LETTRES de J.N. DARBY

Table des matières :

1 - n° 457

2 - n° 461


1 - n° 457

La connaissance du salut ne délivre pas de ce présent siècle. Le plus grand nombre des chrétiens est malheureusement mêlé avec le monde, comme Israël à Babylone, où nous ne voyons dans une sainte séparation, que Daniel, et les trois jeunes hommes avec lui, l’un dans la fosse aux lions, les autres dans la fournaise.

Cette séparation me paraît au point de vue pratique, toujours plus difficile. Le monde est si réel dans son influence sur nous, — et si séducteur ; nous nous en apercevons à peine, et nous nous trouvons enveloppés, pour ainsi dire, sans que nous nous en doutions. Je comprends pourquoi, dans les siècles passés, des coeurs troublés cherchaient leur refuge dans des monastères et des cloîtres ; effrayés dans leur faiblesse des difficultés qu’ils rencontraient autour d’eux. Mais Christ est un Rocher dans une terre faite pour nous accabler, et il est une ombre et un abri pour ceux qui apprennent le secret des degrés qui nous font monter dans ce refuge.

Je trouve souvent en moi le désir d’être délivré de toute cette scène, d’en être absent, — avec le Seigneur, — mais ce n’est pas là un bon sentiment : il faut attendre, et travailler, et rendre témoignage jusqu’à ce que Jésus vienne.

ME 1921 p.192

2 - n° 461

… Il y a un point qui mérite une très sérieuse attention ; le voici : Si nous péchons et que nous jugions le péché au moment où il a été commis, notre chute, sans doute, est un empêchement pour l’âme ; elle nuit à notre progrès et à notre service ; mais la chose n’est pas accumulée sur la conscience, en sorte que Satan puisse s’en servir, car elle a été vidée devant Dieu. Dans le cas contraire, on l’oublie peut-être ; mais plus tard la chose n’étant pas vidée devant Dieu, cette accumulation devient une arme formidable entre les mains de l’adversaire et nous ne pouvons pas sentir que Dieu est pour nous dans l’affaire, parce qu’elle n’a pas été vidée devant Lui. Un homme souillé par un mort ne pouvait s’approcher du tabernacle jusqu’à ce que l’eau de séparation eût été versée sur lui. Ce n’est pas qu’il ne fût pas Israélite, au contraire, c’est parce qu’il l’était. Il ne s’agit pas de justification, ni de conversion, bien qu’on ne puisse pas s’approcher de Dieu et que dans l’âme la chose prenne presque nécessairement, peut-on dire, ce caractère, — mais il s’agit du gouvernement de Dieu à l’égard des siens. Or, dans ce cas, tant que tout n’a pas été vidé, il est impossible qu’on aie la paix. Un autre aura péché tout autant, mais se sera jugé sur-le-champ, et ne sera pas dans le même cas ; mais Dieu est toujours fidèle, et toujours amour, quoique nous soyons infidèles.

ME 1922 p. 324