Loi de Moïse et modernité :

comprendre les divergences

Bibliquest


Table des matières :

1 - La loi de Moïse dans son principe :

2 - La loi, un pédagogue ou conducteur jusqu’à Christ (Galates 3v24)

2.1 - Quelques aspects de l’enseignement de la loi

2.2 - Esclavage

2.3 - Punition de mort de l’adultère, de divers cas de fornication et de l’homosexualité

2.4 - Religions

2.5 - Relations avec les autres peuples

2.6 - Abominations

2.7 - Lapidation

3 - Qui juge de la bienséance de telle ou telle loi ?

4 - Question posée : comment comprendre certains commandements de la loi de Moïse


Le présent article fait suite à des questions posées par des lecteurs ayant de la difficulté à situer la loi de Moïse. Ce même problème est soulevé aujourd’hui par des gens qui veulent soutenir que la Bible des chrétiens n’est pas meilleure que les crimes commis au nom de l’islam.


1 - La loi de Moïse dans son principe :

L’apôtre Pierre a lui-même qualifié la loi de « joug que ni nous ni nos pères n’avons pu porter » (Actes 15v10). Dans son principe, elle aurait dû faire vivre l’homme (« fais cela et tu vivras », Luc 10v28), mais la loi n’avait pas ce pouvoir de faire vivre (Galates 3v21). Alors pourquoi Dieu a-t-Il donné la loi à l’homme ? À quoi servait-elle ?

Il ressort de l’épitre aux Galates que la loi a été donnée en attendant l’arrivée d’un Sauveur (le Messie, Christ), pour faire ressortir l’état de péché de l’homme par des violations flagrantes (Galates 3v18, 24), montrant par-là l’état profond de l’homme.

Si la loi n’a pas été mise en pratique dans plusieurs de ses commandements, ce n’est pas parce que la loi était imparfaite, mais parce que l’homme était trop mauvais et méchant. Cela ressort, entre autre, de la réponse du Christ aux pharisiens qui voulaient lapider la femme adultère (Jean 8).


Si la modernité n’accepte pas la loi ou la contredit, ce n’est pas parce que l’homme a fait des progrès ou est plus civilisé, plus intelligent, c’est à cause de son état de péché aggravé, n’acceptant pas la volonté de Dieu, et ne s’y intéressant même pas. Cet état de l’homme était tel, que l’application de la loi de Moise dans toute sa rigueur n’aurait produit que l’anéantissement. La non-application de la loi de Moïse n’a pas pour autant été un échec pour Dieu et pour Sa loi ; au contraire, là où le péché abondait, la grâce a surabondé, et cela a été l’occasion pour Dieu de montrer à la fois Son amour en fournissant un Sauveur, et aussi Sa sainteté, — le châtiment du péché ayant quand même été exécuté, sur une victime qui était le propre Fils de Dieu.


Mais dira-t-on, si Dieu a accepté que la loi ne soit plus appliquée, pourquoi est-il dit que Jésus n’est pas venu pour abolir la loi, mais pour l’accomplir (Matthieu 5v17) ? — C’était pour montrer le chemin de l’homme parfait en se soumettant entièrement à la loi divine. Mais une fois qu’Il a été rejeté, crucifié, ressuscité et glorifié, la loi de Moïse était ouvertement bafouée, et il n’était plus possible de continuer sur les bases anciennes de l’Ancien Testament. Jésus Lui-même l’a dit lors de l’institution de la cène : « ceci est le sang de la nouvelle alliance… », ce qui implique la mise de côté de l’ancienne (Hébreux 8v13).


2 - La loi, un pédagogue ou conducteur jusqu’à Christ (Galates 3v24)

2.1 - La loi comme moyen d’enseignement de l’homme

Outre le fait de faire ressortir l’état de péché de l’homme, la loi a eu, et a encore, un rôle d’instruction quant à la pensée de Dieu, avant que celle-ci ne soit pleinement révélée en Christ, par Christ et par les apôtres :

« Par tes préceptes je suis devenu intelligent ; c’est pourquoi je hais toute voie de mensonge » (Psaume 119v104).


La loi n’était cependant pas toujours une manifestation de l’ordre selon la pensée de Dieu. La manifestation parfaite de la pensée de Dieu n’a eu lieu que dans la Personne de notre Seigneur Jésus Christ.

Ainsi, à propos des lettres de divorce prescrites en Deutéronome 24v1-3, notre Seigneur explique en Matthieu 19v8 : « Moïse, à cause de votre dureté de cœur, vous a permis de répudier…. ; mais au commencement il n’en était pas ainsi ». Il ne fallait pas comprendre la loi de Moïse comme approuvant le divorce ou la répudiation, mais elle constituait un frein aux convoitises et passions des hommes. Il y a d’autres cas de ce genre, notamment l’esclavage.


2.2 - Esclavage

Selon Jérémie 34v13-14 le pauvre pouvait se vendre pour servir. On peut appeler cela de l’esclavage, mais selon la loi de Moïse ce n’était pas un droit de propriété : c’était seulement un service limité à 7 ans (Exode 21v2) : on est loin, là, de la servitude oppressive des Israélites en Égypte (Exode 5).

Deutéronome 15 montre même que Dieu incitait à ce que s’installent des relations de bonté et d’attachement mutuels entre maître et serviteur. Que l’esclavage se soit transformé en un asservissement oppressif, ne fait que montrer la dureté du cœur de l’homme. La prétention actuelle à avoir vaincu l’esclavage dans nos pays ignore que tant de gens travaillent plus durement que des esclaves. — Néhémie 5 et Jérémie 34 montrent que les hommes de Dieu sérieux avaient les abus en horreur.

Le Nouveau Testament montre qu’être esclave de Christ est un privilège parce que le chrétien a à faire à un Maître rempli de bonté et d’amour. On ne peut comprendre cette relation qu’en ayant l’idée d’obéissance absolue et en connaissant Christ ; même cette obéissance absolue est une obéissance dans l’amour. Jésus Christ Lui-même a pris ici-bas pour Lui-même la position d’esclave (Philippiens 2), et même d’esclave de l’homme (Zacharie 13:5). Il est un modèle pour le croyant chrétien.


2.3 - Punition de mort de l’adultère, de divers cas de fornication et de l’homosexualité

Ces ordonnances montrent que Dieu rejette positivement ces mœurs ; Il ne les admet aucunement ; Il voulait qu’il n’y en ait pas dans Son peuple. L’homme d’aujourd’hui ne veut tenir aucun compte de cette pensée de Dieu, et ne veut même pas comprendre que cela constitue une faute (grave) devant Lui.

Y a-t-il progrès à s’abstenir de punir ces mœurs aujourd’hui ? en tout cas, cela fait perdre aux hommes l’idée qu’un jour ils devront rendre des comptes à Dieu sur ce qu’ils ont fait dans leur vie. Que fera-t-on au jour du jugement dernier où nous serons tous manifestés, et où nous recevrons selon ce que nous avons fait, soit bien soit mal ? (2 Cor. 5:10).


2.4 - Religions

L’homme d’aujourd’hui tient à ce qu’il appelle la liberté de religion (et nous reconnaissons en être bénéficiaires).

Les instructions de la loi sur les religions idolâtres montrent qu’il s’agit de tout autre chose que de la liberté, car il n’y a de choix qu’entre Dieu et Satan, qu’entre la vérité d’une part et l’idolâtrie et ses mensonges d’autre part. Si l’homme voit les choses autrement, cela ne change rien à la réalité des choses. Dieu voulait épargner à l’homme les séductions de l’idolâtrie, empêchant cette action directe de Satan.

En outre les religions idolâtres conduisent à des abominations que Dieu réprouve (Deutéronome 18:9-12), même si l’homme n’y voit aucun mal aujourd’hui.

Notre Seigneur montre (Matthieu 12:43-45) que la croyance d’aujourd’hui que l’homme moderne a échappé à l’idolâtrie est une erreur, et l’homme se livrera dans le futur à une idolâtrie bien pire, celle de l’antichrist.


2.5 - Relations avec les autres peuples

On trouve dans l’Ancien Testament de multiples promesses de bénédictions terrestres de toutes les nations, avec Israël pour centre (Ésaïe 35, 60 ; Ézéchiel 40 à 48 ; Sophonie 3 ; Zacharie 14, et bien d’autres). Mettre Israël sur le même plan que n’importe quelle nation est une méconnaissance complète de la pensée de Dieu. Et cette pensée n’est pas une pensée d’injustice, mais de bénédiction universelle. Cependant l’Israël actuel ne reconnaît pas le Messie-Christ, et ne peut pas encore bénéficier de ce dessein de Dieu d’une bénédiction terrestre universelle.


2.6 - Abominations

L’extermination prévue des nations de Canaan était liée aux abominations qui les caractérisaient (Genèse 15v16 ; Deutéronome 18v12), et Dieu les mesurait. Notre civilisation qui tue des milliers d’enfants viables par le biais de l’avortement ferait bien de se souvenir qu’au nombre de ces abominations amenant Dieu à cette destruction, il y avait le fait de faire passer ses enfants par le feu (Deutéronome 18v10). Notre civilisation occidentale court à la ruine, pour diverses raisons, en particulier pour cette iniquité de destruction des enfants viables. Les ch. 16 et 18 de l’Apocalypse disent quelque chose de cet effondrement terrible de l’occident. Pour le moment Dieu fait encore durer le temps de Sa patience, mais elle aura une fin (2 Pierre 3).


2.7 - Lapidation

La lapidation avait ceci de particulier qu’elle n’était pas exécutée par un bourreau, seul ou en équipe, mais par tout le peuple (Deut.17v2-7 ; Josué 7v25). Le sens de ce châtiment était de faire sentir à chacun des membres du peuple d’une part l’horreur du mal et d’autre part le besoin que le mal soit ôté du milieu du peuple de Dieu. C’est aussi pour faire sentir personnellement l’horreur du mal que la main des témoins du mal devait être la première à lancer les pierres ; cela devait aussi empêcher les dénonciations faites à la légère.

Mais cela impliquait que ceux qui lapidaient étaient exempts du péché, et s’estimaient tels. C’est sur ce point que Jésus a cherché à toucher la conscience des accusateurs de la femme adultère en Jean 8. Il n’a pas nié que la lapidation s’appliquait selon la loi, mais il a insisté pour appliquer l’obligation morale quant à ceux qui lapidaient ; en Jean 8 tous les accusateurs sont partis, manifestant par-là que leur état intérieur était mauvais, et qu’ils n’étaient pas en état d’appliquer la loi.

Cette non-lapidation faisait quand même ressortir le caractère de sainteté de Dieu et l’état moral du peuple : un but de la loi était atteint sur ce point.

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On retrouve ce genre de principes dans le Nouveau Testament : selon 1 Cor.5 l’exclusion du méchant d’une assemblée chrétienne n’est pas exécutée par un pasteur ou par quelque(s) ancien(s), mais par toute l’assemblée, et l’humiliation de la présence du mal doit être ressentie par chacun dans l’assemblée (1 Cor. 5v2). Le but de l’exclusion est aussi que l’assemblée soit exempte du mal (= sans levain, 5v7), mais elle a aussi en vue la restauration du coupable. Ce point différencie la loi de Moïse d’avec les prescriptions du christianisme ; l’objectif n’est plus une exclusion définitive de celui qui a péché, mais elles ont un but d’amour et de grâce avec la restauration ; cela est développé en 2 Cor. 2 et 7.

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Les lapidations pratiquées par l’islam aujourd’hui ne suivent pas du tout, à l’évidence, la loi de Moïse, et l’état moral de ceux qui lapident est bien loin du caractère requis par le Christ Jésus, même dans sa citation de la loi de Moïse. Se référer à une loi divine dans ces conditions, c’est déshonorer Dieu. Quant à la notion d’amour désirant la restauration du coupable, elle est inconnue des exécuteurs.

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Peut-être dira-t-on que cette exigence d’état moral du peuple qui lapide n’était jamais respectée sous la loi de Moise ; c’est probablement vrai, mais c’est justement pourquoi l’apôtre Pierre dit (Actes 15) que la loi était un joug que ni nous ni nos pères n’ont pu porter. Un des rares cas de lapidation exercé par Israël dans sa terre (donc après Josué), est celui de Naboth (1 Rois 21v13) ; ce cas est en fait une iniquité absolue d’un roi et d’une reine idolâtre aidés par des anciens serviles.


3 - Qui juge de la bienséance de telle ou telle loi ?

L’homme d’aujourd’hui s’arroge le droit de juger Dieu selon ses propres critères, sans reconnaître que la situation est inverse : c’est son Créateur qui a le droit de le juger selon Ses critères à Lui. On ne s’étonne pas, dès lors, que beaucoup d’enseignements bibliques détonnent par rapport aux idées de l’homme moderne. Celui-ci se préoccupe des droits de l’homme, mais ignore les droits de Dieu.

En outre, l’homme a besoin d’être instruit quant à son sort éternel, quant à ce qui l’attend dans l’Au-delà. Or l’homme d’aujourd’hui, niant ou ignorant volontairement l’Au-delà, ne juge les choses que par les conséquences des actes sur la terre et pour la terre.


Par ailleurs et contrairement à ce qui est généralement admis aujourd’hui, le christianisme n’a pas vocation de remettre de l’ordre dans la société des hommes d’aujourd’hui (Luc 12:13-14) : ceux-ci n’ont-ils pas rejeté Christ quand Il est venu en amour et en bonté, — et ils L’ont crucifié. Pourtant Il offre quand même Son salut gratuit à tous les hommes. Ceux qui l’acceptent par la foi, sont sauvés et acquièrent la vie éternelle, mais ceux qui le refusent ne peuvent pas espérer la paix et l’ordre sur la terre.


4 - Question posée : comment comprendre certains commandements de la loi de Moïse

Il s’agit notamment des commandements suivants :


** Condition de la femme et sexualité :

** Esclavage :

** Religion :

** Relation avec les autres peuples :