L’AMOUR

Paul Fuzier

Table des matières abrégée :

1 - L’amour

2 - Ayant un même amour

3 - Amour pour le Seigneur, amour des frères


Table des matières détaillée :

1 - L’amour

1.1 - Amour de Dieu pour nous

1.2 - L’amour qui discipline

1.3 - Aimer les autres

1.4 - Aimer et garder les commandements

1.5 - L’amour se traduit en actes

1.6 - Amour dans la vérité — Répréhension

1.7 - Christ le modèle — Obéir à la Parole

2 - Ayant un même amour

2.1 - Les fidèles en Actes 2

2.2 - État des assemblées en Actes 9

2.3 - Exhortation de Philippiens 2:1-6

2.4 - Exhortation de Rom. 13:11-14

3 - Amour pour le Seigneur, amour des frères

3.1 - Premier amour. Amour des frères, amour de Philadelphie

3.2 - L’amour des frères découle de l’amour de Dieu

3.3 - L’amour au début des Actes reproduisant l’amour du Seigneur pour le Père. Jean 13:34, 35

3.4 - L’amour inséparable de la vérité et de l’obéissance. 1 Jean 5:2

3.5 - Quatre domaines de persévérance selon Actes 2:42

3.5.1 - dans la doctrine des apôtres

3.5.2 - dans la communion des apôtres

3.5.3 - dans la fraction du pain

3.5.4 - dans les prières

3.6 - Crainte de Dieu générale en Actes 2:43, mais limitée à un résidu dans les jours de la fin

3.7 - Résultats de l’état de choses selon Actes 2:42-43

3.8 - Amour des frères envers Paul

3.8.1 - Actes 9 lors de la conversion de Paul

3.8.2 - Actes 11 à Antioche

3.8.3 - Actes 21

3.8.4 - Actes 28


Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

1 - L’amour

ME 1946 p. 98

1.1 - Amour de Dieu pour nous

Dieu est amour, c’est sa nature même. Et Il a aimé des êtres perdus et coupables, qui ne méritaient pas d’être aimés. « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). Le don de son Fils est la suprême manifestation de l’amour divin en faveur de pauvres pécheurs.

Par grâce nous avons cru en Jésus, nous avons ainsi la vie éternelle et nous sommes amenés à Dieu, Le connaissant maintenant comme notre Dieu et Père, le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ. Nous sommes les objets de l’amour du Père : « Le Père lui-même vous aime » (Jean 16:27). Amour insondable et éternel. Un jour, le monde connaîtra que nous sommes aimés par le Père du même amour que celui dont Il aime son Fils : « tu les as aimés comme tu m’as aimé (Jean 17:23).

De quel amour le Seigneur nous a-t-Il aimés ! « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15:13). Et Lui a laissé sa vie pour ses ennemis ! Il nous a aimés jusqu’à la mort et à la mort de la croix. Son amour pour nous est infini ; là encore, c’est la même mesure : l’amour du Père pour le Fils ! « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (Jean 15:9).

Amour du Père, amour du Fils, nous en sommes les objets dès ici-bas et pour l’éternité. C’est le même amour que celui qui a été pleinement manifesté lorsque le Fils était fait péché pour nous sur la croix du Calvaire. Tout le long du voyage, nous pouvons en discerner les soins. Que de bontés multipliées, que de bienfaits répandus, quelle tendresse, quelles riches consolations ! Tout cela, c’est le déploiement de l’amour. Qu’il est doux de se sentir près du cœur du Père et près du cœur du Fils, enveloppés par cet amour si tendre dont nous sommes aimés jusqu’à la fin !


1.2 - L’amour qui discipline

Mais n’oublions pas que cet amour a aussi d’autres manifestations. Nous avons à traverser parfois un sentier difficile : il y a la discipline, il y a même le châtiment. C’est encore une marque de l’amour ! « Celui que le Seigneur aime, il le discipline, et il fouette tout fils qu’il agrée ». « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime » (Hébr. 12:6 ; Apoc. 3:19). Celui qui aime désire le bonheur de l’être aimé et c’est en vue de ce but que nous sommes éduqués, disciplinés et même châtiés quand cela est utile. Savons-nous discerner les soins de l’amour dont nous sommes les objets, quand nous passons par un tel chemin ? Pas toujours. Et nous avons souvent de la peine à réaliser ce qu’écrit le psalmiste : « Bienheureux l’homme que tu châties, ô Jah ! » (Ps. 94:12).

Bientôt, sans aucune entrave, nous jouirons dans la perfection de l’amour du Père et de l’amour du Fils. Nous connaîtrons à fond, comme nous avons été connus et nous exalterons sans fin l’immensité de cet amour qui nous a pris de dessus le fumier où nous gisions, pour nous faire asseoir avec les nobles et nous donner en héritage un trône de gloire (1 Sam. 2:8). Nous serons éternellement avec le Seigneur ; Il l’a désiré : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi » (Jean 17:24). Celui qui aime désire la compagnie de l’objet de son amour.


1.3 - Aimer les autres

Aimés ainsi dans le passé, pour le présent et pour l’éternité, nous sommes exhortés à aimer à notre tour. Dieu désire qu’à son amour, notre amour réponde. C’était déjà ce qu’Il attendait de son peuple terrestre. Que disait, en effet, la loi de Sinaï ? « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même ». La loi est résumée par ces deux grands commandements : amour pour Dieu et amour pour le prochain (Marc 12:29-31 ; Luc 10:27) ; et l’apôtre écrit : « l’amour donc est la somme de la loi » (Rom. 13:8-10). Mais l’homme est-il capable d’aimer et d’accomplir ainsi la loi de Dieu ? Non. Alors, Dieu a envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché et pour le péché, et Il a condamné le péché dans la chair, « afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous » (Rom. 8:3-4). L’exigence de la loi, c’est l’amour ; c’est une juste exigence, car le Dieu d’amour a le droit de demander, en toute justice, à ceux qu’Il a tant aimés, de l’aimer à leur tour. C’est Lui qui nous a rendus capables d’aimer : par la nouvelle naissance, nous avons reçu une nouvelle nature qui est une nature divine ; c’est la nature même du Dieu d’amour. Si nous laissons agir en nous le Saint Esprit, la nouvelle nature produira des fruits et nous pourrons ainsi aimer Dieu et notre prochain. « Nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4:19). Mais nous avons toujours en nous la vieille nature, qui ne peut pas aimer : si nous ne réalisons pas pratiquement qu’elle a été condamnée et crucifiée, qu’elle a pris fin à la croix, nous ne pourrons manifester aucun amour pour Dieu et pour ceux qui nous entourent.


1.4 - Aimer et garder les commandements

Comment montrer que nous aimons et le Père et le Fils ? Jean 16:15, 21, 23 nous donne la réponse : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements… Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui… Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ». C’est par l’obéissance que nous manifesterons notre amour. Les commandements sont les instructions précises que Dieu nous donne pour telle ou telle circonstance de notre vie. Lisons par exemple les différentes épîtres elles renferment de nombreux commandements auxquels nous devons obéir. Il faut d’abord les connaître : « celui qui a mes commandements » ; ensuite les mettre en pratique : « et qui les garde ». Si nous n’avons pas en toute circonstance un commandement formel, nous avons toujours « la parole » : si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. La parole, c’est la révélation de l’ensemble des pensées de Dieu. Un fils qui vit près de son père connaît sa pensée et saura toujours ce qui lui est agréable ; si même il n’a aucun ordre de lui dans une circonstance déterminée, il saura cependant ce qu’il faut faire pour agir d’une manière qui lui plaise. Pour pouvoir toujours manifester notre amour, il nous faut donc vivre sans cesse près du Seigneur. Vivant près de Lui, nous connaîtrons Sa pensée pour y conformer nos voies et nous jouirons d’une pleine communion avec le Père et avec le Fils.


1.5 - L’amour se traduit en actes

D’une humble femme, le Seigneur a dit : « elle a beaucoup aimé » et Il nous la présente comme un exemple à imiter : « Vois-tu cette femme ? » Elle n’a pas prononcé un seul mot dans la scène qui nous est rapportée en Luc 7, mais elle a montré son amour par des actes. C’est ce que le Seigneur désire aussi pour nous. Les actes traduisent ce qu’il y a dans le cœur. S’il y a de l’amour dans nos cœurs, il y en aura la manifestation dans un chemin d’obéissance à la parole et aux commandements du Seigneur.

L’un des commandements qu’Il nous a laissés est celui-ci : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous ». « C’est ici mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13:34-35 ; 15:12). Amour pour nos frères et aussi amour pour tous les hommes — combien nous manquons à cet égard ! Et que dire si nous pensons à la mesure de cet amour : aimer son prochain « comme soi-même » ; nous aimer les uns les autres « comme le Seigneur nous a aimés »… Jugeons-nous nous-mêmes au lieu de juger les autres, leur reprochant si facilement de manquer d’amour !


1.6 - Amour dans la vérité — Répréhension

Il convient d’ailleurs de remarquer que l’on se méprend souvent sur les véritables manifestations de l’amour. L’amour selon Dieu va toujours de pair avec la vérité (1 Cor. 13:6 ; 2 et 3 Jean). Aussi, une attitude, des paroles qui sont la manifestation d’un véritable amour dans le Seigneur sont considérés parfois comme n’étant pas de l’amour. Éphésiens 5 renferme une triple exhortation en rapport avec la marche : marchez dans l’amour — marchez comme des enfants de lumière — marchez soigneusement (v. 2, 8, 15). Pour marcher soigneusement dans un monde de ténèbres, il nous faut une lumière ; cette lumière, c’est la Parole, lampe à notre pied, lumière à notre sentier (Ps. 119:105). Si la Parole agit dans notre être intérieur, elle produira la séparation nécessaire pour que nous puissions marcher « comme des enfants de lumière », suivant les traces de Celui qui a été ici-bas la lumière au milieu des ténèbres. Nous réaliserons alors que « nous ne sommes pas du monde, comme Il n’était pas du monde » et nous marcherons « soigneusement ». Mais nous ne sommes pas seuls dans le chemin ; des frères et des sœurs marchent aussi avec nous. Si nous les voyons aller dans les ténèbres, ne se servant pas de la lampe qu’ils possèdent cependant, quelle attitude devrons-nous avoir ? Certains diront : il faut éviter tout ce qui pourrait fâcher nos frères, nous garder de rien dire qui leur causerait du déplaisir — il faut leur prodiguer de bonnes paroles et leur témoigner beaucoup d’amour. Leur marche, c’est leur affaire et d’ailleurs, il y en a tant qui font encore plus mal qu’eux ! — Si nous agissions ainsi, nous ne répondrions pas à l’exhortation d’Éph. 5:2, nous ne marcherions pas dans l’amour. Il faut aller trouver notre frère, dans l’amour certes et avec douceur, mais lui parler la vérité (Éph. 4:25). Ce que nous dirons fera peut-être souffrir — car nous souffrons toujours lorsque nos yeux sont ouverts sur un état qui n’est pas bon ; et nous regimbons parfois… Mais ensuite, il y aura des fruits produits, et de la joie dans le cœur, et même de la reconnaissance envers le frère qui nous aura ainsi aidés et envers Celui qui nous l’aura envoyé. Nous pourrons dire avec David : « Que le juste me frappe, c’est une faveur ; qu’il me reprenne, c’est une huile excellente ; ma tête ne la refusera pas… » (Ps. 141:5). Ensemble, nous pourrons nous réjouir, nous aurons marché « dans l’amour ».


1.7 - Christ le modèle — Obéir à la Parole

« Marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés. » Voilà la mesure et le Modèle ! Considérons le chemin du Seigneur sur la terre : nous verrons briller tout au long les caractères du vrai amour, de cet amour qui parle toujours la vérité et qui ne varie jamais dans ses diverses manifestations, quelque différentes qu’elles puissent être. Fixons nos regards sur Celui qui a aimé des êtres tels que nous — et qui nous aime toujours, malgré tout ce que nous sommes — et aimons-nous les uns les autres comme Il nous a aimés ! (Jean 13:34 ; 15:12).

C’est en gardant ses commandements que nous montrerons que nous aimons Dieu — le Père et le Fils (Jean 14:15, 21, 23). C’est aussi en gardant ses commandements que nous manifesterons notre amour pour nos frères : « Par ceci nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, c’est quand nous aimons Dieu et que nous gardons ses commandements » (1 Jean 5:2). La preuve de l’amour, c’est l’obéissance à Dieu et il ne peut y avoir de vrai amour, pour Dieu et pour les frères, en dehors du chemin de l’obéissance à la Parole.


2 - Ayant un même amour

ME 1983 p.3

« Ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose… » (Philippiens 2)


2.1 - Les fidèles en Actes 2

« Le jour de la Pentecôte… il se fit tout à coup du ciel un son, comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis… Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint » (Actes 2:1-4). Le Saint Esprit descendu ici-bas, c’était le début de l’histoire de l’Assemblée sur la terre. Qu’est-ce qui a caractérisé ces premiers jours ? « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières. Et toute âme avait de la crainte… Et tous les croyants étaient en un même lieu, et ils avaient toutes choses communes… Et tous les jours ils persévéraient d’un commun accord dans le temple… louant Dieu, et ayant la faveur de tout le peuple… » (Actes 2:42-47).


2.2 - État des assemblées en Actes 9

Peu après, Saul de Tarse fut arrêté sur le chemin de Damas. C’est lui que Dieu avait choisi pour être un ouvrier tout particulièrement efficace dans la vie de l’Assemblée. Certes, il n’a aucune volonté propre quand, s’adressant au Seigneur et comptant sur Lui seul, il lui pose ces deux questions : « Qui es-tu, Seigneur ? » et ensuite : « Que dois-je faire, Seigneur ? » (Actes 22:8 et 10). Il compte sur Lui seul pour l’activité qu’il aura à exercer dans l’Assemblée, aussi le résultat devait être à la gloire de Dieu et pour la satisfaction de son cœur. C’était l’époque où « les assemblées, par toute la Judée, la Galilée et la Samarie, étaient en paix, étant édifiées, et marchant dans la crainte du Seigneur ; et elles croissaient par la consolation du Saint Esprit » (9:31). Paul, quoiqu’il leur fut « inconnu de visage » (Gal. 1:22) contribuait à cette édification, et « elles glorifiaient Dieu à cause de lui ».


2.3 - Exhortation de Philippiens 2:1-6

Lorsque Paul écrit plus tard « à tous les saints dans le Christ Jésus qui sont à Philippes », il peut leur dire : « Rendez ma joie accomplie en ceci que vous ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose. Que rien ne se fasse par esprit de parti, ou par vaine gloire, mais que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même… » (Phil. 2:1-6).


2.4 - Exhortation de Rom. 13:11-14

Que de choses aujourd’hui laissent à désirer dans la vie des assemblées ! Nous arrivons à la fin d’une année, au début d’une année nouvelle ; arrêtons-nous un moment et, sous le regard de Dieu, considérons attentivement de telles choses ! Relisons et méditons Romains 13:11–14. Considérant ce qui ne va pas dans cette vie des assemblées, humilions-nous et regardons à Celui qui est puissant, qui seul peut toucher les cœurs et atteindre les consciences. Qu’un esprit de prière et de supplications nous anime tous, afin que Celui qui seul peut le faire, opère en chacun des siens afin de permettre qu’à la veille de Son retour, si proche sans doute, soit retrouvé l’heureux état qui a caractérisé l’Assemblée au début de son histoire !


Du sein de la souffrance

Nous regardons en haut

D’où Christ avec puissance

Redescendra bientôt :

Oui, le Sauveur fidèle

Va ravir tous les siens ;

Ton Église t’appelle :

Ô Seigneur Jésus ! Viens.


Gloire à toi, notre Père !

Gloire à toi, saint Agneau !

Pour nous plus de misère

En regardant en haut.

Ranime notre vie,

Notre foi, notre amour ;

Que notre âme ravie

Attende ton retour !


3 - Amour pour le Seigneur, amour des frères

ME 1976 p.253

3.1 - Premier amour. Amour des frères, amour de Philadelphie

Le commencement de l’histoire de l’Église a été marqué par l’amour, par l’amour pour le Seigneur et l’amour des frères. Sans doute, déjà à Éphèse le Seigneur doit dire : « J’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour » (Apoc. 2:4) ; cependant, si peu que cela ait duré, il y a eu tout au début de l’histoire de l’Église confiée à la responsabilité de ceux qui la constituaient, un vrai et profond amour pour le Seigneur. Il y a eu un moment qui correspondait à ce que fut pour Israël « la grâce de sa jeunesse », « l’amour de ses fiançailles » ; alors « Israël était saint à l’Éternel, les prémices de ses fruits » (Jér. 2:2, 3). Hélas ! qu’est-il advenu depuis lors ! Au sein de l’Église les caractères laodicéens sont maintenant manifestés, mais au milieu d’une telle ruine le Seigneur voudrait amener celui au cœur duquel il s’adresse — l’appel est individuel : « Si quelqu’un… » (Apoc. 3:20) — à jouir de sa communion, entrer chez lui, souper avec lui ; il voudrait produire à la fin quelques-uns des traits du commencement : amour pour le Seigneur, amour des frères. C’est ce qui caractérise effectivement le si beau témoignage philadelphien, témoignage fidèle au sein d’une Église vue dans ces chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse comme Église responsable et qui a failli à sa responsabilité. Gardons-nous de prétendre être Philadelphie, mais ayons à cœur de l’être ! — L’un des caractères essentiels du témoignage philadelphien est celui-ci : le Seigneur peut lui dire : « Tu as gardé ma parole, et tu n’as pas renié mon nom » (ch. 3:8). « Garder sa parole », c’est bien la preuve de l’amour pour le Seigneur, ainsi que lui-même l’a dit : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui… Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:21 et 23). Pour « ne pas renier son nom », il faut l’aimer « en action et en vérité » (1 Jean 3:18 et suivants). — D’autre part, Philadelphie signifie « amour des frères ». Que Dieu nous donne au sein d’une Église en ruines (en tant qu’Église responsable) de manifester les caractères d’un témoignage fidèle, en particulier : amour pour le Seigneur, amour des frères — ce dernier découlant du premier.


3.2 - L’amour des frères découle de l’amour de Dieu

L’amour des frères est le fruit de la nature divine, reçue par la nouvelle naissance : « Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères ». L’amour des frères est donc la preuve — une des preuves tout au moins —de la possession de la vie nouvelle et, par ailleurs, il découle de l’amour de Dieu, de l’amour que nous avons pour Lui, comme aussi pour le Seigneur : « Quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui » (1 Jean 3:14 ; 5:1 — voir aussi 4:20, 21).


3.3 - L’amour au début des Actes reproduisant l’amour du Seigneur pour le Père. Jean 13:34, 35

La fin des chapitres 2 et 4 du livre des Actes montre dans son activité l’amour des frères, marquant les premiers jours de l’histoire de l’Église. Nous voyons les disciples reproduire quelques traits de Celui qui a été ici-bas l’Homme parfait, qui a montré son amour pour son Père et qui l’a montré par son obéissance : « mais afin que le monde connaisse que j’aime le Père ; et selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais » — qui a montré son amour pour les siens : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés », amour qu’il a pleinement manifesté dans le don de lui-même : « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 14:31 ; 15:9, 13). Le Seigneur peut donc dire aux siens : « C’est ici mon commandement : Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jean 15:12). C’est ainsi que l’on peut reconnaître les disciples de Christ : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13:34, 35).


3.4 - L’amour inséparable de la vérité et de l’obéissance. 1 Jean 5:2

Il faut souligner que l’amour que nous sommes exhortés à manifester est inséparable de l’amour de Dieu et de l’obéissance à ses commandements, cette obéissance étant la preuve de l’amour : « Par ceci nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, c’est quand nous aimons Dieu et que nous gardons ses commandements » (1 Jean 5:2) — cet amour est inséparable de la vérité. Quelqu’un a écrit à peu près ceci : l’amour qui fait bon marché de la vérité n’est qu’un simulacre de l’amour, il en a peut-être l’apparence mais il n’en a que l’apparence. Et encore : dans les temps auxquels nous sommes parvenus, la mise à l’épreuve de l’amour est le maintien de la vérité. Le Saint Esprit, par lequel nous recevons la nature divine et qui verse l’amour de Dieu dans nos cœurs, est l’Esprit de vérité. Des manifestations, que l’on dit être de l’amour mais qui ne s’accordent pas avec la vérité, ne peuvent provenir de l’Esprit Saint et être par conséquent des manifestations d’un véritable amour, d’un amour selon Dieu. Il est combien plus grave encore de présenter cet abandon de la vérité, doctrinale ou morale, comme une preuve d’amour !


3.5 - Quatre domaines de persévérance selon Actes 2:42

Pourquoi pouvait-on voir chez les croyants du commencement les caractères indiqués dans les derniers versets du chapitre 2 des Actes, comme aussi dans les versets 32 à 35 du chapitre 4 ? Parce que, d’abord, ils réalisaient ce que nous lisons au verset 42 du chapitre 2. Ils « persévéraient » c’est-à-dire qu’ils montraient fermeté et constance dans leur foi, dans le respect des enseignements reçus, sans que rien puisse les décourager et les amener à renoncer à ce qui les avait nourris, fortifiés, réjouis. Imitons leur exemple : ne nous laissons pas détourner du chemin où le Seigneur nous a engagés, soyons de ceux qui persévèrent, quoi qu’il en soit des difficultés que nous pouvons rencontrer ! Ces croyants « persévéraient » dans quatre activités :


3.5.1 - dans la doctrine des apôtres

dans la doctrine des apôtres, c’est-à-dire dans l’ensemble des vérités enseignées par les apôtres, dans la saine doctrine, le sain enseignement. Les faux docteurs n’ont pas tardé à se manifester… Les croyants du commencement n’étaient pas du tout disposés à les écouter, ils ne voulaient connaître et recevoir que la doctrine des apôtres ! — Dans des temps où, au sein de la chrétienté, les faux enseignements sont répandus avec plus de zèle et d’ardeur que les bons, qu’il nous soit donné de « persévérer dans la doctrine des apôtres », de retenir l’exhortation de l’apôtre Jean dans sa première épître : « Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous : si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père » (2:24). Un christianisme pratique fidèle, un amour vrai, seront manifestés dans la mesure seulement où il y a, à la base, le sain enseignement ;


3.5.2 - dans la communion des apôtres

dans la communion des apôtres, c’est-à-dire dans la jouissance d’une même part, d’une pleine communion de pensées avec eux. C’est aussi dans sa première épître que l’apôtre Jean écrit : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi vous ayez communion avec nous : or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit accomplie » (1:3, 4) ;


3.5.3 - dans la fraction du pain

dans la fraction du pain. Combien ils étaient heureux de pouvoir se souvenir du Seigneur en participant au mémorial de ses souffrances et de sa mort ! « Faites ceci en mémoire de moi » avait-il dit à ses disciples (Luc 22:19). Ces croyants répondaient à ce désir et « persévéraient dans la fraction du pain » malgré leur ignorance des vérités qui devaient être révélées plus tard à l’apôtre Paul concernant la table et la cène du Seigneur (1 Cor. 10:16, 17 ; 11:23 à 26) et alors qu’ils ne savaient pas que les croyants sont appelés à se réunir autour de la table du Seigneur comme les membres de son corps, goûtant là une précieuse communion avec Lui et les uns avec les autres. Pour nous qui avons été instruits de ces vérités fondamentales, quel privilège de pouvoir « annoncer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne », savourer l’amour du Seigneur manifesté dans le don de Lui-même, réaliser les liens qui nous unissent les uns aux autres, étant « baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » ! (1 Cor. 12:13) ;


3.5.4 - dans les prières

dans les prières. Sentant leur faiblesse pour vivre le christianisme qu’ils avaient à vivre, ils « persévéraient » dans les prières, attendant le secours dont ils avaient besoin de Celui qui seul pouvait le leur accorder.


3.6 - Crainte de Dieu générale en Actes 2:43, mais limitée à un résidu dans les jours de la fin

Manifestant une telle persévérance dans ces quatre domaines, une sainte crainte les animait et les animait tous : « toute âme avait de la crainte » (Actes 2:43). Ils désiraient obéir à Dieu, montrer par leur obéissance qu’ils l’aimaient et craignaient de faire quelque chose qui aurait pu lui déplaire. De même, les assemblées du commencement « marchaient dans la crainte du Seigneur » (Actes 9:31). Dans les jours de la fin, que ce soit la fin de l’histoire du peuple d’Israël ou celle de l’Église, ce n’est plus qu’un résidu qui est caractérisé par la crainte de Dieu. Dans le livre de Malachie, nous avons la description de l’état du peuple un peu plus d’un siècle après le retour de la captivité ; ce qu’il y a de plus grave, c’est que le peuple n’a même pas conscience de son triste état : à sept reprises il pose la question « En quoi… ? » et l’Éternel dit de ces Juifs infidèles : ils « ne me craignent pas » (3:5). Alors, au milieu d’un tel ensemble, « ceux qui craignent l’Éternel ont parlé l’un à l’autre, et l’Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom » (ib. 16). Ce résidu est un type de celui qui manifeste sa fidélité à la fin de l’histoire de l’Église, dans les « temps fâcheux » des « derniers jours » (2 Tim. 3:1). Il ne saurait être question de poursuivre « la justice, la foi, l’amour, la paix » avec tous les croyants, mais seulement « avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (ib. 2:22), avec ceux-là seuls qui sont caractérisés par la crainte de Dieu (cf. Ps. 119:63 : « Je suis le compagnon de tous ceux qui te craignent, et de ceux qui gardent tes préceptes »).


3.7 - Résultats de l’état de choses selon Actes 2:42-43

L’on comprend qu’au milieu de l’état de choses dépeint dans les versets 42 et 43 d’Actes 2, la puissance spirituelle pouvait se déployer sans rien qui l’entrave : « beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les apôtres ». De tout cela, découlent quatre conséquences :

1) l’amour fraternel pratiquement réalisé, selon les expressions des versets 44 à 46. Pour que cet amour puisse être manifesté dans les relations fraternelles, il faut donc qu’il y ait d’abord la persévérance dans les quatre activités dont il est parlé au verset 42, puis la crainte de Dieu — tout cela est une preuve d’amour pour le Seigneur — et le déploiement de la puissance du Saint Esprit qui en découle ;

2) la louange peut alors, d’un même cœur, s’élever vers Dieu (v. 47 : louant Dieu) ;

3) un témoignage puissant est ainsi rendu (v. 47 : ayant la faveur de tout le peuple) ;

4) sur un tel ensemble, Dieu peut mettre sa bénédiction (v. 47 : le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés).


3.8 - Amour des frères envers Paul

Relevons également dans le livre des Actes différentes circonstances nous montrant comment un serviteur tel que Paul a goûté l’amour des frères — comment Dieu l’a amené à cela.


3.8.1 - Actes 9 lors de la conversion de Paul

Saul de Tarse arrêté sur le chemin de Damas, « il entendit une voix qui lui disait : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? ». Saul répond : « Qui es-tu, Seigneur ? ». — Remarquons, par parenthèse, que dans le récit qu’il donne lorsqu’il prononce, en Actes 22, sa première apologie, Paul rapporte les deux questions posées par lui sur le chemin de Damas. La première : « Qui es-tu, Seigneur ? » ; la seconde : « Que dois-je faire, Seigneur ? » Saul devait d’abord avoir la connaissance de Celui qui l’avait ainsi arrêté : « Qui es-tu, Seigneur ? » ; ensuite, le connaissant, il était prêt à lui obéir : « Que dois-je faire, Seigneur ? » (v. 8, 10). Ces deux questions sont à la base de toute vie chrétienne : chaque croyant devrait être amené à les poser, l’une après l’autre, afin d’avoir une réelle connaissance du Seigneur et ensuite du service qu’il est appelé à remplir pour Lui. — Saul est invité par le Seigneur à entrer dans la ville et là, lui déclare-t-Il : « il te sera dit ce que tu dois faire » (Actes 9:5, 6). Ananias lui est alors envoyé : Saul devait d’abord être mis en contact avec les frères, c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles le Seigneur emploie un instrument pour lui faire connaître ce qu’il doit faire. Certes, les frères avec lesquels dès le début il a été mis en contact n’étaient pas doués comme celui que le Seigneur appelle « un vase d’élection », qui aurait à « porter son nom devant les nations et les rois, et les fils d’Israël » (v. 15), mais Saul devait pourtant, dans une mesure, dépendre d’eux et, dès le commencement de sa vie chrétienne, il a beaucoup reçu par leur moyen et a beaucoup joui de leur affection. Lorsque Ananias entre dans la maison où était Saul, il s’adresse ainsi à lui : « Saul, frère… » (v. 17). Saul est en quelque sorte introduit dans la famille de Dieu ; désormais il pourra, d’une part, jouir de l’amour des frères et, d’autre part, manifester son amour pour les frères. Dès le début le Seigneur le placera dans des circonstances telles que les frères ont eu le privilège de l’aider, lui montrant ainsi leur amour : les Juifs ayant comploté de le tuer, « les disciples, le prenant de nuit, le descendirent par la muraille, en le dévalant dans une corbeille » ; puis, c’est Barnabas qui s’occupe de lui, le présentant aux apôtres : il « leur raconta comment, sur le chemin, il avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment il avait parlé ouvertement, à Damas, au nom de Jésus » (v. 23 à 28). En butte à l’opposition des Hellénistes qui « tâchaient de le faire mourir », Saul a encore le secours des frères : « Et les frères, l’ayant su, le menèrent à Césarée, et l’envoyèrent à Tarse » (v. 29, 30).


3.8.2 - Actes 11 à Antioche

Plus tard, Barnabas, envoyé à Antioche par l’assemblée qui était à Jérusalem, « ayant vu la grâce de Dieu, se réjouit ; et il les exhortait tous à demeurer attachés au Seigneur de tout leur cœur… et une grande foule fut ajoutée au Seigneur » (Actes 11:22 à 24). Mais afin d’instruire ces âmes, Barnabas « s’en alla à Tarse, pour chercher Saul » et « pendant un an tout entier, ils se réunirent dans l’assemblée et enseignèrent une grande foule » (v. 25, 26). Aucun esprit de jalousie, chacun fonctionne à sa place, toutes choses se font dans l’amour. Aussi, quel puissant témoignage : « ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens » !

C’était à Jérusalem, d’où était venu Barnabas, qu’était à ce moment-là la lumière spirituelle. Mais des prophètes étant descendus de Jérusalem à Antioche, « l’un d’entre eux, nommé Agabus, se leva et déclara par l’Esprit, qu’une grande famine aurait lieu dans toute la terre habitée, laquelle aussi eut lieu sous Claude ». Les frères d’Antioche, ayant reçu le secours spirituel venu de Jérusalem, sans se laisser arrêter par le fait qu’ils auraient eux aussi à souffrir durant cette famine et pourraient manquer du nécessaire, « déterminèrent d’envoyer quelque chose pour le service des frères qui demeuraient en Judée ». Barnabas et Saul, qui avaient « enseigné une grande foule » à Antioche, vont maintenant apporter aux frères de Jérusalem le secours matériel que leur destinent les frères d’Antioche (Actes 11:27 à 30). — Aujourd’hui encore, le Seigneur dirige parfois les circonstances de manière à nous faire éprouver que nous avons besoin les uns des autres ; nous pouvons ainsi nous servir « l’un l’autre, par amour » (Gal. 5:13), pour le bien de chacun et de tous.


3.8.3 - Actes 21

Au chapitre 21, nous voyons l’amour des frères se manifester dans les conseils qu’ils donnent à Paul. Agabus descend de la Judée pour l’avertir de ce qui doit lui arriver à Jérusalem, où il a l’intention bien arrêtée de se rendre (v. 10, 11) et les frères le supplient de n’y pas monter (v. 4 et 12). Ils avaient, comme Agabus, la pensée de l’Esprit. Qu’il est bon d’avoir la pensée des frères, quand nous avons par ce moyen la pensée de l’Esprit ! Ce sont les soins de l’amour en exercice, pour le bien de celui que l’on aime.

La scène d’adieux de Paul aux anciens d’Éphèse est combien touchante, comme aussi celle d’Actes 21:5, 6. Tous étaient là, « un cœur et une âme », y compris les enfants, qui ont sans doute gardé ce souvenir toute leur vie : ils ont vu l’amour fraternel en exercice. Il est bon de donner aux enfants des impressions profondes, d’heureuses impressions : elles demeurent et, plus tard, ils comprendront toute la valeur de ce qu’ils ont ainsi reçu au début de leur vie et en recueilleront le fruit. — Dans les versets 15 à 20 de ce chapitre 21, nous avons l’accueil réservé par les frères de Jérusalem à Paul et à ceux qui l’accompagnaient. C’est l’occasion pour lui de « raconter une à une les choses que Dieu avait faites parmi les nations par son service. Et eux, l’ayant ouï, glorifièrent Dieu ».


3.8.4 - Actes 28

Nous limitant à quelques faits rapportés dans le livre des Actes, il nous reste à considérer la scène du chapitre 28. — Paul avait écrit aux croyants de Rome, exprimant et son ardent désir de les voir et sa prière à ce sujet : il demandait qu’il lui soit accordé d’aller vers eux « avec joie par la volonté de Dieu » et « dans la plénitude de la bénédiction de Christ » (Rom. 1:10 à 13 ; 15:29 à 33). Nous avons ici la réponse du Seigneur à sa prière (Actes 28: 14 et suivants). — En leur écrivant, il ne pensait sans doute pas qu’il verrait ces croyants comme prisonnier, mais, malgré cela, sa prière a été exaucée : il voit les croyants de Rome « avec joie » et « dans la plénitude de la bénédiction de Christ ». Que d’encouragements lui ont été donnés pendant cette première captivité à Rome ! Plusieurs de ses compagnons d’œuvre étaient auprès de lui : Timothée et Épaphrodite (Phil. 2:19, 25) ; Tychique, Aristarque, Marc, Jésus appelé Juste, Épaphras, Luc et Démas (Col. 4:7, 10, 12, 14) et enfin Onésime, duquel il peut dire : « mon enfant que j’ai engendré dans les liens » (Philém. 10 à 12). Par ailleurs, il a pu rendre un fidèle témoignage dans « la maison de César »(cf. Phil. 4, 22) — il a goûté l’affection des saints et des assemblées, si même il lui était alors impossible de les visiter — enfin, il lui a été accordé d’écrire plusieurs épîtres, notamment celles adressées aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens et à Philémon. Oui, il a pu remplir un service « dans la plénitude de la bénédiction de Christ ».

Les frères de Rome sont venus à sa rencontre « jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois-Tavernes », manifestant ainsi beaucoup de dévouement car c’était une longue distance à parcourir à pied. Mais comme ils sont heureux de donner à Paul une preuve de leur amour et combien Paul l’a appréciée ! Il rend grâces et pour cette rencontre et pour la réponse à ses prières : « Paul, les voyant, rendit grâces à Dieu et prit courage » (Actes 28:15). Le Seigneur savait que son serviteur avait besoin d’encouragement : dans une circonstance précédente, c’est Lui-même qui se tient près de lui et lui dit « Aie bon courage » (ch. 23:11), ici, c’est par le moyen des frères de Rome qu’Il encourage l’apôtre. Tant de fois, durant l’exercice de son ministère, Paul a encouragé les saints ; alors qu’il approche de Rome, où il arrive comme prisonnier, c’est lui qui est encouragé par les frères ! Depuis le moment où il avait été arrêté sur le chemin de Damas, il a eu l’occasion d’apprécier l’amour et les soins d’Ananias, de Barnabas, des disciples, des frères… Si Paul a eu besoin des frères et a joui de leurs soins, de leur amour, combien plus nous-mêmes en avons-nous besoin ! Et si Paul, en tant de circonstances, a manifesté son amour pour le Seigneur et pour les frères, combien devrions-nous avoir à cœur de le manifester aussi !