L’obéissance et la volonté du Seigneur Jésus

Remmers Arend

ME 2016 p.97

Table des matières :

1 - La volonté propre de l’homme

2 - Christ, l’Homme venu du ciel

3 - La volonté du Seigneur Jésus : accomplir le bon plaisir de Dieu

4 - Non pas ma volonté, mais la tienne

5 - Christ notre modèle

6 - Rom. 12:2 — La volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite

6.1 - Un avertissement : « Ne vous conformez pas à ce siècle »

6.2 - Un enseignement : « transformés par le renouvellement de votre entendement »

6.3 - Une exhortation : « discerner la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite »


1 - La volonté propre de l’homme

Nos premiers parents ont été séduits par Satan et ont transgressé le commandement de Dieu. C’est de cette manière que la volonté propre, la désobéissance et le péché sont entrés dans le monde. Tous les descendants d’Adam et d’Ève sont nés pécheurs, à l’image de leurs parents. Le trait caractéristique du péché est la volonté propre de la créature qui met de côté la volonté de Dieu, révélée maintenant dans l’Écriture Sainte. Paul décrit sa propre vie, ainsi que celle des hommes sans Dieu, par les mots : « accomplissant les volontés de la chair et des pensées » (Éph. 2:3). « La chair » est la mauvaise nature de l’homme, apparue à cause de la chute de nos premiers parents, et c’est elle qui est la source du péché. « Les pensées » sont le chemin par lequel la chair se manifeste. Pierre résume les débordements du péché des hommes sans Dieu par l’expression : « la volonté des nations », et il mentionne « la débauche, les convoitises, l’ivrognerie, les excès dans le manger et le boire et les criminelles idolâtries » (1 Pierre 4:3). La « volonté propre » religieuse, qui se montre « dans l’humilité et dans le culte des anges », dans un service religieux établi par l’homme et qui n’épargne pas le corps, ne vaut pas mieux. Elle sert également à « la satisfaction de la chair » (Col. 2:18-23). Tel est le jugement solennel que la parole de Dieu place sous nos yeux.


2 - Christ, l’Homme venu du ciel

Il n’y avait qu’un seul moyen de libérer de ce terrible joug les hommes corrompus par le péché et par conséquent perdus pour l’éternité. Il fallait qu’un substitut parfait prenne sur lui le jugement de Dieu contre le péché et le subisse. C’est ce qu’a fait notre Seigneur Jésus Christ. C’est dans ce but que le Fils éternel de Dieu est devenu un homme comme nous, mais sans péché. Les Écritures prennent grand soin à établir que, tout en étant véritablement homme, il était absolument sans péché. S’il avait présenté la moindre trace de péché, il n’aurait pas pu être notre Rédempteur.

À ses adversaires, Jésus a posé une fois la question : « Qui d’entre vous me convainc de péché ? » (Jean 8:46). Aucun homme ne pouvait le faire, car en lui il n’y avait point de péché (1 Jean 3: 5), il n’a pas connu le péché (2 Cor. 5:21) et il n’a pas commis de péché (1 Pierre 2:22). Sa nature humaine parfaite ne connaissait pas de penchants mauvais, ni de pensées mauvaises, pas plus que de paroles ou d’actes mauvais. Dans le psaume 17, il est dit prophétiquement à son sujet : « Tu as sondé mon cœur, tu m’as visité de nuit ; tu m’as éprouvé au creuset, tu n’as rien trouvé ; ma pensée ne va pas au-delà de ma parole » (v. 3). Une telle affirmation n’est entièrement vraie pour aucun homme sur la terre ; elle l’est seulement pour lui.

Mais Jésus Christ, le Fils éternel de Dieu venu sur la terre, n’était pas seulement homme ; il était en même temps Dieu (Jean 1:14 ; 20:28 ; Phil. 2:5-7 ; 1 Tim. 2:5 ; 1 Jean 1:1-2). Cependant, nous ne devons pas nous l’imaginer comme ayant seulement un corps humain, alors que son être intérieur était divin et par conséquent sans péché, tout-puissant et omniscient. Alors, il n’aurait été homme que dans son apparence extérieure. Mais il était parfaitement homme — corps, âme et esprit.

Jésus possédait un corps avec des besoins comme la faim, la soif et la fatigue (Luc 4:2 ; Jean 4:6 ; 19:28). Il avait un esprit humain et une âme humaine. Il a connu le trouble et la tristesse dans son esprit et dans son âme (Mat. 26: 38 ; Jean 11:33 ; 12:27 ; 13:21). Il a pleuré en pensant à Jérusalem, et devant le tombeau de Lazare (Luc 19:41; Jean 11:35) Comme homme, notre Seigneur a aussi accepté les limitations humaines, qui lui étaient complètement étrangères comme Dieu. Lorsqu’il était enfant, il « avançait en sagesse et en stature » (Luc 2:52) — comme les autres enfants sur la terre. Les évangiles nous rapportent son étonnement en face de la foi du centurion de Capernaüm (Mat. 8:10 ; Luc 7:9) et de l’incrédulité des hommes de Nazareth (Marc 6:6) En parlant du jour futur de son apparition en gloire, le Seigneur dit : « Quant à ce jour-là, ou à l’heure, personne n’en a connaissance, pas même les anges qui sont dans le ciel, ni même le Fils, mais le Père » (Marc 13:32). Nous ne trouvons ces paroles que dans l’évangile de Marc, qui présente le Seigneur comme le vrai serviteur de l’Éternel. La réalité de l’abaissement du Fils de Dieu ne pourrait pas être décrite plus clairement. Tous ces exemples ne laissent pas le moindre doute quant à la réalité et la perfection de son humanité. Ils ne contredisent pas non plus sa divinité, pour laquelle il ne peut y avoir ni trouble, ni croissance, ni étonnement, ni surprise, ni ignorance. Il est devenu homme, mais il est resté Dieu ; il est « sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9:5).

Le Fils de Dieu est venu « en ressemblance de chair de péché, et pour le péché » — c’est-à-dire pour son abolition (Rom. 8:3). Un autre passage nous dit : « Puis donc que les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé » (Héb. 2:14). « Semblablement » indique une manière proche, mais non pas identique. Il « s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ; et, étant trouvé en figure comme un homme, il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (Phil. 2:7-8). Dans un monde de pécheurs, il était le seul homme sans péché, lui, le second homme, l’homme du ciel.

La pensée que le Seigneur n’a pas péché mais qu’il en aurait eu la possibilité est en contradiction avec la parole de Dieu. « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais nous en avons un qui a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché » (Héb. 4:15). S’il avait pu pécher, il aurait eu une nature pécheresse comme les autres hommes, mais ce n’est pas le cas. Avant sa désobéissance, Adam avait une nature susceptible de pécher. Il était « une âme vivante », alors que le Seigneur Jésus, le second homme et le dernier Adam, l’homme du ciel, était un « esprit vivifiant » (1 Cor. 15:45-49). Il était parfaitement homme, mais sans la nature des hommes déchus. S’il l’avait eue, il n’aurait pas pu être notre rédempteur, car il aurait lui-même eu besoin de rédemption.


3 - La volonté du Seigneur Jésus : accomplir le bon plaisir de Dieu

Nous voyons la perfection de l’humanité de notre Seigneur à chaque pas de sa vie sur la terre. Le premier couple humain a fait sa propre volonté dès que l’occasion s’en est présentée, et il s’est ainsi éloigné de Dieu. Mais pour le Seigneur Jésus, nous voyons absolument le contraire. Dans l’évangile de Jean, où il est placé devant nous comme le Fils éternel de Dieu, nous trouvons beaucoup de déclarations concernant sa vie d’homme obéissant sur la terre. Par exemple : « Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 6:38). Quel contraste avec le premier couple ! Adam et Ève ont cherché à s’élever afin d’être égaux à Dieu, comme Satan le leur avait suggéré (Gen. 3:5). Par contre le Fils de Dieu, qui était de toute éternité « en forme de Dieu », n’a pas considéré comme une chose à s’approprier de lui être égal (Phil. 2:6). Et il est venu comme l’homme du ciel sur la terre. En contraste complet avec la créature déchue, son but était de ne pas avoir de volonté propre, de volonté indépendante de Dieu, mais de n’accomplir que la volonté de son Père qui l’avait envoyé. C’est ce qu’il a réalisé dans toute sa vie.

Ce que le Seigneur dit de son obéissance est particulièrement remarquable. « Ma viande (ou ma nourriture) est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean 4:34). Son obéissance n’était pas uniquement un accomplissement extérieur de la volonté du Père. Jésus parle ici de nourriture. Pour l’homme, manger est en même temps la satisfaction d’un besoin et un plaisir. De même, pour le Seigneur, l’obéissance était en même temps une nécessité intérieure et une joie. Les mots « accomplir son œuvre » nous indiquent déjà le but de son chemin sur la terre, ce pour quoi le Père l’avait envoyé : ils évoquent sa mort sur la croix. Cette « œuvre » qui devait glorifier Dieu et accomplir la rédemption des pécheurs, faisait partie de ce qu’il appelle sa nourriture, la nourriture de son âme.

Le Seigneur Jésus n’a donc pas simplement accompli la volonté du Père. On peut se soumettre dans une obéissance extérieure et faire ce qui est commandé sans être d’accord du fond de son cœur avec l’ordre reçu. Mais il n’en était pas ainsi de notre Seigneur. Il n’a jamais voulu faire sa propre volonté. Il dit : « Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 5:30). Cet état de cœur ne le conduisait pas seulement à l’accomplissement de ce qui lui avait été ordonné, mais cela allait beaucoup plus loin. Parlant de son Père, il dit : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:29). Ainsi qu’il est écrit au psaume 40 : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir » (v. 8). Son obéissance était si précieuse pour Dieu qu’il a pu dire de lui : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Mat. 3:17 ; 17:5). À tous égards, il est unique.

Ce que le Seigneur dit concernant « les commandements » de son Père montre aussi cette attitude. Ces mots désignent la volonté expresse de son Père, volonté qui correspondait toujours à la sienne. Pour Adam et ses descendants, le fait est que l’apparition du commandement a stimulé celle du péché — comme il est écrit : « Le commandement étant venu, le péché a repris vie » (Rom. 7:9). Le premier homme a utilisé les facultés qui lui avaient été données pour refuser d’obéir au commandement de Dieu. Pour Jésus, le second homme, le commandement de Dieu était quelque chose à quoi il acquiesçait toujours parfaitement. Comme homme, il a pris une place de soumission et d’obéissance, qu’il s’agisse de ses actions, de ses paroles ou du don de sa vie. Concernant ses paroles, il dit : « Car moi, je n’ai pas parlé de moi-même ; mais le Père qui m’a envoyé, lui-même m’a commandé ce que je devais dire et comment j’avais à parler… Les choses donc que moi je dis, je les dis comme le Père m’a dit » (Jean 12:49-50). Et concernant le don de sa vie, il dit : « Personne ne me l’ôte, mais moi, je la laisse de moi-même ; j’ai le pouvoir de la laisser, et j’ai le pouvoir de la reprendre : j’ai reçu ce commandement de mon Père » (Jean 10:18). Voilà combien profondément le Fils de Dieu s’est abaissé en devenant homme, afin de glorifier Dieu et de nous sauver.

Le Fils de Dieu « a appris l’obéissance » (Héb. 5:8), mais pas comme les autres hommes. Pour toute l’espèce humaine, l’éducation doit s’élever contre la désobéissance et la volonté propre d’êtres qui sont enclins au péché. Mais quand le Fils de Dieu devenu homme a appris l’obéissance — et déjà dans son enfance nous le voyons soumis à ses parents (Luc 2:51) — il n’y avait aucune propre volonté à vaincre. Et pourtant, il l’a apprise. Pour lui, qui a tout créé et qui soutient toutes choses, l’obéissance était quelque chose de nouveau et d’inconnu. Comme Créateur, il savait commander, mais c’est comme homme qu’il a appris à connaître l’obéissance. Et il l’a apprise « par les choses qu’il a souffertes » — dans les circonstances les plus difficiles qui soient. Il préférait être obéissant, souffrir et mourir, que d’éviter les souffrances par la désobéissance. Il en a été ainsi depuis le début de son service, lorsqu’il a eu faim dans le désert (Luc 4:2-4), jusqu’à la fin, lorsque le coût de son obéissance a été la mort, et la mort de la croix (Phil. 2:8).

La volonté de Jésus correspondait toujours à la volonté de son Dieu et Père. C’est ce que montrent aussi les passages où il dit : « Je veux ». Ces passages sont parfois utilisés pour soutenir l’idée que le Seigneur avait une volonté indépendante, mais il n’en est pas ainsi.

En Marc 1, un lépreux vient à Jésus en lui disant : « Si tu veux, tu peux me rendre net ». Jésus, ému de compassion, lui répond : « Je veux, sois net », et la lèpre disparaît (v. 40-42). Il faut remarquer que cette guérison ne correspondait pas seulement à la volonté de Jésus, le parfait serviteur, mais également à la volonté de Dieu. Il avait donné à son Fils, comme homme sur la terre, la puissance d’accomplir ces signes — ou miracles. La guérison venait de Dieu aussi bien que de Jésus, comme l’indique le récit où le Seigneur ordonne à celui qui est guéri : « Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu t’a fait » (Luc 8:39 ; cf. Actes 10:38 ; Héb. 2:3-4).

Dans sa prière en Jean 17, le Seigneur Jésus dit : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, que tu m’as donnée » (v. 24). Ici aussi, où il s’agit de la part éternelle et glorieuse des rachetés dans la maison du Père, la volonté de Jésus est en parfait accord avec celle du Père. En Hébreux 2, nous lisons au sujet de Dieu le Père : « Car il convenait pour lui, à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât le chef de leur salut par des souffrances » (v. 10). La volonté du Père et celle du Fils étaient en parfait accord pour réaliser ce qui était nécessaire afin d’amener « plusieurs fils à la gloire ».


4 - Non pas ma volonté, mais la tienne

Ce n’est qu’à la lumière des passages présentés plus haut que nous pouvons comprendre de façon juste les paroles du Seigneur à Gethsémané. Dans son combat intérieur et dans son angoisse, il dit : « Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite ! » (Luc 22:42). Les autres évangiles emploient ici des expressions légèrement différentes : « Toutefois, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux ! » (Mat. 26:39) et « Toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! » (Marc 14: 36). Fondamentalement, le sens est le même. La demande du Seigneur Jésus à Gethsémané place le lecteur de la Bible devant la question : Est-ce que le Seigneur avait exceptionnellement ici une volonté qui différait malgré tout de celle du Père ?

Dans la nature humaine de Christ, il n’y avait pas la moindre trace de volonté propre. Si nous nous souvenons, que — même dans ces moments particulièrement difficiles — c’était toujours sa nourriture, c’est-à-dire son plaisir, de faire la volonté de son Père, la demande : « que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite » reste un secret insondable.

Nous nous tenons ici sur une « terre sainte », comme Moïse devant le buisson ardent (Ex. 3:2-5). De même que Moïse ne pouvait comprendre cet événement extraordinaire, nous ne pouvons pas sonder ce qui s’est passé dans le cœur de notre Rédempteur lorsqu’il s’est jeté contre terre et a prié en Gethsémané. Mais nous pouvons dire que la coupe de souffrance qui était devant lui à ce moment-là avait sur lui un effet si horrible qu’il a demandé d’en être épargné, si cela était possible. Il savait que c’était impossible. Quel supplice pour notre Seigneur !

Les sentiments entièrement justes de son âme et les pensées parfaitement saintes de son esprit étaient profondément affectés par l’horreur du péché et par le jugement que Dieu devait exercer sur lui. La croix se présentait clairement devant lui dans tout ce qu’elle comportait de terrible. Mais, même à ce moment-là, sa volonté ne s’est pas écartée tant soit peu de celle de son Dieu et Père. Il était venu pour accomplir cette volonté, dans une obéissance parfaite. Il l’avait dit plus d’une fois auparavant : « Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre » (Jean 4:34) et « Car aussi le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs » (Marc 10:45). Mais d’autre part, le Saint et le Juste ne pouvait pas désirer être fait péché et être abandonné de son Dieu. En cela aussi, son cœur et ses pensées étaient en parfaite harmonie avec la volonté de Dieu et avec sa sainteté.

Nous ne devons pas conclure des paroles du Seigneur à Gethsémané qu’il a dû se forcer à boire la coupe que le Père lui donnait à boire. À la lumière de ce que nous trouvons au sujet de la volonté de notre Seigneur dans la Parole, les mots « non pas ma volonté » signifient qu’il n’a jamais — pas même à ce moment-là — voulu autre chose qu’accomplir la volonté de son Père, dans un dévouement volontaire et parfait. Rien d’autre ne pouvait entrer en ligne de compte pour lui. Depuis sa venue sur la terre, et même de toute éternité, son but était de donner sa vie en rançon pour des hommes perdus. Il a poursuivi et atteint ce but en parfait accord avec la volonté de Dieu, aussi difficile qu’en soit le chemin.

Cet accord de volonté ne concerne pas seulement Gethsémané, où il s’est tourné en pleine confiance vers son Père, mais aussi les trois heures de ténèbres, lorsqu’il était sur la croix sous le jugement de Dieu et qu’il a crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mat. 27:46). Même lorsqu’il était, comme homme, abandonné de son Dieu à cause du péché, sa volonté n’a pas été différente de celle du Père. Dans son obéissance et dans son amour insondable, il est allé « jusqu’à la mort… de la croix » (Phil. 2:8). « Par l’Esprit éternel, il s’est offert lui-même à Dieu sans tache » (Héb. 9:14), et « il s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Éph. 5:2). Ce parfum résultait du dévouement entier et parfait de Christ à la volonté de son Dieu et Père.

Qu’il soit éternellement loué pour son obéissance et son amour, qui demeurent pour nous un mystère insondable !


5 - Christ notre modèle

Dans son obéissance et dans son dévouement jusqu’à la mort, notre Seigneur est unique et parfait. Et pourtant, en cela aussi il est un exemple pour les siens. Bien sûr, pas en ce qui concerne l’expiation des péchés. Là, il est seul.

Il ne possédait pas la chair, dans le sens de la nature pécheresse en laquelle « il n’habite point de bien » (cf. Rom. 7:18). Nous, croyants, nous possédons encore la vieille nature, la chair, en plus de la nouvelle nature reçue lors de notre nouvelle naissance. Puisque ces deux natures sont continuellement opposées l’une à l’autre (cf. Gal. 5:17), nous n’avons pas seulement besoin d’être enseignés quant à la volonté de Dieu, mais d’être exhortés à être obéissants de cœur et d’esprit à Dieu et à sa Parole.

Nous trouvons cela notamment en Philippiens 2. Ce passage nous présente l’abaissement volontaire du Fils de Dieu, qui a pris « la forme d’esclave », c’est-à-dire la forme d’un homme, et qui « a été obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix » (v. 6-8). Or ce passage commence par les mots : « Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus » (v. 5). La disposition d’esprit de Christ qui l’a conduit à l’obéissance absolue, nous est présentée ici comme exemple à suivre. Dans notre vie pratique, nous resterons certainement toujours bien en dessous de la perfection de Jésus, mais son état d’esprit nous est donné comme modèle.

L’apôtre Paul suivait cet exemple. En 2 Corinthiens 10, il parle de ses efforts pour « amener toute pensée captive à l’obéissance du Christ » (v. 5). Notre obéissance à Christ a pour modèle son obéissance parfaite à Dieu. Nos pensées s’égarent souvent dans de mauvaises directions, mais si elles sont amenées captives à l’obéissance du Christ, elles ne produiront pas de mal. C’est ce que Paul faisait, non sous la contrainte, ni par légalisme, mais en raison de son désir de plaire au Seigneur Jésus et afin de recevoir la force nécessaire pour le combat spirituel. C’est ce dont nous avons également bien besoin.


6 - Rom. 12:2 — La volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite

En Romains 12, nous trouvons : « Ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite » (v. 2). Ce passage nous montre quelle est l’obéissance que Dieu aimerait voir en nous, qui est celle que le Seigneur Jésus a réalisée dans toute sa vie. Nous avons ici un avertissement, un enseignement et une exhortation pour nous conduire à accomplir la volonté de Dieu dans notre vie quotidienne.


6.1 - Un avertissement : « Ne vous conformez pas à ce siècle »

« Ne vous conformez pas à ce siècle… » Si nous ne possédions plus la chair, cet avertissement serait superflu. Mais il est très nécessaire. L’apôtre Jean confirme : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2:15). Et il precise : « Tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père, mais est du monde » (v. 16). Notre conformité au monde et à ses habitudes sont un grand danger pour nous. Lorsque nous faisons comme lui, dans nos pensées ou dans nos faits et gestes, nous sommes incapables de discerner la volonté de Dieu et de l’accomplir.


6.2 - Un enseignement : « transformés par le renouvellement de votre entendement »

« …mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement ». Par la nouvelle naissance, nous possédons une nouvelle vie. La chair, notre vieille nature pécheresse, est pourtant encore en nous, et cherche continuellement à nous tirer dans la mauvaise direction. C’est pourquoi le renouvellement constant de notre entendement est nécessaire. Chaque jour, nous avons besoin de l’enseignement de la parole de Dieu et de la communion avec lui dans la lumière, par la prière. De cette manière, nos pensées et nos sentiments seront renouvelés depuis le haut. Ce renouvellement régulier conduit à un changement intérieur, à une croissance spirituelle. De même, Paul écrit aux croyants d’Éphèse, en relation avec le nouvel homme qu’ils avaient revêtus : « et d’être renouvelés dans l’esprit de votre entendement » (Éph. 4:23). Aussi longtemps que nous vivrons sur la terre, nous aurons la chair en nous et serons entourés d’un monde ennemi. Et aussi longtemps qu’il en sera ainsi, nous aurons besoin d’un changement permanent, par le renouvellement de nos pensées et de nos sentiments — par la parole de Dieu et par la prière.


6.3 - Une exhortation : « discerner la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite »

« …pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite ». Comme nous l’avons vu, le Seigneur Jésus a toujours et uniquement fait ce qui plaisait à son Père (Jean 8:29). Quant à nous, nous devons constamment rechercher et discerner ce qui correspond à la volonté de Dieu. La pierre de touche pour cela, c’est la parole de Dieu. C’est à elle que nous devons soumettre nos plans et nos désirs, comme aussi toutes les suggestions et les influences qui viennent de notre entourage. Tout ce qui n’est pas en accord avec la Parole ne peut pas non plus être en accord avec la volonté de Dieu.

Mais il ne suffit pas de discerner si une chose est, ou n’est pas, en contradiction avec l’enseignement des Écritures. Ne pensons pas que tout ce que Dieu n’a pas interdit dans sa Parole nous est permis. Ce serait faire un usage légal de la Bible et cela nous conduirait rapidement à la tordre. Pour que nous soyons gardés de ce danger, l’exhortation contient trois qualificatifs. Nous sommes appelés à discerner « la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite ».



Cependant, même si nous sommes souvent bien en dessous de cette mesure, il n’y a pas lieu de nous décourager. Nous trouvons dans la parole de Dieu quelle est la source de la puissance pour notre obéissance. C’est Dieu lui-même, comme nous le montre ce passage : « Or le Dieu de paix… vous rende accomplis en toute bonne œuvre pour faire sa volonté, faisant en vous ce qui est agréable devant lui, par Jésus Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen » (Héb. 13:20-21).