Le prophète Zacharie

Edward Dennett (écrit en 1888 ; ajouts bibliquest entre crochets)

Traduit de l’anglais d’après le livre édité par Bible Truth Publishers

Table des matières abrégée : (détaillée)

1 - Préface [Raisons de s’intéresser aux prophéties de l’Ancien Testament]

2 - Introduction

3 - Zacharie 1 — Un message et deux visions

4 - Zacharie 2 — Troisième vision

5 - Zacharie 3 — Quatrième vision

6 - Zacharie 4 — Cinquième vision

7 - Zacharie 5 — Sixième et septième visions

8 - Zacharie 6 — Huitième vision

9 - Zacharie 7 — Devait-on continuer les jeûnes d’humiliation ? Ce qui était à l’origine des malheurs subis

10 - Zacharie 8 — Desseins immuables de Dieu de bénédiction

11 - Zacharie 9 — Délivrance finale avec l’avènement du Messie

12 - Zacharie 10 — Circonstances de la restauration d’Israël

13 - Zacharie 11 — Circonstances des derniers jours en conséquence du rejet de Christ, et certains détails de Son rejet

14 - Zacharie 12 — Événements des derniers jours en rapport avec Jérusalem et la reconnaissance du Messie


Table des matières détaillée :

1 - Préface [Raisons de s’intéresser aux prophéties de l’Ancien Testament]

2 - Introduction

2.1 - [Zacharie par rapport à Aggée]

2.2 - [Sujets abordés par Zacharie]

2.3 - [Plan de Zacharie]

3 - Zacharie 1 — Un message et deux visions

3.1 - [Ch. 1:1-6]

3.1.1 - [Ch. 1:2 — Un appel brusque et solennel]

3.1.2 - [Ch. 1:3-4 — Appel à revenir]

3.1.3 - [Ch. 1:5-6 — Rappel du devenir de ceux qui n’ont pas écouté]

3.2 - [Ch. 1:7-17 — Première vision : l’Ange et les chevaux parmi les myrtes]

3.2.1 - [Ch. 1:7-8 — La vision]

3.2.2 - [Ch. 1:9-11 — Constat de l’indifférence générale quant à la désolation de Jérusalem]

3.2.3 - [Ch. 1:12 — Se tourner vers Dieu]

3.2.4 - [Ch. 1:13 — Consolation]

3.2.5 - [Ch. 1:14-15 — Le cœur de l’Éternel pour Son peuple]

3.2.6 - [Ch. 1:16-17 — Annonce du dessein de restauration]

3.3 - [Ch. 1:18-21 — Deuxième vision : le quatre cornes et les quatre ouvriers]

4 - Zacharie 2 — Troisième vision

4.1 - [Ch. 2:1-2 — La mesure de Jérusalem]

4.2 - [Ch. 2:3-5 — Annonce de la pleine restauration de Jérusalem]

4.3 - [Ch. 2:6-9 — Appel à ne pas rester dans le pays d’exil]

4.3.1 - [Ch. 2:6-7 — Échapper à l’emprise du monde]

4.3.2 - [Ch. 2:8 — Après la gloire]

4.3.3 - [Ch. 2:9 — Jugement contre les nations]

4.4 - [Ch. 2:10 — Joie du retour de l’Éternel au milieu de Son peuple]

4.5 - [Ch. 2:11 — Les nations jointes au peuple. Répétition de la promesse]

4.6 - [Ch. 2:12 — L’héritage de l’Éternel]

4.7 - [Ch. 2:13 — Faire silence devant l’Éternel et ce qu’Il fera]

5 - Zacharie 3 — Quatrième vision

5.1 - [Ch. 3:1 — Opposition de Satan en présence même de Dieu]

5.2 - [Ch. 3:2 — Raisons de l’opposition de Satan, et rétablissement du peuple par la grâce]

5.3 - [Ch. 3:3-4 — Comment Dieu rend propre à Sa présence]

5.4 - [Ch. 3:5 — Dieu fait plus qu’effacer la culpabilité]

5.5 - [Ch. 3:6-7 — Faire l’acquit de la charge et marcher dans les voies de Dieu]

5.6 - [Ch. 3:8 — Christ le Germe. Joshua et ses compagnons, types de Christ glorifié dans les saints]

5.7 - [Ch. 3:9 — Christ comme pierre de fondement]

5.8 - [Ch. 3:10 — Prospérité et paix terrestres]

6 - Zacharie 4 — Cinquième vision

6.1 - [Ch. 4 — Vue d’ensemble]

6.2 - [Ch. 4:1-3 — Le chandelier]

6.3 - [Ch. 4:4-7 — Signification du chandelier]

6.3.1 - [Ch. 4:5-6]

6.3.2 - [Ch. 4:7a]

6.3.3 - [Ch. 4:7b]

6.4 - [Ch. 4:8-10 — Certitude de l’achèvement de la maison et joie de l’Éternel]

6.4.1 - [Ch. 4:9]

6.4.2 - [Ch. 4:10 — Le jour des petites choses]

6.5 - [Ch. 4:11-14 — Les deux oliviers]

7 - Zacharie 5 — Sixième et septième visions

7.1 - [Ch. 5:1-4 — Le rouleau qui vole]

7.1.1 - [Ch. 5:1-2 — Taille du rouleau]

7.1.2 - [Ch. 5:3 — Malédiction inexorable]

7.1.3 - [Ch. 5:4 — Certitude du jugement final]

7.2 - [Ch. 5:5-11 — La femme dans l’épha]

7.2.1 - [Ch. 5:5 — L’épha qui sort]

7.2.2 - [Ch. 5:8a — La femme au milieu de l’épha]

7.2.3 - [Ch. 5:8b — Le poids sur l’ouverture de l’épha]

7.2.4 - [Ch. 5:9-11 — Le devenir de l’épha]

7.2.4.1 - [Ch. 5:9 — Deux femmes]

7.2.4.2 - [Ch. 5:9 — Le vent dans les ailes des deux femmes]

7.2.4.3 - [Ch. 5:10-11 — Apostasie finale]

8 - Zacharie 6 — Huitième vision

8.1 - [Ch. 6:1-8 — Une vision]

8.1.1 - [Ch. 6:1 — Chars sortant d’entre deux montagnes d’airain]

8.1.2 - [Principes généraux de l’action divine selon un autre auteur]

8.1.2.1 - [Dieu maintient un gouvernement indirect sur la terre et poursuit l’accomplissement de Ses desseins, malgré un désaccord moral avec les instruments]

8.1.2.2 - [Ch. 6:8 — Ce que représentent les figures des v. 6 à 8]

8.1.3 - [En rapport avec Ch. 6:1-8, quelques grandes lignes sur le sens de l’histoire]

8.2 - [Ch. 6:9-15 — Un message de l’Éternel]

8.2.1 - [Ch. 6:9-11 — Couronnement de Joshua, type de Christ dans Sa gloire future]

8.2.2 - [Ch. 6:12-13 — Joshua couronné : Différents aspects de Christ glorifié]

8.2.2.1 - [Le Germe]

8.2.2.2 - [Il bâtira le temple de l’Éternel]

8.2.2.3 - [Il portera la gloire]

8.2.2.4 - [Il sera sacrificateur sur son trône]

8.2.2.5 - [Le conseil de paix]

8.2.3 - [Ch. 6:14 — Couronnes gardées en souvenir du Résidu]

8.2.4 - [Ch. 6:15a,b — Collaborateurs de Christ]

8.2.5 - [Ch. 6:15c — Résidu sous la responsabilité de l’obéissance]

9 - Zacharie 7 — Devait-on continuer les jeûnes d’humiliation ? Ce qui était à l’origine des malheurs subis

9.1 - [Ch. 7:1-3 — La question posée par la délégation de Béthel à propos des jeûnes]

9.2 - [Ch. 7:4-6 — Dénonciation des pratiques religieuse qui ne sont que des formes extérieures]

9.3 - [Ch. 7:7 — Rechercher les causes à l’origine des misères et les écarts par rapport à la Parole de Dieu]

9.4 - [Ch. 7:8-14 — Ce que l’Éternel avait crié par les anciens prophètes]

9.4.1 - [Ch. 7:9-10 — Ce que Dieu exigeait de Son peuple comme condition de son maintien dans la bénédiction dans le pays]

9.4.2 - [Ch. 7:11-12a — Avertissements contre le refus d’écouter la Parole de Dieu]

9.4.3 - [Ch. 7:12b-14 – Les malheurs subis étaient dus à ce qu’on n’avait pas écouté la Parole de l’Éternel]

10 - Zacharie 8 — Desseins immuables de Dieu de bénédiction

10.1 - [Deux parties dans le chapitre]

10.2 - [La prophétie traite de la faillite du peuple et des desseins immuables de Dieu de bénédiction]

10.3 - [Ch. 8:1-8 — La restauration, la prospérité et la bénédiction futures de Jérusalem et de Juda]

10.3.1 - [Ch. 8:1-2 — Le motif de l’intervention de Dieu en faveur de Son peuple est Son amour immuable pour Sion]

10.3.2 - [Ch. 8:3 — Comment l’Éternel accomplira Ses desseins]

10.3.2.1 - [L’Éternel revenu à Sion]

10.3.2.2 - [J’habiterai à Jérusalem]

10.3.2.3 - [Jérusalem, ville de vérité, montagne de l’Éternel des armées, montagne sainte]

10.3.3 - [Ch. 8:4-5 — Prospérité et bonheur futurs des habitants de Jérusalem]

10.3.4 - [Ch. 8:6 — L’accomplissement de la promesse de bénédiction sera une source d’étonnement]

10.3.5 - [Ch. 8:7-8 — La bénédiction, le bonheur et la prospérité, découleront de la relation établie avec Dieu]

10.4 - [Ch. 8:9-17 — Effet des promesses de bénédiction sur la conduite dans les circonstances présentes du peuple]

10.4.1 - [Ch. 8:9 — Rappel des encouragements prononcés lors de la pose du fondement du temple]

10.4.2 - [Ch. 8:10 — Le peuple était de nouveau retourné à la recherche de leurs propres intérêts]

10.4.3 - [Ch. 8:11-12 — Après un nouveau réveil, promesse d’un renouveau de bénédiction]

10.4.4 - [Ch. 8:13 — La bénédiction du peuple restauré s’étendrait aux nations]

10.4.5 - [Ch. 8:14-15 — Pas de raison de craindre si on se repose sur le Seigneur et compte sur Sa faveur]

10.4.6 - [Ch. 8:16-17 — La possession pratique et la jouissance des bénédictions nécessitent que la marche soit gouvernée par la Parole de Dieu]

10.5 - [Ch. 8:18-23 — La réponse aux questions posées sur la poursuite des jeûnes]

10.5.1 - [Ch. 8:18-19 — Le temps vient où tous ces jeûnes deviendront joie et allégresse. En attendant aimer la vérité et la paix]

10.5.2 - [Ch. 8:20-22 — Le temps où beaucoup de villes viendront pour rechercher l’Éternel et L’implorer]

10.5.3 - [Ch. 8:23 — La présence de l’Éternel au milieu de Son peuple attire vers le lieu de Sa présence]

11 - Zacharie 9 — Délivrance finale avec l’avènement du Messie

11.1 - [Ch 9:1-7 — Jugements sur les peuples voisins d’Israël]

11.1.1 - [Ch 9:1-2a — Hadrac, Damas, Hamath]

11.1.2 - [Ch 9:2b-4 — Tyr et Sidon]

11.1.3 - [Ch 9:5-7 — Pays des Philistins]

11.1.4 - [Ch 9:8 — Application future de cette prophétie sur la protection de l’Éternel contre les ennemis]

11.2 - [Ch 9:9-17 — Avènement du Messie et ses conséquences]

11.2.1 - [Ch 9:9 — Présentation de la personne de Celui qu’ils attendaient et en qui seul se trouverait leur délivrance]

11.2.2 - [Ch 9:10 — Le Messie fera disparaître toutes les fausses confidences de Son peuple. Sa domination universelle]

11.2.3 - [Ch 9:11 — Délivrance à cause du sang de l’alliance]

11.2.4 - [Ch 9:12 — Les captifs qui espèrent la délivrance recevront en bénédiction le double de ce qu’ils ont souffert]

11.2.5 - [Ch 9:13 — Israël utilisé pour soumettre les nations lors des attaques proches de l’avènement]

11.2.6 - [Ch 9:14-15 — Puissance irrésistible des armées de l’Éternel. Il y aura des signes visibles de Sa présence]

11.2.7 - [Ch 9:16 — Le peuple haut élevé en position]

11.2.8 - [Ch 9:17 — Grandeur de la grâce et de la beauté de l’Éternel. Bonheur qui en résulte pour Son peuple]

12 - Zacharie 10 — Circonstances de la restauration d’Israël

12.1 - [Problèmes de chronologie et d’ordre dans les écrits prophétiques]

12.2 - [Ch. 10:1 — Exhortation au Résidu à demander la pluie de la dernière saison]

12.3 - [Ch. 10:2 — Impuissance des idoles. Manque de bergers]

12.4 - [Ch. 10:3 — Les bergers sont responsables du mauvais état du peuple]

12.4.1 - [Ch. 10:3a — Colère de l’Éternel contre les responsables du peuple]

12.4.2 - [Ch. 10:3b — Visite du troupeau par l’Éternel en jugement en même temps que Son intervention en faveur de Juda]

12.5 - [Ch. 10:4-5 — Place prééminente de Juda dans le royaume, et sa puissance victorieuse dans les batailles de l’Éternel]

12.5.1 - [Ch. 10:4 — Pierre angulaire, clou, arc de guerre : images du Messie]

12.5.2 - [Ch. 10:5 — Encore la force irrésistible (contre les oppresseurs) qui provient de la présence de l’Éternel]

12.6 - [Ch. 10:6-7 — Restauration de tout Israël et leur bénédiction dans le pays]

12.7 - [Ch. 10:8-12 — Comment l’Éternel rassemblera et restaurera]

12.7.1 - [Ch. 10:8 — Appel pour faire venir]

12.7.2 - [Ch. 10:9 — Le peuple amené à se souvenir de l’Éternel dans les pays lointains]

12.7.3 - [Ch. 10:10 — Les pays d’où Israël sera amené]

12.7.4 - [Ch. 10:11 — Jugements tombant sur les nations]

12.7.5 - [Ch. 10:12 — Heureuse condition d’Israël restauré]

13 - Zacharie 11 — Circonstances des derniers jours en conséquence du rejet de Christ, et certains détails de Son rejet

13.1 - [Ch. 11:1-3 — Une grande calamité publique, résultant peut-être d’une invasion des nations]

13.2 - [Ch. 11:4-5 — Le troupeau (peuple) sous la domination des nations avec des bergers qui les leur vendent sans pitié. L’Éternel les confie à Christ]

13.3 - [Ch. 11:6 — La nation impie livrée au jugement]

13.4 - [Ch. 11:7-9 — Zacharie personnifiant la vie de Christ au milieu des Juifs]

13.4.1 - [Ch. 11:7a — Le Bon Berger des pauvres du troupeau]

13.4.2 - [Ch. 11:7b — Place prise moralement en Israël par le Messie]

13.4.3 - [Ch. 11:8a — Trois mauvais bergers retranchés]

13.4.4 - [Ch. 11:8b — Christ fatigué de la nation incrédule, et haine de celle-ci]

13.4.5 - [Ch. 11:9 — Gouvernement en jugement quand la grâce est rejetée]

13.5 - [Ch. 11:10 — Brisement du bâton ‘Beauté’ et rassemblement des nations remis à plus tard]

13.6 - [Ch. 11:11 — Le Résidu reconnaît l’accomplissement de la Parole]

13.7 - [Ch. 11:12-13 — Le prix auquel le Seigneur a été évalué]

13.7.1 - [Ch. 11:12 — L’évaluation à 30 pièces d’argent]

13.7.2 - [Ch. 11:13a — Le prix magnifique : un opprobre blessant le cœur du Seigneur]

13.7.3 - [Ch. 11:13b — L’accomplissement de la prophétie sur l’argent jeté au potier]

13.8 - [Ch. 11:14 — Brisement du bâton Liens : le rejet de Christ empêche le rassemblement des peuples]

13.9 - [Ch. 11:15-16 — Annonce de l’antichrist et ses caractères]

13.10 - [Ch. 11:17 — Le jugement final tombant sur l’antichrist]

14 - Zacharie 12 — Événements des derniers jours en rapport avec Jérusalem et la reconnaissance du Messie

14.1 - [Survol jusqu’à la fin du ch. 14]

14.2 - [Ch. 12:1-2 — Un oracle pour Israël, mais relatif à Juda et Jérusalem]

14.2.1 - [Quelques réflexions sur la date possible des événements considérés]

14.2.2 - [Dieu, comme Créateur, donne l’assurance de Sa puissance pour accomplir Sa parole]

14.3 - [Ch. 12:3 — Redoublement de la promesse de l’intervention divine finale en faveur de Jérusalem]

14.4 - [Ch. 12:4 — Soudaineté de l’intervention de l’Éternel]

14.5 - [Ch. 12:5 — Dieu donne une conviction intérieure d’encouragement au moment où il n’y a plus de ressources]

14.6 - [Ch. 12:6 — Ayant été préparés à l’avance, les instruments de Dieu sont irrésistibles quand ils agissent]

14.7 - [Ch. 12:7-9 — Encore sur la manière divine de protéger Juda et Jérusalem]

14.7.1 - [Ch. 12:7 — Grâce de Dieu qui prévient les jalousies internes]

14.7.2 - [Ch. 12:8a — L’intervention de Dieu en faveur de Juda a pour objectif la protection de Jérusalem]

14.7.3 - [Ch. 12:8b — Dans leur faiblesse Dieu donne à Ses instruments une force surhumaine]

14.7.4 - [Ch. 12:9 — Intention de Dieu de détruire ceux qui attaquent Jérusalem]

14.8 - [Ch. 12:10 — La repentance dans les cœurs]

14.8.1 - [Ch. 12:10a — Une fois le secours extérieur opéré, Dieu produit la repentance dans les cœurs en présentant Christ]

14.8.2 - [Ch. 12:10b — Caractère spécial de la repentance : une lamentation comme pour un fils unique]

14.9 - [Ch. 12:11 — Comparaison avec la lamentation pour la mort de Josias]

14.10 - [Ch. 12:12-14 — Affliction en profondeur jusqu’au niveau personnel et individuel]


1 - Préface [Raisons de s’intéresser aux prophéties de l’Ancien Testament]

Les pages qui suivent contiennent un exposé simple du prophète Zacharie, et l’auteur ne peut qu’espérer que ce qu’il a écrit attirera le lecteur vers l’étude de ce livre avec un intérêt croissant. De nombreuses observations l’ont amené à conclure que les livres prophétiques perdent de leur emprise sur les jeunes croyants, voire sur les plus âgés, de notre époque. On n’oublie pas que la part des saints célestes et l’espérance de l’Église se trouvent dans le Nouveau Testament ; mais, bien que cela soit vrai, il est extrêmement important, pour le croyant, de s’intéresser à tout ce qui concerne les desseins de Dieu et la gloire de Son Christ ici sur la terre. Sans cela, le cœur est susceptible de se rétrécir et de se contracter, et l’enthousiasme manque pour une lecture intelligente des Écritures de l’Ancien Testament. En outre, les écrits sacrés présentent un intérêt particulier en ce qui concerne le résidu restauré de la période post-captivité, dans la mesure où ils décrivent si souvent la position morale des saints qui attendent le retour de leur Seigneur. C’est pourquoi l’auteur recommande vivement à ses lecteurs cette partie de la parole de Dieu, avec la pleine assurance qu’une intelligence et une bénédiction accrues résulteront de son étude dans la prière.


2 - Introduction

2.1 - [Zacharie par rapport à Aggée]

Dans le livre d’Esdras, il est dit que « Aggée, le prophète, et Zacharie, fils d’Iddo (*), prophétisèrent aux Juifs de Juda et de Jérusalem, au nom du Dieu d’Israël » (Esdras 5:1). Zacharie, cependant, ne commença son ministère (selon ce qui est rapporté) que deux mois après la première prophétie d’Aggée, bien que la première prophétie de Zacharie ait précédé d’au moins un mois les deux dernières prophéties d’Aggée. Les deux prophéties étaient donc contemporaines, et les deux avaient pour but d’encourager ceux de la captivité à bâtir le temple (voir Esdras 5:2). Mais Zacharie, sous la conduite de l’Esprit, a une vision beaucoup plus large que celle d’Aggée. Ce dernier s’occupe principalement de l’état moral du peuple par rapport au but pour lequel il était revenu de Babylone, c’est-à-dire pour construire la maison de l’Éternel, et pour l’encourager, il déploie les gloires de l’avenir, lorsque le royaume sera rétabli.


2.2 - [Sujets abordés par Zacharie]

Zacharie inclut dans sa vision prophétique les royaumes Gentils auxquels les Juifs étaient assujettis, et l’établissement du Messie en tant que sacrificateur sur Son trône, ce Messie devant bâtir le temple de l’Éternel et « porter la gloire » (Zacharie 6:13). Il traite également du rejet du Messie et de ses conséquences, ainsi que du siège final de Jérusalem par les nations et de sa délivrance par l’apparition soudaine du Seigneur Lui-même. Ceux du résidu s’humilieront jusqu’à la contrition en regardant à Celui qu’ils ont percé, et leurs ennemis seront détruits. En outre, le prophète montre l’Éternel comme roi sur toute la terre, et toutes les nations montant chaque année à Jérusalem pour adorer le Roi, l’Éternel des armées, et pour célébrer la fête des tabernacles. Enfin, il dépeint la sainteté à l’Éternel comme marquant chaque détail de la vie quotidienne du peuple à Jérusalem et en Juda. Ces différents points, avec leurs liens et leurs développements importants, seront abordés au cours de l’examen du livre.


2.3 - [Plan de Zacharie]

Le livre se divise en deux parties : Zacharie 1 à 6, qui contient, après les six premiers versets, une série de visions prophétiques accordées à Zacharie ; et Zacharie 7 à 14, qui comprend les messages qu’il a reçus pour l’instruction et l’encouragement du peuple. La première partie peut donc être qualifiée d’apocalyptique, tandis que la seconde a un caractère prophétique ordinaire.


(*) Zacharie, comme l’indique le premier verset de sa prophétie, était fils de Bérékia. Iddo était son grand-père, et comme Zacharie succéda à Iddo dans la fonction sacerdotale, Bérékia dut mourir pendant la jeunesse de son fils. Zacharie réunit donc en lui les fonctions de prophète et de sacrificateur.


3 - Zacharie 1 — Un message et deux visions

3.1 - [Ch. 1:1-6]

Ce court message de l’Éternel au peuple, qui se trouve dans les six premiers versets, est l’introduction à tout le livre. Au v. 1, la date et la généalogie du prophète sont indiquées ; le lecteur notera le fait significatif que, comme dans Aggée, la date est donnée selon le temps des Gentils. C’était « le huitième mois, la deuxième année de Darius ». Par suite de la ruine du royaume entre les mains de l’homme, Dieu avait transféré Son trône terrestre de Jérusalem à Babylone et à ses successeurs. À cette époque, Babylone étant tombée, Darius était à la tête de la monarchie Gentile, d’où l’introduction de son nom.


3.1.1 - [Ch. 1:2 — Un appel brusque et solennel]

Le début de cette « parole de l’Éternel » est brusque et solennel ; il est destiné à rappeler aux pensées du peuple les voies de l’Éternel dans le passé à l’égard de leurs pères, à la fois comme un avertissement et comme un motif d’appel. « L’Éternel a été fort en courroux contre vos pères » (1:2). Le peuple ne le savait-il pas ? Leur condition actuelle, en contraste avec la gloire et la prospérité du passé, n’en est-elle pas la preuve ? Le fait que le peuple élu de Dieu ait été emmené en captivité et qu’il ne fût autorisé à revenir que maintenant par la volonté d’un monarque Gentil, était certainement suffisant pour éveiller de tristes réflexions sur la cause de leur humiliation et de leur peine. Mais il est facile, nous le savons tous, de s’habituer aux circonstances, et d’ignorer la main du Seigneur à travers elles, et de blâmer tout et n’importe quoi plutôt que nous-mêmes. C’est pourquoi le prophète va à la racine des choses et leur rappelle le péché de leurs pères et le mécontentement du Seigneur qui en avait découlé.


3.1.2 - [Ch. 1:3-4 — Appel à revenir]

Le verset suivant contient un principe de la plus haute importance. « C’est pourquoi tu leur diras : Ainsi dit l’Éternel des armées : Revenez à moi, dit l’Éternel des armées, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées » (1:3). « Les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir » (Rom. 11:29) ; et ainsi Il n’abandonne jamais les buts de Sa grâce quelle que soit la condition pratique de Son peuple. Leur péché peut faire tomber sur eux Sa main en châtiment, mais Il ne rompt pas pour autant Ses relations avec eux. Comme Il l’a dit Lui-même : « Car Moi, l’Éternel, je ne change pas ; c’est pourquoi vous, fils de Jacob, vous n’êtes pas consumés » (Mal. 3:6). Le caractère immuable de Ses relations en grâce avec Son peuple est, en effet, à la base de toutes Ses voies envers eux ; et c’est pourquoi, parce qu’Il est un Dieu fidèle, Il envoyait ce message : « Revenez vers moi, et je reviendrai vers vous ».

Étant donné ce qu’Il est, Il ne pouvait encore punir leurs transgressions et leurs iniquités, et Il leur rappelle ainsi que la condition de Sa présence avec eux, de Son action en leur faveur, était qu’ils se tournent vers Lui. Comme le dit Jacques : « Approchez-vous de Dieu, et Il s’approchera de vous ». (Jacques 4:8 ; comp. 2 Chroniques 15:2). Il en est ainsi aujourd’hui. Le Seigneur peut dire qu’Il ne délaissera ni n’abandonnera jamais Son peuple, qu’ayant aimé les Siens qui sont dans le monde, Il les aimera jusqu’à la fin (Jean 13:1) — mais, en même temps, Il ne veut jamais marcher avec eux, ni ne leur prodiguer les consolations de Sa présence quand ils sont dans l’égarement et le péché. Le maintien de la dépendance et de l’obéissance, de la communion avec Lui, est le secret de toute bénédiction (Jean 14:21-23).

Le lecteur remarquera les sanctions solennelles qui sont jointes à cette exhortation. Les mots « L’Éternel des armées » sont répétés trois fois, cherchant ainsi à atteindre la conscience du peuple et à leur rappeler la puissance et la majesté de leur Dieu d’alliance.

L’exhortation se fonde en outre sur le triste exemple de leurs pères. Les prophètes précédents leur avaient crié, au nom de l’Éternel des armées : « Revenez maintenant de vos mauvaises voies et de vos mauvaises actions !… mais ils n’ont pas écouté, ils ne m’ont pas prêté l’oreille, dit l’Éternel » (1:4).


3.1.3 - [Ch. 1:5-6 — Rappel du devenir de ceux qui n’ont pas écouté]

Et quelle avait été la conséquence de ce que les pères n’avaient pas écouté ? Aucun du peuple de l’Éternel avait-il jamais trouvé que le chemin de la désobéissance était un chemin de sécurité ou de bénédiction ? Non, c’était impossible, et Zacharie rappelle au peuple que, bien que leurs pères et les prophètes qui leur avaient transmis la parole de l’Éternel aient disparu de la scène, la parole de Dieu n’a pas failli. « Mais mes paroles et mes décrets, que j’ai commandé à mes serviteurs les prophètes, n’ont-elles pas atteint vos pères ? Et ils sont revenus et ont dit : Comme l’Éternel des armées a pensé de nous traiter, selon nos voies et selon nos actions, ainsi nous a-t-il traités » (1:6). Nous apprenons ainsi que la parole de Dieu ne revient jamais à Lui sans effet, qu’elle doit accomplir ce qu’il Lui plaît ; le ciel et la terre peuvent passer, mais Sa parole ne périra jamais ; elle exécutera infailliblement la mission pour laquelle elle a été envoyée (És. 55:11). Malheur donc à celui qui la néglige, qui marche selon sa propre volonté au lieu de marcher à la lumière qu’elle lui donne ; car tôt ou tard il devra avouer, comme ces pères, que la parole était sûre, et que, si l’on méprisait ses avertissements, ses menaces s’accomplissaient sûrement (comp. Josué 23:14-19).

Tels sont les principes fondamentaux par lesquels Zacharie commence sa mission prophétique :


3.2 - [Ch. 1:7-17 — Première vision : l’Ange et les chevaux parmi les myrtes]

3.2.1 - [Ch. 1:7-8 — La vision]

Plus de trois mois s’écoulèrent, comme on le verra en comparant les dates des v. 1 et 7, avant que la parole de l’Éternel ne fût adressée de nouveau à Zacharie. Sa tâche était simple : parler quand il en recevait l’ordre, et se taire quand il n’avait pas de message divin. Le Seigneur Lui-même, en venant faire la volonté du Père, a pris cette même place, disant : « Je n’ai pas parlé de moi-même ; mais le Père qui m’a envoyé m’a commandé ce que je devais dire, et comment j’avais à parler » (Jean 12:49 ; 14:10). Or depuis que le Saint Esprit est venu, la directive donnée, par exemple à Timothée, est : « Prêche la parole en temps, et hors de temps » (2 Tim. 4:2). Dans tous les cas, une telle responsabilité ne peut être assumée que par le maintien d’un esprit dépendant et d’une oreille ouverte (voir Ésaïe 1:4).

Dans le cas de Zacharie, c’est une vision apocalyptique qui a été accordée au prophète. Il dit : « Je vis de nuit un homme monté sur un cheval roux, et il se tenait au milieu des myrtes qui étaient dans le fond ; derrière lui, il y avait des chevaux roux, tachetés et blancs » (1:8).

Il faut remarquer que, d’après le v. 11, l’homme sur le cheval roux, au milieu des myrtes, est l’Ange de l’Éternel. Il est souvent parlé des anges comme si c’était des hommes (Luc 24:4 et autres). Or, pour reprendre la définition d’un autre auteur, un cheval est « le symbole de l’énergie divine du gouvernement sur la terre » ; il y a donc une sorte de correspondance entre le cheval de l’ange et les trois groupes de chevaux qui se tiennent derrière lui ; et ce fait fournit la clé permettant de percer le mystère de la vision.

Comme tout lecteur de la prophétie le sait, quand Dieu confia le gouvernement de la terre à Nebucadnetsar en retirant Son trône de Jérusalem, il fut révélé que trois royaumes succéderaient à celui de Babylone avant que le royaume du Christ soit établi. Au moment de cette vision prophétique, Babylone avait déjà été jugée, et il ne restait donc que ces trois royaumes pour la suite : la Perse, la Grèce et Rome (*). Il est donc évident que ces trois empires sont représentés par les chevaux rouge, tacheté et blanc.

Un autre élément mérite d’être noté. La couleur du cheval sur lequel l’ange est assis est la même que celle des chevaux rouges, c’est-à-dire les chevaux qui représentent l’empire perse. La raison en est peut-être que le trône de Perse était alors favorable au résidu restauré en Judée, comme le montre Esdras 6. Nous apprenons maintenant que l’énergie du gouvernement, agissant à ce moment-là par des mains humaines en faveur du peuple de Dieu, avait sa source en Dieu Lui-même : c’est l’ange sur le cheval roux qui dirigeait, bien qu’invisible, les mouvements des chevaux roux du trône de Perse. Ceci est caractéristique du gouvernement de Dieu sur la terre tout au long de la période pendant laquelle Lo-ammi (voir Osée 1) était écrit sur Son peuple. L’homme agit, et apparemment selon sa propre volonté arbitraire, faisant ce qui lui plaît, mais nous comprenons, en particulier d’après le livre d’Esther, que « le cœur du roi est dans la main de l’Éternel, comme des ruisseaux d’eau : Il l’incline comme il Lui plait » (Prov. 21:1). Combien le peuple de Dieu peut se reposer tranquillement, dans la conscience de cela, au milieu des mouvements affairés et des agitations politiques du monde !


(*) Nous ajoutons quelques mots importants tirés d’un autre auteur concernant le jugement de Babylone : « La destruction de Babylone avait une importance particulière : premièrement, parce qu’elle avait été substituée par Dieu Lui-même à Son trône de Jérusalem ; deuxièmement, parce qu’elle était la seule puissance païenne directement mise en place par Lui, bien que tout pouvoir vienne de Lui. Les autres ont remplacé Babylone de manière providentielle. Par conséquent, lors de la destruction de Babylone, Jérusalem est restaurée — même si cela ne montre le principe que partiellement — et la puissance qui juge Babylone est celle qui rétablit le peuple de Dieu dans la ville sainte. Babylone — son établissement, sa domination et sa destruction — impliquait l’ensemble des actions directes de Dieu en rapport avec les Gentils, et avec Son peuple en puissance. Tout le reste n’est venu que comme un prolongement, une parenthèse ».


3.2.2 - [Ch. 1:9-11 — Constat de l’indifférence générale quant à la désolation de Jérusalem]

Le prophète s’enquiert de la signification de la vision qui s’est déroulée devant ses yeux (1:9). « L’homme qui se tenait parmi les myrtes répondit : Ce sont ceux que l’Éternel a envoyés pour parcourir la terre » (1:10).

Le lecteur trouvera instructif la comparaison avec l’expression d’Apocalypse 5 : « Un agneau… ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés sur toute la terre » (Apoc. 5:6). Cela fixe l’interprétation du v. 10 ; car dans cette scène, l’Agneau « au milieu du trône » a le gouvernement de la terre entre Ses mains, bien qu’Il n’en ait pas encore pris possession. Ici donc, les chevaux sont ceux « que l’Éternel a envoyés parcourir la terre » — le pouvoir de gouvernement, de gouvernement universel, étant déposé pour l’instant entre leurs mains. C’est à lui — à l’Ange de l’Éternel — qu’ils rendent compte de ce qu’ils ont trouvé au cours de leur mission : « Nous avons parcouru la terre, et voici, toute la terre est en repos et tranquille » (1:11).

La signification de ce rapport ressort de ce qui suit. Jérusalem était dévastée, le peuple de Dieu était en captivité, et les nations, indifférentes à l’état de ce peuple méprisé et aux pensées de Dieu à leur égard, étaient en repos. L’Éternel s’était servi des Gentils pour infliger Ses châtiments à Son peuple rebelle et apostat, et Il avait, comme nous l’avons dit, remis entre leurs mains le gouvernement de la terre ; mais, au lieu de le tenir sous la responsabilité de Dieu, ils l’exerçaient pour leur propre enrichissement et pour l’oppression du peuple sur lequel il leur avait été permis de triompher. C’est pourquoi il dit : « Je suis très courroucé contre les nations qui sont à leur aise ; car j’étais un peu courroucé, et elles ont aidé au mal » (1:15 ; comparez Ésaïe 47:6 ; Jérémie 50 et 51). L’homme, comme toujours, ne peut pas comprendre les pensées de Dieu.


3.2.3 - [Ch. 1:12 — Se tourner vers Dieu]

En recevant le rapport sur l’état de la terre (*), « l’Ange de l’Éternel prit la parole et dit : Éternel des armées, jusques à quand n’useras-tu pas de miséricorde envers Jérusalem et envers les villes de Juda, contre lesquelles tu as été indigné ces soixante-dix ans ? » (1:12).

Quel commentaire sur l’homme ! Le ciel s’occupait de Jérusalem et de Juda, tandis que l’homme était occupé de ses propres intérêts et ne recherchait que ses aises et sa prospérité. Et quelle leçon pour le croyant ! L’aide de l’homme est vaine, mais il peut toujours se tourner vers Dieu. Comme nous le lisons au psaume 121 : « Lèverai-je les yeux vers les montagnes ? D’où viendrait mon secours ? Mon secours vient de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre ».


3.2.4 - [Ch. 1:13 — Consolation]

La réponse donnée à l’Ange est venue immédiatement, et elle a été formulée sous forme de « bonnes paroles, des paroles de consolation » (Zach. 1:13). Il est à noter que l’ange fonde son plaidoyer sur le fait que l’indignation avait duré soixante-dix ans — la période mentionnées par Jérémie le prophète (Jér. 24:12 ; Daniel 9:2). Le temps était donc venu pour l’Éternel de se souvenir de Jérusalem ; et il est béni pour ceux qui, comme Daniel, comprennent les pensées de l’Éternel et peuvent plaider avec Lui, en communion avec Ses propres pensées, en faveur de Son peuple. Mais si quelqu’un veut jouir de ce privilège, il doit s’efforcer, comme Daniel, de comprendre par les livres — les livres de l’Écriture — quelle est la volonté du Seigneur (cf. Jean 15:7).


(*) Les chevaux « ont le caractère d’esprits administrateurs providentiels des empires plutôt que des empires eux-mêmes » ; et le lecteur comprendra que l’état de la terre, dont il est question ci-dessus, était celui existant sous Darius, le chef de l’empire perse.


3.2.5 - [Ch. 1:14-15 — Le cœur de l’Éternel pour Son peuple]

La réponse de l’Éternel des armées est contenue dans les v. 14 à 17. En premier lieu, l’Éternel déclare Son amour inaltérable pour Jérusalem. L’ange dit ainsi au prophète : « Crie en disant : Ainsi dit l’Éternel des armées : Je suis jaloux d’une grande jalousie à l’égard de Jérusalem et de Sion ».

Il est vrai qu’Il avait Lui-même causé la désolation de la ville bien-aimée, et que Nebucadnetsar avait été Sa propre verge avec laquelle Il l’avait châtiée ; mais Il avait ainsi agi à cause de ses péchés, et à cause de la place de proximité et de bénédiction dont elle avait joui (voir Ésaïe 1), mais maintenant elle avait reçu de la main de l’Éternel le double pour tous ses péchés, et Il pouvait de nouveau parler à son cœur (Ésaïe 40). C’est ainsi que les feux bridés de Son zèle et de Sa jalousie pouvaient à nouveau éclater en sa faveur ; l’amour, que le péché de Son peuple avait refoulé dans Son cœur, pouvait à nouveau se répandre en efforts pour son rétablissement et sa prospérité. C’était là le seul but que l’Éternel poursuivait à ce moment-là sur la terre, et c’est pourquoi il était si courroucé contre les païens qui étaient en cause (1:15). Dieu ne pouvait se reposer à cause de l’état de Jérusalem et de Sion ; les païens pouvaient être tranquilles, car ils avaient profité des péchés et des peines du peuple de Dieu, et ils ne désiraient nullement la restauration d’une ville qui, autrefois, avait été l’objet de leur crainte et de leur envie. Ils n’avaient donc aucune communion avec les pensées de l’Éternel. Il avait été seulement « un peu courroucé », et eux, en se vengeant, avaient « aidé au mal » (contribué à aggraver l’affliction), posant ainsi les fondements de leur propre jugement lorsque l’Éternel interviendrait pour l’accomplissement de Ses conseils de grâce à l’égard de Son peuple.


3.2.6 - [Ch. 1:16-17 — Annonce du dessein de restauration]

Après avoir ainsi fait ressortir le contraste entre Ses propres pensées et celles des païens, et par conséquent entre Son attitude actuelle à l’égard de Jérusalem et la leur, l’Éternel annonce Ses desseins inaltérables pour la pleine bénédiction de Jérusalem et de Sion. « C’est pourquoi ainsi dit l’Éternel des armées : Je suis revenu à Jérusalem avec miséricorde ; ma maison y sera rebâtie, dit l’Éternel des armées, et un cordeau sera étendu sur Jérusalem. Crie encore, disant : Ainsi dit l’Éternel des armées : Mes villes regorgeront encore de biens ; l’Éternel consolera encore Sion, et Il choisira encore Jérusalem » (1:16, 17).

La pleine application de ces magnifiques promesses ne peut qu’être future, lorsque le Messie sera revenu et aura pris Son royaume. Mais elles ont été données pour la consolation et l’encouragement actuels du pauvre et faible résidu revenu de Babylone. Ils auraient eu de quoi être découragés s’ils avaient été occupés de leurs circonstances ; mais l’homme ne voit jamais comme Dieu voit, et ne pense jamais selon Ses pensées.

À ce petit nombre de méprisés, l’Éternel révèle donc tout Son cœur et tous Ses conseils pour leur prospérité et leur gloire futures ; Il leur donne ainsi une puissante incitation à la diligence et au zèle pour la construction de la maison de leur Dieu ; Il leur enseigne, en même temps, que leur retour de Babylone, aussi partiel qu’il fût, contenait en soi la promesse de l’accomplissement de toutes les paroles qu’Il avait prononcées au sujet de Son ancien peuple.

Bien plus, il y a dans ce message une leçon que le peuple de Dieu ferait bien de retenir dans tous les âges. L’importance d’une œuvre ne dépend en aucune façon de son ampleur ou de son apparence extérieure, mais des pensées de Dieu à son sujet. Sur toute la terre, à ce moment-là, il n’y avait rien de comparable, aux yeux de Dieu, à l’œuvre dans laquelle Son peuple était engagé à Jérusalem. Et pourtant, qu’était-elle pour l’homme ? Un pauvre et méprisable effort pour reconstruire une maison pour la célébration de leurs rites et cérémonies nationaux ! Un mouvement qui n’avait aucune importance au milieu des activités politiques frénétiques de l’époque, — et qui se situait même en dehors de la sphère d’observation du monde. Mais c’était là, sur cette œuvre, qu’étaient concentrés les pensées et le cœur de Dieu à ce moment-là.

Puisse ce fait parler à nos cœurs comme une langue de trompette, car combien de fois avons-nous été tentés d’aimer ce qui se dresse comme grand aux yeux du monde, ce qui commande l’attention du monde, au lieu de chercher à être en communion avec les pensées et le cœur de Dieu, et d’être identifiés avec Ses buts et Ses fins. « Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ».


3.3 - [Ch. 1:18-21 — Deuxième vision : le quatre cornes et les quatre ouvriers]

À la suite, on a une vision destinée à confirmer la foi du prophète. « Je levai les yeux, et je regardai, et voici quatre cornes » (1:18) ; et l’ange, en réponse à sa question, dit : « Ce sont les cornes qui ont dispersé Juda, Israël et Jérusalem » (1:19).

Les cornes symbolisent les différentes puissances ou royaumes qui ont été utilisés pour punir et disperser Israël et Juda. L’important n’est pas ici de savoir de quels royaumes il s’agit, bien qu’il soit facile de le retrouver dans l’Écriture ; mais le nombre quatre représente l’ensemble des puissances, car quatre est souvent utilisé pour l’intégralité sur la terre.

Alors l’Éternel lui montra quatre ouvriers ; et, en réponse au prophète, Il dit (après avoir répété la vérité sur les cornes) : « Ceux-ci sont venus pour les effrayer, pour jeter loin les cornes des nations, qui ont levé leur corne contre le pays de Juda pour le disperser » (1:21). La signification des ouvriers n’est pas donnée, mais l’Éternel assure le prophète que, de même qu’Il a utilisé les quatre cornes pour disperser Son peuple, de même Il fournira quatre instruments, au moment voulu, pour effrayer (c’est-à-dire chasser par la peur — Psaume 48:4-6) les puissances des Gentils qui s’étaient employées à disperser Son peuple. Nous apprenons ainsi que Dieu conserve toujours entre Ses mains le gouvernement de la terre, et que les mouvements des nations, les guerres et les conquêtes, ne sont que les moyens par lesquels Il accomplit Ses propres desseins à l’égard de Son peuple terrestre. Les puissances des Gentils, ou toute nation donnée, peuvent sembler ne jamais être aussi fermement établies ; mais au moment prévu, les « ouvriers » entrent en scène, et ces puissances sont effrayées », « chassés », et leur domination est balayée.


4 - Zacharie 2 — Troisième vision

Le lien entre ce chapitre et les quatre suivants a été exprimé brièvement ainsi (JND, Études sur la Parole) : « Du ch. 2 à la fin du ch. 6, l’Esprit présente les circonstances, les principes et le résultat du rétablissement de Jérusalem et de la maison de Dieu (le temple), ainsi que le jugement de ce qui était méchant et corrompu. Chaque chapitre a un sujet distinct, une vision détachée des autres, tout en formant une partie de l’ensemble. La responsabilité actuelle dont dépendait la bénédiction, et la grâce souveraine qui accomplirait assurément tout, sont toutes deux présentées devant nous, chacune à sa place ». — C’est ce qu’on va voir plus clairement en entrant dans les détails.

Le sujet du ch. 2 est la restauration de Jérusalem — la délivrance pleine et entière des nations qui l’avaient saccagée, et la bénédiction en découlant du fait d’être redevenue la demeure de l’Éternel. Le lecteur se souviendra que cette délivrance finale découle de la délivrance partielle dont a bénéficié le résidu à son retour de Babylone, et qu’elle est liée à celle-ci. Ce point a déjà été abordé au ch. 1, car la manière de Dieu à l’égard de Son peuple a toujours été d’utiliser leurs délivrances partielles comme des ombres de leur pleine bénédiction sous le Messie promis.


4.1 - [Ch. 2:1-2 — La mesure de Jérusalem]

Aux v. 1 et 2, nous avons la vision d’introduction : « Je levai de nouveau les yeux, et je regardai : voici un homme qui tenait à la main un cordeau à mesurer. Je dis : Où vas-tu ? Il me répondit : Je vais pour mesurer Jérusalem, pour voir quelle est sa largeur et quelle est sa longueur ».

On trouve deux passages similaires dans les Écritures : le premier dans Ézéchiel 40 et le second dans Apocalypse 11 ; la référence à ces passages aidera à l’interprétation. Dans ces deux cas, la mesure semble être préparatoire à ce qu’on se rende propre pour la bénédiction, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une action dirigée par Dieu à la veille de Son retour pour rétablir Son habitation et pour reconnaître Son peuple. Il en est de même dans Zacharie. Jérusalem avait été, comme elle l’est en ce moment, foulée aux pieds par les Gentils, rendue déserte à cause de ses péchés. Mais l’œil et le cœur de Dieu étaient constamment fixés sur elle ; et maintenant que le temps de sa guerre touchait à sa fin, maintenant qu’elle vidait les dernières gouttes de la coupe de son jugement (car les soixante-dix ans des désolations annoncées étaient maintenant achevés), Il se souvient de ses anciennes miséricordes envers elle, et Il envoie « l’homme avec un cordeau à mesurer dans sa main » pour en vérifier la largeur et la longueur, avant d’en prendre possession et d’y établir Son trône royal pour un juste gouvernement en bénédiction.


4.2 - [Ch. 2:3-5 — Annonce de la pleine restauration de Jérusalem]

La signification de la vision symbolique est évidente, d’après l’action qui suit : « Et voici, l’ange qui parlait avec moi sortit, et un autre ange sortit à sa rencontre, et lui dit : Cours, parle à ce jeune homme (*), en disant : Jérusalem sera habitée comme des villes sans murailles, à cause de la multitude des hommes et du bétail qui s’y trouveront ; car Moi, dit le Seigneur, je serai pour elle une muraille de feu tout autour, et je serai la gloire au milieu d’elle » (2:3-5).


(*) Ce jeune homme est le prophète lui-même. On a prétendu, d’après le mot employé — le même que celui de Jérémie (Jér. 1:6) — que Zacharie n’était qu’un jeune homme lorsqu’il fut appelé à la fonction de prophète. Mais comme le mot est parfois appliqué à des personnes plus âgées, peut-être pour exprimer de l’affection comme dans le cas de Benjamin et d’Absalom, il ne serait pas sûr d’en tirer une conclusion franche.


Pour comprendre la portée de cette magnifique promesse, le lecteur doit se placer dans les circonstances de ce moment-là pour le prophète et son peuple. Il leur avait été permis de revenir de Babylone, et ils s’employaient laborieusement, avec toutes sortes de formes de découragement et d’opposition active, à reconstruire le temple, mais un temple qui, par contraste avec celui de Salomon et les anciennes splendeurs du royaume, ne faisait que leur rappeler leur faiblesse et leur pauvreté. Le Seigneur voyait le cœur de Son peuple, ses craintes, son manque de foi et son découragement, et Il lui envoyait l’encouragement béni quant à l’avenir, dévoilant devant leurs yeux la gloire de la présence du Messie, qui éclipserait la gloire du passé bien plus que le passé n’éclipsait celle de leur condition présente.

Nous ferions bien de tenir compte de cette façon de faire divine, et d’apprendre que l’antidote à tout découragement, provenant de la confusion et de la faiblesse de l’état actuel de l’Église, réside dans la contemplation de l’avenir, et que c’est de là que nous avons à tirer notre soutien et notre espérance ; car de même que la joie qui est placée devant nous, est donnée pour l’encouragement individuel (voir Héb. 12:2 ; Rom. 5:2), de même la présentation de l’épouse à Christ dans sa beauté parfaite se dresse pour le consolation et le réconfort de l’Église en l’absence de l’époux (Éph. 5, Apoc. 21). Comparer le présent avec le passé est toujours une source de faiblesse ; mais la contemplation de l’avenir — du futur en gloire avec Christ — est tout aussi sûrement le remède efficace à toute crainte et à toute appréhension.

Deux choses sont contenues dans cette brillante prédiction : d’une part (2:4) le fait et le caractère de la prospérité future de Jérusalem, et d’autre part (2:5) sa source et les moyens de la préserver. L’époque de cette prospérité est clairement indiquée par son caractère. Jérusalem sera habitée comme une ville ouverte ou sans murailles ; la population s’accroîtra et se répandra de tous côtés au-delà de toute limite ; et le bétail participera à cette bénédiction illimitée ; cette prospérité annonce avec force une pleine bénédiction terrestre sous l’autorité pacifique d’Emmanuel.

Ésaïe, traitant de cette même époque, dit : « Élargis le lieu de ta tente, et qu’on étende les tentures de tes habitations ; n’épargne pas, allonge tes cordages, et affermis tes pieux, car tu t’étendras à droite et à gauche » (Ésaïe 54:2-3).

Mais le secret de tout cela se trouve dans le v. 5 qui suit. L’Éternel Lui-même sera une muraille de feu autour d’elle, une protection sûre contre ses ennemis, et Il sera aussi la gloire au milieu d’elle. Il en est toujours ainsi. La présence de l’Éternel a toujours été la source de toute bénédiction pour Son peuple terrestre, tout comme l’est maintenant la présence du Seigneur au milieu de ceux qui sont rassemblés en Son nom. Et si Sa présence est source de bénédiction, elle est aussi une protection ; la muraille de feu et la gloire sont toujours liées (comp. Exode 14:24-25 ; Ésaïe 4:5).


4.3 - [Ch. 2:6-9 — Appel à ne pas rester dans le pays d’exil]

4.3.1 - [Ch. 2:6-7 — Échapper à l’emprise du monde]

Un autre paragraphe commence au v. 6 et va jusqu’à la fin du v. 9. Il contient un discours adressé à ceux qui étaient encore dans le pays de captivité. Le lien avec les versets précédents est très frappant. Dans la vision prophétique, Jérusalem, désormais restaurée et habitée, est de nouveau la demeure de l’Éternel, et c’est à ce moment-là qu’un appel est lancé, qu’une invitation est faite à ceux qui ne sont pas encore rentrés, pour qu’ils viennent participer à la bénédiction. Non seulement cela, mais c’est aussi un avertissement pour échapper aux jugements qui vont s’abattre sur ceux qui les tenaient alors captifs (voir Ésaïe 48:20 ; Jér. 51:6). Le pays du nord est donc clairement la Chaldée, l’empire babylonien, dans lequel les Juifs étaient « dispersés aux quatre vents des cieux » (voir Esther 3:8) (*). C’est ainsi que Dieu sonne un appel de trompette pour rassembler Son peuple chassé ; et au verset suivant, s’adressant à eux collectivement en tant que Sion, Il s’écrie : « échappe-toi, Sion, toi qui habites chez la fille de Babylone » (2:7).

Cette remarquable combinaison de mots suggère de nombreuses pensées. Tout d’abord, nous apprenons que, quels que soient l’état et la condition du peuple, ils ne perdent jamais leur caractère devant Dieu, ni leur position, ni leur existence collective. Non seulement ils appartiennent à Sion au même titre que le résidu restauré, mais ensemble avec lui ils sont Sion. Quelle contradiction apparente il y avait donc dans ce que Sion habitait chez la fille de Babylone ! Qu’est-ce que le peuple de Dieu avait à faire d’une telle alliance dans une telle scène de corruption ? Hélas ! il y avait longtemps qu’ils avaient pris le caractère babylonien, et c’est pourquoi l’Éternel avait permis qu’ils fussent asservis et transportés dans cette région de la corruption et de la puissance de l’homme. Mais maintenant le cri s’élevait : « échappe-toi ». Jérémie s’était lui aussi écrié : « Fuyez du milieu de Babylone, et sauvez chacun sa vie ! Ne soyez point détruits dans par son iniquité, car c’est le temps de la vengeance de l’Éternel : Il lui rend sa récompense » (Jér. 51:6).

Puisse le peuple de Dieu aujourd’hui entendre la même voix puissante : « Sortez du milieu d’eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur ; et moi, je vous recevrai ; je serai pour vous un Père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur Tout-puissant » (2 Cor. 6:17-18). Il n’y a pas d’autre moyen de se libérer de ce qui nous enserre et nous asservit que de sortir complètement de la scène de son autorité et de son pouvoir. Être vainqueur, même dans la sphère de l’Église professante, ne peut se faire que par une séparation complète, dans la puissance de l’Esprit, de son mal et de sa corruption.

C’est seulement ainsi que la fille de Sion pouvait échapper et retourner au lieu d’habitation de l’Éternel, la montagne de Sion, qu’Il aimait, et où Il déploierait Sa gloire et où Il entourerait la demeure de sa sainteté d’une muraille de feu.


(*) Plusieurs passages de Jérémie aident à fixer l’interprétation du pays du nord (Jér. 1:13-14 ; 3:18 ; 4:6, etc.), et permettront ainsi au lecteur d’entrer plus intelligemment dans l’étude des événements des derniers jours, dans lesquels le roi du nord joue un rôle si important.


4.3.2 - [Ch. 2:8 — Après la gloire]

Le motif de l’appel est ensuite donné : « Car ainsi dit l’Éternel des armées : Après la gloire, Il m’a envoyé vers les nations qui vous ont dépouillés ; car celui qui vous touche, touche la prunelle de son œil » (2:8). L’expression « après la gloire » a été, par ignorance de la vérité sur les dispensations, une source de grande perplexité pour beaucoup d’enseignants et de lecteurs. Mais c’est en fait un bel exemple de l’exactitude de l’Écriture pour ceux qui comprennent que ce n’est qu’après l’apparition du Seigneur en gloire qu’Il rassemblera Son peuple dispersé aux quatre vents des cieux (Matthieu 24:30-31) et qu’Il jugera ensuite les nations (Matthieu 25:31-32),. Voici donc l’ordre : Après la gloire (idem Ps. 73:24), c’est-à-dire après l’apparition du Seigneur et Sa manifestation à Israël, quand, selon Zach. 12:10, ils regarderont vers Celui qu’ils ont percé, c’est alors qu’Il établira Son trône terrestre à Jérusalem, et qu’Il se servira de Son peuple comme d’un marteau et comme des armes de guerre pour briser les nations et détruire les royaumes (Jér. 51:20). La raison en est donnée : « Car celui qui vous touche, touche la prunelle de son œil », c’est-à-dire qu’il s’infligera un dommage irréparable, ou se blessera lui-même dans la partie la plus sensible (*).


(*) Plusieurs soutiennent que « la prunelle de ses yeux » se réfère à Dieu (selon Deut. 32:10). Il s’agit d’une question d’interprétation, et non de traduction, et tout en ne s’opposant nullement à cette interprétation, nous préférons celle qui précède, parce qu’elle est plus en harmonie avec le contexte.


4.3.3 - [Ch. 2:9 — Jugement contre les nations]

« Car voici », poursuit le Seigneur, « Je secouerai ma main sur eux, et ils seront la proie de leurs serviteurs ; et vous saurez que l’Éternel des armées m’a envoyé » (2:9). L’Éternel exercera de cette manière Son jugement sur les nations — et selon les paroles d’un autre prophète, Son peuple « mènera captifs ceux dont ils étaient captifs, et ils domineront sur leurs oppresseurs » (Ésaïe 14:2). Cette confirmation du message du prophète devait convaincre le peuple de la mission divine de l’Ange de l’Éternel (comp. Jean 17:21-23).


4.4 - [Ch. 2:10 — Joie du retour de l’Éternel au milieu de Son peuple]

Selon une manière fréquente de la prophétie, la prédiction est à peine prononcée qu’elle est considérée comme accomplie ; c’est pourquoi le prophète se met à appeler Sion à chanter et à se réjouir : « Exulte et réjouis-toi, fille de Sion ! car voici, je viens, et j’habiterai au milieu de toi, dit l’Éternel » (2:10). De même que le départ de l’Éternel de Sion, Son rejet de la ville sainte en tant que Sa demeure, étaient la conséquence des péchés de Son peuple (Ézéchiel 9 et 10), de même Son retour marquera en même temps son rétablissement dans Sa faveur, et sera l’achèvement de tous Ses desseins de bénédiction à l’égard de « la montagne de Sa sainteté ». C’est dans l’anticipation de cela — la foi étant l’assurance des choses qu’on espère et la conviction de celles qu’on ne voit pas (Héb.11), — que le prophète cherche à éveiller en la fille de Sion les sentiments de joie — enseignant ainsi, comme nous l’avons déjà souligné, que nos sources d’énergie et d’allégresse se trouvent dans la révélation des desseins de Dieu qui vont être accomplis (*).

Il faut de nouveau noter que la source de toute bénédiction pour le peuple de Dieu se trouve dans Sa demeure au milieu d’eux. Dès le début, ce fut le signe qu’ils étaient Son peuple racheté (Exode 25:8) et qu’ils avaient trouvé grâce à Ses yeux (Exode 33:16) ; de même le fait d’avoir Son tabernacle (Son habitation) avec les hommes est la bénédiction distinctive dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre où la justice habitera (Apoc. 21:3 ; 2 Pierre 3:13). L’Église devrait également être capable de prouver cette bénédiction, comme l’ont toujours fait et le font les deux ou trois réunis au nom du Seigneur Jésus Christ (Matt. 18:19-20).

Mais lorsque l’Éternel habitera de nouveau en Sion, ce sera dans une gloire manifestée et en relation avec les splendeurs de Son royaume millénaire.


(*) Il y a trois autres cas où Sion est exhortée de la même manière : Ésaïe 12:6 ; 54:1 ; Sophonie 3:14.


4.5 - [Ch. 2:11 — Les nations jointes au peuple. Répétition de la promesse]

Cette habitation de l’Éternel en Sion sera, en outre, une source de bénédiction pour les nations, comme le dit le prophète : « Et beaucoup de nations se joindront à l’Éternel en ce jour-là, et elles seront Mon peuple » (2:11). Le prophète Ésaïe, parlant de la même période, quand la gloire du Seigneur se sera levée sur Sion, dit : « Les nations marcheront à ta lumière, et les rois de la terre à la splendeur de ton lever » (Ésaïe 60:3). C’est cette période, en effet, que les nations attendent et après laquelle elles soupirent inconsciemment (Aggée 2:7), bien qu’elles ignorent que leur bénédiction dépend de la restauration de la race méprisée d’Israël. Pourtant il en est ainsi, et à peine l’Éternel sera-t-Il revenu à Sion, aura-t-Il jugé Ses ennemis et fondé Son royaume, que les nations seront attirées vers la scène de Sa puissance et de Sa gloire, et considéreront comme leur plus grand honneur d’être enrôlées parmi Son peuple (comp. Ésaïe 2:1-5 ; 19:23-25, etc). Car, comme le dit David, le nom du Messie « subsistera pour toujours ; son nom durera aussi longtemps que le soleil ; les hommes se béniront en Lui ; toutes les nations le diront bienheureux » (Psaume 72:17).

Là-dessus, la promesse est répétée : « Je demeurerai au milieu de toi » : cette répétition constitue une double sécurité pour la foi de Son peuple, ainsi qu’une garantie immuable de son accomplissement ; et il est fait appel à l’accomplissement de cette promesse de bénédiction, tout comme à celui du jugement sur les nations, pour prouver que l’Éternel des armées avait envoyé Son ange (2:11).


4.6 - [Ch. 2:12 — L’héritage de l’Éternel]

Il y a plus encore : « L’Éternel héritera de Juda comme Sa part sur la terre sainte, et Il choisira encore Jérusalem » (2:12). Dieu a toujours parlé d’Israël comme étant Son héritage, Sa part (Deut. 4:20 ; 9:26, 29 ; 1 Sam. 26:19, et de nombreux autres passages ; comparez avec Éphésiens 1:18 en rapport avec l’Église) ; et bien que Son ancien peuple soit maintenant dispersé sur la face de toute la terre, Il les rassemblera encore, les rétablira dans leur propre pays, et c’est alors que, dans les desseins de Sa grâce, Il héritera de Juda — la tribu d’où Christ est issu selon la chair — comme Sa portion.

Il faut remarquer l’expression : « sur (ou dans) la terre sainte », non pas sainte simplement parce qu’elle est la terre de la promesse, mais parce que son iniquité aura été ôtée en un jour (Zach. 3:9), et qu’ainsi purifiée de toutes ses souillures, elle sera de nouveau sainte à l’Éternel, mise à part pour Lui, pour Son usage et Son service.

Et il « choisira de nouveau Jérusalem ». Des siècles se sont écoulés depuis que ces paroles ont été prononcées, mais elles n’ont jamais été rétractées et ne le seront jamais, et ainsi la foi sait que, bien que Jérusalem soit actuellement foulée aux pieds par les Gentils, ces paroles s’accompliront, et Jérusalem deviendra, dans l’avenir, « la perfection de beauté, la joie de toute la terre » (Lam. 2:15), parce qu’elle sera l’objet de la faveur de l’Éternel et le siège de Son trône.


4.7 - [Ch. 2:13 — Faire silence devant l’Éternel et ce qu’Il fera]

Le chapitre se termine par une parole solennelle adressée à toute chair : « Que toute chair fasse silence devant l’Éternel, car Il s’est levé (JND réveillé) de Sa demeure sainte » (2:13). C’est un appel frappant. Le prophète voit l’Éternel en train de se lever, pour ainsi dire, de la demeure de Sa sainteté, sortant en jugement pour accomplir les desseins qui viennent d’être annoncés ; et, en vue de l’effet sur les hommes, le prophète s’écrie : « Que toute chair fasse silence devant l’Éternel », car lorsque le jour de Sa colère viendra, qui pourra subsister ? C’est alors que la gloire du Seigneur sera révélée, et que toute chair la verra ensemble, quand tout œil Le verra, Lui et ceux qui L’ont percé, et que toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de Lui (Ésaïe 40 ; Apoc. 1:7 ; comp. Matt. 24:29-30). Oui, alors, puisse toute chair être réduite au silence en présence de Celui qui s’avancera pour frapper la terre en jugement aussi bien que pour délivrer Son peuple.

C’est dans la perspective de ce même événement qu’Ésaïe s’écrie : « Entre dans le rocher, et cache-toi dans la poussière, par peur de l’Éternel et à cause de la gloire de Sa majesté » (És. 2:10) ; et qu’Habakuk dit : « L’Éternel est dans le palais de Sa sainteté, que toute la terre fasse silence devant Lui » (Hab. 2:20 ; voir aussi Soph. 1:7).


5 - Zacharie 3 — Quatrième vision

5.1 - [Ch. 3:1 — Opposition de Satan en présence même de Dieu]

Au ch. 2, le Seigneur a révélé Ses desseins de grâce dans la restauration future à la fois de Jérusalem et de Son peuple ; le ch. 3, tout en contenant une vision distincte et complète en elle-même, explique comment Il accomplira Ses desseins en restant cohérent avec Sa justice. Nous avons donc tout d’abord l’état du peuple exposé dans la personne de Joshua, le grand sacrificateur, comme son représentant : « Il me fit voir Joshua, le grand sacrificateur, debout devant l’Ange de l’Éternel, et Satan se tenant à sa droite pour s’opposer à lui » (3:1).

Il y a trois parties dans cette scène frappante : Joshua, l’Ange de l’Éternel et Satan.


Satan avait donc des raisons de s’opposer à Joshua, c’est-à-dire de s’opposer aux desseins de grâce de Dieu envers Son peuple. Ils étaient coupables, et cela était évident d’après les vêtements mêmes dont Joshua était revêtu ; et le problème à résoudre ici était le suivant : comment Dieu pouvait-Il bénir, bénir avec justice Son peuple, selon Ses desseins, vu l’état de ce peuple, et vu qu’en fait ils étaient passibles de jugement à cause de leur iniquité ? Comment les revendications de Satan pouvaient-elles être éteintes, et le peuple rétabli dans la faveur et la bénédiction ?


5.2 - [Ch. 3:2 — Raisons de l’opposition de Satan, et rétablissement du peuple par la grâce]

La réponse à ce dilemme se trouve au v. 2, réponse qui non seulement révèle le moyen de délivrance de la nation, mais enseigne aussi le moyen de justification pour tout pécheur qui cherche le salut. « L’Éternel dit à Satan : Que l’Éternel te tance, Satan, que l’Éternel qui a choisi Jérusalem te tance : n’est-il pas un tison arraché du feu ? » Satan avait bien lu les termes de la loi sous laquelle le peuple avait été placé ; il avait aussi bien interprété le pouvoir qu’il tirait de cette administration de la condamnation et de la mort ; mais il avait négligé d’observer, et son mauvais cœur ne pouvait pas le comprendre, les indications de grâce qui étaient disséminées ici ou là dans tout le Pentateuque et les Prophètes, et il en avait conclu que ses prétentions étaient irréfutables. Il n’était donc guère préparé à la réponse cinglante : « Que l’Éternel te tance, Satan ! » Et cette admonestation était lancée à cause de la grâce, — de cette grâce qui était intervenue et qui avait délivré Jérusalem et Israël de la malédiction sous laquelle ils étaient tombés, et qui leur avait permis d’être rétablis dans la faveur de Dieu. C’est pourquoi il est ajouté : « N’est-il pas là un tison arraché du feu ? »

Ceci peut nécessiter un peu plus d’explication. La grâce est exprimée par les mots : « L’Éternel qui a choisi Jérusalem ». Elle avait certes manqué à sa responsabilité et était tombée sous la verge de la colère de l’Éternel ; mais elle était néanmoins l’objet de Sa grâce ; et la grâce qui avait choisi déclarerait en temps voulu la base juste de son action (car la grâce ne peut régner que par la justice, Rom. 5:21) ; et dans la perspective de sa pleine manifestation en bénédiction, cette grâce pouvait déjà maintenant considérer Jérusalem comme un tison arraché du feu. Ce motif de justice a été trouvé dans la mort de Christ (voir Jean 11:51 ; Actes 5:31), qui est à la fois le fondement du salut des croyants dans la dispensation chrétienne et le fondement de l’accomplissement des desseins de grâce de Dieu à l’égard de Son ancien peuple.


5.3 - [Ch. 3:3-4 — Comment Dieu rend propre à Sa présence]

Une réponse pleine et entière a été donnée à Satan au v. 2. Le v. 3 fait ressortir nettement l’état de la nation tel qu’il apparaît dans la personne de Joshua, qui était revêtu de vêtements sales et se tenait devant l’Ange. Au v. 4, l’Éternel se met à agir sur la base de la grâce annoncée au v. 2, et Il montre comment Il rendra Israël propre moralement pour Sa présence à Lui. « Il prit la parole et parla à ceux qui se tenaient devant lui, disant : Ôtez de dessus lui les vêtements sales. Et il lui dit : Regarde, j’ai fait passer de dessus toi ton iniquité, et je te revêts d’habits de fête » (3:4).

Tout d’abord, Il ordonne à ceux qui se tiennent devant Lui d’ôter les vêtements sales de Joshua. C’est toujours la première action de la grâce lorsque le pécheur vient à Dieu par la foi dans le Seigneur Jésus Christ ; car la première chose qui trouble l’âme lorsqu’elle est divinement éveillée à la conscience de son péché, c’est le sentiment de sa culpabilité et de l’inaptitude qui en résulte pour la présence de Dieu. La réponse à ce besoin se trouve dans le sang de Christ qui purifie de tout péché.

Mais non seulement les vêtements sales sont ôtés, mais l’Éternel dit aussi à Joshua : « J’ai fait passer de dessus toi ton iniquité », etc. Dieu donne ainsi à l’âme la certitude d’être purifiée, de même que le Seigneur Lui-même, lorsqu’il était sur terre, a assuré à la femme pécheresse que ses péchés lui étaient pardonnés ; car si la grâce enlève nos vêtements sales, elle veut aussi que nous sachions qu’ils ont disparu.


5.4 - [Ch. 3:5 — Dieu fait plus qu’effacer la culpabilité]

Mais ce n’est pas tout, car il y a une autre annonce : « Je te revêts d’habits de fête » (3:4b). Et c’est ce qui est fait dans le verset suivant : « Je dis : Qu’on lui mette sur la tête une tiare pure ; et ils mirent sur sa tête une tiare pure et le revêtirent de vêtements. Et l’Ange de l’Éternel se tenait là » (3:5).

Le changement de personne de celui qui parle mérite d’être remarqué : « Et je dis », non pas « Il dit » ». On dirait que le prophète a été tellement mis en communion avec les pensées de Dieu par la vision qu’il a vue, qu’il est utilisé pour en devenir leur expression. Il avait entendu la parole divine : « Je te (Joshua) revêts d’habits de fête », et, entrant dans ce qui avait été ainsi promis, il intercède, pour ainsi dire, pour que cela se fasse immédiatement. C’est en cela que réside le principe de toute intercession efficace : l’âme entre dans les pensées de Dieu et les transforme en prière (comp. 2 Samuel 7:25-29 ; Daniel 9 ; Jean 15:7).

La tiare est dite « pure » par référence aux vêtements sacerdotaux de fin lin (Exode 28:39), qui sont spécialement un type de la pureté et, dans un passage, un type de la justice des saints (Apoc. 19:8) ; mais étant portés par le grand sacrificateur, ils étaient plutôt un symbole de la pureté sans tache de Christ. C’est ce qui nous permet de comprendre le sens de l’action qui est devant nous. L’iniquité de Joshua avait été ôtée, ses vêtements sales avaient aussi été ôtés, et ainsi ce qui le disqualifiait pour la présence de l’Éternel avait disparu ; mais, maintenant qu’il était revêtu de vêtements purs, il recevait l’aptitude positive et la qualification pour se tenir devant Dieu ; et, dans la mesure où la tiare était significative de la fonction, il était qualifié pour se tenir là en faveur du peuple. En effet, deux choses ont suivi sa réception de vêtements purs : il pouvait désormais se tenir en justice dans la présence de l’Éternel + il pouvait y avoir un accès continu en tant que sacrificateur chargé du service. La grâce répondait ainsi pleinement aux accusations de l’adversaire et montrait, dans l’accomplissement de ce qu’elle opérait, comment « le tison arraché du feu » — Jérusalem, ou le peuple — avait sa place en justice dans la présence immédiate de Dieu en tant que nation de sacrificateurs.

On peut observer de nouveau que Dieu opère avec le pécheur individuel exactement de la même manière. En effet, non seulement Il efface sa culpabilité par l’efficacité de l’œuvre de Christ et son application, mais, par Sa mort et Sa résurrection, Il le met dans une nouvelle position et une nouvelle condition, le faisant justice de Dieu en Christ (1Cor. 1:30), de sorte que, dans cette nouvelle place et cette nouvelle condition, le pécheur répond pleinement à la pensée de Dieu et peut donc se trouver en Sa présence dans une paix et une liberté parfaites.


5.5 - [Ch. 3:6-7 — Faire l’acquit de la charge et marcher dans les voies de Dieu]

Cependant, si la grâce apporte des bénédictions et des privilèges, elle fait que les réaliser et en jouir dépend de la marche et de la conduite. C’est ainsi que Joshua est interpellé par l’Ange, au nom de l’Éternel des armées : « Si tu marches dans mes voies, et si tu fais l’acquit de la charge que je te confie, alors tu jugeras aussi ma maison, et tu auras aussi la garde de mes parvis ; et je te donnerai de marcher au milieu de ceux qui se tiennent là » (3:7).

Juger la maison de Dieu et avoir la garde de ses parvis faisaient partie de la fonction de sacrificateur (Deut. 17:9-13 ; Malachie 2:7 ; aussi 2 Chron. 26:16-21), mais personne ne pouvait vraiment faire ces choses à moins de marcher lui-même dans l’obéissance à la Parole ; et ainsi la possibilité pour Joshua d’assumer ces fonctions éminentes est expressément subordonnée à cette condition, à moins que ce ne soit plutôt une promesse ou un encouragement qui lui sont donnés pour le rendre capable de marcher dans les voies de son Dieu.

Il y a certainement dans tout cela une voix pour ceux qui prennent la tête parmi les saints de Dieu (comparez 1 Tim. 3) ; car la situation est semblable à celle aux jours d’Éli et de Samuel, où de nombreux maux, corruptions et abus s’étaient introduits parmi le peuple, déshonorant le nom de l’Éternel, et où leurs fils marchaient selon leurs propres inclinations, au lieu de faire l’acquit de la charge de Dieu ; de même, dans la situation d’aujourd’hui, où la volonté de l’homme dans ceux qui dirigent met de côté l’autorité de Christ, il ne peut y avoir que confusion et corruption dans l’assemblée. Les lèvres du sacrificateur — et c’est toujours vrai — doivent garder la connaissance, et on doit chercher la loi de sa bouche ; et c’est seulement ainsi que ceux qui ont une position éminente parmi le peuple du Seigneur sont qualifiés pour le maintien de la discipline dans la maison de Dieu, en tant que gardiens et défenseurs du nom et de l’honneur du Seigneur qui sont confiés à leurs soins.

En outre, Joshua devait, s’il était fidèle, avoir une position spéciale devant Dieu, ainsi que la liberté d’accès et d’association avec ceux qui se tiennent dans la présence de l’Éternel, « pour marcher au milieu d’eux ».


5.6 - [Ch. 3:8 — Christ le Germe. Joshua et ses compagnons, types de Christ glorifié dans les saints]

Le v. 7 traitait de Joshua dans ses rapports avec le peuple, et du fait qu’il était chargé des intérêts de la maison de Dieu ; le v. 8 traite aussi de lui en le présentant comme un type de Christ aux jours du royaume lorsqu’Il s’associera Israël comme une nation de sacrificateurs (comp. Apoc. 1.5-6). Ceci aide à comprendre le langage employé : « Écoute, Joshua, grand sacrificateur, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi ; car ce sont des hommes qui servent de signes ; car voici, je vais faire venir mon serviteur, le GERME » (3:8).

Les compagnons de Joshua seront les sacrificateurs ordinaires ; et de même que Aaron, avec ses fils, représente toujours l’Église en tant que famille sacerdotale en association avec Christ, ainsi, dans ce contexte, Joshua et ses compagnons préfigurent Christ au milieu de ses « compagnons » (Héb. 1:9), qui, par leur association avec Lui, seront alors une « race élue, une sacrificateur royale, une nation sainte » (1 Pierre 2:9). Cette exaltation fera d’eux des hommes servant de signes, de même que, lorsque Christ manifestera les saints en gloire céleste, Il sera glorifié en eux, et admiré dans tous ceux qui auront cru (2 Thes. 1:10). En effet, le monde sera stupéfait de voir la pauvre race méprisée d’Israël élevée au rang d’associés du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs, comme l’ont annoncé les prophètes (voir Ésaïe 60:14-22, etc.).

Le fondement de tout cela est l’introduction du Germe — le Messie en qui et par qui toute bénédiction est assurée, que ce soit pour l’Église ou pour Israël. Ésaïe et Jérémie ont tous deux prophétisé de Christ sous ce caractère (Ésaïe 4:2 ; Jérémie 23:5 ; 33:15, etc.). Dans l’Apocalypse, nous apprenons que Lui est la racine et la postérité de David (Apoc. 22:16) ; car Lui qui appartient à la semence de David selon la chair, a été déclaré Fils de Dieu en puissance, selon l’esprit de sainteté, par la résurrection d’entre les morts (Rom. 1:3-4.). Il était donc à la fois Fils de David et Seigneur de David (Matt. 22:42-45).


5.7 - [Ch. 3:9 — Christ comme pierre de fondement]

L’apparition dans le monde du serviteur de l’Éternel, le Germe, sera donc le moyen d’accomplir la bénédiction promise ; et c’est pourquoi la pierre concrète qui avait été posée devant Joshua, la pierre de fondation du temple, était un type de Christ en tant que fondement en Sion, – « une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse pierre d’angle, un fondement sûr » (Ésaïe 28:16). Trois choses se rattachent à Lui dans ce caractère :


(*) Pour le bénéfice du lecteur, nous transcrivons les remarques suivantes d’un autre auteur : « Dans 2 Chroniques 16, nous trouvons les yeux de l’Éternel représentés comme parcourant toute la terre pour se montrer fort en faveur de ceux dont le cœur est parfait envers Lui. Il s’agit de la fidélité de Dieu qui prend connaissance de toutes choses dans Ses voies de gouvernement. En Zacharie, les yeux sont fixés sur la pierre posée en Sion. C’est là qu’est placé le siège du gouvernement qui voit tout partout. Au v. 10 du ch. 4, ces yeux, qui voient tout, qui parcourent toute la terre, sont dits se réjouir en voyant le fil à plomb dans les mains de Zorobabel, autrement dit que la maison d’habitation de l’Éternel est entièrement achevée. Dans ce cas, ils ne sont pas présentés comme établis au siège du gouvernement sur la terre, mais dans leur caractère de supervision universelle et active, et dans cette activité providentielle qui ne se repose jamais jusqu’à ce que les conseils de grâce de l’Éternel à l’égard de Jérusalem soient accomplis ; et alors ils se réjouiront. L’intelligence active de la providence trouve un plaisir complet dans l’accomplissement du dessein immuable de la volonté de Dieu. Enfin ces yeux se retrouvent en Apocalypse 5, dans l’Agneau exalté à la droite de Dieu, qui s’apprête à prendre possession de Son héritage sur la terre. Là (Apoc. 5:6), ce sont les sept Esprits de Dieu qui sont envoyés sur toute la terre, car le gouvernement est entre les mains de l’Agneau, bien qu’Il ne l’ait pas encore exercé sur la terre, dont Il va être mis en possession » (JND Études sur la Parole).


Il est intéressant de souligner la référence à ce texte et l’application qu’en fait l’apôtre Paul. « Toutefois », dit-il, « le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont Siens. Et qu’il se retire de l’iniquité quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2:19). Personne ne pourrait renverser le fondement ; et le Seigneur savait qui s’appuierait dessus en un jour de confusion et de ruine ; mais il incombait à tous ceux qui professaient Son nom, qui reconnaissaient Son autorité, de se retirer de l’iniquité. Si, en Zacharie, c’était Dieu qui, suite à la repentance de Son peuple, intervenait pour ôter l’iniquité de Son pays, dans Timothée, c’est la responsabilité de tous ceux qui reconnaissent Christ comme Seigneur de marcher dans la séparation du mal — ce qui est la preuve de la réalité de leur profession.


5.8 - [Ch. 3:10 — Prospérité et paix terrestres]

Mais revenons à Zacharie. La purification du pays est suivie d’une autre bénédiction. « En ce jour-là, dit l’Éternel des armées, vous convierez chacun son prochain sous la vigne et sous le figuier » (3:10). C’est l’effet béni du règne du Prince de Paix, de Christ sous son caractère de Salomon, et donc l’accomplissement des paroles prononcées au sujet du règne de Salomon : « Juda et Israël étaient nombreux, comme le sable qui est sur le bord de la mer, mangeant, buvant et se réjouissant » (1 Rois 4:20). C’est la faveur et la bénédiction de Dieu, la paix entre les hommes et, par voie de conséquence dans le royaume, la pleine prospérité terrestre — la réalisation de la vérité des paroles des anges à la naissance de Christ : « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts, et sur la terre paix et bon plaisir dans les hommes » (Luc 2:14).


6 - Zacharie 4 — Cinquième vision

6.1 - [Ch. 4 — Vue d’ensemble]

Le caractère apocalyptique de cette partie de la prophétie apparaît dès le v. 1, montrant ainsi qu’il s’agit de l’une de la série de visions qui ont passé devant les yeux du prophète. « L’ange qui parlait avec moi revint et me réveilla, comme un homme qu’on réveille de son sommeil ».

Le prophète se trouvait dans la situation de Daniel sur les rives de l’Ulaï, lorsque Gabriel fut envoyé pour lui faire savoir ce qui devait se passer à la dernière extrémité de l’indignation (Daniel 8:15-19). Réveillé par l’ange, il vit « un chandelier tout d’or, avec une coupe à son sommet, et ses sept lampes sur lui, et sept tuyaux pour les sept lampes qui sont à son sommet ; et deux oliviers auprès de lui, l’un à droite de la coupe, et l’autre à sa gauche » (4:2,3). Telle fut la vision. Nous avons ensuite l’explication par l’ange de la signification générale de la vision (4:5-7), puis sur la base de ce qui précède, un message spécial, « la parole de l’Éternel », adressé à Zacharie (4:8-10), et enfin (4:11-14) l’interprétation des deux oliviers.


6.2 - [Ch. 4:1-3 — Le chandelier]

Avant d’aborder ces différents points, il convient d’observer que le chandelier est le chandelier bien connu dans le tabernacle — le chandelier à sept branches (Exode 25:31-40), et qu’il a toujours été le symbole de la lumière de Dieu en perfection de témoignage — témoignage dans la puissance du Saint Esprit sur la terre — d’abord en Israël, et ensuite dans l’Église (Apoc. 1). Plusieurs différences sont à noter par rapport au chandelier d’origine. Tout d’abord, la coupe (ou vasque) sur le sommet ; ensuite, chaque lampe semble avoir sept tuyaux pour l’acheminement de l’huile de la coupe aux lampes ; enfin, les deux oliviers avec leurs branches et leurs tuyaux d’or, par lesquels l’huile était alimentée dans la coupe.

D’une manière générale, il s’agit sans aucun doute d’une révélation de l’ordre parfait en gouvernement et en témoignage que l’Éternel voulait établir à Jérusalem en relation avec la sacrificature royale, celle de Melchisédec, sacrificature de Christ. Dans son plein accomplissement, ce serait, comme l’a écrit un autre, « la royauté et la sacrificature de Christ, qui maintiennent, en puissance et en grâce spirituelle, la lumière parfaite de l’ordre divin parmi les Juifs ». L’œuvre était divine ; les tuyaux étaient d’or. Ce qui était administré, c’était la grâce de l’Esprit, l’huile qui alimentait le témoignage, maintenu dans cet ordre parfait ».


6.3 - [Ch. 4:4-7 — Signification du chandelier]

Comprendre la signification du chandelier nous permet de comprendre la réponse de l’ange à Zacharie (4:6). Le temps n’était pas encore venu, comme nous le savons, pour l’établissement du royaume, quand Christ s’assiéra comme sacrificateur sur Son trône ; en fait, seulement un pauvre et faible résidu du peuple était revenu de captivité ; et ceux-ci, sans aucun signe visible de la présence de l’Éternel, étaient occupés, au milieu des doutes et des craintes, à bâtir le temple. Mais l’Éternel veillait sur le peuple. Il avait l’œil et le cœur sur leur travail, et Il voulait animer leurs esprits abattus, et leur donner une nouvelle énergie pour le service : pour ce faire, Il dirigeait leurs regards, par le moyen du prophète, vers les gloires de l’avenir, et Il leur apprenait que leur faible travail était lui-même la promesse de l’accomplissement de tous Ses desseins de grâce à l’égard de Son ancien peuple. C’est pourquoi, lorsque Zacharie demande : « Que sont ces choses, mon Seigneur ? » l’ange répond : « C’est la parole de l’Éternel à Zorobabel, disant : Ni par force ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Éternel des armées. Qui es-tu, grande montagne ? Devant Zorobabel, tu deviendras une plaine, et il en fera sortir la pierre du faîte avec des acclamations : Grâce, grâce à elle ! » (4:6, 7).


6.3.1 - [Ch. 4:5-6]

Ceci explique très clairement l’application de la vision aux circonstances du moment. Il y avait, comme nous l’avons déjà dit, une exhibition de la perfection de la lumière de l’ordre de Dieu dans l’avenir, un témoignage de ce que Dieu n’oublie jamais Ses desseins ultimes. Mais il y avait aussi une application présente, et c’est pourquoi l’explication de l’ange prend la forme d’un message à Zorobabel — à Zorobabel qui, en tant que gouverneur de Juda, avec Joshua le grand sacrificateur, était le conducteur du peuple dans l’œuvre de bâtir le temple (Esdras 5:2 ; Aggée 2:2).

Zorobabel était donc instruit de ce que le temps n’était pas encore venu pour la manifestation de la puissance de l’Éternel en faveur de Son peuple ; mais que si c’était, comme c’était le cas, un temps de faiblesse, l’Esprit de Dieu travaillait à assurer, tant dans les cœurs du peuple que dans leur service, tout ce que Son nom et Ses intérêts exigeaient, et que, par conséquent, le caractère du temps exigeait la dépendance de Dieu et la confiance en Lui. C’était sans doute une leçon nécessaire pour Zorobabel dans sa position éprouvante, et d’autant plus éprouvante qu’il avait lui-même des craintes personnelles. Il est relativement facile, même pour l’homme naturel, de s’engager dans le service — le service extérieur — de Dieu, lorsqu’Il intervient en puissance pour soutenir Ses serviteurs et assurer le résultat ; mais c’est seulement l’homme de foi


6.3.2 - [Ch. 4:7a]


Le mot montagne, selon ce que nous comprenons, symbolise tous les obstacles qui entravent l’achèvement de l’œuvre. C’est une figure groupant toutes les difficultés, aussi bien que l’opposition rencontrée, dont les détails sont donnés dans le livre d’Esdras. Mais tout cela, quelle que soit l’activité, la puissance ou l’influence des adversaires, n’est rien pour Dieu, et n’est rien non plus pour l’homme de foi quand il s’appuie sur la seule puissance de l’Esprit et qu’il marche dans le chemin de la volonté de Dieu. C’est ainsi que la question est posée de manière triomphante, pour ne pas dire provoquante : « Qui es-tu, grande montagne ? » C’est en effet un défi exalté, qui fait ressortir l’assurance confiante que devant Zorobabel elle deviendrait une plaine (comp. Ésaïe 40:35).

Il est plus que probable que le Seigneur Jésus se référait à ce passage de l’Écriture lorsqu’Il disait à Ses disciples : « En vérité je vous dis : si vous avez de la foi et que vous ne doutiez pas, non seulement vous ferez ce qui a été fait au figuier, mais si même vous disiez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait » (Matthieu 21:21). Car quelle était la montagne dans ce cas ? Sans doute la nation juive dans son incrédulité et son opposition à la grâce, — cette inimitié des Juifs qui a toujours fait obstacle à la proclamation de l’évangile aux Gentils et qui, vaincue par la foi des disciples, a fini par disparaître lorsque les Juifs se sont fondus dans la mer des nations.

Mais que ce soit ceci ou cela, il y a là un très grand encouragement au service du Seigneur, car cela permet à Ses serviteurs de considérer les difficultés les plus insurmontables comme des occasions de manifester la puissance toute-puissante et victorieuse par l’action du Saint Esprit.


6.3.3 - [Ch. 4:7b]

La pierre du faîte est liée à l’achèvement de l’édifice ; la première pierre avait été posée depuis longtemps (voir Esdras 3:10 ; 4:24 ; 5:1) ; la promesse se rapporte donc à l’achèvement de l’œuvre, qui devait être accompagné par la joie du peuple et par sa reconnaissance dans sa joie de ce que la grâce, la faveur de l’Éternel, avait tout accompli.

En tant que symbole, la pierre du faîte, tout comme la pierre de fondation, désigne Christ. C’est ce qui ressort des paroles : « La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée est devenue la pierre de l’angle » (Psaume 118:22). Et il est possible que le passage de l’épître aux Éphésiens (2:20) se rattache à cela : « Jésus Christ lui-même étant la maitresse pierre du coin », enseignant qu’Il est à la fois le fondement et la couronne, le commencement et la fin, de la maison de Dieu.


6.4 - [Ch. 4:8-10 — Certitude de l’achèvement de la maison et joie de l’Éternel]

Le prophète reçoit ensuite un autre message concernant Zorobabel, encore plus explicite quant à l’achèvement de la maison de l’Éternel, et ajoutant l’assurance que les yeux de l’Éternel se réjouiraient lorsqu’ils verraient le fil à plomb dans ses mains, appliqué une fois le travail fini. « La parole de l’Éternel vint à moi, disant : Les mains de Zorobabel ont posé le fondement de cette maison ; ses mains l’achèveront aussi ; et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé vers vous. Car qui a méprisé le jour des petites choses ? Ils se réjouiront, ces sept-là, et ils verront le fil à plomb dans la main de Zorobabel : ce sont les yeux de l’Éternel, qui parcourent toute la terre » (4:8-10).


6.4.1 - [Ch. 4:9]

Nous avons donc ici un renouvellement solennel de l’assurance que rien ne devait empêcher Zorobabel d’exécuter son œuvre. Les mains qui ont posé les fondements de la maison doivent l’achever ; et nous apprenons par là qu’aucune opposition ou inimitié, ni toute la subtilité de l’adversaire, ne peut entraver ou même empêcher le progrès de l’œuvre de Dieu, lorsque Son peuple travaille dans la dépendance de Lui, et compte uniquement sur Son soutien et Sa protection.

Une telle assurance ne pouvait manquer de consoler les cœurs de ce faible résidu en un tel moment ; car ce n’était pas seulement la maison qui devait être achevée, mais c’était aussi que c’était les mains de Zorobabel qui devaient l’achever. Si seulement ils croyaient à ce message, avec quel courage allaient-ils poursuivre leurs travaux ! Même si les apparences pouvaient être toutes contre eux (et c’était le cas), sous l’influence de la foi ils pouvaient dire : Nous savons que notre travail prospérera, parce que la bouche du Seigneur l’a dit (comp. 1 Cor. 15:58). Une fois de plus, l’accomplissement de la prophétie (Zach. 2:9, 11) est donné comme preuve du fait que le Seigneur des armées avait envoyé Son ange au prophète.


6.4.2 - [Ch. 4:10 — Le jour des petites choses]

La question se pose alors : « Qui a méprisé le jour des petites choses ? » Quelques-uns, sinon tous, avaient été tentés d’avoir ce mépris (Esdras 3:12), car ils avaient comparé le caractère insignifiant de l’édifice actuel avec la gloire de celui de Salomon. Ils s’étaient ainsi découragés en comparant le présent au passé, et dans leur découragement, ils avaient eu une piètre opinion de l’œuvre à laquelle ils s’étaient attelés. Il leur est maintenant montré que, dans cet état d’esprit, ils n’étaient pas en communion avec les pensées et le cœur de Dieu ; que la question n’était pas de savoir quelle était la gloire extérieure de leur œuvre, mais quelles étaient les pensées de Dieu à son égard. Ils se plaignaient et étaient incrédules alors que le cœur de Dieu était sur Son peuple, et que Ses yeux attendaient pour exprimer Sa joie de voir la construction achevée — car c’est là la signification du fil à plomb dans les mains de Zorobabel (*).

Il serait bon pour nous de garder précieusement cette instruction ; car nous aussi, sommes lents à apprendre que l’importance de tout service dépend de l’estimation que Dieu en fait. Si nous perdons un instant la communion avec Lui quant à notre travail, notre énergie spirituelle et notre persévérance disparaissent, nous cessons de regarder à l’unique source de notre force et nous laissons place, en même temps, aux doutes, voire au désespoir, parce que nous avons commencé à marcher par la vue au lieu de marcher par la foi. Apprenons donc, avec ces captifs de retour, que le service le plus insignifiant quant à son caractère extérieur, est digne de tout notre dévouement et de tout notre zèle, si les pensées et le cœur de Dieu y sont attachés, et s’Il l’a mis entre nos mains ; rien n’est à dédaigner, pas même les petites choses, quand elles contiennent en elles-mêmes le gage et la garantie de l’accomplissement des desseins de Dieu.


(*) Quant à l’expression « ces sept-là », « les yeux de l’Éternel », voir la note sur Zach. 3:9.


6.5 - [Ch. 4:11-14 — Les deux oliviers]

Le prophète demande ensuite : « Que sont ces deux oliviers à la droite du chandelier, et à sa gauche ? Je répondis une seconde fois et lui dis : Que sont ces deux branches d’oliviers qui, à travers (ou ‘à côté’ ou ‘par le moyen’) des deux tuyaux d’or, déversent l’huile d’or d’elles-mêmes ? Il me parla, disant : Ne sais-tu pas ce qu’elles sont ? Et je dis : Non, mon seigneur. Et il dit : Ce sont les deux fils de l’huile qui se tiennent auprès du Seigneur de toute la terre » (4:11-14).

La réponse finale de l’ange donne la clé de tout le chapitre. Les détails du symbole sont quelque peu difficiles à saisir ; car, comme on le verra, l’une des questions du prophète (4:12) introduit une particularité supplémentaire par rapport à la vision originale. Nous n’y trouvons aucune mention des branches d’olivier. Si l’on considère l’ensemble, il y a d’abord


Avant de donner l’interprétation, notons encore que l’ange, en répondant au prophète, ne répond pas à ses deux questions, mais, considérant manifestement les oliviers et les branches d’olivier comme une seule et même chose, dit : « Ce sont les deux fils de l’huile », etc.


Sans vouloir expliquer la vision dans tous ses aspects, il est facile d’en suivre les grandes lignes à la lumière du v. 14.

1. Tout d’abord, le chandelier avec ses sept branches représente Christ en tant que Seigneur de toute la terre. Il regarde en avant vers le temps où Christ sera venu, où Il aura établi Son trône en Sion, où toutes les nations auront reconnu Son pouvoir universel, où Il sera « un grand roi sur toute la terre » (Ps. 47:2, et la série Ps. 45 à 48 et leur interconnexion). C’est alors, si nous comprenons bien, qu’Il sera le chandelier d’or de Dieu sur la terre, « le vase de la lumière de Dieu sur la terre, ordonnée dans toute sa perfection ».

2. Le chandelier était unique, mais il avait sept branches. C’était l’unité dans la perfection de la coordination spirituelle, l’unité parfaite, le développement parfait dans cette unité », et cela ne trouvera son plein accomplissement qu’en Christ. Israël était destiné à être le vase (récipient) du témoignage de Dieu sur la terre, et il a failli, complètement et nous savons jusqu’à quel point. Après que la nation juive eut été rejetée comme témoin responsable de Dieu, l’Église est venue à sa place ; et la lettre à Laodicée (Apoc. 3) nous informe aussi de sa faillite. Lorsque l’Église aura été enlevée de la scène, Christ Lui-même viendra et répondra à toutes les pensées de Dieu dans la perfection de Son témoignage. Il a déjà été ici-bas comme le témoin fidèle (Apoc. 1.5), et c’est sous ce caractère qu’Il a été rejeté et crucifié ; à la suite de la faillite de l’Église, qui aurait dû porter un témoignage fidèle pour Dieu, Il s’est présenté à elle comme « le témoin fidèle et véritable » (Apoc. 3:14), — et maintenant en Zach. 4 nous Le voyons, de nouveau sur la terre, sous le même caractère, mais non plus comme le rejeté, mais comme ayant fait valoir son titre en puissance et ayant pris possession de Son héritage légitime, comme le Seigneur de toute la terre. Les pensées de Dieu doivent être réalisées (Psaume 33:11) ; mais l’histoire des dispensations enseigne qu’elles ne seront réalisées qu’en Christ. L’homme a failli et faillira en tout, quels que soient ses privilèges, mais en Christ toute la gloire de Dieu sera assurée.

3. Outre le chandelier d’or, de chacun des ses côtés, se trouvaient ces deux oliviers, et la question du prophète concernant les branches d’olivier semble indiquer clairement que les oliviers (les fils de l’huile) étaient les deux sources d’où la lumière du chandelier était alimentée et soutenue. Que sont donc ces oliviers ? Zorobabel était le gouverneur de Juda, Joshua (Zach. 3) était le grand sacrificateur, et les deux réunis étaient donc un type de Christ en tant que sacrificateur sur Son trône ; et donc les deux oliviers, comme l’a écrit un autre, « sont la royauté et la sacrificature de Christ, qui maintiennent, en puissance et en grâce spirituelle, la lumière parfaite de l’ordre divin parmi les Juifs ». Ce sont les sources d’où cette lumière parfaite est alimentée et entretenue. (*)

4. L’attention du lecteur peut également être attirée sur le terme « huile d’or ». Le chandelier est d’or, et bien que l’huile découle des oliviers, c’est à travers des tuyaux d’or, et l’huile elle-même est « d’or ». L’or, comme toujours, représente ce qui est divin, tandis que l’huile est l’emblème du Saint Esprit — le Saint Esprit ici, dans la mesure où c’est par Christ en tant que Seigneur de la terre que le témoignage sera rendu (témoignage dans toute son énergie divine, et de façon manifeste, et c’est pourquoi il s’agit d’une huile divine, d’or). Ce point est intéressant sous un autre aspect. Lorsque Jésus marchait ici-bas sur la terre, Il vivait, agissait et œuvrait dans la puissance du Saint Esprit. C’était la source de Ses paroles, de Ses actes et de Ses miracles. Après Sa résurrection, Il agissait encore par la même puissance, car il est écrit : « Il fut enlevé, après avoir donné par le Saint Esprit des ordres aux apôtres qu’Il avait choisis » (Actes 1:2). Et maintenant, comme il ressort de la vision de Zacharie, lorsqu’Il sera ici dans la gloire du royaume, Il gouvernera aussi, maintiendra Ses droits, rendra témoignage pour Dieu, dans la puissance du Saint Esprit.


(*) Si le lecteur a suivi cette interprétation, il sera grandement aidé dans la lecture d’Apocalypse 11, car là les deux témoins sont dits être « les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre ». De ceci il apparaît que le sujet de leur témoignage sera les droits de Christ revendiqués sur la terre en relation avec Sa royauté et Sa sacrificature.


7 - Zacharie 5 — Sixième et septième visions

Les visions de ce chapitre sont plus obscures, mais suffisamment claires dans leur portée générale. Leur sujet est le jugement des méchants en Israël dans les derniers jours, et la révélation du vrai caractère, de l’estimation de Dieu, de ce qui prétendait être Israël, mais qui était devenu en réalité une nation apostate.

La première vision concerne des individus, et la seconde le peuple dans son ensemble — le peuple dans son caractère public extérieur, à la différence du résidu, caché aux yeux des hommes, mais connu de Dieu et ayant, en fait, devant Lui la place de la nation.


7.1 - [Ch. 5:1-4 — Le rouleau qui vole]

7.1.1 - [Ch. 5:1-2 — Taille du rouleau]

« Et de nouveau je levai mes yeux, et je vis ; et voici un rouleau qui volait. Il me dit : Que vois-tu ? Je répondis : Je vois un rouleau qui vole, long de vingt coudées, et large de dix coudées » (5:1, 2).

Le rouleau est la forme ordinaire des anciens livres hébraïques ; c’est pourquoi nous lisons dans Ézéchiel : « Une main était étendue vers moi, et voici, il y avait en elle un rouleau de livre ; et il le déploya devant moi, et il était écrit devant et derrière ; et il y avait écrit des lamentations, des plaintes et des gémissements » (Ézéchiel 2:9-10, comp. Apoc. 5:1). Mais le rouleau de Zacharie, d’après ses dimensions, n’était pas un rouleau ordinaire, mais les trois dimensions étaient purement symboliques en les regardant selon la vision prophétique.

Il y a des choses qui s’y rattachent et qui méritent une attention particulière.

1. La première est sa taille, qui attire immédiatement l’attention du prophète. Vingt coudées de long et dix de large, c’était exactement la taille du tabernacle dans le désert, comme le montrent le nombre et la largeur des planches (ais ou madriers) qui le composaient (Exode 26:15-25) ; c’était aussi la taille du portique du temple de Salomon (1 Rois 6:3). Ces correspondances ne peuvent être accidentelles ; elles doivent avoir été voulues, et c’est pourquoi elles enseignent,


Dans les deux cas, la norme du jugement serait selon la sainteté de la maison, c’est-à-dire la sainteté de Celui qui y habite, selon la révélation de Son nom à Son peuple.


7.1.2 - [Ch. 5:3 — Malédiction inexorable]

2. Le deuxième point concerne le contenu du rouleau. L’ange l’explique à Zacharie : « C’est ici la malédiction qui sort sur la face de toute la terre ; car tout voleur sera retranché d’ici selon cette malédiction, et toute personne qui jure sera retranchée d’ici selon cette malédiction » (5:3).

On s’est demandé si « toute la terre » était universelle, ou s’il fallait rendre, comme on pourrait le faire, toute le « pays ». L’expression du v. 4 « qui jure faussement par mon nom » pousserait plutôt vers cette dernière interprétation ; et ainsi la malédiction écrite dans le rouleau était une malédiction prononcée contre les voleurs et les parjures au milieu du peuple professant Dieu — une malédiction inexorable ; car il faut se rappeler que le temps dont il est parlé est postérieur au jour de la grâce, et se rattache à l’action de l’Éternel dans le pays, juste avant et de manière préparatoire à l’établissement du trône du Messie en justice. C’est pourquoi tous les voleurs et ceux qui jurent faussement devront certainement être retranchés selon la malédiction écrite sur le rouleau. Mais quelle contradiction que de trouver de tels gens péchant ouvertement parmi le peuple professant la foi en Dieu !

C’est la plus grande réussite des efforts de Satan que d’introduire ses serviteurs parmi le peuple du Seigneur (voir Jude), sachant qu’un peu de levain fait lever toute la pâte. Le fait que Dieu lui-même soit obligé d’intervenir pour défendre Son nom et la sainteté de Sa maison révèle un triste état de déclin général. Quand les consciences des saints sont exercées, et qu’ils marchent humblement devant Dieu, ils sont nécessairement intolérants vis-à-vis du mal et zélés pour maintenir l’honneur de Dieu, dans la mesure où ils jouissent de la communion avec Lui.

En revanche, lorsqu’ils sont négligents et que la parole de Dieu n’est plus considérée comme le guide de leur chemin et de leur conduite, il s’ensuit une fausse charité, la discipline est négligée et l’iniquité se vante au grand jour. Un tel état de choses oblige Dieu, comme dans le cas qui nous occupe, à intervenir pour que Son peuple écoute la verge de la correction et Celui qui l’a déterminée pour agir. C’est là un principe immuable de Son action, comme nous lisons par exemple en Ézéchiel, après les détails de la mauvaise conduite d’Israël dans sa captivité : « Je sanctifierai mon grand nom, qui a été profané parmi les nations, et que vous avez profané au milieu d’elles » (voir Ézéchiel 36:17-23).


7.1.3 - [Ch. 5:4 — Certitude du jugement final]

Enfin, il nous est dit que Celui qui prononce la malédiction la fera exécuter. « Je la ferai sortir, dit le Seigneur des armées, et elle entrera dans la maison du voleur et dans la maison de celui qui jure faussement par mon nom ; elle restera au milieu de sa maison, et la consumera avec son bois et ses pierres » (5:4).

Le prophète Jérémie pouvait dire : « Un homme se cachera-t-il dans quelque cachette où je ne le voie pas ? dit l’Éternel. N’est-ce pas moi qui remplis les cieux et la terre ? dit l’Éternel » (Jér. 23:24). Ainsi, dans les cas qui nous occupent, le voleur et le parjure pouvaient se flatter que leur iniquité était inconnue, qu’ils avaient réussi à la dissimuler aux yeux de tous les hommes ; ils pouvaient même se mêler à leurs voisins sans laisser voir la moindre tache sur leur caractère. Ils pouvaient être allés plus loin et dire : « Le Seigneur ne verra pas, et le Dieu de Jacob n’y fera pas attention » : mais « celui qui a planté l’oreille n’entendra-t-il pas ? Celui qui a formé l’œil ne verra-t-il pas ? (Psaume 94:7, 9). Tous ceux-là sont avertis ici que leur fausse sécurité sera troublée sûrement tôt ou tard, et que la malédiction rapide de Dieu entrera dans leurs maisons pour les détruire.

Il ne s’ensuit pas, selon ce que nous comprenons, que le jugement dont il est question ici sera forcément public ou soudain. Le langage est particulier : la malédiction entre, reste dans leurs maisons, et les maisons sont consumées. Il semblerait que ce soit dans le cadre de l’action gouvernementale de Dieu. Que ce soit de cette manière ou d’une autre, la leçon est la même : les pécheurs ne peuvent s’endurcir contre le Seigneur et prospérer ; Son bras puissant les atteindra aussi sûrement en jugement que Ses yeux verront à fond les secrets de leurs cœurs ; ainsi, à l’arrivée du jour de l’Éternel, Il détruira les pécheurs de Son pays (Ésaïe 13:9).

La différence dans les voies de Dieu en matière de gouvernement, entre le temps présent et celui dont parle le prophète, saute aux yeux même d’un lecteur superficiel. Maintenant dans le jour de la grâce, l’évangile est proclamé, et Dieu, sans renoncer à aucun de Ses droits, n’intervient pas toujours en jugement, car Il ne veut pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. Cependant, dès que ce jour se terminera et qu’Il recommencera à agir en justice sur la terre, Il traitera les pécheurs de la manière donnée à voir au prophète dans cette vision. Il est nécessaire de comprendre ces distinctions entre les dispensations afin de lire l’Écriture avec intelligence. Il convient toutefois d’ajouter, pour éviter toute méprise, que Dieu ne passe pas à côté du péché, même en ce jour de grâce. Il attend le pécheur et le supplie de se courber devant dans la repentance, et de recevoir le salut par la foi au Seigneur Jésus Christ ; mais si le pécheur refuse d’écouter la voix de l’amour et de la miséricorde de Dieu dans l’évangile, il ne fera qu’aggraver son sort lorsque le jugement sera finalement exécuté (Romains 2:4-11).


7.2 - [Ch. 5:5-11 — La femme dans l’épha]

7.2.1 - [Ch. 5:5 — L’épha qui sort]

La vision suivante est plus mystérieuse dans sa forme et ses symboles, bien que sa signification principale soit clairement perçue. « L’ange qui parlait avec moi sortit et me dit : Lève tes yeux, et vois ce qui sort. Je dis : Qu’est-ce que c’est ? Il répondit : C’est un épha qui sort. Et il ajouta : C’est leur aspect sur toute la terre. Et voici, un disque de plomb fut soulevé ; et voici une femme était assise au milieu de l’épha. Il dit : C’est la méchanceté. Et il la jeta au milieu de l’épha, et il jeta le poids du plomb sur l’ouverture » (5:5-8).

C’est la première partie de la vision, les versets restants contenant un développement distinct, révélant la consommation finale de la méchanceté observée pour la première fois chez les Juifs. Ceci explique peut-être le verbe « sortir » que l’on retrouve si souvent dans ce chapitre, un terme qui indique non seulement le mouvement, mais aussi, en rapport avec le sujet des visions, le progrès ou le développement du mal. Les débuts, les germes, étaient visibles aux jours de Zacharie ; de même que l’apôtre Jean parle de nombreux antichrists déjà apparus et les considère comme les précurseurs certains de L’Antichrist, de même, dans la vision, ces germes sont pris comme les préfigurations de la manifestation complète du mal qu’ils continuent à dépeindre.

La signification exacte de l’épha, en dehors du fait que c’était une mesure en usage chez les Juifs (*), n’est pas révélée ; mais, conformément à ce qui a été dit au sujet du progrès, sa « sortie » semble indiquer la propagation du mal dans tout le pays (la Judée) ; et le fait que c’était une mesure connue peut signifier que, quelles que soient sa virulence et sa puissance, le mal serait, dans le gouvernement de Dieu, confiné dans certaines limites ; ou qu’il y avait des limites déterminées, au-delà desquelles la patience de Dieu ne s’étendrait pas. Notre Seigneur dit par exemple aux Juifs : « Comblez la mesure de vos pères » (Matt. 23:32).


(*) Il n’est même pas possible d’en déterminer la taille. On dit, d’après Josèphe, qu’il contenait plus d’un boisseau.


7.2.2 - [Ch. 5:8a — La femme au milieu de l’épha]

Le mal lui-même était personnifié par une femme assise au milieu de l’épha. C’est ce qu’explique le v. 8 : « L’ange dit », en parlant de la femme, « c’est la méchanceté. Et il la jeta (la femme) au milieu de l’épha ». La fin du v.7 donne donc le résultat de l’action du début du v. 8, c’est-à-dire que c’est l’ange qui jette la femme (la méchanceté) au milieu de l’épha, et le prophète la voit, en conséquence, assise là. Il y a encore une autre action : l’ange « jette un poids de plomb (probablement le disque de plomb mentionné au v. 7) sur l’ouverture » (celle de l’épha).

Une femme est un symbole bien connu dans les Écritures pour exprimer un système, personnifiant parfois une nation — par exemple, la fille de Sion, la fille de Babylone — et parfois, comme dans l’Apocalypse, une organisation religieuse. Comme illustration de cette dernière signification, nous avons la femme assise sur une bête écarlate, parée de toutes sortes de gloire et de grandeur humaines, avec son nom écrit sur le front : « Mystère, Babylone la Grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre » (Apoc. 17:5). Et nous apprenons, d’après le v. 18 de ce même chapitre, que Rome — le système romain, la religion papale — est présentée sous la forme de cette femme.

Ceci nous permet de percevoir immédiatement, et d’autant plus sûrement qu’elle est assise au milieu d’une mesure juive, que la femme de notre chapitre est l’expression d’une méchanceté organisée parmi les Juifs des derniers jours. Ayant rejeté Christ et, comme Il l’a prédit, ayant reçu un autre qui sera venu en son propre nom (Jean 5:43), ils deviendront la proie et la demeure des sept esprits méchants de l’idolâtrie, et ainsi leur dernier état sera pire que le premier (Matthieu 12:43-45). C’est là une méchanceté — un système organisé d’idolâtrie. Elle est assise au milieu d’un épha, ce qui indique le caractère juif de sa forme extérieure et de son habitation ; et le fait d’être « assise » (comp. Apoc. 17:3, 9, 15) indique le fait de sa suprématie sur la nation juive, le judaïsme étant le siège de son trône et de son gouvernement.


7.2.3 - [Ch. 5:8b — Le poids sur l’ouverture de l’épha]

Il est plus difficile de saisir la signification précise de l’expression « jeter le poids de plomb sur l’ouverture de l’épha », mais nous pensons qu’elle indique l’immense énergie de la méchanceté telle qu’elle est contenue dans l’épha. Le grand poids de plomb fut jeté sur l’ouverture ; une répression sévère est exercée, peut-être par voie de gouvernement, plutôt que directement, pour empêcher toute expansion et tout développement supplémentaires ; et pourtant, comme le montre la suite de la vision, la méchanceté était irrépressible, et elle s’écoulait dans sa vraie forme et son vrai caractère.

C’est de la même manière que le mal est freiné à l’heure actuelle, selon 2 Thess. 2 : « Vous savez maintenant ce qui retient pour qu’il soit révélé en son temps. Car le mystère d’iniquité opère déjà ; seulement celui qui retient maintenant, le fera, jusqu’à ce qu’il soit loin, et alors sera révélé l’inique », etc. (2 Thes. 2:6-8).

De même, le poids de plomb peut représenter la limitation pour un temps de la puissance de la méchanceté (symbolisée par la femme) par le moyen d’un gouvernement humain, ou par d’autres moyens, la confinant à l’épha juif jusqu’à ce que Dieu lui permette de déborder et de révéler sa véritable origine et sa véritable demeure. S’il en est ainsi, il se peut que les v. 9 à 11 ne suivent pas chronologiquement le v. 8, mais qu’ils se rapportent, comme déjà suggéré, au développement complet de la méchanceté qui, sous une forme organisée, avait trouvé un foyer dans le judaïsme. C’est d’autant plus probable qu’il y a une nette rupture dans la vision, si ce n’est le commencement au v. 9 d’une nouvelle vision, quoiqu’intimement liée, comme le montrent les mots : « Et je levai mes yeux », mots qui sont si fréquemment utilisés pour introduire un nouveau sujet (voir Zach. 2:1 ; 5:1, 5).


7.2.4 - [Ch. 5:9-11 — Le devenir de l’épha]

Quand le prophète eut de nouveau levé les yeux, il dit : « Je vis ; et voici, deux femmes sortirent, et le vent était dans leurs ailes, car elles avaient des ailes comme celles d’une cigogne, et elles soulevèrent l’épha entre la terre et les cieux. Je dis alors à l’ange qui parlait avec moi : Où celles-ci emportent-elles l’épha ? Et il me répondit : Pour lui bâtir une maison dans le pays de Shinhar ; et là elle sera fixée, et posée sur sa base » (5:9-11).


7.2.4.1 - [Ch. 5:9 — Deux femmes]

Le trait principal de cette vision est que deux femmes sortent de l’épha là où il n’y en avait qu’une ; et, si l’on s’en tient au symbolisme de la femme dans les Écritures, la signification est que deux systèmes, unis mais distincts, sont développés à partir de ce qui était contenu dans le cadre juif. Il y avait alors une forme juive et un foyer juif, mais maintenant ses composantes sont résolues en deux, toutes deux représentées par une femme. Que sont-elles ? Un examen de l’état des Juifs, telle qu’exposé dans l’Écriture, ne laisse guère de doute sur le fait qu’il s’agit des sœurs jumelles, la SUPERSTITION et l’INCRÉDULITÉ. Ce sont contre elles que notre Seigneur Lui-même dut combattre sous la forme des Pharisiens et des Sadducéens ; elles sont unies dans leur funeste action en ce moment même dans l’Église professante, et de façon spécialement visible dans le Romanisme ; on les verra exercer toute leur influence effrayante sur les âmes des hommes sous l’emprise de l’antichrist : celui-ci appelle la superstition à l’aide lorsqu’il lui est permis de faire descendre le feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes (Apoc. 13:13) ; et il profite de sa sœur l’incrédulité quand il s’oppose et s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu ou qui est un objet de vénération (2 Thes. 2:4).


7.2.4.2 - [Ch. 5:9 — Le vent dans les ailes des deux femmes]

Telles sont les deux femmes qui sortaient de l’épha ; et il nous est dit que « le vent était dans leurs ailes, et elles avaient des ailes comme celles d’une cigogne ; et elles soulevèrent l’épha entre la terre et les cieux » (5:9).

Les ailes, croyons-nous, ne sont qu’un détail du symbole, signifiant peut-être la rapidité de mouvement, — les ailes d’une cigogne étant une figure dérivée de ce qui rencontrait souvent l’œil du Juif dans le départ annuel des cigognes de leur pays.

Le seul point important à noter est que le vent était dans leurs ailes. Lorsque les disciples traversèrent de nuit la mer de Galilée pour se rendre à Bethsaïda, il nous est dit expressément que « le vent leur était contraire » (Marc 6), figure sans doute du fait que toutes les influences de ce monde, gouverné comme il l’est par Satan, sont contre le peuple du Seigneur dans leur passage à travers la mer orageuse de cette vie.

Inversement, ce même vent gonfle toujours les voiles des navires de Satan, et nous constatons dans cette vision prophétique que le vent était dans les ailes de ces deux femmes symboliques, indiquant que toute l’influence et l’énergie de ce monde les aident dans leur dessein. Elles faisaient le travail de Satan, et toutes ses forces étaient donc à leur service. Il en est toujours ainsi, et c’est ce qui explique que l’on voit souvent les méchants réussir au-delà de toute attente dans leurs entreprises. Le vent est dans leurs ailes, les portant vers le haut et en avant vers leur but.


7.2.4.3 - [Ch. 5:10-11 — Apostasie finale]

Zacharie demande : « Où celles-ci emportent-elles l’épha ? Il me répondit : Pour lui bâtir une maison dans le pays de Shinhar ; et elle (la maison) sera fixée, et posée sur sa base » (5:10, 11). (*)

L’épha, comme nous l’avons vu, représente une forme juive de méchanceté, un système organisé de mal, mais conservant les formes extérieures du judaïsme. Ceci produit, et développe les sœurs jumelles du mal, la superstition et l’incrédulité ; et celles-ci conduisent maintenant à l’apostasie complète, et c’est pourquoi on les voit emporter l’épha au pays de Shinhar, le lieu et le foyer de l’opposition déclarée à Dieu (voir Genèse 11:2), où cette incarnation de la méchanceté doit avoir une maison établie, et être mise en place sur sa base.

La nation juive — c’est-à-dire ce qui est publiquement reconnu comme tel, bien qu’un vrai résidu occupera cette place devant Dieu — deviendra ouvertement apostate, et sera alors vue dans son caractère réellement babylonien. L’accomplissement de tout cela aura lieu au temps de la domination de l’antichrist, qui sera un Juif apostat (Daniel 11:37) en même temps qu’il niera le Père et le Fils (1 Jean 2).


(*) « Sa base », se réfère à la « méchanceté ». Ce serait montré par la différence de genre des mots.


Le lecteur ne manquera pas de percevoir la similitude avec le cours de la chrétienté. À la fin d’Apocalypse 3, Laodicée conserve le nom et la forme de l’Église, mais même alors elle correspond à la femme assise dans l’épha, car Christ est à l’extérieur. Rejetée par Christ parce qu’elle est tiède, ni froide ni bouillante, elle progresse dans le mal avec une rapidité effrayante jusqu’à ce que, en Apocalypse 17, elle apparaisse comme Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. Elle a donc été portée, pour ainsi dire, sur les ailes du vent, et on lui a construit une maison au pays de Shinhar. C’est là l’aboutissement final de la chrétienté, non moins que celui du judaïsme, et c’est là, au pays de Shinhar, que les deux fusionneront probablement.

Quelles réflexions solennelles s’élèvent dans nos cœurs, quand nous voyons l’avenir à la fois du judaïsme et de la chrétienté :


Il serait facile, si c’était le moment et le lieu, d’indiquer au lecteur les choses existantes qui sont des précurseurs certains de cette apostasie ouverte ; car déjà les doctrines fondamentales du christianisme sont ignorées ou niées, et la sagesse de l’homme et la puissance de l’homme sont vantées au-dessus de la sagesse et de la puissance de Dieu.

C’est pourquoi il n’y a jamais eu autant besoin de l’exhortation de l’apôtre que dans le temps présent : « Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure donc en vous » (1 Jean 2:24). La seule sécurité du croyant en ces temps périlleux consiste à s’accrocher en tout point à la parole du Dieu vivant, à tout tester à sa lumière et à la garder dans son cœur comme un trésor.


8 - Zacharie 6 — Huitième vision

8.1 - [Ch. 6:1-8 — Une vision]

8.1.1 - [Ch. 6:1 — Chars sortant d’entre deux montagnes d’airain]

Une autre vision s’impose à l’âme du prophète. « Et de nouveau je levai mes yeux, et je vis : et voici, quatre chars sortaient d’entre deux montagnes, et les montagnes étaient des montagnes d’airain » (6:1).

Il est évident que nous passons à nouveau dans la sphère des empires du monde, et du gouvernement de Dieu sur la terre par leur moyen. Au ch 1, des chevaux représentaient les trois empires — Perse, Grèce et Rome — qui succédèrent à Babylone ; ici, les quatre empires sont représentés sous le symbole de chars et de chevaux. Ils sortent d’entre deux montagnes d’airain. Le sens de cette expression peut être éclairci par l’affirmation du v. 5 : « Ce sont les quatre esprits des cieux, qui sortent de là où ils se tenaient devant le Seigneur de toute la terre ». Les chars sortent donc de la présence du Très-Haut, et les montagnes (qui sont parfois employées figurativement pour des sièges de gouvernement, Psaume 72:3 ; Apoc. 17:9, etc). peuvent être considérées comme les piliers de Son trône (comp. Ps. 75:3).

Le fait qu’elles soient des montagnes d’airain tend aussi à la même interprétation ; car l’airain est un emblème de la justice divine mettant l’homme à l’épreuve (comme, par exemple, dans l’autel d’airain) quant à la responsabilité, et il est donc lié au jugement, comme c’est le cas dans la présente vision (6:8). Dieu prend connaissance des événements de la terre car Il est sur le point de juger tout sur le principe éternel de Sa propre justice telle qu’elle se manifeste dans Son gouvernement. C’est ainsi que le psalmiste dit : « Ta justice est comme de hautes montagnes » (Ps. 36:6).


8.1.2 - [Principes généraux de l’action divine selon un autre auteur]

Les remarques suivantes d’un autre auteur (Études sur la Parole, J.N.Darby) sont si frappantes et, à notre avis, expriment si vivement la signification de cette vision que nous les donnons en entier.


8.1.2.1 - [Dieu maintient un gouvernement indirect sur la terre et poursuit l’accomplissement de Ses desseins, malgré un désaccord moral avec les instruments]

« Le ch. 6 nous montre le gouvernement de Dieu dans les quatre monarchies, mais ni comme un gouvernement immédiat de la part de Dieu, ni comme un simple gouvernement humain. Nous avons vu le pouvoir confié à l’homme en la personne de Nebucadnetsar, et qu’il avait failli dans cette charge. Mais ce n’était pas la volonté de Dieu de reprendre immédiatement les rênes du gouvernement sur la terre, ni d’abandonner la terre à la méchanceté et à la volonté de l’homme sans aucune bride providentielle, sans aucun gouvernement. Il les contrôle, non pas en agissant directement, afin de maintenir le témoignage de Son caractère et de Ses voies, mais au moyen d’instruments qu’Il emploie, le résultat de leur activité étant conforme à Sa volonté. Le seul Dieu sage peut faire cela, car Il connaît toutes choses et les dirige en vue de l’accomplissement de Ses desseins. C’est la raison pour laquelle nous voyons toutes sortes de choses en désaccord moralement avec Ses voies en gouvernement, et qui pourtant réussissent ; un chaos quant au présent, mais dont l’issue fournira une clé qui rendra manifeste une sagesse encore plus profonde et plus admirable que celle qui s’est manifestée dans Son propre gouvernement immédiat en Israël, aussi parfait qu’il ait été à sa place. Il s’agit de cette providence universelle qui, dans ses résultats, satisfait aux exigences morales de la nature de Dieu, tandis que, dans le cours intermédiaire des choses, un champ libre est laissé aux énergies actives de la volonté de l’homme.

Cette puissance médiate, exercée au moyen d’instruments provenant de la présence du Dieu Très-Haut, est employée en relation avec Ses droits sur toute la terre. Tel est le caractère de Dieu dans la prophétie de Zacharie. C’est aussi le caractère de Son gouvernement pour le temps présent, c’est-à-dire pendant les quatre empires. Quand Christ régnera, le gouvernement sera de nouveau immédiat en Sa personne, et Jérusalem en sera le centre.


8.1.2.2 - [Ch. 6:8 — Ce que représentent les figures des v. 6 à 8]

Je pense que le jugement exécuté sur Babylone répond à ce qui est dit au v. 8. Nous savons que la Chaldée a toujours été le pays du nord pour Israël. Les esprits employés par Dieu y ont accompli Sa volonté. Le v. 7 semble indiquer l’empire romain, comprenant tout depuis son premier établissement jusqu’à nos jours, et son caractère historique de tout temps. Les chevaux blancs seraient les représentants de ce que Dieu a fait au moyen de l’empire grec. Les tachetés et vigoureux semblent indiquer un mélange de puissance grecque et romaine ; du moins, ces chevaux ont un double caractère, qui devient ensuite deux classes distinctes (seule la dernière ayant le caractère de l’universalité, qui se promène par toute la terre). Je ne doute pas que tous ces fiers instruments de Son gouvernement ne se retrouvent comme sphères de jugement dans les derniers jours, quand Dieu commencera à exercer Ses droits comme Dieu de toute la terre, à moins que Babylone ne soit géographiquement une exception en vertu de ce qui est dit au v. 8».


8.1.3 - [En rapport avec Ch. 6:1-8, quelques grandes lignes sur le sens de l’histoire]

Les principes énoncés au début de l’extrait ci-dessus sont d’une importance capitale pour la compréhension des voies de Dieu dans le gouvernement de la terre pendant le long intervalle entre le retrait de Son trône de Jérusalem, lors de la destruction de la ville et du temple par Nebucadnetsar, et l’établissement du trône du Messie en Sion. Si toutefois le lecteur est déçu de ne pas trouver une interprétation plus précise et plus détaillée des chars et de leurs chevaux, il doit se rappeler que la pleine lumière ne sera jetée sur ces symboles que rétrospectivement quand l’Éternel revendiquera à nouveau Ses droits sur la terre, et qu’en attendant nous devons nous contenter d’une esquisse de Son action à travers et au moyen de ces empires mondiaux successifs.

Cependant, le lecteur trouvera une grande aide à l’étude de ces visions prophétiques par un examen attentif de tout ce qui a été écrit dans d’autres livres concernant les empires mondiaux, comme, par exemple, Daniel 2 et 7 à 11, etc. Il apprendra au moins deux choses :


(*) C’est le premier article du credo du Nihilisme ou Anarchisme. Les hommes affectent actuellement de le mépriser et le haïr, parce qu’il fait la guerre aux gouvernements et à la société ordonnés, et qu’il perturbe ainsi leur paix. Le temps va bientôt venir où ils accueilleront et applaudiront l’Antichrist qui proclamera les doctrines mêmes qu’aujourd’hui ils détestent.


8.2 - [Ch. 6:9-15 — Un message de l’Éternel]

8.2.1 - [Ch. 6:9-11 — Couronnement de Joshua, type de Christ dans Sa gloire future]

À la suite de la vision, Zacharie reçoit maintenant un message distinct qui nous donne le plein résultat des voies de Dieu en gouvernement par l’introduction du Messie, qui doit être comme « un sacrificateur sur son trône » ; et entre Lui et l’Éternel, comme nous le verrons, il y aura « le conseil de paix ».

Tout d’abord, nous avons l’occasion du message et une action symbolique qui devient l’ombre de la bénédiction complète prédite. « La parole de l’Éternel vint à moi, disant : Prends de ceux de la captivité, de Heldaï, de Tobija et de Jedahia, qui sont venus de Babylone ; viens, toi, le jour même, et entre dans la maison de Josias, fils de Sophonie ; prends alors de l’argent et de l’or, fais-en des couronnes, et mets-les sur la tête de Joshua, fils de Jotsadak, le grand sacrificateur » (6:9-11). Nous ne trouvons aucune autre référence à ces noms, et il semblerait qu’ils soient venus de Babylone avec des offrandes pour l’œuvre de l’Éternel dans la construction du temple. Ils n’avaient pas profité pour eux-mêmes de la liberté donnée par la proclamation de Cyrus de retourner en Juda avec leurs frères ; mais bien qu’ils n’eussent pas la foi pour ceci, ils avaient communion avec le but de leurs frères qui étaient revenus (*).


(*) On a remarqué que les noms de la délégation (car ils représentaient probablement aussi d’autres personnes) sont très expressifs sur le plan spirituel. Ainsi Tobija est « L’Éternel est mon bien » ; Jédahia, « L’Éternel sait » ; Josias, « L’Éternel soutient » ; Sophonie, « L’Éternel cache ». Heldaï n’est pas aussi clair.


Le prophète reçoit l’ordre d’entrer dans la maison de Josias — où logeaient peut-être ces Juifs pieux — de prendre l’argent et l’or des offrandes qu’ils avaient apportées, si tel était le but de leur visite à Jérusalem, d’en faire des couronnes (*) et de les placer sur la tête de Joshua, le grand sacrificateur. Ainsi couronné de plusieurs couronnes (voir Apoc. 19:12, plusieurs diadèmes), il se tenait au milieu de ses frères comme un type de Christ dans Sa gloire future. Ce n’était pas un mince privilège pour Joshua, en tant que sacrificateur couronné, de devenir le symbole du Messie ; mais cet honneur lui fut accordé par l’Éternel par l’intermédiaire de Son messager.


(*) Le mot « couronnes » au pluriel devrait peut-être être rendu par « couronne » au singulier (JN Darby indique qu’il s’agit d’une tiare composée de plusieurs couronnes). — La différence est que si l’on parle de « couronne », c’est plus distinctement le caractère de Melchisédec du Messie qui nous est présenté ; si l’on parle de « couronnes », il s’agit plutôt de Sa gloire plus large en tant que Roi des rois et Seigneur des seigneurs, de Sa domination universelle.


8.2.2 - [Ch. 6:12-13 — Joshua couronné : Différents aspects de Christ glorifié]

Et tandis qu’il se tenait ainsi devant ces fils de la captivité, Zacharie fut chargé de lui parler, disant : « Ainsi parle l’Éternel des armées, disant : Voici l’homme dont le nom est le Germe ; il germera de son propre lieu, et il bâtira le temple de l’Éternel ; Lui, il bâtira le temple de l’Éternel ; et il portera la gloire, et il s’assiéra et dominera sur son trône, et il sera sacrificateur sur son trône ; et le conseil de paix sera entre eux deux » (6:12, 13).

Le message explique de manière très complète la signification de l’acte symbolique de couronner Joshua le grand sacrificateur. Il devint ainsi, comme nous l’avons déjà montré, un type de Christ en tant que vrai Melchisédec.


8.2.2.1 - [Le Germe]

Les différentes caractéristiques du Messie dans sa gloire future sont très intéressantes. Il nous est d’abord présenté comme l’homme dont le nom est le GERME. Selon la promesse, il doit être issu d’une souche selon la chair, et être ainsi la racine de David ; c’est pourquoi il est ajouté qu’« Il germera de Son lieu », c’est-à-dire qu’Il devrait être considéré comme né en Sion, selon la parole du psaume : « Quand l’Éternel enregistrera les peuples, Il comptera : Celui-ci (Christ) est né là » (Psaume 87:6). En effet, bien que Bethléem soit le lieu de naissance de David (et aussi du Fils et Seigneur de David), Sion est le siège de la grâce royale manifestée dans le royaume, et le lieu auquel le Messie est dit appartenir.


8.2.2.2 - [Il bâtira le temple de l’Éternel]

De plus, il est dit : « Il bâtira le temple de l’Éternel ; Lui, il bâtira le temple de l’Éternel ». C’est ainsi que serait encouragée la foi de Joshua et du résidu qu’il représentait. Ils travaillaient à ériger une maison pour l’Éternel au milieu des désolations de la Jérusalem autrefois si belle ; et le Seigneur leur dit de considérer leur œuvre comme la promesse d’un temps qui éclipserait la gloire du passé bien plus que le passé n’éclipsait le présent, lorsque le Messie Lui-même construirait le temple — un temple donc proportionné aux splendeurs de Son propre règne glorieux, et comme tel digne d’être la demeure de l’Éternel, leur Dieu.


Le fait est intéressant en lui-même et devrait être noté par tout lecteur de la prophétie, car il jette un flot de lumière sur l’avenir. Le temple qui s’élevait alors devait durer jusqu’aux jours d’Hérode, car celui-ci reconstruisit réellement le temple, ou y apporta des modifications et des rénovations qui équivalaient à une reconstruction du temple. Celui-ci fut détruit, comme nous le savons, par les Romains, et depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui, Jérusalem, foulée aux pieds par les Gentils, n’a pas eu de maison pour l’Éternel, et il en sera ainsi aussi longtemps que le jour de la grâce se prolongera. Le temps viendra cependant où les Juifs, rétablis dans leur pays, dans leur incrédulité — incrédulité quant au fait que Jésus est leur Messie — construiront un autre temple, car on trouve son existence et son association à la méchanceté (voir Ésaïe 66:6 ; Matt. 24:15). Ce temple sera également détruit (Daniel 8:11), et la voie est ainsi préparée pour l’avènement du Messie dans son royaume, lorsqu’Il accomplira la prédiction donnée ici par Zacharie.


8.2.2.3 - [Il portera la gloire]

Ce sera alors la première fois qu’il y aura quelqu’Un pour gouverner sur la terre de manière à répondre à toutes les exigences de la gloire de Dieu : Il portera la gloire. C’est Celui dont le prophète Ésaïe avait parlé comme d’un clou (pieu) fixé en un lieu sûr, et qui serait un trône de gloire pour la maison de Son père, sur lequel on suspendrait « toute la gloire de la maison de son père, les descendants et les rejetons, tous les petits vases, tant les coupes que toutes les amphores » (Ésaïe 22:23-24). Oui, c’est Lui qui portera la gloire, car Il a montré, prouvé, à la fois Sa valeur et Sa capacité à le faire. Sur la croix, Il a été mis à l’épreuve et il a été abondamment démontré qu’Il pouvait supporter tout le poids de la gloire de Dieu à l’égard des péchés de Son peuple. À la place du péché et pour le péché, Il a enduré tout ce qui était nécessaire pour justifier le nom de Son Dieu devant l’univers, car Il s’est voué à une telle mort pour la gloire divine, et Celui à qui Il s’est ainsi offert a déclaré Sa satisfaction, Sa joie, dans la mort de Son Fils bien-aimé en Le ressuscitant d’entre les morts et en Le faisant asseoir à Sa droite dans les cieux. Il l’y a déjà glorifié de la gloire qu’Il avait auprès du Père avant que le monde fût, et très bientôt Il Le montrera dans cette gloire sur la terre, et c’est alors qu’Il exécutera le décret déjà promulgué : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré ». Il le fera en L’établissant comme Roi sur Sa sainte montagne de Sion, où l’accomplissement de cette parole « Il portera la gloire » sera effectif, — la gloire de Dieu sur la terre, comme Il la porte déjà dans les cieux. Ceci est en rapport avec un gouvernement comme on le voit de ce qui suit. Il « s’assiéra et dominera sur son trône » — le trône de Son père David — quand « Il régnera sur la maison de Jacob pour toujours, et son royaume n’aura pas de fin » (Luc 1:32-33).


8.2.2.4 - [Il sera sacrificateur sur son trône]

Deux autres choses sont ajoutées : premièrement, il sera sacrificateur sur son trône : vrai Melchisédec, roi de justice et aussi roi de paix — les deux caractères préfigurés par David et Salomon, et ensemble avec ceux qui maintiennent toujours la place et la fonction de sacrificateur en faveur de Son peuple (voir Psaume 110).


8.2.2.5 - [Le conseil de paix]

Enfin, le conseil de paix sera entre Lui et l’Éternel ; et cela, comme le résultat de ce qu’Il portera la gloire, et de ce qu’Il gouvernera selon la norme parfaite de Dieu, et étant dans Son gouvernement l’expression du caractère et des voies de Dieu, en plénitude de leur perfection. Ce sera ainsi le fondement et la garantie de la paix et de la bénédiction de tous ceux qui, de cœur, accepteront Son règne parfait et juste (comp. Ps. 72). C’est pour cet avenir béni que, maintenant, la terre soupire et attend (Rom. 8:19,22) ; car, inconsciemment, ce sacrificateur royal est le désir de toutes les nations ; et quand enfin Il viendra et prendra Son pouvoir, Il ne se contentera pas de satisfaire les attentes les plus ardentes, mais Il les dépassera de loin. C’est pourquoi, dans cette perspective, le psalmiste s’écrie : « Poussez des cris de joie vers l’Éternel, toute la terre ; éclatez d’allégresse et exultez avec chants de triomphe. Chantez les louanges de l’Éternel avec la harpe, avec la harpe et une voix de cantique. Avec les trompettes et le son du cor, poussez des cris de joie devant le Roi, l’Éternel. Que la mer mugisse, avec tout ce qui la remplit, le monde et ceux qui l’habitent ! Que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent de joie ensemble, devant l’Éternel ! car Il vient pour juger la terre ; il jugera le monde avec justice, et les peuples avec droiture » (Psaume 98:4-9).


8.2.3 - [Ch. 6:14 — Couronnes gardées en souvenir du Résidu]

Nous avons maintenant une autre action. Tout d’abord, les couronnes (ou la tiare) ayant été faites, elles furent posées sur la tête de Joshua, qui devint ainsi un type de Christ dans la gloire du royaume. Après avoir rempli cette fonction, les couronnes (ou la tiare) devaient être déposées dans le temple de l’Éternel en souvenir « de Hélem, de Tobija, de Jédahia, et de Hen, fils de Sophonie » (6:14). Il y a une beauté touchante dans cet acte de grâce. Ces Juifs pieux, comme nous l’avons souligné, n’étaient pas revenus de Babylone avec leurs frères pour participer à la construction du temple ; mais, bien qu’ils n’aient pas répondu à l’appel de Dieu à cet égard, ils étaient en communion avec ceux qui l’avaient fait, et ils avaient fait tout le voyage depuis Babylone pour apporter leurs offrandes pour l’œuvre. L’Éternel avait remarqué tout cela. Il avait les yeux sur eux, car cet acte était précieux à Ses yeux, et Il ordonna que les couronnes qui avaient été faites soient conservées en souvenir de leur communion avec l’œuvre de leurs frères — avec Sa propre œuvre en fait — pour l’érection de Son habitation à Jérusalem. (*)


(*) Des monarques, des guerriers et d’autres, sous l’influence du clergé et de la superstition, ont cherché à imiter l’action de ces Juifs pieux. Ils ont ainsi cherché à se faire bien voir de Dieu en ornant les « églises » de la chrétienté et les sanctuaires des saints avec des cadeaux coûteux d’or et de pierres précieuses. Mais c’est de l’ignorance de l’enseignement de l’Écriture et du caractère du jour de la grâce.


8.2.4 - [Ch. 6:15a,b — Collaborateurs de Christ]

Non seulement cela, mais ces vrais Israélites, dans leur voyage depuis la lointaine Babylone, devaient eux-mêmes devenir une figure de ceux qui, au jour de la gloire du Messie, viendront bâtir au temple de l’Éternel (6:15a). Le prophète Ésaïe en parle aussi lorsqu’il dit : « Les fils de l’étranger bâtiront tes murailles, et leurs rois seront tes serviteurs ; car je t’ai frappée dans ma colère, mais dans ma faveur, j’ai eu compassion de toi. C’est pourquoi tes portes seront continuellement ouvertes, elles ne seront fermées ni jour ni nuit, afin que l’on t’apporte les richesses des nations, et que leurs rois te soient amenés … La gloire du Liban viendra chez toi, le cyprès, le pin et le buis ensemble, pour embellir le lieu de mon sanctuaire, et je rendrai glorieuse la place de mes pieds » (Ésaïe 60:10-13). Ainsi, tandis que le Messie Lui-même construira le temple de l’Éternel (6:12), Il permettra, dans Sa grâce, que d’autres Lui soient associés, travaillant sous Sa direction et Son contrôle à cette œuvre glorieuse.

Le principe est le même dans la présente dispensation. « Sur ce roc, dit-Il à Pierre : « Je bâtirai mon Assemblée (Église) ». Et Paul dit : « Nous sommes collaborateurs de Dieu » ; il explique cela en rapport avec l’édification de Son Église (1 Cor. 3:9). Quelle grande grâce ! Quel privilège indicible d’être ainsi associé au Seigneur dans l’exécution de Ses desseins !

Et le prophète fait appel à cette vérification de sa prophétie comme preuve de sa mission de la part de l’Éternel (6:15b).


8.2.5 - [Ch. 6:15c — Résidu sous la responsabilité de l’obéissance]

Le chapitre se termine en plaçant le résidu sous la responsabilité de l’obéissance : « Cela arrivera si vous obéissez fidèlement à la voix du Seigneur votre Dieu » (6:15c). De cette manière, le Seigneur rattache l’accomplissement de Ses promesses à leur obéissance, et donc le présent à l’avenir. Sans doute les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir, et c’est pourquoi Il accomplira sûrement Ses desseins ; mais, d’autre part, Il propose toujours la bénédiction à Son peuple, sous la condition de marcher dans Ses voies. Ainsi, en Actes 3, par la bouche de Pierre, le retour de Christ à la nation juive a été offert à condition qu’ils se repentent. Et pour le chrétien, il n’est pas moins vrai que l’obéissance est le chemin de toute bénédiction. C’est pourquoi le Seigneur s’adresse à Philadelphie en disant : « Parce que tu as gardé la parole de ma patience, je te garderai aussi de l’heure de la tentation, qui vient sur la terre habitée toute entière pour éprouver ceux qui habitent sur la terre » (Apoc. 3:10). De même, le Résidu revenu de Babylone, ne serait gardé, prospérerait et serait amené à la jouissance de la bénédiction présente avec la construction du temple, et ils ne pourraient voir l’accomplissement de ces glorieuses prédictions, que s’ils obéissaient diligemment à la voix de l’Éternel leur Dieu. Cela se passerait comme pour le Résidu futur, dont ils étaient les représentants. (*)


(*) Avant de passer à la section suivante de ce livre, nous désirons encore une fois attirer l’attention sur la caractéristique particulière de cette première section. Les remarques suivantes la présentent de façon claire et concise : « Nous pouvons remarquer que dans Zacharie (Babylone étant déjà jugée) nous n’avons ni l’homme investi du gouvernement, ni le caractère moral des empires présenté sous forme d’image ou de bête ; mais nous avons le gouvernement de Dieu, caché, providentiel, mais réel, en rapport avec ces empires. C’est un élément d’une grande importance si l’on veut comprendre tout le système existant depuis le temps de Nebudcanetsar et le retour de la captivité jusqu’à la fin, lorsque Christ régnera en justice » (J.N.Darby, Études sur la Parole).


9 - Zacharie 7 — Devait-on continuer les jeûnes d’humiliation ? Ce qui était à l’origine des malheurs subis

Avec ce chapitre, nous quittons la région des visions apocalyptiques pour entrer dans le domaine de la prophétie pure et simple, et cela jusqu’à la fin du livre. L’objet principal de cette partie est d’introduire le Messie et de montrer les conséquences de Son rejet, qui aboutissent finalement à l’attaque de l’ennemi, dans les derniers jours, contre Jérusalem, et à l’interposition de Dieu en faveur de Son peuple, à titre de préparation à l’établissement du trône du Messie en justice, lorsque le Seigneur sera Roi sur toute la terre.


9.1 - [Ch. 7:1-3 — La question posée par la délégation de Béthel à propos des jeûnes]

Le chapitre commence par la date de l’incident qui est à l’origine des prophéties qui suivent, et qui en constitue une sorte de préface. C’était « la quatrième année du roi Darius ». — deux ans donc après la date des visions précédentes (voir Zach. 1:1) — « que la parole de l’Éternel fut adressée à Zacharie le quatrième jour du neuvième mois, au mois de Kislev, quand ceux de Béthel envoyèrent Sharetser, Reguem-Mélec et leurs hommes pour implorer l’Éternel ». Il apparait que les Juifs qui étaient revenus de Babylone et s’étaient fixés à Béthel (Néhémie 11:31 ; Esdras 2:28), avaient envoyé cette délégation à Jérusalem dans un double but : « Pour implorer l’Éternel, et pour parler aux sacrificateurs qui étaient dans la maison de l’Éternel des armées, et aux prophètes, en disant : Dois-je pleurer au cinquième mois, en me séparant, comme je l’ai fait depuis tant d’années ? » (7:2, 3).

Le cinquième mois était l’anniversaire de la destruction du temple par Nebudcanetsar, jour mémorable pour les Juifs, significatif de ce que l’Éternel avait quitté Son peuple, Son trône étant ôté de Jérusalem ; et d’après ce chapitre, ce jour était célébré chaque année par un jeûne solennel. Mais, comme on le voit dans la chrétienté aussi bien que chez les Juifs, les jeûnes les plus solennels sont souvent proclamés et observés avec peu ou pas d’humiliation devant Dieu. C’est en tout cas ce qu’il faut conclure quant au jeûne du cinquième mois d’après la réponse envoyée à cette délégation.

Ceux qui l’observaient s’approchaient de Dieu du bout des lèvres, tandis que leur cœur était éloigné de Lui ; et de plus, ils s’étaient fatigués de la répétition chaque année de ce jeûne. C’est pourquoi ils avaient envoyé des hommes à Jérusalem pour implorer la face de l’Éternel, et pour demander s’il était nécessaire de continuer à pleurer et à se « séparer » comme ils l’avaient fait pendant tant d’années. N’étaient-ils pas rétablis dans le pays, et le temple n’était-il pas presque achevé ? (*). Ne pouvaient-ils donc pas maintenant abandonner les signes de deuil et de tristesse, et s’abandonner à la joie ?


(*) En fait, il s’est écoulé deux ans depuis cette époque avant que le temple ne soit achevé.


9.2 - [Ch. 7:4-6 — Dénonciation des pratiques religieuse qui ne sont que des formes extérieures]

Avant même de réfléchir à la réponse, le lecteur décèlera facilement l’égoïsme qui motivait cette question adressée aux sacrificateurs et aux prophètes. Un jeûne doit être l’expression d’un état d’âme, sinon il n’a aucune valeur devant Dieu. Si donc les hommes de Béthel avaient eu l’état de cœur que le jeûne aurait dû exprimer, ils n’auraient pas pu demander s’il était nécessaire de continuer à l’observer. S’ils avaient compris la signification de leur captivité à Babylone, ou la condition actuelle lamentable du résidu restauré, ils auraient accueilli le recommencement du jeûne comme une occasion d’épancher ensemble devant Dieu leurs larmes et leurs supplications ; au lieu de cela, ils le ressentaient comme un fardeau et désiraient l’abolir.

Il semblait pieux d’envoyer des hommes implorer l’Éternel et poser cette question ; mais on ne se moque pas du Seigneur. Ses yeux voient les cœurs, les motifs et les sources de l’action, et c’est pourquoi Il envoie une réponse qui dévoile tout. La question avait été posée par un petit nombre, la réponse est adressée à tout le peuple du pays et aux sacrificateurs. « La parole de l’Éternel des armées vint à moi, disant : Parle à tout le peuple du pays et aux sacrificateurs : Quand vous avez jeûné et mené deuil au cinquième et au septième mois pendant ces soixante-dix ans, était-ce réellement pour moi, que vous avez jeûné, pour moi ? Et quand vous avez mangé et bu, n’est-ce pas vous qui mangiez et qui buviez ? » (7:4-6).


C’est ainsi que le Seigneur met à nu le cœur de Son peuple. Il est vrai qu’ils avaient observé scrupuleusement pendant soixante-dix ans les jeûnes du cinquième et du septième mois (*), avec tous les signes extérieurs de lamentation et de deuil ; mais ils ne jeûnaient pas pour l’Éternel, d’où la question posée par la bouche du prophète : « Est-ce réellement pour moi que vous avez jeûné ? » Non : jeûner, manger ou boire, ils faisaient tout cela pour eux-mêmes, sans avoir de pensées pour Dieu et pour Ses exigences. C’est une illustration frappante du niveau où l’homme peut aller en se trompant lui-même dans ses pratiques religieuses.

Le prophète Ésaïe présente un cas similaire. Les Juifs de son époque s’étaient plaints : « Pourquoi avons-nous jeûné, et tu ne l’as pas vu ? Pourquoi avons-nous affligé nos âmes, et tu ne le sais pas ? » (És. 58:3). Ils s’étaient vainement imaginé qu’ils se recommandaient à l’Éternel par leurs cérémonies de deuil ; mais la réponse solennelle donnée par le prophète les dépouille de leurs illusions : « Voici, dit-il, au jour de vos jeûnes vous cherchez votre plaisir, et vous exigez durement tous les travaux qui vous sont dus. Voici, vous jeûnez pour contester et quereller, et pour frapper d’un poing méchant ; vous ne jeûnerez pas maintenant pour faire entendre votre voix en haut. Est-ce un jeûne comme celui-là que j’ai choisi, un jour où un homme afflige son âme ? Courber la tête comme un roseau, et étendre sous soi le sac et la cendre, appelleras-tu cela un jeûne, et un jour agréable à l’Éternel ? » (Ésaïe 58:3-5).

L’homme naturel n’apprend jamais la leçon que, si l’homme regarde l’apparence extérieure, Dieu regarde au cœur ; et c’est ainsi, comme le Seigneur Jésus le disait aux Pharisiens, que ce qui est haut estimé par les hommes est en abomination à Dieu.


(*) Tandis que le jeûne du cinquième mois commémorait la destruction du temple, celui du septième mois rappelait l’assassinat du gouverneur du pays, et des Juifs qui étaient avec lui, par Ismaël, fils de Néthania, à la suite de quoi le Résidu alla trouver refuge en Égypte, en désobéissance à la parole de l’Éternel (Jér. 41 à 44).


L’homme religieux commet toujours l’erreur de croire que Dieu doit être satisfait de lui s’il s’attache à des formes et à des cérémonies extérieures, même si ces formes rituelles sont le fruit de sa propre imagination. Le Seigneur Jésus lui-même a traité cette question en termes solennels dans Matthieu 15, où Il montrait que l’iniquité des pharisiens trouvait sa plus haute expression dans l’enseignement, comme doctrines, des commandements des hommes, et que, tant que le cœur n’est pas touché, rien ne peut être acceptable pour Dieu, même si c’est fait religieusement. C’était le cas des Juifs de notre chapitre, car les habitants de Béthel n’étaient qu’un échantillon de l’état de tous.


9.3 - [Ch. 7:7 — Rechercher les causes à l’origine des misères et les écarts par rapport à la Parole de Dieu]

C’est pourquoi Zacharie est chargé de rappeler à leur esprit les anciens messages de Dieu par les prophètes, et le fait que tous les malheurs qui avaient frappé Jérusalem aussi bien qu’eux-mêmes, avaient résulté de leur négligence de la parole de l’Éternel et de leur désobéissance à cette parole. Ainsi, après avoir exposé le manque de sincérité de leurs prétendus jeûnes, il poursuit : « Ne devriez-vous pas écouter les paroles que l’Éternel a criées par les anciens prophètes, alors que Jérusalem était habitée et prospère, ainsi que les villes qui l’entouraient, et que le midi et la plaine étaient habités ? » (7:7.)

On a ici un principe d’une importance permanente. Au lieu de se demander s’ils avaient suffisamment pleuré leurs désastres nationaux qui manifestaient la colère de l’Éternel contre Son peuple, ils auraient dû revenir en arrière et rechercher les causes de leurs misères, et ils auraient alors appris que c’était leur rébellion contre Dieu qui avait donné lieu à leurs adversités ; et, de plus, ils auraient dû s’examiner eux-mêmes pour savoir si, dans leurs jeûnes, ils s’étaient jugés et humiliés devant Dieu, et s’ils acceptaient maintenant pour eux-mêmes les admonestations, les avertissements et les directives de Sa parole.

Dans toutes ces instructions, il y a certainement une voix forte pour le peuple de Dieu à l’heure actuelle. Dans nos peines, nos faiblesses et nos châtiments sous la main du Seigneur, ne nous contentons-nous pas trop souvent de réunions de confession et d’humiliation, en oubliant de rechercher les causes de nos manquements et de déterminer quels écarts par rapport à la parole de Dieu ont pu nous amener dans cette basse condition ?

Recevons l’avertissement par le cas qui nous occupe, et apprenons que, quelle que soit la sincérité avec laquelle nous nous humilions devant Dieu pour nos péchés passés, il ne peut y avoir de rétablissement de la bénédiction tant que nous ne sommes pas allés jusqu’aux racines de notre faillite et que nous n’avons pas tout testé par la Parole de Dieu. Le moindre écart par rapport à l’ordre de Dieu, s’il est connu et toléré, suffit à attrister l’Esprit de Dieu et à empêcher la bénédiction. Si donc nous voulons découvrir les causes de l’éparpillement et de la condition captive de l’église, nous devons remonter à la Pentecôte, de même qu’ici les Juifs étaient invités à remonter à l’époque de la prospérité de Jérusalem ; et une fois que ceci aura été fait, nous pourrons, en comparant le présent avec le passé, apprendre facilement les moyens de restauration et de bénédiction.


9.4 - [Ch. 7:8-14 — Ce que l’Éternel avait crié par les anciens prophètes]

Le v. 8 semblerait, à première vue, être le début d’un nouveau message, mais un examen plus attentif révèle le fait que l’Éternel ne fait que résumer, par le moyen de Zacharie, les paroles qu’Il avait « criées par les anciens prophètes » :


9.4.1 - [Ch. 7:9-10 — Ce que Dieu exigeait de Son peuple comme condition de son maintien dans la bénédiction dans le pays]

Nous avons donc d’abord un sommaire de ce que Dieu exigeait de Son peuple comme condition de son maintien dans la bénédiction dans le pays. Cependant, après le péché du veau d’or, Israël était sous une loi mêlée de grâce, mais toujours sous la loi, et donc sous la responsabilité. Ainsi, la première partie du livre du Deutéronome insiste à de multiples reprises sur l’obéissance comme condition d’avoir la bénédiction et de rester dans le pays ; Jérémie, dans un langage très semblable à celui de Zacharie, enseigne la même leçon. Il dit : « Ne mettez pas votre confiance dans des paroles de mensonge, disant : C’est ici le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel ! Mais si vous amendez réellement vos voies et vos actions, si vous exercez réellement la justice entre un homme et son prochain, si vous n’opprimez pas l’étranger, l’orphelin et la veuve, si vous ne versez pas le sang innocent dans ce lieu, et si vous ne marchez pas après d’autres dieux pour votre malheur, alors je vous ferai demeurer dans ce lieu, dans le pays que j’ai donné à vos pères, pour toujours et à perpétuité » (Jér. 7:4-7).

On remarquera qu’il s’agit des secondes tables de la loi — l’amour pour leurs prochains — sur lesquelles l’Éternel avait attiré l’attention de Son peuple aux jours de sa prospérité. Il s’agit, en fait, de l’amour pour son prochain dans la mesure spirituelle de l’amour pour les personnes mêmes ; c’est pourquoi ils étaient appelés à prononcer des jugements de vérité, non pas simplement à montrer du respect pour les personnes ; à avoir un cœur tendre et compatissant ; à s’abstenir d’opprimer l’indigent, la veuve, l’orphelin, l’étranger et le pauvre ; et enfin (7:10b), ils ne devaient pas méditer (c’est-à-dire imaginer, concevoir, voir Michée 2:1-3) le mal contre leurs frères dans leurs cœurs. Tout cela montre la valeur que Dieu attache à notre conduite pratique, à une marche en relation avec les autres telle qu’elle est formée et ordonnée par Sa parole. Et il avait rappelé à Israël ces caractéristiques morales, parce que c’était précisément dans ces choses, comme on peut le comprendre d’après leur histoire, qu’ils étaient défaillants. S’ils n’écoutaient pas ces avertissements divins, le jugement les attendait.


9.4.2 - [Ch. 7:11-12a — Avertissements contre le refus d’écouter la Parole de Dieu]

Comment avaient-ils donc reçus ces avertissements ? Y a-t-il quelque chose de plus solennel que la description de la manière dont ces communications divines ont été traitées ? « Ils refusèrent d’être attentifs, et retirèrent leur épaule, ils se bouchèrent les oreilles pour ne pas entendre. Ils rendirent leur cœur dur comme un diamant, pour ne pas écouter la loi et les paroles que l’Éternel des armées avait envoyées par son Esprit, par les anciens prophètes » (7:11, 12).

Il n’y avait donc pas eu seulement de l’indifférence, mais aussi une véritable hostilité à l’égard de la parole de Dieu, et même une rébellion ouverte contre Lui et Ses prétentions. Néhémie confesse les péchés de son peuple dans des termes presque identiques à ceux utilisés ici par le prophète. Il dit : « Ils agirent avec orgueil et n’écoutèrent pas tes commandements … ils retirèrent l’épaule, ils raidirent leur cou, et ils n’écoutèrent pas » (Néhémie 9:29).

Ésaïe souligne également les mêmes caractéristiques morales, pour prouver l’obstination totale du peuple, dans les paroles bien connues et souvent citées : « Le cœur de ce peuple s’est épaissi, ils ont ouï dur de leurs oreilles, et ils ont fermés leurs yeux » (Matthieu 13:15). Ainsi c’était la volonté d’Israël de ne pas entendre, car ils « refusèrent d’écouter », ils se bouchèrent les oreilles, « rendirent leur cœur dur comme un diamant, pour ne pas écouter », et de cette manière ils se détournèrent résolument des supplications et des remontrances des prophètes.

L’apôtre Paul parle d’un temps où, de la même manière, les chrétiens professants « ne supporteront pas la saine doctrine… ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables » (2 Tim. 4:3-4). Que ce soit chez les Juifs ou chez les chrétiens, tout cela est le signe d’une terrible corruption morale ; car rien ne trahit mieux la méchanceté du cœur que le rejet de la parole de Dieu, et lorsque cela se fait ouvertement, c’est aussi le précurseur certain du jugement à venir. Mais le lecteur doit juger par lui-même si le refus de la parole divine n’est pas une caractéristique du temps présent, non pas tant chez les incrédules et les athées, qui ne l’ont jamais reçue, que de la part d’un grand nombre de ceux qui se réclament du nom de chrétiens, et même de beaucoup d’entre eux qui prennent la position d’enseignants chrétiens. Mettre en doute l’inspiration des Saintes Écritures n’est que le premier pas dans le développement de ce rationalisme qui se veut plus sage que Dieu, qui nie les fondements de la foi, et qui interprète tout dans la Bible selon les désirs de l’homme naturel, tout en prétendant la croire. La parole de Dieu est rejetée et remplacée par la parole d’un homme insensé ; voilà le fruit de la sagesse vantée du vingtième siècle !


9.4.3 - [Ch. 7:12b-14 – Les malheurs subis étaient dus à ce qu’on n’avait pas écouté la Parole de l’Éternel]

Voyons maintenant les conséquences de cette rébellion déterminée contre Dieu. « Et il y eut une grande colère de la part de l’Éternel des armées. Et il arriva que, comme Il cria et qu’ils n’écoutèrent pas, ils crièrent et Je n’écoutai pas, dit l’Éternel des armées ; et Je les dispersai comme par un tourbillon parmi toutes les nations qu’ils ne connaissaient pas. Après eux, le pays fut désolé, de sorte que personne n’y allait ni n’en revenait ; et ils rendirent désolé le pays désirable » (7:12-14).

Le Résidu revenu savait très bien l’histoire passée de leur nation, que le pays désirable avait été ravagé et désolé par Nebucadnetsar, et que même leur condition actuelle, bien qu’ils fussent revenus de l’exil, était un témoignage de ce qui avait été souffert. Or chaque fois que nous nous éloignons du terrain de la parole de Dieu, nous avons tendance à perdre de vue la main de Dieu dans nos châtiments ; et il est plus que probable que les Juifs, oubliant leur place spéciale dans les actions de Dieu, prenaient en esprit une position semblable à celle des peuples environnants. Si donc ils avaient été conquis et emmenés en captivité, il en était de même, pensaient-ils, pour les autres nations. Pour contrecarrer cette pensée et les obliger à voir la racine de tous les maux qui leur étaient tombés dessus, l’Éternel leur rappelle la conduite de leurs pères, et leur dit que c’était Sa colère qu’ils avaient subie en jugement ; et par conséquent que c’était seulement dans Sa faveur qu’on pouvait jouir de la prospérité, et que l’obéissance à Sa parole était le seul moyen de regagner Sa faveur. C’est pour cette raison que le prophète avait la mission de leur dresser ce tableau du passé, afin qu’ils en tirent une leçon, et qu’ils prennent garde, pour eux-mêmes. Ils pouvaient jeûner et se séparer pour toujours, mais si cela ne s’accompagnait pas d’un jugement de soi et de l’obéissance à la Parole, ils jeûnaient en vain.

Notre Seigneur enseignait la même chose quand Il disait à Ses disciples : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas, comme les hypocrites, un air morne ; car ils se donnent à leur visage un air défait afin qu’il paraisse aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête et lave ton visage, afin qu’il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » (Matthieu 6:16-18). Les Juifs et les sacrificateurs auxquels Zacharie était envoyé, avaient trop le désir de se recommander les uns aux autres, et ils avaient trop oublié Celui qui « voit dans le secret », et trahissaient ainsi l’état de leurs cœurs. Nous ne sommes pas non plus à l’abri du même danger ; c’est pourquoi l’apôtre insiste sur le besoin d’être vrais de cœur et d’avoir la pleine assurance de la foi en nous approchant de Dieu (Hébreux 10 ; comp. 1 Jean 3:20-22).


C’est donc en conséquence de la désobéissance à la parole de Dieu que le jugement était tombé sur Son peuple. Les différentes étapes de Ses actions à leur égard sont très solennelles :


C’est de cette manière solennelle que le prophète met à nu la racine amère de toutes les douleurs du peuple, afin qu’il apprenne quel mal et quelle chose amère c’est, de s’éloigner du Dieu vivant et vrai.


Le sujet de ce chapitre est donc la faillite du peuple de Dieu lorsqu’il était en possession du pays sous le régime de sa responsabilité, et le jugement qui, en conséquence, lui est tombé dessus de la part de l’Éternel par l’intermédiaire de Nebucadnetsar.

Dans le chapitre suivant, nous verrons Dieu restaurer et assurer en grâce ce que Son peuple avait perdu par ses transgressions.


10 - Zacharie 8 — Desseins immuables de Dieu de bénédiction

10.1 - [Deux parties dans le chapitre]

Bien que ce chapitre contienne une prophétie distincte, il découle de ce qui précède et s’y rattache. Il est divisé en deux parties : la première, du v. 1 au v. 17, et la seconde, du v. 18 à la fin. La première partie est caractérisée par un septuple « Ainsi dit l’Éternel des armées » (v. 1, 3, 4, 6, 7, 9, 14). La seconde comporte trois fois « Ainsi dit l’Éternel des armées » (v. 19, 20, 23). Pour l’oreille humaine, cela peut sembler une répétition inutile, mais pour ceux qui sont enseignés par l’Esprit, cela sera considéré comme une affirmation solennelle de la vérité du message prophétique, et ce, d’une manière toute particulière, vu le nombre de fois où ces mots sont répétés. La moindre variation des communications divines, même dans la forme, contient toujours un enseignement pour l’esprit pieux.


10.2 - [La prophétie traite de la faillite du peuple et des desseins immuables de Dieu de bénédiction]

Le sujet de ce chapitre, en contraste avec le ch. 7, révèle toute la vérité des voies de Dieu à l’égard de Jérusalem et de la maison de Juda, et même à l’égard de l’homme. Dans la dernière partie du ch. 7, nous avons vu la faillite du peuple de l’Éternel sous la responsabilité et le jugement qui en a été la conséquence.

Au ch. 8, nous trouvons la révélation des desseins de Dieu, propos immuables de bénédiction, selon Ses conseils de grâce. De la même manière, Adam a été mis à l’épreuve dans le jardin, placé sous la responsabilité de l’obéissance comme condition de la bénédiction. Par sa transgression, il perdit tout, et alors, suite à cette faillite, l’Homme des conseils de Dieu, la semence de la femme, a été présenté comme Celui en qui et par qui Dieu accomplirait toutes les pensées de Son cœur.

Il en a été ainsi pour Israël. Ils ont accepté la loi et toute la responsabilité, et leur bénédiction dépendait de l’observation des commandements. Leur histoire n’est que la chronique de leurs transgressions ; le ch. 7 présente, à ceux auxquels le prophète était envoyé, la conduite de leurs pères, et leur montre comment le pays a été perdu par leur désobéissance et leur péché. Mais les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir ; et c’est ainsi que, la grâce triomphant du péché de Son peuple par Celui qui devait mourir pour cette nation, Il peut annoncer Son amour inaltérable pour Sion et Son dessein d’opérer sa restauration. Il est nécessaire que le lecteur comprenne ces principes des voies de Dieu avec Israël, s’il veut lire les prophètes avec intelligence.


10.3 - [Ch. 8:1-8 — La restauration, la prospérité et la bénédiction futures de Jérusalem et de Juda]

10.3.1 - [Ch. 8:1-2 — Le motif de l’intervention de Dieu en faveur de Son peuple est Son amour immuable pour Sion]

Le ch. 8 s’ouvre sur un véritable évangile, non pas l’évangile de la grâce de Dieu, mais l’évangile de la bénédiction pour Sion. « La parole de l’Éternel des armées vint à moi, disant : Ainsi dit l’Éternel des armées : Je suis jaloux pour Sion avec une grande jalousie, et je suis jaloux pour elle avec une grande fureur » (8:1, 2).

Dans ces mots, nous avons la révélation du motif de l’intervention de Dieu en faveur de Son peuple ; c’est Son amour immuable pour Sion. Il dit : « Je suis » jaloux, et non pas « j’étais » jaloux pour Sion. Son état présent de deuil Le rendait, pour ainsi dire, ému de compassion, et excitait Sa jalousie (comp. CdC 8:6) en sa faveur, et Le contraignait à intervenir pour sa restauration.

L’intensité des sentiments de l’Éternel pour cette cité bien-aimée ressort de nombreux passages de l’Écriture. Dans Ésaïe, par exemple, nous lisons : « Sion a dit : L’Éternel m’a abandonnée, et le Seigneur m’a oubliée ! Une femme oubliera-t-elle l’enfant qu’elle allaite, pour n’avoir pas pitié du fils de ses entrailles ? Même celles-là oublieront, mais moi, je ne t’oublierai pas. Voici, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains, tes murs sont continuellement devant moi » (És. 49:14-16).

C’est cette même affection inaltérable pour Sion qui s’exprime par Zacharie, et qui, si l’on peut utiliser ces mots avec révérence, incite l’Éternel à intervenir pour sa délivrance et sa restauration. Il se peut qu’elle doive encore attendre, que des siècles peuvent devoir s’écouler, à cause de son péché encore plus grand dans la crucifixion du Messie ; mais les yeux et le cœur de l’Éternel reposeront perpétuellement sur elle, et Il accomplira infailliblement la parole sortie de Sa bouche, et fera d’elle une fois de plus, et d’une manière plus parfaite, la perfection de beauté, la joie de toute la terre (Lam. 2:15).


10.3.2 - [Ch. 8:3 — Comment l’Éternel accomplira Ses desseins]

Le prophète poursuit ensuite en indiquant la manière dont l’Éternel accomplira Ses desseins. « Ainsi dit l’Éternel : Je suis revenu à Sion, et j’habiterai au milieu de Jérusalem ; et Jérusalem sera appelée ville de vérité, et la montagne de l’Éternel des armées, la montagne sainte » (8:3).


10.3.2.1 - [L’Éternel revenu à Sion]

L’Éternel avait quitté Sa demeure à Jérusalem, à cause des péchés de Son peuple (voir Ézéchiel 11:23), et Il avait abandonné le pays comme « un désert, une désolation » pendant soixante-dix ans (Jérémie 25:11) ; mais maintenant que cette période était accomplie, Il avait, selon cette même parole, visité Son peuple et accompli Sa bonne parole envers lui en le faisant revenir (Jérémie 29:10). C’est pourquoi Il dit, par la bouche du prophète : « Je suis revenu à Sion » ; car en vérité, comme Il disait par Aggée, Il était avec Son peuple, et Son esprit restait au milieu d’eux (Aggée 2:4-5). Il est vrai qu’ils n’étaient qu’un pauvre et faible petit nombre, mais c’est sur eux que les yeux et le cœur du Seigneur étaient fixés. Il avait été avec eux dans leur voyage depuis le pays de leur exil, et Il était maintenant avec eux dans leur travail laborieux d’érection du temple, car c’était Son œuvre dans laquelle ils étaient engagés. Il était donc « revenu » à Sion.


10.3.2.2 - [J’habiterai à Jérusalem]

Il dit aussi : « J’habiterai au milieu de Jérusalem ». Il ne dit pas : J’habite, mais J’habiterai à Jérusalem ; car, bien que Son peuple bâtissait un temple à Son nom, et que c’était selon Ses pensées qu’ils le fassent et qu’Il se réjouissait de leur travail, Il ne voulait pas encore habiter à Sion — pas avant que de nombreuses années pénibles se soient écoulées, pas avant l’établissement du royaume du Messie. Or, comme nous l’avons vu dans Aggée et dans le début de Zacharie, l’œuvre que les enfants de la captivité accomplissaient en ce moment contenait en elle-même la promesse et la garantie de l’accomplissement de tout ce dont Dieu avait parlé au sujet de la gloire future de Jérusalem. Un long intervalle de siècles devait donc s’écouler entre la parole « Je suis revenu à Sion » et « J’habiterai au milieu de Jérusalem », bien que, dans la pensée divine, les deux soient liés comme une cause et son effet.


10.3.2.3 - [Jérusalem, ville de vérité, montagne de l’Éternel des armées, montagne sainte]

Puis vient la conséquence : « Jérusalem sera appelée ville de vérité, et la montagne de l’Éternel des armées, montagne sainte ». Autrefois, Jérusalem avait été pleine d’iniquité. Ésaïe dit : « Comment la ville fidèle est-elle devenue une prostituée ? Elle était pleine de droiture, la justice habitait en elle, mais maintenant ce sont des meurtriers » (Ésaïe 1:21) ; puis, annonçant le jugement sur elle et décrivant comment il devait être exécuté, il dit : « Après cela, tu seras appelée : ville de justice, cité fidèle » (Ésaïe 1:26). Il en est de même ici. Quand l’Éternel aura de nouveau établi sa demeure à Jérusalem, quand le Libérateur sera sorti de Sion et qu’Il aura détourné l’impiété de Jacob (Rom. 11:26), la ville sera une ville de vérité, et Sion sera la montagne sainte de Dieu, sanctifiée par Sa propre gloire (comp. Exode 29:43) ; elle ne sera pas souillée par Ses adorateurs, mais conservée dans la sainteté. Partout où Dieu daigne habiter, que ce soit dans le tabernacle, dans le temple ou dans l’Église, la vérité et la sainteté doivent être maintenues.


10.3.3 - [Ch. 8:4-5 — Prospérité et bonheur futurs des habitants de Jérusalem]

Nous avons ensuite la présentation de la prospérité et du bonheur des habitants de la ville. « Ainsi dit l’Éternel des armées : Il y aura encore des vieillards et des femmes âgées dans les rues de Jérusalem, chacun son bâton à sa main, à cause de son âge. Les places de la ville seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles jouant dans les places » (8:4, 5).

Il faut se rappeler que l’accomplissement de cette promesse aura lieu sous le règne du Messie durant les mille ans, quand « il n’y aura plus de petit enfant de peu de jours » (c’est-à-dire mort en bas âge ; il n’y aura plus d’enfant qui ne vivra que quelques jours), ni de vieillard qui n’aura pas accompli ses jours (És. 65:20), car tous ceux qui seront soumis au Christ comme Roi jouiront de la santé et de la force.

Même sous la loi, il en aurait été ainsi, si le peuple avait été obéissant. Ils auraient échappé aux maladies de l’Égypte, et auraient prolongé leurs jours dans le pays (voir Exode 15:26 ; Deut. 4:10 ; 5:16, 33 ; 6:2 ; 11:9, etc.) ; mais ils avaient tout perdu par leur désobéissance et leur péché (*). Mais dans l’avenir, Dieu fera en sorte que Son peuple réalise toutes les bénédictions qu’Il avait promises autrefois sous condition d’observer la loi, et même davantage.

D’où ce beau tableau de prospérité temporelle, d’hommes et femmes âgés jouissant dans la tranquillité d’une vieillesse paisible, et pouvant encore se promener dans les rues, bien que courbés sous le poids de « la multitude de jours », soutenus par leur bâton, tandis qu’en même temps les rues résonneront des cris joyeux des garçons et des filles dans la gaieté de leurs jeux. C’est une scène de bonheur naturel parfait, qui révèle l’intérêt et le plaisir que Dieu prend à la prospérité temporelle de Son peuple, d’autant plus, ne l’oublions pas, que ce sera l’une des bénédictions découlant du règne juste du Messie.


(*) La guérison par la foi dans tous les domaines et sans distinguer les différentes dispensations — c’est-à-dire appliquant aux chrétiens les promesses faites au peuple terrestre — est un enseignement basé sur les passages cités ci-dessus, et cela soutient donc que la santé de l’âme sera inévitablement suivie de la santé du corps. Mais dès que l’on perçoit la distinction entre Israël (le peuple terrestre) et l’Église (le peuple céleste), l’erreur apparait immédiatement. Certes Dieu exauce la prière de la foi, comme dans Jacques 5 ; mais il n’y a aucune base à l’idée que la maladie est un indice de mauvaise condition spirituelle. Jean désirait certes que Gaius prospère et soit en bonne santé, comme son âme prospérait (3 Jean 2) ; mais il n’y a pas un seul cas dans le Nouveau Testament où un apôtre ait guéri des chrétiens « par la foi ». Paul dit ainsi : « J’ai laissé Trophime malade à Milet » (2 Tim. 4:20) et il ordonne à Timothée d’utiliser un remède pour ses « fréquentes indispositions » (1 Tim. 5:23) ; et lui-même avait une écharde dans la chair (quelle qu’en soit la signification), non pas parce qu’il était dans une mauvaise condition, mais pour l’empêcher d’y tomber.


10.3.4 - [Ch. 8:6 — L’accomplissement de la promesse de bénédiction sera une source d’étonnement]

L’accomplissement de cette promesse sera une source d’étonnement pour ceux qui en seraient témoins. « Ainsi dit l’Éternel des armées : Si c’est une chose difficile pour le Résidu de ce peuple en ces jours-là, serait-ce aussi difficile à mes yeux ? dit l’Éternel des armées » (8:6).

Rien n’est trop difficile pour l’Éternel, et Il a toujours eu la pensée de bénir abondamment Son peuple. Nous avons trop tendance à l’oublier et à accepter une condition basse et affaiblie comme notre état normal, au lieu de percevoir que c’est seulement nous qui, par notre incrédulité et notre désobéissance, limitons notre bénédiction. Ainsi, quand les Juifs sortiront enfin de leur condition d’avilissement et d’oppression pour entrer dans la pleine lumière et la bénédiction du royaume, ils seront stupéfaits de la puissance et de la grâce de Dieu en leur faveur, et du caractère de la position riche dans laquelle ils auront été amenés. Mais pour Dieu, ce ne sera que l’occasion tant attendue d’exécuter tous Ses desseins de grâce, lorsqu’Il se réjouira avec joie au sujet de Son peuple, qu’Il se reposera dans Son amour et s’égayera en lui avec chants de triomphe (Sophonie 3:17).


10.3.5 - [Ch. 8:7-8 — La bénédiction, le bonheur et la prospérité, découleront de la relation établie avec Dieu]

Les deux versets suivants expliquent l’accomplissement de Ses desseins : « Ainsi dit l’Éternel des armées : Voici, je sauve mon peuple du pays de l’orient et du pays de l’occident, et je les amènerai, et ils demeureront au milieu de Jérusalem ; et ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu, en vérité et en justice » (8:7, 8).

Telle est la manière dont l’Éternel assurera la prospérité et la bénédiction de Son peuple. Les détails ne se trouvent pas ici, mais nous savons par d’autres passages de l’Écriture que le rassemblement des Juifs en provenance d’autres pays se fera après l’apparition du Fils de l’homme (voir, par exemple, Matthieu 24:29-31), et donc après qu’Il aura pris Lui-même Son pouvoir et Son trône légitimes. Recherchés et ramenés par l’intervention de leur glorieux Messie, ils habiteront « la ville du grand Roi » (Matt. 5:35) et seront introduits dans une relation avec Lui comme leur Dieu.

Il est important de noter que tout le bonheur et la prospérité décrits ci-dessus découleront de leur relation établie avec Dieu. Ils seront Son peuple, et Il sera leur Dieu en vérité — dans la vérité de ce qu’Il est tel que révélé dans Sa relation d’alliance avec Israël — et en justice, ce qui caractérise le gouvernement sous lequel ils seront placés.

Les bénédictions des chrétiens sont, de la même manière, déterminées par le caractère de leur relation avec Dieu. Il est leur Dieu et leur Père, parce qu’il est le Dieu et le Père de notre Seigneur Jésus Christ ; et, comme l’épître aux Éphésiens le montre, toutes les bénédictions spirituelles qui sont les nôtres dans les lieux célestes en Christ sont liées à cette double relation. L’Éternel est le nom de relation qu’il a plu à Dieu de prendre à l’égard d’Israël, et c’est ce nom — ce nom dans tout ce qu’il implique comme expression de ce que Dieu est ainsi révélé — qui donnera son caractère à leur bénédiction millénaire ; d’où les mots, nous n’en doutons pas, de « en vérité et en justice » — termes qui pourraient difficilement s’appliquer au Dieu de grâce dans Sa relation avec les chrétiens comme leur Dieu et Père.

Il sera profitable au lecteur de noter ces distinctions, qui sont significatives des différentes dispensations dans le cours des révélations que Dieu a faites de Lui-même à différentes époques, et donc des relations qu’il Lui a plu d’établir avec les objets de Sa grâce. Confondre ces notions, c’est manquer la clé de l’interprétation de l’Écriture.


10.4 - [Ch. 8:9-17 — Effet des promesses de bénédiction sur la conduite dans les circonstances présentes du peuple]

Après avoir révélé, par la parole de l’Éternel, la restauration, la prospérité et la bénédiction futures de Jérusalem et de Juda, le prophète revient à leur circonstances présentes, en rapport avec la construction de la maison de l’Éternel ; et cette partie du message de Zacharie, bien que divisée en deux parties, s’étend jusqu’au v. 17 :


10.4.1 - [Ch. 8:9 — Rappel des encouragements prononcés lors de la pose du fondement du temple]

Nous avons d’abord le message : « Ainsi dit l’Éternel des armées : Que vos mains soient fortes, vous qui entendez en ces jours-ci ces paroles de la bouche des prophètes, (qui ont été données) au jour où le fondement de la maison de l’Éternel des armées a été posé pour bâtir le temple ».

Le sens du prophète n’est pas compris à première vue. Il semble qu’il rappelle à l’esprit de ses auditeurs les paroles qui avaient été prononcées par les prophètes le jour où le fondement du temple a été posé. Ainsi, « Vous qui entendez en ces jours-ci » se réfère à son auditoire actuel, et « Ces paroles de la bouche des prophètes au jour où… » se rapporte aux messages spéciaux donnés au moment de la pose des fondations pour encourager les bâtisseurs dans leur travail. C’est ce que Zacharie rappelle au peuple en faisant appel aux faits actuels pour confirmer la parole prononcée alors.


10.4.2 - [Ch. 8:10 — Le peuple était de nouveau retourné à la recherche de leurs propres intérêts]

Quelles étaient donc les paroles prononcées en ce temps-là par les prophètes ? Il ne fait guère de doute qu’il s’agit d’Aggée, d’après la suite de ce chapitre. Après une description de l’état de choses existant, dû au fait que le peuple avait négligé la construction de la maison de l’Éternel, nous lisons en Aggée 2:18-19 : « Considérez dès ce jour et dorénavant, depuis le vingt-quatrième jour du neuvième mois, depuis le jour où le fondement du temple de l’Éternel a été posé, considérez-le. La semence est-elle encore dans le grenier ? La vigne, le figuier, le grenadier et l’olivier n’ont pas encore porté du fruit ; dès ce jour-ci je vous bénirai ». C’est à « ces paroles » que Zacharie se réfère sans doute, car il évoque aussi la triste condition du peuple avant qu’ils commencent les travaux de la maison. Il dit : « Avant ces jours-là, il n’y avait ni salaire pour les hommes, ni salaire pour les bêtes, et il n’y avait pas de paix pour celui qui sortait ni pour celui qui entrait, à cause de la détresse ; et je lâchais tout homme contre son prochain » (8:10).

Le peuple, comme nous l’apprend Aggée, avait tous cherché leurs propres intérêts, ils avaient construit leurs propres maisons, tout en disant que ce n’était pas le moment de construire la maison de l’Éternel. Mais l’Éternel voyait, et Il aimait trop le peuple pour lui permettre de prospérer en L’oubliant, Lui et Ses revendications. Il est donc intervenu, leur a suscité des « afflictions » de toutes parts ; Il a suscité épreuve et adversité, et les a exposés à l’inimitié de leurs voisins.


10.4.3 - [Ch. 8:11-12 — Après un nouveau réveil, promesse d’un renouveau de bénédiction]

Mais quand, réveillés par les prophètes et ainsi rappelés à l’objet et au but de leur retour d’exil, ils commencèrent à poser le fondement du temple, Dieu commença alors à les bénir dans tout le travail de leurs mains. Cherchant premièrement le royaume de Dieu et sa justice, ils découvrirent que toutes les autres choses leur étaient maintenant ajoutées — ces choses qu’ils cherchaient auparavant à obtenir sans Dieu. C’est pourquoi l’Éternel dit : « Mais maintenant » (le « maintenant » débutant, selon nous, comme dans Aggée, à la pose du fondement du temple) « Je ne serai pas pour le résidu de ce peuple comme dans les jours d’autrefois, dit l’Éternel des armées. Car la semence prospérera ; la vigne donnera son fruit, la terre donnera son rendement, et les cieux donneront leur rosée ; et je ferai hériter toutes ces choses au résidu de ce peuple » (8:11, 12).

Il serait bon que le peuple de Dieu, à toutes les époques, se souvienne de ce principe. Ils sont souvent tentés, en vue d’avantages temporels, ou même, comme ils le pensent, par la nécessité des devoirs quotidiens, de donner à leurs propres affaires la première place, une place supérieure à celle des affaires du Seigneur. Chaque fois que l’on cède à cette tentation, il ne peut en résulter que de la douleur. Il se peut qu’aujourd’hui il n’en soit pas comme pour les Juifs pour qui la prospérité temporelle était un signe de la faveur de l’Éternel ; il se peut qu’aujourd’hui il n’y ait pas de succès dans les choses du monde ; mais pour tout croyant dont l’esprit est tourné vers les choses terrestres, il y aura certainement des épreuves et des afflictions d’une sorte ou d’une autre. Le seul chemin de la bénédiction, que ce soit dans le passé ou dans le présent, réside dans le dévouement au service du Seigneur. Si, dans nos différentes actions, nous suivons les traces du Seigneur, même faiblement, et que nous trouvons notre nourriture à faire Sa volonté, nous sommes assurés de trouver un chemin dans lequel nous marcherons en jouissant de Sa faveur et de Sa bénédiction.


10.4.4 - [Ch. 8:13 — La bénédiction du peuple restauré s’étendrait aux nations]

Et ce n’est pas tout : « Et il arrivera que, comme vous étiez une malédiction parmi les nations, maison de Juda et maison d’Israël, ainsi je vous sauverai, et vous serez une bénédiction ; ne craignez pas, mais que vos mains soient fortes » (8:13).

Ils avaient été dispersés, dans la colère de l’Éternel, parmi toutes les nations (7:14) ; bien qu’ils fussent les seuls de toutes les nations de la terre à avoir connu le nom de l’Éternel, et qu’ils eussent donc dû être ses témoins (comp. Actes 8:1-4), ils avaient été une malédiction à cause de leurs pratiques idolâtres. En effet, Dieu disait par Ézéchiel : « J’ai épargné mon saint nom, que la maison d’Israël a profané parmi les nations où ils sont venus » (Ézéchiel 36:21). C’est pour cette même raison, « à cause de mon saint nom » (Ézéchiel 36:22), que Dieu agirait et sauverait Son peuple, selon Sa parole donnée par le moyen de Zacharie, — une promesse qui comprend, dans son accomplissement complet, la restauration du peuple selon les v. 7 et 8, lorsque « le résidu de Jacob sera au milieu de beaucoup de peuples, comme une rosée de l’Éternel, comme une pluie sur l’herbe, qui ne tarde pas à venir, et qui n’attend pas les fils des hommes » (Michée 5:7). C’est pour l’accomplissement de cette promesse que l’Éternel répandra sur Son peuple des eaux pures, « et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon Esprit au-dedans de vous, et je ferai que vous marchiez dans mes lois, que vous gardiez mes ordonnances et que vous les pratiquiez » (Ézéchiel 36:25-27). C’est alors, et alors seulement, qu’Israël fleurira et bourgeonnera, qu’il remplira de fruits la face du monde et qu’ils seront ainsi une bénédiction.

À cet encouragement divin et glorieux s’ajoute l’exhortation : « Ne craignez pas, mais que vos mains soient fortes ». Cette dernière partie est reprise du v. 9. Dieu était maintenant pour eux, ils ne devaient donc pas craindre, et leurs mains devaient être fortes pour l’œuvre à laquelle ils étaient engagés.


10.4.5 - [Ch. 8:14-15 — Pas de raison de craindre si on se repose sur le Seigneur et compte sur Sa faveur]

C’est ce qu’expliquent les versets suivants. « Car ainsi dit l’Éternel des armées : Comme j’ai pensé à vous châtier, quand vos pères m’ont provoqué à la colère, dit l’Éternel des armées, et que je ne m’en suis pas repenti, de même j’ai pensé en ces jours-ci à faire du bien à Jérusalem et à la maison de Juda : ne craignez point » (8:14, 15).

Ses châtiments avaient été irrévocables, et il devait en être de même de Ses bénédictions ; Il voulait donc que Son peuple se repose en Lui, qu’ils comptent sur tout ce qu’Il était en leur faveur, et qu’ils ne craignent donc rien. Une fois que l’on a réalisé que Dieu est pour Son peuple, toute crainte est dissipée. Comme l’écrit l’apôtre : « Nous pouvons dire avec assurance : Le Seigneur est mon aide, et je ne craindrai point : que me fera l’homme ? » (Hébreux 13:6 ; comp. avec le Psaume 27). Et non seulement il en est ainsi dans ce cas, mais le prophète donne la garantie de la parole de l’Éternel qu’Il avait maintenant l’intention de « faire du bien » à Jérusalem et à la maison de Juda. Ils ne devaient donc pas craindre, et ils devaient compter avec confiance sur Sa faveur et Sa bénédiction.


10.4.6 - [Ch. 8:16-17 — La possession pratique et la jouissance des bénédictions nécessitent que la marche soit gouvernée par la Parole de Dieu]

En même temps que l’annonce de Ses desseins bienveillants à l’égard de Son peuple, l’Éternel énonce une fois de plus Ses exigences. « Ce sont ici les choses que vous ferez : Parlez chacun la vérité à son prochain ; jugez selon la vérité et prononcez un jugement de paix dans vos portes ; et ne méditez pas le mal dans vos cœurs chacun contre son prochain ; et n’aimez pas le faux serment ; car toutes ces choses, je les hais, dit l’Éternel » (8:16, 17).

Il y a lieu de remarquer le principe impliqué dans cette exigence divine à l’égard du peuple. Dieu avait annoncé son intention, comme nous l’avons vu, de les bénir, eux et Jérusalem, et ce qu’Il annonçait ainsi était tout à fait indépendant de l’état et de la conduite du résidu. Tout avait été perdu par la nation sous sa responsabilité, mais Dieu, sur la base de la mort de Christ, accomplira, et accomplira avec justice, tout le bien qu’Il avait dit concernant Son peuple (*). Mais il est rappelé au Résidu dans le pays, que pour jouir de la promesse donnée dans les v. 11-13, pour réaliser la faveur de Dieu liée à Son changement d’attitude envers eux, ils dépendaient de leur marche ; en d’autres termes, ils ne recevraient jamais les bénédictions promises si leur marche n’était pas gouvernée par la Parole de Dieu.

Il en va aussi de même pour le chrétien, mais d’une autre manière. Une fois qu’il est vraiment croyant, le salut est assuré et il sera infailliblement mis en possession de l’héritage, avec tous les saints de Dieu, lors du retour du Seigneur. Cependant, tant que le croyant est dans ce monde, il ne peut jouir de la faveur et de la bénédiction de Dieu s’il ne marche pas dans les voies de Dieu selon Sa parole. Tout est de la grâce, tout ce qu’il a reçu ou recevra encore ; mais la possession pratique et la jouissance des bénédictions assurées en Christ, pendant qu’il est ici-bas, doivent dépendre de sa propre condition.

C’est le principe proclamé par le prophète aux enfants de la captivité ; c’est comme s’il disait : Dieu a maintenant l’intention de vous bénir, mais si vous voulez entrer dans ce qu’Il a promis, et en jouir, vous devez être soigneux quant à votre marche et à vos voies. Remarquez combien ces injonctions sont pratiques ; elles affectent toutes leurs relations mutuelles. Ils devaient parler la vérité les uns aux autres (comp. Éphésiens 4:25) ; ils devaient prononcer des jugements de vérité et de paix dans leurs portes ; car l’effet du juste jugement est toujours la paix (voir Ésaïe 32:17) ; ils ne devaient pas méditer le mal dans leur cœur contre leur prochain (ils ne le feraient pas s’ils aimaient leur prochain comme eux-mêmes), et ils devaient s’abstenir de faire de faux serments. Ils devaient être en communion avec les pensées de l’Éternel quant à ces choses, les haïssant parce qu’elles Lui étaient odieuses (sur ces exigences, comp.Ps. 25).


(*) Il est intéressant d’observer à ce propos le langage de l’apôtre Pierre dans sa deuxième épître. Il dit : « À ceux qui ont reçu en partage une foi de pareil prix par la justice de Dieu et de notre Sauveur Jésus Christ » (2 Pierre 1:1) Ces paroles, nous le comprenons, n’auraient pas pu être écrites à des croyants Gentils (non Juifs).


10.5 - [Ch. 8:18-23 — La réponse aux questions posées sur la poursuite des jeûnes]

10.5.1 - [Ch. 8:18-19 — Le temps vient où tous ces jeûnes deviendront joie et allégresse. En attendant aimer la vérité et la paix]

Après avoir ainsi révélé Ses conseils concernant Jérusalem et Juda, l’Éternel donne maintenant un autre message au prophète, et tout d’abord concernant les jeûnes au sujet desquels Béthel avait envoyé des hommes à la maison de l’Éternel pour s’enquérir. « La parole du Éternel des armées vint à moi, disant : Ainsi dit l’Éternel des armées : Le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième seront pour la maison de Juda allégresse et joie, et d’heureuses assemblées ; aimez donc la vérité et la paix » (8:18, 19).

Tous les jeûnes cités semblent être en rapport avec le siège et la destruction de Jérusalem, et ce qui a suivi. Il a été fait allusion en 7:5 aux jeûnes du cinquième et du septième mois ; celui du quatrième mois remonte probablement à la date d’ouverture des portes de Jérusalem aux princes de Nebucadnetsar (voir Jérémie 39:2-3) ; et c’est au dixième mois que le siège a formellement débuté (Jérémie 52:4). Tous ces jours apportaient donc aux Juifs de tristes souvenirs, leur rappelant non seulement les désastres nationaux, mais aussi la colère de l’Éternel, et c’est leur humiliation et leur douleur qu’ils prétendaient exprimer par l’institution de leurs jeûnes. Mais, comme nous l’avons vu, beaucoup étaient lassés de continuer à les observer, et c’est pourquoi ils voulaient savoir s’ils devaient continuer à les observer, maintenant qu’ils avaient été rétablis dans leur pays. La réponse complète est maintenant donnée.

Au ch. 7 l’Éternel leur avait fait voir ce qui était à l’origine des terribles châtiments qui s’étaient abattus sur leur nation, et leur avait en même temps présenté les conditions de la bénédiction. Il envoie maintenant Zacharie leur dire que le temps vient — il n’est pas encore venu, mais il vient — où tous ces jeûnes deviendront joie et allégresse, et des assemblées heureuses. Jusqu’à ce moment-là, le jeûne serait l’expression appropriée de leur état faible et de leur condition ; mais alors Il leur « donnera l’ornement au lieu de la cendre, l’huile de joie au lieu du deuil, le vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu » (Ésaïe 61:3).

Au temps de notre Seigneur, les pharisiens se plaignaient que Ses disciples ne jeûnaient pas. Il répondit qu’ils ne pouvaient pas jeûner tant qu’ils avaient l’Époux avec eux ; mais, ajouta-t-Il, lorsque l’Époux leur serait enlevé, en ces jours-là ils jeûneraient (Matt. 9:14-15). Il en était de même pour les Juifs. Le jeûne était la véritable expression de leur condition tant que l’Éternel n’était pas revenu en gloire pour habiter de nouveau à Jérusalem ; or ce temps allait venir, et alors, et pas avant, leurs jeûnes seraient transformés en célébrations festives de louanges. C’est pourquoi (telle est l’exhortation) aimez la vérité et la paix, non pas la paix et la vérité, mais la vérité et la paix ; c’est là, pour tous les temps, la condition d’une bénédiction réelle et durable. Ces Juifs ne vivraient pas assez longtemps pour voir leurs jeûnes remplacés par des fêtes, mais le chemin de la bénédiction dans la faveur permanente de Dieu leur est indiqué ici par l’amour de la vérité et de la paix.


10.5.2 - [Ch. 8:20-22 — Le temps où beaucoup de villes viendront pour rechercher l’Éternel et L’implorer]

Le reste du chapitre est consacré à une déclaration de bénédiction universelle, résultant du retour de l’Éternel vers Son peuple. Israël, une fois rétabli et béni sous Son Messie, devait devenir le moyen de bénédiction pour toute la terre ; et le temple dans lequel l’Éternel habitera de nouveau doit devenir le point d’attraction de toutes les nations. « Ainsi dit l’Éternel des armées : Encore une fois il viendra des peuples et des habitants de beaucoup de villes ; et les habitants de l’une viendront à l’autre, disant : Allons, allons implorer l’Éternel, et rechercher l’Éternel des armées ! Moi aussi, j’irai. Et beaucoup de peuples et des nations puissantes iront pour rechercher l’Éternel des armées à Jérusalem, et pour implorer l’Éternel » (8:20-22).

Béthel — une petite ville — avait envoyé des hommes pour implorer l’Éternel (7:2) ; et cet incident est pris comme une ombre du temps où la maison de Dieu sera la maison de prière pour tous les peuples (voir Ésaïe 56:7 ; 2:1-3 ; Ps. 65:2 ; et Zach. 14:16) ; des ambassades, comme celle envoyée de Béthel, se rendront depuis de nombreuses villes à la maison de l’Éternel à Jérusalem, car en ce jour-là, toutes les nations reconnaitront le Messie comme leur Roi et seront Ses serviteurs.


10.5.3 - [Ch. 8:23 — La présence de l’Éternel au milieu de Son peuple attire vers le lieu de Sa présence]

De plus, « Ainsi dit l’Éternel des armées. En ces jours-là, il arrivera que dix hommes de toutes les langues des nations saisiront, oui, saisiront le pan de la robe d’un homme Juif, disant : Nous irons avec vous, car nous avons entendu dire que Dieu est avec vous » (8:23).

Au temps de leur captivité et de leur dispersion à travers les nations, les Juifs ont toujours été une race méprisée, sinon haïe ; mais quand l’Éternel les ramènera à Sion, « les fils de tes oppresseurs », comme nous lisons en Ésaïe, « viendront se courber devant toi, et tous ceux qui t’ont méprisée se prosterneront à la plante de tes pieds ; et ils t’appelleront la ville de l’Éternel, la Sion du Saint, d’Israël » (Ésaïe 60:14). Ainsi, dans notre passage, les Juifs, une fois de plus bénis par la faveur de l’Éternel, deviennent un objet d’admiration pour les Gentils, qui désirent participer à la bénédiction dont ils ont entendu parler, et qui sont représentés ici par les dix hommes (*) qui saisissent le pan de la robe d’un Juif, prenant ainsi une place de soumission et de supplication, en disant : « Nous irons avec vous, car nous avons entendu dire que Dieu est avec vous ». La nouvelle, le témoignage, se répandent que l’Éternel est apparu pour Son peuple et qu’Il habite avec lui, et ils deviennent une force puissante pour attirer d’autres personnes vers le lieu de Sa présence manifeste (comp. 2 Chr. 15:9). La même chose est souvent observée aujourd’hui d’une autre manière dans l’Assemblée. Chaque fois qu’il y a une action réelle du Saint Esprit, chaque fois que la présence du Seigneur est démontrée en puissance au milieu de Son peuple, d’autres sont attirés par le désir ainsi engendré dans leur cœur de participer à la bénédiction (voir 1 Cor. 14:25). Il n’y a pas de témoignage aussi puissant que celui qui déclare, et qui déclare avec des preuves indubitables, que l’Éternel est avec son peuple. (**)


(*) Le nombre dix est évidemment un nombre symbolique, qui représente ici, à notre avis, toutes les nations (comp. Lev. 26:26 ; Matt. 25:1).

(**) Des rabbins, ainsi que la théologie des pères de l’Église, plus tardive, prétendent que le Juif de ce passage de l’Écriture serait le Messie. Cela nous paraît une preuve plutôt de subtilité intellectuelle que de perception spirituelle. Les rabbins ne possédaient pas la clé (Christ du Nouveau Testament) d’interprétation de leurs propres Écritures, et les soi-disant « pères » de l’Église étaient ignorants de toute vérité se rapportant aux dispensations ainsi que du véritable caractère de l’Église. Les uns comme les autres étaient, du coup, sujets à l’égarement de leur imagination.


11 - Zacharie 9 — Délivrance finale avec l’avènement du Messie

11.1 - [Ch 9:1-7 — Jugements sur les peuples voisins d’Israël]

11.1.1 - [Ch 9:1-2a — Hadrac, Damas, Hamath]

Après le rétablissement de la bénédiction de Jérusalem et de Juda, annoncé dans le ch. 8, les peuples voisins apparaissent en relation avec le jugement. « L’oracle de la parole de l’Éternel qui vient dans le pays de Hadrac ; et Damas sera le lieu de son repos (car l’Éternel a l’œil sur les hommes et sur toutes les tribus d’Israël » (9:1).

L’expression « Et Damas sera le lieu de son repos » semble signifier que la parole du Seigneur devait reposer sur ou dans Damas, dans le sens d’y apporter le jugement. Hadrac se trouvait probablement dans le voisinage de Damas et, selon cette prophétie, cette ville réapparaîtra un jour, et cela pour le jugement (comp. Jérémie 46 à 49).

Il s’agit donc du jugement de Dieu sur ces villes, en rapport avec la délivrance finale de Jérusalem et d’Israël de leurs ennemis. Les lieux nommés se trouvent au nord du territoire d’Israël, et aussi dans cette étendue de pays à l’ouest de la Judée qui est connue dans toute l’histoire de l’Écriture comme la demeure des Philistins. Tous ceux-là ont été à un moment ou à un autre (les Philistins perpétuellement) les ennemis du peuple de Dieu, peut-être à cause du fait qu’ils étaient immédiatement contigus aux frontières de leur territoire, sinon à l’intérieur de ces frontières.

Hadrac, Damas et Hamath sont situées dans ce qui était et est encore la Syrie, et ces villes ne sont mentionnées qu’en tant qu’objets de jugement (jugements préparatoires à la mise en possession par Israël de tout le territoire qui lui a été promis).


11.1.2 - [Ch 9:2b-4 — Tyr et Sidon]

Tyr et Sidon sont spécifiées avec plus de détails ; et nous sommes enseignés que ni la sagesse (9:2), ni la force, ni les richesses — les trois choses en lesquelles l’homme met sa confiance et se glorifie — ne peuvent détourner les jugements sûrs de Dieu (9:3, 4).

Le langage concernant Tyr (comparez Ézéchiel 28) est à la fois frappant et sublime. Elle « s’est bâti une forteresse, elle amasse l’argent comme de la poussière, et l’or fin comme la boue des rues. Voici, l’Éternel la chassera, Il brisera sa force dans la mer, et elle sera dévorée par le feu ». — En vérité, l’homme et toutes ses ressources ne sont que vanité au jour de la colère du Seigneur (comp. Ésaïe 2).


11.1.3 - [Ch 9:5-7 — Pays des Philistins]

Puis, par quelques touches rapides, le prophète décrit le caractère du jugement sur la Philistie. « Askalon le verra et aura peur. Gaza le verra aussi et sera fort angoissée, et Ékron aussi, car elle sera honteuse de sa confiance ; le roi sera retranché de Gaza, et Askalon ne sera plus habitée. Un bâtard demeurera à Asdod ; et je détruirai l’orgueil des Philistins ; j’ôterai son sang de sa bouche, et ses abominations d’entre ses dents ; mais celui qui restera sera pour notre Dieu, il sera comme un chef en Juda, et Ékron comme un Jébusien » (9:5-7. Comp. Jérémie 47 ; Sophonie 2:4-7).

Il est plus que probable, comme nous l’avons déjà fait remarquer, qu’il y a un double accomplissement dans ces prédictions, c’est-à-dire qu’il y a déjà eu un accomplissement partiel, bien qu’incomplet, en ce qui concerne les jugements temporels sur ces villes ; car il est plus que certain que la puissance de Tyr dans la mer a été frappée, ou que ces villes des Philistins ont été visitées. Mais le lecteur attentif ne manquera pas de remarquer que toute la prophétie n’a pas été accomplie, car elle parle d’un résidu épargné d’entre les Philistins qui sera « pour (ou à) notre Dieu ». Cela doit être futur, et vise clairement le fait que, lorsque ces villes revivront, le jugement s’abattra de nouveau sur elles ; et l’Éternel, par Ses instruments choisis, souillera tout l’orgueil de leur gloire, tandis qu’en même temps Il rétablira un résidu en vue de la bénédiction.

L’affirmation qu’Ékron sera comme un Jébusien est très probablement une allusion au fait que, de même que les Jébusiens qui n’avaient pas été chassés par les enfants de Juda, habitèrent avec eux à Jérusalem (voir Josué 15:63), de même dans un jour futur, au temps du royaume, les Philistins épargnés se trouveront mêlés à Israël. (*)


(*) Les expressions concernant les épargnés des Philistins sont très frappantes, car il n’est guère douteux que l’expression « celui qui restera » se rapporte à ces épargnés. Purifié de leur idolâtries (le « sang » et ses « abominations » sont liés à son culte idolâtre), il sera comme un chef de milliers en Juda, etc. Le lecteur examinera attentivement ces déclarations.


11.1.4 - [Ch 9:8 — Application future de cette prophétie sur la protection de l’Éternel contre les ennemis]

L’application future de cette parole prophétique ressort à l’évidence de ce qui suit : « Et je camperai autour de ma maison à cause de l’armée, à cause de celui qui passe, et à cause de celui qui revient ; et aucun oppresseur ne passera plus sur eux ; car maintenant j’ai vu de mes yeux » (9:8).

Nous comprenons donc qu’après qu’Israël ait été rétabli dans son pays et que le temple ait été reconstruit (voir Zach. 6) par le Messie lui-même, le pays sera envahi, et Jérusalem sera l’objet d’une attaque. Il s’agit sans aucun doute de la dernière attaque de l’Assyrien, à laquelle les prophètes ont si souvent fait allusion. En tant que roi du Nord (car le roi du Nord est identique à l’Assyrien), il pénètrera dans le pays avant l’apparition de Christ (dans l’intervalle entre l’enlèvement des saints selon 1 Thess. 4 et leur retour avec Christ en gloire), et après avoir réussi pendant un certain temps dans ses desseins, il « s’opposera au Prince des princes, mais il sera brisé sans main » (Daniel 8:25). Il a cependant un successeur qui, après le retour en gloire à Jérusalem, envahira également la terre sainte, et cherchera à s’emparer de la sainte cité. Mais l’Éternel sera là désormais, comme on le verra plus en détail quand nous considérerons les ch. 12 à 14 ; et ce roi du nord / Assyrien sera terrifié par ce que, lui et ses alliés, découvriront, selon la description du psalmiste : « Ils ont vu, et ils ont été étonnés ; ils ont été troublés, et ils se sont enfuis consternés. Le tremblement les a saisis, une angoisse comme celle d’une femme qui enfante » (Psaume 48:5-6). Ce n’est pas seulement l’Ange de l’Éternel, mais l’Éternel lui-même qui campera autour de Sa maison et de Son peuple, et qui les délivrera une fois pour toutes de leurs oppresseurs ; « car maintenant », comme nous le lisons, « j’ai vu de mes yeux » (*).

L’expression est de toute beauté. C’est comme si l’Éternel était descendu pour contempler l’état de Son peuple, comme en Genèse 11 Il est descendu pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes (Gen. 11:5) ; et, voyant qu’ils étaient assiégés par l’ennemi, et compatissant à leur détresse, Il prend lui-même leur défense, et assure leur délivrance. « Les nations se déchaînent, les royaumes sont ébranlés : Il a fait entendre sa voix, et la terre s’est fondue. L’Éternel des armées est avec nous, le Dieu de Jacob est notre refuge » (Ps. 46:6-7).


(*) Comparer avec l’expression de Exode 14:24,25 : « Et il arriva qu’à l’aube, l’Éternel regarda l’armée des Égyptiens à travers la colonne de feu et de nuée, et il mit en désordre l’armée des Égyptiens », etc. ».


11.2 - [Ch 9:9-17 — Avènement du Messie et ses conséquences]

11.2.1 - [Ch 9:9 — Présentation de la personne de Celui qu’ils attendaient et en qui seul se trouverait leur délivrance]

Après être allé jusqu’à parler de l’émancipation finale de Juda et de Jérusalem de leurs oppresseurs par l’intervention directe de l’Éternel Lui-même, le prophète revient un peu en arrière pour présenter la personne de Celui qu’ils attendaient et en qui seul se trouverait leur délivrance. Voyant dans une vision prophétique l’accomplissement de tout ce que Dieu avait promis à Son peuple, il se tourne avec délices vers Celui qui apporterait ainsi le salut, et s’exclame : « Réjouis-toi avec transports, fille de Sion, pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! voici ton Roi vient à toi ; il est juste et ayant le salut, humble et monté sur un âne, et sur un ânon, le petit d’une ânesse » (9:9).

Il appelle ainsi la fille de Sion à se réjouir de la glorieuse perspective qui s’ouvre à elle, et lui rappelle en même temps que tout ce qu’elle attendait et désirait est lié à l’avènement du Messie. Il place la fille de Jérusalem et de Sion sur une éminence, pour ainsi dire, d’où elle peut voir le Roi s’approcher, et l’invite à pousser des cris de joie en Le voyant.

Mais quelle différence de caractère entre cette présentation du roi d’Israël et celle des monarques du monde dans toute leur pompe et leur splendeur ! Remarquez qu’il s’agit de « ton » Roi. Comme l’a écrit un autre, « il ne dit pas un roi, mais ton roi, Le Tien à toi, Celui qui a été promis depuis longtemps, Celui qui est attendu depuis longtemps » ; car en vérité Il est Celui dont Dieu avait dit : « J’ai oint Mon Roi sur Sion, la montagne de ma sainteté » (Psaume 2:6) ; et Il vient maintenant pour s’asseoir sur le trône de Son père David, et pour régner sur la maison de Jacob pour toujours, et son règne n’aura pas de fin » (Luc 1:32-33 ; voir aussi Ésaïe 9:6-7).

Nous avons ensuite deux caractéristiques :


C’est de cette manière qu’Il est présenté à Son peuple, pauvre et affligé, lorsqu’Il vient pour leur salut, « monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d’une ânesse ». Les fils des juges montaient sur des ânons (Juges 10:4 ; 12:14), mais, comme l’a fait remarquer un pieux écrivain, « il n’y a pas de cas où un roi soit monté sur un âne, sauf Celui dont le royaume n’était pas de ce monde ». Nous savons tous comment cette promesse s’est accomplie, bien que Sion n’ait pas été préparée à Le recevoir et qu’elle n’ait pas poussé de cris de joie à Son approche, à Sa première venue. Certes, la foule qui allait à Sa rencontre « prit des branches de palmiers… et criait : Hosanna ! béni soit le Roi d’Israël qui vient au nom du Seigneur » (Jean 12:13) ; mais leur enthousiasme momentané se dissipa bientôt, et, entraînés par leurs chefs, ils crièrent : « Crucifie-Le, crucifie-Le ». (*)


(*) Comme preuve de la merveilleuse exactitude de l’Écriture, on notera l’omission de certains mots dans la citation de Zacharie, à la fois dans Matthieu et dans Jean. Dans Matthieu (21:5), les mots « juste » et « ayant le salut » sont absents ; et dans Jean (12:15), où la présentation caractéristique de Christ est celle du Fils de Dieu, le mot « humble » est également absent. La raison en est évidente pour l’esprit spirituel. Bien que Jésus fût le Messie, rejeté comme Il l’a été, Il n’est pas entré à Jérusalem en tant que « juste » (c’était plutôt en grâce) et en tant qu’« ayant le salut » ; Il ne le pouvait pas non plus, étant rejeté ; mais Il est entré en tant que L’Humble Unique ; c’est pourquoi le mot « débonnaire » figure en Matthieu, tandis que Jean l’omet. La raison en est l’aspect sous lequel, guidé par le Saint Esprit, la vie de notre bienheureux Seigneur est dépeinte. — Remarquez aussi que ni Matthieu ni Jean n’invitent la fille de Sion à se réjouir ou à pousser des cris de joie. Le premier dit : « Dites à la fille de Sion » ; le second : « Ne crains pas », etc. Le temps des réjouissances ne pouvait venir tant que le Roi était rejeté.


11.2.2 - [Ch 9:10 — Le Messie fera disparaître toutes les fausses confidences de Son peuple. Sa domination universelle]

À partir de ce point et jusqu’à la fin du chapitre, les conséquences de l’avènement du Messie sont décrites. Tout d’abord, le Messie fera disparaître toutes les fausses confidences de Son peuple. Il dit : « Je retrancherai d’Éphraïm le char, et de Jérusalem le cheval, et l’arc de guerre sera retranché » (9:10a).

Toutes ces choses étaient les symboles de la force humaine, des raisons humaines d’avoir confiance au milieu d’un conflit ; c’est pourquoi le psalmiste dit : « Ceux-ci font gloire de leurs chars, ceux-là de leurs chevaux ; mais nous, du nom de l’Éternel, notre Dieu » (Psaume 20:7). Par le prophète Osée, l’Éternel dit aussi : « Je ferai miséricorde à la maison de Juda, je les sauverai par l’Éternel leur Dieu ; je ne les sauverai ni par l’arc, ni par l’épée, ni par la guerre, ni par des chevaux, ni par des cavaliers » (Osée 1:7). Et encore dans Michée : « Je retrancherai tes chevaux du milieu de toi, et je détruirai tes chars » (Michée 5:10). Car en ce jour, Son peuple devra apprendre que Dieu seul est son refuge et sa force, un secours facile à trouver dans la détresse (Ps. 46:1) — une leçon que même les chrétiens sont lents à apprendre.


Et à la suite de la délivrance de Son peuple, « Il annoncera la paix aux nations, et sa domination s’étendra d’une mer à l’autre, et du fleuve jusqu’aux bouts de la terre » (9:10b). Car une fois que le Roi sera établi sur la sainte montagne de Sion, Il demandera et recevra les nations en héritage, et les bouts de la terre pour Sa possession (Ps. 2:8). Ce qui est prédit ici, c’est la dominations universelle de Christ dans Son royaume, après Son retour en gloire, tel que décrit dans le Ps. 72.


L’introduction d’Éphraïm dans ce chapitre, au v. 10 et au v. 13, doit être bien remarquée. Elle montre que le prophète passe de la venue du Roi à la restauration de tout Israël. Juda et Jérusalem sont son sujet, mais dès qu’il nomme Éphraïm, il implique le rétablissement des dix tribus dans leur pays. Cela n’aura lieu qu’après la délivrance et la bénédiction de Juda et de Jérusalem ; mais ici le prophète a à l’esprit les conséquences de la venue du Roi à Sion pour tout Israël. C’est pourquoi le char sera retranché d’Éphraïm, ainsi que le cheval de Jérusalem ; car lorsque le Messie sortira contre Ses ennemis, Il sera indépendant de toute source humaine de force, et pourtant Il s’associera Son peuple à Lui-même, car ils seront tous bien disposés au jour de Sa puissance. En même temps, Il enseignera à Son peuple qu’ils ne peuvent être forts que de Sa force, tandis qu’Il les conduira en conquérants pour conquérir, et qu’Il brisera les rois au jour de sa colère (Ps. 110:5).


11.2.3 - [Ch 9:11 — Délivrance à cause du sang de l’alliance]

Le prophète se tourne de nouveau, au verset suivant, vers la fille de Sion ; et, parlant au nom de l’Éternel, il dit : « Quant à toi aussi, à cause du sang de ton alliance, Je renverrai tes prisonniers hors de la fosse où il n’y avait point d’eau » (9:11).

« Tes prisonniers » se réfère aux « fils de Sion » qui peuvent être trouvés à ce moment-là en captivité, leur captivité étant décrite par la figure d’une fosse où il n’y a pas d’eau. Telle était leur condition — enfermés de tous côtés et privés de toute source de vie ; et pourtant ils seront « renvoyés », délivrés. Et la raison de leur délivrance est l’alliance que Dieu s’est plu à établir avec eux par le sang. Même la première alliance était de ce genre (Ex. 24) ; mais ce n’est pas sur la base de l’alliance de Sinaï que l’Éternel interviendra pour le salut d’Israël, mais sur cette alliance nouvelle et meilleure qui tire son efficacité, et la certitude de son accomplissement, du précieux sang de Christ. C’est pourquoi le Seigneur Lui-même a dit, en prenant la coupe : « Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance qui est versé pour beaucoup, en rémission de péchés » (Matthieu 26:28). Et c’est à cela que l’apôtre fait allusion lorsqu’il dit : « Or le Dieu de paix, qui a ramené d’entre les morts le grand Pasteur des brebis, par le sang de l’alliance éternelle » (Héb. 13:20). Et nous apprenons de Zacharie que le fondement sur lequel Dieu a fait remonter notre Seigneur Jésus hors du tombeau, est aussi celui sur lequel, au jour de la gloire du Messie, Il fera sortir ceux de Son peuple qui se trouveront prisonniers dans la fosse où il n’y a pas d’eau.


11.2.4 - [Ch 9:12 — Les captifs qui espèrent la délivrance recevront en bénédiction le double de ce qu’ils ont souffert]

L’exhortation du verset suivant est basée sur cette assurance, et c’est ainsi que le prophète poursuit : « Revenez à la place forte, prisonniers de l’espérance ! Aujourd’hui même, je le déclare : je vous rendrai le double » (9:12).

La place forte est Sion, qui est maintenant une forteresse parce que Dieu est au milieu d’elle (voir Psaume 46) ; et c’est vers Sion que les prisonniers de l’espérance sont exhortés à se tourner, parce que c’est de là que leur Rédempteur doit venir. L’ajout des mots « de l’espérance » au terme « prisonniers » indique la classe qui participera au salut que le Roi apportera à Sion ; ce sont ceux qui, dans leur captivité, caressent l’attente de la venue du Messie, et qui sont donc des prisonniers de l’espérance. L’Éternel leur rendra alors le double — le double en confort et en bénédiction par rapport à ce qu’ils ont souffert (voir Ésaïe 40:1-2).


11.2.5 - [Ch 9:13 — Israël utilisé pour soumettre les nations lors des attaques proches de l’avènement]

Le moment de cette bénédiction attendue est maintenant déclaré, et cela montre à nouveau clairement que la prophétie vise des jours futurs : « Car j’ai bandé Juda pour moi, j’ai rempli mon arc avec Éphraïm, et je réveillerai tes fils, ô Sion, contre tes fils, ô Grèce (Javan), et je te rendrai comme l’épée d’un homme puissant » (9:13).

Les « fils de la Grèce » sont ici utilisés comme représentant généralement les nations ; mais leur nom est ainsi donné en raison de ce que l’invasion de la terre sainte par Alexandre est au premier plan de la prophétie, comme l’ombre des attaques qui seront faites contre Israël à la veille de l’apparition de leur Messie, et surtout après. En ce jour, comme nous le déduisons de cette prophétie et d’autres, Christ emploiera Son peuple, Israël, pour soumettre les nations. Jérémie parle ainsi d’Israël au nom du Seigneur : « Tu es mon marteau, mes armes de guerre ; car c’est par toi que je briserai les nations, par toi je détruirai les royaumes » (Jérémie 51:20-23).


11.2.6 - [Ch 9:14-15 — Puissance irrésistible des armées de l’Éternel. Il y aura des signes visibles de Sa présence]

Les deux versets suivants décrivent la manière dont l’Éternel paraitra, et la manière dont Il les défendra dans le conflit. « L’Éternel sera vu au-dessus d’eux, et sa flèche partira comme l’éclair ; et le Seigneur, l’Éternel, sonnera de la trompette, et Il marchera avec les tourbillons du midi. L’Éternel des armées les protégera, et ils dévoreront, et ils foulerons les pierres de fronde, et ils boiront, et ils feront du bruit comme par le vin, et ils seront remplis comme un bassin, et comme les coins de l’autel » (9:14, 15). (*)

C’est une description vivante de la puissance irrésistible des armées de l’Éternel quand Il les mènera Lui-même à la bataille. Il est à noter qu’Il sera vu au-dessus d’elles, c’est-à-dire qu’il y aura des signes visibles de Sa présence auprès de Son peuple, comme il y en avait quand Il les conduisait à travers le désert — et Il combattra pour eux, comme Il le fit autrefois en faisant tomber des pierres de grêle sur leurs ennemis (Josué 10:11) ; mais ici, c’est la foudre qu’Il utilisera comme arme, comme le dit Habakuk : « … à la lumière de tes flèches qui volaient, à l’éclat de ta lance étincelante » (Hab. 3:11). Non seulement cela, mais il y aura aussi toutes sortes d’accompagnements de terreur pour frapper d’effroi les cœurs de l’ennemi. Autrefois, les sacrificateurs devaient, en temps de guerre, « sonner de la trompette avec éclat, et vous serez rappelés en mémoire devant l’Éternel, votre Dieu, et vous serez délivrés de vos ennemis » (Nombres 10:9) ; mais ici l’Éternel Dieu Lui-même, dans toute Sa majesté et Sa puissance, sonnera de la trompette, et sortira avec des tourbillons du midi (voir Ésaïe 21:1). Nous lisons aussi au Psaume 18 (v.10-14) : « Il était monté sur un chérubin, et il volait, il planait sur les ailes du vent. … Il tira ses flèches, et les dispersa ; Il lança des éclairs, et les mit en déroute ».


(*) La question est parfois soulevée de savoir à quel conflit particulier il est fait allusion ici, comme aussi en Zach. 9:10, et si cela se réfère ou non au renversement final de Gog dans le pays. Mais c’est faire intervenir une considération qui ne se trouve pas dans ce chapitre. Dans celui-ci, il est plutôt question de l’Éternel défendant et conduisant Son peuple victorieux. Il ne s’agit pas de préciser les ennemis. Il est clair qu’il s’agit de Gentils, et c’est donc peut-être la dernière confédération des nations contre Israël.


Tandis que le v. 14 parle de l’action de Dieu contre l’ennemi, le v. 15 expose l’effet de Sa présence sur Son peuple qu’Il conduit au conflit. D’abord Il les défendra, c’est-à-dire qu’Il les protégera contre toute atteinte par leurs ennemis, comme lorsqu’Israël sortit pour combattre les Madianites et qu’ils revinrent sans avoir perdu un seul homme (Nombres 31) ; puis leur énergie victorieuse sera si grande qu’ils dévoreront et soumettront tout ce qui s’opposera. Comme l’a dit un autre, pour expliquer la métaphore des pierres de fronde, « leurs ennemis tomberont sous eux, aussi inoffensifs et aussi peu importants que les pierres de fronde qui ont manqué leur but et qui gisent sur le sol pour être foulées aux pieds ». Les deux autres figures sont plus difficiles, bien que la première, « ils boiront et feront du bruit comme par le vin », soit probablement à mettre en relation avec l’exaltation produite par le conflit, comparable aux effets du vin. La seconde, « ils seront remplis comme un bassin », peut découler du premier, indiquant qu’ils déborderont de l’excitation sainte que suscitera en eux la présence du Éternel des armées ; mais l’ajout, « comme les coins de l’autel », ne peut être expliqué avec certitude, à moins qu’il ne s’agisse d’une allusion au fait que leur zèle sera en communion avec les opérations de leur divin Chef.


11.2.7 - [Ch 9:16 — Le peuple haut élevé en position]

Enfin, il est ajouté : « Le Seigneur leur Dieu les sauvera en ce jour-là comme le troupeau de son peuple, car ils seront comme les pierres de couronne élevées sur sa terre » (9:16).

En même temps que la colère de l’Éternel contre Ses ennemis, Son bouclier protecteur, comme nous l’avons déjà remarqué, est jeté sur Son peuple, de sorte qu’Il les sauvera en ce jour-là, comme le troupeau de Son peuple contre les lions et les ours qui l’entoureront ; car aucune arme formée contre Israël ne prospérera alors. C’est en contraste avec la destruction de leurs ennemis qu’il est dit : « Ils seront comme les pierres d’une couronne », des pierres choisies pour leur beauté et leur valeur, et convenant pour orner le diadème de leur Roi ; mais s’il en est ainsi, c’est parce qu’ils ont maintenant été embellis par Sa beauté, et parce que toute Sa valeur s’attache maintenant à eux (voir 1 Pierre 2). Et en tant que tels, ils seront élevés haut sur Son pays.

Dans un premier temps, ils seront comme un marteau de guerre (Jér. 51:20), puis, lorsque Ses ennemis auront été soumis, Son peuple sera élevé haut, comme le serait une bannière sur le pays, afin que tous puissent contempler la place d’honneur et d’exaltation dans laquelle, par la grâce de leur Roi, ils ont été placés ; Il les présente alors dans toute leur beauté et leur excellence comme Sa couronne, comme le signe de Sa présence avec eux, et comme le symbole de Sa domination universelle.


11.2.8 - [Ch 9:17 — Grandeur de la grâce et de la beauté de l’Éternel. Bonheur qui en résulte pour Son peuple]

Le prophète conclut par un mot bref, significatif de la grandeur de la grâce et de la beauté de l’Éternel, et du bonheur qui en résulte pour Son peuple : « Car combien grande est sa bonté, et combien grande est sa beauté ! Le blé fera croître (réjouira) les jeunes gens, et le moût (vin nouveau) les jeunes filles » (9:17).

Toute la bénédiction dans laquelle ils ont été introduits a découlé de la bonté de leur Dieu, et leurs yeux s’étant ouverts, ils voient le Roi dans Sa beauté, déjà devenu pour eux tout à fait digne d’être aimé. Et se régalant de Lui comme des prémices, du vrai blé du pays qu’ils habitent maintenant, les jeunes gens sont réjouis, et les jeunes filles, buvant le vin nouveau du royaume, sont dans l’allégresse. C’est un tableau de la joie millénaire du royaume du Messie, qui découle de Son propre cœur de bonté et de grâce.


12 - Zacharie 10 — Circonstances de la restauration d’Israël

12.1 - [Problèmes de chronologie et d’ordre dans les écrits prophétiques]

Avant d’aborder ce chapitre, il peut être utile de rappeler au lecteur une ou deux particularités des écrits prophétiques. Ce chapitre est indubitablement lié à Zacharie 9, mais ce serait une erreur de supposer qu’il y a de ce fait une séquence directe dans la narration des événements. Le dernier verset du ch. 9 présente brièvement la bénédiction terrestre qui découle de l’avènement du Messie dans Son royaume, et ainsi il arrive dans une certaine mesure jusqu’à la fin, ou plutôt donne le caractère général de Son règne pacifique. Le premier verset du ch. 10 remonte à une époque antérieure à la prospérité et au bonheur décrits au ch. 9. C’est là une caractéristique constante de tous les prophètes : Ils poursuivent leur sujet sous un certain aspect, ils continuent jusqu’à compléter celui-ci, puis ils reviennent en arrière pour donner des détails ou d’autres aspects du sujet. Le lecteur doit donc être sur ses gardes, car s’il s’attend à un ordre chronologique, il sera plongé dans la perplexité et la confusion. Mais s’il est attentif, il constatera qu’il y a toujours des repères à découvrir : on a les grands faits centraux de la prophétie, et autour sont groupés les détails, ou bien certaines conséquences connues qui en découlent ; elles servent de guide, sinon il semblerait qu’on se trouve dans un labyrinthe inextricable, et elles permettent de comprendre l’objet, le sens et la portée de la parole prophétique.

Il faut aussi se souvenir de l’avertissement de l’apôtre Pierre (2 Pierre 1:20), « qu’aucune prophétie de l’Écriture n’est d’une interprétation particulière », autrement dit, selon un autre auteur, « elle ne s’explique pas par sa propre signification, comme une phrase humaine. Elle doit être comprise par et selon l’Esprit qui l’a prononcée. Le terme « prophétie » veut dire le sens de la prophétie, ce qu’elle signifie. Ceci n’est pas obtenu par une interprétation humaine d’un passage isolé, ayant son propre sens et sa propre solution, comme si un homme l’avait prononcé ; car c’est une partie des pensées de Dieu, prononcée comme de saints hommes ont été poussés par le Saint Esprit à la prononcer » (note de la version Darby sur 2 Pierre 1:20).

Garder à l’esprit ces principes maintiendra le lecteur dans la dépendance ; et cela lui permettre d’être en l’état d’être guidé et enseigné et de tenir son imagination en bride ; il pourra alors recevoir les pensées de Dieu.


12.2 - [Ch. 10:1 — Exhortation au Résidu à demander la pluie de la dernière saison]

Le prophète commence par une exhortation au Résidu des croyants. « Demandez à l’Éternel de la pluie, au temps de la pluie de la dernière saison. L’Éternel fera des éclairs (Jér. 10:13 ; Ps. 135:7), et leur donnera des averses de pluie : à chacun de l’herbe dans son champ » (10:1).

La promesse originelle de l’Éternel à Israël était que s’ils « écoutaient attentivement mes commandements… d’aimer l’Éternel votre Dieu et de Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme, Je vous donnerai la pluie de votre pays en son temps, la pluie de la première saison et la pluie de la dernière saison, et tu recueilleras ton blé, ton moût et ton huile. Et je donnerai l’herbe dans tes champs pour ton bétail » (Deut. 11:13-15). Mais Israël, par sa désobéissance et son éloignement de son Dieu, avait perdu cette promesse, et Dieu, pour les châtier, avait retenu la pluie de la première saison et la pluie de la dernière saison. Mais maintenant, dans la mesure où Il avait l’intention de faire du bien à Jérusalem et à Son peuple, Il les encourage à rechercher Sa face pour obtenir un retour de leur ancienne bénédiction. C’est par pure grâce qu’Il voulait maintenant les bénir ; car le résidu restauré, ou plutôt le résidu croyant qui existera en ces jours-là, n’aura rien à revendiquer de Sa part, mais Il voulait qu’ils apprennent à dépendre de Lui pour la bénédiction qu’ils recherchaient, et qu’ils soient ainsi mis en état de la recevoir.

C’est certainement une leçon pour toutes les dispensations. Dieu ne prive jamais Son peuple, si ce n’est pour leur faire sentir le sentiment de besoin, et pour leur enseigner que Lui seul est la source qui peut combler leur besoin. S’ils demandent, l’Éternel leur donnera. C’est ainsi qu’Il sollicite les prières d’Israël ; et remarquez qu’ils devaient demander la pluie au temps de la pluie de la dernière saison, à la saison où elle devait être attendue. Si elle était retenue, ce ne serait qu’une provocation à ce qu’ils prient, et s’ils priaient, ils seraient exaucés, et l’Éternel ferait jaillir des éclairs, et leur donnerait des averses de pluie pour l’herbe des champs de chacun.


Il est très intéressant de remarquer l’omission de toute référence à la pluie de la première saison ; le prophète ne parle que du temps de la pluie de la dernière saison. La raison en est que le temps de la première pluie était passé pour toujours. Dieu envoya la première pluie au jour de la Pentecôte ; et bien que de nombreux cœurs se soient ouverts pour la recevoir, la nation refusa sa bienheureuse influence vivifiante. À cette occasion, Pierre parla d’une autre pluie, la pluie de la dernière saison, selon les paroles du prophète Joël : « Et il arrivera aux derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes ; en ces jours-là, je répandrai mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront » (Actes 2:17-18). C’est de cette période que parle Zacharie, quand il exhorte le peuple à s’attendre à l’Éternel, tout comme les disciples attendaient à Jérusalem la descente du Saint Esprit, comme accomplissement de Sa parole.


12.3 - [Ch. 10:2 — Impuissance des idoles. Manque de bergers]

Zacharie oppose ensuite l’impuissance des vanités païennes à la puissance de l’Éternel, par allusion à l’époque où le peuple de Dieu, s’étant détourné de Lui, cherchait du secours auprès des idoles. « Car », dit-il, « les idoles (théraphim) ont parlé vanité, et les devins ont vu un mensonge, et ont prononcé des songes trompeurs ; ils consolent en vain. C’est pourquoi ils sont allés leur chemin comme un troupeau (JND : partis comme le menu bétail) ; ils ont été troublés (JND : sont opprimés), parce qu’il n’y avait pas de berger » (10:2)

Jérémie fait référence à la même chose lorsqu’il dit : « Parmi les vanités des nations, y en a-t-il qui puisse faire pleuvoir, ou les cieux donner des averses ? N’est-ce pas toi, Éternel notre Dieu ? c’est pourquoi nous nous attendrons à toi, car c’est toi qui as fait toutes ces choses » (Jér. 14:22) (*). Israël, dans son incrédulité, s’était tourné vers les idoles et vers leurs prophètes pour obtenir du secours, mais n’avait trouvé ni soulagement ni consolation ; le prophète les dépeint comme un troupeau allant son chemin, dans la déception, troublé, parce qu’il n’y avait pas de berger — personne pour les conduire ou les paître ; et ainsi, puisqu’ils s’étaient détournés de Dieu, ils étaient maintenant dans leurs péchés, rejetés sur leurs propres ressources. L’Éternel vit et eut compassion de leur condition, comme ce que nous lisons du Seigneur Jésus qui « voyant les foules, fut ému de compassion pour elles, parce qu’ils étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Matt. 9:36).


(*) On trouvera dans Ésaïe 40 à 48 le contraste constant et instructif entre l’Éternel et les idoles, ainsi que la tendance d’Israël à l’idolâtrie.


12.4 - [Ch. 10:3 — Les bergers sont responsables du mauvais état du peuple]

Il a eu compassion du troupeau, mais Sa colère fut « enflammée contre les bergers, et je punirai les boucs ; car l’Éternel des armées a visité son troupeau, la maison de Juda, et il en a fait son cheval de gloire dans la bataille » (10:3).


12.4.1 - [Ch. 10:3a — Colère de l’Éternel contre les responsables du peuple]

Ce sont donc les bergers qu’Il tient pour principaux responsables de la condition du troupeau (1*). En Ézéchiel, ce principe est directement affirmé : « Ainsi dit l’Éternel Dieu : Voici, j’en veux aux bergers (pasteurs), et je réclamerai mes brebis de leur main » (Ézéchiel 34:10) C’est donc une chose solennelle que d’occuper une place de responsabilité, de conducteur parmi les saints de Dieu. Chacun est individuellement responsable de son propre état, mais les conducteurs sont tenus pour responsables de l’état de l’assemblée ; et c’est à ce titre, comme dans notre chapitre, que la colère de Dieu s’enflamme contre les bergers quand ils égarent le troupeau de Dieu (2*). En plus des bergers, les boucs (ce sont en réalité des chèvres, bien qu’ils prétendent être des brebis, sinon des bergers) sont mentionnés comme devant être châtiés. Ézéchiel en parle aussi, et les distingue des béliers ; d’après Matthieu 25, où l’Éternel sépare les brebis d’avec les chèvres, nous devrions comprendre que ces derniers, bien qu’étant avec le peuple de Dieu, n’en font pas réellement partie, mais ils sont ceux qui se sont poussés eux-mêmes à des places de premier plan et de dignité (3*), qu’ils utilisent à leurs propres fins égoïstes et mauvaises.


(1*) De la même manière, dans les lettres aux sept églises, en Apoc. 2 et 3, les anges des assemblées sont accusés des péchés et de la condition de celles-ci.

(2*) À ce sujet, lire en entier Ézéchiel 34 et Jérémie 23:1-4.

(3*) Nous déduisons cela du fait qu’ils sont des boucs, et comme tels des chefs : voir Ésaïe 14:9.


12.4.2 - [Ch. 10:3b — Visite du troupeau par l’Éternel en jugement en même temps que Son intervention en faveur de Juda]

« L’Éternel des armées a visité Son troupeau, la maison de Juda ».

Le moment où l’Éternel visite Son troupeau, Il visite, pour le jugement, les bergers et les boucs (il peut s’agir de la même classe dans la mesure où ils prétendent être des bergers alors qu’ils ne sont même pas des brebis) ; mais cette visite est en même temps le moment de l’intervention de Dieu en faveur de la maison de Juda.

Il peut y avoir eu une application de ces paroles à l’époque du prophète, mais leur plein accomplissement ne peut avoir lieu qu’au retour du Seigneur à Sion. Cela est d’autant plus certain que, dans la dernière phrase du verset, Juda devient le cheval de gloire de l’Éternel dans la bataille, expression qui se rattache, quant au temps, aux v. 14-16 du ch. 9.


12.5 - [Ch. 10:4-5 — Place prééminente de Juda dans le royaume, et sa puissance victorieuse dans les batailles de l’Éternel]

Cela conduit ensuite à une déclaration sur la place prééminente que Juda occupera dans le royaume, et aussi sur sa puissance victorieuse dans les batailles de l’Éternel. « De lui est sorti la pierre angulaire, de lui le clou, de lui l’arc de guerre, de lui sortent tous les dominateurs ensemble. Ils seront dans la bataille comme des hommes forts qui foulent aux pieds leurs ennemis dans la boue des rues ; ils combattront, parce que l’Éternel sera avec eux, et ceux qui montent les chevaux seront couverts de honte » (10:4-5).


12.5.1 - [Ch. 10:4 — Pierre angulaire, clou, arc de guerre : images du Messie]

Le fait que la faveur souveraine de Dieu ait été accordée à Juda est déclaré par le fait que le Messie devait être issu de cette tribu ; car les deux expressions « la pierre angulaire » et « le clou » se rapportent toutes deux à Lui. Le terme « pierre angulaire » est en effet le même que celui qu’on trouve en Ésaïe 28:16 : « Voici que je pose en Sion, comme fondement, une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse pierre de coin ».

En Ésaïe on trouve aussi l’interprétation du « clou ». Parlant de celui qui a été pris comme une figure du Messie, l’Éternel dit : « Je le fixerai comme un clou dans un lieu sûr, et il sera un trône de gloire pour la maison de son père. On suspendra sur lui toute la gloire de la maison de son père » (Ésaïe 22:23-24). Il n’y a donc aucun doute sur la signification de ces termes figuratifs.

Le terme suivant, cependant, l’arc de guerre, dont il est aussi dit qu’il sort de Juda, se réfère à Juda lui-même, à ce que Juda sera lorsque l’Éternel le prendra à son service dans la bataille. Celui qui sort de Juda, le Roi oint de Dieu, utilisera ce peuple comme son arc de guerre (*) lorsqu’il sortira pour « briser les rois au jour de sa colère » (Ps. 110). Et c’est dans ce fait, à notre avis, qu’il faut chercher l’explication de la phrase suivante : « De lui sortent tous les dominateurs ensemble ». C’est une transition abrupte vers l’effet produit par le fait que l’Éternel utilisera Juda comme ses « armes de guerre », c’est-à-dire que les oppresseurs de Son peuple seront chassé pour toujours, selon la promesse du ch. 9 v.8 : « L’exacteur (ou : oppresseur, dominateur) ne passera plus sur eux », de sorte que, comme l’Éternel l’avait aussi dit par la bouche d’Ésaïe : « On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de dévastations ni de ruine dans ton territoire » (60:18).


(*) En Jérémie 51:20 on a l’expression « mes armes » de guerre.


12.5.2 - [Ch. 10:5 — Encore la force irrésistible (contre les oppresseurs) qui provient de la présence de l’Éternel]

Le verset suivant se rattache à la fin du v. 3, en montrant comment la victoire est remportée sur leurs oppresseurs (dominateurs) grâce à la force irrésistible qui provient pour eux de la présence de l’Éternel. C’est Lui qui fait d’eux des hommes forts et qui les rend capables, dans la bataille, de fouler aux pieds leurs ennemis comme la boue des rues (comp. 2 Sam. 22:43 et Michée 7:10). Avec le cri du Roi au milieu d’eux, Son peuple est invincible ; car, animés du courage que Sa présence inspire, ils combattent, et ceux qui montent les chevaux sont couverts de honte. C’est une description du Seigneur Lui-même menant en avant Son peuple au combat, lorsqu’Il commence à renverser toute domination, toute autorité et toute puissance, et à régner jusqu’à ce qu’Il ait mis tous les ennemis sous Ses pieds (1 Cor. 15:24-25), — bien qu’ici il s’agisse spécialement du salut de Son peuple de la main de leurs ennemis. Il s’agit donc de la période qui s’étend de Son apparition en gloire jusqu’à Son retour dans Sa demeure de Sion.


12.6 - [Ch. 10:6-7 — Restauration de tout Israël et leur bénédiction dans le pays]

Comme conséquence de la soumission des ennemis du Messie par le moyen de Juda, nous trouvons, en second lieu, la restauration de tout Israël et leur bénédiction dans le pays. « Je rendrai forte la maison de Juda, et je sauverai la maison de Joseph, et je les ramènerai, car j’userai de miséricorde envers eux ; ils seront comme si je ne les avais pas rejetés, car je suis l’Éternel, leur Dieu, et je les exaucerai. Ceux d’Éphraïm seront comme un homme fort, et leur cœur se réjouira comme par le vin ; leurs fils le verront et se réjouiront ; leur cœur s’égayera en l’Éternel » (10:6, 7).

L’exactitude des expressions employées est frappante. Ainsi, je « rendrai forte » la maison de Juda, et je « sauverai » la maison de Joseph, et je les « ramènerai », etc. Juda sera déjà dans le pays avant l’apparition de leur Messie, et, après les avoir délivrés, Il les « rendra forts ». La maison de Joseph, Éphraïm, c’est-à-dire les dix tribus (1*), sera encore dispersée parmi les nations et introuvable malgré les prétentions modernes, et elle sera ainsi jusqu’après le retour de Christ à Sion, d’où les termes employés dans notre passage (2*). On a ici en effet la déclaration des desseins immuables de la grâce de Dieu envers Son ancien peuple, révélant la profondeur de Son amour patient et immuable, malgré leurs transgressions et leurs péchés persistants, et disant ainsi : « J’userai de miséricorde envers eux », comme nous lisons en Osée : « Je ferai miséricorde à celle qui n’avait pas obtenu miséricorde ; je dirai à ceux qui n’étaient pas mon peuple : Tu es mon peuple, et ils diront : Tu es mon Dieu ».

Puis, lorsqu’ils seront de nouveau les objets de la miséricorde de l’Éternel, dans le beau et tendre langage employé ici : « Ils seront comme si je ne les avais pas rejetés ; car je suis l’Éternel, leur Dieu, et je les exaucerai ». Après donc que l’Éternel sera retourné dans Sa demeure de Sion, Il accomplira Sa parole à l’égard de tout Israël (Rom. 11:26-29). Rétablis dans leur pays, ils abonderont, avec leurs enfants, en joie et en allégresse dans l’Éternel. Leur cœur se réjouira comme par le vin, mais avec un caractère élevé de leur joie ; et pour montrer qu’il s’agit de quelque chose de plus qu’une simple joie naturelle, il est ajouté : « Leur cœur s’égayera en l’Éternel », — en l’Éternel leur Dieu, qui les avait cherchés dans tous les lieux où ils avaient été dispersés, les avait ramenés dans leur propre pays, et les avait rendus joyeux en Sa présence et en Sa bénédiction. Il est également dit de manière touchante : « Leurs enfants le verront et se réjouiront », — se réjouissant de la joie de leurs parents, et reflétant ainsi la joie de ceux-ci.


(1*) Dans les prophètes, Éphraïm est constamment utilisé pour désigner le royaume du nord en Israël après la division qui eut lieu sous le règne de Roboam. Ce royaume est appelé indifféremment royaume d’Israël ou d’Éphraïm, pour distinguer de Juda.

(2*) Il est étonnant de voir comment des interprètes consciencieux, ignorants de la vérité sur les dispensations, peuvent se persuader que de tels passages de l’Écriture ont déjà été accomplis. Par exemple, l’un d’eux, dont la droiture et la piété ne peuvent guère être mises en doute, écrit : « En ce qui les concerne (Éphraïm), il n’y a pas de victoire visible, bien que sans doute, lorsque leur vaste prison fut brisée à la destruction de l’empire perse, beaucoup furent libres de retourner dans leur pays natal, tandis que d’autres se répandirent à l’ouest, en Asie Mineure, en Grèce, à Rome ; c’est ainsi que plusieurs d’entre eux ont pu prendre part aux victoires des Maccabées ». — Il est pourtant évident que « libres de retourner » et « ont pu prendre part aux victoires des Maccabées » ne répond pas à la promesse : « Je les ramènerai » (voir aussi 10:8). Notre auteur paraît l’avoir senti dans une mesure, car il ajoute : « Cependant, ce n’est pas la victoire, mais la force, l’allégresse au-delà de l’allégresse naturelle, comme par le vin, par lequel l’esprit est exalté au-delà de lui-même ; et cela durablement transmis à leurs enfants, un grand accroissement, une vie sainte en Dieu, — voilà l’accomplissement des grandes lignes de la promesse ». Malheureusement, l’auteur n’a pas le courage d’en tirer la conclusion que, par conséquent, la promesse n’a pas encore été accomplie.


12.7 - [Ch. 10:8-12 — Comment l’Éternel rassemblera et restaurera]

12.7.1 - [Ch. 10:8 — Appel pour faire venir]

Au verset suivant, le prophète revient et décrit, en tant que porte-parole du Seigneur, comment ils seront rassemblés et comment leur restauration s’effectuera ; cela s’étend jusqu’à la fin du chapitre. « Je les sifflerai, et je les rassemblerai, car je les ai rachetés ; et ils multiplieront comme ils avaient multiplié » (10: 8).

Le mot « siffler » est souvent utilisé dans l’Écriture pour exprimer l’idée d’« appeler pour faire venir » (voir, par exemple, Ésaïe 5:26 ; 7:18), et enseigne ici que l’Éternel, à Sa manière, attirera l’attention de Son peuple dispersé, lancera Son appel puissant pour atteindre leurs cœurs, et en même temps créera en eux une réponse à Sa parole avant qu’Il opère leur délivrance. Le fondement de Son action est contenu dans les mots : « Je les ai rachetés ». De même que le sang de l’agneau de la Pâque en Égypte a été le fondement parfaitement efficace sur lequel Dieu a agi pour délivrer Son peuple d’Égypte, le faire traverser le désert et le mettre en possession de Canaan, de même la rédemption, qui a été opérée par la mort de Christ, sera le fondement sur lequel Dieu agira pour sauver Son peuple des mains de leurs ennemis et pour les rassembler dans le pays de leurs pères.

Et lorsqu’ils seront à nouveau installés dans leur pays, ils se multiplieront comme ils se sont multipliés. Jacob avait dit : « Joseph est une branche qui porte du fruit » (Gen. 49:22), comme il avait dit auparavant qu’Éphraïm deviendrait « une multitude de nations » (Gen. 48:19) ; et Moïse avait aussi dit : « Ce sont les myriade d’Éphraïm, et ce sont les myriades de Manassé » (Deut. 33:17), l’un et l’autre prédisant que l’accroissement du nombre caractériserait Éphraïm ; et l’Éternel dit maintenant : « Ils se multiplieront » — c’est-à-dire lorsqu’ils seront rétablis sous Son autorité et Son règne — « comme ils s’étaient multipliés », c’est-à-dire comme ils l’avaient fait dans les jours d’autrefois.


12.7.2 - [Ch. 10:9 — Le peuple amené à se souvenir de l’Éternel dans les pays lointains]

Le verset suivant semble nous ramener quelques pas en arrière. « Je les sèmerai parmi les peuples, et ils se souviendront de moi dans les pays lointains ; ils vivront avec leurs enfants, et ils reviendront » (10:9)

Le mot « peuples » désigne les nations. L’Éternel sèmerait Son peuple parmi les nations ; on dit que le mot « semer » n’est jamais employé dans le sens de disperser, et donc il doit signifier de l’accroissement ou de la bénédiction. L’expression similaire dans Osée (2:23) « Je la sèmerai pour moi dans le pays », avec son contexte, confirme cette affirmation. Du coup, cela signifie qu’avant que Dieu intervienne pour rassembler les dix tribus, Il les fera prospérer et se multiplier là où elles se trouvent parmi les nations, et en même temps, Il commencera à agir dans leur cœur comme Il l’a fait avec Son peuple en Égypte, ce qui les amènera à se souvenir de Lui dans les pays lointains.

En conséquence, il est dit : « Ils vivront avec leurs enfants, et ils reviendront ». Il est à remarquer que c’est la seconde fois que les enfants sont mentionnés dans ce chapitre : les enfants de Son peuple sont toujours l’objet des tendres soins et de la sollicitude de Dieu. Moïse insistait, ayant la pensée de Dieu, pour que les enfants accompagnent leurs parents hors du pays d’Égypte ; et maintenant, dans cette seconde « rédemption », l’Éternel promet que les enfants vivront avec leurs parents, et se tourneront de nouveau — d’abord vers Dieu, et ensuite avec leurs faces vers Sion dans leur marche vers leur « chez eux » (comparez Jérémie 31:7-9 ; Ézéchiel 6:9).


12.7.3 - [Ch. 10:10 — Les pays d’où Israël sera amené]

Les pays d’où Israël sera amené sont maintenant spécifiés — c’est-à-dire l’Égypte et l’Assyrie (voir Ésaïe 11:10-16) — et ensuite il est dit : « Je les amènerai dans le pays de Galaad et du Liban, et il n’y aura pas (JND : assez) de place pour eux » (10:10)

Le lecteur se souviendra que le pays de Galaad se trouvait à l’Est du Jourdain et était dans le territoire des deux tribus et demie — Ruben, Gad et la demi-tribu de Manassé. Le Liban se trouvait à l’Ouest, et il est utilisé ici pour désigner le territoire occupé par le reste des dix tribus, de sorte que la promesse est qu’ils seront réinstallés dans leurs anciennes habitations. Et quand ils y seront, on ne trouverait pas assez de place pour eux, en raison de leur augmentation en nombre et de leur prospérité, selon la promesse précédente (10:8 ; comparez Ésaïe 49:20.)


12.7.4 - [Ch. 10:11 — Jugements tombant sur les nations]

Cependant, si Israël est rétabli, le jugement tombera sur les nations parmi lesquelles ils ont été dispersés. Le prophète dit ainsi : « Il passera par la mer, par l’affliction, et dans la mer il frappera les vagues, et tous les profondeurs du Nil seront desséchées, et l’orgueil de l’Assyrie sera abattu, et le sceptre de l’Égypte sera ôté » (10:11).

Quelques mots sont d’abord nécessaires pour élucider le sens des expressions employées. On lit simplement dans l’hébreu : « Il passera par la mer, l’affliction », comme si l’affliction était la mer au sens figuré. Si « la mer » est un terme figuré, il s’appliquera aux nations (comp. Apoc. 17:15) qui ont opprimé Israël ; et alors les mots suivants, « il frappera les vagues de la mer », signifient que l’Éternel interviendra à ce moment-là, lorsque les nations s’élèveront contre Son peuple et menaceront de l’engloutir, et Lui frappera les vagues orgueilleuses de leur puissance, afin de les délivrer. C’est là, à mon avis, l’interprétation du passage.

En même temps, il y a sans doute une allusion à l’histoire passée d’Israël, lorsque Dieu a frappé les eaux orgueilleuses de la mer Rouge et a fait passer Son peuple à pied sec. Cela est d’autant plus certain que la phrase suivante dit : « Et toutes les profondeurs du Nil seront desséchées » ; le texte original comprend le mot « fleuve », mais dans l’Écriture le mot « fleuve désigne souvent le Nil.


Les deux références (« la mer » et « le fleuve » ou « Nil ») parlent alors de jugement, et en particulier sur l’Égypte ; or le tarissement du Nil entraînerait la privation totale de ses sources de vie et de fertilité, de sorte qu’un tel désastre amènerait le pays tout entier à devenir un désert stérile en un temps très court, vu sa dépendance des eaux de son fleuve. L’orgueil de l’Assyrie sera abattu, et le sceptre de l’Égypte sera ôté.

Quant au premier point, Ésaïe dit aussi : « Je briserai l’Assyrien dans mon pays, je le foulerai aux pieds sur mes montagnes ; alors son joug sera ôté de dessus eux, et son fardeau sera ôté de dessus leurs épaules » (Ésaïe 14:25). Et quant au second point : « L’Éternel desséchera la langue de la mer d’Égypte ; il secouera sa main sur le fleuve par son vent impétueux, il le frappera en sept ruisseaux, et y fera passer les hommes à pied sec. Il y aura une route pour le résidu de son peuple hors de l’Assyrie, comme il y en eut une pour Israël, le jour où il sortit du pays d’Égypte (Ésaïe 11:15-16). — Et Ézéchiel (30:13) dit : « Il n’y aura plus de prince dans le pays d’Égypte ».

L’Assyrie et l’Égypte, ennemis du peuple de Dieu au nord et au sud, tomberont donc sous le coup du jugement quand l’Éternel fera sortir Son peuple dispersé de leur emprise ; et pas seulement ces deux-là, ennemis historiques d’Israël, car ils sont nommés comme symbolisant aussi toutes les nations qui auront retenu Israël captif (Ésaïe 11:11). On verra alors qu’aucune arme formée contre Israël ne prospérera ; et, en outre, lorsque le Messie prendra leur cause en main, Il jugera parmi les nations, « Il remplira tout de corps morts, il brisera les têtes de beaucoup de pays » (Psaume 110:6), en rapport avec le salut d’Israël depuis les bouts de la terre. (*)


(*) Ces déclarations expresse concernant divers pays montrent que leur place et leur statut ne dépendront pas des plans politiques et des traités des hommes d’État, mais uniquement et entièrement des desseins de Dieu. Ce fait devrait empêcher les chrétiens de se laisser entraîner dans d’autres pensées par des spéculations politiques.


12.7.5 - [Ch. 10:12 — Heureuse condition d’Israël restauré]

Dans le dernier verset, nous retrouvons, en peu de mots, l’heureuse condition d’Israël restauré. « Je les fortifierai en l’Éternel, et ils marcheront en son nom, dit l’Éternel » (10:12).

Maintenant ils apprendront que leur force n’est pas dans leurs armées, ni dans leurs alliances, mais dans l’Éternel seul (comp. Éph. 6:10) ; et, en liberté vis-à-vis de Lui, ils marcheront en long en large, non pour se plaire à eux-mêmes, ou pour servir leurs propres buts, mais comme serviteurs et représentants de l’Éternel, et ainsi en Son nom. D’après Michée, c’est ce qui les distinguera comme le peuple de l’Éternel. « Car tous les peuples marcheront chacun au nom de son dieu, et nous, nous marcherons au nom de l’Éternel, notre Dieu, à toujours et à perpétuité » (Michée 4:5). En même temps que leur restauration, leur cœur sera donc changé, selon les termes de la nouvelle alliance : « Je mettrai mes lois dans leur entendement, et je les écrirai sur leurs cœurs ; je leur serai pour Dieu, et ils me seront pour peuple » (Héb. 8:10).


13 - Zacharie 11 — Circonstances des derniers jours en conséquence du rejet de Christ, et certains détails de Son rejet

Dans ce chapitre reconnu difficile, il faut faire très attention au langage exact employé par l’Esprit de Dieu. Il faut rappeler que c’est « l’Esprit de Christ » qui était dans les prophètes d’autrefois et qui « rendait par avance témoignage des souffrances de Christ et des gloires qui suivraient » (1 Pierre 1:11). Cela explique le fait que souvent, notamment dans ce chapitre, le prophète lui-même est pris comme une figure, une personnification de Christ, et qu’il est utilisé pour prononcer des paroles qui ne peuvent être vraies que de Christ (voir 11:7-14, en particulier 11:12, 13).

Le sujet présenté ici est le rejet du Messie, avec certains détails qui s’y rattachent, et « les circonstances des derniers jours en conséquence de ce rejet ». C’est l’histoire d’Israël en rapport avec Christ ».

(note ED) Le lecteur pourra consulter avec profit un article de grande valeur sur ce chapitre dans Collected Writings (J. N. D.), vol. 30 p. 245.


13.1 - [Ch. 11:1-3 — Une grande calamité publique, résultant peut-être d’une invasion des nations]

Les trois premiers versets décrivent l’état du pays après une grande calamité publique, résultant peut-être d’une invasion par les Gentils. « Liban, ouvre tes portes, pour que le feu dévore tes cèdres ! Hurle, cyprès ! car le cèdre est tombé, car les nobles (ou puissants) sont dévastés. Hurlez, chênes de Basan, car la forêt inaccessible est abattue. Il y a une voix du hurlement des bergers, car leur magnificence est dévastée ; une voix du rugissement des jeunes lions, car l’orgueil du Jourdain est dévasté » (11:1-3).

Tout ce langage est hautement figuratif, bien que le sens soit facile à comprendre. Dans le ch 10 qui précède, le Liban désigne la partie du pays située à l’ouest du Jourdain qu’Israël, une fois restauré, habitera à nouveau. Mais ici, il paraît que ce n’est pas tant la dévastation effective du pays ou de la forêt qui est visée, mais plutôt la destruction des cèdres employée comme emblème du massacre des grands d’Israël (voir Ézéchiel 17).

C’est ce qui ressort du v. 2, où les « nobles » ou « puissants » sont placés entre le cyprès, le cèdre et les chênes de Basan (1*). Tous ces termes donc, les cèdres, les cyprès, les chênes et la forêt inaccessible, représentent la force et la gloire d’Israël, les sources de sa confiance naturelle ; et le prophète expose le fait que tout cela sera balayé, détruit et consumé devant l’agresseur Gentil, qui est envoyé par l’Éternel, comme Nebucadnetsar autrefois, pour châtier Son peuple pécheur et rebelle.

Dans le v. 3, on entend les bergers, les chefs, hurler, déplorant les calamités qui se sont abattues sur eux (voir Jérémie 25:34-36), ainsi que les jeunes lions, parce que l’orgueil du Jourdain est dévasté. Les jeunes lions peuvent être un emblème des princes (voir Ézéchiel 19) qui, eux aussi, expriment leur douleur à cause de la destruction de leur orgueil et de leur refuge. (2*)


(1*) Basan était à l’est du Jourdain, et tombait dans les possessions des deux tribus et demie, ce qui rend encore plus évident que c’est ici une invasion du royaume du nord, d’Éphraïm, qui est ici indiquée.

(2*) Le sens exact de l’expression « l’orgueil du Jourdain » n’est pas clair. Les rugissements des jeunes lions, les lamentations des princes ou des chefs (bergers) d’Israël, seraient dues à la destruction de ce qui, quoi que soit ce dont il s’agit, avait été jusqu’alors leur refuge, leur protection et leur abri. Le Jourdain était aussi, on s’en souvient, surtout à certaines époques, une barrière naturelle contre les incursions des ennemis d’Israël.


13.2 - [Ch. 11:4-5 — Le troupeau (peuple) sous la domination des nations avec des bergers qui les leur vendent sans pitié. L’Éternel les confie à Christ]

Nous passons maintenant à un message direct de l’Éternel : « Ainsi dit l’Éternel mon Dieu : Pais le troupeau de la tuerie, que leurs possesseurs tuent sans passer pour coupables, et dont les vendeurs disent : Béni soit l’Éternel ; car je me suis enrichi ! et leurs bergers ne les épargnent pas » (10:4-5).

Le lecteur remarquera la forme inhabituelle des mots : « Ainsi dit l’Éternel MON Dieu », car c’est indubitablement Christ Lui-même, personnifié par le prophète, qui est introduit ici, et c’est à Lui que l’oracle est donnée : « Pais le troupeau de tuerie » — le troupeau voué à la tuerie par ses oppresseurs.

Nous citons les paroles suivantes d’un autre auteur (JND, CW 30 p. 245) pour expliquer le caractère et la portée de ces versets : « Selon ce que je comprends, bien que j’en aie douté, les possesseurs du troupeau de tuerie doivent être les Gentils, et ce sont des gens de leur propre peuple qui les vendent aux Gentils — par exemple Hérode, et les principaux sacrificateurs et les princes qui l’ont précédé, ou d’autres personnages de ce genre ; des gens qui reconnaissent l’Éternel, mais qui vendent Son peuple. L’Éternel ne juge pas nécessaire de dire qui ils sont, puisqu’Il ne les reconnaît pas du tout. Ceux du troupeau de la tuerie sont possédés par ceux qui les tuent, et vendus par des personnes qui reconnaissent plus ou moins ouvertement ce qui est à l’Éternel, mais qui aiment la convoitise, n’importe quoi sauf ce qui est l’objet des soins de l’Éternel quant à leur sort présent. Ce troupeau de la tuerie — leurs propres bergers (dont l’identité ne fait aucun doute), leurs propres chefs et gouvernants, ne les épargnent pas. Au v. 4, ils sont remis, dans ces circonstances, entre les mains du Seigneur Christ pour qu’Il les nourrisse et les prenne en charge »

Il y a donc trois classes dans cette scène :


Il est à noter, en outre, comme preuve de l’effroyable méchanceté des chefs de la nation juive et de ceux qui haïssent le peuple de Dieu, qu’ils utilisent les formes de la piété pour voiler leur mauvaise convoitise, qui consiste à gagner de l’argent en livrant le « troupeau de tuerie » aux Gentils. En recevant le salaire de leur iniquité, comme les frères de Joseph lorsqu’ils le vendirent aux Ismaélites, ils disent : « Béni soit l’Éternel, car je me suis enrichi ». Leurs cœurs étaient endurcis ; et c’est ainsi que, tandis que les vrais Israélites étaient tués tout au long du jour et considérés comme des brebis destinées à la tuerie (Ps. 44:22), leurs propres bergers, ceux qui occupaient cette position, ne les épargnaient pas, n’ayant aucune pitié. Mais l’Éternel a vu et a eu pitié, et dans Sa compassion, Il a chargé le Messie de nourrir, de paître, de prendre soin du troupeau de tuerie. Voilà qui est plein de consolation pour les saints de Dieu persécutés de tous les temps, comme le souligne l’apôtre en parlant de l’amour inaltérable de Christ. « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Tribulation, ou détresse, ou persécution, ou famine, ou nudité, ou péril, ou épée ? Comme il est écrit : ‘Pour l’amour de toi, nous sommes mis à mort tout le jour, nous avons été estimés comme des brebis de tuerie ». Il nous dit ensuite que « dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés », car, poursuit-il, il n’y a aucune puissance sur la terre ou sous la terre, présente ou future, qui puisse nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rom. 8:35-39).


13.3 - [Ch. 11:6 — La nation impie livrée au jugement]

L’Éternel déclare ensuite qu’Il livrera la nation impie au jugement. « Car je n’épargnerai plus les habitants du pays, dit l’Éternel ; mais voici, je ferai tomber les hommes dans les mains l’un de l’autre et dans la main de son roi ; ils écraseront le pays, et je ne délivrerai pas de leur main » (11:6).

« Les habitants du pays » sont la masse du peuple juif qui, à la différence du Résidu croyant, s’identifie avec les dominateurs Gentils ; et « son roi », dans la mesure où ces événements sont en rapport avec la vie de Christ en Israël, sera probablement César, celui que les principaux sacrificateurs, les chefs religieux de la nation, ont accepté et même proclamé comme leur roi, lorsque, dans la folie de leur inimitié contre Christ, ils se sont écriés : « Nous n’avons pas d’autre roi que César » (Jean 19:15). C’est entre ses mains que l’Éternel a mis les habitants du pays, et les Romains ont frappé le pays, sans que l’Éternel délivre alors Son peuple. L’Éternel avait été au milieu d’eux et avait cherché à les rassembler, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, mais ils n’avaient pas voulu ; et, en conséquence de leur refus d’écouter Ses supplications, des jugements puissants, désolateurs et dévastateurs se sont abattus sur Jérusalem et sur le pays, et leur maison leur a été laissée déserte (Matt. 23:37-38).


13.4 - [Ch. 11:7-9 — Zacharie personnifiant la vie de Christ au milieu des Juifs]

Les résultats de ce jugement exercé sur eux à cause de leur rejet de Christ sont maintenant donnés avec quelques détails. « Je me mis à paître le troupeau de la tuerie, même vous, pauvres du troupeau. Je pris deux bâtons : je nommai l’un Beauté, l’autre Liens, et je me mis à paître le troupeau. Et je détruisis trois bergers en un mois ; mon âme fut ennuyée d’eux, et leur âme se dégoûta de moi. Alors je dis : Je ne vous paîtrai pas ; que ce qui meurt meure ; que ce qui périt périsse ; et que ce qui reste se dévore l’un l’autre » (11:7-9).

On peut encore attirer l’attention sur la particularité du langage. C’est Zacharie qui parle, mais non seulement Zacharie au nom du Messie, mais Zacharie comme Le personnifiant, de sorte que ses paroles sont celles du Messie. Il n’est pas mentionné si Zacharie a effectivement accompli les actions symboliques, comme de prendre puis briser les deux bâtons, et il n’est pas nécessaire de le savoir, car l’essentiel est de percevoir le lien de tout cela avec la vie de Christ au milieu des Juifs. On notera en outre que c’est l’Éternel qui est le Messie, selon la parole de l’ange à Joseph : « Tu appelleras Son nom Jésus » (c’est-à-dire l’Éternel Sauveur), « car c’est Lui qui sauvera Son peuple de leur péchés » (Matt. 1:21).


13.4.1 - [Ch. 11:7a — Le Bon Berger des pauvres du troupeau]

Revenant à notre texte, l’Éternel distingue à nouveau Son petit troupeau. Livrant au jugement la nation — ce qui était publiquement reconnu comme étant la nation (11:6), — Il dit à ceux qui s’étaient séparés de la nation impie et s’étaient attachés à Lui : « Je ferai paître le troupeau de la tuerie, même vous, pauvres du troupeau » (11:7a). Ils étaient pauvres en effet selon l’estimation de leurs concitoyens, et aussi méprisés, désignés comme objets de leur dédain et de leur inimitié, comptés vraiment comme des brebis de tuerie, — et pourtant, justement à cause de tout cela, combien ils étaient précieux pour Christ ! Il appelait Ses brebis par leur nom, les conduisait, leur trouvait des pâturages, et en tant que Bon Berger, Il donna Sa vie pour elles et consola leur cœur en leur disant qu’elles ne périraient jamais, que personne ne les arracherait jamais de Sa main (Jean 10). Quel contraste entre « les habitants du pays » (11:6) et « les pauvres du troupeau » (11:7a) ! Et quelle bénédiction d’appartenir à ceux qui sont sous les soins de berger de Christ !


13.4.2 - [Ch. 11:7b — Place prise moralement en Israël par le Messie]

Le Messie prit alors deux bâtons, dont nous verrons plus loin l’explication. Il suffit ici de dire qu’ils sont en rapport avec Son état de Messie vis-à-vis d’Israël, et avec l’autorité qu’Il exercera sur les nations par le moyen d’Israël, en vertu de laquelle Il unira les nations, et réunira Juda et Israël en un seul peuple, sous Son pouvoir. Puis, ayant pris Sa vraie place en Israël — place qui, il est vrai, n’était que moralement discernable, mais qu’Il prit quand même réellement — Il paît et nourrit le troupeau, car tous ceux qui entraient par Lui, entraient et sortaient et trouvaient de la pâture ; de sorte que tous ceux de ce troupeau de tuerie pouvaient dire : « L’Éternel est mon Berger, je ne manquerai de rien ».


13.4.3 - [Ch. 11:8a — Trois mauvais bergers retranchés]

Mais s’Il prit ainsi soin des Siens, Il agit en jugement envers ceux qui Le haïssaient et Le rejetaient. « Je détruisis trois des bergers en un mois » dit-Il. Les bergers, comme nous l’avons vu plus haut, sont les chefs ou conducteurs auto-proclamés du peuple juif, ou ceux qui occupaient cette position publiquement ; mais l’identité de ces bergers qui furent retranchés n’est pas révélée (*). Il est tout à fait probable — en fait, ce serait conforme à la manière dont Dieu gouvernait à cette époque — que ces bergers aient disparu de la scène d’une manière apparemment naturelle ; mais il est révélé ici qu’ils furent retranchés par la main de l’Éternel.


(*) Là où Dieu n’a pas tiré le voile de ce qu’Il cache, il est impossible à l’homme de pénétrer dans Ses secrets.


13.4.4 - [Ch. 11:8b — Christ fatigué de la nation incrédule, et haine de celle-ci]

Qui peut s’étonner que le Messie se soit lassé de la nation incrédule ? Il est venu chez les Siens, et les Siens ne L’ont pas reçu (Jean 1). Ils L’ont haï sans cause (Jean 15:25). Son âme était accablée par leur état et leur condition. Ainsi, dans une certaine circonstance, alors qu’ils L’observaient pour voir s’Il guérirait l’homme à la main sèche un jour du sabbat, afin de pouvoir L’accuser, Il « les regarda avec colère, étant attristé de l’endurcissement de leur cœur » (Marc 3:1-5). Ils Lui payaient Sa bonté par du mal, et Son amour par de l’inimitié ; et ensuite Il est allé mourir pour cette nation. Il avait bien de quoi sentir le poids de leur péché, et être fatigué de leur incrédulité.

« Leur âme aussi », dit-il, « se dégoûta de moi ». C’est ce qu’ils ont prouvé à chaque pas de Son voyage, tout au long de Son séjour parmi eux ; et leur haine a culminé avec le choix de Barabbas et leur demande que Jésus soit crucifié.


13.4.5 - [Ch. 11:9 — Gouvernement en jugement quand la grâce est rejetée]

Mais leur aversion pour Christ a fait tomber le jugement sur eux, car Il a déclaré qu’Il ne les paîtrait plus, et Il les a livrés à la mort, à la destruction et à l’inimitié mutuelle (11:9).

Dans les Psaumes, cet aspect de la souffrance de Christ est très clairement distingué. Lorsque le Messie souffre sous la main de Dieu, comme dans le Psaume 22, rien d’autre que la grâce ne se répand autour de Lui ; mais quand on Le voit souffrir de la main des hommes, comme dans le Psaume 69, la conséquence est un jugement sûr et certain. Ainsi, par exemple, dans ce Ps. 69, Il dit : « Ils ont mis du fiel dans ma nourriture, et dans ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre. Que leur table devienne un piège devant eux, et que ce qui tend à la prospérité leur soit un filet. Que leurs yeux soient obscurcis, pour qu’ils ne voient pas, et fais continuellement chanceler leurs reins ! Répands sur eux ton indignation, et que l’ardeur de ta colère les atteignent ! (Ps. 69:21-24).

Cela s’explique facilement. Dans le premier cas, il y a expiation, car il ne faut jamais oublier que l’expiation réside dans ce qu’Il a souffert de par les mains de Dieu, et alors Dieu, sur la base de l’œuvre expiatoire, a la possibilité d’adopter une attitude de grâce envers tous, et de bénir tous ceux qui viennent à Lui au nom de Christ, et Dieu se réjouit d’avoir cette possibilité. Dans le second cas, Dieu agit selon les principes éternels de Son gouvernement, et juge tout homme selon ses œuvres. Par conséquent, si quelqu’un ne s’approche pas de Lui en Christ et par Christ, il doit recevoir la juste récompense de ses actes.

Ainsi ici, nous sommes entièrement dans la sphère du juste gouvernement, et du coup le jugement est prononcé sur ceux qui ont été « dégoûtés » du Messie. Mais cela n’a nullement empêché la grâce de leur être présentée par le moyen des apôtres, même après qu’ils aient saisi leur Messie avec des mains méchantes et qu’ils L’aient crucifié. En fait, cette présentation de la grâce leur a été assurée justement par Celui qu’ils avaient crucifié, par le moyen de Son intercession pour eux alors qu’Il était sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23:34). Cependant lorsqu’ils rejetèrent le témoignage du Saint Esprit par les apôtres et par Étienne, comme ils avaient refusé celui de Christ sur la terre, ils furent exposés à toutes les conséquences de leurs péchés, et en particulier au coup de ce jugement particulier prononcé ici ; et, en fait, ce jugement leur tomba dessus littéralement lors de la destruction de Jérusalem par les Romains.


13.5 - [Ch. 11:10 — Brisement du bâton ‘Beauté’ et rassemblement des nations remis à plus tard]

À la suite de Son rejet, le Messie, ou le prophète au nom du Messie, accomplit deux actions symboliques avec les bâtons qu’il avait pris. « Je pris mon bâton, Beauté, et je le brisai, afin de rompre mon alliance que j’avais faite avec tous les peuples » (11:10).

Il s’agit de « tous les peuples » dans le sens de toutes les nations, car il ne fait aucun doute que ce sont bien les Gentils qui sont en vue ici. Lorsque Jacob prononça sa bénédiction prophétique sur ses fils, il dit : « Le sceptre ne se retirera pas de Juda, ni un législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Shilo vienne, et à lui sera l’obéissance des peuples » (Gen. 49:10). C’est à la lumière de cette prédiction que l’on peut comprendre le sens des paroles de Zacharie. La promesse avait alors été faite que, lorsque le Messie viendrait, les nations seraient rassemblées autour de Lui, soumises à Lui, reconnaissant Son autorité et Sa puissance, ainsi qu’Ésaïe l’écrit aussi : « Les nations marcheront à ta lumière, et les rois à la splendeur de ton lever (*) » (És. 60:3). Mais quand le Messie est venu, Il a été rejeté, et c’est pourquoi le rassemblement des peuples vers Lui, bien qu’il aura sûrement lieu, est différé — différé jusqu’à ce qu’Il vienne une seconde fois à Israël en puissance et en gloire. C’est ce qui est indiqué par le brisement du bâton Beauté. Le Messie était là, prêt à accomplir la parole prononcée (l’alliance qu’il avait faite) concernant les nations ; mais comme Il a été refusé par Israël, et que c’est par Israël qu’Il gouvernera les nations sur la terre, Il a nécessairement remis à plus tard le rassemblement des peuples sous Son autorité. C’est en cela, comme l’explique l’apôtre, qu’on voit la profondeur des richesses de la sagesse et de la connaissance de Dieu, car le péché d’Israël refusant le Messie devient l’occasion de déployer Ses conseils concernant l’Église. C’est pourquoi nous pouvons nous écrier avec l’apôtre : « Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables » (Romains 11:33).


(*) Il s’agit de Jérusalem en fait, mais « ta lumière » est la présence du Messie en gloire, de sorte que l’application est faite à Lui.


13.6 - [Ch. 11:11 — Le Résidu reconnaît l’accomplissement de la Parole]

L’effet de la rupture du bâton sur le Résidu est ensuite décrit : « Elle fut rompue en ce jour-là, et les pauvres du troupeau qui prenaient garde à moi connurent que c’était la parole de l’Éternel » (11:11).

La désignation du résidu est très belle. Ils sont « les pauvres du troupeau », ce qui nous rappelle les paroles mêmes du Seigneur : « Bienheureux vous, pauvres, car le royaume de Dieu est à vous » (Luc 6:20). Ils étaient les pauvres en esprit (Matthieu 5:3), bien qu’ils fussent principalement composés des pauvres de ce monde. Cependant, s’ils étaient pauvres, ils étaient riches (Apoc. 2:9), car ils avaient trouvé leur trésor dans le Messie, car c’est à Lui qu’ils « prenaient garde » ; ils prenaient garde à Lui pour écouter Sa parole, et même pour tous leurs besoins (comp. Ps. 123:2). Ce sont ceux qui s’attachaient à Christ pendant Son séjour terrestre, « les enfants » que l’Éternel Lui avait donnés, selon ce que dit Ésaïe 8:18, lesquels étaient pour signes et pour prodiges en Israël de la part de l’Éternel des armées. Le rejet de leur Messie aurait pu, selon des pensées humaines, s’avérer être une pierre d’achoppement pour Ses disciples ; mais, comme nous le voyons dans ce passage, ils y reconnurent, en même temps que ses conséquences, un accomplissement de la parole de l’Éternel par sa correspondance, pensons-nous, avec ce qui avait été prédit par les prophètes.


13.7 - [Ch. 11:12-13 — Le prix auquel le Seigneur a été évalué]

Les versets suivants nous présentent à nouveau la nation. « Je leur dis : Si cela est bon à vos yeux, donnez-moi mon prix ; sinon, abstenez-vous. Et ils pesèrent pour mon prix trente pièces d’argent. Et l’Éternel me dit : Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel j’ai été estimé par eux. Et je pris les trente pièces d’argent, et je les jetai au potier dans la maison de l’Éternel » (11:12-13).


13.7.1 - [Ch. 11:12 — L’évaluation à 30 pièces d’argent]

L’accomplissement de cette prophétie est connu de tous, mais nous en donnons le récit afin que le lecteur ait le sujet pleinement devant lui. Dans Matthieu (26:14-15), nous lisons : « L’un des douze, appelé Judas Iscariote, alla vers les principaux sacrificateurs, et leur dit : Que voulez-vous me donner, et moi, je vous le livrerai ? Et ils comptèrent avec lui trente pièces d’argent ». Dans Zacharie, c’est « je leur dis », alors que dans Matthieu, c’est Judas qui parle aux principaux sacrificateurs (les représentants de la nation). Ceci met en évidence un principe très intéressant dans les voies de Dieu. C’est le péché de Judas qui a trahi le Seigneur, mais l’Éternel a utilisé le péché de Judas pour tester les principaux sacrificateurs quant à leur estimation de Christ, et ainsi passant par-dessus les instruments intermédiaires, Il dit : « Je leur ai dit : Si cela est bon à vos yeux, donnez-moi mon prix ».

Ce fut bon à leurs yeux, et quel fut le prix, la valeur à laquelle ils estimèrent Jésus, le Fils de Dieu, leur Messie ? Si nous nous tournons vers le livre de l’Exode, nous lisons : « Si le bœuf a frappé de ses cornes un serviteur ou une servante, le propriétaire donnera à son maître trente sicles d’argent, et le bœuf sera lapidé » (Ex. 21:32). C’était donc la valeur d’un esclave, et c’est le prix méprisant que les chefs juifs ont offert pour la vie de Celui qui était l’Éternel et Emmanuel.

Qui aurait osé penser qu’un homme, et un homme dans une telle position, avec une telle lumière que celle de la Parole de Dieu dans ses mains, aurait pu tomber si bas ? Et qui peut imaginer la grâce indicible qui a conduit le Fils unique du Père, la Parole faite chair, l’Éternel Sauveur, à se soumettre à une telle déchéance ? Ah ! C’est là que se trouve la révélation du cœur de l’homme et du cœur de Dieu, et, avec elle, le besoin et le secret de la rédemption — besoin manifesté par le cœur de l’homme, et secret révélé par le cœur de Dieu dans Sa grâce ineffable.


13.7.2 - [Ch. 11:13a — Le prix magnifique : un opprobre blessant le cœur du Seigneur]

Le lecteur remarquera au v. 13 les mots frappants intercalés entre le commandement de « jeter au potier » et l’exécution de la chose commandée. Le Seigneur (s’exprimant en Zacharie) intercale, pour ainsi dire, les mots « ce prix magnifique auquel j’ai été estimé par eux », mots qui révèlent à quel point Il ressentait Son rejet plein de mépris par « les Siens » : « L’opprobre », dit-Il dans le Ps. 69, « m’a brisé le cœur », et c’est ainsi qu’ici la connaissance du prix magnifique auquel Il a été « estimé » a blessé Son âme. C’était en effet un prix magnifique pour estimer Celui qui les avait délivrés d’Égypte et qui était maintenant venu au milieu d’eux comme l’Éternel Sauveur ! Tel est l’homme, et c’est par la présentation de Christ que l’état de l’homme a été révélé.


13.7.3 - [Ch. 11:13b — L’accomplissement de la prophétie sur l’argent jeté au potier]

L’accomplissement de la seconde partie de la prophétie se trouve également dans Matthieu : « Alors Judas qui l’avait livré, voyant qu’Il était condamné, ayant du remords, reporta les trente pièces d’argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens, en disant : J’ai péché en livrant le sang innocent. Ils lui dirent : Que nous importe ! tu y aviseras. Et ayant jeté l’argent dans le temple, il se retira, s’en étant allé, il se pendit. Mais les principaux sacrificateurs prirent les pièces d’argent, et dirent : Il n’est pas permis de les mettre dans le trésor sacré, parce que c’est le prix du sang. Et ayant tenu conseil, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour y ensevelir les étrangers. C’est pourquoi ce champ a été appelé jusqu’à ce jour : Champ du sang. Alors fut accompli ce qui avait été dit par Jérémie (*) le prophète : Ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix de celui qui a été évalué, que les fils d’Israël ont évalué, et ils les ont donné pour le champ du potier, comme l’Éternel me l’avait ordonné » (Matt. 27:3-10).

On remarquera encore que l’Éternel passe par-dessus tous les moyens par lesquels cette prédiction a été accomplie. Il dit dans Zacharie : « Je » (soit l’Éternel Lui-même, soit le prophète symboliquement) « pris les trente pièces d’argent, et je les jetai au potier dans la maison de l’Éternel ». Dans l’évangile, nous trouvons que c’est Judas qui a jeté les pièces d’argent dans le temple (dans la maison de l’Éternel), et que ce sont les principaux sacrificateurs qui, avec, ont acheté le champ du potier, mais comme tous deux n’ont été que les instruments (même en agissant selon les suggestions de leurs propres cœurs mauvais) dans les mains de l’Éternel, les deux actions sont ici regroupées avec le prophète.


(*) La substitution du nom de Jérémie à celui de Zacharie n’a jamais été expliquée de manière satisfaisante. S’il ne s’agit pas d’une simple erreur de copistes, il se peut que le nom de Jérémie, comme certains le suggèrent, ait figuré en tête du rouleau qui contenait la section des prophètes dans laquelle se trouvait Zacharie. Dans ce cas, il aurait été naturel de citer le nom de Jérémie. L’explication n’a cependant aucune importance dans un sens ou dans l’autre.


Il n’y a pas lieu d’allonger sur la méchanceté des principaux sacrificateurs, montrée par leur affectation à suivre les formes de la piété en distinguant entre ce qui était licite et illicite quant au trésor, alors même qu’ils soudoyaient un disciple pour qu’il trahisse son Seigneur ; mais il faut souligner que c’était le sommet achevé de leur inimitié contre Christ, et l’expression de leur détermination à obtenir Sa mort à tout prix. C’est pour cette raison qu’en Zacharie l’acceptation du prix est comme leur rejet définitif du Messie, et comme constituant la rupture, pour ce temps-là, de Ses relations avec la nation juive.


13.8 - [Ch. 11:14 — Brisement du bâton Liens : le rejet de Christ empêche le rassemblement des peuples]

Cela est signifié par le fait qu’Il brise maintenant le bâton qui lui reste. « Alors je brisai mon second bâton Liens, pour rompre la fraternité entre Juda et Israël » (11:14).

Depuis la séparation des dix tribus (sous Jéroboam, lors de la succession de Roboam) d’avec la maison de David, il y avait eu plus ou moins d’inimitié, avec quelques alliances occasionnelles, entre les deux royaumes ; et les prophètes avaient continuellement parlé de la réunion des deux peuples sous le Messie. Ésaïe avait ainsi déclaré : « La jalousie d’Éphraïm s’en ira, et les adversaires de Juda seront retranchés ; Éphraïm ne sera plus rempli d’envie contre Juda, et Juda ne sera plus l’adversaire d’Éphraïm » (Ésaïe 11:13).

En Ézéchiel aussi, nous trouvons une action qui explique entièrement celle de Zacharie. « Et toi, fils d’homme, prends un bois et écris dessus : Pour Juda et pour les fils d’Israël ses compagnons ; et prends un autre bois et écris dessus : Pour Joseph, le bois d’Éphraïm et de toute la maison d’Israël ses compagnons. Rapproche-les l’un de l’autre pour qu’ils soient un seul bois, et ils ne seront plus qu’un dans ta main ». Et cette action symbolique est expliquée comme suit : « Je les ferai être une seule nation dans le pays, sur les montagnes d’Israël, et un seul roi sera leur roi à tous ; ils ne seront plus deux nations, et ils ne seront plus divisés en deux royaumes » (Ézéchiel 37:15-22).

Lorsque le Messie reviendra et établira Son royaume, cette promesse s’accomplira, et elle se serait accomplie lors de Sa première venue s’Il avait été reçu par Son peuple. Ayant été rejeté, comme nous l’avons vu, la réunion de Juda et d’Éphraïm fut nécessairement ajournée, de même que le rassemblement des nations ; et cela est représenté dans notre passage par la cassure du bâton Liens. C’est ainsi que la fraternité entre les deux nations est irrévocablement rompue et ne pourra jamais être rétablie, même si les deux se retrouvaient toutes deux dans le pays, — jusqu’à ce qu’elles soient réunies sous l’autorité du vrai Fils de David.

C’est donc par le péché de l’homme — de Juda en particulier, bien que la grâce ait surpassé le péché en mettant en lumière les conseils éternels de Dieu — que la bénédiction des nations, qui dépend de celle d’Israël sous son Messie, a été retardée ; et cette bénédiction le sera encore, jusqu’à ce que le dernier des cohéritiers de Christ ait été amené à la gloire de Christ : C’est Lui qui a su faire en sorte que la colère de l’homme Le loue (Ps. 76:10), et qui a aussi su lier les actions de Satan aux roues des chars de Ses desseins, pour l’exaltation et la gloire de Son Fils bien-aimé.


13.9 - [Ch. 11:15-16 — Annonce de l’antichrist et ses caractères]

Lorsque notre précieux Seigneur était ici-bas, Il a dit aux Juifs : « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez » (Jean 5:43). C’est cette vérité qu’illustre l’action symbolique suivante : « L’Éternel me dit : Prends encore les instruments d’un berger insensé. Car voici, je suscite dans le pays un berger qui ne visitera pas ce qui va périr, qui ne cherchera pas ce qui est dispersé, qui ne pansera pas ce qui est blessé, et qui ne nourrira pas ce qui est en bon état ; mais il mangera la chair de ce qui est gras, et rompra la corne de leurs pieds » (11:15, 16).

Ce passage place devant nous l’antichrist comme le berger insensé, le pasteur de néant, que les Juifs recevront bientôt. De même qu’ils ont préféré Barabbas à Christ, de même, ayant refusé l’Éternel comme leur Berger, ils ouvriront leurs bras pour accueillir ce berger de « néant ». Zacharie reçut l’ordre d’illustrer cela en prenant les instruments d’un berger insensé.

Le verset suivant donne le caractère de ce berger selon leur propre cœur, et non selon celui de Dieu — un caractère qui ne peut que rappeler la description faite par Ézéchiel des « bergers d’Israël » : « Malheur aux bergers d’Israël qui se paissent eux-mêmes ! Les bergers ne devraient-ils pas paître les troupeaux ? Vous mangez la graisse, vous vous vêtez de laine, vous égorgez ce qui est engraissé ; mais vous ne paissez pas le troupeau. Vous n’avez pas fortifié les brebis faibles, vous n’avez pas guéri celle qui était malade, vous n’avez pas bandé celle qui était blessée, vous n’avez pas ramené ceux qui étaient égarée, vous n’avez pas cherché ceux qui étaient perdus, mais vous les avez gouvernées avec dureté et rigueur » (Éz. 34:2-4). Toutes ces caractéristiques seront vues dans leur plein développement dans ce dernier faux berger du peuple de Dieu, qui s’élèvera non seulement au-dessus d’eux, mais aussi contre Dieu et contre Son Christ » (voir 2 Thes. 2 et Apoc. 13).


13.10 - [Ch. 11:17 — Le jugement final tombant sur l’antichrist]

Après avoir présenté le berger insensé en relation avec le rejet de Christ, le prophète prononce son jugement : « Malheur au berger insensé (ou idolâtre) qui abandonne le troupeau ! L’épée sera sur son bras et sur son œil droit. Son bras sera entièrement desséché, et son œil droit sera entièrement obscurci » (11:17).

Jérémie, de la même manière, prononce un « malheur », en jugement, de la bouche de Dieu sur « les pasteurs qui détruisent et dispersent les brebis du pâturage de l’Éternel » (Jér. 23:1 ; comp. Éz. 34). L’iniquité de ce berger de « néant » (car telle est la force du mot « idolâtre ») réside dans le fait qu’il a laissé, abandonné le troupeau — un mot qui résume les différentes descriptions du verset précédent. Il a abandonné tout ce qui avait besoin de soins du berger et a utilisé le reste à ses propres fins. Comme le voleur de la parabole, il n’est venu que pour voler, tuer et détruire, et comme le mercenaire « à qui les brebis n’appartiennent pas », lorsqu’il voit venir le loup, il « laisse les brebis et s’enfuit ; et le loup les ravit, et disperse les brebis » (Jean 10). C’est pourquoi il encourt le juste jugement de Dieu, exprimé dans ce malheur irrévocable — un malheur qui portera ses fruits amers pendant toute l’éternité.

Ensuite, la forme particulière du jugement est donnée. « L’épée sera sur son bras et sur son œil droit ». L’épée est l’exécuteur du jugement, la puissante parole de Dieu qui, lorsqu’elle est prononcée, accomplit toute Sa volonté. L’effet est que son bras sera entièrement desséché, sa force entièrement paralysée, et son œil droit entièrement obscurci ; sa perception, son intelligence sont aveuglées. C’est ainsi que Dieu traitera celui qui a assumé la fonction de berger de son peuple, l’ennemi de Son Christ, le réduisant à l’impuissance totale sous le coup desséchant de Son jugement.

Et dans la mesure où ce berger est antichrist (*), le jugement annoncé ici n’est que préparatoire à celui qui sera infligé par le Messie Lui-même lors de Son apparition, car Il « frappera la terre avec la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir les méchants » (Ésaïe 11:4). Et dans le livre de l’Apocalypse, où il nous est permis de voir encore plus loin, nous apprenons que son sort final, avec la bête, est d’être « jeté vivant dans l’étang de feu embrasé par le soufre » (Apocalypse 19:20). Telle sera la fin terrible de ce faux berger, de cet antichrist, vers le développement duquel l’homme se précipite déjà à si grands pas.


(*) Il est tout à fait possible que ce berger de néant, ou idolâtre, soit décrit de manière à préfigurer tous les faux bergers qui pouvaient ou pourront se trouver parmi les Juifs, tous préfigurant à leur tour le dernier, en qui toutes leurs pires caractéristiques seront concentrées et intensifiées.


14 - Zacharie 12 — Événements des derniers jours en rapport avec Jérusalem et la reconnaissance du Messie

14.1 - [Survol jusqu’à la fin du ch. 14]

Après l’introduction de l’Antichrist, à la fin du chapitre précédent, le prophète s’occupe des événements des derniers jours, ou de ceux qui tournent autour de Jérusalem, de son siège et de sa délivrance. Regardant l’avenir dans la puissance de l’Esprit, le prophète décrit les événements les uns après les autres, jusqu’à l’établissement du royaume, à la fin du livre, avec Jérusalem comme métropole religieuse de toute la terre, et toutes les nations reconnaissant l’autorité du Roi en Sion.


14.2 - [Ch. 12:1-2 — Un oracle pour Israël, mais relatif à Juda et Jérusalem]

Ce chapitre commence par un « oracle » solennel pour Israël. « L’oracle de la parole de l’Éternel sur Israël : Ainsi dit l’Éternel, qui a étendu les cieux et fondé la terre, et qui a formé l’esprit de l’homme au-dedans de lui. Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d’étourdissement pour tous les peuples d’alentour, et elle sera aussi contre Juda lors du siège contre Jérusalem » (12:1-2).


14.2.1 - [Quelques réflexions sur la date possible des événements considérés]

Il est frappant de constater que l’« oracle » est sur (ou pour) Israël, car son contenu semble concerner presque entièrement Juda et Jérusalem.

Certains en déduisent qu’Israël, c’est-à-dire les dix tribus, doit avoir été restauré avant le siège de Jérusalem, et qu’en conséquence, ce siège est mené par l’Assyrien et ses confédérés après la destruction de l’Antichrist, à laquelle il est fait allusion dans le ch. 11 (*). Cette question doit être tranchée par le lecteur lui-même en considérant les paroles du prophète, mais il est nécessaire de lui rappeler que la prophétie emploie souvent un langage qui peut s’appliquer à des événements différents bien que liés ; et le point principal de ce chapitre, à notre avis, est la délivrance de Jérusalem et de Juda plutôt que la spécification exacte de l’ennemi qui est détruit, bien qu’il soit clair qu’il y aura à ce moment-là une confédération des Gentils contre Juda et Jérusalem. Le chef de cette confédération n’est pas précisé.


(*) Nous ajoutons la note suivante, tirée des écrits d’un autre auteur (Lectures on the Second Coming, by J. N. Darby, pp. 156, 157), afin de rendre la remarque ci-dessus plus intelligible et d’aider le lecteur qui souhaiterait approfondir ce sujet intéressant.

« Le retrait de Dieu du gouvernement direct de la terre, avec Israël comme centre, et Son trône au milieu d’eux, Lui siégeant entre les chérubins, – et Son retour au gouvernement de la terre, est d’une immense importance. En Ézéchiel, nous voyons ce jugement (Dieu qui se retire) sur Jérusalem. Dieu vient (Nebucadnetsar étant l’instrument) ; Il exécute le jugement, les quitte et s’en va au ciel. Les Gentils sont laissés pour gouverner (sous réserve de la providence de Dieu et du jugement final). Israël et le trône de Dieu au milieu d’eux sont mis de côté. Quatre grands empires se succèdent : Babylone, la Perse, la Grèce et Rome. L’empire romain, bien que dévastateur partout, n’arrive pas à soumettre toutes les nations à son pouvoir, mais reste la grande puissance du monde jusqu’au jugement, bien que sous une forme spéciale. L’Assyrien revient sur la scène à la fin, c’est-à-dire géographiquement dans ce qui est aujourd’hui la Turquie en Asie, et une partie de la Perse ; mais dans les derniers jours, l’Assyrie apparaîtra sur la scène dans la puissance russe » (c’est-à-dire, selon ce que nous comprenons, soutenue par la Russie, comme alliée ou comme assujettie), « selon le témoignage d’Ézéchiel 37, 38, de sorte que le monde, en ce qui concerne Israël et les desseins ultimes de Dieu quant à la terre, est divisé en Europe occidentale, et le bassin Méditerranéen, l’Empire romain, – et l’Europe de l’Est, ou la Russie » (c’est-à-dire que l’Europe de l’Est tombera dans le territoire de l’Empire russe). « Ces deux entités ne sont jamais confondues dans l’Écriture : – L’Assyrien est la puissance qui a fait la guerre à Israël lorsque Dieu les reconnaissait (avant qu’Il écrive sur eux la sentence de Lo-ammi et qu’Il les laisse être emmenés en captivité), – et l’autre (l’Empire romain) qui a opprimé Israël et les a tenus captifs lorsqu’ils n’étaient pas reconnus ».

Nous (ED) ajoutons que ces deux puissances seront jugées par le Seigneur Lui-même, et en relation avec Jérusalem. Premièrement Il détruira le chef de l’Empire romain et l’Antichrist, selon ce que décrit Apocalypse 19, et ensuite Il détruira l’Assyrien, qui montera contre Israël après leur restauration, et qui connaîtra alors sa chute finale. — La question soulevée ci-dessus est donc simplement de savoir si le siège dont il est question est lié au renversement de la puissance romaine avec l’Antichrist, ou à celui de l’Assyrien. Si nous nous en tenons au langage du chapitre, nous verrons qu’il n’est fait mention ni de l’un ni de l’autre, et qu’il est simplement dit que tous les peuples, c’est-à-dire toutes les nations, seront impliquées dans le siège.


14.2.2 - [Dieu, comme Créateur, donne l’assurance de Sa puissance pour accomplir Sa parole]

Dans cet « oracle » sur Israël, l’Éternel est présenté comme le Créateur — le Créateur des cieux et de la terre, et aussi de « l’esprit de l’homme ». Il en est souvent ainsi dans les prophètes (voir, par exemple, Ésaïe 43:1 ; 44:18) ; car c’est bien là Dieu connu en relation avec la première création, et c’est ainsi qu’Il est devenu le témoignage distinctif des Juifs (voir Jonas 1:9). L’Éternel pose ainsi le fondement de Sa puissance démontrée en création pour la foi de Son peuple quant à l’accomplissement de Sa parole à l’égard de Jérusalem. Quand Zacharie prophétisait, le temple n’était pas encore achevé, et la ville était encore désolée ; mais par la parole de l’Éternel, le peuple est invité à regarder vers le moment où Jérusalem sera de nouveau restaurée dans Sa beauté et Sa force, et deviendra, si elle est l’objet de l’hostilité de toutes les nations d’alentour, un objet de terreur dans le cœur de ses ennemis. C’est une affirmation solennelle de ce que l’Éternel ferait : « Voici, Je ferai » (12:2).


14.3 - [Ch. 12:3 — Redoublement de la promesse de l’intervention divine finale en faveur de Jérusalem]

Le v.3 qui suit ne fait que reprendre l’affirmation divine, avec un changement de figure, et en intensifiant la promesse. « En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples (il s’agit de toutes les nations) ; tous ceux qui s’en chargeront s’y meurtriront certainement ; et toutes les nations de la terre seront rassemblées contre elle » (12:3).

L’emploi et la répétition de l’expression « en ce jour-là » montrent qu’il s’agit du temps de la fin. Elle se trouve huit fois, en comptant avec le chapitre suivant ; il est donc tout à fait clair qu’une seule et même période est visée, et qu’elle comprend tous les événements qui forment le sujet de l’« oracle » de Zacharie ; dans la mesure où la conversion de la maison de David et des habitants de Jérusalem en fait partie, ainsi que la manifestation du Messie, c’est que la période ainsi définie est celle liée à l’apparition du Seigneur. (*)


(*) Il est étonnant que des personnes pieuses, ayant les v. 9 et 10 sous les yeux, puissent appliquer ce chapitre à l’un quelconque des sièges de Jérusalem dans le passé, ou s’efforcer d’en spiritualiser le sens, pour l’adapter au progrès de l’évangile. Voici un commentaire de ce genre : « L’évangile, en réclamant l’obéissance à la foi parmi toutes les nations, a provoqué une rébellion universelle. Hérode et Ponce Pilate devinrent amis en rejetant Christ ; le César romain et le Perse Sapor, les Goths et les Vandales en guerre l’un contre l’autre, ne firent qu’un en persécutant Christ et l’Église ! »


En ce temps-là, les nations se rassembleront contre Jérusalem et contre Juda. Ce qui les attire n’est pas indiqué ici, mais il est évident que leur but est de s’assujettir la ville et le peuple de Juda. C’est en réalité un déchaînement d’hostilité contre Dieu et contre Son Christ, accomplissant à cet égard le Psaume 2 : « Pourquoi s’agitent les nations, et les peuples méditent-ils la vanité ? Les rois de la terre se lèvent et les princes consultent ensemble contre l’Éternel et contre Son Oint, en disant : Brisons leurs liens, et jetons loin de nous leurs cordes ! Celui qui est assis dans les cieux rira, Le Seigneur s’en moquera. Il leur parlera dans Sa colère, Il les épouvantera dans Sa fureur : Et moi, j’ai oint mon roi sur Sion, la montagne de ma sainteté » (Ps. 2:1-6).

C’est ainsi que le jugement divin s’abat sur les nations rassemblées. Au v. 2, Jérusalem devient « une coupe d’étourdissement » pour toutes les nations qui l’encerclent dans le siège, et au v. 3, elle est « une pierre pesante » pour elles, et « tous ceux qui s’en chargeront s’y meurtriront » (comp. Matthieu 21:44). Alors, une fois de plus, l’histoire du monde montrera que si l’homme, dans son impiété audacieuse, s’aventure à « courir le cou tendu sous les bosses épaisses des boucliers » de Dieu (Job 15:26), ce n’est que pour son entière et subite destruction (*).


(*) Le ch. 14 donnant de plus amples détails sur le siège final de Jérusalem, nous différons toute autre remarque sur ce sujet jusqu’à ce que nous ayons atteint ce chapitre.


14.4 - [Ch. 12:4 — Soudaineté de l’intervention de l’Éternel]

Dans les versets suivants, l’Éternel s’interpose pour la défense et le salut de Son peuple. C’est déjà ce qu’Il voulait faire (« Voici, Je ferai de Jérusalem » etc. 12:1-3) ; et maintenant son action à l’égard de l’ennemi est décrite : « En ce jour-là, dit l’Éternel, je frapperai de terreur tous les chevaux, et de délire ceux qui les montent ; et j’ouvrirai mes yeux sur la maison de Juda, et je frapperai de cécité tous les chevaux des peuples » (12:4).

On a dit que l’expression « Le cheval et celui qui le montait » était devenu, par le chant de Moïse à la mer Rouge (Exode 15:1), l’emblème de l’orgueil et de la puissance du monde. Mais ce n’est pas ici comme à la mer Rouge dans laquelle le cheval et celui qui le montait avaient été jetés, car ici ils sont frappés soudain d’un coup divin, et l’effet est « la terreur et le délire ». Les forces des nations sont ainsi paralysées, et jetées dans la confusion totale ; la consternation et le désastre en sont forcément la conséquence. L’objet, sinon le motif, de cette action divine est magnifiquement indiqué au milieu de cette description : « J’ouvrirai mes yeux sur la maison de Juda » (*). Bien que tout soit grâce, nous apprenons cependant que l’Éternel a été ému de compassion pour la maison de Juda. Il ouvre Ses yeux sur leur triste condition, Il la voit, Il en est touché, et, si l’on peut dire, se hâtant de les secourir, Il frappe de cécité tous les chevaux des peuples. Ainsi, d’un seul coup, toute la crème et la force des armées ennemies sont détruites, aussi soudainement qu’aux jours d’autrefois quand un ange fut envoyé pour frapper de la peste l’armée assyrienne.


(*) On a déduit de cette expression que cette intervention de l’Éternel est plutôt en rapport avec la bête et le faux prophète (l’antichrist) qu’avec le siège de l’Assyrien. L’expression « tous les peuples » de la terre pourrait être considérée comme une indication de ce dernier point. Le lecteur réfléchira et se forgera son propre jugement, en se rappelant toutefois ce qui a déjà été observé, à savoir que le texte ne dit rien d’autre que le fait que « tous les peuples » sont réunis dans la scène.


14.5 - [Ch. 12:5 — Dieu donne une conviction intérieure d’encouragement au moment où il n’y a plus de ressources]

Aussitôt les cœurs des chefs de Juda seront encouragés, autant qu’il est possible. « Les gouverneurs de Juda diront en leur cœur : Les habitants de Jérusalem seront ma force, par l’Éternel des armées, leur Dieu » (12:5).

On remarquera qu’il s’agit d’une conviction intérieure qui s’opère dans le cœur des gouverneurs de Juda, conviction opérée sans doute par l’Éternel Lui-même, et qui, sans qu’ils le sachent, est le signe du commencement de Son œuvre de délivrance. À des yeux humains, les habitants de Jérusalem, assiégés dans leur ville par les nations, seraient au bord d’être engloutis et détruits, à la fois sans défense et exposés à la fureur de l’ennemi ; mais c’est vers ces êtres apparemment condamnés que les chefs de Juda regardent, et ils sont amenés à sentir que leur force se trouvera en eux ; mais, si c’est en eux ou par eux, c’est seulement de par l’Éternel, leur Dieu. Le nom même de Dieu est significatif à cet égard ; c’est l’Éternel des armées, en contraste avec les armées humaines rassemblées contre Son peuple ; et c’est ce Nom, identifié avec les habitants de Jérusalem, qui est ici employé pour donner confiance aux gouverneurs de Juda.


14.6 - [Ch. 12:6 — Ayant été préparés à l’avance, les instruments de Dieu sont irrésistibles quand ils agissent]

L’Éternel agit d’abord dans le cœur de ces princes, puis, dans un second temps, Il démontre leur force : « En ce jour-là, je rendrai les gouverneurs de Juda semblables à un foyer de feu au milieu du bois, et à une torche de feu dans une gerbe ; ils dévoreront à droite et à gauche tous les peuples d’alentour, et Jérusalem demeurera encore à sa place, à Jérusalem » (12:6).

Comme toujours, l’Éternel prépare d’abord Ses instruments en secret, puis, quand le moment est venu de les utiliser, Il montre qu’ils sont aptes à accomplir leur tâche. C’est ainsi qu’Il forma David alors qu’il gardait les troupeaux de son père au moyen de ses conflits avec le lion et l’ours, pour vaincre Goliath, l’ennemi d’Israël. Ces princes de Juda ont été formés de la même manière, et maintenant qu’Il les lance contre les nations, rien ne peut leur résister, car ils sont comme un feu qui fait rage, dévorant et consumant tout ce qui se présente devant eux. Le résultat est immédiatement indiqué : « Jérusalem demeurera encore à sa place, à Jérusalem ».

Le fait que le résultat soit ainsi indiqué explique le caractère du verset : l’Esprit de Dieu y a concentré toute la délivrance de Jérusalem, ainsi que la restauration et la bénédiction qui en découlent. Le lecteur pourra ainsi se rendre compte le riche contenu de ces phrases. Ainsi, par exemple, « Je rendrai les gouverneurs de Juda », etc., est vu maintenant comme incluant la venue effective de l’Éternel et le fait qu’Il les prendra comme arme pour détruire les nations. Le verset forme donc une sorte de résumé, un exposé complet du sauvetage de Jérusalem de l’emprise de l’ennemi, des moyens employés à cette fin et de la prospérité qui en résulte. Les versets suivants donnent plus de détails sur le même événement.


14.7 - [Ch. 12:7-9 — Encore sur la manière divine de protéger Juda et Jérusalem]

« L’Éternel sauvera d’abord les tentes de Juda, afin que la gloire de la maison de David et celle des habitants de Jérusalem ne s’élèvent pas contre Juda. En ce jour-là, l’Éternel protégera les habitants de Jérusalem, et celui qui chancelle parmi eux, en ce jour-là, sera comme David, et la maison de David sera comme Dieu, comme l’Ange de l’Éternel devant eux. Et il arrivera en ce jour-là, que je chercherai à détruire toutes les nations qui viendront contre Jérusalem » (12:7-9).


14.7.1 - [Ch. 12:7 — Grâce de Dieu qui prévient les jalousies internes]

Nous transcrivons ce qu’exprime un autre auteur (JND, Etudes sur la Parole) : « Dieu voulait juger la puissance de l’homme, mais Il voulait relever Son peuple en grâce souveraine. Il voulait détruire les nations montées contre Jérusalem. La délivrance du peuple par la puissance de l’Éternel vient en premier. C’est la grâce souveraine envers le premier des pécheurs, le faible mais bien-aimé Juda, qui, à toute sa rébellion contre Dieu, avait ajouté le mépris et le rejet de son Roi et Sauveur. La grâce de Dieu prend le dessus sur toutes les ressources de l’homme. L’audace des ennemis du peuple de Dieu excite Son affection, qui ne diminue jamais ; et ainsi, en obligeant Dieu à agir, cette audace même devient le moyen de prouver la fidélité de Son amour. Juda, coupable mais encore bien-aimé, est délivré — c’est-à-dire le résidu pour lequel l’affliction d’Israël avait été un fardeau — mais la question de sa conduite envers Son Dieu demeurait ». Et cela, comme on le verra, est traité par la suite.

Il est clair, en effet, que seule la grâce souveraine explique l’affirmation selon laquelle l’Éternel délivrera d’abord les tentes de Juda ; et la raison, ou plutôt l’objet, en est très frappant : que la gloire de la maison de David et la gloire des habitants de Jérusalem ne s’élèvent pas contre Juda. La délivrance de Jérusalem, la demeure de l’Éternel au milieu d’elle, et le fait que le Messie soit le vrai Fils de David, ne pouvaient manquer de refléter la gloire à la fois sur la ville et sur la maison du Roi ; et sachant ce qu’est l’homme, cela pouvait conduire à la fois la ville et la famille de David à s’exalter au-dessus de Juda. Mais l’Éternel empêchera cela en manifestant Son amour pour Juda en apparaissant en premier en leur faveur.


14.7.2 - [Ch. 12:8a — L’intervention de Dieu en faveur de Juda a pour objectif la protection de Jérusalem]

S’Il délivre Juda, ce n’est, pour ainsi dire, qu’en route en allant au secours de la ville bien-aimée ; car Il défendra les habitants de Jérusalem. C’est aussi ce que nous lisons en Ésaïe : « L’Éternel des armées descendra pour combattre sur la montagne de Sion et sur sa colline. Comme des oiseaux qui déploient leurs ailes, ainsi l’Éternel des armées couvrira Jérusalem ; la protégeant, Il la délivrera ; et l’épargnant Il la sauvera » (És. 31:4-5).


14.7.3 - [Ch. 12:8b — Dans leur faiblesse Dieu donne à Ses instruments une force surhumaine]

En même temps qu’Il apparaîtra pour défendre et secourir la ville, Il dotera, semble-t-il, ses habitants d’une force surhumaine. Réduits à l’impuissance, ils sont en position et en mesure de recevoir la force ; car il est toujours vrai, dans toutes les dispensations, que lorsque le peuple de Dieu est faible, alors il est fort, parce que Sa force s’accomplit dans la faiblesse. C’est pourquoi celui qui est faible, ou qui chancelle par faiblesse parmi eux, sera comme David — comme David lorsqu’il sortit et vainquit toute la puissance de l’ennemi ; et la maison de David sera comme Dieu, comme l’Ange de l’Éternel qui était maintenant de nouveau à leur tête en tant que capitaine de l’armée de l’Éternel (Josué 5) et qui les conduisait à la bataille. Il n’y a, en vérité, aucune limite à la puissance du peuple de Dieu quand ils sont pris en charge par Lui, et que, dans la dépendance de Lui, ils Le suivent dans le conflit avec leurs ennemis.


14.7.4 - [Ch. 12:9 — Intention de Dieu de détruire ceux qui attaquent Jérusalem]

Le v. 9 suivant ne fait qu’énoncer le fait, développé par la suite au ch. 14, que l’Éternel, en ce jour-là, cherchera à détruire toutes les nations qui viendront contre Jérusalem. Ici, il ne s’agit pas tant de l’exécution de Son jugement que de la déclaration de Son intention de l’exécuter, et de l’annonce que, lorsque toutes les nations viendront contre Jérusalem, elles viendront pour leur destruction entière et totale. Du point de vue prophétique, elles seront sans aucun doute détruites, mais les mots « Je chercherai à détruire » indiquent plutôt le dessein de la pensée divine que son accomplissement effectif.


14.8 - [Ch. 12:10 — La repentance dans les cœurs]

Juda et Jérusalem secourus, nous avons ensuite une action divine dans les cœurs du peuple. « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplications ; ils regarderont à celui qu’ils ont percé, et ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique, et il y aura de l’amertume pour lui, comme on a de l’amertume pour un premier-né » (12:10).


14.8.1 - [Ch. 12:10a — Une fois le secours extérieur opéré, Dieu produit la repentance dans les cœurs en présentant Christ]

C’est à Jérusalem que notre Seigneur a été rejeté et condamné à être crucifié (Il a souffert en dehors de la porte) ; c’est à Jérusalem que l’évangile a été prêché en premier, et que la première œuvre de grâce a commencé ; et maintenant nous constatons que c’est à Jérusalem que l’Éternel commencera pour la première fois l’œuvre de grâce lorsqu’Il reviendra à Sion. Rien ne peut mieux magnifier Sa grâce et Son amour immuable ; et rien ne peut mieux révéler la condition impuissante de l’homme que le fait rapporté ici, à savoir que c’est l’Éternel — l’Éternel qui avait été rejeté dans la personne de Jésus — qui répandra sur Son peuple un esprit de grâce et de supplication.

Tout vient vraiment de Dieu et c’est pourquoi, comme l’écrit l’apôtre, c’est « par la grâce que vous êtes sauvés, par la foi, et cela ne vient pas de nous : c’est le don de Dieu » (Éph. 2:8). C’est le cœur de Dieu qui est ému de compassion pour la condition du peuple qu’Il a choisi et qu’Il aime, et qui, à cause de cela, accorde un esprit de grâce et de supplication pour les préparer à recevoir et à reconnaître son Messie. C’est pourquoi il est dit ensuite : « Ils regarderont vers moi (*), celui qu’ils ont percé » (12:10b).


(*) Il y a eu de nombreuses discussions au sujet de cette leçon « vers moi », car les écrivains juifs ont tenté d’écarter cette identification claire de l’Éternel avec Jésus crucifié. Le résultat n’a servi qu’à justifier, sur des bases irréfutables, ce qui figure dans le texte.


C’est toujours l’ordre divin : d’abord la conviction de péché, puis la présentation de Christ. Il en a été ainsi pour Saul de Tarse, car à peine avait-il été accusé du péché dont il s’était rendu coupable en persécutant les saints, et qu’il lui avait été donné de le ressentir par la question : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » qu’à sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? » il lui fut répondu : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Actes 9). Il en fut de même pour les frères de Joseph, qui préfigurent en cela ce que nous avons ici ; c’est après leurs exercices de cœur et la contrition de leurs consciences que Joseph dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu en Égypte » (Gen. 45:4).


14.8.2 - [Ch. 12:10b — Caractère spécial de la repentance : une lamentation comme pour un fils unique]

Quel moment ce sera pour la maison de David et les habitants de Jérusalem quand, voyant leur Messie venir en gloire pour leur délivrance, la conviction naîtra dans leur cœur que c’est Jésus qu’ils ont cloué au bois amer. En effet, c’est par le péché de la maison de David et des habitants de Jérusalem que le royaume a été renversé par Nebucadnetsar (voir 2 Chr. 36:11-20) ; et Jérusalem avait ajouté à toutes ses transgressions le plus grand péché de tous, le reniement et le rejet de son Seigneur. Et pourtant, Lui vient pour leur délivrance et, quand leurs yeux s’ouvrent, ils voient leur Libérateur et reconnaissent qu’il s’agit de Jésus de Nazareth ! Alors, pour la première fois, ils comprendront, par l’immensité même de la grâce, la turpitude de leur péché et, transpercés par les flèches de la conviction, ils se courberont dans la poussière devant leur Dieu, dans une vraie repentance et une grande douleur pour leur culpabilité.

Comme l’a écrit un autre (JND, Etudes sur la Parole), « être aimé par un Dieu contre lequel on s’est si profondément révolté, cela fait fondre le cœur. La grâce va ensuite plus loin et présente au peuple le Messie qu’ils ont percé. Celui qui a été rejeté, c’est l’Éternel qui les délivre. Ce n’est plus simplement le cri d’une détresse qui n’a plus de refuge hormis l’Éternel. Israël, plus précisément Juda, qui n’est plus en proie à la terrible angoisse que leur détresse a provoquée, est entièrement occupé par son péché ressenti en présence d’un Sauveur crucifié. Il ne s’agit plus d’une douleur commune, celle d’une nation écrasée et foulée aux pieds dans ses sentiments les plus chers. Ce sont maintenant des cœurs fondus par le sentiment de ce qu’ils ont été envers Celui qui s’est livré pour eux ».

Suit une description de ce deuil sans pareil, et c’est d’abord son caractère qui est noté : « Ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique », etc. C’est une comparaison qui illustre l’intensité de leur amertume, comme le dit aussi Amos (8:10) : « Je mettrai un sac sur tous les reins, et je rendrai chauve toutes les têtes ; et je ferai que ce sera comme le deuil d’un fils unique, et la fin comme un jour d’amertume » ; puis, pour accroître l’idée de la douleur, il est dit (Zach. 12:10c) que « il y aura de l’amertume pour lui, comme on a de l’amertume pour un premier-né ». Douleur bénie, pourrions-nous ajouter, car elle participe de la tristesse selon Dieu, qui opère une repentance à salut dont on n’a pas de regret (2 Cor. 7:10), et dont la fin s’avère être lumière, bénédiction et joie. Ces pleurs peuvent durer une nuit, mais la joie viendra sûrement au matin, dont les premières lueurs sont déjà apparues à travers les nuages de leurs ténèbres et de leur affliction.


14.9 - [Ch. 12:11 — Comparaison avec la lamentation pour la mort de Josias]

Le prophète poursuit encore l’illustration de ce deuil de repentance du peuple : « En ce jour-là, il y aura une grande lamentation à Jérusalem, comme la lamentation de Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddon » (12:11)

Il s’agit de la même lamentation que celle décrite au v. 10, c’est-à-dire la lamentation consécutive à la découverte que Celui qu’ils avaient percé n’était autre que l’Éternel, et maintenant, pour en montrer la profondeur et l’intensité de cette lamentation, il est fait référence à l’un des événements les plus calamiteux qui aient jamais frappé la nation, à savoir la mort de Josias, mortellement blessé dans la bataille contre Néco, roi d’Égypte, dans la vallée de Meguiddon. En effet, la mort de ce monarque marqua le crépuscule du royaume de Juda. Quelques lueurs ont pu subsister ensuite par la miséricorde de l’Éternel, mais elles se sont rapidement éteintes (car à la fois les rois et le peuple restèrent sourds aux appels des prophètes) pour laisser place à la nuit la plus complète. La signification de la mort de Josias semble avoir été instinctivement comprise, car nous lisons que « tout Juda et Jérusalem menèrent deuil sur Josias. Jérémie fit des lamentations sur Josias, et tous les chanteurs et les chanteuses ont parlé de Josias dans leurs lamentations jusqu’à ce jour, et on l’a établi comme ordonnance en Israël ; et voici cela est écrit dans les Lamentations » (2 Chr. 35:24-25). Il s’agissait donc d’un vrai deuil national, et c’est à cela que le Saint Esprit renvoie ici pour illustrer le deuil qui suivra la révélation à leurs cœurs de leur Messie crucifié et glorifié.


(*) Hadadrimmon était situé dans le royaume du Nord, au sud du mont Carmel et à quelques kilomètres à l’ouest de Jizréel. On a remarqué que le nom est composé des appellations de deux idoles syriennes, et qu’il est donc « un témoignage de la pénétration de l’idolâtrie syrienne dans le royaume d’Israël après qu’il se soit détaché de l’adoration de Dieu ».


14.10 - [Ch. 12:12-14 — Affliction en profondeur jusqu’au niveau personnel et individuel]

Une autre caractéristique se distingue également : « Le pays se lamentera, chaque famille à part ; la famille de la maison de David à part, et leurs femmes à part ; la famille de la maison de Nathan à part, et leurs femmes à part ; la famille de la maison de Lévi à part, et leurs femmes à part ; la famille des Shimhites à part, et leurs femmes à part ; toutes les familles qui seront de reste, chaque famille à part, et leurs femmes à part » (12:12-14).

S’il s’agit d’une affliction nationale, il s’agit aussi d’une affliction d’ordre familial, et même individuel, — preuve certaine de la profondeur du travail de repentance qui sera accompli dans leurs cœurs par l’Esprit de Dieu. Chaque famille, et chaque membre de la famille, reconnaîtra le péché d’avoir crucifié le Seigneur. « Chaque famille, isolée par ses convictions personnelles, confesse à part la profondeur de son péché, sans qu’aucune crainte de jugement ou de punition ne vienne altérer le caractère et la vérité de sa douleur. Leurs âmes sont restaurées selon l’efficacité de l’œuvre de Christ. C’est cela qui met définitivement le peuple en relation avec Dieu ». Nous voyons donc que, s’il est vrai que Christ est mort pour la nation, et que la nation (c’est-à-dire le résidu qui est mis à cette place devant Dieu) reconnaîtra son péché dans le rejet du Messie, chaque individu doit reconnaître son péché « à part », seul en présence de Dieu, afin d’être mis au bénéfice de la valeur et de l’efficacité du sacrifice de Christ. C’est ce qui était préfiguré dans les instructions relatives au grand jour des expiations : « Toute âme qui ne s’affligera pas en ce jour-là, sera retranchée du milieu de son peuple » (Lev. 23:20).


Quatre familles sont spécifiées parmi « toutes les familles qui seront de reste » :