La musique : cadeau ou danger ?

Marco Lessmann

Traduit de l’allemand, parus dans
Folge mir nach n°6, 7 et 8, de 2007 et n°3 de 2008

Traduction et notes : J.Faerber Décembre 2013
Avec accord de Folge mir nach

Table des matières

1ière Partie.

La musique : est-ce au fond important ?.

La musique et ses effets.

Du bien… ?.

… ou aussi du mauvais ?.

Les principes bibliques.

2ième Partie  : Comment en juger ?.

La musique peut être évaluée :

… par le texte.

… par la mélodie et l'harmonie.

… par le rythme.

… par la dynamique.

… par le style de présentation (le spectacle associé à l'exécution)

3ième Partie  : Le rock chrétien ?.

Les rockers chrétiens imitent les stars de monde.

L'évangile avec quels moyens ?.

Du rock chrétien pour l'évangélisation.

Paul et la musique rock.

Courriers de lecteurs et réponses.

Courrier 1 : De E.

Réponse de l'auteur

Courrier 2 : De J.B.

Quelques références bibliques supplémentaires.

Autres articles sur ce sujet

A propos des cantiques dans l'adoration, et du chant des cantiques.

A propos de la musique rock.

A propos de Daniel 3.

A propos de Caïn et Lémec.


Note du traducteur

La place de la musique dans la vie du croyant est un sujet qui nous concerne chacun, et qui, lorsqu'il apparaît dans une conversation, peut donner lieu à des débats longs et animés ! Bonne musique, mauvaise musique ? Indifférence, louange à Dieu ou agrément pour nos oreilles, loisir, dépendance, idole, etc. ! Qu'en dit au fond la Parole de Dieu ? Quelle est la pensée de Dieu à ce sujet ? Quelle place veut-il Lui que nous lui donnions ?

Cet article paru il y a quelques années dans ''Folge mir nach'' aborde plusieurs aspects de cette question, sans pour autant prétendre en faire le tour. Deux courriers de lecteurs permettent d'en préciser utilement certains côtés. En annexe, on trouvera quelques notes et liens bibliographiques, qui apportent un éclairage complémentaire.

1ière Partie. (Folge mir nach N° 06 – 2007)


La musique nous environne de toute part. Pour certains, cela commence quotidiennement dès le lever :

le radio-réveil clôt la nuit par ses joyeuses mélodies. Puis suivent la chaîne stéréo, l'autoradio, les hautparleurs du supermarché, les mélodies du téléphone portable… Partout la musique nous accompagne de ses harmonies. Peut-être fais-tu toi aussi de la musique, dans une chorale, un orchestre, un groupe, ou en chantant simplement pour toi. Beaucoup n'imaginent pas vivre sans musique. Elle influence notre humeur : elle peut nous rendre joyeux ou pensif, elle peut nous entraîner en avant ou nous pousser à la rêverie, elle peut nous rendre actif ou passif.

« La musique est une fille du ciel, que le diable a épousé  » disait une fois Martin Luther, exprimant par là combien la musique porte en elle des potentiels antagonistes. De la bonne musique, de la mauvaise musique. Est-ce que la musique peut au fond être bonne ou mauvaise ? Qui est-ce qui décide ce qui est bon ou mauvais ?

Le croyant est exhorté à éprouver toutes choses (1 Thes. 5.21), donc aussi la musique. Comme en toutes choses, la parole de Dieu doit être la pierre de touche. Et peut-être que l'un ou l'autre sera surpris de découvrir combien la Bible nous dit de choses sur ce sujet qu’est la musique. Elle ne nous indique pas toujours de manière formelle la volonté de Dieu. Pourtant la comparaison entre différents récits et versets nous fournit des principes tangibles, valables pour tous les temps.

La musique : est-ce au fond important ?

Avant d'aller plus en avant, posons-nous la question quant à la place qu’occupe la musique dans notre vie. « Cela dépend de la sensibilité musicale de chacun » diras-tu peut-être. Et effectivement, il y a beaucoup de différences entre les uns et les autres. Certains peuvent très bien se passer de musique. Elle les laisse froid. D'autres au contraire s'en enthousiasment. L'important est qu'un usage excessif, une surconsommation, de musique ne développe pas en nous une sorte de dépendance. « Toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai asservir par aucune » (1 Cor. 6.12). Celui qui use de toute occasion pour « s'imprégner » de musique, qui saisit chaque minute libre pour pratiquer de son instrument, ou qui tapisse sa chambre de posters de musiciens, de groupes, etc, devrait considérer si la musique n'est pas devenue son idole. Une idole ? Est-ce que ce n'est pas là une application complètement déplacée de ce mot ? Eh bien non ! La parole parle exactement ainsi à l'égard de choses ou de personnes qui prennent une place réservée au Seigneur Jésus. (1 Jean 5.21). Soyons honnêtes avec nous-même : est-ce que notre premier amour est encore pour le Seigneur ? Il est la personne la plus importante dans notre vie, et cela doit l'être aussi en pratique.

La musique et ses effets

En parlant de musique, nous pensons à : « l'art qui consiste à arranger des sons selon certaines règles mélodiques, harmoniques et rythmiques, pour obtenir un ensemble de sonorités et une composition. » (dict.

All. Duden). À ceci vont s'ajouter dans nos réflexions des aspects comme le timbre, le volume sonore, et tout particulièrement le texte.

Le créateur a donné à l'homme la capacité d'arranger entre elles ces briques élémentaires. Comme dans tous les domaines des arts, des sciences de la nature ou des techniques, l'homme est responsable de la manière dont il gère ses découvertes. Ainsi, la musique peut être mise en œuvre à l'honneur de Dieu, aussi bien qu'à son déshonneur ; elle peut être conçue selon l'ordre de la création, aussi bien que contre cet ordre. Nous verrons plus loin ce que cela veut dire en détail. Nul ne contestera que la musique a une influence (effets objectifs) sur notre esprit, notre âme et notre corps, indépendamment des différences de culture et de goût de chacun (effets subjectifs).

On trouve une clef bien utile dans la comparaison suivante :

Texte Esprit

Mélodie, harmonie Âme

Rythme Corps

Ceci veut dire que le plan intellectuel-spirituel est touché par le texte, celui du psychique essentiellement par le déroulement des tensions et relâchements mélodiques ainsi que par les fonctions harmoniques de la musique, et celui du corps par ses déroulements rythmiques.

Du bien… ?

Un examen rapide de la liste ci-après[1] montre qu'en bien des endroits, la Bible considère la musique comme une bénédiction. C'est particulièrement net pour David, qui l'a délibérément associée à la louange de Dieu. Combien souvent les Psaumes exhortent à louer Dieu, à chanter des cantiques à sa gloire. Dans le nouveau testament, on retrouve cette même exhortation à plusieurs reprises (Eph. 5.19 ; Col. 3.16 ; Jacques 5.13). La musique n'est d'ailleurs pas limitée à la terre, on la retrouve au ciel (Apoc. 5.9 ; 14.3 ; 15.3).

De la musique spirituelle, consacrée à Dieu et digne de Lui, est donc quelque chose de merveilleux, quelque chose qui demeure pour l'éternité.

Passage (AT)

Contenu et contexte


Passage (NT)

Contenu et contexte

Genèse 4.21

Jubal, descendant de Caïn, joue de la harpe et de la flute

Math. 11.17

En comparaison avec le peuple d'Israël : des enfants jouant de la flute et chantant

Genèse 31.27

De la musique à la maison, chez Laban


Luc 15.25

De la musique et des danses au retour du fils prodigue

Exode 15.20

Chants avec accompagnement

instrumental sur la rive de la mer Rouge

Marc 14.26

Des hymnes après le repas de la pâque et l'institution de la cène

Exode 32.19

Danses autour du veau d'or


Actes 16.25

Des chants de louange à minuit dans la prison

1 Sam. 16.23

David joue de la harpe pour chasser le mauvais esprit de Saül

1 Cor. 14.15-26

Chants de louanges et psaumes dans les réunions de l'assemblée

1 Sam. 18.6

Chants et danses avec des tambourin et triangles après la victoire de David sur Goliath

Eph. 5.19 (Col. 3.16)

« Vous entretenant par des psaumes et des cantiques et des hymnes spirituels, chantant et psalmodiant de votre coeur au Seigneur… »

1 Chron. 15.14

David organise la musique pour la

louange de l'Éternel

Heb. 2.12

« …au milieu de l'assemblée je chanterai tes louanges… »

1 Chron. 15.16

Des chantres avec des instruments de musique

Jacq. 5.13

« Quelqu'un est-il joyeux, qu'il chante des cantiques. »

1 Chron. 15.22

Kenania enseignant la musique


Apoc. 5.8-9

Les 24 anciens jouent de la harpe et chantent un cantique nouveau

1 Chron. 16.42

Les instruments de musique de Dieu


Apoc. 15.2-3

Les vainqueurs ont des harpes de Dieu et chantent le cantique de Moïse

Psaumes

Indications d'instruments de musique dans les en-têtes

Apoc. 18.22

Jugement de Babylone la grande : privée de la voix des harpes, hautbois, trompettes, etc.

Ps. 87.7

…en chantant et en dansant…




Dan. 3.5

De la musique en relation avec les cultes d'idoles païennes



Amos 5.23

« Le bruit de tes cantiques » lors des fêtes d'Israël



… ou aussi du mauvais ?

Mais il y a aussi l'autre côté, que la Bible ne cache pas, et qui se manifeste dès le premier musicien, Jubal (Gen. 4.21). Jubal et sa musique ne sont pas expressément condamnés, mais le contexte où son histoire est rapportée laisse pensif. Il vit dans un temps à la fois de grand développement économique et culturel et de déclin moral. Son ancêtre Caïn avait commencé en imaginant un culte à son idée (Gen. 4.3). Il « sorti de devant l'Eternel » et se construisit une ville, pour rendre sa vie agréable indépendamment de Dieu. Que Jubal soit nommé comme faisant partie de cette lignée et de celle de Lemech, homme violent, laisse penser que sa musique était originale et adaptée à l'état moral de son temps. Elle ne devait pas contribuer à la gloire de Dieu.

De même que l’a été celle de Jubal, bien des hommes ont depuis mal utilisé et corrompu la musique (telle que donnée de Dieu). Bien souvent la propre gloire domine, parfois même la gloire de Satan. Les cultes idolâtres ont toujours été accompagnés par de la musique (Dan. 3.5). Malheureusement on retrouve aussi cela dans l'histoire d'Israël, des chants et des danses associés à un culte d'idoles (Exode 32.19). Nous verrons plus loin que dans ce contexte, il est fait usage de musiques très rythmées et extatiques.

Les principes bibliques

En regardant les passages du tableau, on voit qu'ils ne se résument pas une image noir/blanc. Plusieurs caractères ressortent, qui vont nous aider dans notre appréciation de la musique.

• La musique est un don de Dieu.

• La musique peut servir à honorer Dieu.

• La musique doit être utilisée pour la bénédiction des hommes.

• Dans les cultes païens, les instruments de musique sont au premier plan (Dan 3.5).

• Pour la louange de Dieu, le texte a la première place (1 Chron. 15.16 ; Apoc. 5.8-9). Les instruments n'interviennent que comme soutien du chant.

• En accord avec le culte dans l'ancien Testament, où les éléments visibles occupent une grande place, les instruments jouent aussi un rôle de stimulation des sens.

• La musique spirituelle dans le contexte du christianisme peut très bien se passer des instruments de musique. Dans le cadre du rassemblement des croyants, ils ne sont jamais nommés.

• Les instruments rythmiques et les danses ne sont jamais nommés dans le nouveau Testament.

• Le chant à haute voix ou le jeu d'un instrument extériorise notre humeur et nos pulsations.

La hiérarchie biblique qui en ressort est : texte – mélodie/harmonie – rythme, (de manière analogue à :

esprit – âme – corps).

2ième Partie : Comment en juger ? (Folge mir nach N° 07 – 2007)


Pour Jean-Sébastien Bach, n'était musique que ce qui « donne une harmonie de sons mélodieux à l'honneur de Dieu et un culte de l'âme acceptable […] Là où cela n'est pas respecté il n'y a pas de vraie musique, mais un bruit et une déclamation diabolique. »

Peut-être que certains lecteurs peuvent pleinement s'associer à cette pensée. D'autres au contraire vont froncer les sourcils : Qui peut donc décider ce qu'est une « harmonie de sons mélodieux » et « un culte de l'âme acceptable » ? Voilà une question difficile. Nous allons donc examiner les briques individuelles de la musique, pour en faire ressortir une réponse formée par la Bible.

La musique peut être évaluée :

… par le texte.

Il n'est en général pas difficile, et indépendant du goût du chanteur ou de l'auditeur, d'éprouver par la Bible le texte d'un chant, composée des trois éléments : texte, mélodie et rythme (dans la mesure où la diction est compréhensible !). Est-ce que le texte, et par là le message, correspondent à ce que dit la Bible ? Pour des chants du monde / profanes, est-ce que le texte est en contradiction avec la parole de Dieu ? Mais il convient aussi d'éprouver les chants chrétiens ! On ne peut pas légèrement excuser des distorsions de la Parole par la nécessité d'une tournure poétique.

Le Seigneur Jésus dit en Math. 7.18 : « Un arbre mauvais ne peut porter de bons fruits ». Si une musique, et plus particulièrement son texte, vient d'une origine profane, le danger est grand que l'orientation athée de son auteur imprègne cette musique. Des textes qui par exemple prônent, ouvertement ou entre les lignes, l'amour libre, la liberté sexuelle, doivent être condamnés autant que ceux qui encouragent à l'insoumission des enfants à leur parents ou à toute autre autorité, ceux qui ont un contenu lié à l'occultisme, ou qui calomnient Dieu.. « Biens aimés,… éprouvez les esprits pour voir s'ils sont de Dieu… » (1 Jean 4.1). Nous ne voulons pas dire par là que tout texte d'un auteur incroyant doit être rejeté sans autre forme de procès. Par exemple, je peux bien chanter une chanson folklorique (populaire, traditionnelle) qui évoque la beauté de la nature, en pensant à la grandeur du créateur.

… par la mélodie et l'harmonie

Il est bien plus difficile de statuer si une mélodie ou une harmonie est à la gloire de Dieu. Beaucoup pensent que les habitudes musicales et le goût personnel sont décisifs pour déterminer si une musique est harmonieuse, fausse ou dissonante. Effectivement, l'oreille humaine peut s'habituer à des choses variées, et les appréciations peuvent changer. Ceci est autant vrai pour les yeux que pour les oreilles. Pensons simplement aux cheveux longs portés par des hommes. Paul dit en 1 Cor. 11.14 « La nature ne nous enseigne-t-elle pas que si un homme a une longue chevelure, c'est un déshonneur pour lui ? ». Paul ne souhaite pas que les hommes portent de cheveux courts parce que cela lui plaît. Non, il parle d'une perception naturelle, que Dieu a donné au commencement à l'homme (à chaque homme). Cette perception – qui s'est plus ou moins estompée - « enseigne » que les cheveux longs sont un déshonneur pour l'homme. Il n'y a rien à discuter à cela.

C'est pareil pour la musique. Personne ne ressentira l'accord parfait majeur comme sonnant faux. La raison en est simple : Dieu à fait notre oreille selon l'harmonie de la nature. Il y a là aussi un ordre de la création, qui sert d'étalon absolu, auquel doivent se soumettre tous les goûts personnels. Comme cette affirmation peut sembler trop dogmatique[2] à l'un ou l'autre, des résultats de recherches scientifiques vont nous aider à étayer ce raisonnement. « … la musique influence le système limbique[3] , et cela, la raison ne peut pas le contrôler » dit Stefan Kölsch du laboratoire de recherche en « Sciences Cognitives de la Musique » de l'Institut Max Plank à Leipzig (Neurocognition of Music), chercheur connu mondialement comme un expert dans l'étude de la musique.

Pour observer l'assimilation émotionnelle de la musique, Kölsch, lui-même violoniste accompli, a fait « subir » de drôles de choses à ses « cobayes ». Ils devaient écouter une ouverture de Jean-Sébastien Bach, non seulement en version originale, mais aussi dans une version particulièrement déformée, où au morceau original était superposé le même morceau monté d'un ton et baissé d'un triton (intervalle de 3 tons entiers, particulièrement dissonant). Les « cobayes » devaient écouter longuement cette version trafiquée, presque insupportables à entendre, alors qu'ils étaient dans une installation d'IRM (imagerie par résonance magnétique nucléaire), qui permet de suivre l'activité du cerveau en temps réel. Et effectivement, la version modifiée de l'ouverture de Bach stimulait une tout autre région cérébrale que la version originale. Les chercheurs pouvaient reconnaître directement sur leur écran si les « cobayes » écoutaient une musique à laquelle ils prenaient plaisir, ou dont ils souffraient. Cet effet n'est pas lié au fait d'aimer Bach ou non. Même pas au fait de le connaître. Des disharmonies étaient simplement perçues comme telles.

Il est aussi intéressant de constater que ces différences musicales entre harmonies et disharmonies sont indépendantes de la culture. «  Un de nos doctorant a fait écouter de tels morceaux trafiqués à des indigènes du Cameroun, qui ne connaissaient pas notre musique occidentale. Et chez eux aussi, il y avait une préférence marquée pour la version harmonique. », dit encore Kölsch.

D'autre cobayes ont été suivi en EEG (électroencéphalogramme) pour mesurer l'activité électrique du cerveau, alors qu’ils écoutaient ces musique tests, et à nouveau, on a pu mesurer la même réaction.

(Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, 24.12.2006, Nr. 51, Seite 61. )

Le son mélodieux est un des éléments de base de la création[4] . Une telle musique suit l'ordre de la création de Dieu. Il ne faut pas pour autant en conclure que des sonorités disharmoniques doivent être proscrites. Comme la nature, la musique fonctionne en successions de tensions et de détentes, de contraintes et de relâchements. Tant qu'une disharmonie se détend en harmonie, elle est bienvenue comme figure de style, qui renforce les effets harmoniques d'un morceau ou d'un chant. Un exemple classique est l'accord de septième diminuée.

… par le rythme

Le rythme est comme la mélodie et l'harmonie, une part entière de la création. La nature est marquée par une succession de séquences, d'alternances entre tension et détente (comme le jour et la nuit, l'été et l'hiver, le flux et le reflux de la mer). C'est aussi une composante du corps humain, avec par exemple le battement cardiaque (systole - diastole[5] ) ou la respiration.

Le rythme d'un morceau de musique peut être adapté au rythme du corps humain, ou au contraire le contrarier. La mesure à quatre temps (1er temps – tension, 2ième temps - détente, 3ième temps – tension, 4ième temps – détente) correspond à l'attente rythmique du corps humain, cadencée par le battement du cœur et la respiration. Si on marque les 2ième et 4ième temps (« afterbeat  » ou « backbeat » ), on contredit ce rythme naturel. En empêchant la détente, on crée chez l'auditeur une tension croissante qui se solde par une excitation du système nerveux[6] . Plus marqué encore est ce qu'on appelle le « offbeat » (contretemps), une note jouée fort entre deux temps forts. Une telle accentuation entre deux temps forts est ressentie comme un temps soit retardé soit en avance sur le temps attendu. Le contretemps éveille chez l'auditeur le besoin de mouvements rythmés, car le subconscient tente de relier l'accent en avance et le temps non accentué, pour « guérir » en quelque sorte le décalage entre le temps de la mesure et le temps marqué (cité de Wikipedia, article « offbeat » en allemand)[7]

Selon l'utilisation plus ou moins importante de ces techniques rythmiques, l'équilibre selon la création entre esprit, âme, et corps est perturbé et se décale vers une prédominance des stimulations corporelles[8] , pouvant mener jusqu'à l'extase. La réception du texte ne peut qu'être perturbée. La musique dominée par le rythme ne correspond pas au modèle biblique qui donne au texte la première place et au rythme la dernière.

… par la dynamique

On appelle dynamique le domaine du volume sonore. Selon l'instrument ou la voix, divers effets peuvent être produits par le changement de volume sonore. C'est une caractéristique d'un morceau de musique qui n'est pas sans importance. Une musique douce en arrière-plan a une influence tranquillisante, alors qu'une musique plus forte exprime de la vitalité. Que peut-on en conclure ? La musique et le chant peuvent bien être joués/chantés fort, en relation avec des textes spirituels. Une des instructions de David aux chefs des lévites était que les chantres «  …chantent fort… » (all. « damit sie laut spielten [O. sängen], indem sie die Stimme erhöben mit Freude“ 1. Chr 15,16 ; fr. « qu'ils feraient retentirent leur voix avec joie »). L'Éternel lui-même encourage son peuple à cela : «  poussez des cris de joie…faites éclater la louange et dites : Éternel, sauve ton peuple, le reste d'Israël » Jér. 31.7.

Un fortissimo n'est pas à être banni par principe. Mais si le volume sonore atteint un niveau pouvant provoquer des dégâts à l'oreille, ou si le chant devient des cris, il est évident que cette musique n'apporte plus du bien-être à l'auditeur, n'est plus un support du texte, et est donc à éviter. Le principe tension - détente s'applique là aussi.

… par le style de présentation (le spectacle associé à l'exécution)

Bien que la musique ne concerne premièrement que l'audition (l’ouïe, l'oreille), l'aspect du spectacle visuel à prit dans les dernières années une importance de plus en plus grande. Depuis un moment déjà on ne vend plus de simples CD. La musique est devenue un spectacle à vivre. Des morceaux de musiques sont utilisés par des chaînes de télévision sous forme de clips vidéo. Les DVD de concerts de tous styles sont très appréciés. De même que les séances de casting[9] , toutes sortes de choses d'un autre ordre, telles que la tenue vestimentaire et les références personnelles des artistes trouvent leur place à côté du chant, pour vanter la valeur de la star. Et cela ne se limite pas à la musique du monde. Des producteurs et éditeurs chrétiens mettent de plus en plus le spectacle en avant.

Comment devons-nous apprécier cet aspect du spectacle musical ? Considérons une de ces icônes du pop, prenant, hystérique, un « bain » dans une foule hurlante. Est-ce que Dieu peut apprécier une telle chose ? La plupart des stars du pop (aussi les stars chrétiennes ?!) sont malheureusement un exemple quand à la meilleurs manière de se glorifier soi-même, au lieu de rendre l'honneur à Dieu. On ne peut pas s'empêcher de penser à ce premier signe distinctif des derniers temps de la chrétienté  : « car les hommes seront égoïstes » (2 Tim. 2.3).

De plus, dans beaucoup de ces spectacles du monde, la convoitise des yeux occupe le premier plan. Elle accroche les spectateurs par leurs pulsions, selon le mot d'ordre « le sexe fait vendre » : des jeunes femmes très légèrement vêtues (voir des hommes), avec des mouvements obscènes du bassin ou de la langue, des voix et des soupirs érotiques, éveillent, et pas uniquement chez les spectateurs masculins, de mauvaises convoitises charnelles. Des pensées et des évocations de péché peuvent rapidement conduire à des actes de péché. « …chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort. » Jacq. 1.14-15.

Dans ce monde du spectacle musicale, d'autres disent devoir leur succès directement de Satan, ou tout au moins jouent sur cette fibre-là. (« Pour obtenir cette célébrité, j'ai vendu mon âme à Satan », disait John Lennon des Beatles). De tels liens occultes sont assez fréquents dans le milieu des stars. Est-ce que nous voulons nous placer sous de telles influences ? « …les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » 1 Cor. 15.33.

Quelle musique se presse à nos oreilles, sous quelle forme est-elle présentée ? Nous devrions sans cesse nous interroger quand aux sensations, aux sentiments qu'elle éveille en nous. Est-ce compatibles avec une Bible ouverte ? Si ce n'est pas le cas, c'est qu'elle est plutôt à éviter. Car qui ne voudrait pas vivre de tout son cœur pour celui qui pour lui est mort ?

3ième Partie : Le rock chrétien ? (Folge mir nach N° 08 – 2007)


Michael W. Smith[10] , précédemment claviériste de Amy Grant, est devenu une des plus grandes stars du rock chrétien… jusqu'à ce que la suivante apparaisse. Ses concerts drainent chaque année des centaines de milliers de fans. Il est l'idole de beaucoup de jeunes filles. Son fan le plus célèbre est même George W. Bush, l'ancien président des États Unis, pour qui il a écrit une chanson pour le « 11 Septembre ».

Mais Smith n'est qu'une des nombreuses petites roues dentées qui font tourner le grand mécanisme de ce que l'on nomme la musique chrétienne contemporaine (« Contemporary Christian Music », ou abrégé CCM). La vague de la CCM déferle déjà depuis l'Amérique du Nord sur l'Europe de l'ouest. Avec des styles comme le rock, le jazz, le hip-hop, le rap et le punk, les musiciens contemporains de rock essayent de stimuler la louange dans des communautés chrétiennes, ou d'évangéliser plus populairement. On n'imagine plus un évènement chrétien, une librairie ou des périodiques chrétiens pour la jeunesse, même une collection privée de CD chrétiens, sans CCM.

Les rockers chrétiens imitent les stars de monde

Les musiciens chrétiens contemporains ne se distinguent quasiment plus quant à leur apparence des stars du monde. Beaucoup jouent la même musique, utilisent les mêmes instruments, ont la même coiffure. Ils imitent les concerts du monde et la commercialisation mondaine. Ils ont leurs fans, qui les portent aux nues et qui accrochent dans leur chambre des posters grandeur nature. L'instruction de la bible « Ne vous conformez pas à ce siècle » (Rom 12.2) est laissée de côté. Malheureusement, ils deviennent par là un exemple pour leurs fans, qui imiteront leur style de vie, leur habillement, leur comportement. Ces musiciens ne poussent pas dans le chemin du vrai disciple et de la ressemblance au Seigneur Jésus.

Ce danger n'est pas à sous-estimer dans un temps où les jeunes cherchent des repères, et ne trouvent souvent pas d'exemples crédibles. Il est alors d'autant plus important que chacun, jeunes ou plus âgés, soyons en exemple par notre vie. Et il est encore possible aujourd'hui pour des jeunes gens de trouver des hommes ou des femmes de foi. Bien évidemment, le plus important est d'avoir le Seigneur Jésus comme exemple.

Michael W. Smith non plus n'exerce pas qu'une bonne influence sur la jeunesse. Il admet qu'il a été inspiré pour son premier CD «  Michael W. Smith Project » par Alan Parsons, qui est un musicien de rock occulte. Michael W. Smith a produit l'album « I'll lead you home » avec Patrick Leonrad, qui est aussi producteur pour Madonna. Le nom de Jésus n'apparait pas une seule fois dans les deux albums « I'll lead you home » et « Change your world  ». Il ne s'agit pas là de condamner un seul musicien. Smith n'est là qu'un exemple de beaucoup de musiciens chrétiens dont on ne peut que se demander si leur but est d'attirer leurs auditeurs à Christ ou à eux-mêmes.

L'évangile avec quels moyens ?

« Qu'y a-t-il donc à redire à du rock chrétien ? L'essentiel n'est-il pas que le texte soit basé sur la Bible ? » pourrait-on penser. Mais ce n'est pas si simple. Une pierre de touche essentielle pour évaluer si une musique est bonne est l'intégration du « message » avec son «  contenant », ou autrement dit, la musique s’accorde-t-elle avec le texte ou bien vont-ils chacun son chemin, voir l'un contre l'autre ? Imaginons un texte au caractère de louange, qui serrait joué intégralement en mode mineur. Ou bien dans l'autre sens, imaginons une musique qui, par son côté excitant et son rythme entrainant, nous mettrait « en transe », et qui en même temps nous parlerait du jugement éternel de Dieu. Le texte et la musique ne s'accordent pas, le chant manque son but[11] .

La figure déjà évoqué de la syncope est un élément très bénéfique pour donner de la fraicheur à un chant, et peut vraiment le structurer de manière heureuse. Or la musique actuelle ne peut plus se passer de ce moyen. L'usage de la syncope à « haute dose » amène à une très forte stimulation corporelle. Si en plus, les syncopes sont désynchronisées d'avec le texte, l'accentuation des mots devient complètement différente du langage habituel. Ces deux effets peuvent contrecarrer le sérieux du message.

Ceci légitime la question de savoir si un texte de cantique s'accorde avec le style de musique rock. Audelà du fait que la musique rock limite la capacité à une écoute attentive, par la très grande place qu'elle donne aux émotions et aux stimulations corporelles, on peut se demander si l'intégration entre message et support n'est pas franchement détériorée. Est-ce que la vie chrétienne est vraiment quelque chose de si « rocky », « groovy » ou « freaky », comme cette musique le laisserait penser ?

Du rock chrétien pour l'évangélisation

Ce contraste que nous venons d'évoquer entre message et support – est à prendre en compte lorsqu'on envisage de s'adresser à des incrédules à l'aide du rock chrétien. On va les chercher avec leur « musique de soirée », et on risque fort de laisser penser que maintenant « la fête continue avec Jésus ». La musique parle à la chair, et y éveille des émotions charnelles. N'y a-t-il pas le danger que la vie chrétienne se dénature en une vie de « foi » charnelle ? Une conversion peut même être empêchée par cela. Nous avons une illustration bien parlante en Mathieu 13.20-21 : la parole est accueillie avec joie (« the party goes on », la fête continue), mais il n'y a pas de racines, et donc pas d'effets durables. Avant de me faire goûter à la joie du salut, Dieu veut d'abord produire en moi la tristesse et la repentance sur ma vie passée de pécheur. C'est pour cela qu'il faut réfléchir soigneusement sur la place qu’a le chant de cantiques lors d'un temps d'évangélisation. Un évangéliste actuel répondait une fois à la question, si une chorale pourrait chanter lors de ses réunions d'évangélisations : « Je n'ai pas besoin de chorale, parce que c'est la parole de Dieu qui doit être annoncée. Mais si Dieu vous a chargé de ce service, vous pouvez bien volontiers chanter. » Paul donnait une grande place à la prédication : « Ainsi la foi est de ce qu'on entend et de ce qu'on entend par la Parole de Dieu » (Rom. 10.17).

Si malgré tout l'un ou l’autre des auditeurs a été amené à la repentance par l'évangile présenté de cette manière, nous en sommes reconnaissants. Mais il ne faut pas pour autant en conclure que la musique en serait responsable. Nous sommes en effet « régénérés par la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pierre 1.23), et pas par de la musique, sous quelque forme qu'elle soit présentée.

Paul et la musique rock

« Je suis devenu toutes choses pour tous, afin que de toutes manières, j'en sauve quelques-uns » (1 Cor. 9.22). On cite volontiers ce verset pour dire que la Bible autorise toute méthode d'évangélisation (et donc aussi la musique rock), adaptée à chaque public. Mais est-ce à dire que Paul aurait utilisé les styles de discours préférés de chaque public ? A-t-il pratiqué la rhétorique des Grecs ? A-t-il joué du théâtre ou de la pantomime comme les Romains ? Non ! Il adaptait ses prédications, avec le vocabulaire, les images et les comparaisons, donc ce qui touche au contenu, au contexte et aux capacités de compréhensions de ses auditeurs (v. le discours à Athènes, Actes 17). Mais il laissait délibérément de côté ce qui est du ressort de l'art oratoire et de toutes les techniques humaines de communication, pour ne pas risquer que la foi de ses auditeurs ne soit fondée sur les bases mouvantes de la sagesse humaine (c.f. 1 Cor. 1-2). Ses prédications trouvaient leur force dans la parole et l'Esprit de Dieu. Aurait-il eu des succès plus grands et plus durables dans son travail missionnaire, s'il avait connu et usé de la si grande efficacité de l'évangélisation des rockers chrétiens ? Certainement pas !

Le chrétien qui veut être un porteur de la bonne nouvelle n'a pas besoin de mettre sa confiance dans le divertissement du rock. Il devient de plus en plus difficile d'inviter des gens à des réunions d'évangélisation. On n'attirera évidemment pas par d'anciens cantiques des jeunes dont la consommation musicale est à 100% du rock ou du pop. Ceci devrait te motiver à rechercher des méthodes d'évangélisation adaptées à notre temps et qui présentent l'évangile de la croix dans toute sa dignité. Cela ne va pas enthousiasmer les foules, mais tu peux être assuré que le Seigneur Jésus approuvera ton service. Et assurément, un témoignage vrai, non enrobé, portera du fruit qui demeure.

Courriers de lecteurs et réponses (Folge mir nach N° 03 – 2008)


Courrier 1 : De E.

Chers auteur et éditeur,

C'est avec surprise que j'ai lu dans « Folge mir nach » l'article sur la musique et en particulier sur Michael W. Smith. Je trouve très dommage que sa personne et son travail soit dénigrés ainsi.

Michael W. Smith envisage la musique comme une des missions qu'il a reçues de Dieu. Par sa musique, il veut encourager les croyants à la louange et les amener à une communion consciente avec Dieu. Il n'y a pas à critiquer qu'il utilise des instruments de musique modernes, parce que je ne crois pas qu'il y ait des « instruments pieux ». La vraie question est ce qu'on en fait.

De plus, Michael insiste toujours sur le fait qu'il ne désire pas du tout la gloire ou les applaudissements. Il ne fait en général pas de bis, et quitte la scène en disant « Louez le Seigneur ! ». Et je ne comprends pas du tout les critiques sur sa façon de s'habiller. Que devrait-il mettre ? Est-ce qu'un employé de banque chrétien n'est pas habillé comme un employé incroyant ? Et d'ailleurs ne donne-t-on trop d'importance à ces questions d'apparence ?

Je trouve aussi dommage qu'il y ait des chrétiens qui mettent en question et déprécient des dons et services que des croyants ont reçus de Dieu. Ce n'est pas parce qu'une manière de faire ne nous plait pas, qu'elle aurait moins de valeur aux yeux de Dieu. A mon avis, ces critiques à l'égard de personnes comme Michael W. Smith n'ont qu'un but : empêcher des jeunes ou des personnes restées jeunes de s'écarter de vieilles traditions et de s'intéresser à des choses qui « ne conviennent pas ». Nous devrions plutôt sérieusement dépoussiérer ou mettre de côté ces traditions. Cela nous sera alors du coup plus facile de voir tous les chrétiens comme Dieu les voit, et les accepter au lieu de s'en séparer.

Michael a raison lorsqu'il chante : « Tell me, where's the love ? Opens arms we need to be, opens arms. » (« Dis-moi, où est l'amour ? Nous devrions être les bras ouverts, les bras ouverts »).

C'est cet amour, des bras et des cœurs ouverts, que je nous souhaite à tous.

Salutations : E.

Réponse de l'auteur

Chère E.,

Merci beaucoup pour ta réaction à cet article sur la musique. Je sais bien que Michael W. Smith a très la côte chez beaucoup de jeunes. C'est bien pour cela que je ne suis pas surpris que tu achoppes avec ma manière de le présenter. Il se pourrait aussi que tu ne saisisses pas complètement les dangers liés au rock chrétien que je voulais souligner.

Loin de moi de vouloir défendre de vieilles traditions poussiéreuses ! Il me semble que cela ressort du dernier paragraphe de l'article. Mon souci est de mettre chacun en garde, particulièrement les jeunes, à ne pas consommer sans réserve n'importe quelle musique qui se dit chrétienne. Le danger est de nous faire influencer par des musiques et des exemples qui ne montrent pas une séparation claire d'avec le monde, et qui ne nous rapprocheront pas du Seigneur.

Je n'ai en aucune manière le droit de juger des motifs d'un Michael W. Smith ou d'autres rockers chrétiens. Je ne mets pas non plus en doute son talent. J'admets volontiers qu'ils veulent être utiles à leurs auditeurs. Mais je me pose tout de même des questions. Pareillement, je ne doute pas qu'il voit comme devoir de la part de Dieu de mettre ce talent à son service. Mais la fin ne justifie pas les moyens.

Peut-être que les questions suivantes aideront à mieux comprendre mon appréciation de Michael W. Smith :

1.1. Qui est célébré par la foule de ses auditeurs ? Dieu ? Smith ? Elle-même ? Même si Smith ne le veut pas, il sera tout de même glorifié par cette foule. La vraie louange à Dieu ne glorifie que Dieu seul (« Celui qui sacrifie la louange me glorifie… » Ps. 50.23).

1.2. Si Smith ne cherche vraiment pas la gloire pour lui-même, pourquoi organise-t-il des séances d'autographes dans des librairies chrétiennes ? Compare au Seigneur, qui ne s'est pas laissé glorifier par les hommes. Lorsqu'ils voulaient le faire roi, il s'en est allé.

1.3. Le fait de travailler avec un producteur qui produit aussi Madonna, ne donne pas vraiment confiance en ce musicien ni en sa musique. Considère à ce sujet le conseil biblique : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec des incrédules » 2 Cor. 6.14.

1.4. Pourquoi trouve-t-on sur son site web officiel (www.michaelwsmith.com, www.rokketown.com, www.rokketownrecords.com) des comptes rendus détaillés sur ses succès et sur les prix qu'il a gagné, lui ou les jeunes musiciens qu'il a soutenu, alors qu'on y cherche vainement un témoignage clair au Seigneur Jésus, ou une annonce de l'évangile du salut ?

1.5. La bonne nouvelle de l'évangile ressort-elle clairement des textes de ses chansons (d'autant plus que, selon leurs organisateurs, ses concerts doivent être considérés comme de l'évangélisation).

1.6. Est-ce que Michael W. Smith promeut globalement un engagement biblique pour Christ, qui dit oui au bien et non au mal ?

Je t'en prie, crois-moi, mon but n'est pas de dénigrer la personne d'un musicien en particulier. J'ai choisi délibérément Smith, parce que je sais qu'en Allemagne aussi, beaucoup de jeunes chrétiens sont ses fans, et que je me dois de mettre un grand point d'interrogation derrière son travail. Je ne trouve malheureusement pas chez Smith, ainsi que chez d'autres rockers chrétiens, cette séparation claire du monde comme d'un système que le Seigneur rejette.

Espérant que cette présentation puisse t'être compréhensible et utile, etc. Marco Lessmann

Courrier 2 : De J.B.

La rédaction de « Folge mir nach » a reçu une plus longue lettre en réaction à cet article, dont nous présentons volontiers quelques extraits. J.B. écrit entre autres :

Je suis persuadé qu'on ne peut poser de jugement de valeur quant au « matériel » musical. La déclaration comme quoi « Le son mélodieux est un des éléments de base de la création » est de peu d'aide. D'où connaissons-nous l'ordre de la création ? De la source de toutes révélations, c'est à dire pour nous uniquement de la Bible. Ceci m'oblige à ne déclarer comme étant selon l'ordre de la création que ce que je sais par elle, plutôt que par mes propres conclusions. Dans la création, nous trouvons tout d'abord des bruits, du murmure du vent au fracas du tonnerre. Il me semble que le coté élaboré, construit, de la musique est lié à l'homme comme être capable d'ordonner le bruit en musique. Le musicien et l'auditeur se retrouvent dans un « univers » qui est structuré et organisé d'un point de vue artistique. Il y a un apprentissage nécessaire pour comprendre et apprécier ces règles d'organisations. Les uns vont plus loin que d'autres dans ce domaine.

J.B. développe en particulier deux aspects à propos de l'harmonie et du rythme :

Les derniers temps, en circulant en voiture, j'ai analysé ce qui passe sur les émetteurs de musique « pop » ou « métal » de la région, et je suis arrivé à la conclusion que cette musique répond presque entièrement à ce que vous définissez comme ordre de la création. Tout est composé selon une mesure à quatre temps, qui ne varie quasiment pas (platitude rythmique, voir absence de rythme), et cela dans une harmonie (monotonie) parfaite de majeur/mineur. Cette organisation harmonique majeure et mineure est en fait historiquement assez récente et n'est en soit pas une pierre de touche. A l'époque de la polyphonie, on ne la connaissait pas, et encore moins dans la musique monodique. L'arrangement tonal est passé en occident de la musique modale[12] , à travers les musiques tonales majeur/mineur, jusqu'au dodécaphonisme, et a suivi en orient de tout autres chemins.

Les dissonances sont de vrais phénomènes physiques (donc selon l'ordre de la création) qui vont du bruit blanc (aucune dissonance), en passant par toutes sortes d'accords inharmoniques (par ex. le triton, une dissonance forte), jusqu'à l'unisson. La capacité à supporter/apprécier les dissonances est très variable selon des critères essentiellement historiques et culturels. A part quelques exceptions, en Europe et en Amérique du nord, plus on est pop et à la mode, plus on est harmonique. Les spectacles musicaux, la musique de danse, comme le rock'n roll se doivent d'être très « simple ». Il s'agit là du fast food de la musique ! J.B. propose enfin les critères d'appréciation positifs suivants :

De la musique spirituelle de valeur :

- est avant tout de la musique vocale,

- donne la priorité au chant chanté collectivement,

- renforce le texte, comme une expérience qui s'adresse à l'être tout entier,

- accompagne les hommes à travers les différentes étapes de la vie. « On l'emporte avec soi »,

- peut aussi suivre (participer à) des modes. Il est bien clair que ce qui n'est que mode passera.

Le texte :

- chanté reste bien mieux en mémoire,

- porte avec lui des valeurs de sentiments, qui vont au-delà du simple sens des mots, - se doit d'être exacte / biblique,

- peut évoquer tant les choses du quotidien que d'autres, bien plus complexes,

- ne doit pas, tant quant à sa forme que quand à son contenu, être simpliste, léger,

- n'a pas forcément besoin de tout exprimer. Les chanteurs/auditeurs ont à réfléchir et sentir ce qu'ils chantent,

- des textes d'un autre temps ou en langue étrangère passent moins « dans les veines », ils restent d'avantage à une certaine distance,

La musique :

- doit être correctement travaillée, c'est à dire avant tout sans fautes (musicales) et juste,

- peut être de simple à plus complexe, d'une coloration musicale plutôt uniforme à très bariolée,

- peut par un style attractif aider avant tout des débutants et la jeunesse à leurs débuts,

- doit être « chantable ». La difficulté à être chanté est souvent révélatrice d'erreurs de composition.

- de la bonne ( ?) musique « du monde » peut être réutilisée. Tous les grands maîtres l'ont fait.

Les chrétiens :

- sont explicitement priés de pratiquer la musique (le chant !). La Bible l'enseigne sans ambiguïté.

- pensent trop souvent que la musique est réservée aux personnes ayant des dons musicaux.

- pensent trop souvent que tout un chacun sait chanter. Or la musique doit s'apprendre, au même titre que lire ou écrire.

- ne sont souvent pas conscients de l'importance de la musique, tant sur la terre qu'au ciel.

Quelques références bibliques supplémentaires


Passage

Contenu et contexte

Amos 6.5-6

''…vous… qui chantez au son du luth et qui inventez, comme David, à votre usage, des instruments pour le chant… et ne vous affligez pas de la brèche de Joseph…''

On imite l'investissement de David dans l'invention d'instrument de musique, mais avec un but bien différent, et cela dans un moment où il y a plus important que le loisir. La louange au Seigneur et l'affliction de la ruine de l'Église en contraste avec le loisir et le « moi ».

2 Rois 3.14-15

''…Et maintenant, amenez-moi un joueur de harpe. Et il arriva, comme le joueur de harpe jouait, que la main de l'Éternel fut sur Élisée.''

Élisée a besoin d'un joueur de harpe pour s'abstraire de l'environnement impie et pour pouvoir saisir et communiquer la pensée de Dieu. C'est la dispensation de la loi, où l'Esprit Saint n'habitait pas dans le croyant et où un tel moyen pouvait avoir sa place.

Ézéchiel 33.32

''Et voici, tu es pour eux comme un chant agréable, une belle voix, et quelqu'un qui

joue bien ; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent nullement.''

De l'importance du texte, mais d'un texte qui est entendu et a des effets. S'il y a la responsabilité de celui qui chante, l'accent est mis là sur celle de celui qui écoute. Comment écoutons-nous ?

Math. 14.6

Marc 6.21-22

''Mais lorsqu'on célébrait l'anniversaire de la naissance d'Hérode, la fille d'Hérodias dansa devant tous, et plut à Hérode.''

La danse est par excellence l'expression des effets de l'élément « rythme » de la musique, tel que présentés ci-dessus : « …une prédominance des stimulations corporelles, pouvant mener jusqu'à l'extase… ». Cette danse-là est l'occasion qui va amener la mort de Jean le baptiseur.

Math. 9.23

Les flûtes associées au deuil de la mort de la fille de Jaïrus, mais dans un contexte qui est à nouveau celui de la dispensation de la loi, où des supports matériels avaient leur place.

Autres articles sur ce sujet


Note du traducteur

Ci-après, quelques titres et extraits d'articles complémentaires.

On peut remarquer que les mises en garde qu'ils donnent touchent essentiellement deux aspects :

- Le premier concerne la place des cantiques dans notre vie, place si facilement négligée, et l'état des

cœurs nécessaire pour chanter ces cantiques à la gloire de Dieu.

- Le deuxième concerne tout ce qu'on peut regrouper sous le terme de « musique rock » ou de « musique moderne ». C'est là en effet un registre de musiques auquel il convient de prendre garde, car elle éveille et stimule de manière assez crue le domaine des pulsions de tous ordres.

Il convient pourtant de considérer que pour autant, les musiques dites classiques (au sens large du terme) doivent aussi nous interpeller. Leur contenu, leur contexte et ce qu'elles peuvent véhiculer d'étranger ou de contraire à la pensée de Dieu n'a pas moins d'importance. Pensons premièrement à toute la musique religieuse dite chrétienne, si souvent basée sur, ou contenant des erreurs doctrinales manifestes : la messe, les liturgies, les confusions entre ce qui concerne l'Église et Israël, une perspective terrestre pour le croyant, etc. Pensons aux musiques des cours royales, associées à la danse et à la vie dissolue de ces lieux. Pensons encore à tout ce qui est basé sur des mythologies païennes et qui touche à la magie. Les ossements (Nb. 19.16) et les petits renards (Cant. des Cant. 2.15) ne manquent pas.

Les questions qui se posent au chrétien ne trouveront pas leurs réponses dans un simple classement des musiques par style, genre, époque, pays d'origine, etc. En fait, les questions essentielles sont assez simples et ne demandent pas de grandes connaissances musicales  :

Pourquoi, pour quoi, pour qui, la musique dans ma vie ?

Quels moments, combien de temps, prend la musique dans ma vie ? Quel temps donne-t-elle/prend-elle/laisse-t-elle au Seigneur ? Louange, loisir, dépendance, bruit de fond ?

Quels effets a-t-elle dans/sur ma vie spirituelle, ma croissance spirituelle, ma relation avec le Seigneur ? Quelle place, quels effets a-t-elle en termes de témoignage, face à ce monde sans Dieu, gavé de «  bruits » de tous ordres et qui (se) masque sa distance de Dieu, entre autres, par celui qu'il appelle musique.

Si l'aspect « païen » de notre monde occidental était jusqu'à il y a quelques décennies plus ou moins dissimulé par le vernis (bien craquelé) d'une culture dite chrétienne, le monde laisse aujourd’hui de plus en plus nettement tomber le masque dans bien des domaines. Il nous faut donc d'autant plus nous attacher à connaître la volonté du Seigneur pour la faire et être ses témoins là où il nous place. Il y a certainement un prix à payer, mais le Seigneur fourni ce qu'il faut pour faire ce qu'il demande. Qu'Il nous guide chacun pour faire le point, éclairé par sa Parole, quant à la place à donner à la musique dans une vie à son service.

A propos des cantiques dans l'adoration, et du chant des cantiques

Ph. Laüght – Celui qui me sacrifie la louange me glorifie. - Messager Évangélique 1978 p. 113 à 121

La louange à l'Éternel est la part particulière et si précieuse réservée aux rachetés. Cet article considère la place du chant des cantiques, mettant l'accent sur l'état de cœur nécessaire pour une louange qui honore le Seigneur. Sont aussi abordés des enseignements qu'on peut tirer de ce qui concernait les chantres, ainsi que des points pratiques comme la place d'instruments de musique et la conduite du chant.

P. Fuzier – Extrait – Messager Évangélique 1962 p. 164-166

« …L'apôtre écrit : « Je chanterai avec l'Esprit, mais je chanterai aussi avec l'intelligence » 1 Cor. 14.15 … Chanter « avec l'intelligence », le contexte l'indique, c'est chanter de manière à être compris de tous. Cela est en effet nécessaire, faute de quoi il n'y aura dans cette action aucune édification de l'assemblée.

Mais nous pouvons, semble-t-il, élargir le sens de cette expression. Chanter « avec l'intelligence », c'est aussi chanter en ne s'arrêtant pas uniquement à la musique, à l'aspect musical que comporte le chant, mais en ayant la pleine intelligence des paroles exprimées. Certes, le coté musical ne saurait être méconnu ; l'on peut même dire sans doute que le fait de chanter mal ne témoigne pas des égards que nous devons à Celui auquel nous nous adressons dans nos cantiques. Attention et application sont nécessaires et chacun doit veiller à cela. Par contre, il serait fâcheux que l'on donne à la musique une importance excessive, au risque de ne prêter qu'une attention insuffisante aux paroles exprimées. Chaque chose doit être à sa place et il est important que, tout en chantant d'une manière qui soit un honneur rendu à Dieu, nous soyons pénétrés du sens et de la portée des expressions que nous prenons dans nos bouches. A cet égard, disons que certains cantiques, ou versets de cantiques, ayant trait par exemple aux souffrances du Seigneur, aux trois heures sombres, demandent à être chantés avec un recueillement tout particulier et d'une manière qui montre que ceux qui chantent entrent quelque peu dans la profondeur des paroles qu'ils expriment. Ne nous arrive-t-il pas de l'oublier parfois ?… »

A propos de la musique rock

La musique rock – R. Liebi – EBLC

Son origine, son mode d'action, son message souvent pervers. Seul Jésus Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie, peut nous aider à sortir de l'impasse, de ce que l'auteur appelle : "la crise de l'homme moderne". Plusieurs aspects recoupent l'article ci-dessus. L'auteur aborde en plus le développement historique de la musique rock et des idées philosophiques et morales qui y sont associées.

http://www.bibliquest.net/Auteurs_divers/HeideM-Musique_moderne.htm

Témoignage d'un chrétien, décrivant la place et les effets qu'avait la musique (essentiellement rock, mais pas seulement) avant et au début de sa conversion, et comment et pourquoi il a été amené à une remise à plat complète sur cette question. Où est le danger d'une musique - L'excitation des sens - Les sentiments qu'elle produit - L'importance des paroles - Le type de chrétiens qu'elle produit - La limite acceptable / inacceptable. Illustration directe de différents aspects évoqués ci-dessus.

A propos de Daniel 3

P. Tapernoux – Extrait – Messager Évangélique 1921 p. 234 (et aussi : http://www.bibliquest.net/PhT/PhT-at27-Daniel.htm#TM2)

« …Remarquons aussi le rôle que joue la musique dans cette scène ténébreuse. Lorsque l’ennemi s’en sert, elle agit sur les sens et endort la conscience. Les instruments de musique ont été inventés par les descendants de Caïn pour rendre aussi agréables que possible, sans Dieu, une terre souillée par le meurtre d’Abel, et faire oublier à une génération impie le jugement prononcé sur le meurtrier. Le monde est coupable aujourd’hui d’avoir mis à mort le Fils de Dieu, et il cherche à oublier la sentence prononcée contre lui et à embellir la scène de son rejet, en s’entourant de tout ce que son intelligence peut imaginer pour atteindre ce résultat. C’est ainsi que le développement de la civilisation, les progrès des arts et des sciences, servent à cacher à l’homme le vrai caractère de cette scène de violence et de corruption, sur laquelle fondront soudain les jugements divins. L’ennemi est derrière toute cette activité fiévreuse par laquelle on cherche à améliorer l’état de ce monde ; c’est lui qui en dirige le cours, en agissant par tous les ressorts qui font mouvoir le cœur naturel loin de Dieu. Ce n’est qu’en retenant la vérité avec puissance dans nos âmes, que nous serons gardés de ses pièges… »

E. Dennett – Extrait – Messager Évangélique 1982 p. 23-24

« …Remarquons une autre chose. Le signal pour adorer la statue était le son de toutes sortes d'instruments de musique les plus raffinés dans toutes les provinces du roi. Si les sentiments religieux étaient absents, ils pourraient ainsi être produits par l'harmonie de sons suaves en sensuels. Combien les ruses de Satan sont subtiles ! Nous avons ici le caractère que peut revêtir la musique religieuse en faisant appel à la nature, engendrant des émotions naturelles. Mais l'action de l'Esprit de Dieu est une chose différente, car ceux qui adorent Dieu doivent l'adorer « en esprit et en vérité. Tous ces expédients peuvent servir à tromper les âmes en les amenant à jouir de ce qui est naturel, et en même temps à exclure Dieu et à cacher la vraie condition spirituelle de ceux qui professent l'adorer… »

A propos de Caïn et Lémec

J.N.Darby – Extrait – Notes sur l’évangile de Marc, ch.8 (cité sur : http://www.bibliquest.net/Citations/Citations-Musique.htm)

« …Ce qui nourrit la chair et l’amour de soi, c’est le grand système appelé le monde. L’homme désire être quelque chose à ses propres yeux ; il aimerait oublier Dieu, et, si possible, se rendre heureux sans lui. Ainsi Caïn, chassé loin de la présence de Dieu, après le meurtre d’Abel, s’en va de devant sa face, jugé par Dieu de telle manière qu’il ne peut espérer être de nouveau admis en sa présence pour jouir de sa communion, car Dieu le condamne à être errant et vagabond sur la terre. Type frappant des Juifs de ce temps, lesquels ont mis à mort le Seigneur Jésus, devenu, pour ainsi dire, leur frère ! Mais Caïn ne voulait pas rester un pauvre vagabond ; tout au moins ne voulait-il pas laisser sa famille dans cet état. Il cherche à échapper à son sort, et, dans ce but, il bâtit une ville dans le pays de Nod, mot hébreu, qui, plus haut, est rendu par l’expression de vagabond. Il désirait que sa famille fût établie et fixée dans la contrée où Dieu le faisait être vagabond. Il donne à la ville le nom de son fils, comme le font les puissants de ce monde. Là se trouvent le père ou l’inventeur de la musique, et le père de ceux qui travaillent l’airain et le fer ; là s’accumulent les richesses de ce temps-là, beaucoup de bétail.

Tel est le monde ! Le cœur de l’homme, séparé de son Créateur, cherche à se rendre aussi agréable que possible la terre où il est éloigné de lui, et, pour y parvenir, il se sert des dons et des créatures de Dieu afin de pouvoir se passer de lui. On allègue qu’il n’y a pas de mal dans ces choses. C’est vrai ; elles sont bonnes comme créées de Dieu : mais là n’est point la question. On dit qu’il y aura de la musique (en figure) dans le ciel ; je le veux bien, mais dans le ciel, elle ne sera pas employée à distraire l’esprit en dehors de Dieu. La question consiste dans l’usage que nous faisons des choses. Ainsi, il n’y a point de mal dans la force, mais il peut y en avoir dans la manière dont nous nous en servons, par exemple, si on l’emploie à nuire à son prochain. N’est-il pas vrai que le monde qui ne connaît pas Dieu, recherche tous les plaisirs possibles pour en jouir sans lui ? Le coeur qui ne possède pas Dieu s’efforce de se divertir et, pour cela, emploie tout ce qui peut être vu, entendu et inventé, comme le théâtre, la musique, etc., parce qu’il est vide et triste, et ne peut en lui-même trouver de vraie satisfaction. Puis, après quelques années d’excitation, après avoir tout essayé, il se sent fatigué, lassé, plus vide que jamais, et il dit avec Salomon : Tout n’est que vanité et tourment d’esprit, poursuite du vent. Dieu a été négligé, et l’âme est perdue… »



[1] - N. d. T. : V. aussi liste complémentaire de passages en annexe

[2] - N. d. T. : Dogmatique : qui exprime ses opinions de manière péremptoire – Le Robert

[3] - Le système lymbique est une unité fonctionnelle du cerveau, ayant un rôle important en particulier dans la gestion des émotions et des pulsions.

[4] - N. d. T. : All. « Wohlklang » Voir à propos de cette affirmation le commentaire du courrier 2 en fin d'article.

[5] - La systole est la contraction du cœur avec expulsion du sang, en contraste avec la diastole, détente du cœur et aspiration du sang.

[6] - Comp. Graul, Adolf : Rock-, Pop- und Technomusik und ihre Wirkungen. Verlag Mitternachtsruf, 2004, S. 90

[7] - N. d. T. : Dans l'article correspondant en français de Wikipédia, moins détaillé, il est dit : « Le contretemps — tout comme la syncope — est perçu par l'auditeur comme un déplacement de l'accent attendu. Il peut être considéré comme un élément rythmique en conflit avec la mesure. »

[8] - N. d. T. : La danse est l'expression par excellence de ce que produisent ces stimulation corporelles. V. passage biblique en annexe.

[9] - Le casting est l'étape de sélection de chanteurs ou acteurs pour les rôles d'un spectacle.

[10] - N. d. T. : Voir plus de détails sur ce qui suit dans le courrier 1 et la réponse de l'auteur, en fin d'article.

[11] - Même une musique religieuse majestueuse peut amoindrir la portée du texte, si elle ne fait que flatter les sens, laissant le message en arrière-plan.

[12] - N. d. T. Voir ce que couvre cette expression à l'article de Wikipedia sur «  Solfège et modalité », par exemple.