Christian Briem
Traduit de l’allemand « Antworten auf Fragen zu biblischen Themen » = Réponses à des questions sur des thèmes bibliques, édité par Christliche Schriftenverbreitung, Hückeswagen, 2005. ISBN 3-89287-088-8
Table des matières :
1 - Ensevelissement ou incinération (= crémation) ?
2 - L’ange au tombeau du Seigneur
3 - Absents du corps — 2 Cor. 5:1-8
Questions et réponses, p. 42
Y a-t-il quelque importance à ce qu’un chrétien soit enseveli ou incinéré après son délogement ?
Oui, absolument ! En général, l’incinération était une
coutume païenne issue de l’idolâtrie (Deut. 12:31),
et elle le reste encore en partie aujourd’hui. Elle est une abomination pour
Dieu, comme nous le montre aussi Amos 2:1. Certes Dieu lui-même, dans certains
cas de fautes particulièrement graves en Israël avait commandé de brûler le
coupable (Lév. 20:14 ; 21:9), mais cela ne fait que souligner le caractère
particulier et solennel de l’incinération, et cela montre que c’était une honte
et une punition
d’être ôté de cette manière du milieu du peuple. En
dehors de ces cas, l’ensevelissement [ou : enterrement] est la forme selon
Dieu de l’inhumation, comme on le trouve partout dans l’Ancien Testament aussi
bien que dans le Nouveau.
Après la chute, Dieu avait dit à l’homme : « tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (Gen. 3:19). « Retourner à la poussière » ne veut bien sûr pas dire « être brûlé ».
Les Patriarches ont enseveli leurs femmes et ont été eux-mêmes ensevelis
par leurs fils. Dieu avait dit d’Abraham, qu’il s’en irait en paix vers ses
pères et qu’il serait — brûlé
? Impossible ! — mais bien
plutôt enterré
en bonne vieillesse (Gen.
15:15). Ne pas être
enseveli était un jugement de Dieu et un déshonneur en
Israël (1 Rois 14:13 ; Jér. 16:4, 6). Josias, ce
roi pieux, fut le dernier des rois de Juda à avoir une vraie tombe (2 Chr.
35:24). Combien cela est solennel !
Ensevelir le mort correspond tout à fait aux pensées de
Dieu : cela est encore confirmé par le fait que Dieu a enseveli Lui-même
Son serviteur Moïse, et personne ne connaît sa tombe jusqu’à aujourd’hui (Deut. 34:6). Et que dire quand nous pensons que,
« selon les Écritures », notre Seigneur et notre Rédempteur Jésus
Christ Lui aussi n’est pas seulement mort, mais qu’il a été enseveli
(1
Cor. 15:3, 4) ? Il a été avec le riche dans sa mort (Ésaïe 53:9), à savoir
dans le tombeau de Joseph d’Arimathée.
Ananias et Sapphira furent emportés sous les yeux de l’apôtre Pierre pour être ensevelis (Actes 5:6, 10), et lorsqu’Étienne fut lapidé, des hommes pieux — manifestement des Juifs — vinrent et l’ensevelirent (Actes 8:2). Ces indications de l’Écriture sainte ne devraient-elles pas suffire pour nous préserver de toute autre manière d’agir ?
Une autre pensée importante s’impose encore à moi : La
créature a-t-elle le droit de mutiler, voire de brûler, le corps créé par
Dieu ? Et en ce qui nous concerne, nous croyants, notre corps n’est-il pas
en outre le temple du Saint Esprit (1 Cor. 6:19) ? Nous ne sommes pas à
nous-mêmes, mais nous avons été achetés à prix. Cela concerne aussi notre
corps. Dieu en soit loué ! Si c’est Sa volonté que l’un ou l’autre d’entre
nous doive Le glorifier en passant par la mort (bien que nous attendions la
venue du Seigneur pour être enlevés), alors le corps
du croyant (non pas
ses cendres
!) est mis en terre comme une semence de résurrection,
pour être ressuscité lors du retour de notre Sauveur (1 Cor. 15:35 et suiv.).
Ce que nous semons dans la terre est un « simple grain », « le
corps de notre abaissement », mais le Seigneur Jésus le transformera en la
conformité du corps de Sa gloire (Phil. 3:21).
Dans le fait même que de plus en plus de gens de la chrétienté se font incinérer, il est donc facile de reconnaître le véritable auteur de cette forme d’incrédulité — Satan, celui qui cherche toujours à corrompre le travail de Dieu, soit dans la création soit dans la rédemption.
Questions et réponses, p.145
Quand on compare entre eux les récits des quatre évangiles sur
la résurrection du Seigneur, on constate entre autres des différences quant au
nombre d’anges
présents au tombeau du Seigneur. Matthieu et Marc ne parlent
que d’un
ange (Matt. 28:2-7 ; Marc 16:5-7), tandis que Luc et Jean
en mentionnent deux
(Luc
24:4-7 ; Jean 20:12, 13). Comment peut-on accorder les différentes
expressions entre elles ? J’ai de la peine à y arriver. Il n’est pas
possible qu’une seule de ces expressions soit vraie, et non pas l’autre,
n’est-ce pas ? Y a-t-il une contradiction, comme le prétend la critique
biblique ?
Ces questions touchent effectivement à un domaine important et
très complexe. Remarquons tout d’abord qu’il n’y a probablement personne
qui
puisse être certain à cent pour cent de la manière dont les événements relatifs
à la résurrection du Seigneur s’imbriquent les uns dans les autres et se sont
succédé les uns aux autres. En tout cas, il y a au moins ceci de certain :
si nous connaissions tous
les
événements historiques, nous n’aurions pas la moindre difficulté à reconnaître
la vérité des expressions particulières de l’Écriture Sainte.
Nous devons aussi retenir de manière absolue que Dieu
est
le rédacteur effectif des récits que nous avons, et qu’il n’était pas
dans Son intention de nous rapporter chaque détail historique, ni dans ce cas
ni ailleurs. Quant à aux quatre écrivains des évangiles, ils devaient nous
écrire au sujet de Christ sous des points de vue différents
:
Matthieu au sujet du Messie, Marc au sujet du serviteur, Luc au sujet du Fils de
l’homme, et Jean au sujet du Fils de Dieu. Fondamentalement, c’est en partant de ce point de départqu
’il
faut expliquer les différences entre les évangiles. Ainsi, par exemple,
Matthieu n’avait pas pour mission de nous rapporter l’ascension du Seigneur. Si
nous n’avions que son récit, nous ne saurions même pas que le Seigneur est
effectivement monté au ciel après Sa résurrection.
Quant à la question du nombre d’anges qui ont été vus auprès du
tombeau vide après la résurrection du Seigneur, il nous faut d’abord nous
rendre compte que les quatre auteurs ne parlent pas toujours exactement des
mêmes événements, et que ce matin-là le tombeau a été visité par différents
groupes de personnes à des moments différents. Il s’agit au moins en partie de scènes
différentes
, si je puis m’exprimer ainsi — de scènes qui ne se recouvrent
pas exactement.
Il est facile de comprendre, vu l’importance des événements, que
le tombeau ait été visité et revisité par plusieurs groupes, et que toutes les
personnes concernées n’ont pas forcément vu et entendu la même chose. Un
exemple très fort de cela, c’est Pierre et Jean d’un côté, et les quelques
femmes croyantes de l’autre. Ayant entendu la nouvelle que le Seigneur était
ressuscité, les deux disciples ont couru au tombeau. Ils ont regardé dedans, et
Pierre est même entré ; mais rien n’est dit de ce qu’ils auraient vu un
ange. Quelques femmes étaient déjà allées avant eux au tombeau, et y avaient vu
un jeune homme vêtu d’une robe blanche assis du côté droit (Marc 16:5). Plus tard,
après
les apôtres, Marie s’est baissée dans le sépulcre, et a vu deux
anges vêtus de blanc « assis, un à la tête et un aux pieds, là où le corps
de Jésus avait été couché » (Jean 20:11,12). Ceci montre clairement que
les anges n’étaient pas visibles de la même manière à tous les visiteurs du
sépulcre.
Quant aux femmes de Matthieu 28, il n’est pas dit qu’elles aient
vu aucun ange. Elles ont entendu parler
un ange, et ce qu’elles virent
au préalable, devait plutôt avoir ressemblé à la lumière d’un éclair (Matt.
28:3). Les femmes de Marc 16 sont entrées dans le sépulcre, et ont vu « un
jeune homme » assis (Marc 16:5). Quant aux femmes de Luc 24, « deux
hommes se trouvèrent avec elles, en vêtements éclatants de lumière ». Cela
semble avoir été des « scènes » effectivement différentes. Il n’est
pas toujours dit des femmes mentionnées qui elles étaient ; et il vaut
mieux pour nous d’en rester là.
Des commentateurs croyants sont d’accord pour admettre que les événements individuels de cette période extrêmement significative se sont déroulés, selon toute probabilité, de la manière suivante :
1. Marie de Magdala et l’autre Marie s’assirent en face du tombeau, et regardèrent où on déposait le corps de Jésus (Matt. 27:61 ; Marc 15:47 ; Luc 23:55).
2. Quelques femmes retournèrent et préparèrent les aromates et le parfum pour oindre. Selon notre manière de compter le temps, c’était le vendredi soir (Luc 23:56).
3. À la fin du sabbat, c’est-à-dire le samedi soir, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent regarder le sépulcre (Matt. 28:1). Puis elles s’en retournèrent pour acheter des aromates.
4. Très tôt au premier jour de la semaine, notre dimanche, la résurrection du Seigneur eut lieu, accompagnée d’un tremblement de terre. Un ange du Seigneur descendit du ciel et roula la pierre, et s’assit dessus (Matt. 28:2).
5. « Le matin comme il faisait encore nuit », Marie de Magdala vint au sépulcre, puis courut vers Pierre et Jean pour leur rapporter qu’on a enlevé « le Seigneur » du sépulcre (Jean 20:1, 2).
6. « Le premier jour de la semaine, de très grand matin » les femmes vinrent au sépulcre et y entrèrent. Elles apprirent par l’ange que le Seigneur était ressuscité. En même temps, elles reçurent le commandement d’aller vers les disciples, les apôtres, pour leur faire part de la résurrection du Seigneur (Matt. 28:5-7 ; Marc 16.2-7 ; Luc 24:1-10).
7. Là-dessus Pierre et Jean coururent au sépulcre et furent convaincus que le tombeau était vide. Puis ils rentrèrent chez eux (Luc 24:12 ; Jean 20:3-10).
8. Marie de Magdala suivit les deux. Cependant elle resta auprès du tombeau, et elle vit deux anges et les entendit dire : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Le Seigneur lui apparut en premier. Puis Il l’envoya avec un message pour ses frères (Jean 20:11-18 ; Marc 16:9-11).
Après ce survol, revenons à la question des anges. Il est clair
que dans certaines scènes deux
anges ont été vus. Si pour les mêmes
scènes, des indications différentes sont données (un ange, deux anges), la
raison en est probablement très simple. Matthieu et Marc ne mentionnent dans
leur récit qu’un seul
ange, car ils avaient pour mission de placer devant les regards l
’ange qui adressa la parole aux femmes.
Luc au contraire, signale par un « voici » (24:4), qu’il y avait en
fait deux
hommes qui vinrent vers elles et leur parlèrent. Certainement
il n’y en eut qu’un des deux qui parla, quoiqu’ils étaient
deux à être témoins. Nous pouvons en déduire que durant tout le temps, il y a
bien eu deux anges présents, mais que pour ces femmes dans une grande
perplexité, ils ne devinrent visibles qu’au moment de ce « voici ».
Il n’y a pas de contradiction dans les récits. On y trouve des
différences, mais elles complètent
le tableau.
Si nous repensons à ce qui a été dit, nous ne ressentirons pas seulement une très grande estime pour la manière de parler du Saint Esprit, mais nous serons aussi gardés de la tendance profane à attribuer à Dieu des inepties.
Questions et réponses, p. 37
Que signifie l’expression utilisée par l’apôtre en 2 Corinthiens 5:8 : « être absents du corps » ?
Cette expression se rapporte à ceux qui sont morts dans le Christ Jésus. Le corps est vu comme une tente, comme une maison terrestre (2 Cor. 5:1) dans laquelle habite la personnalité du croyant. Si maintenant la tente est détruite, c’est-à-dire si le croyant est délogé, alors il la quitte, et va vers son Seigneur. Il est alors « absent du corps et présent avec le Seigneur » (2 Cor. 5:8). La tente terrestre est en quelque sorte abandonnée, et se décompose, tandis que l’âme du croyant trouve son chez elle auprès de Christ dans le paradis, attendant le moment de la résurrection.
La résurrection met un terme à cet état intermédiaire,
caractérisé d’un côté par la séparation de l’âme et du corps, et d’autre part
par la bénédiction indescriptible de l’âme. Ce dernier côté fait dire à
l’apôtre : « nous avons de la confiance, et nous aimons mieux
être
absents du corps et être présents avec le Seigneur ». Il parle de la mort
du croyant, et montre que « déloger et être avec Christ » est de
beaucoup meilleur (Phil. 1:23), — meilleur que de Le servir ici-bas dans les
circonstances du désert. Mais pour la pleine jouissance de la gloire, nous
avons besoin de retrouver un corps, un corps de gloire, conforme à Son corps de
gloire (Phil. 3:21).
C’est l’ « édifice » que nous avons de Dieu,
« une maison qui n’est pas faite de main, éternelle, dans les cieux »
(2 Cor. 5:1). Cet édifice nous l’avons
; nous ne le possédons pas
encore maintenant (même ceux qui sont endormis en Christ ne le possèdent pas
encore), mais en principe nous l’avons
. C’est une déclaration abstraite,
une vérité valable en général, indépendamment du moment de sa réalisation.
Questions et réponses, p. 156
Est-il conforme à l’Écriture de dire que je suis sauvé esprit,
âme et corps, ou dois-je attendre la résurrection pour que mon corps soit
également sauvé ? Mon corps n’est-il pas sauvé déjà maintenant
?
Ce qui reste encore à venir, n’est-il pas sa transmutation ou sa glorification
à la venue du Seigneur ? Est-ce correct ?
En Romains 7, celui qui est né de nouveau réclame le salut de
son « corps de mort » (Rom. 7:24). En Rom. 8:10 (même épître), il est
parlé de ce que le corps « est bien mort à cause du péché ». Le péché
habite encore dans notre corps, et c’est pour cela qu’il est mort sur le plan
spirituel. C’est-à-dire : Si nous le laissons à lui-même, si nous ne le
tenons pas pour mort, il ne fait que pécher. Mais bien que nous ayons des
« corps mortels » (Rom. 7:11), l’Esprit de Celui qui a ressuscité
Jésus d’entre les morts habite pourtant en nous. C’est le gage de ce que ces
corps mortels feront un jour l’expérience de la puissance de Sa résurrection.
Tout cela montre bien que nos corps ne sont pas encore délivrés ou sauvés.
Effectivement, nous attendons
« l’adoption : la délivrance de
notre corps » (Rom. 7:23), nous ne l’avons pas encore. Par notre corps,
nous sommes encore rattachés à la création qui soupire, mais par le Saint
Esprit nous sommes déjà avec la gloire de Dieu là-haut. Quel bonheur de pouvoir
le comprendre !
(*) note Bibliquest : le mot « soupirer » utilisé en Rom. 8 est le même, en grec, que « gémir » de 2 Cor. 5:2
Un passage de 1 Corinthiens 15 souligne ce qui vient d’être
dit : « Or je dis ceci, frères, que la chair et le sang ne peuvent
pas hériter du royaume de Dieu, et que la corruption non plus n’hérite pas de
l’incorruptibilité » (1 Cor. 15:50). Le corps que nous avons aujourd’hui
est un corps animal
(15:44), il est composé de chair et de sang
.
C’est pourquoi il est corruptible
. Or avec ce corps nous ne pouvons pas
entrer dans le royaume de Dieu dans la gloire. C’est absolument impossible.
Comment pourrions nous supporter la gloire infinie de Dieu dans un corps
naturel ? Cependant, le moment viendra où le corruptible revêtira
l’incorruptibilité, et où le mortel revêtira l’immortalité (15:53). Cela aura
lieu lors de la résurrection : Les corps de ceux qui sont déjà auprès du
Seigneur seront ressuscités, les corps des croyants vivants seront transmués
(15:51, 52).
Jusqu’ici nous avons parlé du point de vue des faits
, de
l’expérience
. C’est à la fois un fait et notre expérience que notre
corps est mort. Car si nous ne le tenons pas pour tel, il pèche. De la même
manière, c’est un fait, et en même temps notre expérience, que notre corps est
mortel ; car nous y gémissons (2 Cor. 5:2). C’est un état de fait
indiscutable. Pourtant il y a encore une autre manière de voir, celle du conseil
de Dieu
. Nous le trouvons en Romains 8:29,30. En considérant les sept
« chaînons d’or » qui présentent le conseil divin sous forme d’une
chaîne, nous sommes spécialement frappés par le dernier : « Il les a
aussi glorifiés ».
Comment faut-il comprendre cela ? Sans doute, le mot
« glorifié » se rapporte à l’homme tout entier
, et plus
précisément à l’homme revêtu d’un corps. Les croyants endormis sont comme des
âmes dépouillées au paradis, et ils sont là incontestablement extrêmement
heureux, mais ils ne sont pas encore « parfaits, achevés », ils ne
possèdent pas encore le corps glorieux. D’un autre côté, l’Écriture Sainte dit
des enfants de Dieu : « Il les a
aussi glorifiés ». La
difficulté n’est qu’apparente : Dans le conseil de Dieu, tout est déjà
accompli. Pour Dieu tout est terminé. La foi le saisit, elle prend la manière
de voir de Dieu, et elle se réjouit de la consolation qui s’y trouve. La seule
conséquence que le croyant tire du fait qu’il n’a pas encore réellement atteint
la gloire est celle-ci : « Il l’attend
avec patience »
(Rom. 8:25).