influence du Roi sur son royaume sera comme la pluie qui arrose la terre. « En ses jours le juste fleurira, et il y aura abondance de paix » (v. 6, 7).

Quant à son étendue, le royaume sera universel, « d’une mer à l’autre mer, et depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre » (v. 8).

En outre, s’il est universel quant à son étendue, il sera suprême dans sa puissance. Tous les ennemis se soumettront au Roi et, reconnaissant leur assujettissement, ils apporteront des dons, se prosterneront devant le Roi et le serviront (v. 9-11).

V. 12-14 — Ces versets donnent la raison pour laquelle ce royaume glorieux, caractérisé par la justice et la paix, la durée, la prospérité, l’universalité et la suprématie, doit revenir à Christ. Lui seul est digne de recevoir richesses, honneur, gloire et puissance ; car il s’en servira pour délivrer les affligés et les pauvres qui crient à lui, pour secourir les misérables, et pour racheter les hommes de la corruption et de la violence. À ses yeux, la vie des pauvres et des misérables sera précieuse.

V. 15, 16 — De plus, l’assurance est donnée que le Roi, qui dispense de telles bénédictions au monde, ne sera jamais retranché par la mort : « Il vivra ». Les richesses de ce monde lui seront données ; on priera pour lui, afin que la bénédiction de son règne se perpétue et on le bénira tout le jour. Ainsi il y aura abondance de bénédiction pour toutes les parties de la terre : les vallées, les montagnes et les villes.

V. 17 — La gloire et la bénédiction de son royaume conduiront à la renommée perpétuelle de son nom, car tous seront bénis en lui et tous le béniront.

V. 18-20 — Enfin, la louange rendue au Roi amènera les hommes à louer Dieu. Ils diront : « Béni soit l’Éternel, Dieu, le Dieu d’Israël, qui seul fait des choses merveilleuses ! Et béni soit le nom de sa gloire, à toujours ». Ainsi, par le règne de Christ en justice, toute la terre sera remplie de la gloire de Dieu. Dans cette perspective glorieuse, David peut dire : « Les prières de David, fils d’Isaï, sont finies ». Qu’est-ce que David pourrait demander de plus dans ses prières ? Il ne lui reste qu’à dire avec tous les autres : « Amen ! oui, amen ! »


4.3 - Commentaire sur les Psaumes du Livre troisième

4.3.1 - Psaume 73

La bonté de Dieu envers Israël, bien que pour un temps, dans les saintes voies de Dieu, son peuple doive souffrir alors que le méchant prospère.


Les voies de Dieu envers Israël sont présentées par l’expérience d’un homme pieux qui, voyant la prospérité du méchant, est tenté de dire que la piété est vaine. Ces voies de Dieu, à première vue étranges pour l’âme, deviennent claires dans les sanctuaires.

V. 1 — Le premier verset indique le grand thème du psaume : « Certainement Dieu est bon envers Israël » — le vrai Israël — « envers ceux qui sont purs de cœur ». Les circonstances peuvent, semble-t-il, aller à l’encontre de cette grande vérité, aussi cette conviction n’est-elle acquise qu’à travers des expériences pénibles. Le résultat de l’exercice est établi avant que soit décrit le conflit connu par l’âme.

V. 2, 3 — Bien que Dieu soit bon envers son peuple, il peut y avoir des circonstances qui amènent l’âme à douter de sa bonté. Voyant qu’il doit souffrir, alors que le méchant prospère, l’homme pieux se trouve dans un état proche du découragement (cf. Matt. 11:2-6).

V. 4-12 — Le psalmiste décrit la prospérité des méchants. Apparemment ils s’en tirent mieux que les membres du peuple de Dieu. La mort ne cause « pas de tourments » aux arrogants et la vie ne leur apporte pas de peines. L’orgueil est considéré par eux comme un ornement, et leur violence, semblable à un vêtement, est apparente à tous. Les yeux des méchants trahissent leur satisfaction d’eux-mêmes et l’assouvissement de tous leurs désirs. Ces hommes sont corrompus dans leur cœur ; leurs paroles expriment de la raillerie et le mépris des autres. Dans leur arrogance, ils prononcent leur jugement tant à l’égard des choses qui sont « dans les cieux » que de celles qui sont sur la terre. La masse du peuple les suit, se livrant à la licence ; ils méprisent Dieu, disant qu’il ne peut pas connaître les voies des hommes. Tel est le portrait des méchants qui « prospèrent dans le monde » et qui « augmentent leurs richesses ».

V. 13, 14 — Comparant la prospérité extérieure des méchants avec les souffrances des fidèles, l’âme pieuse est tentée de penser qu’il est vain d’avoir purifié son cœur et lavé ses mains. Quel bénéfice peut-on trouver à avoir le cœur pur et les mains propres si l’on est battu tout le jour et châtié chaque matin, alors que les méchants prospèrent ?

V. 15, 16 — Lorsque la prospérité des méchants est constatée, des pensées incrédules peuvent apparaître ; mais le psalmiste y résiste aussitôt : « Si j’avais dit : Je parlerai ainsi, voici, j’aurais été infidèle à la génération de tes fils ». Néanmoins, pour l’homme pieux, c’était une tâche ardue que de répondre à ces questions impies.

V. 17-20 — Ces doutes pénibles, même s’ils sont repoussés, restent sans réponse jusqu’à ce que le psalmiste entre dans les sanctuaires. Là, dans la présence de Dieu, tout s’éclaircit. Le psalmiste change tout à fait de pensée. Il avait considéré la prospérité extérieure des méchants ; il voit maintenant leur fin. Il avait regardé à ce que l’homme dit et fait ; il voit maintenant ce que Dieu fait en relation avec les méchants. Ils semblaient prospérer mais, dit le psalmiste, « tu les places en des lieux glissants, tu les fais tomber en ruines ». Leur destruction vient en un moment et « ils sont péris, consumés par la frayeur ». Quand le Seigneur s’éveillera pour le jugement, il méprisera leur image, comme un homme qui fait peu de cas d’un cauchemar lorsqu’il se réveille.

V. 21-23 — Les sanctuaires réservent encore d’autres leçons au psalmiste. Il a appris la vérité à propos des méchants ; maintenant il apprend d’autres vérités plus importantes à son propre sujet. Il voit que, quand son cœur « s’aigrissait », ses pensées étaient stupides ; il était comme une brute qui ne connaît pas Dieu. Cependant, bien qu’il ait oublié Dieu, il apprend dans les sanctuaires que Dieu n’avait jamais cessé de penser à lui. Au milieu de ses épreuves il était continuellement devant Dieu : quand il allait perdre pied, qu’il était tout près de glisser, il discerne maintenant que Dieu le tenait fermement par la main.

V. 24-26 — Parce que Dieu l’a soutenu au travers de toutes ses épreuves, le psalmiste regarde avec confiance l’avenir et dit : « Tu me conduiras par ton conseil, et, après la gloire, tu me recevras ». Lorsque la gloire du Seigneur sera manifestée, l’homme pieux aura sa portion dans le royaume. S’il voit la fin solennelle des méchants malgré leur prospérité présente, il voit aussi la fin glorieuse des fidèles malgré leurs souffrances actuelles. Dieu lui-même devient ainsi la confiance de l’homme pieux. Sa chair et son cœur peuvent se consumer, mais Dieu est le rocher de son cœur.

V. 27, 28 — Ceux qui vivent loin de Dieu tomberont sous le jugement ; ceux qui s’approchent de lui éprouveront certainement que « Dieu est bon envers Israël » (v. 1).


4.3.2 - Psaume 74

Un appel à Dieu, afin qu’il intervienne en jugement contre les méchants, en faveur de son peuple et pour sa propre gloire.


V. 1, 2 — Au commencement de ce psaume, les fidèles en Israël crient à Dieu dans leur détresse. Ils reconnaissent qu’ils souffrent sous sa colère gouvernementale. Mais ils font valoir que, malgré tous leurs manquements, ils sont le troupeau de sa pâture, l’assemblée de Dieu, sa portion sur la terre. De plus, Dieu les a acquis et demeure au milieu d’eux sur la montagne de Sion.

Dieu doit agir à l’égard des siens à cause de leurs péchés. Mais peut-il oublier pour toujours son troupeau, ses rachetés et Sion qu’il a choisie ?

V. 3-8 — Les fidèles placent devant Dieu l’œuvre de l’ennemi. Ils disent : « Élève tes pas vers les ruines perpétuelles ». Ils crient à Dieu pour qu’il regarde la destruction causée par l’ennemi, une ruine irréparable. L’ennemi a tout saccagé dans le lieu de l’assemblée de Dieu. Les hommes ont établi leurs signes dans la maison de Dieu à la place de ses signes. Plutôt que de révéler Dieu, la maison de Dieu devient le lieu où l’homme se manifeste. Tout ce qui parle de la beauté de cette maison — les sculptures — est profané sans plus de sentiment que l’on en aurait pour abattre les arbres de la forêt. La maison de Dieu est souillée, et le but de l’ennemi est de détruire tous les lieux assignés pour le service de Dieu dans le pays.

V. 9-11 — En outre, il n’y a aucun signe de l’œuvre de Dieu parmi son peuple. Pas un prophète ne se présente pour ramener le peuple à Dieu, on ne discerne aucune limite quant au mal. Personne ne peut dire « jusques à quand » l’épreuve durera.

Cette situation provoque un nouvel appel à Dieu. Ce n’est plus « jusques à quand » le peuple de Dieu souffrira-t-il, mais « jusques à quand » Dieu laissera-t-il outrager et blasphémer son nom par l’adversaire. S’il s’agit d’une question entre Dieu et l’ennemi, Dieu peut-il rester inactif ? Dieu ne va-t-il pas tirer sa main de son sein et agir ?

Ainsi les fidèles ont invoqué l’attaque du peuple de Dieu par l’ennemi (v. 1, 2), le lieu saint de Dieu (v. 3-9) et le nom de Dieu (v. 10).

V. 12-17 — Après avoir placé toute son épreuve devant Dieu, le psalmiste s’encourage en lui. Malgré tous les manquements de son peuple et toute la puissance de l’ennemi, Dieu est Roi et il opère des délivrances au milieu de la terre.

Ces versets évoquent ce que Dieu a fait dans le passé. Il a fendu la mer et détruit la puissance du Pharaon, figurée par des monstres (v. 13, 14). Dieu a fait sortir l’eau du rocher et a ainsi soutenu son peuple dans le désert ; il a séché le Jourdain et a introduit les fils d’Israël dans le pays (v. 15).

Puis, laissant ces interventions miraculeuses de Dieu, le psalmiste voit dans la création le témoignage continuel de la bonté du Tout-Puissant envers l’homme. Le jour et la nuit, la lune et le soleil, la terre et l’eau, l’été et l’hiver, sont le témoignage perpétuel que Dieu n’oublie pas ses créatures.

V. 18-21 — Ayant encouragé son âme par le souvenir des interventions de l’Éternel en faveur de son peuple autrefois, le psalmiste demande hardiment à Dieu de se souvenir que son nom est méprisé et que son peuple est sans défense — comme une tourterelle — pauvre, opprimé et dans le besoin. De plus, Dieu ne peut pas oublier l’alliance qu’il a faite pour la bénédiction de son peuple.

V. 22, 23 — L’âme adresse un dernier appel à Dieu : « Lève-toi, ô Dieu ! plaide ta cause ». Ce n’est plus maintenant « notre cause », car le nom de Dieu est outragé. Pour la troisième fois dans ce psaume, nous avons la déclaration que Dieu est outragé (v. 10, 18, 22). Dans ce dernier appel, il n’est question ni du peuple ni du temple. Le seul argument, c’est qu’il s’agit de la cause de Dieu. La voix qui se fait entendre est celle des adversaires de Dieu ; le tumulte vient de ceux qui s’élèvent contre Dieu, et ce tumulte « monte continuellement ».


4.3.3 - Psaume 75

L’annonce que le moment fixé par Dieu pour son intervention en jugement est proche. C’est la réponse à l’appel des fidèles du psaume 74 qui demandent : « jusques à quand » (v. 9, 10).


V. 1 — L’appel du psaume 74 commence par un cri de détresse ; notre psaume s’ouvre sur la louange adressée à Dieu, car ses œuvres merveilleuses font connaître que le temps est proche où tout ce que Dieu est : son nom, sera manifesté en jugement.

V. 2, 3 — Ces versets donnent la cause de la louange du verset 1. C’est l’annonce par Dieu lui-même qu’en son temps il jugera avec droiture. Nous sommes souvent impatients de voir Dieu juger le mal. Mais Dieu a fixé le temps où il interviendra en jugement : quand le mal a atteint son paroxysme et que le peuple a retiré l’enseignement voulu. Alors la terre et tous ses habitants seront dissous. L’édifice social sera brisé (voir És. 24:19, 20) ; mais même ainsi Dieu a affermi ses piliers. Il maintient la terre, bien que le système du monde, formé par l’homme, soit détruit.

V. 4, 5 — Dans ces versets, le psalmiste reprend les hommes en les avertissant que Dieu est prêt à intervenir en jugement. Ceux qui se vantent d’eux-mêmes et de leurs œuvres, et qui se rebellent contre Dieu attireront sur eux le jugement de Dieu. C’est pourquoi le psalmiste met en garde les méchants contre la vanterie et la confiance en leur propre force, symbolisée par l’image d’une corne (la puissance de combat de l’animal) ; il les prévient aussi de ne pas se rebeller contre Dieu.

V. 6-10 — La délivrance ne vient ni du levant, ni du couchant, ni du midi. Avec le mot « élévation » nous trouvons une continuation de la pensée exprimée dans les versets 4 et 5. Ce terme n’a pas le sens de placer quelqu’un à une place d’honneur, mais plutôt celui de délivrer des opprimés en les faisant lever de la poussière. On retrouve la même expression au verset 10. Cette pensée de l’élévation revient dans les versets 4, 5, 6, 7 et 10. Le nord n’est pas mentionné parce que, comme on l’a suggéré, l’ennemi qui attaque le pays d’Israël vient de cette direction et que, par conséquent, il ne saurait y avoir d’attente de secours venant du nord. Le peuple de Dieu doit apprendre que le secours ne vient d’aucun bout de la terre. Il vient de Dieu : Dieu est le juge ; il abaisse l’un, et élève l’autre.

Une coupe de jugement se trouve dans la main de l’Éternel. Cette coupe est pleine de mixtion, allusion aux herbes aromatiques mélangées au vin pour renforcer ses qualités enivrantes. Les méchants devront boire cette coupe jusqu’à la lie.


4.3.4 - Psaume 76

L’anticipation du jugement des nations et la célébration de ses résultats.


Le psaume précédent a annoncé l’intervention de Dieu en jugement, au moment fixé par lui, en faveur de son peuple. Ce psaume anticipe ce jugement et célèbre le résultat.

V. 1-3 — Ces trois premiers versets donnent le résultat du jugement de Dieu sur ses ennemis. Les versets qui suivent présentent le jugement effectif. Le premier résultat est de faire connaître Dieu ; quand il est connu, son nom devient « grand ». La connaissance de Dieu doit conduire à l’exaltation de Dieu. Cette connaissance et cette exaltation seront produites par son intervention en faveur de son peuple terrestre : Juda et Israël. Les tribus longtemps divisées seront enfin réunies.

De plus la connaissance de Dieu préparera le chemin pour que Dieu puisse demeurer au milieu d’une scène de paix, établie en grâce souveraine. Salem : « paix », est l’ancien nom de Jérusalem. Sion est le symbole du choix souverain de Dieu en grâce (Ps. 78:65-68).

La paix dans laquelle Dieu demeurera sera le résultat de la justice de Dieu qui agit en jugement à l’égard de ses ennemis. Ainsi ces versets présentent le règne de paix, établi en justice, dans lequel Dieu sera connu et exalté.

V. 4-6 — Les versets qui suivent présentent les jugements de Dieu, par lesquels le règne de paix est établi. Jérusalem, qui jusque-là avait été la proie des nations, est mentionnée par l’expression « les montagnes de la rapine ». Sur ces montagnes, qui ont été si souvent les témoins de la défaite d’Israël, les ennemis du peuple deviendront une proie, lorsque Dieu resplendira dans sa gloire. Ésaïe prédit ce même grand événement quand il prononce cette prophétie de l’Éternel : Je briserai « l’Assyrien dans mon pays ; et je le foulerai aux pieds sur mes montagnes » (És. 14:25). Suit alors une description de ce jugement écrasant. Les ennemis de Dieu dorment du sommeil de la mort. Ils sont complètement impuissants et confondus, car « aucun des hommes vaillants n’a trouvé ses mains ». Le Dieu qui a fait alliance avec Jacob pour le protéger de tous ses ennemis agit maintenant en faveur de son ancien peuple. À sa parole, toute la puissance de l’homme est détruite.

V. 7-9 — Cette destruction de l’ennemi ne délivre pas seulement le peuple, mais elle fait connaître Dieu. Et la révélation de Dieu produite par ce jugement absolu conduira à la crainte de Dieu, car on devra se rendre à l’évidence que, quand Dieu agit en jugement, personne ne peut subsister devant lui.

Pendant des années, Dieu s’est tu, mais, à la fin, son intervention dans les affaires des hommes fera connaître que le ciel visite en jugement le mal sur la terre. La voix de Dieu se fera « entendre des cieux ». Alors la terre aura peur et se tiendra tranquille : toute opposition à Dieu cessera.

En outre cette intervention en jugement sera manifestement en faveur du peuple choisi : « pour sauver tous les débonnaires de la terre ». Le juste jugement de Dieu contre le mal et sa grâce en délivrance envers son peuple seront ainsi révélés.

V. 10-12 — La pensée principale des versets 7 à 9, c’est la connaissance de Dieu ; celle des derniers versets, l’exaltation de Dieu. Nous retrouvons ainsi dans la dernière partie du psaume les deux pensées exprimées dans le premier verset : « Dieu est connu » et « son nom est grand ».

Toute la colère de l’homme tournera à la louange de Dieu. La concentration de la puissance et de la force des hommes, avec le déploiement de leurs chars et de leurs chevaux contre Dieu dans les montagnes de Jérusalem, ne sert qu’à montrer, par leur défaite écrasante, que Dieu est plus grand que toute la puissance de l’homme. L’opposition à Dieu encore existante sur la terre, quelle qu’elle soit, sera contenue. Toutes les nations de la terre sont appelées à reconnaître l’Éternel comme leur Dieu et à se soumettre en lui apportant des présents. Si les grands de la terre refusent, ils seront retranchés et découvriront que Dieu est terrible envers ceux qui s’opposent à sa volonté.


4.3.5 - Psaume 77

Confiance en Dieu au jour de la détresse.


V. 1-3 — Profondément affligé par le bas état du peuple de Dieu, le psalmiste crie à Dieu. Dans les jours difficiles, l’homme pieux continuait à rechercher Dieu et à étendre sa main, durant la nuit, vers le Seigneur. Il se souvenait de Dieu, même si, pendant un temps, il ne trouvait pas de repos pour son âme, car en apparence Dieu gardait le silence. C’est pourquoi son esprit défaillait.

V. 4-6 — Ces trois versets révèlent la cause de l’accablement de son esprit. Le psalmiste essayait de trouver une solution à son épreuve en se référant aux expériences faites par les autres dans le passé. Puis il a renoncé et s’est occupé de ses propres expériences, les examinant avec diligence ; mais il découvre qu’être occupé de soi n’apporte aucun soulagement.

V. 7-9 — Finalement le psalmiste reconnaît que le bas état de ceux qui constituent le peuple de Dieu est le résultat de leur propre manquement. Il comprend qu’ils sont sous la discipline du Seigneur. Mais, demande-t-il, le Seigneur les rejettera-t-il pour toujours à cause de leurs fautes ? Est-il possible que Dieu ne montre plus sa faveur ? Le manquement du peuple a-t-il fait cesser la bonté de Dieu ? Dieu n’accomplira-t-il pas ses promesses à cause du péché de son peuple ? Est-ce que la chute de l’homme peut altérer la grâce de Dieu ou enfermer ses miséricordes ? Le psalmiste ne fait ces suggestions que pour les rejeter, parce qu’elles sont insoutenables.

V. 10-12 — La pensée que le péché du peuple de Dieu ne pourra jamais surpasser la grâce de Dieu est comme un baume pour l’âme troublée du psalmiste. Il comprend que la supposition selon laquelle le peuple de Dieu pourrait être rejeté vient de la faiblesse de son esprit : il a jugé les voies de Dieu envers son peuple d’après la manière dont les fils d’Israël ont agi envers Lui. Aussi le psalmiste suspend-il ces pensées et, au lieu de se rappeler ses propres expériences et les jours passés, il se souvient maintenant « des années de la droite du Très-Haut », « des œuvres de Jah », de ses « merveilles d’autrefois ». Il dit : « Je penserai à toute ton œuvre, et je méditerai tes actes ».

V. 13-15 — De plus, il découvre que quelles que soient les afflictions par lesquelles le peuple de Dieu doit passer sur la terre à cause de ses fautes, Dieu a une voie qui ne peut être connue que dans le lieu saint. Rendue perplexe par la prospérité des méchants, l’âme a trouvé la réponse à ses difficultés dans le sanctuaire (Ps. 73:17). Ainsi en s’interrogeant sur le silence apparent de Dieu au jour de l’épreuve de son peuple, c’est encore dans le lieu saint que le psalmiste trouve la réponse à ses exercices. Là il apprend que Dieu a une voie arrêtée qui dirige ses actes ; que Dieu est grand et qu’il fait des merveilles. Selon cette voie, Dieu fait connaître sa puissance parmi les peuples, afin de racheter les siens.

V. 16-20 — Dans la dernière partie du psaume, ces actes de Dieu en faveur de son peuple sont présentés comme établissant la vérité des leçons apprises à l’intérieur du lieu saint. À la mer Rouge, les voies de Dieu ont proclamé sa puissance parmi les peuples ; elles ont montré de quelle manière il a racheté les siens du pouvoir de l’ennemi et les a conduits ensuite comme un troupeau dans le désert.

Ainsi, malgré toute la puissance de l’ennemi et les épreuves du désert, Dieu a une « voie » pour les siens dans ce monde en parfait accord avec sa « voie » qui est établie dans le lieu saint. Dans toute la confusion et la dispersion parmi le peuple de Dieu, les siens peuvent ne pas toujours être capables de discerner ses traces ; néanmoins la foi sait que Dieu a une voie qu’il suit pour sa propre gloire et pour la bénédiction de son peuple. L’âme est ainsi encouragée à se confier en Dieu dans les jours les plus sombres comme dans les jours les plus lumineux.

Les principes de ce psaume peuvent certainement s’appliquer en tout temps, pour l’encouragement du peuple de Dieu, dans les moments de presse et de confusion qu’il peut être appelé à connaître. Face aux nombreux manquements, le diable tente quelquefois le fidèle en l’amenant à penser que Dieu est indifférent aux épreuves des siens et les a rejetés. Mais la foi sait qu’aucun manquement, aussi grand soit-il, ne peut contrarier les propos de la grâce de Dieu. Dans la présence de Dieu, nous apprenons en outre que Dieu a une voie et qu’il agit selon elle pour sa propre gloire et pour la bénédiction de son peuple. Il est encourageant de savoir que malgré toute la confusion, Dieu a un chemin — un chemin au travers du désert — par lequel il conduit son troupeau. Étendons donc nos mains vers lui, même si parfois nous devons le faire dans l’obscurité.


4.3.6 - Psaume 78

La voie de Dieu au milieu des manquements d’Israël, pour sa gloire et la bénédiction de son peuple.


Au psaume 77, tout en ayant conscience de la ruine d’Israël, l’âme pieuse est délivrée de la pensée terrible que Dieu a rejeté la nation à toujours, et que ses promesses et sa grâce ont pris fin. Dans le lieu saint, le fidèle apprend que, malgré les manquements d’Israël, Dieu a une « voie » par laquelle il assure sa propre gloire et la bénédiction de son peuple. Le psaume 78 place devant nous les manquements de la nation, depuis l’Égypte jusqu’aux jours de David, et nous découvre la « voie » de Dieu en bénédiction.


V. 1-4 — Le psalmiste parle avec l’autorité d’un envoyé de Dieu. Il invite le peuple à écouter le témoignage de la loi. Il va prononcer une parabole : en fait, il retrace les faits historiques. Toutefois si c’est l’histoire qui met en évidence les manquements du peuple de Dieu, c’est la parabole qui va enseigner la voie cachée de Dieu à ceux qui inclinent l’oreille pour écouter (Ps. 77:19). Derrière les manquements et la faiblesse du peuple, ils discerneront la force de l’Éternel, « ses merveilles qu’il a faites ». L’histoire du peuple tournera ainsi à la louange de l’Éternel.

V. 5-11 — Le témoignage de Dieu et ce que le peuple en a fait. Avant d’aborder l’histoire d’Israël, le psalmiste nous rappelle que Dieu a « établi un témoignage » ; les pères devaient le rapporter à leurs fils et ceux-ci le transmettre à leurs enfants, afin qu’ils mettent leur confiance en Dieu, qu’ils marchent dans l’obéissance et qu’ils n’oublient pas ses œuvres. Ils seraient ainsi à l’abri de l’obstination qui a caractérisé les générations précédentes dont les affections n’étaient pas affermies pour Dieu et dont l’esprit ne lui a pas été fidèle.

Éphraïm, en tant que tribu type, illustre la faillite complète du peuple à répondre à ce témoignage. Bien que parfaitement équipés pour la bataille, ils ont tourné le dos le jour du combat, ils ont désobéi à Dieu, et ont oublié ses actes et ses œuvres merveilleuses.

L’histoire montre que les fils ont été comme leurs pères. La chair n’apprend rien de ses propres manquements ou de ceux des générations qui ont précédé : elle ne change jamais.

V. 12-20 — Les merveilles de Dieu et ce que le peuple en a fait. Après le témoignage de Dieu, le psalmiste en vient maintenant aux merveilles de Dieu. Il passe rapidement en revue les merveilles de Dieu en Égypte, à la mer Rouge, dans le désert : la nuée, la colonne de feu et l’eau qui jaillit du rocher.

Le peuple n’a retiré aucun profit du témoignage de Dieu ; quelle a été son attitude face à ces merveilles ? Hélas ! les fils d’Israël se sont enfoncés toujours plus dans le péché. Le témoignage rendu par leurs pères et les miracles opérés devant leurs yeux n’ont servi à rien. Ils ont tenté Dieu en parlant contre lui. Par un miracle, Dieu avait permis que des ruisseaux viennent abreuver leur soif, mais dans leur incrédulité ils dirent : « Dieu pourrait-il dresser une table dans le désert ? » Ils reconnaissent certes que Dieu avait fait un miracle pour eux, mais ils disent en quelque sorte : « Il nous a donné de l’eau, pourra-t-il aussi nous donner du pain ? » Lorsqu’il n’y a pas de miracles, les hommes parlent contre Dieu et déclarent : « Pourquoi n’intervient-il pas ? » Ils oublient que lorsque Dieu a opéré des miracles devant leurs yeux, ils ont parlé contre lui. Les miracles et les signes ne changent pas le cœur humain. Avec ou sans miracles, l’homme naturel est incrédule.

V. 21-32 — Les actes gouvernementaux de Dieu en jugement sur son peuple et leur résultat. Le peuple a refusé le témoignage de Dieu et s’est moqué de ses miracles ; Dieu va alors les éprouver en les châtiant. La colère gouvernementale s’abattit sur eux parce qu’ils ne crurent pas Dieu et ne se fièrent pas en son salut. Il avait ouvert les portes des cieux et fait pleuvoir la manne, leur donnant par là le pain des puissants. Mais le peuple s’était détourné de la manne et avait convoité la chair (v. 20). Dieu la leur envoie en plus grande abondance que la manne. Elle tombe sur eux « comme de la poussière » et « comme le sable des mers ». Ils pouvaient la ramasser sans effort, car Dieu la « fit tomber au milieu de leur camp, autour de leurs demeures ». Mais loin de les amener à condamner leurs murmures, cette manifestation merveilleuse de la puissance de Dieu leur servit à satisfaire leur convoitise et attira alors sur eux les conséquences gouvernementales de leur propre folie. Les hommes d’élite d’Israël furent abattus. Hélas ! le seul résultat de ce châtiment fut qu’ils « péchèrent encore, et ne crurent point par ses œuvres merveilleuses ».

V. 33-42 — Les voies de Dieu envers le peuple, tempérées par la grâce. Dieu avait éprouvé les fils d’Israël dans le désert, et cela avait manifesté leur ruine totale. Les versets 33 à 42 présentent les voies de Dieu envers son peuple au temps des Juges. Dans ces jours, les voies gouvernementales de Dieu envers le peuple étaient mêlées avec la grâce. Les captivités successives étaient suivies par des délivrances répétées, car Dieu est miséricordieux. Il se souvenait de la faiblesse de son peuple : « qu’ils étaient chair, un souffle qui passe et ne revient pas ». Mais, comme dans le désert ils avaient provoqué et irrité Dieu, « ils recommencèrent et tentèrent Dieu, et affligèrent le Saint d’Israël : Ils ne se souvinrent pas de sa main au jour où il les avait délivrés de l’oppresseur ».

V. 43-55 — Les voies de Dieu qui s’exécutent malgré la ruine de l’homme. Ces épreuves successives avaient prouvé la méchanceté absolue de la chair. Néanmoins le psalmiste montre que Dieu accomplit ses propos pour la gloire de son nom et pour la bénédiction de son peuple. Ainsi, pour la seconde fois dans ce psaume, l’histoire du peuple de Dieu depuis l’Égypte jusque dans le pays est passée en revue. Mais dans ce second récit, la ruine du peuple est passée sous silence. Du début à la fin, nous découvrons un exposé de ce que Dieu a fait pour le maintien de sa gloire en jugeant tous ses ennemis et en délivrant son peuple : il a fait partir les siens comme des brebis, les a menés comme un troupeau dans le désert, les a conduits sains et saufs, les a introduits dans les confins de sa sainte terre, a chassé de devant eux les nations et a divisé le pays entre les tribus d’Israël.

V. 56-64 — Dieu rompt tous liens extérieurs avec le peuple qui l’a abandonné. L’accomplissement par Dieu de ses propos en dépit de toute l’incrédulité et de la rébellion des siens aurait certainement dû amener le peuple à obéir à l’Éternel et à l’adorer lui seul. Hélas ! de même qu’ils avaient tenté Dieu dans le désert et n’avaient pas gardé ses témoignages, les fils d’Israël abandonnent maintenant le sanctuaire — le lieu où Dieu habite — et établissent des hauts lieux ; ils se détournent de Dieu pour aller après des images taillées.

Le résultat est solennel : Dieu brisa alors tous liens extérieurs avec le peuple. Il méprisa fort Israël, abandonna son tabernacle, livra l’arche à la captivité, et son peuple à l’épée.

V. 65-72 — La bénédiction assurée à l’homme ruiné en vertu de la grâce souveraine. L’homme a été pleinement mis à l’épreuve par le témoignage de Dieu, ses œuvres puissantes, ses voies gouvernementales et sa grâce : mais tout en vain. En voulant faire face lui-même à ses responsabilités, l’homme se ruine complètement et perd tout droit à la bénédiction. Aussi est-il clairement établi que s’il doit y avoir bénédiction pour l’homme, elle dépend de Dieu seul. La ruine totale de l’homme ouvre la voie à la manifestation de l’amour et de la puissance de Dieu en faveur de son peuple. Si une intervention divine s’avère nécessaire pour un peuple désespérément ruiné, cela ne peut pas être sur le fondement de ce que ce peuple est pour Dieu, mais uniquement en vertu de ce que Dieu est pour ce peuple. Ainsi, dans la dernière partie de ce psaume, le Seigneur est présenté comme agissant de lui-même en grâce souveraine.

Le Seigneur s’éveille comme un homme qui dort. L’image d’un homme puissant est employée pour exprimer l’énergie avec laquelle le Seigneur juge tous ses ennemis. De plus il rejette Éphraïm et la force de la nature, et agit selon son choix souverain. Dans sa souveraineté, il « choisit » la tribu de Juda, la montagne de Sion pour son sanctuaire, et David pour paître son peuple. Sion devient ainsi le symbole de la grâce et David, le type de Christ, celui par lequel toute grâce nous parvient. Le peuple est finalement introduit dans la bénédiction sur le fondement de la grâce, selon l’intégrité du cœur de Dieu et l’intelligence de ses mains. La voie de Dieu dans le lieu saint est ainsi manifestée par ses voies dans le monde (cf. Ps. 77:13, 19).


4.3.7 - Psaume 79

La confession, par l’homme pieux, du péché et de la misère totale du peuple de Dieu. Un appel à Dieu pour qu’il agisse en faveur des siens, selon ses tendres compassions et pour la gloire de son grand nom.


Le psaume 78 a présenté la ruine complète du peuple de Dieu et a montré que le seul espoir des fidèles réside dans la grâce souveraine de Dieu. Notre psaume est la réponse des fidèles. Ils confessent leur péché et se rejettent sur Dieu et sur sa miséricorde.

V. 1-4 — Les fidèles exposent leur triste condition devant Dieu. Apparemment l’ennemi a remporté une victoire complète sur le peuple de Dieu et l’a laissé dans une misère totale, en opprobre et en raillerie devant le monde. Mais cela ne les empêche pas de faire valoir que l’ennemi attaque l’héritage de Dieu, son saint temple, ses serviteurs et ses saints.

V. 5-7 — Les fidèles sentent justement qu’une attaque contre Dieu et ses possessions doit avoir une limite. Dieu ne peut pas permettre que ces affronts durent à toujours. Aussi les croyants demandent-ils : « Jusques à quand, ô Éternel ? » En outre ils reconnaissent, comme cause de leurs souffrances, la colère et la jalousie de l’Éternel. Mais ils font valoir que les instruments employés pour infliger ce châtiment ne font qu’exprimer leur haine contre Dieu. Ils n’ont pas connu Dieu ni invoqué son nom.

V. 8-10 — Reconnaissant leurs péchés, les fidèles admettent qu’ils sont devenus très misérables ; mais ils font appel aux tendres compassions de Dieu, à la gloire de son nom et à l’opprobre des ennemis qui disent : « Où est leur Dieu ? » Extérieurement le monde pourrait être amené à croire que Dieu est indifférent aux souffrances de son peuple.

V. 11-13 — Enfin ils rappellent leur faiblesse totale et la grande puissance de Dieu. La demande « Que le gémissement du prisonnier vienne devant toi » est suivie par la prière que le peuple, en apparence voué à la mort, soit préservé par la grandeur de la puissance de Dieu. Puis les fidèles demandent que les hommes qui jettent l’opprobre sur le Seigneur soient jugés ; la louange éternelle montera alors de la bouche de ceux qui, malgré tous leurs manquements, sont toujours le troupeau de sa pâture.


4.3.8 - Psaume 80

Un triple appel à Dieu afin qu’il restaure les siens et qu’il les délivre de leurs ennemis (v. 3, 7, 19).


V. 1-3 — Le psaume précédent s’est terminé par le rappel que le peuple d’Israël, malgré le bas état dans lequel il est tombé, est toujours le peuple de l’Éternel et le troupeau de sa pâture. Dans notre psaume, tout en confessant encore le péché du peuple, les fidèles adressent un appel plus élevé. Si Israël est le troupeau de l’Éternel, l’Éternel est le Berger d’Israël, Celui auquel les brebis devraient regarder. Aussi demandent-ils au Berger d’Israël qui autrefois menait le peuple comme un troupeau et était assis au milieu d’eux entre les chérubins, de faire luire à nouveau sa splendeur devant les tribus, de réveiller sa puissance pour les sauver de leurs ennemis et de faire luire sa face sur eux.

V. 4-7 — Les fidèles confessent que leur bas état actuel est le résultat de leurs péchés et du châtiment de l’Éternel qu’ils ont eux-mêmes attiré. Comme dans le psaume précédent, ils demandent : « Jusques à quand ? » La foi réalise qu’il doit y avoir une limite au châtiment de Dieu. Dieu peut-il être sourd aux prières des siens, indifférent à leurs larmes, et rester insensible aux souffrances infligées par les hommes, pour qui ils sont un sujet de contestation et un objet de dérision ?

De nouveau les fidèles demandent au Dieu des armées de les restaurer, de manifester sa faveur et de les sauver.

V. 8-16 — Ils font encore valoir qu’ils sont le cep de Dieu, transporté d’Égypte, séparé du monde et planté dans le pays. Si Israël est le cep de Dieu, pourquoi alors Dieu a-t-il rompu ses clôtures et permis aux nations de le piller ? Ils supplient Dieu de regarder des cieux et de visiter son cep — le cep qu’il avait planté et le sarment qu’il avait fortifié pour lui-même. Ne peut-on pas voir dans le sarment une allusion à David et sa famille, duquel, selon la chair, Christ descend ? Ils reconnaissent que toutes ces afflictions sont venues sur eux comme châtiment de l’Éternel ; ils confessent leur propre péché qui est à l’origine de leurs maux.

V. 17-19 — Ici, leur prière atteint son point culminant. « Que ta main soit sur l’homme de ta droite, sur le fils de l’homme que tu as fortifié pour toi ». Il s’agit certainement d’une allusion à Christ, Celui que Dieu avait gardé en réserve et préparé, afin de répondre au besoin de l’homme et de maintenir la gloire de Dieu.

Lorsque le peuple sera introduit par Christ dans la bénédiction, ceux qui le composent ne se retireront pas de l’Éternel. Aussi répètent-ils pour la troisième fois ces paroles : « Éternel, Dieu des armées ! ramène-nous ; fais luire ta face, et nous serons sauvés ». Leur premier argument est que Dieu est le Berger d’Israël ; le second, que Dieu ne peut pas être indifférent à leurs souffrances ; le dernier, c’est Christ, l’Homme de la droite de Dieu.


4.3.9 - Psaume 81

Israël restauré, introduit dans la lumière de la faveur de Dieu, discerne la voie que l’Éternel a suivie pour amener les siens dans la bénédiction.


V. 1-5 — Au psaume 80, l’appel adressé à l’Éternel de faire luire sa face sur Israël est répété trois fois. Notre psaume anticipe la réponse à ces appels. On a dit que « la nouvelle lune » était « le symbole du retour d’Israël dans la lumière du soleil ». La sonnerie des trompettes, le premier jour du septième mois, célébrait le premier des trois jours solennels de ce mois qui parlait de la bénédiction d’Israël (Lév. 23, 24, 27, 34). Ce psaume considère donc l’époque pendant laquelle Israël sera de nouveau béni comme nation dans la faveur reconnue de Dieu. Alors Israël poussera des cris de joie vers Dieu et le célébrera, selon Son désir depuis le début de l’histoire du peuple.

V. 6-10 — À partir du verset 6 et jusqu’à la fin du psaume, seule la voix de l’Éternel est entendue. L’Éternel rappelle à son peuple sa manière d’agir envers eux. En Égypte, il les a délivrés de leur fardeau, de leur esclavage et de leur détresse.

Dans le désert, il les a éprouvés. Allaient-ils l’écouter, marcher fidèlement avec lui, sans servir d’autres dieux ? Étaient-ils prêts à se confier en lui, et à compter sur lui pour répondre à leurs besoins — ouvrant leur bouche toute grande pour que l’Éternel la remplisse ?

V. 11, 12 — Quel a été le résultat des voies divines envers le peuple ? Hélas ! les fils d’Israël ont prouvé qu’ils ne voulaient pas écouter l’Éternel. Ils se sont tournés vers des dieux étrangers — « ils n’ont pas voulu » de l’Éternel. Alors il les a abandonnés à l’obstination de leur cœur et les a laissés marcher selon leurs conseils. Nous avons donc ici la réponse à la question posée par les fidèles dans le psaume précédent : « Pourquoi as-tu rompu ses clôtures, de sorte que tous ceux qui passent le pillent ? »

V. 13-16 — Le psaume se termine par un appel touchant de l’Éternel à Israël — la réponse à la demande adressée par les fidèles au psaume 80. « Oh ! si mon peuple m’avait écouté ! si Israël avait marché dans mes voies ! » (comp. Luc 19:41-44). Alors leurs ennemis auraient certainement été subjugués, et le peuple de Dieu aurait été nourri et rassasié.

Ainsi L’Éternel révèle sa manière d’agir envers son peuple et son amour pour lui.


4.3.10 - Psaume 82

La condamnation des conducteurs injustes du peuple de Dieu — de ceux qui ont été établis dans une place d’autorité pour représenter Dieu.


V. 1 — Dieu est vu comme se tenant dans l’assemblée de son peuple. Il juge au milieu des juges. Aux jours du Nouveau Testament, le Seigneur nous dit que ces juges, ou « dieux », sont ceux « à qui la parole de Dieu est venue » leur donnant autorité de juger en tant que représentants de Dieu, d’où cette appellation de « dieux » qui leur est attribuée (Jean 10:35).

V. 2-4 — Hélas ! ces conducteurs du peuple de Dieu sont condamnés parce qu’ils ont agi injustement. Ils n’ont pas pratiqué la justice, la qualité essentielle d’un juge. Au lieu de représenter vraiment Dieu et de juger selon la vérité, sans acception de personnes, ils ont rendu de faux jugements pour obtenir la faveur des hommes. De plus, ils n’ont pas eu égard aux misérables, aux orphelins, aux affligés et aux nécessiteux ; ils n’ont exercé ni la justice ni la bonté.

V. 5 — Ainsi ces conducteurs du peuple de Dieu se montrent sans cœur et sans intelligence. Combien solennel est l’état de ces hommes qui ignorent Dieu au point que l’on peut dire à leur sujet : « ils marchent dans les ténèbres » ! Ils portent atteinte aux fondements moraux du peuple de Dieu : la justice et la bonté.

V. 6, 7 — Dieu n’est pas indifférent à cette injustice. Ceux qui pervertissent le droit seront eux-mêmes jugés. La position élevée que Dieu leur a donnée, comme ses représentants, ne les mettra pas à l’abri de son juste jugement. Ils tomberont comme tout prince terrestre qui gouverne sans la crainte de Dieu.

V. 8 — Les défaillances des représentants de Dieu nous font comprendre que les habitants de la terre attendent le règne en justice de Dieu lui-même. Ainsi le psaume se termine par un appel à Dieu : « Lève-toi » et « juge la terre », comme Celui qui hérite non seulement Israël, mais « toutes les nations ».


4.3.11 - Psaume 83

Le jugement des nations assemblées contre Dieu et contre son peuple Israël.


Le psaume 82 concerne les conducteurs corrompus au milieu du peuple de Dieu. Dans le psaume 83, nous trouvons le jugement des ennemis du peuple de Dieu qui attaquent Israël depuis l’extérieur.

V. 1 — Le psaume s’ouvre par un appel à Dieu : « Ne garde pas le silence », « ne te tiens pas tranquille » en présence des ennemis.

Le silence de Dieu et le fait qu’il n’intervient pas en présence de la méchanceté des hommes et des souffrances de son peuple est une grande épreuve pour la foi. Pourtant elle sait que Dieu interviendra en son propre temps, quand le mal aura atteint son comble. D’où cet appel qui est adressé à Dieu de ne plus garder le silence.

V. 2-4 — Considérant le dernier grand rassemblement des nations contre Dieu et contre son peuple, l’âme pieuse comprend que la méchanceté conduit au jugement. Les ennemis de Dieu, profitant de sa longue patience et de son silence, élèvent leur voix contre lui et s’exaltent eux-mêmes. Cette haine de Dieu s’exprime contre son peuple, ses fidèles cachés, qu’il a secrètement mis à l’abri, même si pour un temps il n’intervient pas publiquement pour eux (cf. Ps. 31:20).

L’intention de l’ennemi est de retrancher de la face de la terre Israël en tant que nation. Il souhaite même que la mémoire de ce peuple périsse.

V. 5-8 — Dans leurs efforts pour atteindre ce but, les nations consultent ensemble, faisant une alliance contre Dieu. Les nations qui entourent directement le pays d’Israël sont énumérées. Elles sont aidées par l’Assyrien, depuis le nord.

V. 9-17 — Encouragé par les interventions divines du passé en faveur de son peuple, le psalmiste supplie Dieu de se manifester contre ses ennemis comme aux jours d’autrefois. Il demande que ses adversaires soient rendus semblables à la balle devant le vent, que le feu du jugement les consume, que la tempête du jugement les épouvante. Les ennemis de l’Éternel seront alors confondus et périront.

V. 18 — Le psalmiste anticipe le résultat de l’intervention de Dieu en jugement : les hommes sauront que l’Éternel, le Dieu d’Israël, est le Très-Haut sur toute la terre.


4.3.12 - Psaume 84

Le chemin de souffrances suivi par le peuple de Dieu en attendant la bénédiction.


Dans son interprétation stricte, ce magnifique psaume se réfère au peuple terrestre de Dieu qui sera introduit dans les bénédictions millénaires futures par un chemin de souffrances. Néanmoins, les principes posés par ces versets ont une application profondément instructive pour le chrétien.

Les trois divisions du psaume placent devant nous, premièrement, la maison de Dieu préparée pour les croyants à la fin de leur pèlerinage (v. 1-4) ; deuxièmement, le chemin qui conduit à la maison de Dieu (v. 5-7) ; troisièmement, la prière du pèlerin qui avance dans la dépendance de l’Éternel (v. 4, 5, 12).

V. 1-4 — Le psaume commence par une expression de joie quant à la maison de Dieu, et une évocation du désir de l’âme après les parvis de l’Éternel et après le Dieu vivant. Celui qui a fait trouver une maison à l’oiseau le plus insignifiant et un nid à l’hirondelle agitée a très certainement une demeure et une place de repos pour son peuple, un lieu garanti pour les siens par l’autel, ou par le grand sacrifice dont parle l’autel. Le psalmiste voit devant lui la félicité de la maison de Dieu, cette demeure où Dieu habitera au milieu des louanges éternelles de son peuple.

V. 5-7 — Ces versets décrivent la bénédiction de celui qui marche dans le chemin conduisant à Sion. Il rencontrera peut-être des épreuves, représentées par la vallée de Baca, ou des « pleurs » selon la signification de ce mot ; mais même alors, il fera l’expérience que « la pluie aussi la couvre de bénédictions ». Dieu se sert des épreuves sur le chemin pour la bénédiction de son peuple. Ainsi les fidèles croissent dans la grâce et en force spirituelle, jusqu’à ce qu’ils paraissent devant Dieu en Sion.

V. 8-12 — Nous trouvons ici la prière de l’homme pieux alors qu’il passe par le chemin de l’épreuve. Sa confiance en s’adressant à Dieu et la seule justification qu’il a, c’est que Christ, l’Oint de Dieu, est toujours devant Dieu. En vertu de tout ce que Christ est, l’âme peut compter que l’Éternel sera son soleil et son bouclier — Celui qui répondra aux besoins du fidèle et le protégera de tout mal, qui donnera la grâce dans le chemin et la gloire à la fin.

Assurée de la « grâce » et de la « gloire », et de ne se voir refuser « aucun bien », l’âme peut conclure, fort à propos : « Bienheureux l’homme qui se confie en toi ! »

Ce psaume présente ainsi la bénédiction de l’homme qui habite dans la maison de Dieu (v. 4), qui marche dans le chemin conduisant à cette maison (v. 5), et qui met sa confiance en l’Éternel pendant qu’il marche dans le chemin qui conduit dans la gloire (v. 12).


4.3.13 - Psaume 85

Une anticipation de la délivrance d’Israël de la captivité, et de la restauration du peuple par la bonté de Dieu agissant en justice.


V. 1-3 — Dans ces premiers versets, la restauration d’Israël est célébrée d’avance par les fidèles. La nation est vue comme ramenée de la captivité dans la faveur de l’Éternel, ses péchés étant pardonnés, et le courroux de Dieu retiré. Ces versets présentent la bénédiction finale de la nation ; la suite du psaume indique comment cette bénédiction est atteinte.

V. 4-7 — Avant d’être restaurés, les Israélites devront reconnaître que Dieu a agi envers eux, en gouvernement, dans l’ardeur de sa colère à cause de leur longue histoire de manquements, et que leur rétablissement dépend de Dieu seul et non pas de leurs propres efforts. Aussi disent-ils : « Ramène-nous ». Autrefois Naomi a dû constater après son séjour en Moab : « Je m’en allai… et l’Éternel me ramène » (Ruth 1:21). Nous pouvons, hélas ! nous écarter : le Seigneur seul peut nous ramener. Dans le même esprit, les fils d’Israël seront conduits à reconnaître que tous leurs propres efforts, ou ceux des autres, pour les ramener dans le pays de la bénédiction, seront vains. Enfin ils confesseront que l’Éternel seul peut les ramener. Ainsi ils demandent à Dieu de permettre que son peuple se réjouisse, de lui faire voir sa bonté et de lui accorder la délivrance de tous ses ennemis.

V. 8-13 — Les derniers versets donnent la réponse à cet appel adressé à l’Éternel. D’une manière très belle, l’homme pieux dit : « J’écouterai ce que dira Dieu, l’Éternel ». Il voit que l’Éternel donne une réponse de paix. Les fidèles avaient demandé que le salut leur soit accordé (v. 7) ; ils apprennent que le salut est près de ceux qui craignent Dieu. Ils avaient demandé la bonté ; ils apprennent que la bonté et la vérité se sont rencontrées : que Dieu manifestera sa bonté en maintenant la vérité, et que la justice et la paix se sont embrassées. La paix est donnée à Israël, mais pas aux dépens de la justice. Ils avaient demandé de « vivre de nouveau » (v. 6) ; il leur est dit que la vérité germera de la terre, autrefois marquée par la corruption ; ils apprennent encore que la justice regardera des cieux, dispensant abondamment ce qui est bon, là où il n’y avait eu que mal et misère.

La justice sera la base du royaume restauré ; « elle mettra ses pas sur le chemin » qui conduit au royaume.


4.3.14 - Psaume 86

L’appel d’une âme pieuse à l’Éternel pour qu’il écoute son cri (v. 1), qu’il soit attentif à sa supplication (v. 6), qu’il lui enseigne son chemin (v. 11) et qu’il la délivre des méchants (v. 16).


Dans ce psaume, le titre Seigneur, ou « Adonaï », revient sept fois. Il indique la suprématie de Christ sur tout, et suppose que celui qui parle prend la place d’un serviteur qui s’attend à son Seigneur (v. 2, 4, 16).

V. 1-5 — Ce psaume s’ouvre sur un appel à l’Éternel pour qu’il écoute le cri d’un saint qui est conscient de ses besoins et peut faire valoir qu’il est pieux, c’est-à-dire qu’il craint Dieu et se confie en lui.

L’homme pieux sent qu’il a besoin de bonté et de pardon tous les jours, et réalise que l’Éternel est grand en bonté envers tous ceux qui crient à lui.

V. 6-10 — Dans ces versets, le saint prie l’Éternel, lui demandant de faire davantage qu’écouter son cri. Il désire que l’Éternel soit attentif à sa supplication et réponde à son cri. Il sent qu’au jour de la détresse, Dieu doit répondre à son peuple. Ici l’homme pieux invoque la grandeur et la puissance du Seigneur, comme auparavant il avait fait appel à sa bonté. Il n’y en a point comme le Seigneur ; il n’y a point d’œuvres comme les siennes. Il a fait les nations pour sa propre gloire. Il est grand et il fait des choses merveilleuses. Lui seul est Dieu.

V. 11-13 — Le psalmiste ne cherche pas seulement une réponse à son cri au jour de la détresse ; il désire en outre que l’Éternel lui enseigne Son chemin, afin qu’il puisse marcher dans la vérité et glorifier Celui qui, dans sa bonté, a sauvé son âme du shéol profond.

V. 14-17 — Enfin, l’homme pieux crie à Dieu à propos de ses ennemis. Il est entouré d’hommes arrogants qui se sont levés contre lui, d’hommes violents qui s’opposent à lui et d’hommes iniques qui vivent sans crainte de Dieu.

Néanmoins si les méchants sont contre le psalmiste, Dieu est pour lui. Et le Dieu qui est pour lui est miséricordieux, faisant grâce, lent à la colère et grand en bonté et en vérité. Aussi le fidèle demande-t-il à Dieu de se tourner vers lui, de le fortifier et de le sauver de ses ennemis, bien que les hommes se lèvent contre lui. Alors la faveur manifestée par l’Éternel confondra ceux qui le haïssent et tous verront qu’il a été aidé et consolé par l’Éternel.


4.3.15 - Psaume 87

La gloire de Sion établie comme la cité de Dieu.


V. 1-3 — Le psaume commence par la célébration de la gloire de Sion. Les hommes peuvent fonder d’autres villes, mais Sion est la cité dont l’Éternel a posé la fondation. Elle est ainsi non seulement fermement établie, mais ses fondations sont sûres, parce que posées « dans les montagnes de sainteté ». Elle est bâtie sur un fondement juste. Parce qu’elle est sainte, l’Éternel « aime » ses portes — le lieu de rencontre et de gouvernement et, par conséquent, le symbole de la vie active de la ville. Des choses glorieuses sont dites de cette cité. Ce n’est pas simplement un endroit où de grands événements ont eu lieu, mais une ville au sujet de laquelle un avenir glorieux est prédit. En contraste avec toutes les autres villes, c’est la « cité de Dieu ».

Dieu est son constructeur ; Dieu lui a donné une fondation ferme ; Dieu l’a établie en sainteté ; Dieu prend plaisir en Sion ; Dieu a dit des choses glorieuses de Sion ; elle est la cité de Dieu.

V. 4, 5 — Dans ces deux versets, c’est l’Éternel qui parle. À ceux qui le connaissent, il mentionne les grandes villes de la terre et les nations qui entourent Israël. Rahab (ou « l’Égypte », Ps. 89:10 ; És. 51:9), Babylone, la Philistie, Tyr et l’Éthiopie ont eu leurs grands hommes en qui elles se sont glorifiées. Mais la renommée du peuple de l’Éternel viendra de ce qu’il est rattaché à Sion, la cité établie par le Très-Haut.

V. 6 — Répondant à l’Éternel, les fidèles disent : « Quand l’Éternel enregistrera les peuples, il comptera : Celui-ci est né là ». Les fidèles réalisent que, dans le jour à venir, ceux qui par grâce appartiennent à Sion auront une place prééminente au-dessus de tous les peuples.

V. 7 — Le dernier verset indique que toute la joie terrestre aura son centre et sa source en Sion.


4.3.16 - Psaume 88

Les exercices d’âme d’un homme pieux en apprenant la réalité et l’horreur de la colère de Dieu contre le péché.


La détresse et l’accablement de l’âme dont parle ce psaume ne sont dus ni à l’opposition des ennemis ni au poids des circonstances. Ils ne viennent pas des difficultés rencontrées sur le chemin, mais des exercices intérieurs de l’âme.

Ce psaume dépeint la détresse profonde d’un homme pieux qui prend conscience de la réalité et de l’horreur de la colère de Dieu contre le péché et une loi transgressée. Dieu est connu et invoqué comme l’Éternel. Il y a donc la connaissance de la bonté de Dieu, et l’âme peut s’attendre avec confiance à lui. Toutefois, pour jouir pleinement de cette bonté, il faut apprendre à connaître le poids de la colère de Dieu contre le péché.

V. 1-7 — L’homme pieux réalise qu’il n’y a de salut qu’auprès de Dieu. Aussi s’adresse-t-il à l’Éternel, le Dieu de son salut. Mais son âme se trouve dans une détresse profonde qui l’amène à crier à Dieu de jour et de nuit. Dans sa prière, le fidèle reconnaît devant Dieu que son âme est « rassasiée de maux ». Peu à peu, il discerne que l’effet du péché est de séparer l’âme de Dieu, de faire descendre dans la mort, de laisser l’homme sans force, et de mener dans la fosse où l’âme est complètement abandonnée de Dieu : oubliée et rejetée loin de Dieu, là où il n’y a que ténèbres, avec la colère de Dieu demeurant sur elle.

Quel tableau terrible de l’effet du péché ! L’âme rassasiée de maux (v. 3) ; la vie perdue, touchant au shéol (v. 3) ; pas de force contre le péché (v. 4) ; frappé par la mort (v. 5) ; abandonné par Dieu (v. 5) ; placé dans les ténèbres (v. 6) et sous le jugement (v. 7).

V. 8, 9 — De plus le psalmiste prend conscience que le péché ne sépare pas seulement de Dieu, mais qu’il fait de l’homme un objet de dégoût pour ceux de sa connaissance. Ainsi l’âme est enfermée dans une terrible solitude dont elle ne peut sortir. Toutefois, dans sa misère, le fidèle n’est pas abandonné à son désespoir : ses mains sont étendues vers Dieu.

V. 10-12 — Pourtant, en se tournant vers Dieu, l’âme en détresse ne fait que prendre davantage conscience qu’en dépit des merveilles de Dieu (v. 10), de sa bonté, de sa fidélité (v. 11) et de sa justice, l’effet du péché, s’il lui est permis d’atteindre son plein résultat, est d’amener l’âme dans la mort et le pays de l’oubli, où Dieu dans tous ces attributs bénis est inconnu.

V. 13, 14 — Toutefois, dans sa détresse l’âme s’attache à l’Éternel, bien qu’elle sente, à cause de son péché, que Dieu l’a rejetée et qu’il a caché sa face.

V. 15-18 — Consciente que Dieu a caché sa face, l’âme est affligée et près de la mort. Au lieu de jouir des merveilles de Dieu, de sa bonté et de sa fidélité, elle n’éprouve que ses terreurs, sa colère et son abandon.

Le psaume se termine sur une note de détresse, l’homme pieux étant environné de frayeurs, abandonné de ses amis et laissé dans les ténèbres. Le soulagement ne sera trouvé que dans les bontés et la fidélité de Dieu, qui sont le thème du psaume suivant.


4.3.17 - Psaume 89

Les bontés de l’Éternel, assurées à Israël par la fidélité de Dieu.


Au psaume 88, l’homme pieux, représentant la nation d’Israël, apprend dans la présence de l’Éternel que le péché et une loi transgressée placent l’âme sous le jugement divin, dont on ne peut être délivré que par l’Éternel, celui à qui la foi regarde.

Au psaume 89, le résidu pieux attend le salut dans la bonté de Dieu et dans sa fidélité à son alliance avec David. Par ce serviteur, la bénédiction est assurée, même si la nation est rejetée pour un temps.

V. 1, 2 — Les premiers versets présentent le grand thème du psaume : les bontés et la fidélité de Dieu, alors que, dans le psaume 88, le psalmiste décrivait le péché et les manquements de la nation. De plus, ce psaume nous montre que non seulement il y a des bontés et de la fidélité auprès de Dieu, mais que l’homme ne peut en aucune manière altérer ces qualités bénies. Elles sont hors d’atteinte de la main corruptrice de l’homme. La bonté est édifiée pour toujours ; et la fidélité est établie dans les cieux mêmes.

V. 3, 4 — Ces deux versets parlent de l’alliance de bonté avec David, assurée par la fidélité de l’Éternel (2 Sam. 23:5 ; Actes 13:34).

V. 5-8 — Le psalmiste célèbre ensuite la gloire de l’Éternel, Celui qui a fait l’alliance avec David. Les cieux déclarent ses merveilles, les saints, sa fidélité. Aucune créature ne peut être comparée à l’Éternel. Dans la gloire suprême qui est celle de Dieu, personne ne peut lui être semblable. Dans l’assemblée de ses saints, il est l’objet d’une sainte crainte. Suprême en force, en tant que l’Éternel, Dieu des armées, il agit tout autour de lui en fidélité.

V. 9, 10 — Le fidèle évoque l’exercice de la puissance de l’Éternel, lorsque, à la mer Rouge, il a abattu l’Égypte (« Rahab ») et dispersé ses ennemis par le bras de sa force.

V. 11-14 — De plus, l’Éternel est le possesseur des cieux et de la terre, en vertu de ses droits de Créateur et, s’il renverse la puissance du monde, représenté par l’Égypte, c’est pour pouvoir établir, par son bras de puissance, son propre trône caractérisé par la justice et le jugement, la bonté et la vérité.

V. 15-18 — En outre, son trône est établi afin qu’il puisse habiter au milieu d’un peuple qui le loue, qui se réjouit dans sa faveur et est élevé en justice. Un peuple dont l’Éternel est la gloire, la force, le bouclier et le Roi.

V. 19-28 — Ces versets présentent en détail l’alliance faite avec David, et l’assurance de la fidélité de Dieu à cette alliance. Dieu a parlé en vision à Nathan (2 Sam. 7:4-17) de David, celui qui est choisi d’entre le peuple et exalté, oint comme serviteur de l’Éternel (v. 20) ; triomphant sur tous ses ennemis (v. 21-23), établi par la fidélité et la bonté de Dieu pour régner sur toute l’étendue du pays tel qu’il a été donné à Abraham, de la mer (la Méditerranée) jusqu’aux fleuves (l’Euphrate et le Nil). Celui qui a été désigné pour régner dans la dépendance de Dieu, comme sa force et son salut (v. 26), et qui est, par conséquent, le plus élevé des rois de la terre (v. 27). Pour lui, la bonté de Dieu sera gardée à toujours, et son alliance lui sera assurée (v. 28).

Dans cette belle description des gloires de David, nous sommes certainement conduits à voir Christ, le véritable Roi oint d’Israël, dont David n’était qu’un type.

V. 29-37 — Ces versets présentent la semence de David. Pour elle, les chutes et les conséquences gouvernementales qui en résultent sont possibles (v. 30-32). Cependant Dieu ne retirera pas complètement sa bonté, ni ne démentira sa fidélité. Dieu ne violera pas son alliance et ne changera pas ce qui est sorti de ses lèvres (v. 33, 34). La sainteté de Dieu est le garant qu’il ne changera pas sa parole, par laquelle la bénédiction est assurée à David et sa semence.

V. 38-45 — Hélas ! les descendants de David ont complètement manqué. Ils ont méprisé la loi et n’ont pas marché dans les jugements de Dieu ; en outre, ils ont transgressé les statuts de l’Éternel et n’ont pas gardé ses commandements (v. 30, 31). Ainsi la verge qui avait été annoncée (v. 32) s’est abattue sur la nation. Ils sont rejetés et, en apparence, l’alliance est rompue. Leur pays est ruiné, eux-mêmes sont en opprobre ; leurs ennemis dominent sur eux ; leur gloire a cessé ; leur trône est renversé ; ils sont couverts de honte.

V. 46-52 — Néanmoins, au milieu de leur honte, la foi du résidu brille. Les Juifs fidèles réalisent qu’il y aura une limite au châtiment de l’Éternel. Aussi implorent-ils : « Jusques à quand, ô Éternel ? » Ils demandent à Dieu de se souvenir de la fragilité de l’homme (v. 47, 48). Ils rappellent les premières bontés que Dieu avait montrées à David. Ils invoquent l’opprobre dont les couvrent leurs ennemis Malgré la grandeur de leur faute, ils disent nous sommes « tes serviteurs » ; leurs ennemis sont « tes ennemis », et ils ont couvert d’opprobre « ton oint »

Ils attendent une réponse et, sachant qu’elle doit venir, car la fidélité de Dieu ne peut manquer, ils disent : « Béni soit l’Éternel pour toujours ! Amen oui, amen ! »


4.4 - Commentaire sur les Psaumes du Livre quatrième

4.4.1 - Psaume 90

L’homme de Dieu faisant appel à l’Éternel qui, de génération en génération, est la ressource de son peuple.


V. 1— Le psaume commence par un appel sublime à l’Éternel, qui a été la demeure de son peuple. L’homme de Dieu passe en revue toutes les générations du peuple de Dieu. Il voit, pour ainsi dire, Abraham, Isaac et Jacob, pèlerins et étrangers, sans demeure fixe ; il rappelle les années d’errance dans le désert, quand Israël était sans demeure et sans pays, exposé aux dangers et aux périls ; et, au travers de toutes ces générations, le psalmiste constate que l’Éternel a été la demeure et le refuge de son peuple.

S’appuyant sur le fait béni que l’Éternel est la ressource des siens, l’homme de Dieu peut considérer en face la fragilité et les manquements du peuple de Dieu. Sur ce fait, il peut fonder chacune des expressions de son appel.

V. 2-6 — Une fois posé le fondement de la confiance qui lui permet de crier à Dieu, le psalmiste établit le contraste entre le Dieu éternel et l’homme mortel. Dieu est le Dieu qui ne change pas, le Même tant avant que le monde fût que maintenant. La création passera, mais Dieu demeure. Celui qui est notre ressource est éternel et toujours le même : « D’éternité en éternité tu es Dieu ».

En opposition avec Dieu, le psalmiste voit la sujétion de l’homme à la mort et à l’écoulement du temps. Dieu est immortel, mais l’homme est mortel et retourne « jusqu’à la poussière ». Dieu ne compte pas le temps comme l’homme le fait. Mille ans, à ses yeux, sont « comme le jour d’hier quand il est passé, et comme une veille dans la nuit ».

De plus, un monde paraissant établi pour durer éternellement est emporté par un torrent et, comme des hommes qui dorment, ceux qui sont enlevés sont inconscients de ce qui se passe sur la terre. Malgré tout leur bel étalage de gloire et de puissance, les hommes périssent comme l’herbe qui fleurit et reverdit au matin, mais qui, le soir, est coupée et sèche. En son temps, Joseph a été établi gouverneur de tout le pays d’Égypte, mais la dernière chose qui nous est dite de lui, c’est qu’il fut mis « dans un cercueil en Égypte » (Gen. 50:26). Toute la gloire de l’homme prend fin dans la poussière de la tombe et dans les ténèbres de la mort. Tel est l’homme faible et déchu, car le psalmiste parle de l’homme naturel, non pas de l’homme spirituel, du premier homme, non pas du second, de l’homme terrestre, non pas du céleste.

V. 7-10 — La foi cependant regarde au-delà des circonstances changeantes du temps et discerne, au travers de toutes ces choses, les voies de Dieu dans son gouvernement à l’égard de son peuple pour la réalisation de ses propos. Aussi y a-t-il la confession des péchés, manifestes et secrets — tous sont devant Dieu — et la conscience que les péchés entraînent à juste titre le jugement gouvernemental de Dieu. Si nous connaissons le dépérissement, et si nos années se consument, nous devons y voir la juste récompense de nos actes. Ainsi, en nous condamnant nous-mêmes, nous justifions Dieu dans ses voies envers nous. Il se peut, grâce à notre vigueur, que nos jours se prolongent au-delà des soixante-dix ans qui nous sont départis, mais même alors, la force dont nous nous vantons et les années dont nous nous glorifions n’apporteront que peine et vanité.

V. 11, 12 — Nous prendrons conscience de la colère de Dieu contre le péché en proportion de notre crainte de Dieu. La crainte résulte de la connaissance et de la confession, selon la vérité, de ce que Dieu est. Plus nous sommes conscients de sa sainteté, mieux nous mesurerons sa haine du péché. « Et tu ne crains pas Dieu », dit le brigand sur la croix ; sachant qui Dieu est, il réalise également la sainte colère de Dieu contre le péché, car il ajoute aussitôt : « Nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises » (Luc 23:40, 41). Ainsi l’homme de Dieu désire que nous « acquérions un cœur sage », c'est-à-dire un cœur qui craint Dieu. Le commencement de la sagesse est la crainte de Dieu.

V. 13 — La crainte de Dieu et la confession du péché sont suivies de la confiance en Dieu. Aussi le psalmiste fait-il tout de suite appel à la bénédiction de l’Éternel. De même, le brigand sur la croix, avec la crainte de Dieu dans son cœur et la confession des péchés sur ses lèvres, peut immédiatement s’adresser avec confiance au Seigneur et dire : « Souviens-toi de moi, Seigneur ». Dans le même esprit, l’homme de Dieu dit : « Éternel ! retourne-toi. — Jusques à quand ? — Et repens-toi à l’égard de tes serviteurs. Rassasie-nous, au matin, de ta bonté ».

Le fidèle reconnaît par la foi que le propos de Dieu est de bénir son peuple et, par conséquent, il sait qu’il doit y avoir une fin au temps de l’affliction et des peines, dans les voies gouvernementales de Dieu. Ainsi il dit : « Jusques à quand ? » C’est le langage de la foi et de l’espérance — de la foi dans le propos de Dieu de bénir, et de l’espérance qui va jusqu’à la bénédiction à venir.

V. 14, 15 — Sa foi devenant plus hardie, le psalmiste peut dire : « Rassasie-nous, au matin, de ta bonté ». Il compte sur Dieu pour rassasier sans fin, et non pas sur des hommes instables ou des circonstances qui passent. Cependant le fidèle réalise que la satisfaction ne peut être donnée à un pécheur coupable qu’en vertu de la grâce, d’où son cri : « Rassasie-nous… de ta bonté ». Le résultat glorieux est : « Nous chanterons de joie, et nous nous réjouirons tous nos jours ». Le psalmiste prie donc : « Réjouis-nous selon les jours où tu nous as affligés, selon les années où nous avons vu des maux ».

V. 16 — Mais si Dieu agit en grâce, cela doit être en vertu de sa propre œuvre. Aussi trouvons-nous tout de suite cette prière : « Que ton œuvre apparaisse à tes serviteurs, et ta majesté à leurs fils ». L’efficace de son œuvre repose sur la majesté de sa personne. Ternir la majesté de sa personne, c’est amoindrir l’efficace de son œuvre.

V. 17 — De plus, la bénédiction qui découle de l’œuvre de Dieu surpassera de beaucoup la réponse à nos besoins, et la délivrance des peines du chemin. L’aboutissement est que la beauté (*) du Seigneur sera sur nous, ou pour prendre le langage du chrétien, que nous serons « conformes à l’image de son Fils ». Alors, quand la bénédiction aura été donnée par grâce, nous verrons que l’œuvre de nos mains sera établie. Les œuvres de propre justice passeront, mais celles que nous aurons pu accomplir par la grâce seront établies. Aucune coupe d’eau froide donnée pour l’amour de Christ ne sera oubliée.


(*) Note du traducteur : « ta majesté à » ou « beauté », comme Ps. 27:4


Psaume 91

L’Homme qui habite dans la demeure secrète du Très-Haut.


Le psaume 90 présente l’homme mortel en contraste avec le Dieu éternel ; le psaume 91, Christ comme l’homme parfaitement dépendant en contraste avec l’homme mortel.

V. 1 — Le psaume 90 s’ouvre sur la déclaration que l’Éternel a été la demeure de son peuple de génération en génération. Le psalmiste commence par établir la bénédiction de celui qui habite dans la demeure. « Celui qui habite dans la demeure secrète du Très-Haut logera à l’ombre du Tout-Puissant ». Si le psaume 90 décrit la bénédiction de la demeure, le psaume 91 présente la félicité de celui qui y habite.

Nous reconnaissons avec bonheur que celui qui se tient dans l’habitation secrète du Très-Haut doit loger à l’ombre du Tout-Puissant ; mais où trouver l’homme qui demeure dans cette place secrète ? Adam, le premier homme, décrit au psaume 90, ne s’étant pas tenu dans ce lieu, en a été chassé pour devenir un vagabond, pour se flétrir au soir de sa vie et, à la fin, pour être coupé. Dans notre psaume, un autre Homme est placé devant nous, celui dont nous lisons : « Celui qui habite… logera ». Il s’agit, bien évidemment, de Christ lui-même qui, dans sa marche ici-bas, a toujours habité dans la demeure secrète du Très-Haut. Il pouvait dire de lui-même : « le Fils de l’homme qui est dans le ciel ». Il marchait sur la terre mais demeurait dans le ciel.

V. 2 — Dans ce verset, nous savons que Christ lui-même s’exprime, car l’Esprit de Dieu, en Hébreux 2:13, cite ces paroles : « Moi, je me confierai en lui », comme étant celles de Christ. C’est l’acceptation par Christ de la déclaration du verset 1. Il répond : « J’ai dit de l’Éternel : Il est ma confiance et mon lieu fort ; il est mon Dieu, je me confierai en lui » : Dieu sera son refuge dans toutes les tempêtes et son secours contre tous les ennemis. Le besoin de « confiance » et d’un « lieu fort » prouve que Christ s’exprime dans les circonstances qui sont celles de l’homme. Il n’y aura pas de tempête pour troubler le calme du ciel, aucun ennemi ne pourra s’opposer. C’est un psaume du désert et, plus tard, l’Esprit de Dieu s’en servira dans les circonstances de notre Seigneur quand il était ici-bas (voir Luc 4:10 et Héb. 1:14).

Les noms donnés à Dieu dans les deux premiers versets ont une signification spéciale. Le titre « Très-Haut » se rapporte à la suprématie absolue de Dieu (Gen. 14:18-20), et « Tout-Puissant » est utilisé à propos de son pouvoir absolu (Gen. 17:1). Nous apprenons donc des lèvres de Christ lui-même que Celui qui est suprême dans sa position et absolu dans sa puissance est l’Éternel d’Israël, l’Éternel Dieu, le JE SUIS. Dès lors, quelle sécurité, quelle pleine certitude de bénédiction pour celui qui habite dans la demeure secrète.

V. 3-8 — Dans ces versets, l’Esprit de Dieu s’adresse à Christ ; il présente les bénédictions qui sont la part de celui qui habite dans la demeure secrète du Très-Haut. Il connaîtra la puissance de Dieu qui délivre des pièges de l’ennemi, et du mal annoncé par la peste. De plus, il jouira de soins d’amour pleins d’attention : « Il te couvrira de ses plumes, et sous ses ailes tu auras un refuge ». Celui qui habite dans la demeure secrète ne craindra donc pas une attaque surprise : les « frayeurs de la nuit », ou l’opposition directe et ouverte : la « flèche qui vole de jour ». Celui qui se confie en l’Éternel ne sera pas atteint, quand bien même mille tomberaient à son côté. Il ne sera pas touché par le jugement des méchants, mais il le contemplera de ses yeux.

V. 9-13 — L’Esprit de Dieu a parlé ; maintenant, parmi les fidèles en Israël auxquels Christ s’est identifié, un homme conduit par l’Esprit s’adresse à Christ. Cette âme pieuse peut parler de l’Éternel comme de son refuge, et ainsi, elle peut dire avec confiance à Christ : « Parce que toi tu as mis l’Éternel… le Très-Haut, pour ta demeure, aucun mal ne t’arrivera ». Le mal et les plaies qui sont communs à l’homme déchu ne s’approcheront pas de sa « tente » — un mot qui indique clairement qu’il s’agit ici du pèlerinage sur la terre. En outre les ressources des cieux sont à sa disposition pendant tout le temps de sa marche terrestre. Les anges sont chargés de le garder dans toutes ses voies. Il triomphera aussi de toute la puissance du diable, que Satan s’approche comme le lion, comme l’aspic ou comme le dragon. En tant que lion, le diable exerce un pouvoir destructeur sur les hommes ; comme aspic, il les séduit (2 Cor. 11:3) ; comme dragon, il persécute (Apoc. 12).

Ainsi dans son chemin d’homme parfaitement dépendant, Christ ne peut être atteint par les maux de la terre, les armées du ciel le servent et les forces de l’enfer lui sont soumises.

V. 14-16 — L’Esprit par lequel il a été conduit a parlé ; la voix du Résidu auquel le Seigneur s’est associé a été entendue ; maintenant nous avons le privilège d’écouter Dieu lui-même rendre témoignage de Celui en qui il trouve son plaisir. En christ., Dieu a enfin trouvé, dans les circonstances du désert, un homme duquel il peut dire : « Il a mis son affection sur moi », « il a connu mon nom » et « il m’invoquera ». Hélas ! nous avons reporté nos affections partout ailleurs que sur Dieu ; nous avons été indifférents à toutes les bénédictions de Dieu telles qu’elles sont exprimées dans son nom ; nous avons fait notre propre volonté plutôt que de marcher dans la dépendance de Dieu. Voilà enfin ici un homme parfait qui, dans sa marche ici-bas, a mis toutes ses affections sur l’Éternel, qui connaît la bénédiction du nom de l’Éternel et trouve son plaisir en ce nom, et qui a toujours exprimé sa dépendance absolue de l’Éternel en invoquant son nom. À la perfection personnelle de cet Homme parfait, Dieu donnera une réponse parfaite. Il peut dire de Christ :

Je le délivrerai,

Je le mettrai en une haute retraite,

Je lui répondrai,

Je serai avec lui,

Je le glorifierai,

Je le rassasierai de longs jours, et

Je lui ferai voir mon salut.


4.4.2 - Psaume 92

Louange à l’Éternel dans l’anticipation du repos millénaire.


Le psaume 90 présente le Dieu éternel en contraste avec l’homme mortel ; le psaume 91 nous montre Christ comme l’homme dépendant entré dans les circonstances de l’homme mortel. Au psaume 92, nous discernons le résultat de la venue de Christ dans ces circonstances. Le titre de ce psaume indique qu’il est un « cantique pour le jour du sabbat ». En accord avec cette description, nous trouvons dans ce psaume une anticipation de la joie du jour millénaire à venir dont le sabbat est le type.

V. 1-4 — Les premiers versets expriment la joie du jour millénaire, lorsque la bonté et la fidélité de l’Éternel seront annoncées. Tout le bonheur de cette scène découlera des œuvres de l’Éternel.

V. 5 — Le repos millénaire ne résultera pas seulement de ce que Dieu a opéré ; il sera aussi le témoignage de la grandeur de ses œuvres, et de la profondeur de ses pensées (Rom. 11:33-36). À la pleine lumière du christianisme, nous pouvons voir que la grandeur des œuvres de Dieu vient de la profondeur de ses pensées. Celles-ci nous font remonter avant la fondation du monde, pour découvrir alors tout ce qui a été proposé dans le conseil éternel de Dieu. Ses œuvres trouvent leur expression suprême à la croix, où tout le dessein de Dieu est accompli en justice.

V. 6, 7 — L’homme stupide : celui qui poursuit le sombre cours de la vie sans s’inquiéter de Dieu, et l’insensé : celui qui vit uniquement pour la satisfaction de ses convoitises sans craindre Dieu, ne peuvent pas connaître les pensées de Dieu, ni comprendre ses œuvres. Ils ne réalisent pas que s’ils poussent soudain comme l’herbe et fleurissent, ce n’est que pour un temps ; il s’agit d’un simple prélude à leur destruction.

V. 8 — En opposition avec les méchants, exaltés pour un court moment et qui sont ensuite détruits, l’Éternel est « haut élevé pour toujours ».

V. 9-11 — La suprématie absolue et la stabilité éternelle du trône de l’Éternel doivent conduire au jugement final des méchants. Tous les ennemis de l’Éternel périront, tous les ouvriers d’iniquité seront dispersés. De plus, le jugement des méchants aboutira à l’exaltation de Christ sur la terre. Aussi entendons-nous Christ dire : « Tu élèveras ma corne » et encore, « Je serai oint d’une huile fraîche ».

La corne se rapporte à l’élévation et à la puissance. Anticipant la naissance de Christ, Zacharie parle de lui comme d’une « corne de délivrance » (Ps. 18:2 ; 75:10 ; 148:14 ; Luc 1:69). L’oint est le titre de celui qui est destiné à régner. Christ, ici-bas, a été oint du Saint Esprit, dont l’huile est une figure. Au jour de son exaltation, il verra le juste jugement exécuté sur tous ses ennemis.

V. 12-14 — L’exaltation de Christ n’aura pas seulement pour résultat que les méchants seront jugés, mais les justes seront bénis. Ils pousseront comme le palmier qui porte du fruit en abondance et comme le cèdre du Liban dont le grand âge se calcule en siècles, et non pas comme l’herbe qui fleurit seulement pour un jour, tels les méchants (v. 7). Les fidèles auront leur racine dans la maison de l’Éternel, ils fleuriront dans les parvis de notre Dieu. L’âge ne diminuera pas leur fertilité, ni n’amoindrira leur vitalité.

V. 15 — Si cependant les justes ont leur place dans les parvis de l’Éternel, ce sera pour sa gloire — « afin d’annoncer que l’Éternel est droit » ; qu’il est le « Rocher » inébranlable sur lequel est fondée toute bénédiction, et Celui en qui il n’y a « point d’injustice ».

Tels sont les résultats bénis, présentés dans ce psaume, de la venue de Christ dans les circonstances de l’homme mortel. Cela conduira inévitablement à l’exaltation de Christ, au jugement des méchants, à la bénédiction des justes et à la gloire de Dieu.


4.4.3 - Psaume 93

Le règne de l’Éternel.


Le psaume 93 introduit la seconde section (Ps. 93 à 100) du quatrième livre des Psaumes. Il présente les grands thèmes de cette subdivision : le règne de l’Éternel, le caractère de son trône et l’effet de son gouvernement.

V. 1 — Dans ce verset, le règne de l’Éternel est anticipé. En prenant publiquement son trône, l’Éternel déploie sa majesté et exerce sa puissance. Il ne s’agit pas seulement de la dignité et de la puissance qui lui appartiennent, mais lorsque l’Éternel régnera, sa royauté sera manifestée, car « il s’est revêtu de majesté ». Il exercera sa puissance : « il s’est ceint de force ». Comme résultat béni, le monde entrera enfin dans le repos et jouira des bénédictions d’un gouvernement stable : « Le monde est affermi, il ne sera pas ébranlé ».

V. 2 — Cependant, le trône établi sur la terre n’est pas nouveau. Il est instauré « dès longtemps ». Celui qui règne est « dès l’éternité ».

V. 3, 4 — Pendant de longs siècles, l’homme rebelle s’est opposé au gouvernement de Dieu. Les fleuves ont élevé leur voix. La passion et la volonté humaines se sont soulevées comme des flots mugissants et tumultueux, mais aussi puissant que soit l’homme, « l’Éternel, dans les lieux hauts, est plus puissant ».

V. 5 — La volonté de l’homme, semblable au bruit de beaucoup d’eaux et à la puissance des vagues, peut sembler triompher et tout emporter devant elle. Mais la foi sait sur quoi se reposer : les témoignages ou la parole de Dieu. Les témoignages de Dieu, comme Dieu lui-même, sont très sûrs. Alors que le mal augmente, son trône reste intact. Dieu est et a été de toute éternité, et sa Parole est aussi sûre que lui-même. De plus, le caractère certain de sa Parole est lié à la sainteté de sa maison. Dieu accomplira sa Parole ; en même temps, il maintiendra la sainteté de son caractère. Si nous voulons jouir des certitudes de sa Parole, nous devons maintenir la sainteté de sa maison. « Ce n’est pas la sainteté sans la Parole, ou la connaissance de la certitude sans la sainteté. L’Esprit de vérité est le Saint Esprit et le Saint Esprit est l’Esprit de vérité ».


4.4.4 - Psaume 94

Le cri à l’Éternel du résidu pieux en Israël, au jour de l’épreuve qui précède la venue de Christ pour établir l’ordre et la bénédiction par le jugement du mal.


V. 1, 2 — Le thème du psaume est présenté dans ces deux versets. Les fidèles réalisent que la bénédiction d’Israël, comme celle du monde, ne peut être introduite que par le jugement du mal. Ils s’attendent donc à Dieu pour qu’il redresse les torts faits à son peuple et pour qu’il exécute le jugement sur les méchants. Ceux-ci, dans l’exercice de la puissance, se sont élevés orgueilleusement contre Dieu et contre son peuple. Maintenant, les fidèles demandent à Dieu de faire luire sa splendeur, de s’élever, et d’intervenir ainsi d’une manière directe et manifeste.

V. 3-7 — Les motifs de cet appel sont clairement établis. D’abord, le triomphe des méchants appelle l’intervention de Dieu. Dans l’exercice de la puissance, ils traitent les autres avec arrogance et les insultent, tout en se vantant eux-mêmes. Deuxièmement, le fait qu’ils persécutent le peuple de Dieu réclame une intervention divine. Ils foulent son peuple et affligent son héritage. Troisièmement, le fait qu’ils provoquent Dieu lui-même exige impérativement son intervention. L’impiété des méchants les conduit à dire : « Jah ne le verra pas, et le Dieu de Jacob n’y fera pas attention ».

V. 8-11 — Un avertissement solennel est adressé à la masse incrédule de la nation, qui marche avec les méchants, quant à la folie et à la méchanceté de ses voies. Ces impies sont nommés « les stupides d’entre le peuple ». Il s’agit du peuple d’Israël parmi lequel beaucoup se comportent comme des bêtes, sans s’inquiéter de Dieu. Comme des insensés, ils satisfont leurs convoitises sans craindre Dieu. La folie de leur marche est dénoncée. Celui qui a planté l’oreille n’entendra-t-il pas les discours durs et insolents des méchants ? Celui qui a formé l’œil ne verra-t-il pas leur violence et leur injustice ? Celui qui instruit les nations ne châtiera-t-il pas si elles ne prêtent pas attention à son instruction ? Celui qui enseigne la connaissance aux hommes ne connaît-il pas la vanité de leurs pensées ?

V. 12, 13 — Au jour de l’épreuve, l’âme pieuse apprend que, comme toujours, Dieu emploie les temps d’épreuve pour la bénédiction de son peuple. Aussi peut-elle dire : « Bienheureux l’homme que tu châties, ô Jah ! » Regardant au-delà de ceux par qui l’épreuve vient, le fidèle voit en elle la main de Dieu en châtiment. Il peut alors dire : « Tu châties », « tu enseignes », « pour le mettre à l’abri des mauvais jours ».

« Tu châties » : c’est reconnaître que derrière la main de ceux qui affligent le peuple de Dieu, il y a la main de Dieu qui juge son peuple. « Tu enseignes » : c’est admettre que, par le châtiment, Dieu enseigne les siens non seulement en leur montrant ce qui est dans leurs cœurs, mais en révélant la grâce, la bonté et la sainteté de son propre cœur, pour que, se détournant d’eux-mêmes, ils se reposent en Dieu. Souvent le châtiment est la voie choisie par Dieu pour enseigner ; et l’enseignement divin conduit au repos divin : « Pour le mettre à l’abri des mauvais jours ».

V. 14, 15 — Ressentant la méchanceté terrible du monde, l’homme pieux pourrait être tenté de redresser les choses ; il doit pourtant finir par admettre que de telles tentatives se soldent par des fatigues et des déceptions amères. Mais l’âme soumise trouve le repos quand, par le châtiment et par l’enseignement de Dieu, elle discerne que c’est Dieu qui permet, dans ses voies, à la méchanceté de triompher pour un temps, alors que les fidèles souffrent. Il est ensuite établi que si les méchants foulent le peuple de Dieu (v. 5), Dieu ne délaissera pas les siens (v. 14) ; et que si les méchants affligent l’héritage de Dieu (v. 5), Dieu n’abandonnera pas ce qui lui appartient (v. 14). De plus on voit que le moment où « le jugement retournera à la justice » n’est pas loin. Maintenant il y a trop souvent divorce entre le jugement et la justice. La puissance et l’autorité ont été remises entre les mains des Gentils, mais ils ont abusé du pouvoir en séparant la justice du jugement. Ce fut manifestement le cas devant le tribunal de Pilate : le jugement appartenait à Pilate, mais la justice était du côté du saint Prisonnier. Le jour vient où « le jugement retournera à la justice ». Le jugement sera exercé en justice, et ceux qui sont droits de cœur le suivront. Ils approuveront et justifieront le jugement du mal.

Le cœur se repose ainsi du mal, non pas en cherchant à s’en occuper, mais en se soumettant dans l’épreuve à Dieu, avec la confiance qu’il ne rejettera pas son peuple et, le moment venu, il jugera le mal.

V. 16-19 — S’il y a soumission paisible en présence du mal, une question peut cependant se poser : « Qui se lèvera pour moi contre les méchants ? Qui se tiendra avec moi contre les ouvriers d’iniquité ? » La réponse est que les fidèles bénéficient de l’aide de l’Éternel (v. 17), de sa bonté (v. 18) et de ses consolations (v. 19). En présence du mal, le fidèle peut dire : l’Éternel est mon aide ; en présence des tentations : la bonté de l’Éternel m’a soutenu ; lorsqu’il est tourmenté par l’inquiétude : les consolations de l’Éternel ont fait les délices de mon âme.

Sans son aide, nous aurions été réduits au silence en présence du mal. Nous n’aurions rendu aucun témoignage pour Dieu : notre cœur serait devenu étroit et notre langue muette. Sans sa grâce, nos pieds auraient glissé dans le mal. Sans ses consolations, notre âme aurait été accablée par l’inquiétude.

V. 20-23 — L’âme pieuse réalise l’impossibilité d’établir la moindre communion entre le trône d’iniquité et le Dieu saint. Aussi l’Éternel doit-il juger les méchants ; car manifestement, Dieu ne permettra pas ce à quoi il ne peut s’identifier. Ainsi au jour de l’épreuve, l’âme apprend à se reposer, étant consciente que Dieu est sa haute retraite contre les méchants, son refuge dans la tempête, jusqu’au moment où il jugera le mal et retranchera les méchants.


4.4.5 - Psaume 95

La nation d’Israël appelée à se tourner vers l’Éternel avec reconnaissance, en vue de la venue de Christ sur la terre pour introduire le peuple dans le repos.


V. 1, 2 — Le résidu pieux appelle la nation à venir devant l’Éternel, le Rocher de son salut, avec des chants de louange.

V. 3-5 — La gloire de l’Éternel est le motif de cet appel. L’Éternel est un grand Dieu et un grand Roi par-dessus tous ceux qui exercent la puissance. Les lieux profonds de la terre sont en sa main, et les sommets des montagnes sont à lui. Aucune profondeur n’est hors de son atteinte, et aucune hauteur au-dessus de son pouvoir. Il a fait la mer et formé le sec. Celui qui vient pour régner est par-dessus tout ; il est le Possesseur de toute la terre et le Créateur de toutes choses.

V. 6, 7 — Les fidèles confessent avec joie que l’Éternel qui a fait la mer et le sec est Celui « qui nous a faits », il est « notre Dieu ». De plus, ils disent : nous lui appartenons — « nous sommes le peuple de sa pâture et les brebis de sa main ». Pour se protéger de ses ennemis et subvenir à ses besoins, le peuple de Dieu est enclin à regarder aux causes secondaires. Il est en danger d’oublier que Dieu peut lui donner tout ce qui lui est nécessaire et le protéger de tout adversaire.

Une fois encore, par la grâce, la nation a la possibilité de se soumettre à Dieu et de reconnaître que l’Éternel est le rocher de son salut. « Aujourd’hui » est un jour de grâce et de salut.

V. 8-11 — Le rejet de la grâce entraîne le jugement. Aussi les fils d’Israël sont-ils mis en garde de ne pas agir comme leurs pères qui ont endurci leur cœur dans le désert. Bien qu’ils aient vu les « œuvres » de Dieu pour eux, ils se sont égarés dans leur cœur et n’ont pas connu les voies de Dieu. En conséquence, ils ne purent entrer dans le repos de Dieu.


4.4.6 - Psaume 96

Les Gentils appelés à se tourner vers l’Éternel, en vue de la venue de Christ pour régner.


Le psaume précédent s’adressait à la nation d’Israël, d’où l’emploi d’impératifs : « chantons », « poussons des cris de joie », « allons », « adorons », « agenouillons-nous ». Celui-ci est adressé aux Gentils, aussi l’appel est-il pour « toute la terre », « les nations » et « tous les peuples ».

V. 1-3 — Les nations sont invitées à commencer « un cantique nouveau » et à chanter à l’Éternel en raison de la grandeur de « son nom », de « son salut », de « sa gloire » et de « ses œuvres merveilleuses ». Un cantique de la création a retenti quand la terre est sortie des mains de Dieu : « les étoiles du matin chantaient ensemble, et… tous les fils de Dieu éclataient de joie » (Job 38:7). Hélas ! le péché a gâté cette belle création, les cantiques ont laissé la place aux larmes et les chants, aux lamentations. Pendant le Millénium, la terre sera faite nouvelle, les soupirs de la création prendront fin ; les cieux et la terre uniront leurs voix dans un cantique nouveau.

V. 4-6 — Le motif de cet appel à toute la terre est la grandeur manifestée de l’Éternel — Celui qui est par-dessus tous les dieux. Les dieux des nations ne sont que vanité ; l’Éternel a fait les cieux. La majesté et la magnificence sont devant lui. La force et la beauté sont dans son sanctuaire au milieu d’Israël.

V. 7-9 — Les peuples et les nations sont invités à reconnaître l’Éternel dans son sanctuaire, et à l’adorer « en sainte magnificence ».

V. 10 — Un appel est lancé parce que l’Éternel règne et que le monde est affermi. N’étant plus agité par des guerres et des bruits de guerre, il entrera dans le repos. L’Éternel exercera le jugement sur tous les peuples avec droiture. Le jugement et la justice seront enfin réunis (Ps. 94:15).

V. 11-13 — La bénédiction universelle amènera l’union des cieux et de la terre dans la joie et le bonheur. La mer et tout ce qui la remplit, les champs et tout ce qui est en eux exulteront et seront joyeux.


4.4.7 - Psaume 97

Introduit par le jugement des méchants, le règne de l’Éternel sur la terre conduit à la bénédiction du peuple et à la gloire de l’Éternel.


V. 1 — Le psaume donne un aperçu de la joie et du bonheur qui caractériseront toute la terre lorsque l’Éternel régnera effectivement.

V. 2 — La joie du règne sera précédée par la venue de l’Éternel comme Juge. Nous trouvons par conséquent une description de sa venue dans son caractère de Juge. « Des nuées et l’obscurité sont autour de lui ; la justice et le jugement sont la base de son trône ».

V. 3-5 — L’effet immédiat de sa venue comme Juge est placé devant nous. Le feu du jugement tombera sur tous ses adversaires. Aucune manifestation du mal, nulle part sur la terre, n’échappera au jugement. Tout sera mis en lumière, comme les éclairs illuminent le monde. La terre verra et tremblera. Tout ce qui s’élève contre l’Éternel se fondra « à la présence du Seigneur de toute la terre ».

V. 6, 7 — Pendant de longs siècles, la terre a proclamé l’injustice de l’homme. À la venue de Christ pour régner, les cieux déclareront la justice de l’Éternel. Tout le monde verra la gloire du Seigneur manifestée en justice, comme au moment de sa première venue sa grâce a été manifestée dans l’humiliation. La honte couvrira tous ceux qui servent les images taillées et qui se vantent de leurs idoles.

V. 8 — De plus, l’exécution du jugement sur les adversaires apportera la délivrance à Sion. C’est pourquoi elle se réjouira et s’égaiera « à cause de tes jugements, ô Éternel ».

V. 9 — Le jugement des méchants et la délivrance de Sion conduiront à l’exaltation de l’Éternel dans sa domination universelle sur toute la terre. Ainsi, les méchants sont jugés (v. 2-7), Israël est introduit dans la bénédiction (v. 8) et l’Éternel est exalté (v. 9).

V. 10, 11 — Le résidu pieux — « ses saints » — qui aime l’Éternel et hait le mal a été préservé dans l’épreuve et est maintenant délivré des méchants. Pour les fidèles, la lumière et la joie sont dispensées, tandis que les méchants ne rencontrent que le feu et l’obscurité (v. 2, 3).

V. 12 — En vue de ces jugements de l’Éternel, les fidèles sont exhortés à se réjouir et à célébrer la mémoire de sa sainteté. Il leur est rappelé que la sainteté de l’Éternel accompagne tous ses actes.


4.4.8 - Psaume 98

L’intervention en faveur d’Israël suscite un cantique nouveau de louange à l’Éternel et devient un témoignage de l’Éternel pour « tous les bouts de la terre ».


V. 1-3 — Une fois dans le passé, le peuple avait chanté un cantique à l’Éternel qui avait fait sortir les fils d’Israël du pays de la servitude et avait détruit les Égyptiens (Ex. 15:1). Maintenant la nation chante un cantique nouveau à l’Éternel pour cette autre intervention, finale, en sa faveur. Par sa force et sa sainteté — « sa droite et le bras de sa sainteté » — l’Éternel a triomphé de tous ses ennemis. De plus, la délivrance d’Israël de tous ses adversaires devient un témoignage du salut, de la justice, de la bonté et de la fidélité de Dieu, pour les nations jusqu’aux bouts de la terre.

V. 4-6 — Israël et tout le pays sont invités à faire monter la louange vers l’Éternel, le Roi, pour son intervention en leur faveur. (« Toute la terre » peut être traduit, et probablement devrait être traduit, par « tout le pays »).

V. 7-9 — Le monde et tous ceux qui y habitent sont appelés à célébrer l’Éternel. Les fleuves ne soulèveront plus leurs flots en rébellion contre le trône de l’Éternel, et « les puissantes vagues de la mer » ne s’opposeront plus à son pouvoir, comme au psaume 93. Les multitudes de la terre, libres et heureuses — représentées par la mer et les fleuves — feront monter un chant de louange à l’Éternel. Les autorités de la terre — les montagnes — seront unies dans leur joie commune en l’Éternel. Car enfin se sera levé Celui dont la domination universelle apportera la justice et la droiture aux peuples.


4.4.9 - Psaume 99

L’Éternel, le Roi, venu pour régner, est présenté comme grand en Sion et demeurant entre les chérubins au milieu d’un peuple qui le loue (v. 1-5) ; les voies de Dieu en grâce et en gouvernement par lesquelles ses propos ont été accomplis (v. 6-9).


V. 1-3 — Dans le psaume précédent, le Roi est présenté comme allant venir ; dans le psaume 99, l’Éternel est venu et a pris sa place entre les chérubins ; il est grand en Sion, sa domination s’étendant sur tous les peuples. La seule vraie réponse de la part de toutes les nations est de célébrer son nom grand et terrible, car il est saint.

V. 4, 5 — Ces versets présentent le caractère de son gouvernement. Son nom est grand et saint ; son règne, en accord avec son nom, sera caractérisé par la puissance exercée en jugement et en justice. La force et la justice, si souvent séparées par l’homme, sont enfin réunies sous la domination de Christ, le Roi. La gloire de Celui qui règne n’amène pas seulement à se soumettre, mais aussi à se prosterner devant le marchepied de son trône ; et de nouveau il est répété qu’il est saint.

V. 6-8 — Ces versets rappellent que les voies de Dieu pour introduire la nation dans la bénédiction sont semblables à ses voies envers elle autrefois. Par conséquent, ces dernières sont l’illustration de celles qui sont à venir. L’histoire d’Israël a été une longue série de péchés et de chutes ; néanmoins il s’est toujours trouvé un résidu pieux au milieu de ce peuple coupable. Moïse et Aaron parmi les sacrificateurs, et Samuel parmi les prophètes, sont des exemples frappants de ce résidu pieux qui, lors des plus grands manquements, a intercédé pour le peuple (Ex. 17:11, 12 ; Nomb. 12:13 ; 1 Sam. 7:5-9). Ces conducteurs du peuple ont invoqué Dieu au jour de la détresse ; Dieu leur a répondu et leur a parlé dans la colonne de nuée ; et ils ont gardé sa Parole.

À cause de ce résidu pieux, qui marchait dans la dépendance et l’obéissance, Dieu a agi en grâce et en gouvernement envers ceux qui dépendaient de ces conducteurs et pour lesquels ils intercédaient. Dieu a pardonné les péchés d’Israël en grâce ; mais il a pris « vengeance de leurs actes » en gouvernement. En grâce, ils ont été pardonnés ; en gouvernement, ils ont eu à souffrir pour les péchés commis.

Ainsi, dans le jour à venir, la restauration d’Israël est introduite par la grâce de Dieu répondant au cri du résidu pieux (Ps. 94 ; 118:25, 26 ; Luc 13:35 ; Joël 2:32 ; Rom. 10:13). Cela n’empêche pas que la nation doive souffrir pour ses actes mauvais et qu’elle passe alors par la grande tribulation.

V. 9 — Le résultat final de toutes les voies de Dieu en grâce et en gouvernement sera qu’un peuple d’adorateurs l’entourera « en la montagne de sa sainteté ». Pour la troisième fois dans ce psaume, il nous est rappelé que Dieu « est saint » (v. 3, 5, 9). Dans les cieux, il y aura un peuple de rachetés, « saints et irréprochables devant lui en amour », et sur la terre, une nation rendue conforme à son saint nom, qui adorera en sa sainte montagne.


4.4.10 - Psaume 100

Un appel du peuple restauré d’Israël à toutes les nations de la terre pour qu’elles adorent l’Éternel dans ses parvis.


V. 1, 2 — L’Éternel a pris sa place dans Sion et est assis entre les chérubins (Ps. 99). Toute la terre est appelée à servir l’Éternel avec joie et à venir devant lui avec des chants de triomphe. Le résidu pieux avait effectivement « servi » dans des circonstances pénibles ; maintenant les fidèles peuvent tous servir avec joie. Quand ils étaient environnés d’ennemis, ils étaient venus dans la présence de l’Éternel avec tremblement, maintenant tous peuvent venir avec chants de triomphe.

V. 3 — Israël restauré, parlant de l’expérience qu’il a faite de la bonté de l’Éternel, est en mesure de rendre témoignage à toute la terre. Les fidèles peuvent dire aux nations : « Sachez que l’Éternel est Dieu. C’est lui qui nous a faits » ; tout ce que nous sommes, nous le lui devons, rien ne vient de nous. Conscients de leur relation, ils ajoutent : « Nous sommes son peuple, et le troupeau de sa pâture ». Non seulement Dieu nous a créés et nous sommes ses créatures, mais il a fait de nous son peuple.

V. 4 — Autrefois comme au jour du Millénium, la maison de l’Éternel est une maison de prière pour toutes les nations. Aussi sont-elles toutes invitées à entrer par ses portes dans les parvis de Dieu, pour lui rendre grâces et bénir son nom. La maison de prière devient une maison de louange.

V. 5 — Israël restauré reconnaît que toutes les bénédictions dans lesquelles la nation a été introduite sont le résultat de la bonté éternelle et de la fidélité immuable de l’Éternel. Au cours de la longue histoire de manquements du peuple, la grâce (ou : « bonté ») de l’Éternel n’a jamais cessé. Elle « demeure à toujours ». Elle avait été l’espérance des fidèles au jour le plus sombre. Conscients que la bonté de Dieu demeure à toujours, ils savaient que la nation finirait par être introduite dans la bénédiction. En même temps, la fidélité de Dieu est aussi permanente que sa bonté : il s’ensuit que si la bonté introduit les fils d’Israël dans la bénédiction finale, la fidélité doit les faire passer par la grande tribulation avant qu’ils obtiennent la bénédiction. Dieu use de bonté à cause des besoins de l’homme et de son propre amour ; Dieu agit en fidélité à cause du péché de l’homme et de sa propre sainteté.


4.4.11 - Psaume 101

Les grands principes qui gouverneront le royaume de Christ, dévoilés par le Roi.


Ce psaume est écrit par David le roi. Il y exprime les désirs de son cœur pour le gouvernement de sa maison, du pays et de la ville de Dieu. Ces désirs sont l’expression de la pensée de Christ pour le gouvernement du monde comme Roi des rois. Ainsi ce psaume pose les principes d’après lesquels le royaume sera dirigé.

V. 1— Avant tout, le royaume sera à la louange de l’Éternel, manifestant sa bonté et son jugement. Ce sont là les deux grands principes de la grâce et du gouvernement (voir Ps. 99:8 ; 100:5). Le royaume sera introduit par la grâce de l’Éternel envers son peuple, et par le jugement du mal et des ouvriers d’iniquité ; et il subsistera en grâce et en gouvernement. Comme quelqu’un l’a dit : « Il doit en être ainsi, car la justice doit être maintenue, en même temps que la grâce est déployée ; la justice ne sera pas abandonnée bien que l’amour ait son cours ».

V. 2 — Dans le gouvernement de son royaume, le Roi agira dans « une voie parfaite », marchant dans « l’intégrité » de son cœur. Au sein du royaume de Christ, les motifs intérieurs seront aussi parfaits que les voies extérieures. L’administration du royaume découlera d’un cœur pur.

V. 3, 4 — En outre, le royaume sera caractérisé par la séparation d’avec toute chose mauvaise et toute personne méchante. Le roi ne connaîtra pas le mal. Celui-ci ne sera pas toléré.

V. 5 — Enfin, dans le royaume de Christ, il y aura non seulement séparation du mal, mais ce dernier sera jugé. Celui qui calomnie sera détruit. « Les yeux hautains » et « le cœur orgueilleux » seront jugés par un roi qui voit l’apparence, mais qui lit aussi dans le cœur.

V. 6 — Toutefois, si le jugement du Roi frappe les méchants, sa faveur repose sur « les fidèles du pays ». Ils habiteront avec lui et celui qui marche dans une voie parfaite le servira.

V. 7, 8 — Il n’y aura pas de place pour le mal dans « la maison », dans « le pays » ou dans « la ville de l’Éternel ». Ceux qui pratiquent la fraude, profèrent des mensonges et se livrent à l’iniquité seront frappés chaque matin par un jugement rapide. À l’intérieur du royaume de Christ, le mal ne pourra pas atteindre le degré de rébellion ouverte.


4.4.12 - Psaume 102

Christ identifié, comme Homme, en esprit, aux souffrances de son peuple ; comme Dieu, à la gloire de l’Éternel.


Ce psaume présente des expériences que le Seigneur peut avoir anticipées en esprit pendant sa vie, mais dans lesquelles il n’est entré pleinement qu’au jardin de Gethsémané.

Les souffrances de ce psaume ne sont pas celles que le Seigneur a ressenties en raison de ce que les hommes lui ont fait subir, bien qu’elles soient présentes à son âme ; ce ne sont pas non plus les douleurs du Seigneur en vue de l’œuvre de l’expiation — sous la colère et l’indignation de Dieu — même si elles sont aussi devant lui. Ce psaume place devant nous les souffrances personnelles du Seigneur quand il s’identifiait à son peuple souffrant.

V. 1-11 — Ces versets décrivent l’identification en esprit du Messie avec les souffrances du résidu de son peuple Israël. C’est le cri de « l’Homme de douleurs » au jour de la détresse. Le grand désir de l’âme pieuse dans la détresse est que le Seigneur entende son cri. En esprit, le Seigneur entre dans cette affliction et donne expression à ce désir (v. 1-3).

Sous le châtiment de l’Éternel, les jours du peuple d’Israël sont abrégés et s’évanouissent comme la fumée ; la gloire des Israélites se dessèche comme l’herbe. Le Seigneur entre dans cette épreuve (v. 3-5). Son peuple est seul et désolé, comme un pélican du désert ou comme un passereau solitaire sur un toit. Le Seigneur entre dans cette désolation (v. 6, 7). Les fils d’Israël connaissent tout le jour les outrages et l’opposition des hommes, et le Seigneur prend personnellement ces outrages sur lui (v. 8, 9). De plus, la nation avait été élevée au-dessus de toutes les nations et cependant, à cause de la colère et de l’indignation de Dieu, elle avait été rejetée. Le Seigneur entre dans cette épreuve, car lui qui a été oint pour être le Messie, a été rejeté et ses jours ont été abrégés.

En fait, il ne dit pas : Ton indignation et ta colère sont sur moi, car il ne parle pas comme subissant le jugement sur la croix, mais plutôt comme entrant en esprit dans l’indignation et la colère qui pesaient sur la nation (v. 9, 10).

V. 12-22 — En contraste avec le Messie identifié avec son peuple souffrant, ces versets exposent la gloire de l’Éternel et son intervention en grâce et en puissance en faveur des siens. Celui qui, dans sa grâce et son humilité, a donné expression aux afflictions de son peuple est Celui qui peut également exprimer les gloires de l’Éternel. Christ est l’apôtre et le souverain sacrificateur de notre confession. Il est à même de présenter les peines de son peuple devant l’Éternel dans son service sacerdotal, et d’exposer les gloires de l’Éternel à son peuple, comme prophète.

Israël se fanera et se desséchera, mais l’Éternel demeure à toujours. En son « temps assigné », l’Éternel usera de grâce envers Sion. Ainsi toutes les bénédictions pour Israël reposent sur la gloire et l’œuvre de l’Éternel (v. 12-14).

Quand l’Éternel interviendra ainsi en faveur d’Israël — quand il bâtira Sion et apparaîtra dans sa gloire — les nations craindront son nom et tous les rois de la terre reconnaîtront sa gloire (v. 15, 16).

Les requêtes des fidèles seront alors exaucées, et la prière se transformera en louange (v. 17, 18). Lorsque l’Éternel aura regardé son peuple souffrant, qu’il aura entendu les gémissements des siens et sera intervenu pour les délivrer, les jours de persécution cesseront pour toujours (v. 19, 20).

Il y aura alors un peuple qui annoncera le nom de l’Éternel dans Sion et sa louange dans Jérusalem. Tous les peuples se rassembleront à Jérusalem considérée comme centre, et tous les royaumes serviront l’Éternel (v. 21, 22).

V. 23-28 — Dans ces derniers versets, Christ est présenté en tant que personne divine : Dieu, et il est identifié avec l’Éternel. La question se pose : Comment l’Éternel peut-il intervenir en bénédiction pour son peuple si le Messie est retranché ? Car le Messie doit dire : « Il a abattu ma force dans le chemin, il a abrégé mes jours ». Comment le royaume sera-t-il établi si le roi oint est ôté ? Il ne saurait y avoir de royaume rétabli sans son roi. La réponse est révélée dans le grand mystère de la personne du Seigneur. Le Messie qui s’est identifié avec son peuple souffrant et qui a été retranché, n’est personne d’autre que l’Éternel lui-même. Ainsi dans ces versets, nous voyons que le Messie est identifié en personne avec l’Éternel, de même qu’auparavant il a été identifié dans la souffrance avec son peuple.

Ces paroles s’adressent au Seigneur comme l’Éternel dont les années sont de génération en génération. Il est le Créateur qui a posé les fondements de la terre ; les cieux sont l’ouvrage de ses mains. Tout ce qui a été créé périra, mais lui subsistera ; tout peut changer, mais lui est « le Même », et ses années ne finiront pas (v. 23-27).

L’Esprit de Dieu se sert de ce passage dans l’épître aux Hébreux pour prouver la divinité et la gloire du Fils qui, bien que devenu homme, est Dieu (Héb. 1:8-12).

C’est ainsi que le Messie assure la bénédiction de son peuple. Celui qui est l’Éternel, étant devenu homme et s’étant identifié à son peuple souffrant, amène finalement les siens à être identifiés avec lui dans sa gloire. S’il subsiste, ils subsisteront ; s’il est le Même, ils seront établis devant lui (v. 28).


4.4.13 - Psaume 103

La louange d’Israël restauré à l’adresse de l’Éternel pour les bénédictions dans lesquelles la nation est introduite selon les voies de Dieu.


V. 1-3 — Le palmiste invite son âme à bénir l’Éternel pour toutes les bénédictions dans lesquelles la nation est introduite. Il présente un tableau millénaire du peuple béni des bienfaits de l’Éternel dans les circonstances diverses des fils d’Israël, leurs péchés étant pardonnés et leurs maladies guéries. Au jour de sa présentation à Israël, l’Éternel a pardonné les péchés et guéri les maladies, et ainsi, effectuant les miracles qui caractériseront le siècle à venir, il a montré que le royaume s’était approché. Hélas ! le roi a été rejeté et, pour le moment, les bénédictions du royaume ont été perdues.

V. 4-6 — Maintenant enfin, sauvée de la destruction, la nation revit. Le juste jugement de l’Éternel mettra fin aux longs siècles d’oppression subie par les Juifs sous le gouvernement des Gentils, pour avoir rejeté leur Messie.

V. 7-12 — La bénédiction d’Israël restauré sera introduite par les voies de Dieu telles qu’elles ont été manifestées à Moïse. À Israël, les actes de Dieu ont été révélés ; à Moïse, les principes selon lesquels il agissait. Ces voies sont maintenant données à connaître à la nation restaurée. Dans ses desseins, Dieu est miséricordieux, plein de grâce, lent à la colère et d’une grande bonté. C’est ainsi qu’il s’est révélé à Moïse sur la montagne (Ex. 34:6, 7). Dieu a agi en accord avec ces voies tout au long de l’histoire de la nation. À cause de leurs péchés, Dieu a dû châtier les siens, mais « il ne contestera pas à jamais, et il ne garde pas sa colère à toujours ».

Les péchés et les iniquités du peuple ont donné à Dieu l’occasion de montrer que sa bonté et sa grâce sont plus grandes que le péché de l’homme, « comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre ». Nous voyons ainsi que Dieu n’est pas indifférent aux péchés de son peuple. Il manifeste sa bonté aux fils d’Israël, mais il les juge à cause de leurs péchés, et « autant l’orient est loin de l’occident », autant il éloigne d’eux leurs péchés.

V. 13-16 — Dans toutes ces voies, Dieu avait agi avec de tendres égards pour le résidu pieux, comme un père terrestre a compassion de ses enfants. Il s’est souvenu de la fragilité des siens — que si son peuple était abandonné aux tempêtes de ce monde, comme une fleur chassée par le vent, il serait entièrement détruit et ne subsisterait plus comme nation.

V. 17, 18 — En contraste avec l’homme faible, dont la beauté varie comme une fleur qui fleurit et se fane peu après, à cause d’une tempête de vent, « la bonté de l’Éternel est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent, et sa justice pour les fils de leurs fils ». Ni la fragilité de l’homme, ni le vent contraire de l’ennemi ne peuvent changer la « bonté » ou la « justice » de l’Éternel. Cette bonté et cette justice sont pour ceux qui gardent son alliance et observent ses commandements. Ne s’agit-il pas là de l’alliance inconditionnelle faite avec Abraham, alliance sous laquelle la nation introduite dans la bénédiction peut enfin garder les commandements de l’Éternel (Rom. 8:4) ?

V. 19-22 — La manifestation du trône de l’Éternel établi dans les cieux et de la domination universelle de son royaume marque l’aboutissement de toutes les voies de Dieu envers l’homme.

Dans ce royaume universel, chaque être est invité, dans les cieux et sur la terre, à la louange. Ainsi tous les êtres spirituels sont exhortés à bénir l’Éternel. Toutes « ses armées » — les forces providentielles naturelles — sont conviées à bénir l’Éternel. Toutes ses œuvres créées sont appelées à bénir l’Éternel. Et que chacun des rachetés dise : « Mon âme, bénis l’Éternel ! »


4.4.14 - Psaume 104

La louange à l’Éternel, le Créateur. Un cantique millénaire des fidèles lorsque les ennemis auront été détruits du pays et que les méchants ne seront plus.


Si nous trouvons, en Genèse 1, le récit de la création, nous découvrons ici le cantique de la création. Dans ses grands traits, ce psaume suit l’histoire de la création. Le récit de la Genèse présente la création à son commencement, le cantique la montre dans son activité et son organisation actuelles. « L’un brosse le tableau du commencement de l’ordre éternel, l’autre évoque son aspect perpétuel et vivant. Aussi l’ode est-elle infiniment plus animée que le récit. Celui-ci est une image de vie paisible ; le cantique est peuplé de figures pleines d’agitation et de mouvement » (Perowne).

V. 1-4 — Ce psaume s’ouvre sur une expression de louange au Créateur par celui qui, selon le psaume précédent, connaît déjà l’Éternel comme Rédempteur, et peut, par conséquent, dire : « Éternel, mon Dieu, tu es merveilleusement grand ». Dans les premiers versets, le psalmiste a une vue de la création correspondant au premier et au second jour. Dieu, qui est lumière, sépare les eaux d’avec les eaux, faisant l’étendue appelée cieux et séparant les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Dans toute cette grande œuvre, Dieu est vu non seulement en tant que Créateur, mais aussi se déplaçant dans sa propre création ; « Il fait des nuées son char ; il se promène sur les ailes du vent ». Les anges le servent : ils sont ses ministres.

V. 5-9 — Dans ces versets, le psalmiste rappelle la première partie du troisième jour de la création. Il pense au jour où, à la « menace » de l’Éternel, les eaux se rassemblèrent en un lieu, et le sec parut ; au jour où les montagnes s’élevèrent, les vallées s’abaissèrent, au lieu même que Dieu leur avait établi ; au jour où Dieu mit aux mers des limites « qu’elles ne dépasseront point ».

V. 10-18 — En outre le psalmiste célèbre les riches ressources que Dieu a préparées pour ses créatures. Il voit les sources jaillissant de la terre, et la pluie « de ses chambres hautes » abreuvant les montagnes et se déversant sur la terre pour apaiser la soif de ses créatures (v. 10-13). Il voit l’herbe et les plantes qui les nourrissent, les arbres et les hautes montagnes qui les abritent (v. 14-18). Nous discernons ici la dernière partie du troisième jour de la création et les ressources qui en découlent pour les créatures de Dieu. De plus, le psalmiste ne pense pas seulement au Créateur dans ses œuvres passées comme étant Celui qui est à l’origine de tout. Il parle aussi de Dieu et de son œuvre actuelle qui consiste à soutenir sa création. Ainsi le psalmiste peut dire : Il envoie (*) les sources : le Créateur n’a pas agi uniquement dans le passé, il poursuit son œuvre. Le psalmiste dit encore : « Il abreuve les montagnes », « il fait germer l’herbe ». C’est cette bonté continue du Créateur en soutien qui remplit l’âme de louange. La création est vue dans la plénitude de sa vie et de son activité. Les sources ne sont pas simplement créées, elles « coulent entre les montagnes ». Les bêtes sauvages étanchent leur soif aux fleuves ; les oiseaux chantent et font leurs nids dans les branches des arbres.


(*) Voir les traductions J.N.D. en anglais et en allemand où le présent est employé (Note du trad.)


V. 19-23 — Le psalmiste continue en chantant la louange de Dieu en rapport avec les corps célestes du quatrième jour de la création. Ils sont vus ici dans leur activité présente incessante en relation avec les besoins des créatures de Dieu.

V. 24 — Interrompant sa description des œuvres de Dieu, le psalmiste s’extasie sur leur caractère varié : elles manifestent toutes la sagesse du Créateur et la richesse de ses ressources.

V. 25-30 — Le psalmiste reprend son cantique avec une description de la mer : cela nous amène au cinquième jour de la création. Dans les eaux se meuvent des animaux grands et petits, qui dépendent entièrement de Dieu pour leur existence, leur subsistance et leur reproduction.

V. 31-35 — De la gloire de la création, le psalmiste passe à la gloire du Créateur. Toute la création sera à sa gloire pour toujours, et l’Éternel se réjouira en ses œuvres. La rédemption a délivré la création qui soupire de la servitude du péché, de sorte que l’Éternel peut de nouveau se réjouir dans ses œuvres. Sa majesté est telle qu’il n’a qu’à regarder la terre, et elle tremble ; il n’a qu’à toucher les montagnes., et elles fument. Ainsi à la fin de ce psaume, l’Éternel se réjouit dans ses œuvres, les fidèles se réjouissent dans l’Éternel, les pécheurs prennent fin de dessus la terre et les méchants ne sont plus.


4.4.15 - Psaume 105

La fidélité de l’Éternel à l’alliance faite avec les pères, fidélité manifestée dans ses soins envers son peuple Israël. Le jugement de l’Éternel sur les ennemis du peuple au cours de son histoire.


V. 1-7 — Au début de ce psaume, Israël est appelé à célébrer l’Éternel, à invoquer son nom et à faire connaître parmi les peuples ses actes. Ainsi, Israël restauré doit être un peuple d’adorateurs, un peuple dépendant et un peuple qui rend témoignage.

Les fidèles sont invités à louer l’Éternel pour ce qu’il a fait et pour ce qu’il est dans la gloire de sa personne. Il a fait des œuvres merveilleuses et son nom manifeste ce qu’il est : Il est saint.

Ils doivent invoquer ou chercher l’Éternel, parce qu’ils sont faibles et que la « force » est avec lui. Cette dépendance doit être constante : le peuple de Dieu doit chercher « continuellement sa face » (cf. Jean 15:5).

Pour être ses témoins parmi les peuples, ils doivent se souvenir des œuvres merveilleuses que l’Éternel a faites, des ordonnances de sa bouche et des jugements qu’il a exécutés sur toute la terre.

V. 8-15 — L’histoire d’Israël est passée en revue pour prouver la fidélité de Dieu à l’alliance qu’il avait établie avec Abraham et Isaac, et confirmée à Jacob. La promesse du pays a été faite aux fils d’Israël à un moment où, à vue humaine, son accomplissement paraissait impossible ; car ceux à qui elle a été donnée étaient peu nombreux et étrangers dans le pays. Toutefois ils étaient l’objet des soins constants de l’Éternel. Ils allaient de nation en nation, de royaume en royaume, mais Dieu ne permit à personne de les opprimer sans encourir sa répréhension.

V. 16-22 — Le psalmiste rappelle différentes périodes dans l’histoire de la nation, pour montrer les soins de Dieu envers les siens au milieu de l’épreuve. Aux jours des patriarches, Dieu a suscité la famine, mais a envoyé Joseph pour les délivrer de l’épreuve. Toutefois celui qui apporte la délivrance doit lui-même passer par la souffrance avant d’être un sauveur ; puis, après avoir souffert, il est élevé dans une position de gloire. Ainsi Joseph devient un type frappant de Celui que le Père a envoyé pour être le Sauveur du monde.

V. 23-36 — L’histoire d’Israël en Égypte est ensuite placée devant nous pour montrer, non seulement les soins de Dieu pour son peuple, mais son jugement sur tous ceux qui s’opposent aux fils d’Israël et les oppressent. Huit des plaies qui ont frappé l’Égypte sont évoquées. Elles sont groupées, non pas selon leur ordre historique, mais d’une manière qui met en évidence le caractère dévastateur de ces jugements.

Les deux premières plaies mentionnées, les ténèbres et les eaux changées en sang, touchaient aux deux principales sources de l’existence et de la prospérité de l’Égypte. Le soleil fut éclipsé et l’eau des rivières transformée en sang. Si ces événements s’étaient prolongés, le pays aurait été rapidement plongé dans la ruine.

Les trois plaies suivantes, les grenouilles, les mouches et les moustiques, atteignaient chaque Égyptien dans sa personne ; ces fléaux rabattaient l’orgueil de l’oppresseur et lui rendaient la vie insupportable.

Les deux plaies relatées ensuite, la grêle et les sauterelles, s’attaquaient aux possessions des Égyptiens : ils étaient réduits au dénuement.

La dernière plaie frappe les premiers-nés du pays ; si elle avait duré, elle aurait conduit à l’extermination de la race.

V. 37, 38 — Le peuple d’Égypte a connu la destruction de son pays, mais le peuple de Dieu a été délivré, et malgré l’oppression qu’il avait subie, il est sorti avec de l’or et de l’argent. Il n’y eut aucun infirme dans ses tribus.

V. 39-41 — En trois courts versets, le voyage des Israélites à travers le désert nous est présenté, pour montrer les soins de Dieu envers son peuple. Les fils d’Israël ont été protégés de la chaleur du jour ; la lumière leur a été donnée dans la nuit. Ils ont été rassasiés du pain des cieux et l’eau a coulé pour eux du rocher.

V. 42, 43 — Dans toutes ces voies de Dieu envers son peuple — aux jours des patriarches, quand Israël était dans la servitude ou pendant la traversée du désert — les péchés, les murmures et les rébellions ne sont pas mentionnés. Tout est rapporté de manière à rappeler les œuvres merveilleuses de l’Éternel et sa fidélité à son alliance. L’évocation de l’histoire d’Israël commence par cette pensée principale, telle qu’elle est exprimée au verset 8 : « Il s’est souvenu pour toujours de son alliance ». Et elle se termine sur cette pensée, car nous lisons de nouveau : « Il se souvint de sa parole sainte, et d’Abraham, son serviteur ».

V. 44, 45 — Il se trouve ainsi que la promesse faite à Abraham : « Je te donnerai le pays de Canaan » (v. 11) est accomplie à la fin, car maintenant nous voyons que Dieu « leur donna les pays des nations, et ils possédèrent le travail des peuples ». Ce psaume nous parle donc à l’avance du moment où les longs siècles de l’exil du peuple terrestre de Dieu seront passés. L’oppression des Gentils se terminera, Israël possédant les pays des nations et héritant du travail des peuples. Les nations se doutent peu qu’à la fin les Juifs méprisés posséderont le pays des Gentils et hériteront le fruit de leurs travaux. Mais il en sera ainsi dans les voies de Dieu et dans l’accomplissement de l’alliance éternelle faite avec Abraham. Les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir. De plus, quand Israël sera béni dans le pays, l’Éternel aura un peuple terrestre qui fera sa volonté et qui sera à sa louange.


4.4.16 - Psaume 106

La bonté inépuisable et la grâce patiente de l’Éternel envers son peuple terrestre en dépit de ses manquements.


Ce psaume présente une vue prophétique du temps où la longue captivité d’Israël parmi les nations touchera à sa fin et où Dieu rassemblera son peuple sous le règne de Christ. Dans ces jours, les fidèles reconnaîtront que les bénédictions de la nation dépendent de la grâce et de la patience de l’Éternel. Le psalmiste confesse le péché du peuple de Dieu à la lumière de la bonté et de la grâce de l’Éternel (v. 6), il reconnaît chaque étape de leur manquement (v. 7-46) et en appelle finalement à Dieu pour qu’il sauve et rassemble à nouveau la nation pour sa propre louange (v. 47, 48).

V. 1-5 — Ces premiers versets définissent le thème du psaume : la bonté, la grâce de l’Éternel qui demeure à toujours, et qui est bien au-dessus de toutes les expressions et les louanges qui pourraient être formulées par l’homme.

Bienheureux alors ceux qui, moralement, plaisent à l’Éternel, en gardant le juste jugement et en pratiquant la justice en tout temps. Le psalmiste demande à l’Éternel de se souvenir de lui, de le sauver de la détresse présente, de lui accorder de voir le bien et d’entrer dans la joie du peuple de Dieu au jour où la nation sera introduite dans l’héritage de Dieu.

V. 6 — Dans la lumière de cette bonté, ce représentant du résidu pieux s’identifie avec la nation. Il confesse le péché, l’iniquité et la méchanceté qui ont caractérisé le peuple dans toute sa marche, depuis le temps des pères.

V. 7-12 — Après cette confession de péché générale, l’histoire des manquements d’Israël est reprise en détail, depuis l’esclavage en Égypte jusqu’à la captivité de Babylone. Au début de l’histoire de la nation, les fils d’Israël n’ont compris ni les merveilles de Dieu contre les Égyptiens, ni ses bontés envers son peuple. À la mer Rouge, ils se sont rebellés et seraient retournés en Égypte et à l’esclavage. Mais Dieu « les fit marcher par les abîmes »., il les sauva, les racheta et jugea leurs ennemis. Alors ils crurent et chantèrent la louange de l’Éternel.

V. 13 — En présence des difficultés du désert, « ils oublièrent vite ses œuvres, ils ne s’attendirent point à son conseil ». Oubliant que Dieu avait le pouvoir de les sauver, ils négligèrent de chercher son conseil.

V. 14, 15 — Méprisant le conseil de Dieu, les fils d’Israël furent livrés à leur propre volonté qui a bien donné une courte satisfaction à leur convoitise, mais a abouti au dépérissement de leur âme.

V. 16-18 — Ayant négligé de chercher le conseil de Dieu, ils envièrent et ignorèrent les serviteurs de Dieu, et s’attirèrent ainsi le jugement de l’Éternel.

V. 19-23 — Après avoir déshonoré les serviteurs de Dieu, ils se livrèrent à un péché encore plus grand : ils s’attaquèrent à l’honneur de Dieu lui-même en établissant un faux dieu — un péché qui aurait attiré sur eux, sans l’intercession de Moïse, une prompte destruction.

V. 24-27 — L’indifférence à la gloire de Dieu amène le peuple à mépriser le pays de Dieu. Cette incrédulité conduit au rejet des fils d’Israël dans le désert. Il s’ensuit encore que leur semence est perdue parmi les nations et dispersée dans d’autres pays.

V. 28-31 — Mélangés aux nations, ils négligèrent de maintenir la sainteté. Ils se souillèrent par leurs associations, s’attirant le prompt jugement de l’Éternel, qui ne fut arrêté que par l’action ferme d’un homme. Dieu a scellé cette intervention de son approbation, pour toujours.

V. 32, 33 — De plus, le péché du peuple entraîna un manquement chez son conducteur. Irrité par la perversité du peuple, Moïse parla légèrement de ses lèvres et eut à souffrir de son emportement.

V. 34-39 — Après avoir retracé les manquements des fils d’Israël dans le désert, le psalmiste confesse leurs péchés dans le pays. Là ils se mêlèrent parmi les nations du monde. Et non seulement celles-ci n’apprirent pas les voies de Dieu, mais le peuple d’Israël s’égara dans les voies du monde. Ayant appris les œuvres des nations, Israël imita leurs mauvaises pratiques : les enfants en subirent les conséquences, et le sang innocent fut répandu.

V. 40-43 — Pour tous ces péchés, la main de l’Éternel s’abattit en châtiment sur son peuple. Le pays devint désolé et Israël fut livré à la captivité. Soumis à la domination et à l’oppression des Gentils, les fils d’Israël « furent humiliés » à cause de leur iniquité.

V. 44-46 — Néanmoins, en jugeant son peuple, Dieu se souvint de la bonté. Il « regarda » l’affliction de son peuple, « quand il entendit leur cri ». L’Éternel se souvint de son alliance avec Abraham. Il manifesta sa bonté envers son peuple et suscita de la pitié, en faveur des siens, chez ceux qui les avaient emmenés en captivité.

V. 47-48 — Après la confession des péchés du peuple, le psalmiste supplie l’Éternel de sauver les siens, de les rassembler d’entre les nations et d’en faire un peuple d’adorateurs. Anticipant la réponse de Dieu à sa prière, il invite tout le peuple à louer l’Éternel Dieu qui est béni d’éternité en éternité.


4.5 - Commentaire sur les Psaumes du Livre cinquième

4.5.1 - Psaume 107

La nation d’Israël considérée comme restaurée dans son pays appelée à célébrer la bonté de l’Éternel telle que, dans ses voies, Dieu la manifeste, envers son peuple en particulier et en faveur de l’humanité d’une manière générale (v. 8, 15, 21, 31).


V. 1-3 — Le thème de ce psaume est la bonté de l’Éternel, sa bonté qui demeure à toujours. Israël, délivré du pouvoir de l’ennemi et rassemblé de tous les bouts de la terre est invité à célébrer cette bonté.

Le corps du psaume présente les diverses circonstances de l’histoire d’Israël, et de l’humanité, au cours desquelles la bonté de l’Éternel s’est manifestée dans ses voies envers les hommes.

V. 4-.9 — Premièrement, l’homme est considéré comme un pèlerin, cherchant à trouver du repos dans un monde qui est un désert. Tous les efforts de la créature humaine ne font qu’assoiffer son âme : « Ils étaient affamés et altérés, leur âme défaillait en eux ». Dans les voies du Seigneur, nous devons faire l’expérience que rien, dans cette scène troublée, ne peut satisfaire l’âme. Du fond de leur détresse, les hommes crient à l’Éternel, et découvrent qu’il peut les conduire dans « un chemin droit », menant au repos de Dieu : « une ville habitable ». Nous voyons ainsi la bonté de l’Éternel, qui « a rassasié l’âme altérée, et a rempli de biens l’âme affamée ».

V. 10-16 — Deuxièmement, les hommes sont vus manifestant leur iniquité : ils se sont rebellés contre les paroles de Dieu et ont méprisé son conseil. Dans le premier cas, l’âme était insatisfaite ; ici, par la rébellion contre Dieu, l’esprit est plongé dans les ténèbres, placé sous la sentence de la mort et sous l’esclavage de l’ennemi. Le cœur est accablé et il n’y a personne qui l’aide. Alors, dans leur détresse, les hommes crient à l’Éternel et découvrent que, dans sa bonté, il les délivre de la servitude, pour qu’ils le louent de les avoir mis en liberté.

V. 17-22 — Troisièmement, à cause de leur folie et de leur transgression, les hommes peuvent être affligés dans leur corps, et se trouver tout près de la mort. Alors dans leur détresse ils crient à l’Éternel, qui envoie sa parole pour les guérir et les délivrer de la destruction, afin qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté et déclarent ses œuvres magnifiques (Luc 8:38, 39).

V. 23-32 — Quatrièmement, les hommes sont mis à l’épreuve au milieu des circonstances de la vie. Ayant affaire avec le monde, ils rencontrent les tempêtes qui sont le lot de l’existence. Confrontés à des difficultés, ils sont parfois réduits à leur dernière extrémité. Alors ils crient à l’Éternel et apprennent qu’il peut apaiser la tempête et les conduire au port désiré. Ils pourront dès lors louer l’Éternel pour sa bonté et l’exalter dans l’assemblée du peuple de Dieu.

Ainsi il nous est accordé de considérer la voie que Dieu a suivie envers les siens, afin qu’en prenant conscience de leur propre fragilité, ils découvrent les bontés de l’Éternel. Dieu agit par conséquent dans l’âme, l’esprit, le corps et les circonstances des hommes, pour les amener à trouver leurs ressources en l’Éternel, dont la bonté et la grâce demeurent à toujours.

V. 33-42 — 11 y a en outre les voies gouvernementales générales de Dieu envers le monde. D’une part, Dieu peut mettre un terme à la prospérité d’un pays, à cause de la méchanceté de ses habitants (v. 33, 34) ; d’autre part, dans sa sollicitude pour les affamés, il peut donner la prospérité (v. 35-38). Néanmoins, l’homme ne change pas. Si les affamés sont rassasiés et que leurs biens augmentent dans le monde, ils oppriment à leur tour et affligent leurs semblables ; aussi, dans les voies de Dieu, de nouveau « ils diminuent, et sont accablés » (v. 39).

Dieu soutient la cause des opprimés ; il verse le mépris sur les nobles et « relève le pauvre de l’affliction ».

Ainsi les voies de Dieu envers l’homme sont marquées par la sainteté qui n’est pas indifférente à la méchanceté, par la bonté qui prend soin de l’affamé, par la justice qui juge l’oppression, et par la compassion qui épouse la cause du pauvre. Qui s’opposera à ces voies de Dieu ? « Les hommes droits le verront et s’en réjouiront ; et toute iniquité fermera sa bouche. »

V. 43 — Telles sont les voies de Dieu dans sa bonté et dans sa grâce. Le sage, qui observe ces choses, « comprendra les bontés de l’Éternel ».


4.5.2 - Psaume 108

Le résidu pieux de la nation d’Israël affermi dans son cœur, en vue du propos de Dieu de délivrer son peuple de tous ses ennemis.


Le psaume 107 place devant nous les voies de Dieu envers les hommes, avec son peuple Israël spécialement mis en vue. Le psaume 108 montre d’une manière très belle le propos de Dieu pour son peuple, c’est-à-dire le but de toutes ses voies. Les voies de Dieu à notre égard ont toujours en vue son propos pour nous.

Pour présenter son propos, l’Esprit de Dieu a réuni dans ce psaume des éléments de deux autres passages. Les versets 1 à 5 terminent le psaume 57 ; les versets 6 à 13, le psaume 60. Les derniers versets de ces deux psaumes, sortis de leur contexte original où ils étaient liés à des exercices et des épreuves, se combinent ici d’une manière très bénie pour présenter le propos de Dieu envers son peuple.

V. 1-3 — Bien que la nation ne soit pas encore délivrée de tous ses ennemis, les fidèles en Israël peuvent célébrer l’Éternel, parce qu’ils sont assurés dans leur cœur que Dieu veut les bénir. L’âme anticipe le lever d’un jour nouveau quand toutes les nations se joindront à Israël pour louer l’Éternel.

V. 4-6 — Sachant que la bonté et la vérité ont prévalu et que la gloire de Dieu est assurée, les fidèles donnent expression à leur confiance et à leur joie. La bénédiction de l’Éternel peut dès lors se déverser sur son peuple bien-aimé, le délivrant de tous ses ennemis. Dans cette confiance, le psalmiste s’attend à Dieu pour qu’il sauve par sa droite et réponde ainsi à sa prière.

V. 7-9 — Ces versets donnent la réponse de Dieu, exposant son propos arrêté qui est de délivrer son peuple. Dieu dit : « Je me réjouirai ; je partagerai Sichem… sur Édom j’ai jeté ma sandale ; sur la Philistie je pousserai des cris de triomphe ». Quand Dieu dit : « Je », qui donc pourrait s’opposer à sa volonté ou contrecarrer son propos ?

De plus, Dieu fait sienne la cause de son peuple. Il dit : « Galaad est à moi, Manassé est à moi, et Éphraïm est la force de ma tête ; Juda est mon législateur. » Le manquement de Manassé et le péché d’Éphraïm avaient été grands, mais rien ne peut entraver le propos de Dieu, qui est de bénir son peuple. Malgré tous les manquements, Dieu se réjouit dans son peuple, le revendique pour lui et, dans sa sainteté, il dit qu’il triomphera de tous ceux qui se sont opposés à ses bien-aimés.

V. 10-13 — Le psaume se termine par la réponse des fidèles au propos avoué de Dieu. Le Dieu qui, dans le passé, les avait rejetés à cause de leurs manquements est Celui auquel ils s’attendent maintenant pour être conduits à la victoire. Ayant appris que l’aide venant de l’homme est vaine, et regardant seulement à Dieu, ils peuvent dire avec la plus grande confiance : « C’est lui qui foulera nos adversaires ».


4.5.3 - Psaume 109

Les voies de Dieu en relation avec le sentier de Christ dans l’humiliation.


Prophétiquement, ce psaume parle du temps où le résidu juif pieux, restauré, aura à faire face non seulement aux ennemis d’entre les nations, comme dans le psaume précédent, mais à l’hostilité des Juifs incrédules conduits par l’Antichrist.

Ces épreuves, qui sont encore à venir pour le résidu juif, ont déjà été la part de Christ dans les jours de son humiliation. Ainsi, tout en exposant prophétiquement les expériences futures du Résidu, ce psaume présente aussi les voies de Dieu envers Christ dans l’humiliation (v. 27). Selon ces voies, il est permis aux méchants, poussés par Satan, de parler contre Christ, la sainte victime, qui s’est adonné à la prière et s’est attendu à Dieu pour qu’il intervienne en sa faveur.

V. 1-5 — Les premiers versets présentent d’une manière touchante des expériences que seul Christ dans l’humiliation a pleinement connues. Dans les voies de Dieu, il y a eu un temps où il a gardé le silence en face des insultes multipliées de l’homme contre Celui qui était venu ici-bas entièrement pour la gloire de Dieu. Tout en se soumettant à l’épreuve, la sainte Victime regardait à Dieu et s’attendait à lui pour qu’il intervienne en sa faveur.

La nation coupable, conduite par la bouche d’un méchant, a parlé contre Christ avec « une langue menteuse ». Les lèvres menteuses qui prononçaient de fausses accusations contre Christ étaient mises en mouvement par des cœurs qui le haïssaient. Il n’y avait en Christ aucune cause à cette haine. En lui il y avait seulement l’amour qui s’exprimait en faisant le bien à ses ennemis. En présence de cette haine infondée des Juifs, il s’adonnait à la prière ; et ses ennemis complotaient le mal contre Celui dont l’amour seul excitait leur haine. L’hostilité du peuple ne soulevait aucune résistance de la part de Christ ; au contraire, elle suscitait une soumission entière qui recevait tout de Dieu, et une dépendance parfaite qui l’amenait à tout présenter en prière à Dieu.

Dans les jours à venir, lorsque le résidu juif devra faire face à l’hostilité de la nation conduite par l’Antichrist, quelle consolation et quel encouragement ce sera pour les fidèles de réaliser que Christ a passé avant eux par ce même chemin.

V. 6-20 — Ces versets décrivent l’appel au jugement des adversaires de Christ. Judas a été l’instrument spécial de la haine qui, prenant occasion de l’humilité de Christ, s’est manifestée pour persécuter le pauvre et l’affligé, et pour frapper celui qui avait le cœur brisé. Aussi l’Esprit de Dieu applique-t-il certaines des expressions employées dans ce passage à Judas (cf. Luc 22:47, 48 ; Actes 1:20). Mais le verset 20 montre qu’il s’agit ici non pas d’un individu particulièrement méchant, mais de tous les « adversaires » du Seigneur qui ont parlé méchamment contre son âme. Sans doute, ces versets ont en vue non seulement Judas et la nation coupable au jour de l’humiliation de Christ, mais aussi l’Antichrist et la masse apostate des Juifs, conduite par lui, dans un jour encore futur.

L’ennemi considéré dans ces versets est vu comme étant poussé par Satan. Nous savons qu’il en a été ainsi dans le cas de Judas, et il en sera de même dans la personne de l’Antichrist à venir. Nous apprenons de quel jugement un tel ennemi sera frappé. Il est dit que ses jours seront peu nombreux (v. 8), que ses descendants seront abandonnés (v. 9, 10), que ses biens seront perdus (v. 11), et que la bonté ne s’étendra pas à lui (v. 12-15).

Ce jugement complet tombe sur un être qui n’a montré aucune grâce, qui a persécuté le pauvre et l’affligé, et qui a frappé celui dont le cœur a été brisé par la haine sans cause de l’homme (v. 16). La malédiction qu’il a aimée tombe sur lui ; la bénédiction qu’il a méprisée est repoussée loin de lui. Les vêtements de malédiction dont il s’est revêtu seront attachés à lui pour toujours (v. 17-19).

Tel sera le jugement de ceux qui sans raison ont méprisé l’amour et la bonté de Christ dans les jours de son humilité, quand il a été le pauvre et l’affligé ; de ceux qui ont parlé contre lui (v. 2), ont menti contre lui (v. 2), lui ont fait la guerre (v. 3), lui ont rendu le mal pour le bien (v. 5), l’ont persécuté et ont frappé « celui qui a le cœur brisé, pour le faire mourir » (v. 16).

V. 21-29 — L’appel au jugement des adversaires est suivi par une prière à Dieu pour qu’il intervienne en faveur du fidèle. La demande commence par l’invocation la plus élevée : le maintien de ce qui est dû au nom de Dieu. Puis vient le motif de la misère extrême de l’âme pieuse (v. 22-25). La misère même qui a incité les méchants à persécuter suscite la bonté de Dieu en délivrance (comp. v. 16 et 20).

Une troisième raison pour recevoir du secours est de rendre manifeste que ces afflictions ont été permises par l’Éternel et que c’est sa main qui opère le salut. Tout vient de Dieu dans ses voies merveilleuses envers Christ, afin que le fidèle soit béni (v. 28) et que ses adversaires soient revêtus de confusion (v. 29).

V. 30, 31 — Les derniers versets anticipent le résultat de l’intervention de Dieu. Non seulement Christ célébrera et louera l’Éternel, mais il conduira lui-même la louange parmi la multitude du peuple de Dieu. Satan peut se tenir à la droite du méchant afin de persécuter le fidèle dans l’humiliation ; l’Éternel est à la droite du pauvre « pour le sauver de ceux qui jugeaient son âme ».


4.5.4 - Psaume 110

Christ exalté, attendant le jugement de ses ennemis et son règne en Sion pour la bénédiction de son peuple de franche volonté, exerçant la sacrificature selon l’ordre de Melchisédec.


Au psaume 109, Christ est présenté comme attendant que Dieu parle pour lui, en réponse aux méchants qui ont parlé contre lui (Ps. 109:1, 2, 21, 31). Dans ce psaume, Dieu parle pour Christ, en réponse à la prière du psaume 109. Ainsi, tandis que le psaume 109 présente les voies de Dieu envers Christ en humiliation, le psaume 110 expose le propos de Dieu en faveur de Christ exalté.

V. 1 — Dans les jours de l’humiliation de Christ, les hommes ont parlé contre lui avec une langue menteuse ; ils lui ont fait la guerre sans cause et ont « persécuté l’affligé et le pauvre » (Ps. 109:2, 3, 16). La réponse de Dieu est l’exaltation de Christ, qui prend une place de puissance suprême dans les cieux, jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds, lorsqu’il aura la place de suprématie sur la terre. Dans les jours de son humiliation, Christ attendait que Dieu réponde à sa prière ; maintenant, dans l’exaltation, il attend l’accomplissement du propos de Dieu.

V. 2-4 — Ces versets exposent le propos de Dieu pour Christ. Dieu a décrété qu’il régnera de Sion au milieu de ses ennemis. Dans la scène même de son humiliation et de l’hostilité de l’homme, sa puissance sera déployée. Mais si Christ domine au milieu de ses ennemis, il exercera aussi la sacrificature selon l’ordre de Melchisédec au sein de son peuple de franche volonté. Une génération nouvelle, un peuple de franche volonté, appelé ici « la rosée de ta jeunesse » (dans le sens de : tes jeunes gens), dans toute la fraîcheur et la vigueur juvéniles (cf. Ps. 14:16 ; 22:31), viendra à lui dès l’aurore de ce jour nouveau. Comme Roi régnant de Sion, Christ apportera la bénédiction de Dieu à son peuple de franche volonté ; comme Sacrificateur, il conduira les louanges du peuple, et ainsi bénira Dieu de la part du peuple (comp. Gen. 14:20).

V. 5, 6 — Au jour de la puissance du Seigneur, tous ceux qui s’exalteront contre lui seront jugés. Celui qui est maintenant assis à la droite de l’Éternel se lèvera et « brisera les rois ». Le jour de la patience de Christ sera suivi du « jour de sa colère ». Ce sera un jugement universel « parmi les nations » ; et une victoire totale qui transformera la scène du conflit en un vaste champ de bataille jonché des corps morts des ennemis de Christ : « Il remplira tout de corps morts ».

La déclaration : « Il brisera le chef d’un grand pays » semblerait s’appliquer au dernier ennemi d’Israël, le Gog évoqué dans Ézéchiel, aux chapitres 38 et 39. Elle ne peut guère se rapporter à la Bête ou à l’Antichrist qui, nous le savons, seront détruits par la venue de Christ (Apoc. 19:20). Ce psaume ne traite pas de la venue de Christ, mais plutôt des jugements complets parmi les nations, qui auront lieu après qu’il sera venu.

V. 7 — Le dernier verset nous dit que quand tous les autres chefs seront jugés, Christ « lèvera haut la tête ». Celui qui a été une fois l’homme parfaitement dépendant, sera seul exalté, en tant que Chef sur tout. Il a été Celui qui a bu du torrent dans le chemin. Dans les jours de son humiliation, comme homme dépendant, il a eu part aux bontés que l’Éternel dispensait dans le chemin. Il n’a pas méprisé le torrent ; il n’a pas été retenu par lui. Il s’est abaissé pour être l’homme dépendant ; c’est pourquoi il sera l’homme exalté qui lèvera haut la tête par-dessus toutes les autres. Il sera le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs.

Remarquons que le Seigneur Jésus établit clairement que ce psaume parle de lui, et qu’il a été écrit par David sous la direction du Saint Esprit. Le psaume 110 est cité par les écrivains du Nouveau Testament plus souvent qu’aucun autre passage de l’Écriture. Des citations sont données dans chacun des évangiles synoptiques, afin de prouver que le fils de David sera le Seigneur de David (Matt. 22:43, 44 ; Marc 12:36, 37 ; Luc 20:42, 43). Ce passage est cité par Pierre en Actes 2:34, 35, pour démontrer l’exaltation de Christ ; par Paul en 1 Corinthiens 15:25, pour établir le fait que tous les ennemis de Christ seront abolis. En Hébreux 1:13, il sert à prouver la supériorité de Christ sur les anges ; au chapitre 5, 6, sa sacrificature selon Melchisédec ; au chapitre 7:17 à 21, le caractère immuable de sa sacrificature et au chapitre 10:13, son attitude actuelle d’attente.


4.5.5 - Psaume 111

Christ au milieu de l’assemblée de son peuple, conduisant les louanges des fidèles à Dieu pour ses œuvres magnifiques.


Le psaume 111 est le premier d’un groupe de trois psaumes portant chacun la mention : Alléluia ou « Louez Jah ». Le premier célèbre les œuvres et les voies de l’Éternel, le deuxième, la bénédiction de son peuple, et le troisième, la gloire de son nom.

Les psaumes 111 et 112 sont tous les deux des psaumes alphabétiques. Les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu, dans leur ordre, marquent le commencement des phrases.

V. 1 — Le verset 30 du psaume 109 présente Christ au jour de son humiliation, seul et abandonné des hommes, attendant le moment où il conduira la louange au milieu de la congrégation. Le psaume 110 le montre dans son exaltation, comme sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec. Au début du psaume 111, nous voyons le Seigneur exerçant sa sacrificature et conduisant la louange à Dieu au milieu de la congrégation de son peuple. Lorsque Christ conduira la louange, ce sera « de tout mon cœur ».

V. 2-4 — Les œuvres de l’Éternel sont le thème de la louange (v. 2-4, 6, 7). Ses œuvres sont, et doivent être, comme lui-même, grandes, honorables, glorieuses, durables, pleines de grâce et de miséricorde. Les fidèles les recherchent, trouvent leur plaisir en elles ; l’Éternel en a établi un mémorial.

V. 5, 6 — Ses « merveilles » sont opérées en faveur de ceux qui le craignent, afin que Dieu, fidèle à son alliance, puisse donner à son peuple l’héritage des nations.

V. 7, 8 — Ses œuvres, accomplies en vérité et en justice, demeurent à toujours.

V. 9 — Par son œuvre, Dieu rachète son peuple, établit son alliance et assure la gloire de son nom. La prière de Christ dans l’humiliation : « Toi, Éternel ! Seigneur ! agis pour moi à cause de ton nom » (Ps. 109:21), reçoit ainsi une réponse.

V. 10 — Dieu s’est révélé d’une manière bénie dans son œuvre ; le commencement de la sagesse est alors manifestement de craindre l’Éternel et d’obéir à ses commandements. Ceux qui marchent dans le chemin de l’obéissance et de la piété auront « une bonne intelligence » des voies de Dieu.


4.5.6 - Psaume 112

L’Éternel célébré pour les bénédictions dispensées à l’homme qui craint Dieu.


La bénédiction dont il est question dans ce psaume est d’un ordre terrestre et judaïque ; ce n’est pas la bénédiction céleste du chrétien. Pourtant, qu’il s’agisse d’un saint terrestre ou d’un saint céleste, la jouissance pratique de la bénédiction résulte d’une vie vécue dans la crainte de Dieu.

V. 1 — Le psaume précédent se terminait par l’affirmation que « la crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ». Notre psaume commence par la louange à l’Éternel pour ses bénédictions dispensées à l’homme qui craint l’Éternel. Il ne s’agit pas de la crainte légale d’une personne qui redoute le Juge, mais du profond respect d’un homme qui trouve son plaisir à faire la volonté de celui qu’il craint.

V. 2, 3 — Les bénédictions sont ensuite décrites. L’homme qui craint Dieu est béni « dans le pays » ; sa semence est « puissante » ; il est comblé de biens matériels.

V. 4, 5 — Puis nous trouvons le caractère de celui qui est ainsi béni. Il est « plein de grâce, et miséricordieux, et juste ». Il use de grâce dans sa conduite, et il agit avec sagesse.

V. 6-9 — De plus, les soins entourant l’homme qui craint Dieu et la manière dont cet homme est protégé sont évoqués. Celui qui use de grâce envers les autres ne sera pas ébranlé, car sa mémoire est à toujours devant Dieu. Le fidèle ne craindra ni une mauvaise nouvelle ni ses adversaires : son cœur est affermi et soutenu, se confiant en l’Éternel. Plein de sollicitude envers son prochain, il donne aux pauvres et il est honoré.

V. 10 — Le gouvernement divin apporte la bénédiction à celui qui craint Dieu, mais il s’exerce en jugement contre le méchant.


4.5.7 - Psaume 113

La célébration du nom de l’Éternel.


Le psaume 111 présente les œuvres merveilleuses de l’Éternel, par lesquelles sa gloire est assurée et son peuple racheté. Le psaume 112 trace un tableau millénaire dans lequel, en résultat des œuvres et du gouvernement de l’Éternel, son peuple est introduit dans la bénédiction tandis que le méchant est jugé. Le psaume 113 complète cette série de psaumes en montrant que les voies de Dieu en gouvernement conduiront à l’exaltation de son nom sur toute la terre.

V. 1-4 — Les serviteurs de l’Éternel sont appelés à louer le nom de l’Éternel « dès maintenant » : dès le moment de l’intervention publique de Dieu en gouvernement sur le monde. Son nom sera béni dans tous les temps : « à toujours », dans le monde entier : « du soleil levant jusqu’au soleil couchant », et par-dessus tout, qu’il s’agisse de « toutes les nations » ou de toute la création.

V. 5-9 — En outre, la grandeur de l’Éternel est manifestée dans sa grâce condescendante. Celui qui a placé sa demeure en haut s’abaisse pour regarder dans les cieux et sur la terre. Et, regardant sur la terre, il fait lever le misérable, il élève le pauvre, et il bénit celui qui est sans espoir, car il fait de la femme stérile une joyeuse mère de fils. Il n’y a rien d’étonnant à ce que, dans tout le vaste monde et dans tous les temps, ses serviteurs disent : « Louez Jah ! »


4.5.8 - Psaume 114

L’Éternel présent au milieu de son peuple, jugeant toute opposition et répondant à tous les besoins.


Prophétiquement ce psaume considère le temps où Israël restauré reconnaîtra que, maintenant comme dans le passé, il doit sa délivrance et sa bénédiction à la présence de l’Éternel agissant dans sa toute-puissance.

V. 1, 2 — Les premiers versets remontent au commencement de l’histoire d’Israël, comme peuple séparé des nations. Ce passage célèbre la délivrance du peuple de Dieu lors de la sortie d’Égypte, et aussi la raison pour laquelle il a été sauvé. Dieu a délivré Israël, afin de pouvoir demeurer parmi les siens et régner sur eux, son peuple ; pour que Juda puisse devenir « son sanctuaire », et Israël, « la sphère de sa domination » (Ex. 15:17, 18 ; 19:6).

V. 3, 4 — Ces versets décrivent la grande puissance qui a opéré en faveur des fils d’Israël aux jours de leurs délivrances passées. Lors de la sortie d’Égypte, la mer Rouge s’enfuit, démontrant ainsi l’existence d’une puissance irrésistible ; de même à la fin du voyage des Israélites, lors de l’entrée dans le pays, le Jourdain retourna en arrière. Entre la mer Rouge et le Jourdain, les montagnes du désert durent rendre témoignage d’une puissance invisible quand le Sinaï se mit à trembler fort (Ex. 19:18).

V. 5, 6 — Qu’est-il arrivé à la mer, au fleuve et aux montagnes ? Quelle grande puissance a été manifestée pour que la mer s’enfuie, que les eaux du fleuve retournent en arrière et que les montagnes tremblent ?

V. 7, 8 — Israël restauré appelle toute la terre à reconnaître que c’était la présence de l’Éternel, le Dieu d’Israël. C’est lui qui a écrasé toute opposition contre son peuple et a répondu à tous les besoins des siens (Ex. 17:6).


4.5.9 - Psaume 115

Réalisant que sa délivrance dépend de la présence de l’Éternel, le peuple restauré d’Israël renie tout mérite propre, et attribue toute la gloire à Dieu. La terre sera alors possédée par les fils des hommes, à la louange de l’Éternel.


V. 1 — Ce verset donne le thème du psaume — le peuple de Dieu refusant tout mérite pour lui-même et attribuant toute la bénédiction à l’Éternel. L’auteur du psaume 114 a rattaché la délivrance des fils d’Israël à la présence de l’Éternel agissant en puissance en faveur de son peuple. Le psaume 115 exclut la puissance et la gloire de l’homme. « Non point à nous, disent les Israélites, mais à ton nom donne gloire ». Sa bonté et sa vérité se sont unies pour la bénédiction de son peuple.

V. 2 — Pourtant, dans les voies gouvernementales de Dieu, les fils d’Israël ont été rejetés à cause de leurs manquements et de leur idolâtrie, fournissant à l’ennemi l’occasion de demander : « Où donc est leur Dieu ? « Israël peut appeler la terre à trembler devant la face du Dieu de Jacob (Ps. 114:7), mais où est-il ?

V. 3-8 — La foi répond : « Notre Dieu est aux cieux ». Puis un contraste est établi entre le Dieu invisible, connu par la foi, et les idoles visibles dans lesquelles se confient les nations.

Le fidèle peut dire : « Notre Dieu… tout ce qu’il lui a plu, il l’a fait ». Quant aux idoles, ouvrage de mains d’homme, elles ne peuvent pas parler, ni voir, ni entendre, pas non plus sentir, agir ou marcher. En un mot, elles sont impuissantes, comme d’ailleurs ceux qui se confient en elles.

V. 9-11 — Le psalmiste exhorte ensuite à se confier en l’Éternel, car lui seul peut aider et secourir ceux qui viennent à lui. La nation d’Israël, la famille sacerdotale d’Aaron, les Gentils qui craignent l’Éternel, sont appelés à se confier en lui et à trouver ainsi leur secours et leur bouclier.

V. 12-15 — Bien que Dieu soit dans les cieux (v. 3), les fidèles peuvent regarder en arrière et dire, en considérant leur longue histoire de manquements : « L’Éternel s’est souvenu de nous ». Ayant expérimenté les soins de Dieu envers eux dans le passé, ils peuvent envisager l’avenir avec confiance et dire : Il bénira Israël, la maison d’Aaron et tous ceux qui craignent l’Éternel, les petits avec les grands. De plus, l’Éternel augmente sa bénédiction à ceux qu’il bénit ; les fidèles sont bénis dans le présent. Le psalmiste peut dire : « Vous êtes bénis ». Et ils le sont par celui qui a fait les cieux et la terre.

V. 16-18 — Les derniers versets présentent ce qui résulte de la bénédiction du créateur. Les cieux sont « les cieux de l’Éternel », mais la terre, il l’a donnée aux fils des hommes, pour être à sa louange. Si nous sommes « bénis de l’Éternel », c’est pour que nous le bénissions à notre tour (v. 15, 16). Le psaume ne va pas au-delà de la mort : la bénédiction évoquée n’est pas céleste comme pour le chrétien. Quand il dit : « Nous bénirons Jah, dès maintenant et à toujours », le psalmiste a en vue la vie millénaire de bénédiction. Il ne sait rien de la vie céleste au-delà de la mort.


4.5.10 - Psaume 116

La réponse d’amour du peuple à la grâce de l’Éternel, qui a délivré les siens lorsqu’ils étaient sur le point de mourir.


V. 1, 2 — La fin des voies de l’Éternel envers son peuple est de rassembler autour de lui ceux qui répondent à son amour et se confient en lui. Cette fin est atteinte dans l’âme pieuse qui peut dire : « J’ai aimé l’Éternel » et « je l’invoquerai durant mes jours ». (Comp. Éph. 1:4 ; 1 Jean 4:16-19).

V. 3-6 — Ces versets décrivent les circonstances qui ont révélé l’amour de l’Éternel et suscité par là même l’attachement du psalmiste à l’Éternel. Se trouvant près de la mort, il a connu la détresse et le chagrin. Lorsqu’il était à la porte de la mort, hors d’atteinte de tout secours humain, l’homme pieux avait invoqué le nom de l’Éternel. En réponse à son cri, il a éprouvé que l’Éternel est « plein de grâce », « juste » et « miséricordieux » ; l’Éternel est celui qui garde les simples et qui sauve les misérables. L’homme simple n’est pas nécessairement un être méchant ; il s’agit plutôt d’une personne qui peut être facilement trompée par le méchant.

V. 7-11 — Le psalmiste décrit ensuite l’effet sur son âme des voies pleines de grâce de l’Éternel envers lui, au jour de la détresse. D’abord il est introduit dans le repos, résultat des voies de bonté de l’Éternel — le repos qui vient de la confiance en Dieu. Attribuant ensuite avec joie toutes les bénédictions reçues à l’Éternel, il peut dire : « Tu as délivré mon âme de la mort, mes yeux de larmes, mes pieds de chute ». C’est l’Éternel qui a tout fait. L’Éternel lui a donné le repos de l’âme et l’a délivré de la mort. L’Éternel a séché ses larmes et gardé ses pieds. Ainsi il peut regarder l’avenir avec confiance et dire : « Je marcherai devant l’Éternel dans la terre des vivants. » Le repos de l’âme conduit à une marche pieuse qui a l’Éternel pour but.

De plus, s’étant confié en l’Éternel, le psalmiste ouvre sa bouche et rend témoignage. « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé » (2 Cor. 4:13). Si l’affliction du fidèle a éveillé sa confiance en l’Éternel, elle a aussi détruit son assurance dans l’homme pris en tant que tel. Dans sa hâte, ou son « agitation », il avait dit : « Tout homme est menteur ».

V. 12-15 — L’âme délivrée reconnaît ce qu’elle doit à l’Éternel. La coupe d’affliction a été échangée contre la coupe du salut. Le psalmiste prend avec bonheur cette coupe et confesse le nom de l’Éternel. Les vœux de l’homme pieux, faits en présence de la mort, seront acquittés envers l’Éternel devant tout son peuple. Si le fidèle avait succombé à la mort au lieu d’être rappelé dans la terre des vivants, sa mort aurait été précieuse aux yeux de l’Éternel.

V. 16-19 — Maintenant le psalmiste se réjouit de confesser qu’il est le serviteur volontaire de celui qui l’a délivré. Devant tout son peuple, dans les parvis de la maison de l’Éternel, au milieu de Jérusalem, il acquittera ses vœux et offrira des sacrifices d’actions de grâces. Ainsi l’Éternel s’assure un peuple qui l’aime et le loue pour remplir les parvis de sa maison.


4.5.11 - Psaume 117

Israël restauré appelle les nations à louer l’Éternel.


V. 1— Comme nous l’avons lu à la fin du psaume précédent, Israël, établi dans Jérusalem, appelle maintenant toutes les nations et tous les peuples à louer l’Éternel.

V. 2 — Les fils d’Israël peuvent ainsi en inviter d’autres à louer l’Éternel en raison de ce qu’ils ont expérimenté eux-mêmes : « Sa bonté est grande envers nous ». Ils confessent enfin qu’ils ont été introduits dans la bénédiction sur le terrain de la miséricorde (cf. Rom. 11:31, 32). Mais ils reconnaissent que la bonté n’a pas été exercée aux dépens de la vérité. Dieu a manifesté la bonté, mais a maintenu la vérité. La vérité n’a pas été mise de côté, elle demeure à toujours. « Louez Jah ! »


4.5.12 - Psaume 118

La nation restaurée d’Israël appelée à célébrer l’Éternel pour sa bonté qui demeure à toujours. Les épreuves de la nation rattachées à la réjection de Christ ; la restauration du peuple lorsqu’il confessera Christ.


V. 1-4 — Israël, la maison d’Aaron et ceux d’entre les Gentils qui craignent l’Éternel — les trois classes qui, dans le psaume 115, étaient invitées à se confier en l’Éternel — sont maintenant appelés à le célébrer pour sa bonté qui demeure à toujours.

V. 5-9 — Le motif de la louange est la délivrance d’Israël. Le Saint Esprit se sert des expériences d’un individu qui a été délivré pour présenter la manière dont Dieu intervient en faveur de la nation. Cet homme pieux a invoqué l’Éternel dans sa détresse, l’Éternel a répondu et l’a mis au large.

Ainsi, dans sa détresse, le fidèle a appris que l’Éternel était pour lui et prenait son parti. Et si l’Éternel est pour lui, qui sera contre lui ? Il demande : « Que me fera l’homme ? » De plus, l’âme pieuse apprend qu’il vaut mieux mettre sa confiance en l’Éternel que dans l’homme ou dans les principaux de la terre.

V. 10-21 — Le psalmiste présente ensuite, comme figures des épreuves et de la délivrance d’Israël, les épreuves qu’il a traversées et la façon dont l’Éternel a agi pour le délivrer.

Premièrement, toutes les nations l’avaient environné, mais au nom de l’Éternel, elles ont été détruites (v. 10-12).

Deuxièmement, l’ennemi de son âme, le diable qui excite les nations (Apoc. 12:15-17), l’avait rudement poussé ; mais l’Éternel était venu à son secours et avait été sa « force », son « cantique » et son « salut » (v. 13, 14). Et alors, le « cantique » est entendu dans les tentes des justes ; la « force » est vue dans la droite de l’Éternel, et le « salut », dans la délivrance du fidèle de la mort (v. 15-17).

Troisièmement, derrière l’opposition des nations et la puissance de Satan, il y avait dans ces épreuves le châtiment de l’Éternel. L’ennemi avait rudement poussé le fidèle pour qu’il tombe (v. 13), mais l’Éternel l’a « sévèrement » châtié pour son bien. L’ennemi voulait s’opposer à lui pour le faire mourir ; l’Éternel l’a châtié pour le délivrer de la mort. Si l’Éternel a châtié, c’est seulement pour ôter tout ce qui lui est contraire du milieu de son peuple, afin d’introduire les siens par un chemin droit dans sa présence et de les y faire demeurer à sa louange (v. 18-21). Le diable se tient derrière les ennemis extérieurs du peuple de Dieu, mais l’Éternel se trouve derrière la puissance du diable, et derrière l’Éternel, il n’y a personne.

V. 22-24 — Dans ces versets si importants, le psalmiste s’enquiert des causes des nombreuses afflictions qui ont été le lot de la nation. Il montre le juste fondement de la délivrance et de la bénédiction des fils d’Israël. La longue histoire de leurs épreuves, lorsqu’ils étaient dispersés parmi les nations, résultait du rejet de Christ, tandis que leur restauration deviendra possible quand ils confesseront Christ. La porte de l’Éternel par laquelle les justes entreront dans la bénédiction (v. 20) trouve sa pleine réponse en Christ. Lui seul est le chemin qui conduit à toute bénédiction.

Ésaïe a prophétisé à l’égard de Christ : « Voici, je pose comme fondement, en Sion, une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse pierre de coin, un sûr fondement » (És. 28:16). Le psalmiste nous dit que cette pierre est rejetée par ceux qui bâtissaient. Dans le Nouveau Testament, le Seigneur lui-même (et le Saint Esprit parlant par les apôtres) applique ces paroles à son propre rejet par les conducteurs d’Israël en les avertissant que leur acte conduira au jugement de la nation.

Néanmoins, celui qui est rejeté par Israël est exalté par Dieu. Le Seigneur que l’homme a rejeté sera finalement manifesté comme celui par qui toutes les bénédictions viendront à Israël, de même que la pierre angulaire porte tout le poids du bâtiment. Si le rejet de Christ a été le fait de l’homme, son exaltation est de par l’Éternel ; elle est la preuve éternelle du bon plaisir de Dieu en Christ et de son acceptation, fondement de toute bénédiction pour l’homme, que ce soit Israël, l’Église ou les nations. Le moment vient où ce sera une chose merveilleuse devant les yeux du résidu juif, comme aujourd’hui c’en est une devant les yeux des chrétiens. Ainsi le jour de gloire sera introduit avec joie et allégresse.

V. 25, 26 — Si Christ est exalté à la droite de Dieu, l’homme pieux peut s’écrier « Hosanna » ou « Sauve maintenant », et supplier l’Éternel de donner la prospérité par Celui qui vient au nom de l’Éternel. Pendant son séjour ici-bas, le Seigneur a fait l’application de ces mots à lui-même : il dit aux membres de la nation qu’ils ne le verront plus jusqu’à ce que, dans le temps de leur profonde détresse, ils soient amenés à crier : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Matt. 21:9 ; 23:39).

V. 27-29 — Si la nation est amenée à voir son propre salut en celui qu’elle a rejeté, Dieu lui-même donnera la lumière. Se réjouissant dans la lumière de Christ, le peuple adorera, remplissant les parvis de la maison de Dieu avec des sacrifices jusqu’aux cornes de l’autel. Le psaume se termine ainsi par la louange et l’exaltation de l’Éternel, car il est bon, car sa bonté demeure à toujours.


4.5.13 - Psaume 119

L’homme qui craint Dieu, et les exercices résultant de la loi écrite dans son cœur.


L’auteur de ce psaume est un serviteur de l’Éternel (v. 17), un compagnon de ceux qui craignent l’Éternel (v. 63), et un étranger dans le pays (v. 19).

Le psalmiste est entouré de transgresseurs qui chagrinent son esprit (v. 158) et d’ennemis qui l’oppressent (v. 134). Les princes parlent contre lui (v. 23) et le persécutent sans cause (v. 161). Les orgueilleux se moquent de lui (v. 51), inventent contre lui des mensonges (v. 69) et creusent des fosses pour le faire tomber (v. 85). Les méchants lui tendent des pièges (v. 110) et l’attendent pour le faire périr (v. 95). 11 est couvert d’opprobre et de mépris (v. 22). Aux yeux du monde il est petit et méprisé (v. 141).

Il est tenté par la convoitise à l’intérieur et par la vanité à l’extérieur (v. 36, 37). Dans le passé, il s’était égaré (v. 67), il avait erré comme une brebis qui périt (v. 176). Il avait connu l’affliction (v. 71), sa vie était dans sa main (v. 109). Parfois son âme est dans la tristesse, il est près de défaillir (v. 28, 81), le trouble et l’angoisse l’assaillent.

Mais dans tous ses manquements, dans toutes ses épreuves, au travers de toutes ses expériences, cette âme trouve une ressource infaillible dans la parole de Dieu. Elle fait les délices de l’homme pieux, ses consolations, le sujet de ses prières et le thème de sa louange. La Parole est une lampe à ses pieds et une lumière à son sentier. Elle est plus douce que le miel à son palais ; plus précieuse pour lui que des milliers de pièces d’or et d’argent. Par elle, le psalmiste est restauré dans son âme, fortifié dans sa faiblesse et éclairé dans son intelligence. Par son moyen, il purifie sa voie, échappe à la tentation et répond à ses adversaires.

Le grand thème du psaume est donc la parole de Dieu, gardée dans le cœur, exprimée dans la vie et confessée des lèvres. Il est fait allusion à la parole de Dieu dans la plupart des versets à divers titres ; les versets 122 et 132 font cependant exception.

Prophétiquement, ce psaume expose les exercices des fidèles en Israël pendant les jours de tribulations qui précéderont la délivrance du peuple de ses ennemis, par la venue de Christ pour régner. Moralement ce passage est plein d’instruction quant à la vie pratique des fidèles dans tous les temps.

Ce psaume est divisé en vingt-deux sections, selon le nombre et l’ordre des lettres dans l’alphabet hébreu. Chaque section comprend huit versets, qui commencent tous par la même lettre de l’alphabet.

On remarquera que la loi, ou révélation de Dieu, est mentionnée (dans l’original) sous dix termes différents, ayant apparemment une signification distincte.

1. Loi (torah) : 25 fois - la loi de Moïse dans son ensemble. Versets 1, 18, 29, 34, 44, 51, 53, 55, 61, 70, 72, 77, 85, 92, 97, 109, 113, 126, 136, 142, 150, 153, 163, 165, 174.


2. Commandements (mitsvah) : 22 fois - les dix commandements. Versets 6, 10, 19, 21, 32, 35, 47, 48, 60, 66, 73, 86, 96, 98, 115, 127, 131, 143, 151, 166, 172, 176.


3. Témoignages (edal ou eduth) : 23 fois - la loi en tant que témoignage à Dieu. Versets 2, 14, 22, 24, 31, 36, 46, 59, 79, 88, 95, (99 : traduit par « préceptes » dans notre version française), 111, 119, 125, 129, 138, 144, 146, 152, 157, 167, 168.


4. Préceptes (piqqudion) : 21 fois - la loi comme commandement pour l’homme. Versets 4, 15, 27, 40, 45, 56, 63, 69, 78, 87, 93, 94, 100, 104, 110, 128, 134, 141, 159, 168, 173.


5. Statuts (choq) : 22 fois - la loi écrite permanente en contraste avec une loi coutumière. Versets 5, 8, 12, 16, 23, 26, 33, 48, 54, 64, 68, 71, 80, 83, 112, 117, 118, 124, 135, 145, 155, 171.


6. Jugements (mishpat) : 20 fois dans ce sens — ce qui est ordonné par les autorités. Dans notre version française, le mot est traduit 6 fois par « jugements » : versets 30, 39, 43, 75, 120, 137, et 14 fois par « ordonnances » : versets 7, 13, 20, 52, 62, 91, 102, 106, 108, 149, 156, 160, 164, 175.


7. Voie (orah) : 5 fois - un sentier ordinaire. Versets 9, 15 (sentiers), 101, 104, 128.


8. Voie(s) (derek) : 13 fois - un chemin frayé. Versets 1, 3, 5, 14 (chemin), 26, 27, 29, 30, 32, 33, 37, 59, 168.


9. Parole (dabar, ou « logos ») : 23 fois - le fond ou la substance de ce qui est dit. Versets 9, 16, 17, 25, 28, 42, 43, 49, 57, 65, 74, 81, 89, 101, 105, 107, 114, 130, 139, 147, 160, 161, 169.


10. Par²ole (mirah) : 19 fois - la déclaration présente ou le discours. Versets 11, 38, 41, 50, 58, 67, 76, 82, 103, 116, 123, 133, 140, 148, 154, 158, 162, 170, 172.


4.5.13.1 - Division 1 (Aleph) — versets 1-8

Bénédiction de celui qui est intègre dans sa voie.


V. 1-3 Les premiers versets donnent le thème de tout le psaume : la bénédiction de ceux qui, dans ce monde, marchent dans « la voie » tracée par l’Éternel dans sa loi, qui « gardent » ses témoignages, et qui le cherchent de tout leur cœur.

La loi gardée dans le cœur conduit à une marche pratique qui refuse l’iniquité. Les fidèles sont ainsi délivrés de leur volonté propre pour accomplir la volonté de Dieu.

V. 4-8 — Avec la bénédiction de la voie de Dieu devant son âme, le psalmiste s’adresse à Dieu dans la prière : il reconnaît l’autorité de Dieu pour commander les préceptes, et la responsabilité du croyant de les garder. En outre, il manifeste l’ardent désir d’assumer cette responsabilité. Conscient de la faiblesse humaine, l’homme pieux s’attend à l’Éternel pour être dirigé dans ses voies, afin de garder les statuts de Dieu (v. 5). Une telle marche maintiendra une bonne conscience (v. 6) ; et lorsque la conscience est bonne, la louange sort, non pas de lèvres formalistes, mais d’un cœur droit (v. 7).

S’étant rejeté sur Dieu, le psalmiste peut dire avec confiance : « Je garderai tes statuts », tout en reconnaissant les manquements passés qui l’amènent à s’écrier : « Ne me délaisse pas tout à fait ».


4.5.13.2 - Division 2 (Beth) — versets 9-16

Le désir de l’homme pieux de jouir de la bénédiction réservée à ceux qui sont intègres dans leur voie. La manière d’y parvenir et le résultat.


V. 9-12 — Une fois le désir éveillé, la question se pose : Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie et jouira-t-il de la bénédiction qui s’y rattache ? La réponse suit.

Premièrement, en prenant garde de marcher sous la lumière scrutatrice de la parole de Dieu (v. 9).

Deuxièmement, en se rejetant sur la puissance de Dieu, afin d’être préservé de s’égarer dans des sentiers de convoitise et de volonté propre. Conscient de sa faiblesse, sachant que les désirs bons et honnêtes ne suffiront pas pour le garder dans le sentier de la bénédiction, le croyant se rejette de tout son cœur sur Dieu (v. 10).

Troisièmement, en cachant la Parole dans son cœur, étant gardé par là même de pécher contre Dieu en secret (cf. 1 Jean 2:14).

Quatrièmement, en confessant que l’Éternel est béni, et en s’attendant ainsi, en toute confiance, à être enseigné par lui (v. 12).

V. 13-16 — Sa voie ayant été rendue pure, le jeune homme peut parler à ses semblables (v. 13), d’un cœur qui jouit des témoignages de Dieu (v. 14), qui les médite (v. 15), qui en fait ses délices et qui en garde le souvenir (v. 16).


4.5.13.3 - Division 3 (Ghimel) — versets 17-24

Le serviteur de l’Éternel, un étranger et un proscrit dans un monde mauvais.


V. 17, 18 — Le jeune homme qui rend sa voie pure est préparé et utile pour le service de l’Éternel (2 Tim. 2: 21). Il confesse qu’en Dieu sont les issues de la vie ; il s’attend à la bonté miséricordieuse de l’Éternel pour être épargné, maintenu dans le chemin de l’obéissance et gardé les yeux ouverts devant les merveilles de la loi. C’est davantage que découvrir dans la loi une règle de vie : l’homme naturel peut le faire dans une large mesure ; seul le serviteur dont les yeux ont été ouverts verra des « merveilles ».

V. 19-24 — Ces versets présentent l’effet d’une marche dans l’obéissance, comme serviteur de l’Éternel, dans un monde de péché.

Premièrement, celui qui sert Dieu, lui étant soumis au milieu d’un monde rebelle, sera nécessairement « étranger dans le pays ». Mais les étrangers de la terre sont les amis de Dieu, d’où le désir de l’âme pieuse de marcher dans une étroite intimité avec l’Éternel : « Ne me cache pas tes commandements » (cf. Gen. 18:17). Le serviteur de Dieu apprécie les communications de Dieu. Elles remplissent son âme, non pas d’un attrait occasionnel, mais d’un « ardent désir… en tout temps » (v. 20).

Deuxièmement, le serviteur de Dieu découvre qu’il est non seulement un étranger sur la terre, mais encore l’objet de l’opposition des méchants qui, dans leur orgueil et leur prospérité princière, entassent l’opprobre et le mépris sur celui qui marche dans une humble obéissance envers Dieu. L’homme pieux les jauge à leur juste valeur. Il discerne qu’ils sont tancés par Dieu et sous la malédiction. Il est inutile de répondre à ceux que Dieu reprend, aussi le psalmiste reste-t-il silencieux en présence des paroles dures que les méchants profèrent ; il trouve ses délices et son conseil dans les témoignages de Dieu.


4.5.13.4 - Division 4 (Daleth) — versets 25-32

L’Éternel, la seule ressource dans les temps de détresse.


V. 25 — Accablé dans son esprit par la puissance du mal, l’homme pieux s’attend à l’Éternel seul pour trouver du réconfort. Il ne cherche pas à être soulagé en étant retiré hors des circonstances oppressantes. Il cherche Dieu dans celles-ci ; le fidèle demande à l’Éternel de soutenir son esprit défaillant par les consolations de sa Parole.

V. 26 — Cette confiance en Dieu résulte de la confession de ses voies à Dieu. Son âme a fait connaître à Dieu toutes ses voies, aussi est-elle consciente d’avoir été entendue. « Je t’ai déclaré mes voies, et tu m’as répondu ».

V. 27, 28 — Après avoir confessé ses propres voies, le psalmiste désire être enseigné afin de connaître la voie de Dieu et Ses merveilles, et de trouver ainsi un soulagement à sa faiblesse par la force de Dieu.

V. 29-32 — Désireuse de suivre la voie de Dieu, l’âme prie afin d’être délivrée de celle de l’homme : la voie du mensonge. L’homme pieux a confessé ses voies (v. 26), il a compris quelle était la voie de Dieu (v. 27), a refusé celle de l’homme (v. 29) et choisi la voie de la vérité (v. 30), celle de Dieu. Dans la confiance résultant de ce choix arrêté de la voie de la vérité, le psalmiste supplie l’Éternel de ne pas le rendre honteux. De plus, étant « mis au large » ou soulagé de l’accablement, il désire courir dans la voie des commandements de l’Éternel avec une énergie renouvelée.


4.5.13.5 - Division 5 (Hé) — versets 33-40

Prière pour être enseigné divinement et obtenir l’intelligence afin de « marcher dans le chemin » de l’Éternel, sans convoitise ni vanité.


V. 33, 34 — L’âme désire que l’Éternel lui enseigne la voie de ses statuts : « Éternel ! enseigne-moi ». Pourtant, le seul enseignement ne suffit pas ; il faut un cœur ouvert et des Écritures ouvertes, d’où la prière : « Donne-moi de l’intelligence » (cf. Luc 24:27, 45 ; 2 Tim. 2:7).

V. 35 — De plus, nous sommes dépendants de l’Éternel pour tous les effets pratiques qui pourraient résulter de l’enseignement divin. D’où la demande qui suit : « Fais-moi marcher ». Combien nous devrions tous avoir à cœur d’exprimer ces trois prières, et de les présenter selon l’ordre divin : « Éternel ! enseigne-moi », « donne-moi de l’intelligence » et « fais-moi marcher ».

V. 36, 37 — Après ces requêtes, le psalmiste évoque les deux grands obstacles à une marche caractérisée par la sainteté pratique : la racine du mal à l’intérieur : la convoitise ; et l’incitation au mal en provenance de l’extérieur : la vanité de toute part. L’homme pieux demande que son cœur soit gardé de la convoitise et que ses yeux ne regardent pas à la vanité.

V. 38-40 — Préservé ainsi du mal intérieur et de la vanité extérieure, le psalmiste demande à être établi dans la vérité et consacré à Dieu, marchant dans sa crainte, étant détourné de toute occasion d’opprobre en lui-même. Sachant que les jugements de Dieu sont bons, l’homme pieux, animé d’un ardent désir pour les préceptes de l’Éternel, souhaite être poussé dans le chemin de la justice.


4.5.13.6 - Division 6 (Vav) — versets 41-48

Prière pour demander la délivrance de l’Éternel, afin que l’homme pieux puisse faire taire les outrages des méchants.


V. 41-43 — Le psalmiste s’attend à l’Éternel pour être délivré de ses ennemis selon la Parole. Ce sera sa réponse à ceux qui objectent qu’il est abandonné de Dieu. Il a mis sa confiance dans la parole de Dieu ; si Dieu l’abandonnait, la parole de la vérité serait entièrement ôtée de la bouche du fidèle. Il n’aurait rien à répondre aux outrages des méchants. Il a confiance dans la grâce qui délivre, car son espérance est dans les jugements de Dieu.

V. 44-48 — Confiant en l’exaucement de sa prière, le psalmiste anticipe la bénédiction divine apportée au moment de sa délivrance. L’homme délivré, libéré de l’opposition et des outrages de l’ennemi, gardera la loi continuellement et marchera au large. Son âme étant libre, il n’aura pas honte de parler des témoignages de Dieu devant les grands de la terre. Tel est assurément toujours, selon Dieu, l’ordre pour ses serviteurs : d’abord, « garder » la Parole dans l’âme ; puis, régler droite sa « marche » — la Parole exerçant son effet pratique dans la vie ; enfin « parler » à d’autres, les lèvres exprimant ce qui est manifesté dans la vie.

De plus, le cœur de l’homme pieux trouve ses délices dans ce dont il parle. II aime les commandements de l’Éternel, et ses lèvres n’ont pas honte d’exprimer ce qui remplit son cœur (cf. Ps. 14:1). Il confesse ouvertement sa soumission aux commandements de Dieu — car telle est bien la force de l’expression « je lèverai mes mains » non par une simple profession des lèvres, mais comme une acceptation de la loi qu’il a aimée. En outre, ce qu’il aime sera le thème de sa méditation.


4.5.13.7 - Division 7 (Zain) — versets 49-56

Confiance en la parole de l’Éternel en présence des moqueries des méchants.


V. 49, 50 — Dieu a amené son serviteur à s’attendre à sa Parole ; aussi, avec la confiance la plus absolue, celui-ci peut compter que Dieu accomplira sa Parole. L’homme pieux sait que Dieu doit être fidèle à sa Parole. Cette confiance dans la stabilité de la parole de Dieu avait été la consolation du psalmiste au temps de son affliction. Sa confiance dans la Parole venait de ce qu’elle l’avait fait vivre.

V. 51 — Mais à cause de sa confiance dans la parole de Dieu, le serviteur de l’Éternel était devenu un objet de moquerie pour les hommes orgueilleux du monde, ceux qui refusaient de se soumettre à Dieu et à sa Parole. Malgré ces moqueries, l’âme pieuse n’avait pas dévié de sa confiance.

V. 52, 53 — En face de la dérision, l’homme pieux a été consolé et affermi par le souvenir des jugements que Dieu infligea aux méchants dans le passé. Ces jugements « de jadis » font que l’âme est saisie d’une ardente indignation à cause des méchants qui ont abandonné la loi de Dieu.

V. 54-56 — Toutefois, en attendant que Dieu accomplisse sa Parole — tandis qu’il séjournait encore dans la maison du pèlerinage et au milieu des ténèbres de la nuit — l’homme pieux trouvait sa joie dans la Parole et dans le Nom de l’Éternel. Cette confiance en Dieu était le résultat de l’obéissance à la Parole.


4.5.13.8 - Division 8 (Heth) — versets 57-64

Bénédiction résultant du fait que l’Éternel est la portion de l’âme.


V. 57, 58 — L’homme pieux reconnaît que l’Éternel est la portion de son cœur. Il désire en conséquence faire la volonté de Celui qui est sa portion : « Ma part, ô Éternel ! je l’ai dit, c’est de garder tes paroles ». Le fidèle souhaite en outre séjourner dans la faveur de Celui dont il garde la Parole : « Je t’ai imploré de tout mon cœur ».

V. 59, 60 — Pour ce qui concerne les voies de l’homme pieux, le désir de garder la Parole et de jouir de la faveur de l’Éternel entraîne nécessairement des exercices de cœur. Ces voies conviennent-elles à quelqu’un qui a l’Éternel pour sa portion ? Aussi le fidèle affirme : « J’ai pensé à mes voies », et relève le résultat pratique : « J’ai tourné mes pieds vers tes témoignages », non pas à contrecœur, mais avec empressement.

V. 61, 62 — Ayant décidé d’obéir à l’Éternel, l’homme pieux fera tout de suite l’expérience que les méchants sont contre lui ; mais ayant l’Éternel pour sa portion, il reste ferme et inébranlable. Malgré le mal qui l’oppresse, il n’oublie pas la Parole. À minuit — le moment le plus sombre — le fidèle peut se lever pour célébrer l’Éternel.

V. 63, 64 — Libéré des liens des méchants, et ayant Dieu pour sa portion, l’homme pieux est introduit dans la communion de ceux qui craignent l’Éternel et gardent sa Parole. Ainsi, au milieu du mal il discerne la bonté de l’Éternel, et découvre qu’elle est plus grande que la méchanceté de l’homme. « La terre, ô Éternel ! est pleine de ta bonté ».


4.5.13.9 - Division 9 (Teth) — versets 65-72

Bénédiction résultant du châtiment de l’Éternel.


V. 65-67 — Le serviteur de l’Éternel justifie Dieu dans ses voies, aussi pénibles soient-elles pour lui. « Tu as fait du bien à ton serviteur ». À une certaine époque, le serviteur a mal agi envers Dieu : « j’errais », dit-il. Dans sa grâce, Dieu s’est alors occupé de lui en le châtiant : j’ai été « affligé ». Sa volonté brisée par l’affliction, il se soumet maintenant à la volonté de Dieu.

V. 68 — Le fidèle reconnaît que derrière toutes les voies de Dieu en châtiment se trouve la bonté de l’Éternel. « Tu es bon et bienfaisant ». Jouissant de cette bonté, il désire être enseigné par Dieu.

V. 69, 70 — Lorsque l’homme pieux errait, les méchants ne se souciaient pas de lui. Dès son retour dans le chemin de l’obéissance, ils inventent des mensonges contre lui. Mais les tromperies de l’ennemi ne font que pousser le psalmiste à garder la vérité de tout son cœur. Dans leur prospérité, les méchants sont tout à fait indifférents à la loi de Dieu ; l’âme restaurée trouve ses délices en elle.

V. 71, 72 — Dans l’affliction, l’homme pieux a compris que la Parole représentait une valeur beaucoup plus grande que les milliers de pièces d’or et d’argent dont se vante l’orgueilleux. Aussi peut-il dire : « II est bon pour moi que j’aie été affligé ».


4.5.13.10 - Division 10 (Yod) — versets 73-80

Dieu reconnu comme le Créateur, et justifié dans toutes ses voies envers ses créatures.


V. 73, 74 — Reconnaissant qu’il a été fait et façonné par les mains de Dieu, le serviteur de l’Éternel demande l’intelligence qui permet de discerner la volonté de Dieu, afin de marcher d’une manière qui convienne devant son Créateur. Reconnaissant ainsi Dieu et se confiant en sa Parole, le fidèle sera reçu avec joie par tous ceux qui craignent l’Éternel.

V. 75-77 — En outre, ne se limitant pas à reconnaître que Dieu l’a façonné, mais justifiant toutes les voies divines envers lui, le psalmiste discerne que Dieu avait agi en fidélité, même en l’affligeant. Au milieu de l’affliction, soumis aux voies de Dieu envers lui, il peut compter sur la bonté et la grâce de l’Éternel pour être consolé, sur ses tendres compassions pour être épargné. Il peut prier dans la conscience de son intégrité, car la loi de Dieu fait ses délices. Il fut un temps où le fidèle errait et cherchait sa propre volonté ; maintenant il se réjouit dans la volonté de Dieu.

V. 78 — Dieu avait agi en fidélité pour le bien de sa créature, mais les orgueilleux s’étaient, sans cause, comportés perversement à l’égard du fidèle. Il demande qu’ils soient couverts de honte.

V. 79, 80 — Dans son affliction, l’homme pieux a recherché les consolations de l’Éternel ; maintenant, il sollicite la sympathie des saints : « Que ceux qui te craignent se tournent vers moi ». Encouragé, il désire que son cœur soit intègre dans la parole de Dieu, ne voulant pas être rendu honteux comme les orgueilleux.


4.5.13.11 - Division 11 (Kaph) — versets 81-88

Les exercices d’un saint dont la prière reste sans réponse pour un temps.


V. 81-84 — Dans sa détresse, l’homme pieux avait cherché auprès de l’Éternel la consolation (v. 76), mais la réponse tarde et la pression augmente. Il soupire après la délivrance ; ses yeux languissent en attendant l’accomplissement de la Parole. Son âme se dessèche et se flétrit comme une outre mise à la fumée. Toutefois, l’épreuve de plus en plus douloureuse ne fait que manifester sa confiance en Dieu. L’âme chancelle, mais la confiance dans la parole de Dieu demeure ; ses yeux languissent, mais le fidèle cherche toujours, par la foi, la consolation auprès de Dieu. Son âme est desséchée, mais il n’oublie pas les statuts de Dieu. La vie est brève, les jours s’écoulent : quand Dieu mettra-t-il fin à l’épreuve ?

V. 85-87 — D’un cœur confiant, l’affligé expose son épreuve à Dieu. Les orgueilleux ont creusé des fosses pour le faire tomber, ils l’ont persécuté sans cause, ils l’ont presque « consumé sur la terre ». De plus, les méchants s’opposent non seulement au peuple de Dieu, mais à Dieu lui-même. Leurs actions sont contraires à la loi de Dieu ; ils sont coupables devant lui, ils oublient ses préceptes. Dieu n’est pas indifférent aux afflictions des saints et il ne peut pas ignorer les voies perverses des méchants.

V. 88 — Dans cette conscience, le saint se tourne vers Dieu, pour être non seulement délivré extérieurement, mais soutenu intérieurement ; revivifié dans son âme, il pourra alors marcher dans l’obéissance à la Parole.


4.5.13.12 - Division 12 (Lamed) — versets 89-96

La fidélité inaltérable de Dieu à sa Parole immuable, le soutien du fidèle au milieu de l’épreuve.


V. 89 — Regardant au-delà de ses épreuves, l’homme pieux voit que la parole de Dieu est « établie… dans les cieux ». Hors de toute atteinte humaine, la Parole est ainsi à l’abri de ce qui se passe sur la terre.

V. 90, 91 — Non seulement la parole de Dieu est établie dans les cieux mais, sur la terre, Dieu est fidèle pour l’accomplir de génération en génération. De plus, la création est le témoin constant de la fidélité de Dieu à sa Parole. Toutes les choses créées subsistent selon les lois établies qui les ont mises en mouvement. Elles sont les serviteurs de Dieu, accomplissant son commandement. Ainsi le propos de Dieu est établi dans les cieux, la fidélité de Dieu pour l’exécuter se perpétue sur la terre, et toutes les choses créées dans les cieux et sur la terre rendent constamment témoignage à cette fidélité de Dieu.

V. 92, 93 — Le psalmiste a exprimé par là sa confiance dans la parole de Dieu. Mais le moment vient où la foi est mise à l’épreuve. Les circonstances adverses sont permises ; leur caractère est si accablant qu’elles paraissent, à vue humaine, échapper au contrôle de Dieu. Dans cette situation, l’âme éprouvée va-t-elle tenir ferme sa foi en l’Éternel ? Oui, car dans le profond de son âme, l’homme pieux trouve ses délices dans la parole de Dieu, alors même que, dans ses circonstances extérieures, il ne discerne plus la main de Dieu. L’âme est vivifiée par les délices qu’elle trouve dans la parole de Dieu.

V. 94-96 — Rafraîchi et vivifié, l’homme pieux peut dire : « Je suis à toi ». Il avait demandé à être consolé (v. 76) et avait attendu la consolation (v. 82) ; maintenant en apprenant le propos établi de Dieu, il est consolé. Toutefois, il désire encore être délivré définitivement des ennemis qui ont décidé de le faire périr. En attendant le salut de l’Éternel, il trouve la force nécessaire dans le chemin en considérant les témoignages de Dieu (v. 95). Autour de lui, il ne voit que manquement partout. Parmi les hommes, rien n’atteint la perfection. Néanmoins, l’homme pieux s’aperçoit que la parole de Dieu est fort étendue. Elle est suffisamment vaste pour se rapporter à tous les détails de la vie et servir de guide dans toutes les circonstances qui peuvent se présenter.


4.5.13.13 - Division 13 (Mem) — versets 97-104

L’effet de la Parole lorsqu’on l’aime pour elle-même.


V. 97 — L’homme pieux exprime son affection pour la Parole. Elle est aimée non pas simplement à cause des bénédictions qu’elle apporte, ou des effets qu’elle produit, mais pour ce qu’elle est en elle-même. L’objet de l’amour du psalmiste fait le sujet de sa méditation tout le jour.

V. 98-100 — Lorsque la Parole a sa place dans les affections, les résultats se manifestent. L’homme pieux est rendu plus sage que ses ennemis. Pierre et Jean en ont fait l’expérience face aux conducteurs juifs ; Étienne aussi : ses ennemis « ne pouvaient pas résister à la sagesse et à l’Esprit par lequel il parlait » (Actes 4:13-16 ; 6:10).

De plus, la Parole dans le cœur surpasse tout autre enseignement, quelque bon et droit qu’il soit à sa place ; ainsi, par elle, l’homme pieux peut acquérir plus d’intelligence que tous ceux qui l’enseignent. Aimée et gardée, la Parole apportera davantage que toute l’expérience humaine des anciens.

V. 101 — En outre, l’amour pour la Parole ne produit pas seulement des effets intérieurs dans l’âme ; il exerce encore une influence pratique sur la marche. Par lui, les pieds du fidèle sont détournés de toute mauvaise voie ; la Parole peut alors être gardée dans la séparation du mal.

V. 102 — Par-dessus tout, la Parole aimée met le croyant en contact direct avec Dieu : « C’est toi qui m’as instruit » (Voir Luc 10:39 ; 2 Tim. 2:7). Tel est le secret d’une sagesse qui dépasse tout ce qui pourrait être obtenu venant de l’homme, de ceux qui enseignent ou de l’expérience humaine. C’est une sagesse acquise dans la présence de Dieu et conservée par la foi, avec Dieu.

V. 103, 104 — Aimant ainsi la Parole, réalisant ses effets bénis, l’âme la considère comme plus précieuse que les biens naturels, aussi doux soient-ils. Celui qui connaît la douceur de la Parole n’a pas seulement l’intelligence pour discerner entre le bien et le mal ; il apprend aussi à refuser le mal et à dire : « Je hais toute voie de mensonge ».


4.5.13.14 - Division 14 (Nun) — versets 105-112

L’effet de la Parole sur la marche du croyant.


V. 105 — Dans la section précédente, la Parole remplissait le cœur ; dans celle-ci, elle est reconnue comme un guide pour les pieds ; la Parole ne garde pas seulement les pieds du mal, mais elle trace un sentier pour le saint à travers ce monde.

V. 106 — Il faut obéir à la Parole pour bénéficier de sa lumière. Aussi le saint s’engage-t-il à garder la Parole ; elle est appelée ici les « ordonnances » de la justice de l’Éternel, en contraste avec les voies iniques de l’homme.

V. 107, 108 — Toutefois, le chemin que doit fouler l’homme pieux est souvent un chemin de profonde affliction ; mène alors, la lumière de la Parole révèle un sentier au travers de l’épreuve. Ainsi, dans ce cas, nous ne trouvons pas la prière pour être délivré, mais plutôt le désir d’être fortifié dans l’épreuve (v. 107), de pouvoir, malgré les peines, louer l’Éternel d’une manière qui soit acceptable, et de recevoir son enseignement en la traversant (v. 108).

V. 109, 110 — L’épreuve est si réelle que la vie de l’homme pieux est continuellement dans sa main, alors qu’il est entouré par les pièges des méchants (1 Sam. 19:5 ; Job 13:14). Cependant, la présence continuelle du mal n’entraîne pas l’oubli de la Parole ; ayant la lumière de la Parole, l’âme échappe aux pièges des méchants.

V. 111, 112 — Même lorsque les épreuves auront pris fin à toujours, la Parole qui dirige le fidèle au travers de toutes ses peines demeure son héritage éternel. L’homme pieux se réjouit en elle ; le ferme propos de son cœur est de marcher dans l’obéissance « jusqu’à la fin ».


4.5.13.15 - Division 15 (Samech) — versets 113-120

Dieu et sa Parole, la ressource de celui qui rejette les vaines pensées de l’homme.


V. 113, 114 — Le croyant hait les raisonnements de l’homme qui est double de cœur, qui hésite ou balance entre deux opinions (comp. 1 Rois 18:21 et Jacq. 1:6-8). Au contraire, il aime la Parole, parce qu’elle révèle la pensée de Dieu. Cette haine relativement aux pensées humaines et cet amour pour la parole de Dieu suscitent l’hostilité de l’homme. En présence de cette opposition, Dieu et sa Parole sont la seule ressource, la seule confiance de l’âme : « Tu es mon asile et mon bouclier ; je me suis attendu à ta parole ».

V. 115 — Mais, pour avoir Dieu comme protecteur, le croyant doit se séparer du mal. Les méchants sont donc invités à se retirer, car l’homme pieux a fermement décidé de marcher dans l’obéissance à Dieu.

V. 116, 117 — Marchant dans la séparation, le fidèle peut compter avec confiance sur le soutien de Dieu en présence du mal. Ainsi, même s’il commet un manquement, il ne sera pas confus devant ses adversaires. Parce que Dieu le soutient, il sera en sécurité et pourra prêter une attention continuelle aux statuts divins.

V. 118-120 — Le croyant constate que ceux qui s’égarent des statuts de Dieu sont rejetés (ou, selon la note : foulés aux pieds). Réduits à néant, ils deviennent comme des scories aux yeux de Dieu. Leur jugement remplit l’âme d’une sainte crainte.


4.5.13.16 - Division 16 (Aïn) — versets 121-128

Au milieu du mal mûr pour le jugement, l’âme intègre compte sur Dieu pour qu’il soit le garant de son bien.


V. 121, 122 — Conscient de son intégrité, avec une bonne conscience, le psalmiste s’attend à Dieu ; il peut dire : « Ne m’abandonne pas à mes oppresseurs ». Mais, tout en faisant appel à Dieu en vertu de son intégrité personnelle, c’est à Dieu lui-même que le serviteur regarde pour être défendu contre l’orgueil et l’oppression ; il ne compte pas sur l’estimation qu’il a de sa propre droiture (cf. 1 Cor. 4:4, 5).

V. 123-125 — S’étant adressé à Dieu, le fidèle s’attend à la parole de Sa « justice » pour être délivré de ses ennemis, et à Sa « bonté » pour qu’Il agisse envers lui. Comme serviteur de Dieu, il désire non seulement être délivré du mal, mais encore être enseigné dans la vérité, acquérir l’intelligence afin de connaître les témoignages de Dieu et, par-là, apprendre la pensée de Dieu.

V. 126 — En outre, le serviteur de l’Éternel discerne le temps (cf. Luc 12:54-59). Il voit que l’autorité de Dieu doit être maintenue et que le mal est mûr pour le jugement. Ainsi l’apogée du mal mène à l’assurance que la délivrance est proche.

V. 127, 128 — Étant certaine que Dieu va agir en jugement, l’âme apprécie d’autant plus la parole de Dieu. La valeur attribuée aux commandements divins dépasse de loin celle de l’or que l’homme place si haut. Les préceptes de Dieu « à l’égard de toutes choses » sont estimés droits. Tout est mesuré par la Parole et le psalmiste refuse toute voie de mensonge.


4.5.13.17 - Division 17 (Pé) — versets 129-136

L’effet de la Parole comme lumière dans l’âme.


V. 129 — L’homme pieux exprime son appréciation pour la parole de Dieu en elle-même, indépendamment de la bénédiction qu’elle apporte. La Parole est merveilleuse, c’est pourquoi elle est aimée.

V. 130-132 — Mais la Parole est également opérante : elle illumine et donne l’intelligence — elle illumine ce qu’elle pénètre, et donne l’intelligence là où il y a simplicité. En outre, elle crée une soif et une langueur qui ne peuvent être apaisées que par la grâce de Dieu. Il accomplit sa Parole et agit comme il a coutume de le faire envers ceux qui aiment son nom.

V. 133-136 — Là où elle pénètre, la lumière crée chez le croyant le désir d’être dans un état qui soit en harmonie avec tout ce qu’elle révèle.

Premièrement, en ce qui le concerne, l’homme pieux désire que ses pas soient dirigés par la vérité, et non par le péché, comme c’est le cas pour l’homme naturel (Jean 8:32).

Deuxièmement, pour ce qui en est de ses circonstances, il demande à être délivré de l’oppression de l’homme, afin d’obéir à Dieu.

Troisièmement, quant à Dieu, le désir du croyant est d’être assis à ses pieds, comme quelqu’un qu’on enseigne, dans la jouissance consciente de sa faveur (cf. Luc 10:39).

Quatrièmement, à l’égard des méchants, le fidèle est profondément affligé par la pensée de ce qui les attend en raison de leur désobéissance à la Parole.


4.5.13.18 - Division 18 (Tsadé) — versets 137-144

Le maintien des droits de Dieu dans un monde mauvais.


V. 137, 138 — Le psalmiste reconnaît que Dieu est juste et que tous ses jugements sont en accord avec lui-même. Ses témoignages — les manifestations de lui-même et de ses voies — sont selon la justice et strictement selon la vérité. Ils offrent un saisissant contraste avec les témoignages de l’homme, qui trop souvent ne sont rendus que pour tromper.

V. 139-141— Reconnaissant la justice de Dieu et la fidélité de ses témoignages, l’homme pieux se trouve en opposition avec ceux qui oublient les paroles de Dieu. Le zèle ardent du croyant en conflit avec le mal ne dénotait pas une simple haine à l’égard du mal, mais plutôt un amour de la vérité. L’homme pieux peut dire de la parole de Dieu : « Ton serviteur l’aime ». Mais vivant au milieu d’hommes animés par la méchanceté, le fidèle zélé pour la Parole sera méprisé et insignifiant aux yeux du monde. Pourtant, même alors, le serviteur de l’Éternel n’oublie pas les préceptes divins.

V. 142-144 — Il sait que la vérité prévaudra et que la justice de Dieu est « à toujours ». Des ennemis entoureront le fidèle, le trouble et l’angoisse l’assailliront, mais les épreuves et les peines auront leur fin, alors que la justice des témoignages de Dieu subsistera. Ainsi, l’homme pieux trouve son plaisir dans les commandements de Dieu et s’attend à lui pour être dirigé dans le chemin qui mène à la vie, au-delà de tout trouble et de toute angoisse.


4.5.13.19 - Division 19 (Qoph) — Versets 145-152

Dépendance totale de l’Éternel, lorsque des ennemis, déterminés à faire le mal, se manifestent de toute part.


V. 145, 146 — Le psalmiste exprime sa dépendance entière de l’Éternel : « J’ai crié de tout mon cœur » ; il demande d’être encouragé par la certitude que sa prière a été entendue. La vraie dépendance conduit à l’obéissance, aussi ajoute-t-il : « J’observerai tes statuts ». Il désire non seulement être entendu, mais que sa prière soit exaucée par une délivrance complète. Il pourra alors garder les témoignages de l’Éternel sans empêchement.

V. 147, 148 — La dépendance du psalmiste n’est pas seulement la reconnaissance passive de ce qu’il doit à Dieu d’une manière générale ; c’est une soumission active, engageant tout le cœur de celui qui s’adresse à Dieu, jointe à une diligence qui l’amène à se lever avant l’aube pour crier à l’Éternel. De plus, sa dépendance résulte de la confiance ; il peut dire : « Je me suis attendu à ta parole ». L’homme pieux est donc caractérisé par la dépendance, l’obéissance et la confiance. Enfin la Parole en laquelle il a mis sa confiance devient le sujet de la méditation de son cœur pendant les veilles de la nuit.

V. 149, 150 — Toutefois, lorsqu’il crie à l’Éternel, le fidèle n’est pas motivé par sa diligence et l’engagement de son propre cœur, mais plutôt par la bonté du cœur de l’Éternel. Le psalmiste invoque cette bonté comme source vivifiante, pour le soutenir quand ses ennemis s’approchent avec des cœurs remplis de méchanceté.

V. 151, 152 — La dépendance totale de son cœur envers l’Éternel amène le fidèle à découvrir que si les ennemis s’approchent pour lui faire du mal, l’Éternel est là pour le préserver : « Tu es proche » ; les commandements de Dieu sont vérité, ils sont fondés pour toujours.


4.5.13.20 - Division 20 (Resch) — Versets 153-160

Fidélité dans la persécution, haine du mal et amour de la vérité.


V. 153, 154 — Conscient que Dieu n’est pas indifférent aux épreuves des hommes qui demeurent fidèles à sa Parole, le psalmiste supplie l’Éternel de regarder son affliction. En outre, les intérêts du peuple de Dieu doivent être ceux de Dieu ; c’est pourquoi le psalmiste peut placer son propre cas entre les mains de Dieu. Il ne cherche pas à répondre à ses ennemis, mais s’attend à Dieu pour qu’il prenne en main sa cause, le délivre de ses afflictions et fasse vivre son âme.

V. 155-157 — Entouré de méchants qui n’ont aucun respect pour la parole de Dieu, et qui haïssent et persécutent les saints, le psalmiste reste fidèle à son Dieu. « Je n’ai point dévié de tes témoignages », affirme l’homme pieux. Il découvre que ses ennemis sont « en grand nombre ». Une fois encore il demande à l’Éternel de le faire vivre, ou de le soutenir dans une vie conforme à la Parole.

V. 158 — Fidèle à l’Éternel et à sa Parole, il a en horreur les voies des transgresseurs qui ne gardent pas la Parole. Ces voies affligent l’homme pieux.

V. 159, 160 — Si le psalmiste hait la méchanceté des transgresseurs, il aime d’autant plus la vérité. Aussi peut-il dire : « J’ai aimé tes préceptes ». Le mal qu’il hait passera, la vérité qu’il aime est à toujours.

Ainsi l’homme pieux est caractérisé par la fidélité dans la persécution, la haine du mal et l’amour de la vérité.


4.5.13.21 - Division 21 (Sin/Schin) — Versets 161-168

La bénédiction de l’homme qui reconnaît l’autorité suprême de la Parole et s’y soumet dans sa marche.


V. 161 — Les grands de ce monde peuvent persécuter le fidèle sans cause, le croyant place l’autorité de la parole de Dieu au-dessus de tout commandement humain. La parole de Dieu fait trembler l’homme fidèle, tandis qu’il ne redoute pas la puissance des princes. Pour lui, l’autorité de la parole de Dieu est suprême (cf. Actes 4:19, 20).

V. 162-168 — Le psalmiste fait le compte des bénédictions qui sont la part de celui dont la vie est dirigée par l’autorité suprême de la Parole.

Premièrement, la Parole fait la joie de son cœur à mesure qu’il en découvre les trésors, « comme un homme qui trouve un grand butin » (v. 162).

Deuxièmement, elle lui permet de discerner entre le bien et le mal et, par-là, d’avoir en horreur le mensonge et d’aimer la vérité (v. 163).

Troisièmement, la Parole invite le fidèle à louer continuellement, tout le jour (v. 164).

Quatrièmement, elle lui donne une grande paix dans sa vie : il n’est plus conduit par les circonstances, ni ébranlé par les épreuves (v. 165).

Cinquièmement, elle amène l’âme à regarder au-delà de l’opposition des princes et des épreuves liées aux circonstances, et à mettre son espérance dans le salut de l’Éternel (v. 166).

Sixièmement, en attendant la délivrance de l’Éternel, l’âme se soumet et obéit aux paroles divines (v. 167).

Septièmement, marchant dans l’obéissance à l’Éternel, le croyant ne cache rien à son Dieu. Il peut dire : « Toutes mes voies sont devant toi » (v. 168).

Ainsi, parce qu’il donne la première place dans son âme à la Parole, l’homme pieux a de la joie en elle, il a le mal en horreur, il peut louer continuellement, il jouit d’une paix profonde, espère en l’Éternel, lui obéit et ne lui cache rien.


4.5.13.22 - Division 22 (Tav) — Versets 169-176

Louange à Dieu et témoignage à l’homme de la part d’une âme restaurée et délivrée.


V. 169, 170 — Prière de l’homme pieux, demandant à être rendu intelligent par la parole de Dieu et désirant que l’Éternel le délivre de ses épreuves.

V. 171, 172 — Après sa délivrance, le fidèle apportera sa louange à Dieu et rendra témoignage aux hommes. Mais la louange et le témoignage ne peuvent venir que d’une âme enseignée par Dieu. C’est pourquoi le psalmiste dit : « Mes lèvres publieront ta louange, quand tu m’auras enseigné tes statuts » ; et il ajoute immédiatement : « Ma langue parlera haut de ta parole ». Ce psaume commence par la prière et continue par la louange qui conduit au témoignage. Tel est toujours l’ordre divin.

V. 173, 174 — De plus, celui qui rend témoignage dans un monde mauvais rencontrera de l’opposition et aura besoin d’un soutien ; aussi lisons-nous : « Ta main me sera pour secours ». Le fidèle peut compter sur cette aide, parce que son cœur a choisi les préceptes de l’Éternel. Son choix, ses désirs et son plaisir sont dans la Parole et le salut de l’Éternel.

V. 175, 176 — Son unique désir est de vivre à la louange de l’Éternel, soutenu par lui. Cette attitude contraste avec la vie passée du fidèle, lorsqu’il marchait selon sa propre volonté, errant comme une brebis qui périt. S’il s’éloignait, l’Éternel le cherchait, et cependant il peut dire : « Cherche ton serviteur », car, contrairement aux jours où il errait, il peut ajouter : « Je n’ai pas oublié tes commandements ».


4.5.14 - Psaume 120

Au milieu des détresses de la captivité, l’homme pieux trouve sa ressource dans l’Éternel.


V. 1 — Dans sa détresse, l’âme avait crié à l’Éternel et avait eu conscience d’être entendue. Au sein de son affliction présente, elle tire des encouragements de cette expérience passée.

V. 2-4 — La suite du psaume présente le motif de la détresse. D’abord, l’homme pieux se trouve dans un monde corrompu. La « lèvre menteuse » proclame la fausseté, la « langue qui trompe » affecte de parler la vérité. Les mensonges du monde sont souvent cachés sous une apparence de vérité. Des paroles plausibles peuvent couvrir une erreur mortelle. Le psalmiste réalise que les jugements s’abattent les uns après les autres sur le méchant ; aussi demande-t-il : « Que te donnera-t-on, et que t’ajoutera-t-on, langue trompeuse ? « Il n’appartient cependant pas à l’homme pieux de se défendre lui-même : Christ, « l’homme puissant », se servira de flèches aiguës et de charbons ardents contre ceux qui ont parlé méchamment de son peuple (Ps. 14:5).

V. 5 — Deuxièmement, l’homme pieux déplore de séjourner encore dans une contrée étrangère, où il est captif de ceux qui le traitent avec hostilité et barbarie.

V. 6, 7 — Troisièmement, l’homme pieux est au milieu d’un monde violent. Il a habité longtemps avec ceux qui haïssent la paix.

Ainsi, bien que captif dans un monde corrompu et violent, le fidèle trouve sa ressource en Dieu


4.5.15 - Psaume 121

Les fidèles assurés de la présence et du soutien de l’Éternel au cours de leur pèlerinage, depuis le pays de la captivité jusqu’à la maison de l’Éternel.


V. 1, 2 — L’homme pieux aimerait bien sortir du pays de la captivité, mais des montagnes lui barrent la route. La vue des difficultés lui arraché le cri : « D’où vient mon secours ? » (*) Par la foi, il répond immédiatement : « Mon secours vient d’auprès de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre ». Celui qui a créé les montagnes peut conduire le fidèle à les traverser.

La fin du psaume donne la réponse de l’Esprit de Dieu à la foi d’un homme pieux qui attend son secours de l’Éternel seul. La pensée des soins de l’Éternel se retrouve tout au long de ces versets Le mot « garder » caractérise le psaume : ce verbe revient six fois dans les six derniers versets.


(*) Note du traducteur : montagnes ; d’où vient mon secours ?


V. 3, 4 — Premièrement, l’homme pieux qui attend son secours de l’Éternel possède une certitude : l’Éternel ne permettra pas que son pied soit ébranlé. Il le préservera de tous dangers.

Deuxièmement, il a l’assurance que les soins de Dieu sont permanents : « Celui qui te garde ne sommeillera pas ». L’Éternel garde chaque croyant individuellement et il garde Israël dans son ensemble.

V. 5 — Troisièmement, l’Éternel nous garde non seulement d’une manière générale, mais moment après moment ; il est toujours à notre droite, toujours accessible à la foi, quelles que soient les difficultés (Ps. 16:8).

V. 6 — Quatrièmement, l’Éternel nous garde en tout temps, « de jour » et « de nuit ».

V. 7 — Cinquièmement, l’Éternel garde « de tout mal ». Nous ne discernons qu’une petite partie du mal qui nous assaille sur le chemin. L’Éternel voit et nous garde « de tout mal ».

Sixièmement, l’Éternel garde non seulement le corps, mais aussi l’âme. Il maintient notre âme dans le bien positif de la vie.

V. 8 — Septièmement, l’Éternel nous garde dans toutes les circonstances de la vie, dans notre « sortie » et dans notre « entrée ».

Enfin, l’Éternel nous gardera tout le temps, à toujours.

L’âme est ainsi assurée que l’Éternel est celui qui garde de tous dangers (v. 3), que ses soins ne cessent pas (v. 4), qu’il est toujours présent (v. 5), il nous garde en tout temps (v. 6) et de tout mal, il garde l’âme aussi bien que le corps (v. 7), il nous garde en toute circonstance, et à toujours (v. 8).


4.5.16 - Psaume 122

La joie d’un homme pieux en pensant au retour à la maison de l’Éternel et dans la ville de Jérusalem.


V. 1, 2 — Le psaume s’ouvre sur une expression de joie du psalmiste en entendant la décision des fidèles d’aller ensemble à la maison de l’Éternel. Confiant parce que l’Éternel est Celui qui le garde, comme nous l’avons lu dans le psaume 121, le Résidu est déterminé à se mettre en route pour aller à la maison de l’Éternel. Cette décision a pour effet immédiat de remplir le cœur d’assurance. Puisque l’Éternel ne permettra pas que les pieds de ses saints soient ébranlés (Ps. 121: 3), ils peuvent dire avec hardiesse : « Nos pieds se tiendront dans tes portes, ô Jérusalem ! »

V. 3-5 — Dans la confiance de la foi, l’homme pieux est amené à considérer Jérusalem, le but de son pèlerinage, comme elle sera selon le propos de Dieu, et non pas telle que la ville a été au cours des siècles. Aux jours de Néhémie, la muraille de Jérusalem était en ruine et ses portes consumées par le feu. Maintenant, regardant au-delà des ruines, l’homme pieux voit Jérusalem non seulement en cours de reconstruction, mais « bâtie comme une ville bien unie ensemble en elle-même ». Il n’y a plus de brèches dans la muraille.

Deuxièmement, Jérusalem est vue comme le lieu de rassemblement des tribus de l’Éternel. Aucune d’elles ne manquera au jour de la gloire à venir.

Troisièmement, le rassemblement universel du peuple terrestre de Dieu deviendra un témoignage à Israël. Enfin ceux qui composent la nation seront un témoin véritable du propos de Dieu d’avoir un peuple uni.

Quatrièmement, lorsque le peuple terrestre de Dieu se trouvera enfin rassemblé, ce sera à la louange de l’Éternel. Dieu habitera au milieu d’un peuple qui le loue.

Cinquièmement, lorsque l’unité d’Israël sera à nouveau réalisée, Jérusalem ne paraîtra pas seulement comme un centre de louange ; elle sera le siège de l’administration royale. La louange montera à l’Éternel, qui dispensera sa bénédiction au peuple.

V. 6 — En contraste avec la Jérusalem selon le propos de Dieu, centre de la louange et de la bénédiction, l’homme pieux pense à la ville dans son état présent de ruine, centre de luttes et d’afflictions au cours de longs siècles. Si la considération de la ville dans sa gloire à venir conduit à la louange, sa ruine actuelle appelle à la prière. Ainsi le psalmiste peut dire : « Demandez la paix de Jérusalem », avec l’assurance que ceux qui aiment Jérusalem prospéreront. Avoir la pensée de Dieu quant à son peuple, ressentir les peines de ceux qui le composent et prier pour leur paix est gage de prospérité spirituelle.

V. 7-9 — Ces trois derniers versets donnent la réponse à l’appel à la prière. Tout de suite, un désir de paix et de prospérité se manifeste en faveur de la ville. L’âme enseignée de Dieu lie la prospérité et la paix. Les divisions et les luttes parmi le peuple de Dieu ont toujours été une source de pauvreté spirituelle et de dispersion. Par le colmatage des brèches et la restauration de la paix, la prospérité est assurée.

Pensant ensuite à ses frères et à ses compagnons, et à leur bénédiction, l’homme pieux exprime la prière : « Que la paix soit en toi ! » Le motif le plus élevé de sa requête est finalement le bien de la maison de l’Éternel.


4.5.17 - Psaume 123

Les exercices des fidèles en face du mépris et des injures des hommes du monde.


Leur âme remplie de la bénédiction de la maison de l’Éternel et de la ville de Jérusalem (Ps. 122), les fidèles décident d’entreprendre le voyage qui les ramènera à la ville de Dieu. Une telle décision, prise par un faible résidu, suscite cependant le mépris et les injures des hommes du monde, orgueilleux et aimant leurs aises. Cette même décision de foi produira des résultats identiques dans les jours du christianisme. Le croyant qui goûte les bénédictions de la maison de Dieu et de l’appel céleste sera prêt à s’engager dans le pèlerinage. Mais il ne tardera pas à éprouver le mépris de ceux qui ont leur portion dans cette vie.

V. 1 — Ajoutée au mépris du monde, la faiblesse propre de l’homme pieux contribue à exercer sa foi. Il trouve le secours de la grâce en élevant les yeux vers Celui qui habite dans les cieux.

V. 2 — Celui qui se tourne ainsi vers l’Éternel prend une place de soumission ; il s’attend à la direction de l’Éternel, comme les serviteurs regardent à la main de leur maître pour être guidés. Cette soumission s’accompagne de la persévérance qui recherche la direction miséricordieuse de l’Éternel. Les fidèles en effet regardent à l’Éternel « jusqu’à ce qu’il use de grâce » envers eux.

V. 3, 4 — Dans ces versets nous avons la prière de l’homme pieux qui demande à l’Éternel la grâce nécessaire. Le croyant expose les afflictions dont son âme est remplie. Par la grâce, l’âme peut regarder à l’Éternel avec patience et tranquillité : néanmoins les opprobres du monde sont profondément ressentis. Deux fois l’homme pieux mentionne que lui et ses frères sont « outre mesure rassasiés » du mépris et des insultes du monde. Le mépris parle de l’attitude du monde à l’égard du peuple de Dieu, les injures, de ses moqueries ouvertes.


4.5.18 - Psaume 124

Le résidu pieux célèbre l’Éternel qui a répondu à sa prière et l’a délivré de la captivité.


Le psaume précédent a montré les souffrances des exilés dans le pays de la captivité ; celui-ci évoque la joie de ceux qui, libérés de la servitude, ont commencé leur pèlerinage vers la ville de Jérusalem. Au psaume 123, ils élèvent leurs yeux vers l’Éternel dans la prière ; ici, ils le célèbrent parce qu’il est intervenu en leur faveur.

V. 1-5 — Les fidèles reconnaissent l’intervention de l’Éternel pour eux. Impuissants en eux-mêmes en face d’un ennemi paraissant tout-puissant, ils sont semblables à des hommes qui enfoncent dans les eaux. Lorsque, selon toute apparence, leur destruction est imminente, ils réalisent que l’Éternel est pour eux et qu’il travaille à leur délivrance.

V. 6, 7 — Ils bénissent l’Éternel qui ne les a pas livrés en proie à leurs ennemis et a rompu le piège qui les retenait en captivité. En réponse à leur prière, ils peuvent dire : « Nous sommes échappés ».

V. 8 — Ayant fait l’expérience de la grâce de l’Éternel en délivrance, ils expriment leur confiance dans le secours divin pour tout ce qui pourrait encore leur arriver.

« Les hommes se sont élevés contre nous », disent-ils, et : « leur colère s’enflammait contre nous », nous étions sur le point d’être « engloutis vivants ». C’est alors, dans leur dernière extrémité, qu’ils ont découvert que l’Éternel était pour eux.


4.5.19 - Psaume 125

Le résidu pieux, en marche vers Sion, fait l’expérience de la fidélité de l’Éternel.


Le psaume 124 présente la bonté de l’Éternel qui a délivré les fidèles de la captivité, suscitant par là leur confiance et leur tranquillité en lui. Le psaume 125 montre la sécurité de ceux qui se confient ainsi en l’Éternel au cours de leur pèlerinage vers Sion.

V. 1, 2 — En présence de n’importe quelle opposition et au milieu de tous les changements, ceux qui se confient en l’Éternel sont comme la montagne de Sion qui ne chancelle pas et, par conséquent, demeure à toujours. Le fondement de la sécurité des fidèles, c’est l’Éternel qui entoure son peuple, comme Jérusalem se trouve protégée par les montagnes qui sont autour d’elle.

Pendant leur captivité, les fils d’Israël avaient eu l’assurance que l’Éternel garderait leur sortie et leur entrée et cela, à toujours (Ps. 121:8). Ayant quitté le pays de la captivité et marchant vers Sion, ils constatent que l’Éternel est véritablement celui qui les garde, se tenant « autour de son peuple, dès maintenant et à toujours ».

V. 3 — Ayant fait l’expérience de la délivrance divine, le résidu pieux exprime la confiance que l’Éternel achèvera ce que sa grâce a commencé. Cela donne l’assurance aux fidèles que la ville vers laquelle ils se dirigent sera délivrée du gouvernement des méchants. Leur héritage étant libéré du sceptre de la méchanceté, les justes ne seront plus tentés de conclure une alliance profane avec les méchants et d’abandonner ainsi la confiance mise en l’Éternel.

V. 4, 5 — Le psaume se termine par une prière à l’Éternel, fondée sur la connaissance des voies gouvernementales de Dieu (voir Ps. 18:25, 26). L’Éternel fera « du bien aux gens de bien et à ceux qui sont droits dans leur cœur », tandis que « ceux qui se détournent dans leurs voies tortueuses » se retrouveront à la fin avec « les ouvriers d’iniquité ». Le psalmiste exprime enfin le désir que « la paix soit sur Israël », dans la confiance qu’Israël finalement ne comptera que ceux qui se confient en l’Éternel.


4.5.20 - Psaume 126

Les captifs que l’Éternel a délivrés retournent à Sion avec des chants de triomphe et une joie éternelle (És. 35:10).


Le psaume 124:7 a montré les fidèles qui ont échappé à leurs ennemis ; au psaume 125, ils réalisent qu’ils ont été délivrés et que l’Éternel est leur secours de toute part ; au psaume 126, pensant à ce que l’Éternel a opéré en leur faveur, ils donnent libre cours à la louange et aux chants.

V. 1-3 — L’intervention de l’Éternel avait été si imprévue et si totale que, comme un songe, elle semblait presque incroyable (comp. Luc 24:41). Elle a un double caractère. Sion elle-même est libérée de la domination de l’ennemi, prélude à la délivrance complète de toute la nation d’Israël. La ville vers laquelle les Juifs retournent est délivrée de ses longs siècles de captivité. D’où la joie d’Israël et le fait que l’Éternel est glorifié parmi les nations. Elles diront : « L’Éternel a fait de grandes choses pour ceux-ci ! » Quant au Résidu, il attribuera avec joie toute la louange à l’Éternel, disant : « L’Éternel a fait de grandes choses pour nous ».

V. 4, 5 — Sion est délivrée, mais l’établissement d’Israël dans son pays n’est pas encore pleinement réalisé. Aussi les captifs demandent que leur retour soit comme les ruisseaux dans le midi, de minces filets d’eau au départ, qui, enflés par la pluie, se transforment en rivières apportant la bénédiction et la fertilité à la terre desséchée.

Pendant les longs siècles de captivité, les Juifs ont semé avec larmes ; maintenant ils moissonneront avec chant de joie les fruits de toute la discipline par laquelle ils ont passé.

V. 6 — Dans ce dernier verset, l’Esprit de Dieu conduit, semble-t-il, le psalmiste à discerner que Christ a passé avant les fidèles par le chemin sur lequel ils sont engagés. L’auteur du psaume ne parle plus de « ceux qui sèment avec larmes », mais d’un seul, celui qui « va en pleurant ». Dans les jours de son humiliation, Christ a répandu « la semence », il l’a arrosée de ses larmes et il reviendra avec une grande moisson d’âmes : « Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait ».


4.5.21 - Psaume 127

L’Éternel, Celui qui bâtit la maison et qui garde la ville.


V. 1, 2 — Les membres du résidu pieux ont reconnu précédemment que si l’Éternel n’avait pas « été pour nous », ils auraient été engloutis par leurs ennemis. En repensant à leur captivité, ils peuvent dire : « Béni soit l’Éternel… Notre âme est échappée » (Ps. 124:1, 6, 7). Leurs regards sont maintenant dirigés vers la « maison » et la « ville », le but vers lequel ils se dirigent, et ils confessent que « si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain » et que « si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain ».

Ainsi, au cours de ces psaumes du pèlerinage, les fidèles reconnaissent que c’est l’Éternel qui les délivre, c’est lui qui les garde dans leurs traites, c’est lui qui les établit dans la maison vers laquelle ils marchent. Ils avaient discerné le propos de l’Éternel de voir Jérusalem « bâtie » et « bien unie ensemble » (Ps. 122:3). Ils reconnaissent maintenant que l’Éternel seul peut accomplir son propos.

Nous savons que, dans un jour à venir, les hommes rebâtiront le temple ; mais les fidèles, conduits par l’Esprit de Dieu, réaliseront que tous les efforts des hommes sont vains. La nation juive, retournant dans le pays, mais incrédule, ne pourra ni maintenir son temple ni garder sa ville. Malgré toute l’énergie déployée : « vous vous levez matin… vous vous couchez tard… vous mangez le pain de douleurs », les efforts humains seront vains.

En contraste avec l’énergie et l’agitation de la chair, les fidèles qui se confient en l’Éternel sont gardés dans une paix parfaite en dépit des douleurs et du labeur qui sont leur lot. Au milieu de toute l’agitation humaine, Dieu « donne le sommeil à son bien-aimé ».

V. 3-5 — Mais la maison et la ville ne seront pas complètes sans la présence des habitants. Si l’Éternel bâtit la maison et garde la ville, il donne aussi « les fils de la jeunesse », ceux qui avec la force et l’énergie de la jeunesse seront les instruments de l’Éternel pour défendre la maison et rencontrer l’ennemi dans la porte.


4.5.22 - Psaume 128

Les fidèles anticipent la bénédiction millénaire de ceux qui craignent l’Éternel.


Dans ce psaume, les pensées des fidèles du Résidu sont transportées, au-delà du temps où l’on bâtit, où l’on veille et où l’on combat, dans le repos et la prospérité du Millénium.

V. 1 — Ce premier verset présente la condition et le caractère spirituels de ceux qui jouissent de la faveur de l’Éternel. Ils sont distingués par la crainte de Dieu et une marche pratique en harmonie avec ses voies. Leur conduite n’est pas dominée par la crainte de l’homme ou la simple peur légale des conséquences. Leur piété découle d’un état spirituel.

V. 2-4 — Ces versets décrivent les bénédictions de l’homme pieux. Ici, parce qu’il s’agit du Millénium, les bénédictions sont d’ordre terrestre, plutôt que céleste comme pour le chrétien. Celui qui craint Dieu sera béni dans le travail de ses mains, heureux dans son esprit, béni dans ses circonstances et dans les relations de la vie. « Ainsi sera béni l’homme qui craint l’Éternel ».

V. 5, 6 — Si l’homme qui craint Dieu jouit d’une telle bénédiction, il est invité à toujours se souvenir qu’elle procède de l’Éternel. Elle vient de Sion, le centre de la bénédiction pour la terre. Car lorsque l’Éternel régnera de Sion, Jérusalem prospérera et Israël sera en paix.

Remarquons combien souvent, au cours de ces psaumes, la bénédiction est attribuée à l’Éternel. C’est l’Éternel qui a délivré les captifs (Ps. 124:6, 7), c’est lui qui est autour de son peuple pendant son pèlerinage (Ps. 125:2), lui qui libère Sion de ses ennemis (Ps. 126:1), lui qui bâtit la maison et garde la ville (Ps. 127:1), lui enfin qui est la source de toute la bénédiction millénaire.


4.5.23 - Psaume 129

Les fidèles reconnaissent la justice de l’Éternel, tant dans ses voies envers Israël que lorsqu’il juge les nations.


Au psaume 128, les fidèles considèrent la glorieuse perspective qui est devant eux ; au psaume 129, ils repensent à leur triste passé.

V. 1-3 — Regardant en arrière, Israël peut dire que, dès la jeunesse de la nation en Égypte, depuis le début de son histoire en tant que peuple distinct, les nations du monde l’ont opprimé. L’Égypte, avec sa puissance universelle, était à la tête de ceux qui persécutaient l’ancien peuple de Dieu. Au temps de sa puissance, Israël était constamment opprimé par les nations, grandes et petites, qui environnaient son pays. Au cours des siècles de sa dispersion, dans tous les pays et à différentes époques, la nation a été l’objet de persécutions mesquines aussi bien que de massacres généraux. Toutes les atrocités que la méchanceté humaine pouvait imaginer ont été commises pour exterminer Israël. Les laboureurs ont véritablement labouré son dos, y traçant leurs longs sillons. Pourtant, Israël peut dire : « Ils n’ont pas prévalu sur moi ». Haïs et opprimés par des nations puissantes et des empires universels, les Juifs ont été préservés, tandis que les états qui s’étaient dressés contre eux sont tombés en décadence et ont disparu. Eux seuls, un petit nombre parmi l’immense humanité, ont conservé leur nationalité, gardé leurs traditions et sont restés un peuple séparé.

La parole de l’Éternel s’est pleinement vérifiée : « Je détruirai entièrement toutes les nations où je t’ai dispersé ; mais quant à toi, je ne te détruirai pas entièrement » (Jér. 30:11).

V. 4 — La nation reconnaît l’Éternel comme la source de sa conservation au cours des siècles. La méchanceté en Israël peut, d’une manière gouvernementale, avoir entraîné des afflictions pour les descendants de Jacob, mais la justice de l’Éternel n’avait pas permis que les nations prévalent sur son peuple. Aussi les fils d’Israël reconnaissent-ils que « l’Éternel est juste ». Ils justifient l’Éternel dans toutes ses voies : en permettant qu’ils soient affligés, en les conservant dans leurs afflictions ou, finalement, en coupant les cordes des méchants et en délivrant les siens de leurs ennemis (Jér. 30:8, 9).

V. 5-8 — S’appuyant sur la vérité selon laquelle l’Éternel est juste dans toutes ses voies, le résidu fidèle attend la défaite finale de ses ennemis. Pour lui, les méchants ne sont pas seulement les adversaires d’Israël, mais « ceux qui haïssent Sion ». Derrière la haine contre Israël se cache la haine contre l’Éternel et contre le centre de son gouvernement pour la terre. « Qu’ils soient comme l’herbe des toits, qui sèche avant qu’on l’arrache », inutile pour l’homme et privée de la bénédiction de l’Éternel (comp. Ruth 2:4).


4.5.24 - Psaume 130

L’angoisse du résidu pieux à cause des péchés d’Israël.


Le psaume 129 a passé en revue les afflictions extérieures d’Israël, en présence de la justice de l’Éternel. Le psaume 130 décrit les détresses intérieures de l’âme à cause des péchés considérés à la lumière de la bonté de l’Éternel.

V. 1, 2 — Ces deux premiers versets expriment le cri d’angoisse d’une âme consciente de sa culpabilité. Cette angoisse est accompagnée de la foi qui dirige, malgré la conviction de péché, l’âme vers l’Éternel.

V. 3, 4 — Dans la présence de l’Éternel, l’âme repentante apprend trois grandes vérités. Premièrement qu’aucun pécheur ne peut se tenir, sur le terrain de son propre mérite, devant Dieu. Si l’Éternel prenait garde aux iniquités, s’il les observait ou s’en souvenait pour punir les pécheurs, personne ne subsisterait (Job 10:14 ; 14:16). Deuxièmement, si personne ne peut subsister en vertu de ses mérites devant Dieu, il y a pardon auprès de lui par sa bonté. Troisièmement, si Dieu pardonne, c’est afin qu’il soit craint, et non pas pour que les hommes prennent leurs péchés ou la bonté de Dieu à la légère. La grâce ne conduit pas à une marche insouciante ; au contraire, elle nous enseigne à vivre sobrement, justement et pieusement (Tite 2:12).

V. 5, 6 — Ces deux versets décrivent l’état de l’âme qui craint l’Éternel. Elle s’attend à l’Éternel et se confie en sa Parole. L’âme est animée d’un ardent désir qui l’amène à attendre la bonté de Dieu en délivrance plus que ceux qui, au cours d’une nuit d’affliction, guettent l’apparition d’un matin sans nuage.

V. 7, 8 — Conscient que l’Éternel introduira un jour de bénédiction pour son peuple dans la souffrance, l’homme pieux exhorte Israël à s’attendre à l’Éternel, car auprès de lui il y a rédemption en abondance pour délivrer le peuple de tous ses ennemis et le racheter de toutes ses iniquités.


4.5.25 - Psaume 131

L’humilité produite dans l’âme par la confession des péchés à l’Éternel.


Le psaume 130 décrit l’angoisse de l’âme devant l’Éternel en raison des iniquités, le psaume 131 montre le brisement d’esprit opéré par la réalisation de la grâce de l’Éternel, lorsque l’âme est plongée dans l’angoisse à cause des péchés.

V. 1 — Les exercices d’âme que connaît l’homme pieux lui donnent un caractère d’humilité : il ne fait aucun cas de lui-même, et de douceur : il s’efface devant les autres. L’arrogance naturelle du cœur orgueilleux est ainsi jugée, et les regards méprisants qui considèrent de haut leurs semblables sont condamnés.

Lorsque l’esprit est brisé, l’âme cesse de se tourmenter en s’occupant des choses que Dieu n’a pas révélées et qui, par conséquent, sont trop merveilleuses pour elle.

V. 2 — Ce verset décrit le calme et le repos d’une âme qui a appris la soumission et l’humilité, dans son cœur et dans ses voies. L’orgueil naturel et les ambitions sont refrénés, et l’âme est apaisée, comme un enfant sevré qui, après sa première explosion de tristesse, apprend à se reposer tranquillement auprès de sa mère.

V. 3 — Le psaume se termine par le souhait que les expériences vécues personnellement deviennent celles de la nation. Si telles sont les voies de l’Éternel pour donner le repos à une âme lassée, qu’Israël s’attende à l’Éternel, dès maintenant et à toujours !


4.5.26 - Psaume 132

Un appel à l’Éternel pour qu’il se souvienne des afflictions de David et des promesses qu’il lui a faites.


Le psaume 131 nous a montré le bon état moral du résidu pieux. Les Juifs fidèles peuvent dès lors s’adresser à l’Éternel pour lui demander d’accomplir les désirs de David et les promesses inconditionnelles de Dieu, en établissant son Roi dans Sion et en venant habiter au milieu de son peuple.

V. 1-5 — Le psalmiste commence par demander à l’Éternel de se souvenir des afflictions de David lorsqu’il était rejeté des hommes, et de se rappeler son zèle pour la maison de Dieu. Les souffrances et le zèle de David ne sont qu’une ombre des souffrances plus profondes et du zèle plus grand de Christ qui, au jour de son rejet, a pu dire : « Le zèle de ta maison me dévore » (Jean 2:17).

De plus, ces afflictions et ces souhaits, manifestés jadis par David, seront réalisés une nouvelle fois dans les expériences futures du résidu pieux. Ces Cantiques du pèlerinage le prédisent. Ils expriment les peines du Résidu, ainsi que son ardent désir pour la maison de Dieu.

V. 6, 7 — Le résidu pieux s’identifie avec les pensées de David : les désirs du roi deviennent ceux des Juifs pieux. Comme David, ils aspirent à ce que l’arche prenne sa vraie place au milieu du peuple de Dieu. Ils ont entendu parler d’elle dans le lieu de son abandon, après son passage entre les mains de l’ennemi, et ils l’ont trouvée « dans les champs de Jaar » (ou : de la forêt), oubliée et sans valeur aux yeux de la nation (1 Chron. 13:3-5). Les « champs de Jaar » ou « champs de la forêt » sont vraisemblablement une allusion poétique à Kiriath-Jéarim, « la ville des forêts », l’endroit où David trouva l’arche.

V. 8-10 — Ces versets présentent la prière des fidèles à l’Éternel. Ils demandent d’abord que l’Éternel vienne habiter au milieu d’eux, qu’il trouve son repos dans ses demeures, et qu’il bénisse son peuple en justice dans l’arche de sa force — nous savons que l’arche parle de Christ. Puis que les sacrificateurs soient revêtus de justice — que leur marche pratique soit en accord avec leur saint service. Ensuite, ils souhaitent que le peuple de l’Éternel puisse chanter de joie. Et enfin, que le roi soit établi dans la faveur de l’Éternel.

V. 11, 12 — Le résidu fidèle est assuré dans son cœur que, sur le fondement des promesses inconditionnelles faites à David, la bénédiction finale sera accordée à Israël. Pourtant, il se rappelle la promesse conditionnelle qui avait valu au peuple, à cause de ses manquements, toutes les peines de sa longue captivité.

V. 13-18 — Le psaume se termine d’une façon très belle par la réponse de l’Éternel aux désirs de David, exprimés maintenant par les fidèles. David avait dit :

« Lève-toi, Éternel ! pour entrer dans ton repos ». L’Éternel répond qu’il « a choisi Sion ; il l’a désirée pour être son habitation : C’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée ». Mais comme toujours, la réponse de l’Éternel va au-delà des désirs de son peuple, car il ajoute : « Je bénirai abondamment ses vivres, je rassasierai de pain ses pauvres ».

David avait demandé que les sacrificateurs soient revêtus de justice. L’Éternel répond : « Et je revêtirai de salut ses sacrificateurs ».

David avait dit : « Que tes saints chantent de joie. » L’Éternel répond : « Ses saints exulteront en chantant de joie ».

Enfin, le trône de David sera non seulement établi dans la personne de Christ, la corne de David, dont les ennemis seront revêtus de honte, mais « sur lui fleurira sa couronne ».


4.5.27 - Psaume 133

La bénédiction d’Israël restauré et réuni.


Le psaume 132 se termine par un magnifique tableau de Christ régnant en Sion. Le Résidu est parvenu à cette scène de bénédiction dans la foi de son âme. Au psaume 133, il célèbre la pleine bénédiction qui sera la part d’Israël quand Christ régnera et que ses ennemis seront confondus.

V. 1 — Ce verset dépeint la bénédiction de la nation d’Israël lorsqu’elle sera restaurée et réunie. Juda et Israël, si longtemps divisés et dispersés, se rencontreront enfin dans le pays et réaliseront combien il est bon et agréable pour des frères, non seulement de se rencontrer, mais d’habiter unis ensemble (Ézéch. 37:22).

V. 2 — Deux images sont employées pour parler de la bénédiction de cette harmonie entre frères. Premièrement, c’est comme l’huile précieuse qui avait été répandue sur la tête d’Aaron, lors de sa consécration, et qui descendait sur le bord de ses vêtements, plaçant ainsi l’homme tout entier sous l’effet sanctifiant de l’huile (Ex. 29:7 ; Lév. 8:12). Pareillement, lorsque des frères habitent unis ensemble, rien ne peut empêcher la pleine expression du fruit de l’Esprit, dont l’huile est un type, dans toute sa valeur et tout son parfum. L’Église devrait connaître la même bénédiction maintenant (Éph. 4:3). Israël n’en jouira pas avant que, selon les termes d’Ésaïe, « l’Esprit soit répandu d’en haut sur nous » (És. 32:15-18). Le psaume fait allusion à cette époque future.

V. 3 — Deuxièmement, la bénédiction de l’unité est représentée par la rosée de 1’Hermon. La rosée de ce sommet élevé et dominant, descendant sur les montagnes plus basses de Sion, est une image appropriée de la bénédiction céleste répandue sur Israël restauré. Lorsque des frères habitent unis ensemble, rien n’arrête la grâce de l’Esprit et l’épanchement de la bénédiction céleste.

Enfin, Israël restauré est parvenu au lieu où l’Éternel a commandé la bénédiction, et se trouve dans l’état qui convient pour jouir de la vie pour l’éternité.


4.5.28 - Psaume 134

Le résidu pieux, quand il arrive au but désiré de son pèlerinage, non seulement dans le pays, mais dans la maison de l’Éternel.


V. 1, 2 — Le dernier psaume de cette série consacrée au pèlerinage présente l’expérience la plus élevée des fidèles en Israël. Le psaume précédent les a considérés comme des frères habitant unis ensemble. Ici, ils sont vus en tant que serviteurs de l’Éternel, remplissant la fonction la plus élevée, celle d’adorateurs. Jamais interrompue, pas même la nuit (1 Chron. 9:27), leur adoration est offerte dans un lieu saint, le sanctuaire de la maison de l’Éternel. Au cours de leur pèlerinage, les fidèles avaient élevé bien des fois leurs mains dans la prière ; maintenant, ils sont invités à les élever pour l’adoration dans la maison de l’Éternel.

V. 3 — Quand le peuple adorera enfin l’Éternel dans le sanctuaire, l’Éternel bénira les siens depuis Sion. Lorsque la louange s’élève, la bénédiction se répand.


4.5.29 - Psaume 135

La nation d’Israël restaurée, invitée à louer le nom de l’Éternel.


V. 1-3 — Délivré de tous ses ennemis et introduit dans la maison de l’Éternel, Israël est appelé à louer la bonté de l’Éternel et la grandeur de son nom.

V. 4-12 — Dans ces versets, le psalmiste expose les différentes manières selon lesquelles la bonté de l’Éternel et la grandeur de son nom se sont exprimées.

Premièrement, dans sa bonté souveraine, l’Éternel a choisi Israël (v. 4).

Deuxièmement, comme le montre sa suprématie absolue sur la création, l’Éternel est au-dessus de tous les dieux des nations. Tout ce qu’il lui a plu de faire, il l’a fait dans la sphère de la création. Il dirige toutes les forces de la nature selon sa puissance et son bon plaisir (v. 5-7).

Troisièmement, l’Éternel a racheté son peuple du pays d’Égypte (v. 8, 9).

Enfin, la bonté de l’Éternel est vue dans la délivrance du peuple de tous ses ennemis et son introduction dans le pays (v. 10-12).

On remarquera que dans ces versets la délivrance d’Égypte est suivie immédiatement de la possession du pays. La traversée du désert est passée sous silence. Ainsi ce psaume célèbre la bonté de l’Éternel et la bénédiction dans laquelle il introduit les siens, en raison de la bonté de son cœur ; en revanche, le psalmiste ne s’occupe pas des manquements du peuple, ni des voies de l’Éternel envers les Israélites, à cause de la méchanceté et l’incrédulité de leurs cœurs, pendant la marche dans le désert.

V. 13, 14 — Ces deux versets sont des citations de l’Exode et du Deutéronome. Le premier présente Dieu, au commencement de l’histoire du peuple en Égypte, dans son caractère permanent et immuable d’Éternel — le fondement de toute bénédiction pour Israël (Ex. 3:15). Le second, tiré du cantique chanté par Moïse juste avant l’entrée du peuple dans le pays, montre qu’au moment où, par la propre folie des fils d’Israël, leur force s’en est allée et qu’il n’y a plus personne pour les secourir, l’Éternel agira en leur faveur (Deut. 32:36).

V. 15-18 — Quand il interviendra pour Israël, l’Éternel dira : « Où sont leurs dieux, le rocher en qui ils se confiaient » (Deut. 32:37). Nous avons ici la réponse des Israélites, dans le jugement qu’ils portent sur les idoles des nations et sur tous ceux qui se confient en elles.

V. 19-21 — Considérant la bonté et la grandeur de l’Éternel telles qu’elles ont été manifestées dans ses voies envers son peuple, toute la maison d’Israël, avec les sacrificateurs, les lévites et tous ceux qui craignent l’Éternel, sont invités à bénir l’Éternel de Sion.


4.5.30 - Psaume 136

Israël restauré reconnaît que toutes les voies de l’Éternel envers les siens sont marquées par la bonté.


Ce psaume est la réponse d’Israël à l’appel à la louange du psaume précédent. La première moitié de chacun des versets expose le thème de la louange ; la seconde reprend le refrain : « car sa bonté demeure à toujours ». Chaque étape de l’histoire d’Israël est rappelée pour montrer que, malgré toutes les vicissitudes du chemin, la bonté de l’Éternel a été maintenue.

V. 1-3 — Les premiers versets décrivent la bonté de l’Éternel, le Dieu immuable, Celui qui est au-dessus de tout ce qui domine dans les cieux ou règne sur la terre, le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs.

V. 4-9 — Les merveilles de Dieu, ainsi que sa sagesse infinie en création, sont rappelées dans l’ordre des second, troisième et quatrième jours de son œuvre, tels qu’ils sont présentés en Genèse 1.

V. 10-15 — Ces versets montrent la manière dont Dieu a opéré envers son peuple pour le délivrer d’Égypte.

V. 16 — La bonté avec laquelle le peuple a été conduit dans le désert est rappelée ici.

V. 17-22 — Après la traversée du désert, l’Éternel a manifesté sa bonté en détruisant toute puissance adverse et en introduisant Israël dans son héritage.

V. 23, 24 — Enfin, lorsque le peuple, par sa propre folie, est tombé dans un bas état, l’Éternel s’est souvenu des siens et les a délivrés de tous leurs ennemis.

V. 25, 26 — La restauration d’Israël apporte la bénédiction à toute chair ; tous sont alors invités à célébrer le Dieu des cieux.


4.5.31 - Psaume 137

Le résidu pieux d’Israël fidèle, dans son cœur, à Sion, malgré la captivité.


Historiquement, ce psaume présente les afflictions d’Israël pendant la captivité ; prophétiquement, il exprime les peines des fidèles en Israël dans un jour à venir.

V. 1-3 — Le début de ce psaume montre les captifs d’Israël à Babylone, aux jours de la prospérité et de la joie terrestres de cette ville, représentées par ses fleuves, sa joie et ses chants.

Les captifs viennent d’un autre lieu, de Sion, une ville qui a sa propre joie, ses cantiques à l’Éternel et sa « journée » encore future (v. 7). Pourtant, Jérusalem a été rasée jusqu’à ses fondements, la louange s’est tue en Sion et les fidèles sont des étrangers dans un pays éloigné. Ils ne peuvent que pleurer quand ils se souviennent de Sion. La gloire et la joie de Babylone n’ont aucune valeur à leurs yeux, comparées à la félicité de leur propre ville. Le monde qui a détruit la cité et ruiné le peuple de Dieu réclame un des magnifiques cantiques de Sion.

V. 4-6 — Comment les fidèles chanteraient-ils un cantique de l’Éternel sur un sol étranger ? Qu’est-ce que le monde peut connaître de la joie de l’Éternel ou des afflictions de Jérusalem ? Se joindre au monde dans ses chants et sa gaieté, ce serait oublier Jérusalem et ses afflictions. L’homme pieux préférerait ne plus savoir jouer de la harpe plutôt que d’oublier Jérusalem. Si la ville devait être oubliée et ne pas être élevée au-dessus de toutes les joies terrestres, le fidèle aimerait mieux que sa langue se taise à jamais.

V. 7-9 — Le psaume se termine par un appel à l’Éternel pour qu’il se souvienne des ennemis de Jérusalem lorsque sera venue la journée de cette ville. Aux jours où Jérusalem était affligée, Édom avait exprimé sa haine implacable à son égard. Sans grâce, il avait dit : « Rasez, rasez jusqu’à ses fondements ! »

Babylone est dans la prospérité, elle demande des cantiques et de la joie, mais les fidèles savent que le jour de son jugement viendra. Elle est vouée à la destruction, car un homme se lèvera qui traitera Babylone (ou le monde comme système, dont cette capitale est l’image) comme elle-même a traité le peuple de Dieu.


4.5.32 - Psaume 138

L’homme pieux célèbre l’Éternel qui a entendu son cri alors qu’il était dans la détresse.


V. 1, 2 — Le psalmiste célèbre l’Éternel, non seulement par une profession des lèvres, mais de tout son cœur — un cœur qui n’est pas distrait, mais rempli de ferveur. Et il reconnaît publiquement l’Éternel, en chantant ses louanges devant les juges de la terre, appelés ici les dieux, en tant que représentants de Dieu, dans la position d’autorité qu’ils occupent (Ps. 82:1, 6, 7).

De plus, le psalmiste se prosterne vers le temple saint de l’Éternel. Selon toute vraisemblance, l’homme pieux n’est pas encore établi dans le pays. Comme Daniel, bien qu’il ne soit pas dans le temple, il se prosterne tourné vers lui, dans la foi de la prière de Salomon. Celui-ci avait demandé à Dieu d’écouter son peuple si, au temps de la détresse, il priait en se tournant vers la ville que Dieu avait choisie, dans la direction de la maison qui avait été bâtie pour la gloire de son nom (comp. 1 Rois 8:44, 48 et Dan. 6:10, 11).

La louange est produite par le nom de Dieu et par sa parole. Le nom de Dieu exprime son caractère, marqué par la bonté et la vérité. La parole de Dieu déclare son nom et doit être en harmonie avec lui. Dieu est toujours fidèle à sa Parole et en l’accomplissant, il l’exalte au-dessus de tout son nom. Les hommes professent le nom de Dieu, mais laissent de côté sa Parole. Dieu, lui-même, exalte sa Parole au-dessus de son nom.

V. 3-5 — Dans sa détresse, l’homme pieux avait crié à l’Éternel et avait été entendu. Aussi la confiance de son âme est-elle renforcée au travers de l’épreuve.

Encouragé par la réponse apportée à sa prière, le fidèle pense au moment où tous les rois de la terre célébreront l’Éternel, quand, enfin, ils écouteront ses paroles, marcheront dans ses voies et contempleront sa gloire.

V. 6-8 — Bien que l’Éternel soit haut élevé et que sa gloire soit grande, il voit ceux qui sont en bas état (comp. Ps. 146:3, 4). Les hautains, Dieu les connaît de loin. Il les considère, mais à distance. Il ne leur accorde pas sa faveur ou sa confiance.

Le psalmiste a le cœur débordant de louange ; pourtant, quant à ses circonstances personnelles, il marche « au milieu de la détresse ». Mais si les peines tendent à l’abattre, l’Éternel le fera vivre. La main de l’Éternel sauvera le croyant, tandis qu’elle est étendue contre ses ennemis (comp. Actes 11:21 ; 13:11). Finalement, l’Éternel achèvera ce qui concerne les fidèles. La détresse prendra fin, les ennemis seront jugés et les fidèles bénis, car la bonté de l’Éternel demeure à toujours, et l’Éternel ne peut abandonner les siens.


4.5.33 - Psaume 139

L’homme pieux demande à être sondé dans le plus profond de son cœur par Dieu, pour être délivré de toute mauvaise voie et conduit « dans la voie éternelle ».


Dans son expérience, quand il pense à ses propres manquements envers Dieu, le psalmiste découvre que la réalisation de l’omniscience de Dieu plonge d’abord son âme dans la détresse la plus profonde. Puis il est amené à comprendre que les « œuvres » de Dieu et ses « pensées » sont pure grâce à son égard, et alors l’omniscience de Dieu devient la source de la consolation la plus profonde.

V. 1-6 — Le psaume 138 s’était terminé par la constatation que nous sommes l’œuvre des mains de Dieu. Les premiers versets du psaume 139 établissent que s’il en est ainsi, rien en nous ne peut être caché à Dieu. Nous sommes toujours dans ses mains. Les six premiers versets traitent de l’omniscience de Dieu. Premièrement, nous sommes sondés et connus (v. 1, 2) ; puis l’Éternel connaît nos sentiers et est au fait de toutes nos voies ; enfin sa main est sur nous, il s’occupe de nous selon sa parfaite connaissance, une connaissance qui est trop merveilleuse pour nous.

V. 7-12 — Conscient d’avoir failli à sa responsabilité, l’homme pieux est accablé devant l’omniscience de Dieu. Il voudrait fuir loin de sa présence, échapper à son regard scrutateur. Mais il découvre que Dieu est non seulement omniscient, mais encore omniprésent. L’Esprit de Dieu ne peut être évité, il n’existe pas de lieu dans lequel Dieu ne puisse pénétrer, aucune solitude où il ne soit pas, point de ténèbres qui permettent de se tenir à l’abri de lui.

V. 13-18 — Mais ici un grand changement se produit dans l’expérience du croyant qui s’est détourné de lui-même et de ses efforts pour se tourner vers Dieu et ses œuvres merveilleuses en création. Cette expérience nouvelle fait jaillir en lui la louange. Il réalise qu’il est la possession de Dieu, formé par Dieu pour les propres desseins de Dieu avant même qu’il ait été façonné. Par-dessus tout, il découvre que les pensées de Dieu sont pour lui et non pas contre lui. Elles sont précieuses et dépassent toute compréhension. Non seulement Dieu est pour lui, mais il est toujours avec Dieu, l’objet de ses soins constants.

V. 19-24 — Conscient que Dieu est avec lui, l’homme pieux comprend qu’il ne peut pas s’associer avec les méchants qui seront jugés comme étant ceux qui parlent contre Dieu.


4.5.34 - Psaume 140

Attaqué par des ennemis extérieurs, l’homme pieux attend la délivrance de l’Éternel, en qui il trouve sa ressource unique et suffisante.


Le psaume 139 exprime la recherche de la vérité par le fidèle, dans les parties intérieures de son être, afin d’être conduit dans la voie éternelle. Dans notre psaume, l’homme pieux demande à être délivré des ennemis extérieurs qui cherchent à faire trébucher les pas des fidèles et à les détourner de la voie éternelle.

V. 1-3 — Le psalmiste s’adresse à l’Éternel pour être délivré des hommes mauvais qui sont caractérisés par la violence, dont les œuvres sont corrompues, qui complotent contre les fidèles, et qui, par leurs mensonges et leur hypocrisie, se révèlent comme étant les instruments de Satan.

V. 4, 5 — Le psalmiste se tourne encore vers l’Éternel pour être sauvé et préservé des hommes qui se proposent fermement de faire tomber les fidèles et, par des pièges cachés, de les détourner du droit chemin.

V. 6-8 — L’âme se fortifie en Dieu. L’homme pieux s’est placé avec détermination sous la protection de Dieu, comme étant son Dieu. Il confesse que Dieu est la force de son salut, celui qui peut le protéger au jour de la bataille. Dieu est la ressource toute-suffisante pour sauver et préserver les fidèles, et pour contrecarrer les desseins des méchants.

V. 9-11 — Le psalmiste désire que le saint gouvernement de Dieu contre le mal s’exerce envers les méchants et que le mal de leurs lèvres les couvre ; il demande encore, à l’égard de ceux qui dressent des pièges pour faire tomber les fidèles, qu’ils soient eux-mêmes pourchassés par le mal et renversés.

V. 12, 13 — Le psaume se termine par une expression de la confiance du psalmiste. L’Éternel maintiendra la cause de l’affligé et le jugement des pauvres ; le nom de l’Éternel sera alors justement célébré dans sa présence.


4.5.35 - Psaume 141

L’homme pieux désire que rien dans ses paroles, ses voies ou ses associations ne vienne empêcher ses prières d’être agréées par Dieu.


V. 1, 2 — Dans ce psaume, la détresse de l’homme pieux augmente et sa supplication se fait plus urgente. Il désire que sa prière vienne devant Dieu comme l’encens et comme l’offrande du soir.

V. 3, 4 — Mais pour que sa prière soit acceptée, le psalmiste sent que certaines conditions morales sont nécessaires.

Premièrement, une garde doit être mise à sa bouche, afin qu’il n’en sorte aucune parole inconvenante dans la présence de l’Éternel.

Deuxièmement, son cœur doit être gardé de toute mauvaise chose, et ses mains de toutes méchantes actions.

Troisièmement, il ressent la nécessité profonde d’être séparé des ouvriers d’iniquité.

Telles sont les conditions morales requises en tout temps pour le fidèle qui cherche à élever « des mains saintes » dans la prière (1 Tim. 2:8).

V. 5, 6 — Pour que le croyant soit toujours caractérisé par ces conditions morales, la discipline de Dieu s’avère parfois nécessaire. Aussi, tandis que l’homme pieux rejette les faveurs des méchants, il accepte les coups et les reproches du juste.

Avec un esprit brisé, le psalmiste peut prier non seulement pour sa propre délivrance, mais encore pour ses ennemis qui seront immanquablement accablés par les calamités. C’est ainsi qu’il désire que ses paroles soient agréables à Dieu (v. 2) et douces même pour ses adversaires.

V. 7-10 — Extérieurement, il pourrait sembler que les fidèles sont dans des circonstances désespérées. Ils donnent l’apparence d’être sans vie, comme des os dispersés à la gueule du shéol. Parvenu à cette extrémité, le psalmiste trouve son secours en Dieu. Se confiant en l’Éternel, il s’attend à être gardé du piège des méchants, et demande que, sous le gouvernement de Dieu, ceux-ci tombent dans leurs propres filets.


4.5.36 - Psaume 142

L’homme pieux s’attend à l’Éternel, son unique refuge, lorsque toutes les autres ressources ont fait défaut.


V. 1, 2 — Dans son affliction, l’homme pieux trouve du soulagement à placer sa détresse devant l’Éternel.

V. 3-5 — Bien qu’accablé de douleur dans son esprit, le fidèle garde confiance, sachant que l’Éternel connaît chaque détail de son sentier. Ce que le psalmiste exprime dans la suite de sa prière découle de cette confiance que l’Éternel est au fait de toutes choses.

Sur son chemin, l’ennemi a placé des pièges devant ses pieds ; mais rien n’est caché à l’Éternel qui connaît son sentier. Il n’y a personne qui « reconnaisse » l’homme pieux, mais l’Éternel le connaît. Les refuges humains manquent et personne ne s’enquiert de son âme. Incompris, rejeté et méprisé par les hommes, il se tourne vers l’Éternel et trouve en lui un refuge dans toutes les épreuves, ainsi que la source de toute bénédiction : sa « part dans la terre des vivants ».

V. 6, 7 — Ayant exposé sa détresse devant l’Éternel, le psalmiste attend une réponse à son cri, et demande d’être délivré de ses persécuteurs. Il prend la place dans laquelle Dieu peut venir à la rencontre de l’âme dans le besoin, car il confesse qu’il est « très misérable » et que ses persécuteurs sont « plus forts » que lui.

Sorti de la détresse, le fidèle pourra célébrer librement le nom de l’Éternel en compagnie des justes. Ayant exposé ainsi sa douleur devant son Dieu, il est rendu conscient que l’Éternel lui fera du bien.


4.5.37 - Psaume 143

L’homme pieux supplie l’Éternel d’intervenir en justice, en faveur de son serviteur éprouvé et affligé.


V. 1, 2 — Le psalmiste demande à l’Éternel d’écouter sa prière et d’agir pour lui dans sa fidélité et sa justice ; il confesse en même temps qu’il ne peut pas se tenir devant Dieu sur le terrain de sa propre justice.

V. 3-6 — Ces versets exposent les circonstances affligeantes qui sont à l’origine de la prière. L’homme pieux est persécuté par l’ennemi ; sa vie est foulée par terre ; son chemin est ténébreux et il est lui-même oublié, comme ceux qui sont morts depuis longtemps.

Ce constat accable son esprit et désole son cœur. Il se souvient des jours d’autrefois et pense à toutes les œuvres de Dieu, sans trouver de soulagement pour son âme. La persécution dont il est l’objet peut bien être le châtiment de l’Éternel, qui permet cette chute du fidèle dans les ténèbres, et l’accablement de son âme, pour lui apprendre qu’il ne peut être justifié par aucun effort de sa part. Il est rejeté sur Dieu et sa justice. Ainsi, il finit par étendre ses mains vers l’Éternel, sa seule espérance.

V. 7-10 — La prière du psalmiste occupe la dernière partie de ce psaume. Il recherche sincèrement la faveur de la face de l’Éternel, car sans elle il est semblable à un mort. Il languit après la bonté de l’Éternel qui fera sortir son âme des ténèbres et la conduira à la lumière du jour. Il désire connaître le chemin dans lequel l’Éternel veut qu’il marche, être délivré de ses ennemis, apprendre à faire ce qui plaît à Dieu et être conduit dans un pays uni (ou : de droiture).

V. 11, 12 — Dans ces versets, le psalmiste recourt à une triple argumentation. Il invoque premièrement le nom de l’Éternel, deuxièmement, la justice de l’Éternel, et troisièmement, il rappelle qu’il est son serviteur. L’Éternel ne peut pas être indifférent à la gloire de son nom ; sa justice ne peut pas ignorer la méchanceté de l’homme ; sa bonté ne peut pas rester insensible à la détresse de ses serviteurs.


4.5.38 - Psaume 144

L’homme pieux encourage son âme en pensant à la grandeur de l’Éternel en contraste avec la fragilité des hommes qui s’opposent à lui.


V. 1, 2 — En présence de ses ennemis, le psalmiste est réconforté par la bénédiction de l’Éternel en qui il trouve tout son secours. L’Éternel est sa force dans la faiblesse, celui qui l’enseigne pour le combat, sa bonté dans les besoins, son lieu fort comme refuge dans la tempête, sa haute retraite d’où il monte la garde, celui qui le délivre dans la détresse, son bouclier pour le protéger, celui qui assujettira « mon peuple » sous lui.

V. 3, 4 — Après avoir contemplé la grandeur de l’Éternel, le psalmiste réalise la faiblesse de l’homme. Qu’est-ce que l’homme (Adam), ou le fils de l’homme (Enosh) — l’homme dans toute sa fragilité et sa faiblesse, pour que l’Éternel tienne compte de lui ? Il ressemble à la vanité et ses jours sont comme une ombre qui passe.

V. 5-8 — Vu la grandeur de l’Éternel et la fragilité de l’homme, qui osera s’élever contre Dieu ? pourquoi le jugement serait-il différé ? Aussi le psalmiste supplie-t-il l’Éternel d’intervenir en jugement contre les ennemis de son peuple et de tirer ainsi les fidèles de leur profonde détresse : les « grandes eaux » ; et de les délivrer de la puissance des étrangers, caractérisés par la corruption.

V. 9, 10 — Délivrés, les fidèles trouveront une nouvelle occasion de célébrer Dieu qui donne le salut et sauve son serviteur de l’épée.

V. 11-15 — Débarrassés de tous leurs ennemis, les fidèles entreront dans la bénédiction terrestre du Millénium, de ces jours où les hommes seront bénis dans leurs enfants, et où ils prospéreront dans leurs circonstances. Il n’y aura plus ni plaintes ni mécontentement parmi le peuple rendu bienheureux par la connaissance de l’Éternel comme son Dieu.


4.5.39 - Psaume 145

L’homme pieux célèbre la puissance, la grâce et la gloire du royaume éternel de Dieu.


Ce psaume est le dernier des psaumes suivant l’ordre alphabétique. La classification n’est pas tout à fait complète, vu que la lettre Nun est omise.

V. 1, 2 — L’homme pieux, délivré de tous ses ennemis, peut contempler une éternité dans laquelle il ne voit plus l’intrusion du mal, ni aucune trace d’afflictions qui pourrait ternir sa joie dans l’Éternel. Aussi peut-il dire : « Je bénirai ton nom à toujours et à perpétuité ». « Je louerai ton nom à toujours et à perpétuité ».

V. 3-7 — Premièrement, le psalmiste célèbre la grandeur et la puissance de Dieu. La grandeur de l’Éternel est telle qu’elle ne peut être sondée. Ses actes sont « puissants », « merveilleux » et « terribles ». Les générations raconteront ses actes puissants, la magnificence glorieuse de sa majesté et la force de ses actes terribles ; elles feront jaillir la mémoire de sa bonté envers son peuple, une bonté qui est fondée sur la justice.

V. 8-12 — Deuxièmement, le psalmiste célèbre la grâce de Dieu. L’Éternel est plein de grâce, miséricordieux, lent à la colère et d’une grande bonté. Quelle différence avec l’homme, et même avec les siens qui, trop souvent, manquent de grâce et de compassion, se mettent vite en colère et manifestent peu de bonté !

De plus, l’Éternel est bon envers tous, et ses compassions sont sur toutes ses œuvres. En réponse à sa bonté, toutes ses œuvres le célèbrent, ses saints le bénissent et rendent témoignage de la gloire de son royaume aux fils des hommes.

V. 13-20 — Troisièmement, le psalmiste célèbre la gloire et la bénédiction du royaume de l’Éternel. En contraste avec les empires humains, qui passent et sont marqués, au cours de leur existence, par l’orgueil et la puissance arbitraire, ce royaume est éternel ; il est caractérisé par la grâce condescendante de l’Éternel qui soutient ceux qui tombent, relève ceux qui sont courbés, rassasie tout ce qui a vie ; qui entend le cri de tous ceux qui l’invoquent, accomplit le souhait de ceux qui le craignent et garde tous ceux qui l’aiment. Mais il juge ceux qui s’opposent à lui.

V. 21 — L’âme remplie de la grandeur et de la grâce de l’Éternel, le psalmiste invite toute chair à bénir « Son saint nom, à toujours et à perpétuité ».


4.5.40 - Psaume 146

Israël, délivré de tous ses ennemis, comprend la folie de se confier en l’homme et le bonheur de s’attendre à l’Éternel en qui il a mis sa confiance.


V. 1, 2 — Les fidèles en Israël, délivrés de tous leurs ennemis, ont devant eux une vie de louange ininterrompue à l’Éternel, une vie dans laquelle ils ne connaîtront plus d’afflictions. Chacun individuellement peut dire : « Je louerai l’Éternel durant ma vie ».

V. 3-5 — Les expériences passées leur ont enseigné premièrement la folie de se confier dans les hommes, qu’ils soient grands ou petits. Ils ne peuvent garantir ni secours, ni continuité, ni l’accomplissement de ce qu’ils se proposent. Deuxièmement, Israël a goûté la bénédiction de celui qui a le Dieu de Jacob pour son secours et son espérance.

V. 6-9 — Les fils d’Israël ont découvert, et confessent avec bonheur, que l’Éternel est un Dieu puissant, le créateur des cieux et de la terre, et de tout ce qui s’y trouve.

Il est un Dieu fidèle, « qui garde la vérité à toujours ». « Il est vrai et sa Parole est vérité ; et cette Parole il la garde non pas un certain temps, mais à toujours » (Perowne).

Il est un Dieu juste, « qui exécute le jugement en faveur des opprimés ».

Il est un Dieu de bonté, « qui donne du pain à ceux qui ont faim ».

Il est un Dieu de grâce, qui « met en liberté les prisonniers », « ouvre les yeux des aveugles » et « relève ceux qui sont courbés ».

Il est un Dieu d’amour, qui « aime les justes ».

Il est un Dieu de compassion, qui a pitié des êtres sans défense : l’étranger, l’orphelin et la veuve.

Il est un Dieu saint, qui « confond la voie des méchants ».

V. 10 — Tel est celui qui régnera à toujours, le Dieu de Sion. Le psalmiste peut alors bien dire à toutes les générations : « Louez Jah ! »


4.5.41 - Psaume 147

La nation d’Israël réunie, invitée à louer l’Éternel pour sa grâce qui restaure, sa bonté providentielle et ses soins en salut.


V. 1-6 — Israël, délivré de tous ses ennemis, se réjouit dans la faveur de l’Éternel. Le peuple célèbre la grâce divine qui l’a restauré, confessant avec bonheur qu’il doit toutes ses bénédictions à ce que l’Éternel a fait.

L’homme peut détruire, mais l’Éternel seul est à même de bâtir Jérusalem. Dans notre folie, nous pouvons disperser le peuple de Dieu ; l’Éternel seul « rassemble les exilés » de son peuple. Nous pouvons briser les cœurs, l’Éternel seul « guérit ceux qui ont le cœur brisé ». Nous pouvons ouvrir des vieilles blessures, l’Éternel est celui qui « bande » nos plaies.

Pourtant, celui qui, dans sa tendre compassion, se baisse pour guérir un cœur brisé sur 1a terre peut aussi, dans l’étendue de sa puissance, compter le nombre des étoiles et, dans sa sagesse infinie, donner un nom à chacune d’entre elles.

L’homme peut écraser les faibles, mais l’Éternel les élève. L’homme est capable, hélas ! de glorifier les méchants, mais l’Éternel les renverse jusqu’en terre.

V. 7-11 — La bonté providentielle de l’Éternel est un motif supplémentaire de louange. Il dispose les nuages et envoie la pluie, il « fait germer l’herbe » pour nourrir ses créatures. Il ne se complaît pas en des êtres qui se confient dans la force purement animale ; son plaisir est en ceux qui craignent Dieu et s’attendent à sa bonté.

V. 12-20 — Pour la troisième fois dans ce psaume, le peuple est appelé à louer l’Éternel. Les fils d’Israël l’ont déjà célébré pour sa grâce qui les a restaurés, rassemblant les exilés et rebâtissant Jérusalem ; maintenant Israël le loue pour ses soins protecteurs, par lesquels les portes de la ville sont gardées, la paix est maintenue, les besoins du peuple sont satisfaits (v. 13, 14) ; les saisons sont ordonnées pour leur bénédiction (v. 15-18) ; la pensée de l’Éternel est révélée, ses statuts et ses ordonnances sont donnés à Israël (v. 19, 20).


4.5.42 - Psaume 148

Toute la création, dans ses deux grandes sphères : le ciel et la terre, est invitée à louer l’Éternel.


V. 1-6 — Les cieux d’abord et l’immense armée des êtres angéliques ensuite sont appelés à louer l’Éternel. Puis la création : le soleil, la lune et les étoiles de lumière ajoutent leur tribut de louange. Les cieux des cieux et les eaux qui sont au-dessus des cieux sont invités à louer. Qu’ils louent l’Éternel, car c’est lui qui a commandé, et ils ont été créés : « Il a parlé, et la chose a été » (Ps. 33:9). Il a établi les sphères à perpétuité, il a décrété leurs mouvements et elles ne s’en écarteront pas.

V. 7-13 — La terre est appelée à louer l’Éternel. Les monstres des eaux et les abîmes qui les abritent, les différents éléments : le feu et la grêle, la neige et la vapeur, et le vent de tempête qui exécute la parole de l’Éternel, les grandes montagnes et les collines, les arbres et les animaux de la création, tous sont invités à la louange. Enfin l’homme, le couronnement de la scène terrestre — les rois et les peuples, les jeunes hommes et les vierges, les vieillards et les jeunes gens sont appelés à se joindre pour louer celui dont le nom seul est haut élevé, et dont la majesté est au-dessus de la terre et des cieux.

V. 14 — Dans toute cette scène de louange terrestre offerte à Dieu par les fils de l’homme, Israël occupera toujours une place spéciale, comme le peuple qui est près de l’Éternel. À cause de ce privilège élevé, l’appel : « Louez Jah ! » lui est adressé.


4.5.43 - Psaume 149

Israël restauré, appelé à se réjouir dans son Roi, en tant que participant à sa gloire et à son gouvernement.


V. 1-4 — La congrégation terrestre des saints est invitée à louer l’Éternel. Leur créateur est leur roi qui, enfin, peut trouver son plaisir dans son peuple et sauver les débonnaires.

V. 5 — La longue histoire d’affliction du peuple est terminée, le jour de gloire est venu et, dans le repos, les fidèles peuvent chanter hautement les louanges de Dieu.

V. 6-9 — Si la louange de Dieu est dans leur bouche, l’épée du gouvernement se trouvera dans leur main ; car au jour de gloire, ils participeront au gouvernement du Roi sur le monde, exécutant le jugement sur ses ennemis. « Cette gloire est pour tous ses saints ».


4.5.44 - Psaume 150

La terre et les cieux, avec tout ce qui respire, invités à louer l’Éternel.


V. 1, 2 — D’une manière très belle, ces cinq psaumes de louange se terminent par un appel à la terre et au firmament à se joindre afin de louer l’Éternel. Dieu sera loué dans le sanctuaire terrestre de sa sainteté et dans l’étendue du ciel où sa force et sa majesté sont déployées. Il sera loué pour ses actes puissants et pour l’immensité de sa grandeur.

V. 3-6 — Chacun des instruments du service dans le temple interviendra pour louer Dieu. Mais par-dessus tout, la voix de l’homme fera retentir la louange de l’Éternel. « Que tout ce qui respire loue Jah ! Louez Jah ! ».