Courte étude biblique pour jeunes gens : Premier livre des Rois

Chaque Jour les Écritures — Premier livre des Rois

Table des matières :


1 - 1 Rois 1:1-21

2 - 1 Rois 1:22-37

3 - 1 Rois 1:38-53

4 - 1 Rois 2:1-12

5 - 1 Rois 3:1-15

6 - 1 Rois 3:16-28

7 - 1 Rois 4:1-19

8 - 1 Rois 4:20-34

9 - 1 Rois 5:1-18

10 - 1 Rois 6:1-18

11 - 1 Rois 6:19-38

12 - 1 Rois 7:1-12

13 - 1 Rois 7:13-26

14 - 1 Rois 7:38-51

15 - 1 Rois 8:1-11

16 - 1 Rois 8:12-30

17 - 1 Rois 8:31-40

18 - 1 Rois 8:41-53

19 - 1 Rois 8:54-66

20 - 1 Rois 9:1-9

21 - 1 Rois 9:10-28

22 - 1 Rois 10:1-13

23 - 1 Rois 10:14-29

24 - 1 Rois 11:1-13

25 - 1 Rois 11:14-25

26 - 1 Rois 11:26-43

27 - 1 Rois 12:1-15

28 - 1 Rois 12:16-33

29 - 1 Rois 13:1-19

30 - 1 Rois 13:20-34

31 - 1 Rois 14:1-20

32 - 1 Rois 14:21-31; 15:1-8

33 - 1 Rois 15:9-24

34 - 1 Rois 15:25-34; 16:1-1

35 - 1 Rois 16:8-28

36 - 1 Rois 16:29-34; 17:1-6

37 - 1 Rois 17:7-24

38 - 1 Rois 18:1-16

39 - 1 Rois 18:17-29

40 - 1 Rois 18:30-46

41 - 1 Rois 19:1-10

42 - 1 Rois 19:11-21

43 - 1 Rois 20:1-12

44 - 1 Rois 20:13-30

45 - 1 Rois 20:30-43

46 - 1 Rois 21:1-14

47 - 1 Rois 21:15-29

48 - 1 Rois 22:1-18

49 - 1 Rois 22:19-40

50 - 1 Rois 22:41-54


1 - 1 Rois 1:1-21

David est maintenant un vieillard. Fatigué par une vie de souffrances et de combats, il continue à se confier en Dieu selon la prière du Psaume 71: « Ô Dieu ! tu m'as enseigné dès ma jeunesse… Et aussi, jusqu'à la vieillesse et aux cheveux blancs, ô Dieu ! ne m'abandonne pas… » (versets 17, 18 — voir aussi verset 9). L'Éternel va lui répondre et lui accorder son secours dans la dernière épreuve qui l'attend. Après Absalom, voici qu'Adonija, un autre de ses fils, conspire pour s'emparer du trône. La fin tragique de son frère aîné ne lui avait rien appris. D'une manière générale d'ailleurs, l'éducation de ce jeune homme avait laissé à désirer. Son père ne l'ayant jamais repris ni contrarié, Adonija, depuis sa plus petite enfance, avait toujours fait tout ce qu'il avait voulu. Nouvel exemple à méditer pour ceux de nos plus jeunes lecteurs qui trouvent quelquefois leurs parents trop exigeants. Dites-vous bien qu'être « chagriné » de cette manière tant que l'on est un enfant, un jeune homme — ou une jeune fille — évite à l'âge adulte des chagrins autrement douloureux. Dieu n'agit pas différemment avec Ses enfants (Héb. 12:6 ; Lam. 3:27). Combien de fois Sa sagesse et Son amour nous auront empêchés de faire notre propre volonté pour notre bien présent et peut-être éternel !


2 - 1 Rois 1:22-37

À En-Roguel la fête bat son plein. Les invités sont là autour d'Adonija. L'astucieux Joab est présent, ainsi qu'Abiathar qui a oublié la parole de grâce de David (« Demeure avec moi… » — 1 Samuel 22:23). Les autres fils du roi, par opportunisme et faiblesse de caractère, ont rallié la cause de leur frère. À l'exception d'un seul : Salomon, qui n'a pas été invité. Et pour cause ! N'est-il pas le roi choisi par Dieu pour succéder à David ? Que ferait-il à cette fête ? Mais tout ce plan, savamment machiné, va être réduit à néant par quelques âmes fidèles et soumises à la pensée divine. David informé agit aussitôt : Salomon montera maintenant sur son trône. Et toutes les instructions sont données à ce sujet.

De nos jours, dans tous les domaines, l'homme s'élève, cherchant sa propre gloire. Une seule pensée ne le préoccupe pas du tout : connaître la volonté de Dieu. Or cette volonté divine est de donner au monde le Roi qui lui est destiné : Jésus Christ. Ce Roi-là est encore aujourd’hui rejeté et méprisé ; il n'est pas invité aux fêtes joyeuses que le monde organise. Et ceux qui craignent Dieu n'y ont pas non plus leur place.


3 - 1 Rois 1:38-53

Selon les instructions de David, une fête toute différente va être maintenant célébrée. Au milieu de la joie du peuple fidèle, le jeune Salomon monte sur le trône de son père. Grand est le contraste avec Adonija ! Le nouveau roi n'agit pas de lui-même : on le fait monter sur la mule royale, on le mène à Guihon où il est oint par Tsadok dans l'allégresse générale.

Cependant à En-Roguel le festin se termine. Un bruit inaccoutumé, persistant, vient de la ville. Joab, en militaire expérimenté, entend la trompette et s'inquiète. Et, en même temps, survient Jonathan, le porteur de nouvelles. En ce qui le concerne, celles-ci sont bonnes, car David est resté le roi son Seigneur. Mais quel désastre pour Adonija et ses invités ! Tout le complot s'effondre en un instant et les conjurés désemparés se dispersent de tous côtés. Terrifié, Adonija l'usurpateur saisit les cornes de l'autel, implore le pardon du roi. Un sursis lui est accordé, mais l'orgueil et la méchanceté de son coeur n'ont pas été jugés pour autant.

Quelle folie de s'opposer à Dieu et à Son Oint ! C'est pourtant ce que fera bientôt l'Antichrist, mais il sera détruit pour faire place au Seigneur Jésus et à Son règne.


4 - 1 Rois 2:1-12

Ce sont toujours des paroles bien sérieuses que les dernières recommandations d'un père ou d'une mère à leurs enfants au moment de leur mort. Celles de David à Salomon se résument ainsi : Garde la parole de Dieu. C'était aussi le désir du Seigneur Jésus au moment de quitter les siens (Jean 14:23, 24).

Puis il est nécessaire de parler de jugement. Le règne de justice et de paix ne peut s'établir sans cela. Longtemps impunis, les crimes de Joab et les outrages de Shimhi doivent être à présent remis en mémoire. Ce qui efface un péché, c’est la confession et non pas les années. Mais ce qu'a fait Barzillaï pour le roi et les siens n'est pas davantage oublié.

Salomon, type de Christ, roi de justice, va rendre à chacun selon ce qu'a été son oeuvre comme nous le montre la 2e partie de ce chapitre. Le jour où le Seigneur établira son royaume en gloire sera aussi celui des rétributions (Matthieu 25:31). Les uns auront part à la vie éternelle, les autres à des tourments qui ne sont pas moins éternels. Oui, il y a un Juge, un tribunal, un enfer (Apoc. 20:12 à 15). Mais il y a aussi une « résurrection de vie » pour les croyants. C'est celle que David attend désormais. Il s'endort avec ses pères « après avoir — comme le déclare Actes 13:36 — en sa propre génération, servi au conseil de Dieu… ».


5 - 1 Rois 3:1-15

Si cette nuit le Seigneur vous proposait comme à Salomon : « Demande ce que tu veux que je te donne », que Lui répondriez-vous ? Réfléchissez ! Je ne suis pas certain que chacun aurait comme premier désir de recevoir… « un coeur qui écoute ». Fortune, succès, distractions, voyages, tels sont les souhaits de la plupart des jeunes de ce monde. Quels sont les nôtres ?

Un coeur qui écoute (ou, d'après la note, un coeur intelligent qui comprenne), voilà une demande agréable à Dieu et qu'il est toujours possible de Lui faire. « Si quelqu'un de vous manque de sagesse, qu'il demande à Dieu qui donne à tous libéralement… et il lui sera donné » (Jacques 1:5). On ne peut faire cette prière quand on est sage à ses propres yeux (Proverbes 3:7). Mais Salomon n'a pas une haute opinion de lui-même : « Je suis un jeune garçon, dit-il, je ne sais sortir et entrer » (verset 7). Remarquons que c'est le coeur ici — et non la tête — qui doit écouter et comprendre. L’amour pour le Seigneur est la clé de la vraie intelligence. Et enfin considérons notre parfait Modèle, déclarant par la voix du prophète : « Le Seigneur, l'Éternel… réveille mon oreille pour que j'écoute comme ceux qu'on enseigne » (Ésaïe 50:4).


6 - 1 Rois 3:16-28

En Israël le roi était aussi le juge suprême, figure de Christ qui sera à la fois l'un et l'autre. Le jeune roi Salomon a d'autant plus besoin de la sagesse divine pour cette double tâche : gouverner et juger le peuple. Mais la promesse de Dieu s'accomplit sans tarder, et le célèbre jugement qu'il rend dans l'affaire de ces deux femmes, le fait connaître dans tout Israël comme ayant reçu « la sagesse de Dieu… pour faire justice » (verset 28). Ce n'est pas ainsi qu'Absalom avait essayé d'établir sa réputation de juge (2 Samuel 15:4). Comment la justice aurait-elle pu régner si cet homme impie, révolté et meurtrier s'était emparé du trône que Dieu destinait à son jeune frère Salomon ?

Un seul a été plus sage que Salomon. Considérons Jésus, enfant « rempli de sagesse », étonnant les docteurs par son intelligence (Luc 2:40, 47), puis au cours de Son ministère répondant à chacun selon l'état de son coeur, discernant les pièges qui Lui étaient tendus et confondant Ses adversaires. Admirons-le en particulier dans cette scène où il rend son jugement au sujet d’une femme adultère : « Que celui de vous qui est sans péché, jette le premier la pierre contre elle », répond-il aux accusateurs (Jean 8). « Quelle est cette sagesse qui lui est donnée ? » — disait-on de Lui (Marc 6:2).


7 - 1 Rois 4:1-19

Sur les bases solides de la paix et de la justice, le royaume de Salomon s'est établi. Il préfigure, nous l'avons dit, les temps heureux où, non seulement Israël, mais le monde entier sera affranchi de la guerre et de l'injustice. Actuellement, malgré tous leurs efforts, malgré tous les progrès techniques et sociaux, les hommes ne réussissent pas à établir eux-mêmes cette paix et cette justice après lesquelles pourtant chacun soupire. Il faudra préalablement que Satan soit lié et que le « Fils de l'homme » prenne la domination universelle.

Considérez l'ordre parfait qui préside à l'administration du royaume. Douze intendants, un pour chaque mois de l'année, ont la charge d'approvisionner à tour de rôle la maison du roi. Ils nous font penser à cet « esclave fidèle et prudent que son maître a établi sur les domestiques de sa maison pour leur donner leur nourriture au temps convenable » (Matthieu 24:45).

Le Seigneur a qualifié des serviteurs : pasteurs, docteurs… qui ont la charge de veiller à la nourriture spirituelle des Siens. Mais, d'une manière plus générale, tout croyant doit être un fidèle intendant, un bon administrateur des « talents » que son Maître lui a confiés en vue de Sa propre gloire.


8 - 1 Rois 4:20-34

Comparez le versets 20 et le verset 29. Le peuple et le coeur du roi ont une commune dimension : celle du sable sur les plages. Autrement dit, Dieu a donné à Son oint un coeur assez grand pour contenir, pour aimer tout ce grand peuple dont il a maintenant la charge. De même l'amour du Seigneur est à la mesure du nombre de ceux qui Lui appartiennent et n'est pas dépassé par leur multitude. La croix en a été la preuve. Cher lecteur croyant, Il vous aime autant que si vous étiez Son seul racheté. Jamais nous n'aurons fini de connaître et de comprendre « l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (Éphésiens 3:18-19).

Cette belle préfiguration du règne millénaire de Christ évoque le repos que goûtera enfin la création, après avoir si longtemps gémi sous « la servitude de la corruption » (Rom. 8:19 à 22). Salomon a parlé sur les bêtes, les oiseaux, les reptiles, les poissons. Christ le « Fils de l'homme » selon le Psaume 8, « couronné de gloire et d'honneur », dominera sur toutes les oeuvres de Dieu : « les brebis et les boeufs, tous ensemble, et aussi les bêtes des champs, l'oiseau des cieux, et les poissons de la mer… Éternel, notre Seigneur ! que ton nom est magnifique par toute la terre ! » (Psaume 8:5 à 9).


9 - 1 Rois 5:1-18

Si David a été le roi de grâce, Salomon, son successeur, apparaît comme le roi de gloire. Dans les conseils de Dieu la grâce et la gloire se suivent sans se séparer. Et le croyant, qui jouit déjà de la grâce, recevra aussi la gloire à la venue du Seigneur. Hiram, roi de Tyr, avait toujours aimé David. Aussi, à l'avènement de Salomon, il a part à la gloire du grand roi et reçoit en abondance de quoi subvenir à ses besoins et à ceux de son peuple. En retour de ces bienfaits, il contribuera à la construction du temple, qui va être l'entreprise principale du règne de Salomon. Car maintenant qu'il a donné du repos à Israël, l'Éternel peut aussi se reposer et échanger la tente du voyageur contre une demeure fixe. Comme précédemment le tabernacle, (mais avec bien des différences) le temple de Salomon va nous fournir de nombreuses illustrations de ce qui concerne les relations de Dieu avec Son peuple. Voici déjà une première différence : La maison du désert était posée à même le sable, alors que celle-ci doit être inébranlablement bâtie sur de grandes pierres, des pierres de prix. « La fondation qu'il a posée est dans les montagnes de sainteté » (Psaume 87:1).


10 - 1 Rois 6:1-18

Ce ne sont plus des ais (des planches) comme dans le Tabernacle, mais des pierres qui servent à bâtir la nouvelle maison. Belle image des croyants, ces « pierres vivantes » qui sont édifiées « une maison spirituelle… » (1 Pierre 2:5; voir Matthieu 16:18). Or le verset 7 nous apprend que les pierres avaient été entièrement préparées avant d'être transportées. Le monde est « la carrière » d'où sont d'abord tirés les rachetés, et où ils sont encore les objets d'un patient travail de Dieu, avant d'être propres à être introduits dans la Maison de gloire. Telle est notre condition présente.

En plus du lieu saint et du lieu très-saint, le Temple comportait des chambres latérales qui n'existaient pas dans la maison du désert. Elles étaient réservées aux sacrificateurs. Précieuse figure des « plusieurs demeures » préparées par le Seigneur dans la Maison du Père, afin d'y avoir les siens avec Lui. Pierres façonnées ; chambres apprêtées ! Le Seigneur a préparé et prépare encore aujourd'hui les siens pour occuper une place dans la Maison de Son Père. C'est l'enseignement du chapitre 13 de Jean. Mais Il a aussi préparé la place pour les siens comme nous l'apprend le chapitre 14 du même Évangile. Parfait travail de l'amour de notre Seigneur Jésus !


11 - 1 Rois 6:19-38

Le seul psaume qui nous soit rapporté comme étant de Salomon commence ainsi : « Si l'Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent y travaillent en vain… » (Psaume 127:1). Disposition d'esprit heureuse (et indispensable) de la part de celui qui construisait la Maison de l'Éternel. Il est tout aussi nécessaire, quelle que soit l'entreprise à laquelle nous mettons la main, de nous assurer avant de commencer que le Seigneur est avec nous pour agir et pour bénir. Et ceci s'applique particulièrement à ceux qui songent à fonder un foyer.

Nous ne pourrons, faute de place, parler en détail de cette Maison merveilleuse. Elle comportait, comme le Tabernacle mais avec des proportions doublées, un lieu saint et un lieu très-saint, appelé l'oracle, où deux grands chérubins déployaient leurs ailes. Le voile qui les séparait n'est pas mentionné ici ; mais l’accès à l’intérieur de l’oracle est assuré d’une nouvelle manière par des portes ouvragées en bois d'olivier. En plus des pierres, les matériaux employés étaient : le bois de cèdre, symbole de durée et de majesté, et l'or pur de la justice divine, dont tout était entièrement recouvert. Admirable vision, n'est-ce pas, confirmant cette parole du Psaume 29:9: « Dans Son Temple tout dit : Gloire ! »


12 - 1 Rois 7:1-12

Salomon a mis une grande diligence à construire le Temple. Il lui a suffi de sept années, alors qu'il en faudra quarante-six à Hérode pour le rebâtir (Jean 2:20).

À présent le roi s'occupe de sa propre maison sans toutefois déployer le même empressement : treize ans lui sont nécessaires. Apprenons à faire d'abord, à faire bien, à faire activement, ce que le Seigneur nous donne à accomplir pour Lui, avant de nous occuper de nos propres affaires.

Sage architecte, après le Temple Salomon construit encore trois autres maisons : La sienne (verset 1) ; la maison de la forêt du Liban avec son portique (versets 2 à 7) et enfin celle de sa femme, la fille du Pharaon (verset 8). Chacune d'elles nous parle d'une sphère de relations de Dieu avec les hommes. Si le Temple est l'image de la maison du Père, la demeure personnelle de Salomon suggère plutôt la « maison du Fils », autrement dit l'Église ou l'Assemblée (Héb. 3:6). La maison de la forêt du Liban parle des rapports futurs de Christ, roi de gloire, avec Israël. C'est là que se trouve le trône du jugement. Enfin la maison de la fille du Pharaon évoque Ses relations de Roi avec toutes les nations de la terre.


13 - 1 Rois 7:13-26

Pour la confection du Tabernacle et des objets qu'il contenait, l'Éternel avait désigné Betsaleël, un ouvrier habile « rempli de l'Esprit de Dieu, en sagesse et en intelligence, et en connaissance et pour toutes sortes d'ouvrages… » (Exode 31:2, 3). Pour la fabrication des objets d'airain (ou de bronze), Salomon fait appel à Hiram le Tyrien, un artisan, lui aussi « rempli de sagesse et d'intelligence, et de connaissance pour faire tous les ouvrages en airain » (verset 14). Puissions-nous posséder de telles qualités spirituelles. Alors le Seigneur pourra nous employer à toutes sortes d'ouvrages, car ceux-ci ne manquent pas.

Le premier travail d'Hiram, ce sont ces deux colonnes aux chapiteaux splendides. Et nous pensons à la promesse que fait le Seigneur à l'Assemblée de Philadelphie : « Celui qui vaincra, je le ferai une colonne dans le temple de mon Dieu… » — « Tu as peu de force… » avait-Il dit à ces croyants (Apocalypse 3:12 et 8). Or les noms de ces colonnes, Jakin et Boaz, signifient respectivement : « Il établira » et « En Lui est la force ». Précieuse réponse à la condition présente du racheté : Peu de force sur la terre ? Fermeté et force à jamais dans le ciel de gloire, dont le temple est l'image.


14 - 1 Rois 7:38-51

Hiram est une figure du Saint Esprit, « divin Ouvrier », occupé à préparer toutes choses ici-bas — et en particulier le coeur des croyants — en vue de la gloire de Dieu. La mer, immense cuve de près de cinq mètres de diamètre, devait servir aux sacrificateurs pour s'y laver, tandis que les dix cuves, reposant sur dix bases, étaient employées pour y laver les offrandes (2 Chroniques 4:6).

À partir du verset 48 nous avons l'énumération des objets d'or confectionnés par Salomon. Or celui-ci, apportant ensuite les choses saintes de David son père (verset 51), nous fait penser à Jésus, le Fils, disposant de ce qui appartient à Son Père. « Le Père aime le Fils, et a mis toutes choses entre ses mains » (Jean 3:35 ; 17:10). Remarquons en même temps que, contrairement à ce qui s'est passé pour le Tabernacle (Exode 35:21 à 29), il n'est pas question ici de ce qu'a donné le peuple. Et nous en comprenons la raison : Dans le ciel, rien ne peut entrer de ce qui vient de l'homme. Tout y est divin, tout y est l'oeuvre exclusive et parfaite du Père, du Fils, du Saint Esprit. Les trois Personnes, qui se sont occupées ensemble de la première création, s’occupent ensemble de la gloire à venir et de la nouvelle création.


15 - 1 Rois 8:1-11

La Maison étant prête, Dieu va y faire Sa demeure. Salomon assemble les principaux du peuple. Et les sacrificateurs introduisent l'arche dans « l'oracle ». Précieuse arche ! Type de Christ, elle a connu les fatigues et soutenu les combats du peuple. Elle a pénétré pour lui dans le fleuve de la mort. Maintenant elle entre dans Son repos. Mais quelque chose rappellera toujours le chemin du désert. Ce sont ces barres visibles. Bien que désormais inemployées, elles ne devaient pas être retirées de leurs anneaux.

Au milieu des splendeurs du ciel, nous contemplerons Jésus dans Sa beauté. Mais sur Sa Personne même, nous verrons une chose étonnante qui touchera profondément nos coeurs : les marques ineffaçables de Ses souffrances à la croix. Comme ces barres de l'arche, elles demeureront dans la gloire céleste en témoignage éternel de Son amour divin. Combien ils sont beaux, les pieds du Sauveur ; ils se sont fatigués sur les chemins de ce monde pour nous y chercher (Ésaïe 52:7), avant d'être percés sur la croix quand il s’y laissa clouer pour nous sauver ! Déjà sur ces pieds saints a été répandu l'hommage de Marie dans cette bienheureuse maison de Béthanie qui fut alors remplie de l'odeur du parfum. Avant-goût de la Maison du Père que la gloire remplira pour toujours !


16 - 1 Rois 8:12-30

Le roi Salomon prend maintenant la parole. Se substituant au descendant d’Aaron, il remplit ici lui-même l’office de sacrificateur, parce qu’il est un type de Christ, roi et sacrificateur. Il rappelle le passé : l'Égypte, la grâce envers David, l'alliance et les promesses.

Quatre cent quatre-vingts ans plus tôt, sur le rivage de la mer Rouge, les Israélites avaient chanté le cantique de la délivrance : « Il est mon Dieu, et je lui préparerai une habitation… Tu as conduit par ta bonté ce peuple que tu as racheté, tu l'as guidé par ta force jusqu'à la demeure de ta sainteté… Tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Éternel ! le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi » (Exode 15:2, 13, 17). Près de cinq siècles ont été nécessaires pour que ces paroles se réalisent. Le temps qui s’écoule n’ôte rien à la réalité des promesses de Dieu (comp. 2 Pierre 3:4). Ainsi que Salomon se plaît à le répéter : « Sa main a accompli sa Parole » (v. 15) ; « l’Éternel a accompli sa parole qu’il a prononcée » (v. 20). Rappelons encore une fois cette promesse du Seigneur Jésus : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matt. 18:20).


17 - 1 Rois 8:31-40

Au commencement de sa prière, Salomon a exalté la fidélité, la bonté (verset 23), la grandeur de l’Éternel (verset 27). À présent il reconnaît ce dont le peuple est capable et quelles peuvent être les conséquences de ses fautes. Nos pensées vont de Salomon à Christ, grand souverain Sacrificateur. Il connaît bien la faiblesse du coeur des siens et s'adresse à Dieu avant que Satan ne les crible, demandant que leur foi ne défaille pas. Il a fait cela pour Pierre avant son reniement (Luc 22:32)… et combien de fois aussi pour chacun de nous à notre insu, à l'heure de la tentation. En vérité Dieu connaît le coeur de l'homme (verset 39; voir Jérémie 17:9, 10).

Où ce coeur décevant, « trompeur par-dessus tout et incurable », a-t-il donné sa pleine mesure ? Dans quelles circonstances Christ en a-t-il connu l'extrême méchanceté ? N'est-ce pas à la croix où l’inimitié de l’homme s'est tout entière exprimée contre Lui (Psaume 22:16) ? Mais ce crime, le plus grand de tous les péchés d'Israël, sera lui aussi pardonné quand le peuple repentant se tournera avec « grâce et supplications », non plus vers cette maison, mais vers « Celui qu'ils ont percé » (Zacharie 12:10).


18 - 1 Rois 8:41-53

Il ne suffit pas pour intercéder de connaître la faiblesse du coeur humain (verset 46). Il faut aussi, comme ici Salomon, avoir confiance dans les compassions du coeur de Dieu. Si Jésus, notre souverain Sacrificateur et notre Avocat ne connaît que trop le coeur de l'homme, Il connaît aussi celui de Son Père. Mais Son désir est que nous allions à Lui pour en faire l'expérience personnelle (comparer Jean 10:17 et 16:27).

« Écoute et pardonne » ! Notre chapitre nous enseigne qu'en vérité on peut aller à Dieu en toute occasion. Il y avait place aux pieds du Seigneur pour les plus grandes pécheresses (Luc 7:37). Aujourd'hui encore, fidèle à Sa promesse, Il ne met pas dehors celui qui vient à Lui (Jean 6:37).

Le péché est la chaîne par laquelle même un croyant peut être tenu « captif dans le pays de l'ennemi » (verset 46). Dieu est prêt à l'en délivrer. Seulement le chemin du pardon passe nécessairement par la confession. « Je t'ai fait connaître mon péché,… et toi, tu as pardonné l'iniquité de mon péché » (Psaume 32:5). — Dieu écoute ; Il pardonne ; oui, Il peut tout pardonner parce que Jésus a tout expié. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).


19 - 1 Rois 8:54-66

Malgré la richesse et la grandeur de la maison, malgré la foule immense rassemblée, ce n’est pas un sentiment de puissance qui remplit le cœur de Salomon ; il se met à genoux, prenant vis-à-vis de son Dieu une attitude de dépendance. Nous espérons que c'est une position familière à chacun de nos lecteurs. Parlons ainsi librement à notre Dieu, à haute voix de préférence, quand c'est possible, afin d'éviter la distraction. Et si même nous oublions par la suite ce que nous avons demandé, nos paroles resteront « présentes à… notre Dieu jour et nuit » (verset 59).

Enfin il est dit qu'Il fait droit « chaque jour selon que le cas le demande » (v. 59). Nous pouvons compter aujourd'hui sur la réponse d'aujourd'hui, mais pas sur celle de demain. Car Dieu connaît notre tendance à nous reposer sur ce qu’Il donne plutôt que sur Lui. C'est pourquoi Il règle « l'affaire d'un jour dans son jour » (sens littéral de l’expression du v. 59: voir note) et Jésus l'enseigne également : « À chaque jour suffit sa peine » (Matthieu 6:34).

Cette cérémonie de la « dédicace » (ou de l'inauguration) du temple a lieu au moment de la grande fête annuelle des Tabernacles, au septième mois. Elle se termine par des sacrifices et par une joie conforme à Deutéronome 16:15.


20 - 1 Rois 9:1-9

L'oeuvre entreprise par Salomon est achevée. Le verset 1 souligne qu'il a pris plaisir à l’accomplir. N'est-ce pas une leçon qu'il nous donne ? Faisons avec plaisir tout ce que le Seigneur parce que c’est Lui qui nous le demande ! À présent l'Éternel répond à la prière du roi. Cette maison où Sa gloire habite va être Son grand motif pour bénir Israël, pour écouter, pour pardonner. Dans la période chrétienne, c’est au nom de Jésus que lie sa propre gloire et l’exaucement des prières qui lui sont adressées (Jean 14:13, 14). Car c'est en Lui, et non plus dans un temple, que Dieu est venu demeurer au milieu de nous (Jean 1:14; Col. 1:19; 2:9; 1 Timothée 3:16). Aussi les yeux et le coeur du Père sont-ils toujours sur cet Homme parfait (comparer verset 3). Et nous pouvons à tout moment nous adresser à Lui au nom de Jésus pour être exaucés. « Vois, ô Dieu ! et regarde la face de ton Oint » (Psaume 84:9).

L'Éternel place ensuite Salomon et le peuple devant leur responsabilité. Sa présence au milieu d'eux exige de leur part une stricte séparation du mal, sinon ce privilège leur sera ôté, et Israël comme nation sera retranché.


21 - 1 Rois 9:10-28

Donner au roi de Tyr des villes qui faisaient partie du pays d'Israël, était une faute grave de la part de Salomon. De même il peut nous arriver d'abandonner au profit du monde une portion de notre héritage. Prenons par exemple la manière dont nous employons la journée du dimanche. On se privera peut-être d'assister à une réunion pour faire plaisir à un ami ou à un parent. Soyons certains que de telles concessions sont une perte et pour l'un et pour l'autre. Comment pourrions-nous amener qui que ce soit à rechercher les vérités divines et les privilèges chrétiens en montrant que nous en faisons nous-mêmes bon marché ? Voyez Hiram ! Il n'apprécie même pas le geste de Salomon.

La fin du chapitre nous montre le roi, sage administrateur, fortifiant et organisant son royaume. Il est d'une part en relation avec l'Éternel (verset 25) et de l'autre avec les différents peuples et pays qui l'entourent. Et pour la première fois depuis les temps de Josué, tous les Cananéens sont assujettis. Nous nous souvenons qu'ils sont une figure des ennemis de nos âmes. Les ennemis de mon âme sont-ils en liberté, ou bien ai-je trouvé en Christ la force qui peut les assujettir ?


22 - 1 Rois 10:1-13

Le Seigneur rappellera cette scène aux pharisiens pour souligner leur incrédulité : « Une reine du midi… vint des bouts de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici il y a ici plus que Salomon » (Matthieu 12:42). Le Fils de Dieu, le Roi de gloire, est ici en figure devant nos yeux. Et Il nous apprend comment Il reçoit celui ou celle qui vient à Lui. Ce ne sont ni la gloire ni les richesses du grand roi qui attirent à sa cour la noble visiteuse. On lui a parlé de la sagesse de Salomon en relation avec le nom de l'Éternel, et, voulant s'en rendre compte par elle-même, elle vient lui poser toutes les questions « qu'elle avait sur son coeur ». Qu'il ne nous suffise pas d'avoir entendu parler du Seigneur Jésus. Allons à Lui ! Mettons de côté nos propres pensées et apportons-Lui toutes nos difficultés, tout ce qui, peut-être, charge notre coeur. Alors nous ferons personnellement l'expérience de Sa grandeur et de Sa puissance, de Ses richesses et de Sa sagesse, mais aussi de Son merveilleux amour. Il est prêt à nous donner tout ce que nous désirons, tout ce que nous Lui demandons (v. 13; Jean 15:7).

Ce qui impressionne la reine à la cour de Salomon (v. 4, 5) nous fait penser au témoignage rendu au Seigneur par l’assemblée (sa maison), à l’enseignement de la Parole (les mets de sa table), au comportement des Siens qui doit être digne de Lui (la tenue, l’ordre, les vêtements de ses serviteurs). Dans tous les détails nous devrions montrer aux personnes avec lesquelles nous entrons en contact qui est le grand Roi auquel nous avons l’honneur d’appartenir.


23 - 1 Rois 10:14-29

Contempler le grand roi Salomon, revêtu de vêtements précieux et magnifiques, assis sur son trône d'ivoire et d'or, devait être un spectacle grandiose ! Et pourtant le Seigneur Jésus, nous invitant à étudier les lis des champs, affirme que « Salomon dans toute sa gloire, n'était pas vêtu comme l'un d'eux » (Matthieu 6:29). Soyons convaincu que la plus belle des oeuvres de l'homme n'atteindra jamais la plus modeste de celles du Créateur.

Le Psaume 72 composé « au sujet de Salomon » décrit ce règne de justice (versets 1 à 4), de paix (verset 7), de puissance (versets 8 à 11), de grâce (versets 12 à 14), de prospérité (verset 16) et de bénédiction (verset 17). « Les rois de Sheba et de Seba lui présenteront des dons… et on lui donnera de l'or de Sheba » (versets 10 et 15). Et dans notre chapitre 10, bien des détails illustrent la richesse, la sagesse et la puissance de ce fils de David régnant en justice à Jérusalem. Mais comprenons qu'ici aussi il y a, en figure, « plus que Salomon ». Centre de gloire et source de bénédiction pour tous les peuples, ce règne brillant n'est qu'une faible image de la prochaine domination universelle de notre Seigneur Jésus Christ. Mais les Siens n’attendent pas cet avenir glorieux pour reconnaître les droits qu’il s’est acquis sur leur cœur.


24 - 1 Rois 11:1-13

Jusqu'ici c'est à peine si nous avions vu une ombre sur l'éclat de ce règne exceptionnel. Et voilà que le chapitre 11 commence par un mais, qui soudain dévoile sous les dehors brillants décrits précédemment, un état des plus désolants. En double désobéissance à la loi, le roi s'est acquis « beaucoup de femmes » et des femmes étrangères (Deutéronome 17:17, et 7:3), qui au temps de sa vieillesse, ont détourné son coeur. N'avait-il pas demandé et obtenu un coeur sage, un coeur qui écoute ? Sans doute en avait-il senti le besoin pour conduire les autres, mais non pas pour se conduire lui-même. Ce coeur large comme le sable que l'Éternel lui avait donné pour lui permettre d'aimer tout son grand peuple, il ne l’avait pas gardé, il n’avait pas veillé sur ce qui y pénétrait. Mille femmes étrangères y avaient trouvé place, avec leurs idoles ! Salomon est condamné par ses propres paroles : « Garde ton coeur plus que tout ce que l'on garde car de lui sont les issues de la vie » (Proverbes 4:23). C'est ce qu'il a enseigné aux autres… et négligé de faire lui-même (voir Romains 2:21 et 1 Corinthiens 9:27). Il n'a pas tenu compte non plus de la mise en garde de son père (chapitre 2:3) puis du double avertissement de l'Éternel (versets 9, 10).


25 - 1 Rois 11:14-25

Quand il s'agit de l'homme et de sa responsabilité, nous constatons encore et toujours la faillite la plus totale. L'histoire de Salomon démontre cela peut-être mieux que toute autre. Il a été le plus sage, le plus riche et le plus puissant de ceux qui ont vécu sous le soleil. Il a construit pour Dieu un temple grandiose, oeuvre sans égale. Mais plus quelqu’un a été haut placé, plus sa chute est retentissante ; et un homme pieux qui se permet un écart donne à cet écart tout le poids de sa piété. Quel triste exemple ce roi défaillant a donné à tout Israël ! Quand notre marche n'est pas conforme à notre position, nous sommes pour les autres des occasions de chute.

Dieu suscite des adversaires à Salomon, au temps de sa vieillesse. D'abord à l'extérieur du royaume : Hadad et Rezon. Ensuite à l'intérieur même : Jéroboam. Mais nous ne voyons pas le roi rentrer en lui-même et revenir à Dieu de tout son cœur — selon ses propres expressions ch. 8 v. 47, 48. Il ne se tourne pas vers l'Éternel pour lui dire « Écoute et pardonne ». N'était-ce pas pourtant le chemin que, dans sa prière, il avait tracé à ceux qui auraient affaire à des ennemis comme conséquence de leurs péchés ?


26 - 1 Rois 11:26-43

Comme Il l'avait fait en préparant David pendant que Saül vivait encore, Dieu suscite Jéroboam du vivant de Salomon. Et comme Saül autrefois, Salomon cherche à faire mourir celui que l'Éternel a désigné pour lui succéder (verset 40). Mais quel contraste entre Jéroboam qui lève sa main contre le roi (v. 26) et David qui refuse de le faire, — entre Jéroboam qui s’enfuit en Égypte et y apprend l’idolâtrie, et David qui se cache dans les déserts ! David avait bien commencé sa vie ; il l'avait mal continuée, mais de nouveau bien terminée. Salomon a bien commencé, bien continué, mais mal fini sa carrière. Citons aussi un exemple inverse : Jacob, dont les jours furent « courts et mauvais » (Genèse 47:9) mais qui eut une fin de toute beauté (Hébreux 11:21).

Cette tentative de meurtre est le dernier acte de Salomon qui nous soit rapporté ! Puis il s'endort avec ses pères. Il avait eu « un temps de vivre ». Selon sa propre déclaration, maintenant vient pour lui le « temps de mourir » (Ecclésiaste 3:2). Cher lecteur, vous ne savez pas quand ce temps viendra pour vous. Mais ce que vous devez savoir, c'est que le temps de vivre est également le temps de croire, et le temps de vivre pour Christ.


27 - 1 Rois 12:1-15

Roboam succède à son père. Ce dernier s'était autrefois posé une question : L'homme qui sera après moi sera-t-il un sage ou un sot ? (Ecclésiaste 2:18-19). Trois jours suffisent au pauvre Roboam pour nous fournir la réponse. Le fils du plus sage des hommes est dépourvu d'intelligence. Et nous ne le voyons pas comme son père demander un coeur sage à l'Éternel. Dans sa jeunesse, à l'âge où normalement on doit apprendre, il n'a pas su profiter des enseignements de la sagesse contenus dans le livre des Proverbes dont l'auteur est Salomon. Pourtant ce livre commençait ainsi : « Écoute, mon fils, l'instruction de ton père… » (Proverbes 1:8; 19:13, 20). De sorte qu'à l'âge de quarante ans, au moment des responsabilités, l'expérience, le bon sens, et surtout l'humilité lui font totalement défaut. Il méprise le conseil des vieillards, préférant suivre l'imprudent avis des jeunes gens. Beaucoup de jeunes écoutent plus volontiers ceux de leur âge que leurs parents ou des personnes plus âgées ? Tendance bien dangereuse ! Voyez ici ses conséquences. Mais Dieu se sert de ce manque de sagesse de Roboam, ainsi que des fautes du peuple, pour accomplir ce qu'Il avait décidé contre la maison de David.


28 - 1 Rois 12:16-33

À la suite de l'intransigeance de Roboam, dix tribus se sont séparées. Jéroboam devient leur roi. Quant aux descendants de Salomon, ils ne conserveront que la tribu de Juda et celle de Benjamin. À partir de maintenant nous suivrons parallèlement l'histoire de ces deux royaumes. Jusqu'à la fin du 2e Livre des Rois ce sera plutôt celle du royaume d'Israël (les dix tribus) tandis que le 2e Livre des Chroniques reprendra le récit par rapport au royaume de Juda.

D'une courte phrase Dieu arrête la guerre civile qui se préparait : « C'est de par moi que cette chose a eu lieu » (verset 24). Petite phrase sans doute ; mais si importante pour nous ! Une difficulté, un empêchement, viennent-ils contrarier nos projets ? Prêtons l'oreille ! Sans doute entendrons-nous la même voix nous dire : « C'est de par moi que cette chose a eu lieu ».

Puis nous sont rapportés les premiers actes de Jéroboam. Il établit deux veaux d'or (comparer ses paroles au verset 28 avec celles d’Aaron en Exode 32:4). Ce sont les éléments caractéristiques d'un culte entièrement inventé par l'homme, expert à faire servir la religion à des fins personnelles (lire Osée 8:4, 5). D'un règne à l'autre nous entendrons parler de ce péché de Jéroboam.


29 - 1 Rois 13:1-19

Au jour qu'il a « imaginé dans son propre coeur », Jéroboam célèbre une fête à Béthel en l'honneur de son veau d'or. Mais quelqu'un vient troubler la cérémonie. C'est un prophète qui arrive de Juda avec les paroles les plus sévères : « Autel, autel ! ainsi dit l'Éternel !… » L'autel se fend ; le roi rebelle est frappé, puis guéri par la puissance de Dieu. La grâce brille dans cette guérison d’un homme si impie. Dieu nous bénit selon ce qu’Il est et jamais selon ce que nous sommes. Cette grâce aurait dû parler au roi.

Le prophète avait reçu l'ordre de revenir sitôt sa mission remplie. Se reposer, manger et boire sur le territoire de ces tribus désobéissantes, aurait contredit les paroles de jugement qu'il avait prononcées. Nous ne pouvons pas davantage montrer de communion avec des organisations religieuses non soumises à l’Écriture.

Le vieux prophète, dont les fils paraissent avoir assisté à la fête du veau d'or, n'était pas à sa place à Béthel. Pour cette raison, bien qu'habitant la ville où il fallait accomplir un service, il n'en avait pas été chargé par l'Éternel. Mais en attirant chez lui l'homme de Dieu de Juda, le vieillard justifiait sa fausse position et affermissait sa réputation. De son côté, si le prophète de Juda avait eu plus d'empressement à quitter ces lieux, il n'aurait pas été rejoint ! (verset 14)


30 - 1 Rois 13:20-34

C'est au tour de l'homme de Dieu de Juda d'entendre une parole de jugement. Il a manqué de force de caractère, et les suites en sont tragiques.

Se laisser entraîner est un danger spécialement propre à la jeunesse qui par nature est influençable. Et remarquez que, pour faire sortir un chrétien du chemin de l'obéissance, le diable n'emploie pas seulement des séductions grossières ! Il saura se servir pour le convaincre des moyens qui paraissent les plus respectables. Toutes les apparences étaient en faveur de ce prophète âgé qui prétendait avoir reçu la parole de l'Éternel par le moyen d’un ange. Mais Dieu pouvait-il se contredire ? En ce qui nous concerne, fions-nous simplement à ce qu'il nous dit dans la Bible et nous ne ferons pas fausse route (voir Galates 1:8, 9). La mort est pour cet homme de Dieu la conséquence de son manquement. Son cadavre n’est pas dévoré, preuve évidente que c’est Dieu qui le frappe. Et pour le vieux prophète, quel châtiment ! Il a été une occasion de chute pour celui qu'il appelle son frère (verset 30), mais envers qui il n'avait nullement agi comme un frère ! Pousser d'autres personnes à désobéir n'est pas moins grave que de désobéir soi-même, car c’est faire tort à la fois à Dieu et à ceux qu’on égare.


31 - 1 Rois 14:1-20

Malgré l'avertissement solennel que Dieu lui a adressé à Béthel, Jéroboam a persévéré dans son chemin d'iniquité. Alors l'Éternel lui parle une seconde fois par la maladie de son fils Abija. Et nous constatons que le roi ne songe pas à chercher du secours auprès de son veau d'or, dont il reconnaît ainsi la totale impuissance. Il se tourne vers Akhija, le prophète qui lui avait autrefois annoncé la royauté (comp. Ézéch. 14:3). A-t-il donc fait un retour sur lui-même ? Hélas non ! La fraude dont il use de connivence avec sa femme prouve qu'il n'y a dans son coeur aucune vraie humiliation. Mais quelle folie de penser que Dieu peut être trompé par un déguisement ! La reine se trouve démasquée à peine a-t-elle franchi la porte. Et, au lieu des paroles agréables que Jéroboam avait jadis entendues de la bouche de l'homme de Dieu, c'est un message effrayant que va lui rapporter la malheureuse femme, au moment même où meurt le jeune Abija. Pourquoi, dirons-nous peut-être, l'Éternel n'a-t-il pas justement laissé vivre cet enfant en qui Il avait trouvé quelque chose d'agréable ? Précisément parce qu'il voulait le retirer d'un aussi mauvais milieu et le prendre auprès de Lui. Sort incomparablement meilleur ! (Ésaïe 57:1, 2).


32 - 1 Rois 14:21-31; 15:1-8

Roboam règne donc en même temps que Jéroboam. Bien que son royaume soit le plus petit, il possède la meilleure part. Sa capitale reste Jérusalem où se trouve le Temple, sainte demeure de l'Éternel et centre de rassemblement pour tout Israël. Roboam lui-même est le « fils » de David, son descendant légitime. Hélas, avec tous ces privilèges, voyons jusqu'où tombe le peuple si peu d'années après les jours glorieux du chapitre 8 (versets 65, 66) ! Comme la mauvaise herbe peut gâter en peu de temps le plus beau jardin, l'idolâtrie introduite par Salomon a envahi l'ensemble du pays. Mais ce n'est pas tout ! Puisque Roboam ne veille pas, l'ennemi va en profiter. Le pauvre roi se fait prendre à la fois tous ses trésors et tout ce qui le protégeait (les boucliers). Sérieuse mise en garde pour chacun de nous. Si nous ne veillons pas sur notre coeur, l'Ennemi aura tôt fait d’y semer la graine de diverses idoles. Puis, quand elle aura levé, il nous ravira sans peine nos trésors les plus précieux, dépôt que nos parents ou grands-parents peut-être nous avaient transmis : Christ et Sa Parole.

Abijam succède à Roboam et trois ans de règne suffisent à montrer qu'il marche dans tous les péchés pratiqués par son père.


33 - 1 Rois 15:9-24

Après Abijam, son fils Asa prend place sur le trône de Juda. Long règne, qui contraste avec les deux précédents ! Asa fait « ce qui est droit aux yeux de l'Éternel ». Et faire ce qui est droit consiste d'abord à ôter, à faire disparaître, à abattre, à brûler. Attitude d'autant plus courageuse et difficile qu'elle l'oblige à agir contre sa propre grand-mère, Maaca, une idolâtre ! Nous connaissons les paroles du Seigneur : « Celui qui aime père ou mère plus que moi, n'est pas digne de moi… » (Matthieu 10:37). Depuis Asa, ils sont nombreux les jeunes convertis qui ont dû et doivent encore prendre position contre leur propre famille ! Combien sont privilégiés ceux qui ont, au contraire, des parents qui les encouragent et leur sont en modèle. Pensons à ce jeune roi à qui son père, son grand-père et sa grand-mère n'avaient donné que le mauvais exemple ! Triste constatation, la fin du règne d'Asa n'a pas le niveau de son commencement. Au lieu de chercher auprès de l'Éternel du secours contre Baësha, il s'appuie sur Ben-Hadad. Le 2e livre des Chroniques (chapitre 16) nous permettra de revenir plus en détail sur ce règne et sur les leçons qu'il comporte pour nous.


34 - 1 Rois 15:25-34; 16:1-1

Notre lecture nous ramène quarante ans en arrière pour considérer le royaume d'Israël alors qu'Asa domine sur Juda. En contraste avec lui, Nadab, fils de Jéroboam, marche pendant son court règne « dans la voie de son père et dans son péché par lequel il avait fait pécher Israël » (verset 26). Ce péché, c'est la fausse religion instituée par Jéroboam pour détourner le peuple du lieu choisi par l'Éternel (Deutéronome 12:5, 6). Il existe dans la chrétienté, comme jadis en Israël, une multitude de personnes qui, tout en faisant partie du peuple de Dieu, ont été détournées du seul centre qui est Jésus. On leur a enseigné des formes religieuses qui ne sont pas selon la Parole.

Nadab, avec toute la famille de Jéroboam, subit le sort terrible annoncé par Akhija. Mais Baësha, qui exécute ce jugement, et succède à Nadab, lui succède aussi dans sa voie de péché. Or le même chemin se terminera de la même manière ! L'Éternel l'annonce à Baësha par le moyen du prophète Jéhu, qui, non sans courage, se présente devant le méchant roi avec des paroles solennelles. N'avons-nous pas, nous aussi, été élevés de la poussière pour prendre place avec les nobles ? (verset 2 — 1 Samuel 2:8). C’est pourquoi examinons bien dans quel chemin nous marchons et quelle en est la fin (Proverbes 16:25).


35 - 1 Rois 16:8-28

Éla, fils de Baësha, règne deux ans sur Israël. Le seul acte qui nous soit rapporté à son sujet est celui-ci : « Il était à Thirtsa buvant et s'enivrant » (verset 9). Ce roi est dominé par une passion, pauvre esclave de l'alcool, comme le sont aujourd'hui encore des millions de malheureux. L'homme croit pouvoir gouverner ses semblables, alors qu'il n'est même pas capable de maîtriser les passions de son propre coeur. Le livre des Proverbes contient les paroles d'un jeune roi nommé Lemuel. Il se souvient de ce que sa mère lui a enseigné : « Ce n'est point aux rois, Lemuel, ce n'est point aux rois de boire du vin… » (Proverbes 31:4 — voir aussi Proverbes 23:20, 31, 32 et Éphésiens 5:18). En un instant Éla, sans s'être réveillé, passe de l'ivresse à la mort. Ainsi les hommes de ce monde s'étourdissent dans les plaisirs du péché, puis, sans y être préparés, se trouvent précipités soudain dans une éternité de malheur.

Sept jours suffisent à Zimri, meurtrier d'Éla, pour prouver qu'il marche dans la voie de Jéroboam ! Sa fin n'est pas moins terrible : il se suicide ! Puis Omri prend le pouvoir, bâtit Samarie, fait pis que ses prédécesseurs. Quelles épaisses ténèbres sur ce royaume d'Israël ! (Michée 6:16).


36 - 1 Rois 16:29-34; 17:1-6

Achab, fils d'Omri, dont le règne va nous occuper jusqu'à la fin du 1er livre des Rois, renchérit encore sur les péchés des rois précédents. Car le culte de Baal est officiellement introduit en Israël par le moyen de sa femme, l'abominable Jézabel. C'est aussi le moment où Jéricho est rebâtie. Provocation envers l'Éternel ; elle reçoit le châtiment annoncé par Josué ! (Josué 6:26) Alors, pour parler à la conscience du roi et de son peuple, Dieu suscite un prophète : Élie ! Mais celui-ci sent qu'une épreuve est d'abord nécessaire pour mettre Israël en état de recevoir la parole divine. De sorte qu'il prie « avec instance » qu'il ne pleuve pas (Jacques 5:17). Puis, certain de la réponse de l'Éternel, il se présente devant Achab avec autorité pour le lui annoncer. Quand nous avons demandé avec foi quelque chose à Dieu selon Sa volonté, nous devons agir avec l'entière assurance de Son exaucement. Remarquez l'expression : « l'Éternel… devant qui je me tiens ». Se tenir avec révérence devant Dieu, dans Sa lumière, toujours prêt à recevoir Ses instructions, telle est l'attitude du serviteur. C'était celle de Jésus au Psaume 16, verset 8. Puis Dieu cache Élie et prend soin de lui d'une manière merveilleuse au torrent du Kerith.


37 - 1 Rois 17:7-24

Élie ne dépendait ni du torrent ni des corbeaux, mais de la parole de Celui qui avait dit (verset 4) : « J'ai commandé aux corbeaux de te nourrir  » Aussi, quand le torrent vient à tarir, il n'est pas pris au dépourvu et reçoit un nouveau message : « J'ai commandé là à une femme veuve de te nourrir » (verset 9; Ps. 33:18, 19). Cette veuve est réduite à la plus extrême pauvreté, mais qu'importe à Élie, puisque l'Éternel a dit :  ! Et cette femme de foi, que le Seigneur Jésus citera aux habitants de Nazareth pour leur faire honte (Luc 4:25-26), va faire une expérience extraordinaire. Quand Dieu demande quoi que ce soit (ici nourrir Son prophète), Il donne en même temps tout ce qui est nécessaire pour l'accomplir. Seulement il faut être prêt à faire premièrement, sans discuter ce qu'il nous a demandé. C'est ce que nous enseigne le petit gâteau, preuve de la foi de cette femme et « prémices » d'une abondance divine pour cette maison.

Puis la pauvre veuve va faire une seconde expérience plus extraordinaire encore : celle de la mort et de la résurrection de son fils. Et nos pensées s'élèvent de nouveau du prophète au Seigneur Jésus, ressuscitant les morts. N’a-t-il pas lui aussi, un jour, rendu un fils unique à sa mère veuve ? (Luc 7:11 à 15).


38 - 1 Rois 18:1-16

L'Éternel, qui trois ans plus tôt avait dit à Élie : Va, cache-toi (17:3), lui ordonne maintenant : « Va, montre-toi à Achab ». Et le prophète est tout aussi prêt à obéir dans ce cas que dans l'autre. Exemple pour nous aussi qui aurions tendance peut-être, selon notre caractère, à nous montrer ou à nous cacher quand Dieu nous demande justement le contraire !

Quelle est l'occupation d'Achab pendant la terrible sécheresse ? Nous le voyons se soucier de ses chevaux et de ses mulets plutôt que de la misère de son peuple. Abdias, son intendant, tout en craignant l'Éternel, n'a pas eu le courage de se séparer de son maître impie. Il lui aurait fallu renoncer à ses avantages terrestres, peut-être risquer sa vie. Tout comme Abdias, beaucoup de chrétiens ne sont pas prêts à se séparer du monde pour plaire au Seigneur, parce que ce choix leur coûterait trop cher !

Abdias a peur d'annoncer à Achab qu'il a rencontré Élie. Il se glorifie volontiers de ce qu'il a fait pour les cent prophètes ; mais, quand il s'agit d'accomplir ce que lui demande Élie, il manque au pauvre Abdias ce qui brillait chez l'humble veuve de Sarepta : la simple confiance dans la parole de l'Éternel.


39 - 1 Rois 18:17-29

Pendant que sévissait la sécheresse et la famine, Achab avait fait l'impossible pour retrouver le prophète qu'il considère comme responsable du malheur d'Israël. — Est-ce toi — lui dit-il, en le rencontrant enfin — celui qui trouble Israël ? Quelle inconscience ! C'est toi-même — répond Élie — avec ta famille, qui as attiré ce châtiment par tes péchés —. Ainsi raisonnent les hommes de ce monde… et peut-être nous aussi quelquefois ! Quand Dieu nous envoie une épreuve, plutôt que de nous examiner personnellement, nous nous hâtons d'accuser les autres et de les rendre responsables de ce qui nous arrive.

À la demande d'Élie, le roi assemble tout Israël avec les faux prophètes sur la montagne du Carmel. Le moment est venu de parler fermement au peuple et de le placer devant le choix. « Combien de temps hésiterez-vous (littéralement boiterez-vous) entre les deux côtés ? » Plus tard Jésus parlera de la même manière aux foules d'Israël sur une autre montagne : « Nul ne peut servir deux maîtres… » (Matthieu 6:24).

Lecteur ou lectrice qui n'auriez pas encore fait le choix, permettez-nous de répéter à votre intention la question d'Élie : « Combien de temps hésiterez-vous entre les deux côtés »… entre les deux maîtres ?


40 - 1 Rois 18:30-46

Mis au défi, les prophètes de Baal ont vainement multiplié leurs incantations et leurs danses frénétiques. Leur dieu est resté sourd. Et pour cause ! (Ps. 115:4 à 7). Alors Élie commence ses préparatifs avec un calme et une autorité qui contrastent avec toute l'excitation précédente. Il bâtit l'autel avec douze pierres, « selon le nombre des tribus », affirmant ainsi l'unité du peuple. Malgré la triste division en deux royaumes, aux yeux de Dieu, Israël est toujours un seul peuple. Il en est de même aujourd'hui de l'Église du Seigneur. Si divisée qu'elle soit de fait en multiples dénominations, Dieu ne reconnaît qu'une seule Église, composée de tous les croyants. C'est ainsi que nous devons la voir aussi.

Lorsque tout est prêt pour l'holocauste, Élie s'adresse à Dieu : « Éternel, réponds-moi, et que ce peuple sache que toi, Éternel, tu es Dieu, et que tu as ramené leur coeur » (verset 37). Dieu exauce son serviteur, non seulement en envoyant le feu du ciel, mais en ramenant le coeur du peuple vers Lui.

Achab assiste à cette scène, suivie de la mort de ses prophètes, sans paraître s'intéresser à autre chose qu'à manger et boire, tandis que de son côté l'homme de Dieu prie de nouveau… « et le ciel donna de la pluie » (Jacques 5:18).


41 - 1 Rois 19:1-10

Qui reconnaîtrait le brillant témoin du chapitre précédent dans cet homme découragé, fuyant sous les menaces d'une femme ? Dieu ne nous donne pas ce récit pour que nous jugions son cher serviteur, mais pour notre instruction : L'homme le plus remarquable manque totalement quand il est livré à ses propres ressources (lire Prov. 29:25). Il ne reste à Élie que le désespoir. Pourtant, voyez comme Dieu prend soin de lui. Pensée précieuse : même quand il nous arrive d'être abattus ou irrités, Sa bonté ne cesse pas de s'exercer envers nous.

L'esprit légal d'Élie l'a amené en Horeb (partie du massif du Sinaï), ce lieu où la loi avait été donnée. « Que fais-tu ici, Élie ? » lui demande l'Éternel. Sérieuse question pour celui qui avait abandonné le peuple ! Mais la réponse du prophète ne fait que trahir sa fausse position. Il est là pour accuser ! Alors que Moïse, en ce même endroit, avait intercédé pour le peuple (Exode 32:11), Élie « fait requête à Dieu contre Israël » ainsi que le rappelle tristement Romains 11:2.

Souvenons-nous bien de ceci : Accuser (ce qui peut prendre la forme du rapportage), c'est faire l'oeuvre de Satan (Apocalypse 12:10). Intercéder, c'est au contraire agir comme le Seigneur Jésus (Romains 8:34).


42 - 1 Rois 19:11-21

Contrairement à ce que pensait Élie, le langage que Dieu voulait maintenant faire entendre à Israël n'était pas celui du jugement.

L'Éternel n'était ni dans le vent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. La voix « puissante », « magnifique »… et redoutable du Psaume 29 versets 3 à 9, se tait pour faire place à celle, douce et subtile, de la grâce. Aujourd'hui encore, ce n'est pas le temps du jugement pour le monde ; c'est celui de la grâce qui pardonne au pécheur. Dieu peut réveiller les hommes par des preuves de Sa puissance, mais seule la voix tendre de la grâce est capable de toucher les coeurs. Encore faut-il pour la recevoir, sentir sa propre indignité.

Pour n'avoir pas su comprendre ce langage, Élie doit être mis de côté et Élisée est appelé à sa place. Lui saura, de la part de l'Éternel, faire entendre cette voix d'amour au peuple.

Enfin Dieu enseigne encore à Élie une autre leçon. Il était monté sur la montagne en pensant qu'il était le seul fidèle. Il en descend ayant appris qu'il n'était qu'un des sept mille hommes que Dieu s'était réservé en Israël. Si lui-même n'avait pas su les découvrir, Dieu en revanche connaissait chacun d'eux (voir 2 Timothée 2:19).


43 - 1 Rois 20:1-12

L'Éternel avait désigné à Élie le successeur de Ben-Hadad, roi de Syrie, et celui d'Achab, roi d'Israël (chapitre 19:15-16). Mais ces deux personnages sont encore au pouvoir et le chapitre 20 nous raconte le conflit qui les oppose. Il en est ainsi du monde actuel : un simple sursis lui est accordé, ce qui n’empêche pas les hommes d’agir dans leur aveuglement comme si l'avenir leur appartenait. Mais ils oublient que Dieu a Ses propres pensées au sujet du monde et dirige le cours de l'histoire. Et tandis qu'ils se disputent la suprématie, dans les conseils de Dieu ils sont déjà remplacés par le roi qu'Il a désigné : Jésus Christ. Comme Élie, les croyants connaissent par la Parole ces pensées de Dieu au sujet du monde et ne se laissent pas impressionner par les événements qui agitent et inquiètent l'humanité (Ésaïe 8:12-13).

En face des provocations de Ben-Hadad, Achab est réduit à l'impuissance. Il nous fait penser à l'homme dans son état de péché, à la merci de son puissant Ennemi, le diable. Celui-ci n'a-t-il pas en quelques moments dépouillé Adam de tout ce qu'il possédait en Éden ? Mais par la grâce de Dieu, Satan, l'homme fort, a trouvé en Christ quelqu'un de plus fort que lui, qui l'a vaincu et a fait « le partage de ses dépouilles » (Luc 11:22).


44 - 1 Rois 20:13-30

Ben-Hadad a compté sans l'Éternel. Pendant qu'il s'enivre avec les trente-deux rois qui l'assistent le plan divin s'exécute.

On peut se demander pourquoi l'Éternel vient au secours du méchant Achab sans même que celui-ci se soit adressé à Lui. Mais n'est-ce pas là justement la voix douce et subtile de la grâce dont Dieu veut encore essayer les vertus ? En délivrant Achab et son peuple Il se propose de leur montrer qu'Il est toujours le Dieu d'Israël bien qu'ils ne Le recherchent pas. Aux Syriens, Il veut prouver qu'Il n'est ni un dieu de montagne ni un dieu de plaine, mais « le Seigneur du ciel et de la terre » (Actes 17:24).

Remarquons encore deux détails importants au verset 27: Avant d'aller au combat les fils d'Israël sont approvisionnés. Ne pensons pas que nous pourrons affronter nos adversaires sans avoir fait aussi nos provisions journalières dans les pages de la Parole.

Puis la petite armée d'Israël doit faire l'expérience qu'elle est sans force, méprisable aux yeux de ses ennemis « comme deux petits troupeaux de chèvres » en face de la multitude qui remplit le pays. Dieu fera toujours en sorte que Ses délivrances Lui soient attribuées, et Le glorifient. Et Sa puissance s'accomplira dans notre infirmité (2 Corinthiens 12:9).


45 - 1 Rois 20:30-43

Il est triste de ne trouver chez Achab aucun sentiment de reconnaissance pour la double victoire que l'Éternel lui a accordée. Malheureusement, la plupart des hommes sont ainsi ! La grâce de Dieu les laisse insensibles. En la méprisant, ils outragent Dieu et font leur propre malheur. Christ a vaincu pour nous un Ennemi infiniment plus puissant et plus cruel que Ben-Hadad et ses armées ? L'avons-nous tous déjà remercié pour cette délivrance glorieuse ?

Non seulement nous ne voyons pas Achab se tourner vers l'Éternel, mais il fait preuve d'une indulgence coupable en épargnant l'ennemi de Dieu et de son peuple. Pis que cela, il l'appelle son frère ! Dieu intervient et lui envoie un autre prophète, mais cette fois la voix de la grâce fait place à celle du jugement. — Comme Achab, il nous arrive d'oublier que le monde est l'ennemi de Dieu et de son peuple. Or l'humanité se divise en deux familles seulement : celle de Dieu et celle du diable (Jean 8:41 à 44). Elles ne peuvent se confondre. Si nous avons le bonheur de faire partie de la grande famille dont Dieu est le Père, nos frères et nos soeurs sont tous les enfants de Dieu, mais eux seuls.


46 - 1 Rois 21:1-14

Il s'en est fallu de peu qu'Achab ne soit totalement dépouillé par le roi de Syrie. Ingrat envers l'Éternel qui lui avait tout conservé, le voici qui, par convoitise, cherche à son tour à dépouiller son prochain. Naboth, en fidèle Israélite, ne peut céder son héritage, selon Lévitique 25:23. Est-ce que nous montrons la même fidélité, la même fermeté quand il s'agit de maintenir l'héritage spirituel qui nous a été laissé, par nos parents peut-être ? Oui, gardons-nous de faire bon marché des incomparables vérités bibliques dont le dépôt nous est confié (1 Timothée 6:20; 2 Timothée 1:14).

Lâchement, le misérable roi laisse agir sa femme, et, sous le couvert de l'autorité royale, la plus abominable des injustices est accomplie.

Mais Naboth a le privilège de représenter un plus grand que lui. Dans la parabole où le Seigneur Jésus se présente Lui-même comme l'héritier de la vigne, nous entendons la terrible parole : « Venez, tuons-le, et possédons son héritage » (Matthieu 21:38). Et la fin du même évangile nous apprend que deux faux témoins aussi comparurent devant le Sanhédrin. Là Jésus fut accusé de blasphème par les chefs du peuple (Matthieu 26:60, 65 à 66), avant de souffrir et de mourir « hors de la ville » (verset 13; Hébreux 13:12).


47 - 1 Rois 21:15-29

Comme Achab qui s’est approprié par un crime l’héritage de Naboth, l’homme s’étant débarrassé de Christ, se conduit comme si le monde lui appartenait. D’une manière générale, Achab illustre la tendance à toujours vouloir ce qu’on n’a pas. Comblé de richesses, tout ce qui l’intéressait, c’était la vigne de son voisin. Le cœur naturel est perpétuellement insatiable.

Le mensonge et le meurtre ont donc mis le roi en possession de l'objet de sa convoitise. Le voici qui se lève et descend, le coeur gai, reconnaître sa nouvelle propriété. Mais tout son plaisir s'évanouit brusquement ! Quelqu'un, qu'il ne connaît que trop bien, l'attend dans la vigne de Naboth. C'est Élie ! L'Éternel l'a chargé d'annoncer au roi l’affreux châtiment qui l'attend. Ce châtiment nous fait penser à celui du misérable Judas ! (Actes 1:18).

Alors pour la première fois apparaît chez Achab un signe d'humiliation. Il sait par l'exemple de ses prédécesseurs que la parole de l'Éternel s'accomplit toujours. S'agit-il d'une « repentance à salut » (2 Corinthiens 7:10) ? Non, comme le montrera la suite de son histoire. C'est toujours aux fruits que se juge une vraie conversion. Toutefois Dieu, attentif à tout signe de retour vers Lui, tient compte de cette attitude d'Achab pour différer Son châtiment (Ézéchiel 33:11).


48 - 1 Rois 22:1-18

Ben-Hadad n'a pas tenu parole (chapitre 20:34). Il a conservé Ramoth de Galaad. Achab se propose de la reprendre et fait part de son projet à un illustre visiteur : Josaphat, roi de Juda. Et d'abord que penser de cette visite ? N'est-il pas réjouissant de voir s'établir une amitié entre les souverains de ces deux royaumes israélites si longtemps en conflit ? C'est un pas vers l'union, chose aujourd'hui à l'ordre du jour dans le monde christianisé. En réalité, devant Dieu, c'est une infidélité de la part de Josaphat ; il était roi à Jérusalem où se trouvait le temple de l'Éternel. Achab au contraire était un idolâtre. Or demande l'apôtre : « quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? » (2 Corinthiens 6:16). Comment le roi de Juda peut-il s’oublier jusqu’à dire : « Moi, je suis comme toi » ?

Voyez dans quel engrenage s'est laissé prendre le pauvre Josaphat ! Mal à l'aise, il fait à Achab quelques timides observations, mais il n'a pas l'énergie nécessaire pour s'opposer à son projet. Il lui fallait pour cela plus de courage que pour faire la guerre aux Syriens. Et chacun de nous le sait certainement par expérience : l'action la plus difficile, celle qui demande le plus de courage, sera souvent un simple refus, un refus de s'associer au mal (Psaume 1:1).


49 - 1 Rois 22:19-40

D'une seule voix les quatre cents prophètes ont annoncé ce que le roi désire. Que risquent-ils ? Si Achab gagne la guerre, leur prédiction sera confirmée. Et, s'il ne revient pas, il ne pourra leur faire de reproches. À côté de ces prophètes de mensonge, un seul prophète de l'Éternel, le fidèle Michée, fait connaître courageusement la vérité et va souffrir à cause d'elle. Comme le chapitre 18, celui-ci nous met en garde contre un danger : celui de juger si une chose est bonne ou mauvaise d'après le nombre de personnes qui la pratiquent.

Les hommes d'aujourd'hui, comme Achab, s'amassent « des docteurs selon leurs propres convoitises » (2 Timothée 4:3). Ils n'aiment pas, en particulier, entendre parler d'un jugement éternel et trouvent pour les rassurer des prédicateurs qui leur promettent que pour finir tout ira bien. Mais tôt ou tard Dieu confondra tous les menteurs. Sa Parole est la vérité (Jean 17:17).

Le manque de courage moral de Josaphat a bien failli lui coûter la vie. Il a suivi Achab, craignant de le mécontenter. Et celui-ci, lâchement, a cherché à détourner sur lui l'attention et les efforts de l'ennemi. Mais sa ruse ne pouvait tromper l'Éternel qui avait les yeux sur un des rois pour le délivrer, sur l'autre pour accomplir Son infaillible jugement (voir Psaume 7:12-13).


50 - 1 Rois 22:41-54

Le règne de Josaphat est davantage détaillé dans le 2e Livre des Chroniques. Arrêtons-nous cependant ici sur un fait bien instructif. Josaphat avait armé une flotte pour chercher de l'or à Ophir. Mais la main de Dieu l'arrête. Ses navires sont brisés. Va-t-il s'obstiner ? Au contraire ; il se soumet. Le roi d'Israël a beau lui proposer le secours de ses marins, cette fois il sait lui répondre non !

Ne nous est-il pas arrivé à tous de faire de beaux projets qu'une circonstance inattendue est venue anéantir d'un seul coup ? Il en fut ainsi pour Job qui dut s'écrier : « Mes desseins sont frustrés, — les plans chéris de mon coeur » (Job 17:11). Pour faire échouer ces plans, Dieu se sert de divers moyens : mauvais temps, maladie, manque d'argent, échec à un examen… ! Et cela est toujours pénible. Mais au lieu de nous irriter ou de vouloir faire malgré tout ce que nous nous étions proposé, demandons-nous si notre projet avait bien l'approbation du Seigneur. Un esprit brisé a plus de valeur à Ses yeux que des navires brisés.

Le dernier paragraphe nous ramène à la cour d'Israël. Et nous y voyons le nouveau roi Achazia servant Baal et se prosternant devant lui. Telle est la triste note finale de ce 1° Livre des Rois.